Ralliez-vous à mon panache bleu

jeudi 18 juillet 2019

Défense et illustration du "trumpisme"




Donald Trump est décidément un homme précieux.

Nous en avons encore la preuve en ce moment avec la polémique – déclenchée à son initiative – qui l’oppose à un groupe de Représentantes Démocrates d’extrême-gauche.

Le président des Etats-Unis est un homme précieux car, jour après jour, tweet après tweet, il ose dire tout haut ce que le politiquement correct défend de dire. Il est pratiquement le seul homme politique de premier plan à oser le faire en Occident (Orban et Salvini sont peut-être ceux qui s’en approchent le plus actuellement).

Il le fait sans jamais s’excuser ni reculer. Et lorsque ses adversaires politiques, la presse quasiment unanime, son propre camp même, essayent de le discréditer en le taxant de « racisme » ou autres gentillesses du même genre, il rajoute encore une couche de propos offensants. Trump n’est jamais sur la défensive. Il attaque, toujours, partout. Jamais de pause, jamais de compromis, jamais d’armistice dans la guerre qu’il livre au politiquement correct.

Le politiquement correct est le bras armé du multiculturalisme, ou de l’idéologie diversitaire, pour reprendre le terme forgé par Mathieu Bock-Coté. Or, poussé au bout de sa logique, le multiculturalisme signifie la mort de l’Occident, purement et simplement. La mort de la raison, la mort de la nation, la mort de la liberté politique, la mort de tout ce qui a fait notre richesse intellectuelle et spirituelle.

Donald Trump est donc pratiquement le seul homme politique occidental de premier plan qui défende l’Occident, non pas du bout des lèvres, non pas en entourant cette défense de réserves et de nuances, mais entièrement, sans hésitation ni doute apparent, comme si cette défense allait de soi.

Mais cette manière de présenter les choses est encore inférieure à la réalité. Je l’ai dit, Trump ne connait pas la défensive. Sa défense de l’Occident est donc à proprement parler une offensive, une attaque directe, brutale : elle est l’affirmation non pas d’une innocence mais d’une supériorité. Trump ne se contente pas de dire que l’Occident est innocent des crimes qui lui sont imputés, il affirme sans aucun ambages la supériorité de la civilisation occidentale sur toutes les autres.

De manière appropriée, cette défense de l’Occident se présente sous la forme de l’apologie d’un pays en particulier, son pays, les Etats-Unis, car la vitalité de l’Occident et le génie de la liberté politique qui lui est propre sont inséparables de sa division en nations jalouses de leur indépendance, et parfois rivales.

Donald Trump apparait d’abord et avant tout comme un patriote. Et un patriote, au plein sens du terme, n’est pas seulement quelqu’un qui aime le pays dans lequel il est né, c’est aussi quelqu’un qui est convaincu au fond de lui-même que l’on vit mieux en cet endroit de la terre que n’importe où ailleurs. Trump affirme donc à chaque fois qu’il en a l’occasion que les Etats-Unis sont un grand pays, en fait le plus grand pays que la terre ait jamais porté. Les Etats-Unis peuvent perdre temporairement cette grandeur, sous l’effet notamment de mauvais gouvernements, mais elle leur appartient pour ainsi dire de droit. Ce pourquoi son slogan de campagne proposait de « rendre » sa grandeur à l’Amérique. L’Amérique, selon Trump, est essentiellement grande, même si elle peut être accidentellement petite.

Mais cette apologie tonitruante d’une nation particulière revient à une apologie de l’Occident, car ce qui rend l’Amérique plus grande que toutes les autres nations, c’est qu’elle applique mieux que les autres les « découvertes » qui caractérisent la civilisation occidentale. Et en faisant l’éloge de son pays, Trump défend inévitablement l’idée même de nation. Par son patriotisme flamboyant, il légitime implicitement le patriotisme de tous les autres peuples.

Nous pouvons être en total désaccord avec Donald Trump sur le fait que l’Amérique soit la plus grande nation que la terre ait jamais porté, mais nous lui sommes tous redevables d’oser exprimer ce sentiment alors que tout concours à rendre le patriotisme anathème.

Comme l’a dit fort justement un observateur américain : « Les qualités de Trump sont son courage, son bon sens, et sa rhétorique. Il va à l’essentiel, à ce dont personne d’autre ne parlera de peur d’être traité de « raciste » ou de « fasciste », ou d’une autre de ces injures qui excitent la foule des lyncheurs vertueux. »

Ces qualités sont cruciales, indispensables, dans le contexte politique actuel. Toutefois elles ont aussi leurs limites. Trump a les défauts de ses qualités. Parce qu’ils sont ceux d’un guerrier, qui considère que l’attaque est la meilleure défense, ses propos sont souvent brutaux. Parce qu’ils sont ceux d’un homme qui, à juste titre, méprise la classe des intellectuels et plus généralement la classe jacassante, ses propos sont souvent mal dégrossis. Ils contiennent souvent des vérités précieuses, mêlées à beaucoup d’impureté qui parfois peuvent les cacher. Trump ne s’embarrasse pas de nuances ni d’explications, et peut-être d’ailleurs n’est-il pas vraiment capable de fournir des explications approfondies. On peut difficilement être à la fois le roi du tweet et le roi de la dialectique.

Pourtant les explications sont aussi nécessaires pour gagner durablement les esprits et transformer des victoires rhétoriques temporaires en gains politiques plus durables. Et le tempérament bagarreur qui peut séduire une partie de l’opinion publique risque aussi, à la longue d’en rebuter d’autres segments, tout aussi considérables, et pour des raisons qui sont loin d’être entièrement mauvaises. Bref, il ne suffit pas de se battre. Pour gagner ce genre de combat il faut aussi être capable d’expliquer pourquoi sa cause est juste.

Autrement dit, Trump aurait besoin de gens qui soient capables d’assurer régulièrement son service après-vente.

Pour nous en persuader, il suffit d’examiner la polémique en cours.



Celle-ci a commencé lorsque le président des Etats-Unis a tweeté la chose suivante : « « Il est tellement intéressant de voir des élues “progressistes” démocrates du Congrès, qui à l’origine venaient de pays dont les gouvernements sont des catastrophes sans mélange, qui sont les pires, les plus corrompus et les plus ineptes au monde (à supposer même qu’ils aient seulement un gouvernement qui fonctionne) venir maintenant expliquer bruyamment et perfidement au peuple des Etats-Unis, la plus grande et la plus puissante nation du monde, comment son gouvernement devrait fonctionner. Pourquoi ne retournent-elles pas dans ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent pour aider à les remettre en état ? Elles pourraient ensuite revenir et nous montrer comment il faut faire. Ces endroits ont vraiment besoin de votre aide, il faut y aller au plus vite. Je suis sûr que Nancy Pelosi sera très contente d’organiser sans délai des voyages gratuits. »

Les élues auxquelles Trump fait allusion sont essentiellement quatre : Alexandria Ocasio-Cortez (New York), Ilhan Omar (Minnesota), Ayanna Pressley (Massachusetts) et Rashida Tlaib (Michigan). Ces quatre femmes sont rentrées au Congrès à l’occasion des dernières élections, en 2018. Ce qui les rapproche est, d’une part, leurs positions politiques, très à gauche au sein d’un parti Démocrate qui s’est lui-même continuellement déporté vers la gauche depuis les années 1960. Et d’autre part qu’elles sont des femmes « de couleur » dont la famille est arrivée récemment aux Etats-Unis pour trois d’entre elles. Rashida Tlaib est fille d’émigrés palestiniens. Ilhan Abdullahi Omar est originaire de Mogadiscio et a obtenu le statut de réfugié politique aux Etats-Unis en 1995. Alexandria Ocasio-Cortez, la plus connue des trois, a une mère porto-ricaine et un père dont les parents étaient porto-ricains. Par leur statut revendiqué de « porte-parole des minorités visibles » et par leur opinions politiques d’extrême-gauche, ces quatre nouvelles élues sont très représentatives de la frange la plus dure du parti Démocrate, la grande question étant de savoir si cette frange dure, c’est-à-dire ouvertement multiculturaliste et socialiste, ne va pas devenir purement et simplement le parti Démocrate. Leur proximité idéologique est d’ailleurs attestée par le fait qu’elles ont constitué un groupe informel, nommé « The squad », dont le but non avoué, mais très clair, est de prendre à terme la tête de leur parti.

A travers elle, Trump a donc ciblé précisément la pointe avancée du multiculturalisme. Sans les nommer expressément, il s’en est pris aux gardiennes les plus féroces du dogme diversitaire.

Comme souvent, la saillie trumpienne a provoqué une consternation mal déguisée dans son propre camp, pour des raisons essentiellement mauvaises.

Tout le monde s’est empressé de faire remarquer que ces quatre femmes ne viennent pas « d’ailleurs » puisque trois d’entre elles sont nées aux Etats-Unis. Qu’elles n’ont donc pas « d’autre pays » dans lequel elles pourraient aller. Et que par ailleurs il était inadmissible de dire à une réfugiée politique qu’elle devrait « retourner chez elle ».

Mais ce genre de réaction revient à regarder obstinément le doigt qui montre la lune. Ce qu’a dit Donald Trump n’est sans doute pas d’une exquise précision linguistique, mais la pensée, ou plutôt les pensées qu’il voulait exprimer, sont parfaitement claires pour n’importe qui ayant un peu d’intelligence et de bonne foi.

En ces quelques lignes de tweet, Donald Trump a rappelé trois choses simples et très importantes.

D’abord, il existe bien des pays « merdiques » (shithole), pour reprendre une autre expression trumpienne. Ces pays sont merdiques non pas à cause de la couleur de peau des gens qui y vivent, mais parce que ces peuples ont à leur tête des gouvernements corrompus, inefficaces, despotiques, parce que la criminalité y fait rage et que le niveau de vie y reste désespérément bas. Porto-Rico, la Somalie et la Palestine sont en effet de très bon exemples de pays particulièrement merdiques. Les pays merdiques sont ceux dont les gens émigrent s’ils le peuvent, pour se diriger vers des pays où il fait bien meilleur vivre. Il existe donc d’un côté les pays merdiques et de l’autre les pays qui font rêver ceux qui vivent dans des pays merdiques. Au premier rang de ces pays qui font rêver se trouvent les Etats-Unis. Les gens viennent du monde entier pour s’installer aux Etats-Unis, alors que personne ne se bouscule pour s’installer en Somalie, à Porto-Rico ou en Palestine.

Autrement dit, Trump a rappelé à « The squad » qu’il existe une hiérarchie objective des régimes politiques, par conséquent aussi une hiérarchie objective des civilisations, et que les Etats-Unis sont en haut de cette hiérarchie, comme le prouve incontestablement le parcours familial de trois des membres du « squad ». D’où le rappel, parfaitement approprié, de l’origine étrangère de ces trois femmes.

Première leçon de philosophie politique élémentaire.

D’autre part les Etats-Unis sont un pays libre (à la différence des pays merdiques), ce qui signifie notamment qu’il est toujours possible de quitter les Etats-Unis, en emportant ses biens, pour s’installer ailleurs si l’on estime que l’herbe y est plus verte. Dans les pays gouvernés tyranniquement cette liberté n’existe pas. On ne peut donc pas présumer que ceux qui y vivent ont envie d’y vivre. En revanche, celui qui vit aux Etats-Unis est présumé être raisonnablement satisfait du régime dans lequel il vit. Celui qui ne cesse de dénoncer les Etats-Unis comme un pays essentiellement raciste, oppressif, criminel, etc. mais qui persiste à y vivre, est nécessairement un hypocrite ou un lâche. Tout particulièrement s’il profite dans le même temps des possibilités offertes par ce régime pour s’élever aux plus hauts postes d’honneur et de responsabilité.

Deuxième leçon de philosophie politique élémentaire.

Il découle du deuxième point qu’être Américain ne signifie pas seulement avoir une carte d’identité américaine mais implique d’être loyal envers les Etats-Unis. Être loyal envers un pays signifie considérer que son sort personnel est indissolublement lié à celui de la nation tout entière, c’est faire allégeance de manière exclusive à cette communauté politique particulière et considérer que celle-ci est essentiellement bonne. La loyauté est donc compatible avec la critique, y compris la critique sans concession, du gouvernement de son pays, avec la reconnaissance des fautes passées de sa nation, elle n’est pas compatible avec la conviction que cette nation est irrémédiablement mauvaise, que son histoire n’est qu’une longue suite de crimes, que ses principes fondamentaux de gouvernement sont injustes, et que le monde se porterait mieux sans elle. Autrement dit, l’Amérique, tu l’aimes ou tu la quittes. Ce qu’a résumé Trump en répondant aux accusations de « racisme » suite à son tweet : « Ce groupe de quatre personnes (...), elles se plaignent constamment (…) Ce sont des gens qui haïssent notre pays. Elles lui vouent une haine viscérale. Elles peuvent partir si elles veulent. »

Troisième leçon de philosophie politique élémentaire.

A quoi on pourrait ajouter une quatrième leçon, qui est une leçon de bon sens : la critique est aisée, l’art est difficile, surtout l’art politique. Vous, mesdames, qui n’arrêtez pas de critiquer l’Amérique, qui êtes perpétuellement indignée de ce que sont les Etats-Unis, qui par conséquent critiquez perpétuellement le gouvernement américain, pourquoi ne nous montrez-vous pas vos talents en matière de gouvernement ? Vos critiques présupposent qu’il serait possible de faire beaucoup mieux et que vous savez comment faire beaucoup mieux. Montrez-nous ce qu’il en est. Prouvez-nous que vos critiques sont le fruit d’un vrai savoir et d’une vraie compétence, et non pas la conséquence de votre totale ignorance de ce que signifie gouverner un pays et de vos conceptions politiques chimériques.

Voilà, en substance, ce que contenait la charge de Trump contre « The squad ». Une charge, on le voit, parfaitement justifiée et hautement nécessaire.

En les attaquant Trump a, une nouvelle fois, allégrement piétiné nombre d’interdits édictés par le politiquement correct : 1) Il a attaqué des femmes 2) Il a attaqué des femmes « de couleur » 3) Il a affirmé que la vérité existe 4) Il a affirmé qu’il est possible d’établir une hiérarchie objective des régimes politiques 5) Il a affirmé que les Américains sont fondés à attendre des nouveaux-venus qu’ils ne contentent pas de respecter les lois du pays mais qu’ils en adoptent aussi les mœurs, à commencer par un patriotisme sourcilleux.

C’est beaucoup pour un tweet, et c’est même assez remarquable.

On pourrait bien sûr regretter que Trump, plutôt que de produire des tweets rageurs, ne fasse pas de grands discours à la Lincoln dans lesquels il rappellerait aux Américains les principes fondamentaux de leur gouvernement, dans lesquels, en somme, il expliquerait posément ce qu’il se contente de sous-entendre dans ses saillies verbales ou sur les réseaux sociaux.

On peut regretter bien des choses au sujet de Donald Trump. Seulement voilà, presque au même moment, en France une vidéo circulait sur Twitter dans laquelle un supporter de l’équipe de foot algérienne affirmait : « Regarde, regarde, filme tout autour de toi. Il y a des Algériens, il y a des Tunisiens, il y a des Marocains, il y a des Sénégalais. Il n’y pas une bagarre, il n’y a pas une embrouille, il n’y a rien qui brûle. On n’est pas des Gilets jaunes, on n’est pas les black blocs. On n’est là, et on restera là. On est Français, on est nés en France. Mais on reste Africains, et on va rester.» Et il ajoutait : « On a pris Paris en trois heures, plus vite que les Allemands. »

Ce genre de sentiments, on le sait, est très répandu au sein d’une certaine jeunesse nominalement française mais dont le cœur et la loyauté sont manifestement ailleurs.

Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour réagir comme Donald Trump l’aurait fait ? Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour répondre à cette attaque contre la France ? Y-a-t-il eu un seul homme politique français de premier plan pour se saisir de l’occasion de ces émeutes de supporter afin de rappeler les points fondamentaux que j’ai énuméré précédemment, dans un tweet ou dans un discours, peu importe ? A ma connaissance, même Marine Le Pen s’est contentée de protester contre les dégradations matérielles.

Personne. Rien. Nada.

Alors oui, certes, on peut regretter bien des choses au sujet de Donald Trump, à commencer par le fait qu’un tel homme soit devenu nécessaire, mais moi, mon plus grand regret, c’est que nous n’ayons pas un Donald Trump.




lundi 8 juillet 2019

Cheap Sex ou le grand mensonge de la libération sexuelle




Juste avant d’être arrêté et expulsé d’URSS, en février 1974, Alexandre Soljenitsyne lançait un vibrant appel à la résistance et au refus du mensonge. « Le premier pas du courage civique : refuser le mensonge », écrivait-il, dans ce qui était à la fois un testament politique pour ses compatriotes, qu’il était contraint de quitter, mais aussi un avertissement pour l’Occident qui l’accueillait. Car si Soljenitsyne avait principalement en vue le communisme en écrivant cela, il n’ignorait pas que le mensonge qui fait violence à l’homme peut prendre bien des formes, dont certaines peuvent sembler extrêmement attirantes, ce qui ne les rend que plus dangereuses.

Le mensonge communiste a été vaincu, tout au moins sur le plan géopolitique, en partie grâce au courage exceptionnel d’hommes comme Soljenitsyne. Mais d’autres mensonges continuent à prospérer en notre sein et à exercer leur influence délétère sur l’ensemble de la société.

Parmi ceux-ci le plus important, peut-être, par ses conséquences et par sa puissance de séduction est celui selon lequel la sexualité pourrait être « libérée ». Nous vivons en Occident sous l’empire de la « révolution sexuelle », formellement enclenchée dans les années 1960, qui promet à l’humanité une sexualité enfin délivrée de toutes les contraintes qui l’empoisonnaient jusqu’alors, un peu de la même manière que la révolution communiste promettait la fin de la lutte des classes et de l’éternelle exploitation de l’homme par l’homme.

La première étape du mensonge commence par mal décrire la réalité. C’est le cas lorsque nous parlons de « libération sexuelle ». Car ce faisant, nous parlons implicitement de la sexualité comme si celle-ci était une sorte d’objet, qui aurait été tenu enfermé jusqu’alors et qui serait aujourd’hui généreusement mis à la disposition de tous ceux qui voudraient en profiter. C’est-à-dire que nous considérons la sexualité comme séparable du reste de notre existence, et comme si nous pouvions en user selon notre seule volonté individuelle. Or c’est évidemment l’inverse qui est vrai. La manière dont nous ordonnons notre sexualité affecte l’ensemble de notre personnalité et, d’autre part, la sexualité est toujours un échange, une modalité des relations humaines (même le « plaisir solitaire » implique la mobilisation de fantasmes, et donc le recours à un « autre », fut-il imaginaire). La sexualité implique une dépendance dont il n’est jamais possible de se défaire : nous pouvons déplacer les contraintes, pas les éliminer.

Une manière plus adéquate de décrire ce que nous avons fait consisterait donc à dire que nous avons rendu la sexualité bon marché. La « libération sexuelle » a consisté, fondamentalement, à abaisser le « prix » de la sexualité. Car, même si cela nous choque, il existe bien, nécessairement, une sorte de marché de la sexualité, un marché qui met en relation des êtres humains cherchant à acquérir ce qui leur manque en cédant une partie de leurs ressources, comme pour n’importe quel bien et service. Plus exactement, il existe un marché de « l’accouplement », ce terme devant être entendu en son double sens de « rapport sexuel » et de « mise en couple ». Hommes et femmes s’y rencontrent depuis la nuit des temps pour tenter d’y satisfaire deux besoins, ou deux désirs puissants, liés mais distincts : un besoin sexuel et un besoin « conjugal » : aimer, être aimé, fonder une famille.

Sur ce marché de l’accouplement, « le sexe est peu coûteux lorsque les femmes attendent peu en échange et lorsque les hommes n’ont pas à fournir beaucoup de temps, d’attention, de ressources, de reconnaissance, ou de fidélité pour y accéder. »

Ce qui advient lorsque le « prix » de la sexualité baisse aussi drastiquement qu’il l’a fait en Occident depuis une cinquantaine d’années est le sujet du dernier livre du sociologue américain Mark Regnerus, qui s’intitule précisément Cheap sex et a pour sous-titre « la transformation des hommes, du mariage et de la monogamie ».

Comme presque tous les bons livres de sociologie, Cheap sex est à la fois captivant et relativement trivial, car il ne fait guère, en somme, que confirmer ce que tout homme (ou femme) raisonnablement intelligent, expérimenté, et dépourvu de préjugés sait déjà. A notre époque éclairée il faut souvent beaucoup de « science » pour prouver des choses apparemment simples. Mais, précisément, il est assez fascinant de voir la science sociale, avec ses enquêtes par échantillon, ses statistiques et ses analyses de régression, démolir méthodiquement certaines des illusions progressistes les plus chéries. Mark Regnerus s’y emploie avec calme, méthode, compétence, et armé de suffisamment de « preuves empiriques » pour annihiler toute contre-attaque venue du camp du « progrès ».

La première de ces illusions, et celle qui est à la base de la « révolution sexuelle », est que les hommes et les femmes sont fondamentalement identiques dans leur rapport à la sexualité et que seules, jusqu’alors, une « société patriarcale » et une « éducation répressive » avaient empêchées les femmes d’être des hommes comme les autres. La vérité, bien sûr, est assez différente. La vérité est que, comme j’ai entendu un jour une femme intelligente le dire : « les femmes sont moins portées que les hommes sur les plaisirs de la sexualité lorsqu’ils sont séparés du reste de l’existence. » Autrement dit, les femmes recherchent moins souvent que les hommes un accouplement qui ne soit pas aussi une mise en couple. La conséquence est que le marché de l’accouplement est, grosso modo, divisé en deux : d’un côté ceux qui recherchent simplement du sexe, et de l’autre ceux qui recherchent une « relation durable » ou disons, pour simplifier, le mariage. Ceux qui recherchent simplement du sexe sont en grande majorité des hommes, et ceux qui recherchent le mariage sont plus souvent des femmes. Bien entendu les femmes, ou en tout cas certaines d’entre elles, sont tout à fait capables d’apprécier et de rechercher des aventures sans lendemain, de même que les hommes ne recherchent pas simplement le plaisir sexuel, mais aussi à satisfaire un besoin de « conjugalité ». Mais ils ne le recherchent pas avec la même intensité et aux mêmes périodes de leur vie. La période des « aventures sans lendemain » est en général courte pour une femme, et elle est loin d’être systématique. Elle est en revanche très répandue chez les hommes et peut se prolonger fort tard dans l’existence. Sur le marché de la sexualité, ce sont donc essentiellement les hommes qui demandent du sexe et les femmes qui en offrent, en échange d’autre chose.

Traditionnellement, l’équilibre se faisait de la manière suivante : les hommes accédaient à la sexualité en donnant aux femmes qu’ils convoitaient des preuves concrètes « d’engagement ». Idéalement, le mariage était la preuve d’engagement qui permettait à un homme d’accéder au corps d’une femme. Bien entendu il s’agissait là d’une norme régulatrice, et non pas d’une réalité universelle : nombre d’accouplements, à tous les sens du terme, se produisaient hors du mariage. Il n’en reste pas moins que, pour un homme, il était très difficile d’accéder à une sexualité régulière, et sans s’exposer à la désapprobation sociale, sans être marié.

Cet arrangement traditionnel a volé en éclats, et ce qui l’a pulvérisé est d’abord une invention de la science moderne : la pilule contraceptive. Il n’est pas utile de développer davantage ce que la maitrise de sa fécondité peut changer dans la vie d’une femme. L’effet peut être globalement bénéfique ou négatif, selon la femme concernée. Tout le monde le comprend sans peine. Ce qui est moins souvent compris, en revanche, c’est que la pilule n’est pas seulement un comprimé que chaque femme serait libre de prendre ou pas : cette invention scientifique a aussi un aspect collectif et normatif. Avec la diffusion de la pilule, les mœurs et les représentations changent : le sexe est de plus en plus perçu comme « naturellement » infertile et les femmes, prises dans leur ensemble, ont de plus en plus de mal à dire « non » à un rapport sexuel.

Plus précisément, une femme a beaucoup plus de mal à dire « non » à un homme qui lui plait, c’est-à-dire à refuser de coucher avec lui sans des preuves d’engagement préalables. Elle a beaucoup plus de mal d’abord car elle-même, très souvent, peine à trouver des raisons persuasives de le faire : la sexualité n’est-elle pas censée être une agréable activité récréative, sans conséquences, et les hommes et les femmes ne sont-ils pas censés avoir des désirs identiques ? Le livre de Mark Regnerus comporte d’amples témoignages de cette confusion intellectuelle qui règne aujourd’hui chez la plupart des jeunes femmes et qui les empêche d’écouter cette petite voix qui leur dit au fond d’elle-même : « ne couche pas trop vite avec lui, sinon il ne s’intéressera plus à toi. » Et puis, d’autre part, car si une femme dit non à un homme qui lui plait, le risque est grand que celui-ci aille chercher ailleurs cette sexualité dont il a envie. Or il n’est que trop évident qu’il n’aura pas grand mal à trouver. En fait, pour qu’un homme reste malgré un « non » initial, il faudrait qu’il soit amoureux. Mais, contrairement à ce que suggère l’expression, tomber amoureux demande en général un certain temps. Il faut se fréquenter pour cela.

Autrement dit, la pilule n’abaisse pas seulement le « prix » de la sexualité pour les femmes qui la prennent, mais pour toutes les femmes, qu’elles le veuillent ou non. Du jour au lendemain, pour ainsi dire, les femmes découvrent que leur monnaie d’échange traditionnel avec les hommes s’est gravement dévaluée. Elles doivent accepter de « vendre » à bien meilleur marché, sous peine de rester seules ou de ne parvenir à se marier que bien plus tard qu’elles ne voudraient.

Deux autres « avancées » technologiques sont venues abaisser davantage encore le prix la sexualité (ou son coût, suivant le côté où on se place). D’une part la pornographie moderne, la pornographie hyper réaliste et produite à échelle industrielle grâce à tous les progrès des appareils vidéo. D’autre part internet, qui permet à la fois l’accès quasi-instantané à ce gigantesque flux pornographique et les rencontres « en ligne ».

Cette affirmation soulèvera immédiatement des objections. Les sites de rencontre en ligne, dira-t-on, ne permettent-ils  pas au contraire à des millions de célibataires de trouver enfin l’âme sœur ? Quant à la pornographie, l’image n’est pas la chose, par conséquent les images pornographiques ne sauraient se substituer à la réalité de la sexualité et ne peuvent donc pas faire baisser son coût.

Concernant la première objection, il est vrai que nombre de sites de rencontre se présentent comme des services dont le but est de permettre à leurs utilisateurs de se marier, et il n’est pas douteux qu’ils tiennent parfois cette promesse. Mais, réduit à sa substance, le service que proposent ces sites est de mettre en relation des hommes et des femmes qui sont sur le marché de l’accouplement, de leur permettre de se rencontrer, rien d’autre. Ce qui advient au-delà de la rencontre initiale dépend des protagonistes de celle-ci. Or, de nos jours, dans ce genre de rencontres, la sexualité intervient très vite. En général dès la deuxième fois, de l’aveu de l’immense majorité des jeunes femmes interviewées par Mark Regnerus, voire dès le premier soir. Autrement dit, lorsqu’un homme et une femme qui ont échangé sur un site de rencontre acceptent de se voir « en vrai », le sexe est presque garanti. Le reste est beaucoup plus aléatoire. La réalité est donc que les sites de rencontre, quel que soit leur intitulé, fonctionnent globalement comme « un système très efficace de distribution de sexe à bon marché », comme l’écrit Mark Regnerus. Et leur efficacité même nuit au but affiché, qui est d’aboutir à une relation durable. Car, en nous donnant accès à une multiplicité presque infinie de partenaires potentiels, ces services nous incitent à abandonner une relation naissante dès la première difficulté pour aller voir ailleurs si l’herbe ne serait pas plus verte. Il est tellement plus simple et immédiatement gratifiant de se connecter pour recommencer le jeu de la séduction avec des inconnus que de se remettre en question pour tenter de résoudre un problème de couple…

Sans compter que ces sites de rencontre en ligne sont des entreprises, dont l’intérêt bien compris est que leurs utilisateurs restent le plus longtemps possible sur le marché de la séduction. Autrement dit, leur intérêt commercial est que des rencontres aient lieu mais que celles-ci soient de courte durée…

La pornographie est une question complexe, à multiples enjeux, et Mark Regnerus les examine méthodiquement dans ce qui est sans doute un des chapitres les plus intéressants de son livre. Contentons-nous d’exposer brièvement les principales conclusions auxquelles il parvient. Oui, la consommation de pornographie a connu une véritable explosion avec le développement d’internet et par conséquent aussi la masturbation, qui est presque toujours associée à cette consommation. Consommation pornographique et masturbation restent très « genrées ». En dépit de tous les efforts fait pour ouvrir le « marché féminin », la plupart des femmes continuent à trouver la pornographie rébarbative, voire carrément révoltante. Sur le marché de l’accouplement, l’effet net de ce flot de pornographie hyper réaliste est, selon l’expression très crue mais très parlante de la féministe Naomi Wolf, de « dévaluer le prix d’un vagin ». Les femmes, avec raison, voient dans la pornographie une sorte de concurrence pour l’attention sexuelle des hommes et la plupart perçoivent la consommation de pornographie par leur partenaire comme une forme d’infidélité. Mais cette consommation est désormais si répandue qu’elles doivent souvent l’accepter, en dépit du déplaisir que cela leur cause. Bien plus, la pornographie modifie les représentations, les attentes et les goûts sexuels des hommes qu’elles rencontrent, et les modifie dans une direction qui ne convient pas à la plupart d’entre elles mais que, là aussi, elles sont souvent contraintes d’accepter, sous peine de rester seules ou de ne connaitre des relations que très éphémères.

Par ailleurs, étant donné que la sexualité pousse ses racines dans tous les recoins de notre âme, Mark Regnerus suggère que la pornographie de masse modifie également, tendanciellement, le caractère des hommes (puisque ce sont eux, et de très loin, les plus gros consommateurs). Pour le dire très rapidement, la pornographie, et plus généralement le sexe bon marché, tendent à prolonger très tard l’adolescence chez l’être humain mâle. N’ayant plus besoin de se marier pour accéder à la sexualité, les hommes n’ont plus besoin non plus de se rendre « mariables » en développant les qualités que les femmes recherchent en général chez un futur époux, telles que l’ardeur au travail, le sens des responsabilités, le courage, la fidélité à la parole donnée, etc. Le cinéma contemporain porte amplement témoignage de ce nouvel état plutôt lamentable de la masculinité, tout comme les statistiques, qui indiquent nettement que les hommes décrochent par rapport aux femmes pour tout ce qui concerne les études et l’employabilité.

La pornographie modifierait aussi les opinions politiques des Américains, dans une direction plus « libérale », selon la terminologie en vigueur outre-Atlantique, c’est-à-dire, selon notre terminologie politique, de gauche. Par exemple, Mark Regnerus montre qu’il existe une relation linéaire entre la consommation de pornographie et le soutien au mariage homosexuel : plus vous consommez de porno et plus vous êtes favorable au mariage homo, et à tout ce qui va avec. Il suggère également, à mon avis à juste titre, que la pornographie joue un rôle actif dans la sécularisation croissante de la société américaine.

Mark Regnerus résume ainsi les résultats combinés de ces trois « avancées » technologiques que sont la pilule contraceptive, la pornographie hyper réaliste et internet : « elles abaissent le coût du sexe, rendent un engagement réel plus « coûteux » et compliqué à faire advenir, elles ont engendré un ralentissement massif dans le développement des relations stables, et particulièrement le mariage, elles mettent en péril la fertilité des femmes – générant de ce fait une augmentation des demandes de traitement pour infertilité – et ont réduit la « mariabilité » des hommes. Le régime de la « pure relation » qui s’est développé en même temps que le déclin spectaculaire du prix du sexe n’est pas très favorable à d’autres priorités plus anciennes, comme le fait d’avoir des enfants ou un couple stable. Mais il est en train de devenir la norme en Occident – le modèle pour évaluer la manière dont une relation se développe. Et elles ont changé la manière dont les hommes et les femmes se perçoivent eux-mêmes, leur sexualité, les représentants de l’autre sexe, et le but d’une relation amoureuse. Le sexe bon marché ne rend pas le mariage moins attractif : il rend simplement le mariage moins urgent et plus difficile à obtenir. »

Et le fait que le mariage devienne plus difficile à obtenir tandis que le sexe, lui, devient très facile à obtenir, signifie que le marché contemporain de l’accouplement est très favorable aux intérêts des hommes (au moins leurs intérêts à court terme) et très défavorable à ceux des femmes. Les femmes sont les grandes perdantes de la révolution sexuelle, alors même que, selon l’idéologie officielle, elles devraient en être les grandes gagnantes puisqu’elles ont obtenu la « maitrise de leur fécondité » et la possibilité de se conduire comme les hommes.

Le hic – et on en revient toujours au mensonge fondateur – c’est que les hommes et les femmes sont différents et qu’il n’est donc pas très satisfaisant pour une femme de se conduire comme un homme. Même du simple point de la qualité des rapports sexuels, le nouveau régime n’est pas forcément une bonne affaire pour elles. Comme le rappelle Mark Regnerus, statistiques à l’appui, chez les femmes le plaisir sexuel est très étroitement corrélé à la stabilité perçue de la relation, ou à l’espoir d’une relation stable. Pour le dire trivialement, les rencontres d’un soir produisent peu d’orgasmes féminins.
 « Les femmes », écrit Regnerus, « apprennent à se conduire sexuellement comme les hommes. Mais si vous creusez un peu, il devient évident que cette transformation n’a pas pour cause le pouvoir des femmes mais au contraire leur assujettissement aux intérêts des hommes. Si les femmes avaient davantage leur mot à dire sur la manière dont s’ordonnent leurs relations de couple – si elles avaient davantage leur mot à dire dans les négociations fixant le « prix » de la sexualité – nous verrions, en moyenne, les hommes faire des efforts beaucoup plus spectaculaires pour courtiser les femmes, nous verrions moins de sexe sans lendemain, moins de partenaires sexuels avant le mariage, des cohabitations plus courtes, et plus de mariages (et peut-être même aussi à un âge légèrement plus jeune). En d’autres termes, le « prix » de la sexualité serait plus élevé : y accéder coûterait plus cher aux hommes. Mais aucune de ces choses ne se produit. Absolument aucune. »

Tel est le grand paradoxe de la révolution sexuelle : pour les femmes une maitrise accrue de leur fécondité débouche sur une maitrise beaucoup moins grande de leur vie amoureuse, et sur une frustration grandissante de leurs désirs de conjugalité. Mais ce paradoxe n’est qu’apparent : en réalité l’un est la conséquence inévitable de l’autre. Tant que la sexualité sera bon marché, les femmes seront davantage soumises aux désirs masculins sur le marché de l’accouplement.

Mark Regnerus conclut son livre par « 8 prévisions pour 2030 », c’est-à-dire qu’il s’essaye à prévoir dans quelles directions va évoluer le marché contemporain de l’accouplement qu’il a décrit en détails. Le sens général de ces prévisions est que le prix de la sexualité va continuer à baisser, et qu’en conséquence le nombre des mariages et des unions durables va continuer à diminuer. La révolution sexuelle a produit plus d’orgasmes, ou du moins plus de rapports sexuels, et plus de solitude, et cela va aller en se renforçant.

Pourtant, tel qu’il l’a exposé, l’état actuel des relations entre les hommes et les femmes n’est pas satisfaisant, et Mark Regnerus ne se cache pas de le juger tel. Sans même parler des conséquences sociales et politiques catastrophiques de cet effondrement de la famille dite « traditionnelle ». Mais il ne voit pas, à échéance prévisible, de forces sociales capables de mettre fin à la révolution sexuelle ou même simplement de freiner ses avancées. Et il est difficile de lui donner tort.

Que devons-nous faire, alors, face à cette force apparemment irrésistible ? Comment devons-nous nous comporter face à un mensonge nocif mais impossible à abattre ?

Ce que nous pouvons faire, semble-t-il, c’est reprendre à notre compte l’exhortation de Soljenitsyne : refuser de participer personnellement au mensonge. « Qu’importe si le mensonge recouvre tout, s’il devient maître de tout, mais soyons intraitables au moins sur ce point : qu’il ne le devienne pas PAR MOI ! »

Nous pouvons refuser de souscrire au mensonge de la sexualité « libérée » à chaque fois que celui-ci nous est proposé, que cela soit dans la sphère privée ou dans la sphère publique. Nous pouvons dire la vérité sur les différences hommes/femmes et sur les conséquences de la révolution sexuelle. Nous pouvons éduquer, ou au moins essayer d’éduquer nos enfants, conformément à cette vérité au lieu de les laisser devenir la proie du mensonge. C’est à la fois peu, le minimum, et beaucoup, car refuser le mensonge n’est jamais sans risque. Cela peut vous exposer à l’ostracisme familial, social, professionnel. Cela peut vous exposer à bien des désagréments au quotidien. Mais nous pouvons trouver à la fois du soutien intellectuel et du réconfort dans les travaux d’esprits courageux, comme Mark Regnerus, qui fut il y a quelques années victime d’un assaut professionnel très brutal visant à briser sa carrière universitaire, simplement pour avoir dit la vérité au sujet des enfants élevés par des couples homosexuels. Nous pouvons nous inspirer de son exemple pour continuer à dire la vérité malgré tout. Il est toujours en notre pouvoir de refuser le mensonge, le reste est à la grâce de Dieu.

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Une version abrégée de cet article a été publiée dans Politique Magazine, n°182 : https://www.politiquemagazine.fr/societe/cheap-sex-ou-le-grand-mensonge-de-la-liberation-sexuelle/