Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 3 décembre 2014

Ce que veulent les hommes



 
Ci-dessous un article dont la longueur ne devrait pas vous effrayer car je le crois facile à lire – même s’il n’a pas été facile à traduire – et dont le sujet devrait, me semble-t-il, en intéresser plus d’un et, peut-être surtout, plus d’une.
Pour ceux de mes lecteurs qui trouveraient que cet article fait la part trop belle au point de vue des femmes et qu’il oublie un peu trop ce que les hommes pourraient avoir à dire pour se défendre – et les reproches qu’ils pourraient adresser à ces dames – qu’ils se rassurent : il y aura une « suite » dans quelques semaines. Mais je n’en dis pas plus. Chaque chose en son temps.
Bonne lecture !

Child-Man in the promised land


Kay S. Hymowitz, The City Journal, winter 2008


Nous sommes en 1965 et vous êtes un homme blanc de 26 ans. Vous travaillez dans une usine, ou bien peut-être pour un courtier en assurance. Dans l’un et l’autre cas, vous êtes marié, probablement depuis quelques années déjà ; vous avez rencontré votre femme au lycée, qui était dans la classe jumelle de la vôtre. Vous avez déjà un enfant, et un autre est en route. Pour le moment vous louez un étage dans la maison double de vos parents mais vous économisez pour acheter une maison à trois chambres dans la ville d’à côté. Eh oui, vous êtes un adulte !
Et maintenant, transportez-vous au 21ème siècle. Vous avez toujours 26 ans. Vous êtes sorti de l’université et vous travaillez dans un open-space au sein d’une grande entreprise de services financiers à Chicago. Vous vivez dans un appartement avec quelques copains célibataires. Pendant votre temps de loisir, vous jouez au basket avec vos potes, vous téléchargez les dernières chansons alternatives à la mode sur iTunes, vous vous amusez sur la Xbox 360. Vous prenez tranquillement une douche pour vous délasser, vous mettez quelques produits de beauté sur votre visage et vos cheveux – et c’est parti pour les bars et les soirées, où vous rencontrez des filles de toutes tailles et de tous coloris, qui souvent finissent dans votre lit. Elles viennent de partout : Californie, Tokyo, Alaska, Australie. Une femme ? Des enfants ? Une maison ? Vous rigolez ?
Il n’y a pas si longtemps, le vingtcinquenaire moyen avait franchi la plupart des étapes vers l’âge adulte – baccalauréat, indépendance financière, mariage, enfants. De nos jours il s’attarde – avec bonheur – dans un état hybride fait de semi-adolescence, d’un point de vue hormonal, et d’autonomie responsable. Ces limbes, qui ont mis des décennies à se déployer, ne sembleront peut-être nouvelles à personne, mais en réalité elles sont pour le début du 21ème siècle ce que l’adolescence fut pour le début du 20ème siècle : une transformation sociologique de première ordre ayant des implications économiques et culturelles profondes. Certains appellent cette période « l’émergence de l’âge adulte », d’autres « l’adolescence prolongée » ; David Brooks y est récemment allé de sa proposition avec « les Années d’Odyssée », « une décennie d’errance ».
Mais tandis que nous nous débattons avec le nom de cette période, il est temps d’affirmer ce qui est désormais une évidence pour des légions de jeunes femmes frustrées : le séjour dans les limbes ne fait pas ressortir ce qu’il y a de meilleur chez les jeunes hommes. En ce qui concerne les femmes, vous pourriez soutenir que l’âge adulte émerge naturellement. Les femmes célibataires entre vingt et trente ans rejoignent les rangs d’un nouvel ordre mondial féminin, dépassant les hommes à la fois à l’école et dans un environnement professionnel de plus en plus accueillant pour elles, tout en meublant leurs loisirs avec du shopping, des voyages, des dîners entre amies. Les jeunes hommes célibataires, en comparaison, paraissent souvent flotter dans un univers ludique fait de beuveries, de coucheries d’un soir, d’heures passées à jouer à Halo 3 et, dans bien des cas, de sous-performance. Avec eux, l’âge adulte semble s’éloigner.

Freud a posé cette question fameuse : « que veulent les femmes » ? En revanche Freud n’a pas demandé ce que veulent les hommes – sans doute a-t-il pensé qu’il saurait bien répondre à cette question là. Mais c’est une question à laquelle les publicitaires, les responsables de médias et les producteurs de biens culturels ont beaucoup réfléchi ces dernières années. Ils s’intéressent particulièrement aux jeunes hommes célibataires pour deux raisons : ils sont bien plus nombreux qu’avant et ils ont en général de l’argent à dépenser. Voyez plutôt : en 1970, 69% des hommes blancs âgés de 25 ans et 85% de ceux âgés de 30 ans étaient mariés ; en 2000 les chiffres étaient de seulement 33% et 58%, respectivement. Et le pourcentage de jeunes hommes qui ont la bague au doigt continue de décliner pendant le temps où vous lisez ceci. Les données du bureau du recensement montrent que l’âge moyen du mariage pour les hommes est passé de 26,8 ans en 2000 à 27,5 ans en 2006 – une évolution spectaculaire pour un si court laps de temps.
Cela représente des dizaines de millions de jeunes hommes supplémentaires à être bienheureusement libres de toutes charges liées à un emprunt immobilier, à une femme, à des enfants. Historiquement, les responsables du marketing considéraient ce groupe comme un « public insaisissable » - le terme est perpétuellement accolé aux « hommes entre 18 et 34 ans », dans le jargon des publicitaires – largement insensible aux plaisirs des magazines, de la télévision, ainsi qu’aux expéditions dans les magasins afin d’acheter les produits vantés par ces médias. Mais, vers le milieu des années 1990, alors que les rangs des jeunes hommes célibataires enflaient, les responsables du marketing ont commencé à trouver les moyens d’attirer leur attention. Un moment important fut l’arrivée sur les côtes américaines, en avril 1997, de Maxim un « magazine pour mecs » très populaire au Royaume-Uni.
Maxim se voulait l’anti Playboy et l’anti Esquire ; son propriétaire mauvais-garçon, Felix Dennis, se moquait ouvertement de ces publications célèbres et de leurs formules usées. Au lieu de cela, déclara-t-il par la suite, les créateurs du magazine adoptèrent une « méthodologie surprenante, celle consistant à demander à vos lecteurs ce qu’ils désirent… et ensuite à le leur fournir. »
Et qu’est-ce donc exactement que désiraient ces lecteurs – de sexe masculin, non mariés, 26 ans de moyenne d’âge, revenu annuel moyen de 60 000$ à peu près - ? Comme dirait le philosophe : « à ton avis, duschnok ? ». Maxim tartina ses unes et ses pages intérieures de pinups aux lèvres siliconées, aux cheveux ébouriffés et aux sous-vêtements minimalistes et, pour le cas où cela ne suffirait pas, inscrivit partout en lettres capitales SEXE ! CHAUD ! COQUIN ! Et ça marcha. Plus que n’importe quel magazine masculin avant ou après, Maxim s’empara de ce marché insaisissable des hommes-âgés-de-18-à-34-ans-célibataires-et-diplômés et s’enorgueillit bientôt d’environ deux millions et demi de lecteurs – plus que GQ, Esquire et Men’s journal réunis.


Les couvertures montrant des modèles de Victoria’s secret ne suffisent pas à expliquer l’attraction des jeunes hommes célibataires pour Maxim. Après tout, il existait déjà de très nombreuses publications bas de gamme exhibant le genre de couvertures salaces propres à titiller le cerveau reptilien du jeune mâle. Non, ce qui distinguait Maxim des autres magazines pour hommes, c’était le ton. Vous y retrouviez l’ambiance de la colocation estudiantine lorsque les mecs glandouillent au salon ; lorsqu’ils se charrient et saluent bruyamment leurs réparties en se tapant dans la main ; lorsque les gadgets sont trop cools ; les rocks stars, les héros sportifs, et les batailles de cyborg trop géniales ; le travail et Joni Mitchell trop nazes ; et les meufs simplement chaudes – ou pas. « Est-ce qu’il y a des boulots sympas en rapport avec la bière ? » demandait un lecteur dans un récent numéro de Maxim. Réponse : responsable marketing, testeur de bière, et maitre de chai.
Maxim a demandé aux jeunes hommes célibataires ce qu’ils désiraient, et a appris qu’ils ne voulaient pas grandir. Quoi que vous puissiez dire au sujet de Playboy ou Esquire, il est indéniable qu’ils s’efforçaient de donner de leur lecteur l’image d’un homme cultivé et au courant des dernières tendances ; selon la formule célèbre – et, vue d’aujourd’hui, risible – employée par Hugh Hefner dans un des premiers numéros de Playboy, son lecteur idéal aime à « inviter chez lui une connaissance féminine pour une tranquille discussion à propos de Picasso, de Nietzsche, du jazz, du sexe. » En entendant cela, le jeune type qui lit Maxim aurait envie de casser quelque chose. Il préférerait oublier qu’il a jamais été à l’école.
Maxim est tout prêt à lui rendre ce service. Les éditeurs s’efforcent d’éviter que l’esprit de leurs lecteurs ne vagabonde, avec des articles comme « confessions d’un videur d’un club de striptease. » Mais ils s’appuient surtout sur des pages pleines de photographies vantant le dernier skateboard, le dernier jeu vidéo, le dernier caméscope et autres produits technologiques, accompagnées occasionnellement d’une interview avec, mettons, Kid Rock – le tout avec le strict minimum de texte requis pour distinguer un magazine d’un catalogue publicitaire ou d’un calendrier de Pinups. La philosophie de Playboy n’était sans doute pas du Aristote, mais c’était, à sa manière, une tentative de définir ce qu’est la vie bonne. Le lecteur de Maxim préfère les listes, qui gagnent en brièveté ce qu’elles perdent en profondeur : « Les dix plus grands héros de jeu vidéo de tous les temps », « Les cinq femmes vivantes les moins sexy », « Seize personnes qui ont vraiment l’air de sentir le bouc », et ainsi de suite.
Pour autant, Maxim est loin d’être stupide, comme le montre son autodérision. L’homme-enfant lecteur de Maxim s’enorgueillit de son manque de prétention, de son côté mec assumé. Entre ses lignes, le magazine semble dire : « Nous sommes justes une bande mecs au sang chaud, nous ne sommes pas des hommes sensibles, et alors ? » Comment interpréter autrement un article tel que : « Comment faire croire à votre petite amie que la mort de son chat était un accident ? » « La seule chose qui soit pire qu’une série télé avec des médecins, c’est une série télé avec des femmes médecin stupides que nous sommes forcés de regarder ou sinon nos petites amies refuseront d’avoir des rapports sexuels avec nous, » grommellent les éditeurs à propos de la série à succès (chez les femmes) Grey’s anatomy.
Le genre homme-enfant popularisé par Maxim est devenu banal, ce qui peut expliquer que les ventes du magazine aient été suffisamment molles pour que Dennis le revende, l’été dernier. Vous êtes un homme de 26 ans et vous voulez de l’humour de carabin et de quoi satisfaire vos instincts machos ? Il existe maintenant un buffet culturel débordant de nourriture rien que pour vous. Commençons par les nombreux films disponibles dans tous les genres qui plaisent aux hommes : films de science-fiction comme Transformers, films d’action et polar comme American Gangster, comédies comme Superbad et la série apparemment infinie de films qui ont pour vedettes Adam Sandler, Jim Carrey et le « Frat Pack[1] », ainsi que USA Today a surnommé le groupe de jeunes comédiens comprenant Will Ferrell, Ben Stiller, Vince Vaughn, Owen et Luke Wilson, Jack Black, et Steve Carell.


Avec un talent certain pour la comédie physique et vulgaire, la gaieté juvénile, et l’auto-humiliation les membres du « Frat Pack » sont pour les hommes-enfants l’équivalent de vedettes plus classiques, comme George Clooney et Brad Pitt, que les femmes et les éditeurs d’Esquire adorent. Dans Old School (« Retour à la fac »), trois trentenaires décident de monter une confrérie étudiante. Frank the tank – Frank le tonneau – (le surnom fait allusion à sa capacité à absorber de l’alcool), joué par Ferrell, cours à travers le campus en exhibant ses fesses blanches et flasques ; une scène culte chez les hommes-enfants. Dans 40 years old virgin (« 40 ans, toujours puceau »), sorti en 2005, Carell joue un nerd d’âge moyen qui possède une vaste collection de figurines mais n’a jamais joué à la poupée. Dans une des scènes que les hommes préfèrent, une esthéticienne épile la poitrine hirsute de Carell ; comme l’a fait remarquer Carell ensuite, cette scène était « vraiment un truc de mec. Il y a cette nature sadique des hommes qui fait qu’ils aiment voir d’autres hommes souffrir dans des situations qui ne menacent pas leurs vies. »
En dépit du fait que les grandes chaines de télévision doivent observer une certaine retenue, la télévision propose elle aussi quantité de « distractions débiles » (stupid fun, comme Maxim appelle l’une de ses rubriques), d’humour grossier, et même de sadisme léger, pour le public des hommes-enfants. Cet état de fait est plus récent que vous ne pourriez le penser. En dehors des programmes sportifs et des Simpsons, qui sont apparus au début des années 1990, il n’y avait pas grand-chose à cette époque pour donner envie aux jeunes hommes de s’emparer de la télécommande. La plupart des émissions en prime-time visaient les femmes et les familles, deux publics dont les goûts étaient aussi étrangers aux mecs que l’usage du rince-doigts.
Aujourd’hui l’homme-enfant peut trouver des chaines entières dédiées à ce qui l’intéresse : Spike TV diffuse des matchs de catch, des rediffusions de Star Trek, et la série policière high-tech CSI (Les experts) ; Blackbelt TV (« Kicks, Flicks, and Chicks ! ») diffuse des arts martiaux 24h/24 ; partout vous trouvez de la science-fiction. Il y a plusieurs années de cela la chaine de télévision Cartoon Network a flairé elle aussi le potentiel de marché que représentent les hommes-enfants et a lancé Adult Swim qui diffuse tard dans la nuit des dessins animés « adultes » comme Family Guy (Les Griffin) et Futurama, une série culte co-créée par l’inventeur des Simpsons, Matt Groening. Adult Swim a mordu sur l’audience masculine de David Letterman et Jay Leno, attirant ainsi les annonceurs publicitaires dorés sur tranche, comme Saab, Apple, et Taco Bell ; les hommes-enfants, cela ne surprendra personne, consomment énormément de fast-food.
Le géant du câble, Comedy Central, peut également baiser les pieds chaussés de Sneakers de l’homme-enfant pour son succès. A son début, au commencement des années 1990, Comedy Central proposait de vieilles comédies, quelques one-man-show, et avait peu de spectateurs. Les années suivantes, elle connut quelques succès avec des émissions comme « Politiquement Incorrect ». Mais c’est en 1997 – la même année où Maxim arriva en Amérique – que la chaine mis la main sur la poule aux œufs d’or avec une série animée mettant en scène des petits garçons de huit ans au langage très vert. Avec son humour mordant s’attaquant à tout ce qui est sacré et bien élevé, South Park était comme un sifflet pour chien que seuls les jeunes hommes célibataires pouvaient entendre. La série devint la plus forte audience sur le câble pour cette catégorie d’âge.
En 1999, la chaine doubla la mise avec The Man Show, célèbre pour ses « Nénettes » (des jeunes femmes à demi nues dotées de « nénés » particulièrement développés), ses interviews de stars du porno, ses chansons à boire, et un générique qui conseillait : « Quit your job and light a fart/Yank your favorite private part » (« quitte ton boulot et pète un coup/agrippe à deux mains ton joujou »). C’était « comme Maxim à la télévision », déclara un des responsables de la chaine à Media Life. Les spectateurs de Comedy Central, dont presque les deux-tiers sont des hommes, ont fait du Daily Show et de The Colbert Report des sortes de monuments culturels et ont lancé la carrière de stars comme Bill Maher, Jimmy Kimmel, Dave Chapelle et, tout particulièrement, du présentateur du Daily Show, Jon Stewart – qui a déjà présenté la cérémonie des Oscars et qui s’apprête à le faire à nouveau, le parfait symbole de la popularisation des goûts des jeunes hommes célibataires.


Rien n’atteste mieux de la puissance économique et culturelle grandissante de ces jeunes hommes célibataires que les jeux vidéo. Dans le temps, les jeux vidéo étaient pour les petits garçons et les petites filles – en fait, surtout pour les petits garçons – qui aimaient tellement jouer sur leur Nintendo qu’ils ne sortaient plus jouer à la balle, du moins est-ce le genre de plainte que l’on entendait. Ces petits garçons ont grandi pour devenir des hommes-enfants qui jouent aux jeux vidéo, transformant ainsi une industrie confidentielle en un géant économique valant 12 milliards de Dollars. Les hommes âgés de 18 à 34 ans sont désormais les plus gros joueurs ; selon Nielsen Media, presque la moitié – 48,2% - des hommes américains dans cette tranche d’âge ont utilisé une console durant les trois derniers mois de l’année 2006, et ils l’ont fait en moyenne deux heures et 43 minutes par jour. (C’est 13 minutes de plus que les 12-17 ans, qui à l’évidence ont plus de responsabilités que les vingtenaires d’aujourd’hui). Les jeux – les jeux en ligne aussi bien que les nouvelles et les informations concernant les jeux – arrivent souvent en tête dans les enquêtes mensuelles sur l’usage d’internet.
Et le foyer, doux foyer médiatique de l’homme-enfant est internet, là où aucun censeur importun, aucun annonceur frileux ne vient brider ses désirs. Certains sites, comme MensNewsDaily sont des sites d’information pointus. D’autres, comme AskMen.com, qui revendique 5 millions de visiteurs par mois, publie des articles comme « Comment coucher avec une écolo ? » dans le meilleur style des auto-parodies de Maxim. « Comment une catastrophe environnementale ambulante comme vous, conducteur de SUV et utilisateur de gobelets en plastique, est-il censé pouvoir en mettre une dans son lit ? » demande l’article. Réponse : faites du yoga, allez à des conférences sur l’environnement ou dans les librairies progressistes (« mais faites attention aux lesbiennes ! »).
D’autres sites, comme MenAreBetterThanWomen.com, TheBestPageInTheUniverse.com et DrunkausaurusRex.com ne se contentent pas des blagues potaches et des taquineries gentilles à l’égard des femmes dans le style de Maxim et donnent franchement dans la méchanceté. Les hommes qui trainent sur ces sites s’enorgueillissent d’être des « salopards » et considèrent l’autre sexe avec amertume. Un misogyne est « un homme qui détestent les femmes autant qu’elles se détestent entre elles, » écrit l’un d’eux sur MenAreBetterThanWomen. Un autre ironise sur les « questions-pièges typiques des femmes - Est-ce que ça me donne l’air grosse ? Avec laquelle de mes amies est-ce que tu coucherais si tu étais obligé ? Tu aimes vraiment les clubs de striptease ? » Ceux qui ont écrit le cinquième amendement[2] l’ont fait parce que leurs femmes les rendaient complètement barjots en leur posant des questions auxquelles ils auraient préféré refuser de répondre. »
Ce que vous entendez là, ce sont les femmes qui ne rient pas. Oh, bien sûr, certaines femmes adorent les hommes-enfants et leurs blagues estudiantines/scatologiques ; à peu près 20% des lecteurs de Maxim sont des femmes et on peut penser que toutes ne font pas des recherches sur les relations hommes/femmes. Mais, pour beaucoup des représentantes du beau sexe, l’homme-enfant est soit un mystère irritant soit une source de souffrance. Sur les sites de discussion, dans le courrier des lectrices, autour de la machine à café, et dans la littérature de filles (chik lit), les mots « hommes » et « immatures » semblent unis pour l’éternité. Les femmes se plaignent du syndrome de Peter Pan – le terme existe depuis les années 1980 mais il a refait surface – des « Monsieur Pas Prêt » et des « Monsieur Pas Maintenant. » Sex and the city a fait la chronique des frustrations de quatre femmes trentenaires aux prises avec des hommes immatures, goujats, et qui refusent de s’engager, pendant six saisons à succès.
Naturellement, les femmes s’interrogent : comment cette créature perverse est-elle apparue ? La théorie la plus courante vient des universitaires et des intellectuels influencés par le féminisme, qui voient dans les médias pour mecs la preuve d’un backlash contre les femmes, une crise de masculinité. Selon ces penseurs, les hommes se sentent menacés par l’émancipation des femmes et, dans leur anxiété, ils s’accrochent à des rôles démodés. L’hyper-masculinité de Maxim et compagnie ne reflète pas de véritables propensions masculines ; celle-ci est au contraire « construite » par des médias rétrogrades.


Le fait que les garçons acclament des héroïnes féminines, comme Buffy la tueuse de vampires, tout autant que Chuck Norris, va quelque peu à l’encontre de cette théorie. Mais elle comporte une part de vérité. Les hommes des nouveaux médias sont en mode contre-attaque en grande partie parce qu’ils croient que les féministes se mettent en travers de leur chemin en tant que gardiennes des médias – comme impresarios, éditeurs, producteurs, et autres choses du même genre - qui ne comprennent pas, ou n’acceptent pas, « les hommes qui se comportent comme des hommes. » Et ils font joyeusement la nique aux censeurs du politiquement correct. Dans un épisode de South Park, le panda du harcèlement sexuel (The Sexual Harrassment Panda), une mascotte qui met en garde les écoliers contre le fléau du harcèlement sexuel, est renvoyé après que son petit laïus ait déclenché une avalanche de poursuites judiciaires absurdes. Dans Maxim les lecteurs peuvent trouver des articles comme « Comment guérir une féministe », dont l’une des recommandations est « prétendez que vous partagez ses convictions » en posant des questions telles que, « Le mariage de Gloria Steinem a-t-il été une défaite pour le féminisme ? »
Dans la mesure où ces nouveaux médias pour mecs sont une révolte contre le féminisme, ils font partie d’une histoire beaucoup plus vaste et plus longue, l’histoire du rapport difficile que les hommes entretiennent avec l’ordre bourgeois. Les jeunes hommes célibataires qui apprécient Maxim ou South Park n’aiment sans doute pas Gloria Steinem, mais ils ne sont pas davantage prêt à écouter tous ceux qui lui disent comment se comporter – les professeurs, les nutritionnistes, les prohibitionnistes, les végétariens, les bibliothécaires, les dames patronnesses, les conseillers et les moralistes de tous poils. En réalité, les hommes ont toujours recherché un aspect antisocial, voire anarchique, dans leur culture populaire. Dans un essai célèbre, Barbara Ehrenreich avait soutenu que l’arrivée de Playboy en 1953 représentait le début d’une rébellion masculine contre le conformisme de la vie familiale des années 1950 et contre les valeurs de la classe moyenne, comme le devoir et la maîtrise de soi. Elle citait ainsi un des premiers articles de Playboy se plaignant : « tout ce que veut la femme, c’est la sécurité. Et elle est parfaitement disposée à écraser l’esprit aventureux et épris de liberté de l’homme pour y parvenir. » Même le nom du magazine, faisait remarquer Ehrenreich, « était un défi à la convention de la maturité durement acquise. »
Ehrenreich avait raison au sujet de l’impulsion séditieuse qui se trouvait derrière Playboy, mais elle se trompait au sujet de sa nouveauté. La résistance masculine à l’ordre domestique bourgeois était à l’œuvre depuis que la famille était devenue bourgeoise. Dans A man’s place, l’historien John Tosh situe les racines de cette rébellion au début du 19ème siècle, lorsque les comportements attendus de la part des hommes de la classe moyenne commencèrent à s’éloigner de l’attitude distante qui prévalait du mauvais temps du patriarcat. Dans le nouvel ordre bourgeois, le foyer se devait d’être un havre de paix dans un monde impitoyable, dans lequel l’affection et l’intimité étaient les vertus cardinales. Mais, selon Tosh, il ne fallut pas longtemps pour que les hommes expriment de la frustration avec la domestication bourgeoise : ils allèrent chercher les sensations fortes et la camaraderie masculine dans l’entreprise coloniale, dans les livres d’aventure d’auteurs comme Stevenson, et en allant « au club. »
Au début du 20ème siècle, l’émergence du marché de masse aux Etats-Unis offrit de nouveaux exutoires pour les passions viriles qui se tenaient gauchement assises dans le salon bourgeois.
D’où la parution de titres comme Field and Stream et Man’s adventure, de même que des productions plus sulfureuses comme Escapade et Caper. Lorsque les téléviseurs arrivèrent sur le marché, à la fin des années 1940, c’était la diffusion des combats de poids moyens et des matchs de football qui amenait papa à faire cette grande dépense ; de nos jours encore, ce sont les évènements sportifs – ces empoignades guerrières civilisées - qui le retiennent collé au fauteuil du salon alors qu’il devrait être en train de plier le linge.


Mais cette histoire laisse entrevoir une vérité peu agréable au sujet du nouveau jeune homme célibataire : il est immature parce qu’il peut l’être. Nous pouvons discuter à perte de vue pour savoir si la « masculinité » est naturelle ou bien construite – si les hommes sont spontanément cavaleurs, agités, et négligés, ou bien s’ils sont socialisés de cette manière – mais il n’est pas possible de nier la leçon qu’offre le marché médiatique actuel : donnez aux jeunes hommes le choix entre des œuvres sérieuses d’une part et, d’autre part, des top-modèles de Victoria’s Secret, des batailles de cyborgs, des toilettes qui explosent, et la NFL[3], et ce sont les top-modèles, les cyborgs, les toilettes, et la NFL qui l’emportent, et de loin. Pour une raison ou une autre, l’adolescence semble être l’état par défaut du jeune homme, prouvant ainsi la vérité de ce que les anthropologues ont découvert dans toutes les cultures : ce sont le mariage et les enfants qui transforment les garçons en hommes. Maintenant que le jeune homme célibataire peut repousser la perspective de fonder une famille dans un futur lointain et nébuleux, il peut essayer de rester un homme-enfant, et il le fera. Le pater-familias d’hier ou le père de famille bourgeois des années 1950 pouvait éventuellement chercher à échapper aux obligations de l’âge adulte à travers des rêves d’aventures en haute mer, de pinups, ou à travers la guerre sublimée du terrain de football, mais une pression sociale considérable s’exerçait sur lui pour qu’il se comporte en homme. Non seulement personne aujourd’hui ne demande au vingt ou trentenaire de devenir un mari et un père responsable – c'est-à-dire, de grandir – mais en plus un marché échappant à tout contrôle lui fournit tout ce dont il a besoin pour s’installer indéfiniment au paradis de cochonnet.
Et ce paradis peut devenir une sacrée porcherie. Prenez par exemple Tucker Max, dont le site éponyme a beaucoup de succès auprès de ses pairs. Dans un autre temps, Max aurait été considéré comme « une bonne prise ». Beau garçon, ambitieux, diplômé de l’université de Chicago et de la faculté de droit de Duke. Mais, dans un monde ou les hommes-enfants peuvent s’épanouir, il a trouvé plus à son goût – et remarquablement facile – de poursuivre une autre carrière : celle de « trou-du-cul » professionnel. Max écrit ce qu’il prétend être des « histoires vraies à propos de mes soirées de vingtenaire ordinaire » - boire comme un trou (UrbanDictionary.com range Tucker Max Drunk ou TDM parmi les synonymes de « s’effondrer ivre mort »), se battre, laisser un peu partout du vomi et des excréments à nettoyer aux autres, et, surtout, coucher avec d’innombrables filles rencontrées « au hasard » - étudiantes, serveuses à Las Vegas, stripteaseuses à Dallas, et membres des Juniors Leagues en plein délire érotique.
Tout au long de ses aventures, Max – tel un petit enfant qui en serait resté aux alentours du stade œdipien – est obsédé par son pénis et son « cul ». Il est totalement dépourvu de conscience – « l’anxiété féminine, c’est le cadeau perpétuel », écrit-il à propos de ses efforts pour miner la confiance en elles-mêmes de ses proies, afin de les séduire plus facilement. Pensez à Max comme au dernier rejeton d’un Hugh Hefner vieillissant et génétiquement déficient, et à son site internet et à son best-seller, J’espère qu’ils servent de la bière en enfer, comme une preuve du profond déclin de la culture masculine. Les aspirations au raffinement de Playboy faisaient encore signe vers les exigences du Moi et vers une culture posant des limites à la turbulence masculine ; Max, l’homme-enfant qui ne rend de compte qu’à ses camarades « trous-du-cul », n’est qu’un Ça, et fier de l’être.


On pourrait cependant argumenter qu’il n’y a pas vraiment lieu de s’inquiéter à propos de ce grand bazar composé de Maxim, Comedy Central, Halo 3, et même du nuisible Tucker Max et que l’adolescence prolongée est précisément ce que le terme implique : une étape transitoire. La plupart des jeunes hommes s’intéressent à beaucoup d’autres choses, et même ceux qui passent trop de temps sur TuckerMax.com finiront par s’assagir. Les hommes savent faire la différence entre le divertissement et la vraie vie. En tout cas la maturité finit par advenir, de la même manière que la gravité agit : la nature a des lois.
C’est certainement l’espoir qui anime le film à succès de Judd Apatow, Knocked Up (« En cloque, mode d’emploi »), le plus acéré des divertissements récents mettant en scène des hommes-enfants. Ce qui distingue Knocked Up de, mettons, Old School, c’est qu’il invite son audience à se réjouir de l’immaturité du jeune homme célibataire – son obsession avec « le cul » et « les nibards », son indolence négligée – tout en mettant en lumière son caractère insatisfaisant.
Ben Stone, 23 ans et consommateur régulier d’herbe qui fait rire, met accidentellement enceinte Alison, une superbe inconnue qu’il a été assez chanceux pour séduire dans un bar. Il n’a aucune idée de ce qu’il devrait faire lorsqu’elle décide de garder l’enfant, non pas parce qu’il serait « un salopard » – en fait, il a un grand cœur – mais parce qu’il vit entouré d’attardés sociaux. Ses camarades de chambrée passent leur temps à se chamailler au sujet de qui a pété sur l’oreiller de qui et quand lancer leur site pornographique. Son père ne lui est pas d’une plus grande utilité : « J’ai été divorcé trois fois », répond-il à Ben lorsque son fils lui demande des conseils au sujet de sa situation, « Pourquoi me demandes-tu ça à moi ? » A la fin, cependant, Ben comprend qu’il doit grandir. Il trouve un travail et un appartement, et apprend à aimer Alison et l’enfant. C’est une comédie, après tout.
C’est aussi un conte de fées pour les jeunes hommes. Vous ne sauriez pas comment grandir, même si vous le vouliez ? Peut-être qu’une belle princesse va arriver et vous montrer comment faire. Mais la question importante que le film d’Apatow ne traite que tangentiellement est : quel effet produit sur un jeune homme le fait de vivre pendant longtemps comme un homme-enfant – et sur les femmes avec lesquelles il rentre en collision pendant ce temps.


Car le problème avec les hommes-enfants, c’est qu’ils ne font pas des maris et des pères très prometteurs. Ils souffrent de la proverbiale « peur de s’engager », ce qui est une autre manière de dire qu’ils ne supportent pas l’idée d’être attachés de manière permanente à une seule femme. Bien sûr, ils ont des petites amies ; et beaucoup sont même prêts à aller habiter avec elles. Mais cohabiter peut se révéler juste une autre ruse de retardement employée par Peter Pan. Les femmes ont tendance à considérer la cohabitation comme pouvant constituer une étape avant le mariage ; les hommes la considère comme une autre manière de passer du bon temps ou, comme le fait observer Barbara Dafoe Whitehead dans Why there are no good men left, comme un moyen « d’avoir les avantages d’une épouse sans avoir à endosser les obligations d’un mari. »
Même les hommes qui se marient ne surmontent pas aisément leur période homme-enfant. Neal Pollack se fait le porte-parole de certains d’entre eux dans Alternadad, son livre autobiographique paru en 2007. Pollack se débat pour essayer de rester « tendance » - fumer de la marijuana, aller à des concerts de rock – une fois devenu père d’Elijah, « le nouveau coloc’ », comme il l’appelle. Pollack se réconcilie avec la paternité car il découvre qu’il peut faire connaître les meilleurs groupes de rock alternatif à son bambin, et aussi parce que celui-ci lui donne tellement d’occasions pour exercer sa fascination d’homme-enfant pour « le caca ». Il est plein d’une affection touchante pour son petit garçon. Mais ses efforts pour transformer son fils en un Neal Pollack miniature – « Mon fils et moi étions en train de pogoter ! Génial ! » - reflètent le narcissisme de l’homme-enfant qui résiste à l’idée que les autres pourraient avoir des droits sur lui.
Knocked Up évoque une forme plus destructrice de narcissisme dans une intrigue secondaire impliquant la sœur mal mariée d’Alison, Debbie, et son mari, Pete, le père de leurs deux petites filles. Pete, qui disparaît fréquemment pour jouer au Fantasy Baseball, pour se défoncer à Las Vegas, ou simplement pour aller tout seul au cinéma, manie perpétuellement l’ironie pour se distancier de sa famille. « Soucie-toi plus de nous ! » lui crie sa femme. « Tu es cool parce que tu n’en as rien à foutre ! »

Et cette attitude « cool » fait signe vers ce qui est peut-être le problème existentiel le plus profond avec les hommes-enfants : une tendance à éviter non pas seulement le mariage mais tout attachement profond. C’est ce qu’expose l’écrivain britannique Nick Hornby dans son roman, About a boy. Le antihéros du livre, Will, est un jeune homme célibataire dont la vie est aussi dépourvue de passion que de responsabilités. Sa personnalité se résume aux émanations de la « culture pop », un fait que l’auteur symbolise en faisant vivre Will qui, à trente-six ans, n’occupe aucun emploi, des revenus générés par une chanson de Noël à succès écrite par son défunt père. Hornby montre comment les limbes saturées de produits médiatiques dans lesquelles vivent les jeunes hommes d’aujourd’hui permettent très facilement de remplir ses journées sans jamais réellement faire quoique ce soit. « Il y a soixante ans, toutes les ressources qu’utilisait Will pour occuper ses journées n’existaient tout simplement pas, » écrit Hornby. « Il n’y avait pas de télévision durant la journée, pas de vidéos, pas de magazines sur papier glacé… Maintenant, en revanche, il était aisé de ne rien faire. Les ressources étaient presque trop abondantes. » Le fait que Will n’ait pas de profession est une des conséquences d’un manque de passion plus générale. Pour draguer les femmes, par exemple, il prétend avoir un fils et s’inscrit à une association pour parents isolés : le désarroi des mères célibataires lui est indifférent. Pour Will, les femmes sont simplement des instruments de chair qui fournissent du sexe, et le sexe est juste une forme de divertissement, « une fantastique alternative charnelle à la boisson, aux drogues, à une soirée réussie, mais pas beaucoup plus que ça. »
Comme l’indique le titre de son livre publié en 2005, Indecision, Benjamin Kunkel montre également comment l’apathie infecte le monde des jeunes hommes célibataires. Son héros de 28 ans, Dwight Wilmerding, souffre d’une aboulie – indécision chronique – si sévère qu’il se trouve paralysé lorsqu’il s’agit de choisir la dinde, la sauce aux airelles, et la tenue pour Thanksgiving. Ses parents sont divorcés, sa petite amie la plus récente s’est évaporée, et il a perdu son travail. Tout comme Will, Dwight est un flemmard invétéré, incapable de s’engager et peu désireux d’éprouver des sentiments. La seule femme qu’il ait aimée est sa sœur, qui explique ainsi cette attraction : « Je suis en fait la seule fille que tu ais appris à connaître de la bonne manière. C’était graduel, et inévitable. » Tout comme Hornby, Kunkel voit dans la facilité d’accéder à la sexualité une des sources de l’apathie de ces jeunes hommes. Dans un monde de liaisons en série, les jeunes hommes célibataires « ne parviennent pas à sublimer leur énergie libidinale de la manière qui, en réalité, rend les hommes attractifs, » comme l’expliqua Kunkel à une journaliste consternée qui l’interviewait pour le magazine Salon.
La superficialité, l’indolence, et l’absence de passion décrites dans les romans de Hornby et Kunkel n’ont pas déclenché la moindre transformation culturelle. Le livre de Kunkel s’est brièvement retrouvé dans quelques listes régionales de bestsellers, et les ventes de Hornby sont raisonnablement bonnes. Mais les ventes de la « littérature pour mecs », comme certains appellent les romans dont les héros sont des jeunes hommes célibataires, n’arrivent pas à la cheville de celles de la littérature pour filles. Le jeune homme célibataire lit peu, rappelez-vous, et il ne lit certainement rien qui prescrirait une sorte de transformation personnelle. L’homme-enfant se moque peut-être de lui-même, mais réfléchir sur soi-même est quelque chose d’entièrement différent.
C’est fort dommage. Comme l’a finement observé Kunkel « les hommes sont plus inachevés en tant que personne. » Les jeunes hommes tout particulièrement ont besoin d’une culture qui les aide à se fixer des aspirations respectables. Les adultes n’apparaissent pas spontanément. Ils se construisent.


[1] Jeux de mots sur « Frat » et « Rat ». Dans les années 1950-1960, le « Rat Pack » désignait un groupe variable de grands noms du show-business réunis autour de Frank Sinatra. « Frat » est le diminutif de « Fraternity » qui aux Etats-Unis désigne des sortes de clubs estudiantins.
[2] Le cinquième amendement de la Constitution des Etats-Unis contient notamment la phrase suivante : « nul ne pourra, dans une affaire criminelle, être obligé de témoigner contre lui-même. »
[3] National Football League – football américain.