Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 25 septembre 2013

Plus d'armes : moins de crimes (2/3)



 
Dans More guns, less crime, John Lott examine l’effet sur la criminalité d’un certain type de lois, les lois dites « right-to-carry », c’est-à-dire les lois qui autorisent les citoyens américains à porter une arme à feu sur eux de manière dissimulée. Bien entendu les Etats-Unis ne sont pas le seul pays du monde à autoriser ce genre de chose, mais l’immense avantage des Etats-Unis, pour celui qui cherche à mesurer les effets d’une telle mesure, est que ce sont les différents Etats, et non le gouvernement fédéral, qui édictent les principales règles concernant la possession des armes à feu. Par conséquent, il est possible de comparer les Etats dans lesquels ce type de législation existe et ceux dans lesquels le port d’armes est interdit.
Mieux, il est possible de comparer les mêmes Etats à différentes époques, car si en 2007 trente-neuf Etats des Etats-Unis autorisaient le port d’une arme dissimulée, vingt-neuf d’entre eux avaient adopté ce type de loi entre 1977 et 2005, soit la période étudiée par John Lott. En d’autres termes, il est possible de comparer « l’avant » et « l’après » adoption d’une loi right-to-carry du point de vue de la criminalité.
Bien entendu, comparer simplement le taux de criminalité avant et après le passage d’une loi autorisant le port d’armes ne saurait suffire. Le port d’armes n’est qu’une des nombreuses variables susceptibles d’influer sur ce taux de criminalité. Ces autres variables doivent donc être contrôlées pour essayer d’isoler le seul effet du port d’armes. Par ailleurs il existe, pour les esprits non avertis, quantité de chausse-trappes dans lesquelles tomber lorsqu’on essaye de prouver de manière quantitative que A est la cause, ou une des causes, de B.
Il ne saurait être question d’énumérer ici toutes ces chausse-trappes ni de retracer les analyses statistiques complexes par lesquelles Lott parvient à ses conclusions, et ceux qui voudraient en savoir plus sur ces questions sont instamment invités à se procurer les ouvrages de John Lott. Néanmoins, deux précisions semblent appropriées avant d’exposer ces conclusions.
D’une part, au fur et à mesure que ses critiques essayaient de prendre ses travaux en défaut, Lott a incorporé dans son étude un nombre incroyable de variables susceptibles de faire varier les taux des différents crimes (variables démographiques, variables économiques, variables liées à l’activité de la police et de la justice, etc.), et il est bien difficile d’imaginer une variable qu’il aurait pu oublier et qui fausserait ses résultats.
D’autre part, More guns, less crime a fait l’objet d’attaques permanentes depuis sa première parution, depuis les critiques les plus légitimes jusqu’aux attaques personnelles les plus violentes et les plus basses contre son auteur. La question du contrôle des armes à feu est un sujet très polémique aux Etats-Unis, et Lott a appris à ses dépends ce qu’il en coûte de prendre publiquement position sur ce genre de sujets. Cela signifie que nous pouvons être à peu près sûrs que, si ses critiques avaient pu trouver une faille sérieuse dans More guns, less crime, ils l’auraient fait. L’un des intérêts de la troisième édition du livre est ainsi de voir Lott répondre méthodiquement à ses principaux critiques, et conforter de cette manière ses lecteurs dans l’idée que, réellement, toutes les causes imaginables d’erreur ont été passées en revue.

Cela étant dit, quels sont donc ces fameux résultats ? More guns, less crime et The bias against guns contiennent quantité de tableaux et de diagrammes, et je me contenterai de reproduire ici les courbes les plus synthétiques et les plus aisément compréhensibles par les non initiés ; et ce pour les trois éditions, afin de bien montrer que le passage du temps ne fait que confirmer les premiers résultats. Le point zéro sur l’abscisse correspond au moment où a été adoptée une loi right-to-carry, qui donc autorise le port d’arme pour les simples citoyens.

Les résultats de la première édition (1998).






Sur tous ces graphiques, la baisse des taux de criminalité commence juste après le passage de la loi right-to-carry et amène ces taux bien en dessous de ce qu’ils étaient avant le passage de la loi. Cet effet est plus marqué au fur et à mesure des années, ce qui est très cohérent avec l’idée que l’effet dissuasif doit augmenter à mesure qu’un nombre plus grand de citoyens se sont vu accorder un permis de port d’arme.
On remarquera que certaines catégories de crime ne sont pas incluses dans ces graphiques, ce qui s’explique très simplement par le fait que l’effet dissuasif du port d’arme ne peut guère jouer que pour les genre de crimes qui impliquent un contact direct entre le criminel et sa victime. On ne peut pas raisonnablement attendre qu’une loi right-to-carry fasse baisser le taux de fraudes ou bien de vol de voiture, par exemple. Au contraire, il serait même possible que le droit de porter une arme soit responsable d’un effet de substitution chez les criminels, ceux-ci se repliant vers les crimes et délits qui n’impliquent pas de contact direct avec la victime. Une baisse des meurtres ou des viols pourrait ainsi, éventuellement, se payer par une augmentation de certains vols.
Ces résultats sont déjà très suggestifs, mais il est possible de les corroborer en examinant ce qui advient dans les Etats adjacents à ceux qui adoptent une loi right-to-carry. On peut en effet penser que, pour éviter d’être confrontés à des victimes qui pourraient être armées, un certain nombre de criminels préfèreront « délocaliser » leurs activités dans des Etats qui ne permettent pas aux simples citoyens d’être armés. L’adoption d’une loi right-to-carry dans un Etat devrait ainsi provoquer une certaine hausse de la criminalité, au moins temporairement, dans les Etats voisins n’ayant pas la même législation. Or c’est bien ce que l’on constate.





Regardons maintenant les résultats de la deuxième édition (2000).







On le voit, l’effet positif est tout aussi net. La baisse continue du taux de meurtres implique notamment que la théorie de la montée aux extrêmes ne se vérifie pas : le fait que leur victime potentielle puisse être armée n’amène pas les criminels à faire un usage plus fréquent d’une arme à feu.
Par ailleurs, ce que ces graphiques n’indiquent pas mais qui mérite d’être souligné, c’est que certaines catégories de la population tirent davantage profit que d’autres du fait de pouvoir être armées. Les femmes et les Noirs sont ceux qui bénéficient le plus du droit de porter une arme, en ce sens que les taux des crimes dont ils sont victimes déclinent plus vite que pour les autres parties de la population. Ainsi, une femme supplémentaire ayant un permis de port d’arme réduit le taux de meurtre pour les femmes trois ou quatre fois plus qu’un homme armé supplémentaire ne réduit le taux de meurtre pour les hommes. Cela s’explique très aisément par les différences physiques et psychologiques qui désavantagent gravement les femmes par rapport aux hommes en cas de confrontation violente, désavantages qui s’amenuisent très fortement dès lors qu’elles peuvent être armées. En ce sens, rien ne fait plus, peut-être, pour l’égalité des sexes que le droit de porter une arme. Pour les Noirs, cela s’explique par le fait qu’ils sont, proportionnellement, les premières victimes de la criminalité (le plus souvent de la part d’autres Noirs), par conséquent, pour les Noirs honnêtes, porter une arme est un gain très substantiel en termes de sécurité.
Et pourtant, dans les enquêtes d’opinion menées aux Etats-Unis, les femmes et les Noirs sont habituellement les catégories de la population qui soutiennent le plus fermement les lois visant à limiter l’achat et la détention des armes à feu...

Voyons enfin les résultats de la troisième édition.







Comme anticipé, les crimes impliquant le moins de probabilité de rentrer directement en contact avec la victime sont ceux qui diminuent le moins après l’adoption d’une loi right-to-carry. Certains ont même tendance à augmenter dans un premier temps, comme le vol de voiture. Mais pour les crimes les plus graves, comme le meurtre ou le viol, la baisse est spectaculaire.
En ce qui concerne les cambriolages (burglary) le déclin, bien que réel, est moins spectaculaire, mais il faut ajouter à cela une autre statistique : aux Etats-Unis, les taux de cambriolages aggravés (« hot » burglary) c’est-à-dire ceux qui ont lieu lorsque la victime est présente chez elle, sont bien inférieurs à ceux de pays comparables : presque 50% au Canada ou au Royaume-Uni, contre 13% aux Etats-Unis. La différence est trop importante pour être due au hasard, et les enquêtes qui sont menées en prison auprès des cambrioleurs révèlent ce dont l’on pouvait se douter, à savoir que ceux-ci intègrent dans leur « activité » le risque que quelqu’un d’armé soit présent sur les lieux. Ainsi, nombreux sont ceux qui reconnaissent qu’ils évitent les cambriolages nocturnes parce que, disent-ils, « c’est le meilleur moyen de se faire tuer. »
Pour faire bonne mesure, John Lott examine les taux de criminalité dans des grandes villes qui ont mises en place une interdiction quasi totale de posséder des armes à feu, comme Washington D.C et Chicago. Le but de ces interdictions était bien entendu de faire diminuer le nombre de meurtres dans ces villes en proie à une criminalité élevée. Malheureusement, comme on peut le constater sur les graphiques ci-dessous, ces interdictions n’ont pas eu les résultats escomptés. Les lignes en pointillées correspondent à l’année où l’interdiction est entrée en vigueur.




mercredi 18 septembre 2013

Plus d'armes : moins de crimes (1/3)



Certains d'entre vous penseront peut-être que, pour une fois, je suis de près l'actualité, et que j'ai profité de la très récente affaire du bijoutier niçois ayant tué l'un de ses braqueurs pour fourbir, vite fait bien fait, un petit papier sur la question du port d'armes. Il n'en est rien. Ce billet (cette suite de billets plutôt) était dans mon congélateur depuis un certain temps déjà et sa publication programmée bien avant que ledit bijoutier ne fasse la une des journaux. Pur hasard donc. Mais parfois il est vrai que le hasard fait bien les choses, et je ne suis pas mécontent d'apporter ma pierre au débat passionné du moment. Il y a là, à mon avis, de quoi réfuter bien des affirmations péremptoires qui ont été avancées à cette occasion. Mais je vous laisse en juger par vous-mêmes.
Bonne lecture.

 
Dans bien des domaines de la vie publique les solutions les plus simples, les plus efficaces, et les plus morales, sont souvent celles qui sont les moins considérées. Pire, ce sont parfois celles qui suscitent le plus de rejet et d’incompréhension, au point que le seul fait de les évoquer suffira pour vous faire regarder comme un dangereux extrémiste, qu’il conviendrait sans doute de faire taire et en tous les cas de ne surtout pas écouter.
Ainsi, dans le débat public souvent passionné au sujet des meilleurs moyens de faire baisser la criminalité, il est sans doute une proposition qui, plus encore que la suggestion de rétablir la peine de mort, suscitera au mieux une totale incompréhension et au pire l’indignation : celle de libéraliser le port des armes à feu.
Pourtant les arguments en faveur d’une telle mesure sont fort simples, et apparemment très raisonnables.
Les criminels, comme chacun d’entre nous, prennent la plupart du temps en compte les conséquences probables de leurs actes avant d’agir. Parmi ces conséquences, l’une d’elles est que la victime se défende. Si le criminel a des raisons suffisantes de penser que sa victime potentielle pourrait être armée, il y réfléchira à deux fois avant de s’en prendre à elle, et pourra même fréquemment renoncer à le faire. Une manière très simple de faire diminuer la criminalité serait donc d’autoriser les simples citoyens, non seulement à posséder mais aussi à porter sur eux une arme à feu dissimulée. L’effet dissuasif sera maximum, en effet, si le criminel ignore si sa victime potentielle est ou non armée, car s’il le sait il pourrait simplement décider de s’en prendre à quelqu’un d’autre.
Pour que cet effet dissuasif fonctionne il n’est nul besoin que tous les citoyens adultes portent une arme sur eux. Il suffira qu’une petite fraction de la population adulte exerce ce droit, l’incertitude fera le reste.
Supposons que seul 5% de la population adulte porte une arme. Dans n’importe quel endroit public, la probabilité que quelqu’un, quelque part, ait une arme sur lui grimpera très vite. Si notre délinquant potentiel envisage, par exemple, d’attaquer un restaurant dans lequel se trouvent cent personnes, la probabilité que l’une d’elles (qu’il ne connait pas) soit armée atteindra presque 100%. De quoi, sans doute, dissuader bien des criminels de passer à l’acte. En ce sens, bon nombre d’honnêtes gens tireront profit de la liberté accordée à tous de porter une arme sans avoir jamais besoin d’en porter une eux-mêmes.

Arrivé à ce point de l’argumentation, les objections se bousculent. Ecoutons les principales.

Quoi ? Laisser les individus se défendre eux-mêmes ? Mais c’est la loi de la jungle que vous prônez ! Nous avons une police pour nous défendre, laissons-là simplement faire son travail.

Certes, l’action de la police est très importante pour combattre le crime. Elle est - ou elle devrait être - la première protection des honnêtes gens. Simplement, même la police la plus efficace du monde ne saurait être partout, et dans la plupart des cas elle doit se contenter d’agir après que le crime ait été commis. Il n’y a donc rien d’extravagant à permettre aux citoyens de se défendre efficacement par eux-mêmes, c’est-à-dire au besoin avec une arme à feu, lorsque la police ne peut pas intervenir à temps.

Comment ? Multiplier les porteurs d’arme ? Mais ne serait-il pas bien plus rationnel et efficace de retirer purement et simplement toutes les armes de la circulation ?

Evidemment, nous aimerions tous que les pouvoirs publics puissent retirer leurs armes aux criminels. Malheureusement, c’est impossible. Même dans les régimes les plus tyranniques les criminels parviennent à se procurer des armes, et a fortiori dans les régimes démocratiques, où la marge d’action des pouvoirs publics est, heureusement, limitée. La police, qui n’est pas capable, par exemple, d’empêcher la vente et la consommation de drogue, ne l’est pas davantage d’empêcher les délinquants de se procurer des armes à feu. Par conséquent, interdire la vente et la possession d’armes touchera essentiellement une catégorie de la population, et une seule : les honnêtes gens, ceux qui respectent la loi. Honnêtes gens qui se retrouveront désarmés face aux délinquants.
Au surplus, nous ne devons pas oublier que, à supposer qu’il soit effectivement possible de retirer toutes les armes à feu de la circulation, le résultat serait de laisser un net avantage aux délinquants - qui sont pour la plupart des hommes jeunes - sur nombre de leurs victimes - qui sont souvent des femmes et des personnes âgées. La seule vraie manière de se défendre, pour ces catégories de la population, c’est de posséder une arme à feu.

Vous dites que la libéralisation du port d’armes aura un effet dissuasif sur les délinquants. Vous supposez donc que le crime est une activité qui obéit à une certaine rationalité, que les criminels, la plupart du temps, se livrent à une sorte de calcul coût/avantage avant d’agir. Mais est-ce bien le cas ? Beaucoup de crimes ne sont-ils pas provoqués par des passions extrêmes ? Ne sont-ils pas le fait de gens incapables de se contrôler pour une raison ou une autre ?

On peut effectivement accorder que certains crimes et certains criminels répondent à cette description. Mais en faire une généralité reviendrait à considérer les délinquants comme des êtres d’une espèce fondamentalement différente de la notre. Il est certes vrai que les délinquants présentent, en moyenne, des caractéristiques un peu différentes de celles de la population générale, comme leur âge, leur sexe, leur QI ou leur personnalité. Mais supposer qu’ils ne prendraient pas en compte avant d’agir le risque d’être blessé ou tué serait les placer, non seulement en dehors de l’humanité, mais même en dehors de toute vie animale un peu évoluée. Même les chiens ou les chats réagissent à la récompense ou à la punition et sont capables d’anticiper l’une et l’autre, et nous nierions que cela puisse être le cas pour les criminels ? Cela semble une position simplement intenable. Toutefois, l’ampleur de l’effet dissuasif ne peut être évalué simplement sur la base de ces considérations abstraites. On peut penser qu’il sera grand pour tous les crimes qui impliquent un contact direct avec la victime, et moins grand, voir nul, pour les autres. Mais cela reste à confirmer par des études quantitatives.

Libéraliser le port d’armes ? Mais cela revient à faciliter l’acquisition des armes à feu aussi par les délinquants. Sachant que leurs victimes risquent d’être armées, ceux-ci vont tous acquérir une arme à feu, et ce sera une course aux armements sans fin dans laquelle les criminels auront toujours une longueur d’avance.

Effectivement, libéraliser le port d’armes aurait aussi pour conséquence de rendre celles-ci (un peu) plus faciles à acquérir pour les gens malintentionnés. La question est alors de savoir quel sera le nouvel « équilibre des forces », autrement dit de savoir si, au total, les honnêtes gens s’en trouveront mieux ou moins bien. Avant toutes choses, nous pouvons sans doute écarter le risque d’une montée aux extrêmes. Il ne semble pas réaliste d’envisager que le violeur, le voleur ou l’assassin vont se mettre à transporter un fusil d’assaut sous prétexte que leur victime pourrait avoir un pistolet sur elle. Tout ce que le délinquant pourra faire, la plupart du temps, sera de se munir lui aussi d’une arme de poing. Mais même à supposer que tous les délinquants se mettent à acquérir une arme à feu, cela ne changerait guère pour eux l’estimation du risque qu’ils courent si leur victime est armée, qui est toujours de se faire tuer. On peut donc raisonnablement penser que la libéralisation du port d’armes continuerait à avantager les honnêtes gens, mais en définitive une question de ce genre ne peut guère être tranchée que de manière empirique, par des études quantitatives.

Libéraliser le port d’armes ? Vous allez peut-être dissuader certains délinquants de passer à l’acte, mais vous allez aussi à coup sûr provoquer une multiplication des morts par arme à feu. La moindre dispute domestique pourra se transformer en carnage, des enfants se tueront accidentellement avec les armes de leurs parents, les gens sortiront leur arme à la première contrariété, et les déséquilibrés surarmés commettront des meurtres de masse, comme Anders Breivik ou Adam Lanza.

Tout cela est effectivement de l’ordre du possible. Mais ce qui est simplement possible n’est pas pour autant certain, ni même probable. Plus largement, la question n’est pas de savoir si les armes à feu peuvent être utilisées à mauvais escient. Il est évident qu’elles peuvent causer des accidents et servir à commettre des crimes. Mais elles peuvent aussi aider les honnêtes gens à se défendre. La vraie question est donc de savoir si leurs avantages sont supérieurs à leurs inconvénients ; plus exactement, elle est de savoir si libéraliser le port d’armes permettrait, au total, de sauver des vies et ferait diminuer les actes de délinquance. Cette question ne peut pas être tranchée définitivement a priori.

Si vous en êtes arrivé là de votre réflexion, vous êtes mûr pour vous tourner vers les ouvrages de John Lott, un économiste américain, qui a écrit deux ouvrages de référence sur la question du port d’armes. Le premier s’intitule : More guns, less crime (« Plus d’armes, moins de crime »). Le second a pour titre : The bias against gun (« Le préjugé contre les armes ») et est sous-titré : Why almost everything you’ve heard about gun control is wrong (« Pourquoi presque tout ce que vous avez entendu au sujet du contrôle des armes est faux »). On ne saurait faire plus explicite sur leurs contenus respectifs.
Mais détaillons un peu ces contenus.
More guns, less crime est une étude très complète sur l’effet du port d’armes sur la criminalité et, comme son titre l’indique, l’auteur parvient à la conclusion que le droit pour les citoyens de porter des armes dissimulées aboutit à faire baisser spectaculairement les taux d’un certain nombre de crimes graves. More guns, less crime présente l’avantage d’en être à sa troisième édition (1998, 2000, 2010), ce qui a permis à John Lott de répondre en détails à ses principaux critiques et d’affiner sans cesse ses analyses, tout en parvenant toujours aux mêmes conclusions. La dernière édition détaille ces critiques, ainsi que les modifications et ajouts successifs fait par Lott à ses calculs. L’impression de méticulosité et d’exhaustivité qui s’en dégage est certainement impressionnante, et il est difficile de voir ce qui pourrait avoir été oublié et serait susceptible d’invalider les résultats auxquels parvient l’auteur. Cette méticulosité a cependant un prix, qui est le caractère très technique de l’ouvrage, qui le rend peu accessible pour le commun des mortels, même si ses conclusions sont on ne peut plus claires. Conscient de cela, Lott a donc rédigé The bias against gun, qui est en quelque sorte, comme il le dit lui-même, une version destinée au grand public des principaux arguments présentés dans More guns, less crime. Les amoureux de la difficulté et les spécialistes de la spécialité se tourneront donc plutôt vers More guns, less crime, tandis que ceux qui sont simplement des amateurs éclairés trouveront de quoi les contenter dans The bias against gun.

Dans un cas comme dans l’autre, ceux qui se soucient sincèrement des meilleurs moyens de combattre le crime ne pourront ignorer les arguments avancés par John Lott.
Vous qui entrez ici, abandonnez tout préjugé.

mardi 3 septembre 2013

Vous en avez rêvé, je l'ai fait !



Après Ostracisme, le blog, voici Ostracisme, le livre !

Oui, parfaitement, un livre rassemblant la plupart des textes publiés sur ce blog depuis son ouverture.
Un livre composé entièrement par votre serviteur – c’est la magie de l’auto-édition.
Un livre de 440 pages, pas une de moins, et malheureusement pas une de plus, car l’éditeur que j’ai choisi n’acceptait pas les manuscrits excédants ce volume ; ne me demandez pas pourquoi.
440 pages, et en petits caractères encore, pour essayer de tout faire rentrer dans lesdites 440 pages.
440 pages comprenant les graphiques qui ont fait la renommée (mondiale) de ce blog.
440 pages pour un résultat qui, s’il n’est pas entièrement professionnel (à cause essentiellement desdits graphiques), me semble néanmoins très acceptable – sans forfanterie.
Vous pourrez d’ailleurs en juger par vous-mêmes en allant voir les aperçus du livre.
Et puis, n’est-ce pas, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Et là vous avez de quoi vous enivrer pendant vos longues soirées d’hiver, croyez-moi.
Pourquoi donc transformer un blog en livre ? Lisez la préface et vous le saurez.
Un livre soit, mais pour quel prix (car rien n’est gratuit en ce bas monde) ?
Eh bien, vous avez le choix entre trois qualités : couverture souple, impression noir et blanc ; couverture rigide avec une jaquette, impression noir et blanc ; couverture rigide imprimée, impression couleur.
Le moins cher est la couverture souple, impression noir et blanc, et le plus cher la couverture rigide, impression couleur.
Personnellement il me semble que ce dernier choix est le meilleur, d’une part car 440 pages font un assez gros livre et qu’en ce cas la couverture rigide me parait réellement plus durable, d’autre part car les fameux graphiques me semblent un peu plus lisibles en impression couleur qu’en noir et blanc. Mais la différence n’est pas énorme – et il est vrai que l’option que je vous conseille n’est pas donnée.
Le choix vous appartient.
J’aurais souhaité vous présenter aussi une version pour ipad, malheureusement la conversion pose des problèmes que je n’ai pas pu résoudre. J’en suis sincèrement désolé.
Dans tous les cas, sachez bien que je ne touche pas plus d’argent sur les formats les plus chers, qu’il ne s’agit de toute façon que de quelques euros et que je n’ai inclus ce (petit) bénéfice dans le prix que parce que j’ai fait le pari que la vente de ce livre me permettrait de me payer le restaurant.
La question est maintenant de savoir si cela sera le kebab du coin ou bien le restaurant étoilé de la ville la plus proche.
Cela ne dépend plus que de vous, mes chers lecteurs.
Et tenez, pour vous inciter à sauter le pas de la commande, j’annonce solennellement que les publications sur le blog ne reprendront que lorsque j’aurai vendu 10 000, euh, non, 1000, enfin plutôt 100, bon alors disons 50 exemplaires du livre – dans n’importe quelle qualité, pour moi c’est égal.
Voilà, c’est dit. Vous savez ce qui vous reste à faire : cliquez sur le lien, commandez, offrez, recommandez, et que le seuil fatidique des 50 exemplaires soient promptement atteint !
(Mais bon, on pourra peut-être s’arranger, à quelques dizaines près, n’est-ce pas…).