Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 2 janvier 2013

Mariage et bien commun (1/2)



 
Le début de cette année sera donc placé sous le signe de la destruction du mariage. Ainsi en ont décidé nos gouvernants, puisque va s’ouvrir le débat législatif sur le « mariage pour tous », euphémisme ridicule dont nul n’ignore qu’il cache le mariage homosexuel.
Par conséquent, le début de cette année sera placé sous le signe de la défense du mariage pour ceux qui, comme votre serviteur, estiment que le mariage, le vrai, le seul, celui entre un homme et une femme, mérite d’être défendu.
Cette défense se fera bien sûr d’abord dans la rue et au sein du Parlement, mais ceux qui combattent dans les tranchées ont besoin d’être ravitaillés en munitions et soutenus, de l’arrière, par l’artillerie, pour espérer l’emporter. Assurons-nous donc que les magasins dans lesquels ils viendront puiser sont convenablement pourvus en arguments, et pilonnons sans merci les positions adverses.

Dans une précédente série de billets, j’avais déjà eu l’occasion d’examiner les principaux arguments avancés par les partisans du mariage homosexuel - et de montrer le caractère inopérant de tous ces arguments. Aucune raison avancée pour justifier l’ouverture du mariage aux couples du même sexe n’est convaincante. Cela devrait normalement suffire pour clore le débat, car la charge de la preuve devrait, en toute équité, reposer entièrement du côté de ceux qui veulent modifier l’institution du mariage.
Malheureusement cela ne suffit plus. Le mariage a été si fort malmené, depuis presque un demi-siècle, que sa signification s’est perdu. Même ceux qui ne sont pas a priori particulièrement favorables au mariage homosexuel tâtonnent souvent pour justifier leur opposition, quand ils ne se retrouvent pas purement et simplement dépourvus d’arguments pour appuyer leur réticence. Dès lors, l’issue la plus probable est que, face à la détermination et à l’agressivité des partisans du mariage homosexuel, les réticents finissent par baisser les bras et par se lasser d’une résistance à laquelle ils ne parviennent pas à trouver un sens.
Nous en sommes là.
Par conséquent, repousser les offensives adverses, en démontant les arguments du camp d’en face, doit s’accompagner d’une contre-offensive. Il est, pour parler de manière moins métaphorique, devenu nécessaire de rappeler que le mariage est une institution qui sert le bien commun, et d’expliquer pourquoi.
Disons le tout de suite : une telle entreprise excède de beaucoup ce qu’il est possible de faire sur un simple blog, si du moins on ne veut marcher que la preuve à la main. Des rayonnages entiers, que dis-je, des bibliothèques ont été écrites sur cette question et sur celles qui lui sont liées, et l’esprit le plus synthétique du monde ne saurait venir à bout d’en faire un résumé acceptable en quelques pages. Mais il est possible du moins de présenter quelques têtes de chapitre, en indiquant (en fin d’article) aux lecteurs scrupuleux et persévérants quelques références grâce auxquelles ils pourront commencer à dérouler la pelote par eux-mêmes.
C’est donc ce que vais m’efforcer de faire, non pas en présentant tous les arguments en faveur du mariage et en examinant toutes les questions qui sont liées au débat actuel, mais seulement ceux et celles qui me paraissent les plus propres à convaincre les hésitants.
Je ne m’adresserais pas, par conséquent, aux militants de la « cause » homosexuelle, aux féministes canal hystérique, ni à ceux, hélas nombreux, pour qui le mot « égalité » tient lieu de toute argumentation. Tous ceux-là sont au-delà, ou en-deçà, d’une argumentation rationnelle.
Mes arguments ne seront pas particulièrement dirigés non plus vers les plus croyants d’entre nous, qui n’ont pas besoin d’être convaincus de la nocivité du mariage homosexuel et qui puisent dans leur foi suffisamment de motivation pour s’y opposer. Pour des raison stratégiques, et non pour des raisons personnelles, mon argumentation sera entièrement « laïque ».
Mon gibier, dans cette chasse, n’est pas le mariage chrétien mais le mariage « civil », celui qui, sous une forme ou une autre, semble bien exister dans toutes les sociétés connues. Je n’ignore pas pour autant que, historiquement, les deux types de mariage sont très liés en France, et en Occident en général, et qu’il serait sans doute dangereux de les séparer totalement. Mais c’est là une question connexe que je laisserais de côté.

Reprenons donc les choses à la base. Pourquoi le mariage existe-t-il ? Pourquoi, pour autant que nous le sachions, existe-t-il partout et toujours des normes et des rituels visant à unir durablement les hommes et les femmes et à encadrer leur sexualité ?
La réponse est très simple : le mariage est une constante anthropologique tout simplement parce qu’il répond à certains besoins de la nature humaine.
Mais encore ?
Eh bien, les êtres humains sont des animaux sexués et par conséquent hommes et femmes s’attirent mutuellement. Jusque là tout va bien, nul besoin pour le législateur de commander aux hommes de rechercher la compagnie des femmes et plus si affinités, et inversement. Mais plaisir d’amour ne dure qu’un moment, comme le dit le poète, et cela n’est pas toujours suffisant, loin de là, pour fixer les hommes auprès des femmes. Or il est pourtant fort nécessaire que le plus de couples possible se stabilisent.
D’abord parce que, si la sexualité est liée à l’amour, elle est également inséparable de la jalousie et de passions très peu pacifiques. La fluidité des relations entre les hommes et les femmes est donc une cause importante de violence, dont les femmes et les enfants sont les premières victimes.
Car bien entendu, et c’est là le plus important, nos organes sexuels étant des organes reproducteurs, il n’est pas rare que, pour avoir voulu être deux un moment, on se retrouve trois toute la vie. Mais si concevoir des enfants est immédiatement agréable, en prendre soin et les éduquer n’a pas nécessairement le même attrait, particulièrement pour les hommes. Pour le dire en peu de mots, et en parlant de manière générale, la vie de famille attire spontanément beaucoup moins les hommes que les femmes, et qui plus est ceux-ci ont toujours la possibilité de s’enfuir lorsqu’un marmot pointe le bout de son nez, alors que les femmes sont limitées à la ressource de l’infanticide, que, fort heureusement, la plupart d’entre elles répugnent invinciblement à pratiquer.
Par conséquent, toutes les sociétés que la terre ait porté semblent bien s’être souciées de fixer les hommes auprès des femmes et de trouver des moyens de leur faire assumer leurs responsabilités parentales. Et c’est ainsi que le mariage a été inventé.
Défini en termes très généraux, le mariage est la reconnaissance et l’approbation publique du fait que tel homme et telle femme aient des relations sexuelles, reconnaissance et approbation qui emporte avec elle des avantages et des obligations sanctionnées par la société dans son ensemble. L’obligation essentielle est celle de la stabilité du couple et de l’éducation en commun des enfants qui pourraient résulter de cette union. Les avantages sont variables selon les sociétés mais existent toujours et tournent, le plus souvent, autour de trois points : la filiation, le patrimoine, les honneurs. Les couples mariés voient leurs enfants officiellement reconnus, avec tout ce qui en découle du point de vue de la transmission des biens, du nom, etc., les couples mariés bénéficient d’avantages matériels, les couples mariés peuvent se voir attribuer certaines distinctions honorifiques.
Bien entendu, à côté de ces dispositions « légales », officielles, existent habituellement toute une série de pénalités informelles mais très importantes pour la pérennité de l’institution. Comme la réprobation et l’ostracisme qui frappent ceux ont des relations sexuelles hors mariage, le ridicule qui s’attache à ceux qui préfèrent rester célibataires, et autres choses du même genre.
Résumons-nous : dans toutes les sociétés, le mariage sert le bien commun car il canalise et modère les passions sexuelles et surtout, surtout, car il lie sexualité et parentalité.
S’il ne fallait citer qu’une seule contribution du mariage au bien commun, ce serait celle-ci : toutes choses égales par ailleurs, il est bien préférable pour les enfants d’être élevés par ceux qui les ont conçus.
Pour le dire autrement : un enfant a besoin de son père et de sa mère, c’est-à-dire d’être soigné, élevé, éduqué par son père et sa mère biologiques, ce qui suppose que les deux vivent ensemble et se partagent les tâches d’éducation au quotidien.
Oubliez les bavardages psychologisants de ceux qui, pour paraitre modérés, reconnaissent qu’un enfant a certes besoin d’une « figure paternelle » et d’une « figure maternelle », mais qui ajoutent aussitôt que n’importe quel homme ou n’importe quelle femme pourra remplir cette fonction. Qu’importe que petit Louis ait deux « mamans », pourvu que le frère de l’une d’elle vienne souvent à la maison. Non. Un enfant n’a pas besoin d’une « figure paternelle » ou « d’une figure maternelle », il a besoin de son père et de sa mère, au quotidien.
Des preuves ? me direz-vous.
Mais bien plus qu’il n’en faut (si vraiment il vous en faut) !
Ecoutez bien : quelle que soit la variable examinée, la science sociale parvient à la conclusion que la structure familiale qui produit les meilleurs résultats pour les enfants est celle où les deux parents biologiques sont mariés. Les enfants élevés dans des familles dites monoparentales ou recomposées, ou par des parents qui ne sont pas mariés, se portent en moyenne moins bien, physiquement et psychologiquement, réussissent moins bien à l’école, sont plus susceptibles de devenir délinquants et de développer des addictions. Parvenus à l’âge adulte ils divorcent plus fréquemment et occupent des emplois moins élevés, etc. Et ceci reste vrai après avoir contrôlé pour le statut socio-économique des parents. Il n’existe probablement pas de résultats qui soient mieux acceptés par les spécialistes, et qui soient plus systématiquement ignorés par les médias et les hommes politiques.


Bon, à la limite les deux parents biologiques je veux bien, mais « mariés », pourquoi donc ? Deux parents qui vivent ensemble sans être mariés, cela ne suffit pas ?
Non. Statistiquement, les couples qui cohabitent obtiennent de moins bon résultats dans l’éducation de leurs enfants que les couples mariés. Ne soyez pas étonné, l’explication n’est pas si difficile à trouver. La question à poser est : pourquoi un couple choisit-il de cohabiter plutôt que de se marier ? Il est raisonnable de penser que, le plus souvent, ce choix traduit une certaine réticence à s’engager formellement, une conception plus « libertaire » du couple et, de manière générale, le désir de se garder une porte de sortie aisée à emprunter si l’envie devait vous en prendre. Les couples non mariés sont simplement moins solides que les couples mariés, même en ces temps de divorce par consentement mutuel, et il n’est pas rare que l’absence de mariage traduise un conflit dans le couple au sujet du degré de sérieux de la « relation ».
Le lien entre l’éducation des enfants et le bien commun est évident. Les troubles accrus des enfants dont les parents ne sont pas mariés ne restent évidemment pas cantonnés à l’intérieur de leur famille, mais rejaillissent rapidement sur l’ensemble de la société. Puisque ces enfants, en grandissant, sont plus susceptibles de développer des comportements violents ou asociaux, puisqu’ils acquièrent moins bien les qualités du caractère indispensables à la vie en commun, comme la maîtrise de soi, le sens du devoir, la confiance en soi et en les autres, la persévérance, etc. leur multiplication a des effets nocifs sur la société dans son ensemble. Lorsque les divorces deviennent monnaie courante ou que trop de gens ne se marient plus, la société dans son ensemble souffre d’une variété de pathologies, telles que l’augmentation de la pauvreté, de la délinquance, de l’usage des stupéfiants, des suicides, etc.
Voilà donc le lien essentiel entre le mariage et le bien commun et ce qui, au premier chef, explique que, partout et toujours, existent des normes sociales visant à encadrer la sexualité des hommes et des femmes.
Mais dans une démocratie libérale comme la nôtre, il existe une autre contribution du mariage au bien commun. Des familles solides, intactes, diminuent le besoin de recourir à l’intervention des pouvoirs publics dans la vie quotidienne, et par conséquent concourent à préserver les libertés individuelles. En effet, comme nous l’avons vu, la dissolution de la famille provoque une augmentation de la criminalité et des désordres sociaux de toutes sortes. Par ailleurs la famille a un rôle fondamental pour protéger et prendre soin des membres les plus vulnérables de la société, les enfants, les malades, les vieillards. Lorsque les familles se désunissent, cette prise en charge ne peut plus être assurée, ou plus au même degré. Dans un cas comme dans l’autre, l’effondrement de la structure familiale signifie donc la disparition ou l’affaiblissement de tout un réseau d’entraide et de contrôle social absolument indispensable. Dès lors ces fonctions devront être assurées par d’autres personnes ou d’autres institutions, et très rapidement seul le gouvernement sera en mesure de remplir ce rôle.
Moins de familles et des familles plus fragiles a inévitablement pour conséquence, à plus ou moins long terme, l’expansion de l’Etat-providence. L’administration prend peu à peu la place des individus et des institutions privées. Les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires augmentent, les réglementations se font plus tatillonnes et plus intrusives au fur et à mesure que ces dépenses augmentent et que les agents publics se substituent aux particuliers. Plus la présence de l’administration se fait pesante et moins les individus se sentent responsables de leurs actes et du sort de leurs semblables. Pourquoi devrais-je élever cet enfant que je n’ai pas voulu avec cette femme qui ne me plait pas plus que ça ? Elle n’a qu’à aller voir les services sociaux. Pourquoi devrais-je prendre chez moi mes vieux parents ? Il y a des maisons de retraite et des allocations pour ça. Après tout, on ne donne pas la moitié de ses revenus au fisc pour être ensuite individuellement responsable du bien-être de ses voisins. Et moins les individus se comportent de manière responsable, plus les pouvoirs publics doivent, fort maladroitement, essayer de se substituer à eux.
Ainsi se trouve enclenché le cercle vicieux qui conduit peu à peu les démocraties libérales vers ce que Tocqueville nommait le « despotisme administratif ».
Certes, ni Tocqueville, ni de manière générale les premières générations des penseurs dits libéraux, n’auraient soutenus l’opinion que l’on trouve parfois aujourd’hui chez certains de ceux qui se disent libéraux, à savoir que le mariage est une affaire strictement privée, que les pouvoirs publics devraient s’en désintéresser entièrement et que par conséquent n’importe qui devrait pouvoir épouser qui lui plait. La liberté avant tout ! Ils comprenaient bien, en effet, qu’un gouvernement libre requiert des individus d’une certaine sorte pour perdurer et que cette sorte d’individus n’est, sauf exception, susceptible de se former qu’au sein du mariage. Une structure familiale intacte est l’une des choses essentielles qui rend le libéralisme - à savoir un gouvernement soigneusement limité, l’économie de marché, la liberté individuelle fondée sur les droits naturels - viable.

24 commentaires:

  1. Après ce magnifique plaidoyer pour le mariage, comment ne pas vouloir qu'il soit partagé par tous et donc l'ouvrir aux personnes de même sexe ?
    Pourquoi cette stabilité qu'il est censé confèrer aux individus et à la société ne pourrait elle pas s'appliquer aux couples de même sexe ?
    Imaginons qu'un homme qu'on appelera Yukio, au hasard, est fou amoureux d'Aristide, encore au hasard, leurs sentiments sont réciproques, et durent depuis maintenant plus de 10 ans. Ils forment un couple stable. Aristide a fait une demande d'adoption et il attend une réponse très probablement positive parce qu'il est aisé matériellement, exerce un métier stable, et a fait la preuve de sa moralité. Aristide et Yukio sont tous deux conservateurs dans leur pensée politique. Ils auraient bien aimés, mais ils n'ont jamais été attiré par les filles, ils auraient pu s'y résoudre et vivrent leur relation dans une forme de clandestinité, mais leur attachement au mariage les poussent à vouloir officialiser leur union de cette manière d'autant plus qu'ils souhaitent évidemment élever cet enfant en commun.
    Pourquoi leur refuser ce bienfait pour tous qu'est le mariage ? Quelle nuisance à autrui ou à la société leur mariage pourrait entrainer ?

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    1. Tss, tss, tss...
      Vous dites que vous avez l'esprit de contradiction, mais parfois je me demande si votre problème n'est pas d'une autre nature.
      Enfin, puisque vous avez lu cet article, vous aurez remarqué que le titre est : Mariage et bien commun (1/2). D'où vous pouvez déduire qu'il y aura une suite, suite dans laquelle sera abordée cette question. Si ce que j'y dis ne satisfait pas votre "esprit de contradiction", revenez me voir à ce moment.

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    2. Pour répondre à DSL :
      Quel dommage à l'institution du mariage le "mariage pour tous" entraîne-t-il ?
      Peut-être celui, pour commencer, de détruire l'institution elle-même, dans la mesure où le mariage a été inventé pour qu'un homme et une femme s'occuppent de leurs gosses, ainsi qu'Aristide l'a brillamment rappelé. On ne voit donc pas pourquoi il faudrait marier des gens qui ne peuvent pas avoir d'enfants. Et n'allez pas me parler des couples stériles ou de l'adoption, qui ne sont que des cas particuliers, un genre de tolérance, acceptée uniquement parce qu'elle ne remet pas en question la règle.
      Tout nous porte à croire qu'un couple homosexuel est moins stable qu'un couple hétérosexuel, pour la bonne raison que le premier ne peut pas, par fait de nature, envisager d'avoir des enfants, alors que c'est toujours possible pour un couple hétérosexuel (même s'il n'en veut pas). Cela fait tout de même une différence, non ?

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    3. dsl,

      Où avez vous été cherché un sobriquet pareil "Yukio" , on dirait le nom du chien-chien à sa mémère. Je veux bien que cela soit le mariage pour tous mais quand même et surtout imaginez qu' un socialiste passe sur ce blog de grande qualité et hop il serait capable de proposer une telle union au camarade Culbuto.

      Yukio on diarit le nom du shih-tzu de mon voisin, je lui demanderais, s'il compte l'épouser une fois la loi sur le mariage pour tous votée.

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    4. Yukio comme Yukio Mishima, célèbre écrivain japonais, beaucoup plus apprécié en occident qu'au Japon , homo-sexuel notoire qui a fait son coming-out dans son livre autobiographique "confession d'un masque".

      Une petite anecdote concernant ce romancier (qui a mis fin à ses jours après l'échec d'une tentative de coup d'état au Japon) : devant insistance de sa mère, il se résolut à se marier et eut même des enfants comme quoi...

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  2. Du coup, je réponds moi-même avant la suite. Zut.

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  3. Tout à fait d'accord avec vous.
    Et, malgré mon côté casanier, je serai à Paris le 13 janvier 2013.
    Un point toutefois; la cohabitation hors mariage (que je réprouve, quoique la moitié de mes enfants sont dans ce cas !) vous paraît moins stable.
    Mon expérience de grand'père (ils sont onze en quatre fratries) me permet de contester votre argument (la qualité d'éducation est plutôt voisine).
    Ce qui pourrait faire la différence (mais je manque d'appui statistique) est certainement le mariage religieux.

    @dsl, que Yukio soit fou amoureux d'Aristide (cela s'explique!) ne justifie pas que ces charmants personnages viennent détruire un monument historique qui a montré ses qualités ... à moins qu'ils rêvent d'enfants ... comme d'autres de toutous.
    Mais j'imagine que ce prochain billet d'Aristide (si Yukio lui lâche les basques) va proposer de débattre la question.

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    1. J'entends bien ce que vous me dites, René, au sujet de votre expérience, et je ne conteste pas la qualité de vos observations, mais malheureusement un échantillon constitué exclusivement de vos petits enfants n'est pas représentatif.
      Il est possible que le mariage religieux fasse une différence, je ne sais pas, mais en ce cas sans doute pour les raisons que j'ai indiquées.

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    3. Aristide, j'imagine que l'exemple donné par René confirme plus ou moins ce que vous disiez dans des billets précédents : que la longévité des couples dépend aussi du milieu social, et que des gens issus d'un milieu policé et cultivé (tel que celui de René, qui ne m'apparaît pas être le dernier des gros beaufs, mais il le confirmera lui-même, coucou René ! :) )ont tendance sont plus souvent mariés et/ou en couple durable.
      Et que plus le milieu social descend, plus l'éducation des enfants a tendance à donner de moins bons résultats.
      Nous avons donc là la combinaison de deux choses : des gens issus d'un milieu social élevé qui, même non mariés, peuvent être en couple durable et bien élever leurs enfants.

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    4. Juste un mot : ma phrase incluant "contester votre argument" est un peu boiteuse. Quoiqu'il en soit, nous sommes pour l'essentiel en accord.
      Ce sur quoi j'insistais est le fait que certains milieux sociaux (une forte éducation) résistent mieux. Artémise, coucou, l'a bien compris.

      Pour conclure, je pense (comme Marcel Gauchet) que la suppression du mariage civil et son remplacement par un contrat universel serait préférable à la destruction du mariage civil actuel.
      J'ajoute que le mariage devant Dieu reste évidemment, mais c'est une affaire entre chrétiens, même qu'il peut être proposé (sans eucharistie) aux non-chrétiens.
      (D'accord Artémise).

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    5. oui le contexte familial de départ joue beaucoup.
      Exemple (fastoche) : dans ma famille et sur l'échantillon de mes cousins germains, nous sommes neuf ayant atteint au moins l'âge "raisonnable" pour se marier et avoir des enfants (25 ans, en gros).
      Dans le tas : deux seulement sont mariées, civilement et religieusement : ma soeur et moi.
      Nous comptons ensuite trois cousins en couple stable avec enfants, non mariés.
      Le reste n'étant ni en couple ni avec enfants. Et ce ne sont pas forcément les plus jeunes.

      Il est assez facile de remarquer que les deux seuls individus mariés sont ceux qui ont reçu, de loin, l'éducation la plus stricte (avec les défauts que cela comporte, mais c'est un autre problème) et la plus solidement religieuse. Et très vraisemblablement les deux seuls couples où l'on va à la messe (enfin, moi, j'y vais seule avec mon fils car mon mari est agnostique - mais marié à l'église, quand même hein :) ).
      C'est aussi là qu'il y a le plus d'enfants, nés plus tôt de parents plus jeunes.
      Parmi les couples stables non mariés, ceux qui ont eu les enfants le plus tôt et sont en couples depuis longtemps (15-20 ans) sont ceux qui sont les plus élevés socialement.

      Evidemment on ne peut pas extrapoler indéfiniment à partir de cela mais c'est tout de même révélateur.
      Et sinon, René, je suis assez d'accord avec vous sur la suppression du mariage civil. Mais dans l'absolu je ne suis pas défavorable au mariage entre personnes de même sexe.

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    6. Je réponds un peu tardivement, faute de connexion internet.

      Artémise, je suppose que par mes billets précédents vous vouliez dire ceux sur Coming Apart.
      Il est exact que l’institution du mariage se porte mieux chez les CSP+ que chez ceux qui sont en bas de l’échelle sociale.
      Mais comme je le dis dans mon billet, la structure familiale qui produit les meilleurs résultats pour les enfants est celle où les deux parents biologiques sont mariés, quelle que soit la situation sociale des parents.
      Autrement dit les études qui parviennent à ces résultats le font en « contrôlant » le statut socio-économique des parents, comme on dit, c’est-à-dire en neutralisant cette variable. Cela signifie que ces études mesurent bien l’effet de la structure familiale, et pas l’effet du niveau socio-économique.

      Cela étant dit, il n’est pas si évident qu’il faille contrôler la variable socio-économique. On le fait habituellement pour couper court aux polémiques et ne pas s’exposer au reproche que ce que l’on mesure réellement n’est que la place dans l’échelle sociale, etc. Mais il y a un lien entre mariage et statut socio-économique : se marier est presque toujours un plus en termes socio-économiques. Ceux qui se marient voient en général leurs revenus progresser plus vite que ceux qui ne se marient pas, et à l’inverse se séparer signifie très souvent une chute, parfois irrémédiable, dans l’échelle des revenus et des statuts. Cela est particulièrement vrai pour ceux qui se situent en bas de l’échelle : l’absence de mariage ou le divorce sont souvent des allers directs pour la pauvreté, particulièrement lorsqu’il y a des enfants.

      Pour résumer tout cela, le mariage en tant que tel a un impact. Il n’est pas juste un artefact de la situation sociale.

      Quant au fait que vous ne soyez pas défavorable au mariage pour les couples de même sexe, je ne peux attribuer cela qu’au fait que vous n’avez pas encore lu la seconde partie :-)

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    7. oui tout à fait, je faisais référence à ce que vous disiez sur Coming Apart : ces billets m'avaient beaucoup intéressée. Je n'ai pas commenté par manque de temps mais j'y ai énormément appris.

      Sur la question des enfants biologiques, oui mais non : je veux dire, au XVIIIe siècle français, les enfants étaient en masse placés en nourrice. étaient-ils pour autant des décadents déclassés et demeurés ? Impossible à savoir. Et d'ailleurs, je ne le pense pas. Louis XIV n'a pas été élevé directement par ses parents et il n'a pas si mal réussi sa vie...
      Bien sûr, ce n'est qu'une boutade de ma part, mais tout de même : on en revient au principe qui consiste à se demander si un enfant est mieux avec des parents biologiques "mauvais" ou en famille d'accueil. Même Laurence Pernoud, pourtant souvent considérée comme un monument de conservatisme, dit qu'il vaut mieux un bébé élevé en nourrice que par une "mauvaise" mère.

      Pour le reste, absolument d'accord avec vous. Près de moi, ce cas douloureux d'une enseignante, donc pas miséreuse au départ, qui après son divorce s'est retrouvée avec sa fille sur les bras, à devoir vendre meubles, habits et livres sur ebay, et à ne manger qu'un jour sur deux pour pouvoir faire manger sa fille. Toutes les connaissances divorcées que je connais ont violemment ressenti les conséquences financières de leur divorce.

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    8. Evidemment, si vous trouvez que Louis XIV est un exemple de personnalité équilibrée^^

      Plus sérieusement, qu’il soit préférable pour un enfant d’être élevé par une nourrice que par une mauvaise mère est évident, surtout si pour comparer ces deux situations on a commencé par charger la mère en question de tous les défauts possibles : alcoolique, maltraitante, etc. De la même manière (puisque le débat porte sur le mariage homosexuel) il est évident qu’il vaut sans doute mieux pour un enfant être élevé par un « bon » couple homosexuel que par un « mauvais » couple hétérosexuel. Mais c’est tout aussi évidemment une manière sophistique de raisonner.
      La question est toujours de savoir si toutes choses égales par ailleurs il vaut mieux être élevé par ses parents biologiques ou par d’autres adultes. Et là la réponse n’est pas douteuse. Elle ne l’est pas pour la science sociale, et elle ne devrait pas l’être, me semble-t-il, pour le sens commun. Il y a tellement de raisons évidentes pour lesquelles il en est ainsi qu’il ne devrait pas être besoin de faire de longues études pour le prouver.

      Cela ne signifie pas que d’autres arrangements éducatifs ne soient pas possibles et viables, cela signifie simplement que ces arrangements risquent fort de ne pas donner, statistiquement, d’aussi bons résultats. Vous évoquez le cas des familles françaises qui plaçaient leurs enfants en nourrice. Bien sûr que les enfants qui étaient ainsi élevés ne devenaient pas en masse décadents et demeurés. L’être humain peut s’accommoder de beaucoup de choses. Mais que cet arrangement n’ait pas été le meilleur possible ne me semble pas douteux, et je crois qu’il y a toujours eu des gens intelligents pour le savoir.
      Vous savez sans doute qu’au premier livre de L’Emile, Rousseau critique cette forme d’éducation. Ce qu’il y dit me parait très sensé, et il y a beaucoup à y apprendre, pourvu que l’on accepte de passer sur certains détails ou certaines formules qui peuvent nous sembler datés. C’est un exemple.

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    9. Juste un mot.
      Le contrat civil universel proposé par Marcel Gauchet (et qui me semble acceptable -tant la dénaturation du mariage me heurte) n'a pas de limite sur le nombre et la nature des contractants.
      Vous voyez que Monseigneur Philippe Barbarin voyait clair.
      De même le muzz n'ont pas poussé des cris d’orfraie.

      Encore un mot, Artemise : "Mais dans l'absolu je ne suis pas défavorable au mariage entre personnes de même sexe". Alors là, je suis déçu.

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    10. René je sais bien que je vous ai déçu sur cette affaire. J'en profite pour vous donner un lien qui peut-être pourra vous faire entendre, mieux que je ne pourrais le faire, le pourquoi de ma pensée. Vous l'avez peut-être déjà lu par ailleurs !

      http://baroqueetfatigue.wordpress.com/2013/01/04/pourquoi-en-tant-que-catholique-il-me-semble-impossible-de-participer-a-la-manifestation-dite-pour-tous-du-13-janvier-2013/

      Je ne crois pas que je vous "convertirai" à quoi que ce soit et ce n'est pas mon but. Cette affaire fait appel à des choses bien trop épidermiques pour que l'on puisse retourner son opinion. Mais personnellement, après avoir été très longtemps farouchement opposée au mariage dit "pour tous", j'ai changé d'avis après moult réflexions et prières.

      Du coup, j'espère que vous me conserverez quand même un peu d'estime :)

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  4. Quelque soit le niveau social, les hommes et les femmes soient moins disposés à supporter les aléas de la vie, la société de consommation s'est introduite jusque dans la vie des couples.

    Il ou elle ne plait plus, je change et s'il y a des enfants,ils s'y feront.

    Le pire est à venir avec ce mariage pour tous.

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    1. Disons, un pas de plus vers le pire. Mais un grand pas :-)

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  5. Vous aviez déjà parlé de cela mais merci encore de nous fournir des munitions pour tirer dans ce débat de mariage pour tous qui commence à nous emmerder plus que de raison...
    En tout cas, je n'ai pas eu l'occasion de vous souhaiter une bonne année...et bien à vous et continuez à nous fournir en arguments...

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    1. Merci Cherea, très bonne année à vous aussi.

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  6. Je pensais que le mariage était un contrat social entre un homme et une femme en vue de fonder une famille et de perpétuer l'espèce. Je vois que je me suis trompé du tout au tout. Je ne voudrais pas être grossier (mais je vais l'être quand même) : avant les homos s'enc... par plaisir ; maintenant ils pourront s'enc... légalement. C'est une « avancée sociétale ».

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  7. Cretinus Alpestris7 janvier 2013 22:34

    Le "mariage pour tous" n'est qu'une étape de cette "décadente évolution" (oxymoron du lundi soir) qu'est l'idéologie "pour tous"(TM).

    Après la "nationalité pour tous", le "logement pour tous", les "allocations pour tous", les "papiers pour tous", la "France pour tous", le "talent pour tous", le "BAC pour tous", la "célébrité pour tous" et j'en passe et des meilleurs, il était normal que nous arrivions également à cette vénérable institution qu'est le mariage.

    Quel est donc l'objectif final ?

    Tout cela semble nous conduire à l'inéluctable "bonheur pour tous", hélas généralement synonyme de "malheur universel" dans ces dictatures qui savaient tellement bien ce qui était bon pour leur peuple.

    Mais peut-être suis-je pessimiste ?

    Peut-être que le socialisme français va réussir là où tous les autres socialismes de la planète ont échoué ?

    Peut-être...

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    1. Comment, comment? Vous doutez de la capacité de Sa Normalitude à nous guider vers les prairies enchantées du socialisme radieux? Mais c'est très mal ça, savez-vous?
      Apprenez donc, homme de peu de foi, que sous son égide le gouvernement a mis au point un élixir miraculeux à base de poudre de fée et de sabot de licorne qui a la propriété de provoquer une croissance économique à trois chiffres, de transformer les criminels en émules de Saint François d'Assise et les immigrés afro-maghrébins en Français comme vous et moi (enfin, surtout comme moi, vu que vous êtes un métèque suisse).
      Et avec ça vous entretenez encore des doutes sur l'avenir?

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