Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 10 octobre 2012

Coming apart - La décheance des classes populaires (1/7)




Dans Coming apart, Charles Murray affirme que les Etats-Unis sont en train de se disloquer.
La cause n’en est pas quelque choc extérieur ou bien quelque difficultés économiques plus ou moins passagères, mais une transformation de la population américaine elle-même. Dans cette population, les classes supérieures et les classes inférieures mènent des vies de plus en plus séparées, de plus en plus différentes, et cette divergence, selon Murray, pourrait à terme menacer le « projet américain » lui-même.
Deux points doivent immédiatement être soulignés pour éviter les malentendus.
D’une part cette divergence entre les classes supérieures et les classes inférieures de la population américaine n’est pas une divergence en termes de revenus ou de richesses, mais une divergence en termes de cultures - pour employer un terme contemporain - ou, pour employer un terme plus ancien mais sans doute plus approprié, une divergence en termes de mœurs. Le sommet et la base de l’Amérique s’éloignent sans cesse davantage l’un de l’autre dans leurs modes de vies, leurs habitudes, leurs valeurs fondamentales. Cet éloignement n’a pas pour cause les inégalités de richesse et a continué à s’accroitre quelle que soit la conjoncture économique.
D’autre part, le « projet américain » dont parle Charles Murray n’est pas, en réalité, spécifiquement américain. L’auteur de Coming apart définit ce projet comme « l’effort visant à démontrer que les êtres humains peuvent être laissés libres, en tant qu’individus et en tant que familles, de vivre leurs vies comme ils l’entendent et de s’associer volontairement les uns avec les autres pour régler leurs problèmes communs ». Bien que Charles Murray donne une définition étrangement apolitique du « projet américain » - un point sur lequel il nous faudra revenir - il n’est pas difficile de mettre un nom familier sur ce projet : la démocratie libérale. Le projet américain n’est autre que « l’honorable détermination » à se gouverner soi-même qui, depuis leur séparation d’avec le royaume britannique, anime les Américains.
En ce sens Coming apart n’intéressera pas seulement ceux qui s’intéressent aux Etats-Unis,  mais aussi tous ceux qui se soucient de l’avenir de la démocratie libérale, y compris bien sûr l’avenir de celle dans laquelle ils vivent.
En 1787, Publius remarquait, dans le premier numéro du Fédéraliste : « il semble avoir été réservé au peuple de ce pays de décider, par sa conduite et son exemple, l’importante question de savoir si les sociétés humaines sont réellement capables d’établir un bon gouvernement, par choix et réflexion, ou bien si elles sont à jamais destinées à dépendre, pour leurs Constitutions politiques, du hasard et de la force ». L’expérience américaine n’a jamais concerné uniquement les Etats-Unis, même lorsque la république américaine était un régime unique en son genre. Le déroulement de cette « expérience », son succès ou son échec, a toujours vivement  intéressé les partisans de la démocratie, du self-government, partout dans le monde.
Aujourd’hui que ce régime politique s’est étendu à tout l’Occident, et même au-delà, le devenir des Etats-Unis nous importe plus que jamais, et un lecteur français n’aura pas de mal à voir que Charles Murray décrit des évolutions qui, bien souvent, ont leur équivalent en France - et sans doute dans l’ensemble des démocraties occidentales.

Coming apart est sous titré « the state of white América 1960-2010 ». Charles Murray a en effet choisi de s’intéresser cette fois à l’évolution de la partie blanche (« caucasienne ») de la population américaine, à l’exclusion des minorités ethniques. La raison en est, selon lui, que, ces dernières décennies, nombre de problèmes américains ont été analysés en termes de race ; ce qui est une autre manière de dire que les problèmes sociaux - pauvreté, délinquance, drogue, etc. -  semblent concentrés essentiellement dans les parties noires et hispaniques de la population américaine. Cette concentration n’est pas niable, mais elle a tendance à faire oublier que les Blancs sont eux aussi affectés par ces pathologies sociales. Autrement dit, il serait illusoire d’espérer y remédier en luttant contre le racisme ou en régulant l’immigration. Les évolutions décrites dans Coming Apart affectent la population américaine dans toutes ses composantes, et c’est afin que le lecteur ne l’oublie pas que Charles Murray fait porter son analyse sur la partie a priori la plus privilégiée de cette population.

La première partie de Coming apart décrit un phénomène sur lequel Charles Murray avait déjà attiré l’attention dans son ouvrage le plus connu, The bell curve, coécrit avec Richard Herrstein. Ce phénomène est celui de la constitution d’une nouvelle élite, une élite qualitativement distincte de celles qui l’ont précédé.
Le fait nouveau n’est pas, en effet que la société américaine soit divisée en « classes ». Cela a toujours été vrai et le sera toujours : toute société qui dépasse le niveau d’organisation des chasseurs-cueilleurs comporte en son sein une petite minorité qui se distingue du reste de la population par sa réussite : une petite minorité composée d’individus beaucoup plus riches, beaucoup plus influents que les autres. Une petite minorité qui dirige la plupart des institutions importantes : ce que l’on peut à juste titre appeler une élite, quels que soit par ailleurs les critères en fonction desquels celle-ci est constituée.
(Charles Murray distingue ainsi deux niveaux dans cette élite : l’élite au sens strict et l’élite au sens large. Les individus qui composent la première catégorie sont ceux qui ont la capacité d’affecter directement par leurs actions la politique, l’économie et la culture de la nation. Cette élite restreinte se compose, aux Etats-Unis, de quelques dizaine de milliers de personne. Peut-être pas plus de dix mille. L’élite au sens large inclut tous ceux qui ont réussi dans leur profession et qui exercent une influence significative au niveau d’une ville ou d’une région. Charles Murray l’estime, par des calculs qu’il n’importe pas de détailler ici, à environ 2,4 millions de personnes, soit de l’ordre de 0,8% de la population totale.)
Le fait nouveau, en revanche, est que cette élite tend à se séparer du reste de la population, à la fois géographiquement et moralement, et à devenir héréditaire.
Avant les années 1960 - Charles Murray choisit le 21 novembre 1963, le jour de l’assassinat du Président Kennedy, comme date symbolisant le basculement qu’il cherche à décrire - l’élite américaine ne se distinguait guère du reste de la population par ses mœurs, ses opinions ou ses origines. Selon le bon mot attribué à Hemingway, la seule vraie différence entre les riches et les pauvres était que les premiers avaient plus d’argent que les seconds. La plupart des riches n’avaient pas des goûts distincts de leurs compatriotes moins fortunés, juste plus de moyens pour les satisfaire, ne serait-ce que parce que beaucoup d’entre eux n’étaient pas nés riches et n’avaient pas reçu une éducation différente.
A partir des années 1960, en revanche, les classes supérieures de la population ont progressivement développé des mœurs substantiellement différentes de celles du reste de la population.
Ces mœurs, pour le dire rapidement, sont celles des « bobos », la « bourgeoisie-bohême » décrite par David Brooks dans le livre qui a popularisé ce terme, Bobos in paradise. Le terme est quelque peu trompeur, car nous avons tendance à identifier les bobos avec les électeurs de gauche ou, aux Etats-Unis, avec les liberals. Or, s’il est incontestable que les bobos sont, en tant que groupe, plus à gauche que le reste de la population, les particularités décrites par Murray ne sont pas confinées à la gauche de l’échiquier politique. La nouvelle élite présente ces particularités même lorsqu’elle vote à droite - pour les Républicains aux Etats-Unis.
Certaines de ces caractéristiques sont très visibles et concernent les petits actes de la vie quotidienne. Ainsi, les membres de la nouvelle élite mangent moins et différemment du reste de la population, avec pour conséquence qu’ils sont beaucoup plus minces. L’obésité, qui fait aujourd’hui des ravages dans les pays occidentaux, touche très peu la nouvelle élite. Celle-ci boit également beaucoup moins et ne fume pratiquement jamais alors que, par exemple, environ un tiers de la population adulte américaine déclare fumer quotidiennement.
Les membres de la nouvelle élite regardent peu la télévision, guère plus de 6 heures par semaine en moyenne, alors que l’Américain moyen la regarde 35 heures par semaine, et bien sûr ils ne regardent absolument pas les mêmes programmes. A l’inverse, si l’Américain moyen ouvre rarement un journal, les membres de la nouvelle élite en lisent souvent plusieurs par jour et sont, de manière générale, très au courant de l’actualité, notamment l’actualité politique. Ils sont également, en tant que parents, soucieux jusqu’à l’obsession du développement intellectuel de leurs enfants et méticuleux dans tous leurs choix éducatifs, alors que le reste de la population fait preuve de beaucoup plus de décontraction et, sans aimer moins ses enfants, les laisse davantage « pousser » tout seuls. Etc. etc.
Toutes ces petites différences seraient en elles-mêmes inoffensives si, à force de se cumuler, elles n’aboutissaient pas à ce que les membres de l’élite vivent dans un univers extrêmement différent de celui de l’homme de la rue de sorte que, comme le dit Charles Murray, beaucoup d’entre eux se sentent plus à l’aise avec leurs collègues étrangers qu’avec des compatriotes n’appartenant pas au même milieu.
Il en est ainsi car la nouvelle élite ne repose pas sur la même base que celles qui l’ont précédé. Le fondement de sa domination n’est pas la richesse, ou la naissance, ou les réseaux, mais l’intelligence ou, si l’on préfère un terme plus neutre, les capacités cognitives.
Désormais, les individus les plus intelligents ne sont plus répartis un peu au hasard parmi les différentes catégories sociales et les différents métiers, comme ils l’avaient été jusqu’alors, mais tendent à se concentrer toujours plus au sein de quelques professions et à accaparer tous les postes de décisions ou d’influence. La nouvelle élite est une élite cognitive, or il est peu de différences qui soient aussi décisives et qui aient autant de conséquences que les différences de capacités intellectuelles. Dès lors que les individus intellectuellement les plus doués se mettent à vivre entre eux, il est inévitable qu’ils développent des modes de vie passablement différents de ceux du reste de la population.
Les raisons de la formation de cette élite cognitive ont été longuement exposés dans The bell curve et Charles Murray les retrace brièvement.
Elles sont essentiellement au nombre de quatre, et se renforcent mutuellement.
Tout d’abord l’augmentation de la valeur marchande des capacités cognitives. Autrement dit, l’intelligence devient un atout de plus en plus décisif sur le marché du travail au fur et à mesure de la complexification de l’économie et du progrès technique. Ensuite la croissance économique, l’enrichissement global, qui donne à ceux qui sont intellectuellement doués les moyens de s’isoler du reste de la population et de développer des modes de vie qui leur sont propres. Ainsi, la quasi totalité des bénéfices de la croissance économique entre 1970 et 2010 sont allés à ceux qui se trouvaient dans la moitié supérieure de la distribution des revenus. Les pauvres ne sont pas devenus plus pauvres durant cette période, mais les gens aisés sont devenus beaucoup plus aisés. En troisième lieu le rôle accru des universités (college), qui deviennent des lieux dans lesquels se concentrent peu à peu presque tous les jeunes gens les mieux dotés en intelligence. Et enfin l’homogamie de cette élite cognitive, homogamie permise par le regroupement des hauts QI au sein des institutions éducatives et au sein de certaines professions.
Ce quatrième point est peut-être le plus lourd de conséquences, car il signifie que cette élite tend à devenir héréditaire. En effet l’intelligence, telle que la mesurent les tests de QI, est essentiellement héréditaire. Par conséquent, dès lors que l’intelligence devient la clef du succès et que les jeunes gens les plus intelligents se marient entre eux, il devient quasiment inévitable que l’élite se transforme en une sorte de caste. Ou, pour le dire autrement, il devient quasiment inévitable que, à chaque génération, les jeunes gens les plus doués et qui réussiront le mieux soient issus des catégories les plus favorisés de la population. Telle est par exemple la vraie raison pour laquelle les enfants des CSP+ constituent déjà l’écrasante majorité des étudiants dans les écoles les plus sélectives : leurs parents appartiennent aux catégories supérieures de la population du fait de leurs talents intellectuels, talents intellectuels dont héritent leurs enfants et qui leur permettent de réussir à leur tour.
Pour parachever le tout, la nouvelle élite ne se sépare pas seulement moralement du reste de la population mais aussi physiquement. Au sens le plus strict, les individus appartenant à ces catégories supérieures de la société ne vivent plus qu’entre eux, dans certains quartiers résidentiels groupés autour de quelques grandes villes. Nul plan d’ensemble en cela, juste une accumulation de choix individuels dictés par ce désir très humain de vivre au milieu de gens qui vous ressemblent par leurs mœurs, leurs opinions, leur mode de vie en général.
Charles Murray appelle les quartiers où réside l’élite cognitive les SuperZIPs (le ZIP étant l’équivalent américain du code postal), et il montre que l’une des particularité de ces SuperZIPs est de former de véritable enclaves au sein des métropoles. Autrement dit, un SuperZIP est en général bordé par un autre SuperZIP ou bien par un quartier qui, sans atteindre le niveau d’un SuperZIP, est néanmoins habité par une population ayant des caractéristiques socioéconomiques très au-dessus de la moyenne du pays. Que cela soit durant leur enfance, durant leurs études, dans leur profession ou bien sur leur lieu de résidence, les rich, smart and successful ne voient plus guère que leurs semblables et n’ont de contact avec l’homme de la rue que de manière occasionnelle et superficielle.
L’ironie de la chose est que cette même élite cognitive, qui pratique l’entre-soi de manière aussi remarquable, est souvent la même qui vante au reste de la population - et souvent en toute bonne foi - les mérites de la « diversité » et de « l’ouverture aux autres ». En termes plus politique, cela signifie que les membres de l’élite votent plus fréquemment à gauche que le reste de la population.
Pour le montrer, Charles Murray s’appuie sur l’orientation politique des Représentants élus par ces SuperZIPs. Le degré de « libéralisme » ou de « conservatisme » (au sens américain de ces termes) de chaque membre de la Chambre des Représentants est mesuré, en fonction de ses votes, par divers groupes de pression, dont l’Americans for Democratic Action (ADA), un groupe de pression d’orientation démocrate.
En utilisant la note attribuée par l’ADA à chaque Représentant, il apparait alors que, en dehors des SuperZIPs, la population se partage presque également entre « libéraux » et « conservateurs ». Dans les SuperZIPs qui se situent ailleurs que autour des Big Four - New-York, Los Angeles, San Francisco, Washington - le partage demeure à peu près équitable. Mais dans les SuperZIPs qui entourent les Big Four, les Représentants classés comme « très libéraux » dominent outrageusement. Or ces quatre grandes villes sont bien évidemment celles dans lesquelles habitent la plupart des membres de l’élite au sens restreint, ceux qui ont la capacité d’affecter directement par leurs actions la politique, l’économie et la culture de la nation.







La constitution de cette nouvelle élite n’a pas que des désavantages, loin de là, et il n’est pas au pouvoir de quelque gouvernement démocratique que ce soit de l’empêcher. Mais elle comporte un danger évident : très souvent les catégories supérieures n’ont qu’une idée très vague de la manière dont vit le reste de la population, faute d’avoir jamais eu des contacts prolongés avec elle. Bien entendu l’inverse est également vrai, mais les conséquences ne sont pas les mêmes. L’Américain moyen peut ignorer sans grand dommages la manière dont vivent ses compatriotes les plus favorisés, mais si les élites, qui fixent les règles, formelles et informelles, pour l’ensemble de la population, ignorent comment vit l’écrasante majorité de leurs compatriotes et quelles sont leurs capacités, le risque est très grand que ces règles soient inadaptées ou nuisibles pour le plus grand nombre.
Or, si nous considérons ce qu’il est advenu des catégories inférieures de la population durant la même période, 1960 -2010, il semble bien ce risque se soit déjà réalisé.

27 commentaires:

  1. Une fois de plus : merci Aristide. Cette série promet d'être particulièrement intéressante, voire "page-turning"... quoique le support ne permette pas de vraiment tourner les pages.

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    1. Merci Dixie. Espérons que la suite répondra à vos espérances.

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  2. J'attends la suite avec d'autant plus d'impatience que la thèse de Murray me semble aller directement à l'encontre de celles de gens comme Gòmez Dàvila (« La seule chose qui différencie encore les riches des pauvres, c'est l'argent ») ou comme Renaud Camus, qui, nomme “petit-embourgeoisisation” le nivellement culturel actuel, qui fait qu'un plombier ou un patron du CAC 40 peuvent ne lire l'un comme l'autre que des “polars” ou de la BD, et se retrouver pour dire que Michael Jackson fut l'un des grands musiciens de notre temps.

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    1. Eh bien, sans déflorer la suite, disons que la thèse de Gomez Dàvila me semble fausse (ou du moins en contradiction avec les résultats auxquels parvient Murray) alors que celle de Camus me parait tout à fait défendable.

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  3. Je crois plutôt que les US et toutes les autres "démocracies" sont viciées dès l'origine, voir à ce sujet Mencius Moldbug.

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  4. "Z'avez qu'à foutre du SRU dans vos SuperZIP et tout ira mieux !"

    Jean-Claude Gayssot, s'entretenant avec le maire de Los Angeles, en juin 2001.

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    1. Uh-uh-uh. Sans compter les ZEP dans la ZAC.

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  5. Cette définition des élites "de deuxième niveau" (les 0.8%) semble correspondre assez bien à nos propres élites.
    J'ignore ce qu'il en est aux USA, mais les bobos français se caractérisent par leur compassion à l'égard des pauvres (e.g. immigrés) cad de ceux qui leur sont le plus étranger quitte à mépriser les "classes moyennes" qui par nature n'ont ni la classe du bobo, ni le "droit a l'empathie" réservé aux "vrais" pauvres.
    [Rappelez-vous Rousseau : « ces prétendus cosmopolites qui, justifiant leur amour pour la patrie par leur amour pour le genre humain, se vantent d’aimer tout le monde pour avoir droit de n’aimer personne »]
    Mais attendons la suite ....

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    1. Vous avez raison bien sûr, mais j'ajouterais un petit quelque chose pour modérer un peu ce diagnostic. Je suis certain que presque tous les lecteurs de mon blog appartiennent à cette "élite intellectuelle" que décrit Murray, et c'est bien sûr le cas aussi des lecteurs de Murray.
      Tout n'est donc pas perdu. Les mondes sont de plus en plus séparés mais ils peuvent encore communiquer. Les membres de cette "élite cognitive" peuvent réaliser leurs erreurs et leur ignorance (comme je l'ai fait moi-même d'ailleurs) et ainsi changer d'opinion sur des points très importants.
      Un autre monde est possible, comme disent nos amis gauchistes.

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    2. Mhhh Rousseau, je ne suis pas certaine que nous devions le remercier celui-ci.

      Excellent article. J'attends la suite avec impatience. Le diagnostic est similaire pour les sociétés occidentales, me semble-t-il. Par ailleurs, d'après cette introduction, les thèses avancées sont un étrange échos de nombres d'auteurs US de SF spéculatives.

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    3. Merci.
      A quels auteurs faites vous référence? La SF n'est pas vraiment mon rayon (à la différence de Rousseau...)

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    4. De rien, merci à vous pour ce blog.

      Je dirais que nos "spécialités" sont l'inverse l'une de l'autre (bien que je prise particulièrement Tocqueville, Montesquieu et Locke). Vous aurez compris que je ne suis pas une grande amatrice du "Contrat Social"...

      Quelques auteurs de SF ont anticipé ces divergences entre le peuple et l'élite, la déliquescence de la démocratie, de la société "occidentale" de manière assez intuitive.

      Parmi les auteurs, il y a essentiellement les "classiques" : Heinlein (Starship Troopers, Révolte sur la Lune, des points de vue très durs sur la démocratie...), Poul Anderson (surtout dans ses nouvelles - je recommanderai la lecture de "Pas de Trêve pour les Rois"), Orwell et 1984 ( qui entre en résonance avec notre société), Silverberg, Watts (un contemporain)....

      Si vous voulez faire une excursion dans le genre SF spéculative, je peux vous conseillez.

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    5. C'est aimable à vous, mais pour tout dire voici des années que je ne lis plus de roman, sauf exceptionnellement. J'en ai beaucoup lu étant plus jeune, mais aujourd'hui j'ai tellement de livres en retard, et tellement d'autres que je j'aimerais relire que je suis obligé de faire des choix.
      Mais merci pour ces précisions.

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  6. Pour ce qui capte l'English, le monsieur promeut son livre : http://www.nationalreview.com/media/uncommonknowledge/298706

    http://www.nationalreview.com/media/uncommonknowledge/298707

    Ce dont vous parlez SuperZIP et l'importance de l'intelligence est développée ici : http://www.nationalreview.com/media/uncommonknowledge/298708

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    1. J'avais vu ça, effectivement. En général cette émission est bien intéressante.

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  7. S'il y en a qui doivent être heureux dans leurs tombes, ou dans leurs tombes prochaines, ce sont les fameux hippies américains qui crachaient sur le bonheur matériel, l'uniformité des maisons, des études, des destins.

    Doivent être bien contents, maintenant que tout est détruit !

    http://www.youtube.com/watch?v=H0mpyJVAcSw

    ou encore

    http://youtu.be/H0mpyJVAcSw

    dans la mesure où je ne sais pas quel lien va fonctionner.

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    1. La diversité est une valeur très surestimée :-)

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  8. Deux critiques:

    Le taux de pauvreté aux USA progresse bel et bien depuis 10 ans, contrairement à ce que laisse entendre l'auteur: http://en.wikipedia.org/wiki/File:US_poverty_rate_timeline.gif

    Comme il y'a corrélation niveau de revenu/éducation, la divergence "culturelle" vue par Murray ne va pas aller en s'arrangeant.

    Un deuxième bémol: son affirmation que l'intelligence est héréditaire est un peu rapide, le sujet faisant largement débat entre chercheurs.

    Mais plus important, que laisse entendre sa conclusion? Que le système politique Américain est en crise (comme le notre soyons clair), qu'il est aux mains d'une élite, d'une oligarchie?

    Comment sortir du capitalisme de connivence en somme? Est-ce qu'il donne des pistes?

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  9. Sur le premier point, il ne me semble pas que Murray nie que la "pauvreté" progresse aux USA et je ne crois pas avoir écrit une telle chose.
    Ce qui est vrai c'est que Murray insiste sur le fait que le problème qu'il étudie n'a pas n'est pas un problème de revenu mais un problème de moeurs. Ce qui signifie par exemple que réduire la pauvreté, en termes de revenus, ne changerait rien au problème de moeurs.
    La divergence entre le haut et le bas de la pyramide est souvent étudiée d'un point de vue purement économique. Ce n'est pas ce qui intéresse Murray ici.
    Par ailleurs il y a un problème avec la mesure légale de la pauvreté : beaucoup de ceux qui sont classés comme "pauvres" pourraient légitimement être considérés comme aisés, ou en tout ças l'aurait été il n'y a pas si longtemps.
    Sur le second point, effectivement Murray considère que l'intelligence est essentiellement héréditaire. Il a écrit un gros livre sur ce sujet, The bell curve dont j'ai déjà fait un compte rendu. J'aurais du le linker dans le texte mais vous pouvez déjà le chercher dans les archives du blog si cela vous intéresse.

    Pour ce qui est de la conclusion, je crois qu'il vous faudra attendre la fin des sept billets, mais vous risquez d'être déçu car Murray dit lui-même qu'il se préoccupe de décrire la situation plus que d'y chercher des remèdes.

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    1. "Les pauvres ne sont pas devenus plus pauvres durant cette période, mais les gens aisés sont devenus beaucoup plus aisés."

      Cette phrase prête un peu à confusion, quand on voit selon les sources officielles du gouvernement US que depuis 10 la pauvreté progresse (de plus en plus de personnes sous le seuil de pauvreté).

      Si en même temps comme vous le décrivez les plus aisés sont de plus en plus riches, on se retrouve avec plus de pauvres d'un côté, et des riches plus riches de l'autre. Donc forcément un clivage plus prononcé des niveaux d'éducation, et donc des cultures.

      Comment dire alors que "cette divergence entre les classes supérieures et les classes inférieures de la population américaine n’est pas une divergence en termes de revenus ou de richesses."

      Il y'a quelque chose qui m'échappe...

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  10. Comment dire alors que "cette divergence entre les classes supérieures et les classes inférieures de la population américaine n’est pas une divergence en termes de revenus ou de richesses."

    Très simplement : cette divergence à laquelle Charles Murray s'intéresse dans son livre.

    Par ailleurs la pauvreté dont vous parlez est la pauvreté légale : sont "pauvres" tous ceux qui sont en dessous d'un certain seuil de revenus. Mais il faut bien comprendre que cette pauvreté là est inéradicable, puisque le seuil de pauvreté s'élève en même temps que la richesse nationale.
    Vous êtes considérés comme "pauvre" simplement parce que vous avez moins que les riches.
    On peut donc avoir une progression de la "pauvreté" sans que le niveau de vie de ceux qui sont concernés ait diminué, simplement le niveau de vie moyen s'est élevé et eux n'ont pas progressé.

    Mais je crois surtout qu'il y a une différence de fond entre Murray et vous : vous semblez interpréter les différences "culturelles" comme la conséquence des différences de richesse, alors que Murray estime précisément que c'est l'inverse qui est vrai.
    Autrement dit selon lui le problème des "pauvres" aujourd'hui ce n'est pas qu'ils manquent d'argent, c'est qu'ils ont développé des habitudes de vie catastrophiques. Et c'est en partie ce qui explique que "l'ascenseur social" soit cassé comme on dit chez nous.

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    1. On est un peu dans un dilemme œuf-poule là non?
      Personnellement, j'estime qu'on ne peut pas occulter aussi facilement le lien de causalité entre niveaux de revenus et différences culturelles entre classes socio-économiques.

      Que le cycle s'auto-entretienne, je veux bien le croire. De la même manière que l'appartenance à l'élite est souvent héréditaire, souvent l'appartenance à une classe SCP inférieure l'est aussi. Mais pour des raisons exogènes soyons clairs (environnement, moyens, accès à l'éducation , aux soins, etc.). Je laisse sa théorie de l'hérédité intellectuelle à l'auteur. D'ailleurs si sa théorie était vraie, l'ascenseur social n'aurait jamais vraiment existé.

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    2. Non, on est en présence de deux hypothèses contradictoires qu'il est possible de tester, de confronter à la réalité. C'est ce que fait Charles Murray, dans ce livre et dans d'autres.
      A mon sens il serait préférable que vous lisiez toute la série sur Coming apart avant de vous faire une idée sur la validité de ce que dit Murray, et mieux encore que vous lisiez le livre lui-même.
      De la même manière, plutôt que lui "laisser sa théorie de l'hérédité intellectuelle" vous devriez vous renseigner plus avant. Il y a des arguments et des faits très solides à l'appui de cette théorie.
      D'ailleurs si vous lisez The bell curve, ou même simplement si vous relisez attentivement ce billet vous comprendrez pourquoi votre objection au sujet de l'ascenseur social ne tient pas.
      Enfin sur la question de la pauvreté vous pourriez lire Losing ground, toujours sur ce blog ou bien le livre lui-même.

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    3. L'auteur a de son côté fait visiblement beaucoup d'efforts pour développer sa théorie de l'hérédité intellectuelle. Permettez moi d'expliquer clairement et de manière logique pourquoi je pense qu'il a tort en disant que "En effet l’intelligence, telle que la mesurent les tests de QI, est essentiellement héréditaire."

      Voici mon raisonnement, en plus de deux phrases:

      Supposons par l'absurde que l'intelligence mesurée par les tests de QI est essentiellement héréditaire, comme le soutient l'auteur.

      Deux cas se présentent alors, vu que l'intelligence est liée au génome. Pour plus de facilité nous allons supposer qu'elle est liée à un seul gène. Est-elle alors liée à un (ou des)
      A) gène(s) dominant(s)
      B) gène(s) récessif(s)

      Comme le gène de la couleur des cheveux. Un enfant qui possède l'allène brun et l'allène blond du gène sera brun, c'était sans doute triste à reconnaître pour nos amis aryens, mais c'est comme ça que marche notre génome.

      L'auteur explique que l'intelligentsia constitue une élite minoritaire. Comme les gens blonds, les gens intelligents sont donc en minorité. On peut supposer que l'"allèle de l'intelligence" est donc récessif, ou qu'au minimum, l'intelligence d'un enfant est diminuée par rapport à celle de son parent le plus intelligent. On pourrait le prouver en fait simplement par un nouveau raisonnement par l'absurde:

      Si on suppose par l’absurde que l'intelligence est dominante, alors la population convergera vers une majorité de gens intelligents, ce qui n'est pas la situation décrite par l'auteur. Absurde, donc l'intelligence est récessive.

      Donc l'intelligence est récessive. Trois conclusions en découle:

      Deux parents intelligents font un gamin intelligent.
      Deux parents stupides font un enfant stupide.
      Un parent stupide avec un parent intelligent font un enfant moins intelligent (nécessairement vu le raisonnement précédent).

      Au fil des siècles, les gens stupides feront des mauvais choix de vie, entrainant leurs enfants en bas de l'échelle sociale. Enfants qui seront stupides puisque héritant des capacités intellectuelles de leurs parents. On a donc convergence de la majorité de la population vers la stupidité et les classes inférieures. Cependant, tout comme les blonds n'ont pas disparu de la surface de la terre, l'allèle "intelligent" continue à se propager et ressurgit de temps à autres, formant "l'élite minoritaire" qui se réfugie au sein de sa caste supérieure.

      Dans cette théorie, il ne peut donc pas y avoir d'ascenseur social. L'ascenseur social, c'est quand un membre d'une famille issue des catégories socio-pro inférieure s'élève à une catégorie socio-pro supérieure, puis s'y maintient. Dans la théorie de l'auteur, cette situation n'est pas possible, les enfants stupides de parents stupides ne pouvant pas être assez intelligents pour faire les bons choix qui les amèneront à s'élever socialement.

      Donc la théorie de l'auteur ne tient pas. Cela dit, il se garde la marge, comme l'atteste le "essentiellement" de sa phrase. Il reste une partie de l'intelligence qui serait liée à autre chose qu'à l'hérédité. L'environnement, la famille, l'éducation, la qualité de vie, etc. Bizarrement, il ressort généralement des études sociologiques que ces facteurs sont primordiaux, et que les choix de vie et la "réussite" viennent essentiellement de ces facteurs là. Mais ce n'est que mon avis personnel.

      Je lirai avec intérêt la suite de vos billets, tout comme j'avais lu la série sur l'ouvrage Real Education avec beaucoup d'intérêt.

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    4. Ce que vous dites est intéressant mais la prémisse sur laquelle repose votre raisonnement est beaucoup trop simpliste.
      Vous supposez que si le QI est essentiellement héréditaire, alors cela signifie que sa transmission fonctionne de la même manière que la transmission de la couleur des cheveux : une ou deux gènes, récessifs ou dominants, et ensuite les différentes combinaisons possibles, en nombre très limité.
      Mais c’est une supposition gratuite et beaucoup trop commode. La couleur des cheveux est sans doute le trait héréditaire le plus simple à expliquer, mais il n’y a aucune raison de penser que toutes les caractéristiques héréditaires suivent ce modèle. Au contraire, tout porte à croire que le modèle de la couleur des cheveux est l’exception, pas la règle, et que la plupart des traits héréditaires chez l’être humain dépendent d’une combinaison complexe de gènes et de facteurs que nous commençons tout juste à comprendre.
      Par exemple, pour autant que je sache, les biologistes aujourd’hui parlent plus volontiers de variations de dominance que simplement de gènes dominants ou récessifs, car ils ont découvert des cas de dominance partielle, de codominance, de surdominance, etc.
      En bref, le rapport entre le génotype et le phénotype est rarement aussi simple que celui que vous décrivez.

      En ce qui concerne l’intelligence, dire que le QI est essentiellement héréditaire ne signifie pas que l’on aurait repéré le matériel génétique auquel l’intelligence est liée et que l’on saurait comment - génétiquement parlant - l’intelligence se transmet. Pour autant que je sache, tout cela reste un mystère.
      En revanche on sait mesurer le QI et on sait mesurer l’héritabilité d’une caractéristique donnée, et donc on sait mesurer l’héritabilité du QI. Ce sont des questions essentiellement statistiques, pas des questions biologiques, et ce que l’on mesure ce sont des variations à l’intérieur de groupes, ce qui ne nous dit rien sur chacun des individus du groupe. Ainsi le caractère essentiellement héréditaire du QI est tout à fait compatible avec le fait que, parfois, des parents stupides donnent naissance à un enfant intelligent, ou l’inverse. Simplement, c’est peu fréquent.

      Par ailleurs, si, comme vous le dites, l’auteur a fait « beaucoup d’efforts pour développer sa théorie de l'hérédité intellectuelle », vous devriez supposer qu’il a envisagé une objection aussi simple que la vôtre - surtout s’il sait que son livre va être très controversé - vous ne croyez pas ?

      Pour résumer : Je ne suis ni spécialiste du QI ni biologiste et je ne prétends pas l’être, par conséquent si vraiment la question du QI vous intéresse, vous devriez lire The bell curve, le livre, et pas seulement mon compte-rendu. Vous pourriez aussi aller voir là : http://analyseeconomique.wordpress.com/
      où vous devriez trouver la réponse à toutes les questions que vous vous poser à ce sujet, et même à celles que vous ne vous posez pas.

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  11. J'attendais ce billet avec impatience depuis que vous aviez dit l'année dernière je crois que vous rédigerez des notes de lecture de ce livre.

    A ce propos, j'ai acquis il y a un bout de temps déjà The Bell Curve. Je dois dire que j'ai été à la fois déçu et soulagé par vos billets. Déçu parce qu'il manquait des éléments très importants, notamment les pages 282-285, la figure page 288, ainsi que le passage sur le Milwaukee Project pages 408-409. Ces passages contiennent les arguments les plus dévastateurs contre la théorie environnementale du QI (il y a le passage qui parle de la régression vers la moyenne mais j'ai oublié la page). J'ai quand même été agréablement surpris en ce que je pensais que je ne découvrirais pas grand chose de neuf par rapport à ce que vous aviez écrit, dans la mesure où vous aviez parlé du livre en long et en large. Au contraire, l'ouvrage est excellent, et j'ai trouvé des choses intéressantes dont une note de lecture (p 771, note 86 du ch. 17) où les auteurs affirment que même des gains de QI aussi élevés que 20 points ne réfutent pas leur idée selon laquelle le QI est fortement héréditaire.

    Il est possible que je m'achète celui-là aussi, après vous avoir lu.

    A propos sinon du lien obésité-SES. Cette étude. Figure 3.
    http://analyseeconomique.files.wordpress.com/2012/07/the-obesity-epidemic-in-the-united-states-gender-age-socioeconomic-racial-ethnic-and-geographic-characteristics-a-systematic-review-and-meta-regression-analysis.pdf

    Même si les individus à fort SES (à savoir, haut statut social) ont un taux d'obésité plus faible, l'augmentation de l'obésité depuis 1971 à 2000 est similaire parmi les low, medium et high-SES. Ce sont les données pour les USA, j'ignore si cela s'applique aux pays européens. Mais il semblerait que les données fournies par Murray pour les USA ne correspondent pas avec celles que j'ai fourni.
    Ou alors Murray faisait allusion au QI quand il mentionnait la "nouvelle élite" ou alors il s'agit des niveaux extrêmes supérieurs du SES (les données que j'ai fourni divisent simplement en 3 les niveaux de SES).

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    1. Il est bien normal que vous soyez déçu. The bell curve fait 845 pages et mon compte-rendu à peine 30, je suis donc obligé de laisser beaucoup, beaucoup de choses de côté.
      Par ailleurs je cherche à toucher le plus grand nombre, j’évite donc systématiquement les discussions trop techniques, mais la contrepartie est évidemment que je ne parle pas de certains points qui peuvent vivement intéresser les spécialistes comme vous.
      Plus généralement, j’ai toujours dit que mes compte-rendu ne remplaçaient pas la lecture des livres dont je parle, bien au contraire. L’idéal serait que, après m’avoir lu, ceux qui viennent sur ce blog lisent l’ouvrage en question. Mais s’ils ne le font pas (et il est à craindre que la plupart ne le fassent pas) j’essaye du moins de leur présenter les arguments qui me semblent les plus importants.
      Donc n’hésitez surtout pas à vous procurer Coming Apart dès maintenant. Là aussi mon compte-rendu laisse beaucoup de choses de côté.
      A ce propos, je publierais aussi plus tard un compte-rendu de Human Accomplishment. Si vous ne l’avez pas, achetez le tout de suite, je suis sûr qu’il vous intéressera beaucoup.

      Concernant l’obésité, je ne sais pas. Murray en parle seulement en passant. Il s’appuie apparemment sur les chiffres du Centers for Diseases Control pour 2009, mais il n’en dit pas plus.
      D’un point de vue anecdotique toutefois, je trouve que ce que dit Murray est cohérent avec ce que je peux observer autour de moi. Si comme moi vous faites vos courses au supermarché depuis des années et des années, et dans pas mal de lieux différents, vous n’avez aucun mal à comprendre pourquoi nos contemporains sont de plus en plus gros. Et vous n’avez pas de mal non plus à comprendre quelles sont les catégories sociales les plus touchées. Ajoutez à cela les observations à l’école, sur les plages, dans les clubs de sport, etc. et le tableau d’ensemble est très clair, même s’il n’est pas « systématique ».

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