Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 5 juillet 2011

Procès de l'Occident : deux anciens esclaves témoignent en faveur de l'accusé



Une grande partie des maux dont nous souffrons actuellement peut être attribuée à une cause unique : les occidentaux ont perdu confiance dans la bonté de leur civilisation. Cette perte de confiance n’est pas nouvelle. La première guerre mondiale peut, rétrospectivement, être considérée comme le moment où cette perte de confiance commença à atteindre le grand public. Toutefois ses racines sont plus anciennes encore, et le germe qui leur a donné naissance doit sans doute être recherché du côté de la philosophie politique.
Les manifestations de cette perte de confiance sont multiples, mais les deux plus courantes aujourd’hui sont, peut être, le relativisme et la repentance.
D’un côté nous affirmons haut et fort que toutes les « cultures » se valent, et nous rejetons le terme même de civilisation (sauf peut-être pour proclamer que nous voulons en changer - n’est-ce pas Martine ?) car celui-ci parait impliquer l’idée que certains peuples seraient civilisés et d’autres non - horresco referens ! Nous nous interdisons donc de défendre notre « culture » ou notre « identité », ou tout ce que l’on voudra, face à ceux qui voudraient la faire disparaitre ou qui peu à peu la font disparaitre par leur simple présence. Permissivité presque illimitée et immigration torrentielle en sont deux manifestations très concrètes.
D’un autre côté, nous affirmons haut et fort le caractère coupable de l’histoire de nos nations. Cette histoire, pour dire les choses en peu de mots, n’est que le grand recueil de tous les crimes contre l’égalité commis par nos ancêtres : sexisme, homophobie, esclavagisme, despotisme, atteinte à la biodiversité (les plantes et les animaux, eux aussi, n’ont-ils pas des droits ?). Ô, Occident, injustice est ton nom ! Et nous devons expier éternellement pour tes fautes. Lois mémorielles et promotion obsessionnelle des « minorités opprimées » en sont deux manifestations parmi d’autres.
Que ces deux affirmations ne soient guère compatibles entre elles importe peu à ceux qui les profèrent. L’indignation morale empêche d’examiner froidement l’incohérence de la position selon laquelle toutes les cultures se valent, mais certaines sont plus coupables que d’autres. Et puis quel plaisir de se sentir vertueux à si peu de frais ! Battre sa coulpe sur la poitrine d’autrui, quoi de plus agréable ? Les morts ne sont plus là pour protester, et ceux qui doivent acquitter les frais de la « diversité » et de « l’ouverture à l’Autre » n’ont guère de moyens de se faire entendre. Au surplus, il est si facile de noyer leurs protestations sous un flot de paroles autorisées et autres études sociologiques irréfutables.

Eh bien soit, l’Occident est accusé. Il faut donc qu’il soit défendu.
Cela est difficile de nos jours, je le sais. On prend des risques à le faire : si l’on défend le criminel, cela n’est-il pas la preuve que l’on partage ses turpitudes ?
Quoi, voulez-vous donc justifier le sexisme, l’homophobie, l’esclavagisme, etc. ? Ah, on voit bien ce que vous avez au fond du cœur !
Pourtant, pourtant, quel terrible tribunal que celui devant lequel l’accusé est déclaré coupable avant même d’avoir pu se défendre. Pire, devant lequel toute tentative de se défendre est considérée comme une preuve supplémentaire de culpabilité : « Si le diable t’as donné des preuves en faveur du péché, c’est preuve que tu es sien ! » Nous a-t-on assez répété, ces derniers temps, que la présomption d’innocence était un principe sacré ?
Je défendrais donc l’Occident, sans peur et, je l’espère, sans reproches.

Les chefs d’accusation sont nombreux et la réalité de certains faits ne peut pas décemment être niée. L’Occident, les pays porteurs de la civilisation occidentale, ont des fautes à se reprocher. Nous ne le contesterons pas. Mais quelle civilisation peut se targuer d’un passé sans tâches ? Quelle nation n’a pas de fautes à se reprocher ? Et allons nous condamner l’Occident pour n’être pas parfait ?

Mon but aujourd’hui, mesdames et messieurs les jurés, ne sera pas de vous démontrer que mon client mérite d’être acquitté. Je craindrais par trop d’abuser de votre patience. Non, mon but sera, plus simplement, de vous montrer que mon client ne saurait être l’ogre abominable que l’accusation vous a dépeint. Mon but sera de vous redonner un peu de confiance en lui, et donc aussi un peu en vous-mêmes.
Je veux faire citer devant ce tribunal deux témoins de moralité. Deux témoins insoupçonnables de partialité. Deux témoins qui ont eux-mêmes eu à souffrir de certaines fautes de mon client. Je veux parler en l’occurrence de la traite des noirs. J’appelle à la barre Frederick Douglass et Booker T. Washington.
Permettez-moi de vous les présenter brièvement, pour ceux d’entre vous qui ne les connaitraient pas.



Frederick Douglass (1818-1895), né esclave, d’une mère noire et d’un père inconnu mais vraisemblablement blanc. A l’adolescence il appris tout seul à lire et à écrire (la loi, dans les Etats du Sud, défendait formellement d’apprendre à lire et à écrire aux esclaves), puis s’enfuit vers le Nord à l’âge de vingt ans. Une fois libre (mais toujours sous la menace d’être ramené dans le Sud si son ancien maître le réclamait) Douglass devint rapidement l’un des abolitionnistes les plus célèbres et, peu à peu, l’un des hommes politiques américains les plus remarquables de son temps.



Booker T. Washington (1856-1915). Né esclave d’une mère noire et d’un planteur blanc des environs. Après l’émancipation des esclaves en 1865, Washington parvint à faire des études tout en exerçant divers métiers manuels. Devenu enseignant à l’université de Hampton (Virginie) il fut nommé en 1881 directeur du Tuskegee Institute (Alabama), la première école normale destinée aux populations noires, dans le Sud des Etats-Unis. Il présida cette école jusqu’à sa mort et fut en même temps l’un des porte parole les plus influents de la communauté noire américaine.

Deux hommes hors du commun donc, tant par leur intelligence que par leur caractère et par leur histoire personnelle. Deux hommes qui ont porté les fers de l’esclavage et qui auraient eu les plus justes titres à proférer l’accusation que nous examinons aujourd’hui. Pourtant, mesdames et messieurs les jurés, si mes témoins ont parfois durement reproché aux Etats-Unis de trahir leurs propres principes, en autorisant la possession d’esclaves ou en refusant aux noirs l’exercice de leurs droits fondamentaux, ils ont aussi toujours exonéré la civilisation occidentale dont les Etats-Unis sont d’éminents représentants. Bien mieux, Frederick Douglass et Booker T. Washington n’ont pas hésité à affirmer la supériorité intrinsèque de la civilisation occidentale.
Oui, la supériorité.
Mes témoins, il faut leur pardonner mesdames messieurs, ne s’embarrassent pas de nos scrupules relativistes.
Ecoutons Booker T. Washington s’adressant à une assemblée de noirs américains pour leur expliquer ce que malgré tout, en dépit de toutes les souffrances subies, leur avait apporté leur déportation sur le sol des Etats-Unis :

« Pensez-y : nous étions païens lorsque nous sommes entrés en esclavage ; nous en sommes sortis chrétiens. Nous étions des marchandises lorsque nous sommes entrés en esclavage ; nous en sommes sortis citoyens américains. Nous n’avions pas de langage lorsque nous sommes entrés en esclavage ; nous en sommes sortis parlant la fière langue anglo-saxonne. Nous avions la chaîne des esclaves qui cliquetait à nos poignets lorsque nous sommes entrés en esclavage ; nous en sommes sortis avec le bulletin de vote américain dans nos mains. »

Dans des Etats-Unis où, après l’émancipation, régnait encore la ségrégation raciale la plus dure, Booker T. Washington n’hésitait pas à rappeler à ses compatriotes de couleur le privilège inestimable que représentait le fait d’être citoyen américain ; et à ceux qui rêvaient d’un retour vers l’Afrique de leurs ancêtres, il affirmait tranquillement :

« Les dix millions de nègres qui habitent ce pays, qui sont eux-mêmes passés ou dont les ancêtres sont passés par l’école américaine de l’esclavage, sont dans une condition plus saine et plus porteuse d’espérance, matériellement, intellectuellement, moralement, religieusement, qu’un nombre égal de noirs dans n’importe quelle partie du globe. »

Quelle extraordinaire magnanimité, quel jugement sûr et dépourvu de préjugés ! Mais écoutons à son tour Frederick Douglass, bien plus bouillant que Booker T. Washington, bien moins indulgent aussi, et cependant, finalement, du même avis que lui :

« La condition de notre race a été améliorée par leur situation en tant qu’esclaves [les noirs américains], dans la mesure où elle les a mis en contact avec un peuple supérieur, et leur a offert des facilités pour s’instruire. »

Ceci, bien entendu, ne justifiait aucunement l’esclavage ni n’excusait la brutalité des maitres, et pas davantage les innombrables vexations, légales ou illégales, auxquelles étaient encore soumis les noirs au moment où Frederick Douglass prononçait ces paroles. Mais cela justifiait le fait que les noirs restent sur le sol américain après leur libération.
Rappelons, pour rendre la question intelligible, que l’émancipation des esclaves et leur intégration au sein de la nation américaine étaient deux choses bien distinctes. Pour un grand nombre d’abolitionnistes, au Nord comme au Sud, l’émancipation des esclaves devait s’accompagner de leur départ des Etats-Unis. L’esclavage des noirs était une violation évidente de leurs droits naturels, mais le fait que les noirs aient un droit naturel à être libres n’impliquait pas que ceux-ci, une fois libres, aient un droit à devenir citoyens des Etats-Unis. En fait, la plupart des abolitionnistes étaient à peu près de l’avis de Jefferson en 1787 :

« Rien n’est écrit plus clairement dans le livre du destin que le fait que ces deux peuples seront libres ; il n’est pas moins certain que les deux races, également libres, ne sauraient vivre sous le même gouvernement »

Abraham Lincoln lui-même, vers la fin de la guerre civile, examina sérieusement la possibilité d’établir les anciens esclaves en Amérique centrale, avant de renoncer devant l’impossibilité matérielle d’un tel projet.
C’est à cette perspective que Frederick Douglass s’opposait de toutes ses forces car, disait-il :

« Nous croyons que le contact avec la race blanche, même accompagné des nombreuses restrictions injustes et douloureuses dont nous faisons l’objet, contribue davantage à notre élévation et à notre amélioration que ne pourrait le faire la simple séparation d’avec eux [les blancs]. »

Frederick Douglass était suffisamment lucide pour voir que le contact n’était pas nécessairement également avantageux des deux côtés. En parlant de son enfance et de ses jeux avec le fils de son ancien maître, il remarquait :

La loi de la compensation s’applique ici comme partout. De la même manière que ce garçon ne pouvait pas s’associer à l’ignorance sans en être affecté, il ne pouvait pas donner sa compagnie à ses camarades de jeu noirs sans leur donner en même temps son intelligence supérieure.

Mais Frederick Douglass, de manière bien compréhensible, se plaçait avant tout du point de vue des noirs, et il affirmait en substance que ceux-ci devaient absolument refuser de lâcher la prise qui leur avait été donnée sur « la civilisation de l’homme blanc ». Parce que cette civilisation était, en dépit de ses défauts, infiniment supérieure à tout ce qu’ils auraient pu trouver ailleurs, et notamment sur la terre de leurs lointains ancêtres.
Supérieure en quoi me direz-vous, mesdames et messieurs les jurés ?
Supérieure en savoir, bien sûr. L’homme blanc s’était avancé plus loin qu’aucun autre sur la voie de la connaissance de la nature et de la nature humaine. Mais aussi, en définitive, supérieure en humanité et en justice. Frederick Douglass, Booker T. Washington, nés esclaves sur le sol des Etats-Unis, n’ont pourtant jamais cessé d’affirmer la vérité des principes de justice énoncés dans la déclaration d’indépendance, ni de respecter et de célébrer la Constitution des Etats-Unis qui assurait, autant qu’il est humainement possible, « les bienfaits de la liberté » à tous ceux qui vivaient sous sa loi. Etre des citoyens américains à part entière, participer à la civilisation occidentale en tant que citoyens américains, sans restrictions et sans privilèges, était la seule chose qu’ils demandaient pour les noirs et pour l'obtention de laquelle ils se sont battus toute leur vie.
Ma plaidoirie pour aujourd’hui s’achève, mesdames et messieurs les jurés. Le procès de mon client n’est pas fini, je le sais bien, et beaucoup d’autres choses resteraient à dire. Mais au moment où il vous faudra rendre votre verdict, je vous demanderai seulement de garder cette question à l’esprit : « Vous croyez vous plus impartial, plus clairvoyant et mieux informé que Frederick Douglass et Booker T. Washington ? »

39 commentaires:

  1. Un grand merci pour cette rapide présentation de deux hommes dont j'ignorais évidemment tout jusqu'aujourd'hui, en bon âne bâté professionnel que je suis.

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  2. Deux hommes d'exception, en effet, et dont logiquement personne, en Europe, ne songerait à faire la promotion au vu de leurs propos assez peu ... comment dire ...

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  3. Le destin du Libéria (car j'imagine que les discours de Douglass et Washington s'inscrivaient contre le "rapatriement" en Afrique (?)) leur donne raison ; c'est bon pour votre client.

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  4. Lu dans "Erectus walks amongst us", en ligne :
    "After a match in Africa, black boxer Mohammed Ali (Cassius Clay) famously remarked, “Thank God, my grand-daddy got on that boat!” Black reporter Keith Richburg, author of “Out of America,” said, "Thank God my ancestor got out, because, now, I am not one of them [Africans].”
    African slaves were captured by fellow Africans. They were not put to work as the women did the work (and they could not be trusted around the women) and there was no way of preventing them from escaping. They were either killed immediately or kept until needed as food."

    Rappelons, pour la millième fois, que les Européens ont acheté les esclaves, capturés par leurs congénères et destinés à être bouffés si le stock n'était pas écoulé. Les responsables de l'esclavage, qui a sauvé la vie de millions de Noirs, sont les Noirs. Les Européens ont attendu le 19ème siècle (après l'abolition de l'esclavage, justement) pour pénétrer à l'intérieur des terres africaines (hors Afrique du sud, mais les esclaves provenaient d'Afrique de l'ouest).

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  5. Didier : Mais non voyons, il y a tellement de choses à connaitre et nos vies sont si courtes (et souvent si mal occupées...).
    Frederick Douglass et Booker T. Washington méritent effectivement d'être connus, à la fois pour eux-mêmes et pour leurs vues, disons peu politiquement correctes, sur la question de l'intégration des noirs.
    Eux ne réclamaient pas d'affirmative action, et je crois même que l'idée leur aurait semblé répugnante.

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  6. Snake : Je ne crois pas que l'on rappelle souvent, aux Etats-Unis, les propos que j'ai rapporté. Booker T. Washington lui-même a été très critiqué pour ses vues soit disant trop conciliantes vis-à-vis des blancs.
    Douglass et Washington n'étaient pas seulement des hommes intelligents, ils avaient aussi un grand sens des réalités politiques et des limites de la nature humaine en général. Ce qui fait toute la différence avec les militants noirs radicaux qui leur ont succédé.

    Echange un trente-huit tonnes de Patrick Lozès contre un seul Booker T.Washington, prière contacter..

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  7. Dom : Effectivement, le Libéria a été crée dans ce but de débarrasser les Etats-Unis de leurs anciens esclaves. D'autres solutions ont également été envisagées, notamment en Amérique du Sud.
    Mais toutes ces "solutions" étaient matériellement impossibles et ont du être abandonnées.
    Douglass et Washington parlaient contre toutes ces tentatives - certaines d'ailleurs venant des noirs eux-mêmes - de faire partir les noirs des Etats-Unis.

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  8. Pakounta : Vous avez tout à fait raison de rappeler que la traite des noirs, ce sont des noirs qui vendent d'autres noirs à des blancs.
    Les noirs sont co-responsables de l'esclavage des noirs.
    Mais il faut être juste : les blancs n'achetaient pas les captifs dans le but de les sauver, et la mortalité durant le transport était souvent effroyable.
    Par ailleurs il semble évident que, comme dans le cas de n'importe quelle "marchandise", la demande a en partie crée l'offre : il n'y aurait pas eu autant de noirs capturés par d'autres noirs s'il n'y avait pas eu la perspective de les vendre à des blancs. Très vite une partie des razzias ont du être motivées par le fait de répondre à la demande des acheteurs blancs.

    Jazzman : merci.

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  9. "la demande a en partie crée l'offre"

    Certes. Mais s'il y a des pédophiles qui aiment bien enfiler des petites filles, les parents ne se pressent pas, en moyenne, pour leur fournir des gamines en état de marche. Des sentiments "humains", une certaine morale, la compassion, tout ça empêche l'offre de répondre à la demande.
    Apparemment, les Africains étaient dénués de tout ça.

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  10. Merci , encore une fois, Aristide.
    Votre billet a de nombreux mérites dont, pour ce qui me concerne ces quelques éléments d 'une liste non exhaustive :
    Il me cultive.
    il me remonte le moral
    il me permettra d'utiliser un super argument contre mes contradicteurs gauchistes tout en les vexant grâce à l 'étalage faussement modeste que je ferai de ces nouvelles connaissances : ah, leur tête quand je leur dirais " ah bon, tu ne connaissais paaaaaas Frederick Douglass et Booker T. Washington ! "

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  11. "Mais s'il y a des pédophiles qui aiment bien enfiler des petites filles, les parents ne se pressent pas, en moyenne, pour leur fournir des gamines en état de marche"
    Effectivement, mais à ma connaissance les noirs ne vendaient pas les membres de leur propre famille ou de leur propre tribu (je ne vois d'ailleurs pas trop comment cela aurait été possible, sauf exception). Ils allaient se servir dans les tribus plus faibles.
    De ce point de vue, il ne me semble pas que le comportement des Africains ait été exceptionnel, hélas, considéré à l'échelle de l'histoire humaine.
    L'homme n'est pas un animal très compatissant et il ne se comporte "moralement" que par intermittence, dans le meilleur des cas.
    Cela ne change rien au fait que, s'il s'agit de se repentir ou de "payer" pour la traite des noirs, les premiers à le faire devraient être les Africains eux-mêmes.
    Qui sait ? Peut-être que Patrick Lozès et Dominique Sopo sont des descendants de marchands d'esclaves.

    Dixie : Toujours heureux de pouvoir vous rendre service !

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  12. Effectivement. Contrairement à ce qu'on nous serine bien souvent, les esclaves noirs aux Etats-Unis vivaient beaucoup mieux que les noirs libres, ces derniers étant incapables de subvenir eux-mêmes à leur propre besoin dans "l'encadrement" des blancs dont bénéficiaient les esclaves noirs. En outre, il est faux d'affirmer que les Etats-Unis se sont enrichis grâce à l'esclavage. Car ce sont les états où il y eut le moins d'esclavage que l'économie était la plus prospère. En fait, les esclaves noirs n'étaient pas une main d’œuvre très fiable, et il était impossible de développer l'agriculture à partir de cette main d’œuvre. Sans doute leur moindre QI ne leur permettait alors pas d'effectuer ces tâches. Qui sait.
    Enfin, les esclaves noirs, d'après les textes que j'ai pu lire ici et là, semblaient assez bien traités, ils avaient parfois des liens affectifs avec leur maître, et ce fut la règle plutôt que l'exception.

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  13. -dans "l'encadrement" des blancs-

    Zut. Je voulais dire "sans l'encadrement des blancs".

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  14. Merci, Aristide, pour ce blog aux billets si instructifs et passionnants (même les plus longs !).
    En fait leur qualité est telle que je suis poussé irrésistiblement à vous proposer de corriger deux fautes qui flétrissent horriblement la fin de celui-ci :
    premièrement : "lâcher la prise qui leur avait été donné" (>> donnée)
    et puis : "la seule chose […] qu’ils se sont battus toute leur vie pour obtenir." (Hello anglicism? >> pour [l'obtention de] laquelle ils se sont battus toute leur vie)
    Voilà. Surtout continuez à nous exposer vos réflexions. Le temps semble si long entre deux billets. C'est très stimulant.

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  15. Remarquable billet, remarquables hommes que vous nous faites connaître et commentaires pertinents.
    Il serait intéressant d'aller demander aux noirs antillais français s'ils sont heureux de vivre où ils sont.
    Bien sûr, ils vous diront que Mama Africa les appelle, ils vous raconteront leur voyage au Sénégal à la recherche de leurs racines et ils vous rebattront les oreilles avec l'esclavage et leur vénération de Victor Schoelcher.
    Mais finalement, peu d'entre eux opèrent le grand retour prôné par Seku Maga

    http://kamitewoman.over-blog.com/article-qui-est-le-masa-seku-maga--43297691.html

    Je me trompe peut-être mais toute cette agitation là-bas sur la nécessité de mémoire recouvre plutôt une agitation due au surcoût de la vie. Invitez-les au retour vers leurs origines, ils penseront "pas fous", sans vous le dire, bien sûr. Le "devoir de mémoire" est la raison sociale, le fond de commerce, des politiques et des syndicalistes. Les gens pensent autrement, je crois.
    Je me demande si le chef d'état africain, je ne sais plus lequel, qui invitait les Haïtiens victimes du séisme à venir défricher un large secteur de son pays, a eu beaucoup de succès. Et pourtant, c'était des Haïtiens, avec un niveau de vie en rien comparable aux Antillais français.
    A comparer aux Hmongs qui, eux, sont venus librement défricher un coin de Guyane, sur l'invitation des Français, avec beaucoup de succès.

    Alors la culpabilité de l'Occident par rapport à l'esclavage des Africains, nous la réfutons. D'autant qu'il a été bien court dans l'histoire, comparé à l'esclavage des peuples conquis par la Rome antique, ainsi que celui prôné par l'islam aujourd'hui, le plus naturellement du monde, dans sa guerre de conquête du monde entier. Ils ne jouent pas avec les mots: rendez en esclavage ou tuez les infidèles.
    Cela n'empêche pas nos éternels contrits de se battre la coulpe d'avoir permis à des gens d'échapper à l'enfer africain vécu par les peuples qui y sont restés.

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  16. M.H :
    - « En outre, il est faux d'affirmer que les Etats-Unis se sont enrichis grâce à l'esclavage. Car ce sont les états où il y eut le moins d'esclavage que l'économie était la plus prospère. »
    C’est tout à fait exact. En revanche je ne crois pas que ce soit une question de QI. L’esclavage est presque toujours une mauvaise affaire, d’un point de vue économique, quelque soit la qualité de départ de la main d’œuvre. Adam Smith déjà le faisait remarquer dans « La Richesse des Nations », et Tocqueville explique très bien cela dans le premier tome de « De la démocratie en Amérique ». Voyez aussi Michelet sur la décrépitude économique de l’empire romain sous le poids de ses esclaves, qui étaient presque tous blancs.
    C’est d’abord une question d’ordre psychologique, pas une question d’intelligence.
    - « les esclaves noirs aux Etats-Unis vivaient beaucoup mieux que les noirs libres »
    Cela mériterait d’être nuancé, mais globalement il est vrai que, d’un point de vue économique, la condition des noirs libres au Nord était souvent pire que celle des esclaves du Sud. Mais là aussi la question de l’intelligence ne me semble pas première. Les noirs libres vivaient, la plupart du temps, au banc de la société, sans possibilité de s’instruire ni d’exercer autre chose que les métiers les moins qualifiés. Autrement dit, les nordistes étaient abolitionnistes mais ils n’en étaient pas moins « racistes ». La condition des noirs libres était donc très difficile. Là aussi Tocqueville est la lecture indispensable.
    - « Enfin, les esclaves noirs, d'après les textes que j'ai pu lire ici et là, semblaient assez bien traités, ils avaient parfois des liens affectifs avec leur maître, et ce fut la règle plutôt que l'exception. »
    Dire que ce fut la règle me semble excessif, mais il est vrai que cela pouvait arriver. Disons que la condition des noirs allait du pire (voir le tableau ci-dessus) à un traitement aussi humain que l’esclavage peut le permettre. Parfois même ils faisaient presque partie de la famille des maitres (« Gwand malheu’ M’ame Scawlet ! »). Mais il est bien évident que même dans le meilleur des cas la condition d’esclave est intolérable à qui a un peu de fierté. Et Frédérick Douglass, par exemple, en avait à revendre (ce qui se voit sur ses photographies je trouve).
    A ce propos je vous suggère de lire ses autobiographies. Douglass a connu le pire et le meilleur de la condition d’esclave, et ce qu’il écrit est un témoignage très précieux sur cette question.

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  17. Michelangeli :
    Pour le premier point, j'ai honte et je me couvre la tête de cendres.
    Pour le second point, cela ne m'avait pas choqué en le relisant (et je ne crois pas que ce soit un anglicisme) mais c'est vous qui avez raison. Je modifie donc de ce pas. Merci, et merci également pour vos compliments.

    Carine :
    Vous avez tout à fait raison. Juste une nuance, mais qui a son importance : la traite des noirs fut bien une faute, et il est juste de le reconnaitre.
    Mais cette faute n'a rien d'exceptionnel à l'échelle de l'histoire humaine.
    En fait, ce qui est propre à l'Occident ce n'est pas l'esclavage mais l'abolition de l'esclavage.

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  18. Aristide:
    Une faute, d'accord. Mais une faute qui 150 à 200 ans plus tard semble avoir plutôt fait des descendants de ses victimes de véritables bénéficiaires. Les Haïtiens ont été très peu de temps esclaves, voyez le résultat…
    Alors que l'esclavage dans l'Antiquité, c'était autre chose. On en revenait, si j'ose dire, soit affranchi, soit mort, soit immortel par le récit de son témoignage.
    Et les esclaves actuels, surtout actuelles d'ailleurs, des islamistes, ce ne sont certes pas nos modernes progressistes qui s'en soucient. Ce n'est pas un problème pour nos accueillants universels. Lorsqu'ils se réveilleront, il sera bien tard.
    Peut-être seront-ils les premiers envoyés "aux barbaresques !" Je l'espère en tout cas. Mesdames-Messieurs les progressistes, passez les premiers !

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  19. Aristide, sur le cas de la main d’œuvre je pense que c'est justement une question de QI. S'il est vrai que les noirs ne faisaient pas confiance aux machines, leurs maîtres savaient qu'ils étaient plus susceptibles de casser ces équipements modernes que de pouvoir les faire fonctionner. Il était impossible d'y faire développer une industrie du bétail. Si ce sont des africains au QI de 70, il faut s'attendre à ce que même sans discrimination sur le marché de l'emploi, ils aient encore des difficultés à subvenir à eux-mêmes. N'oubliez pas que si l'Afrique Noire n'a jamais érigé ne serait-ce qu'un semblant de civilisation, c'est à cause du QI.

    "Dire que ce fut la règle me semble excessif, mais il est vrai que cela pouvait arriver."
    Peut-être que c'est excessif, je voulais dire que c'est plus commun que rare. Le fait qu'on les appelait généralement "tata", "oncle" ou "mamie" est, je crois, un signe qui ne trompe pas. Oui, il y a eu des châtiments pour certains, mais ce n'était sans doute pas très commun.

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  20. M.H :

    Pour ce qui concerne la faible productivité de l’esclavage (relativement au travail libre), je maintiens qu’il ne s’agit pas essentiellement d’une question de QI.
    C’est avant tout le problème classique de l’incitation au travail, mais à la puissance dix.
    En fait, on pourrait même soutenir de manière plausible que plus les esclaves sont intelligents et moins leur travail est productif : plus les esclaves sont intelligents et plus ils trouveront de moyens de berner leurs maitres, d’en faire le moins possible, de le voler, etc.
    Mais ce n’est qu’un aspect de la question. Il ne faut pas oublier que dans l’esclavage il y a deux parties : l’esclave, et le maître. Or du côté des maitres aussi l’esclavage a des effets désastreux. Pour nous en tenir à l’aspect économique, l’esclavage tend à faire disparaitre chez les maîtres l’esprit d’initiative, l’esprit d’innovation, le goût du travail, bref tout ce qui rend une économie productive.
    Tocqueville explique cela très bien (Tome I, 2ème partie, chapitre X).
    Une économie servile est une économie qui tend vers la stagnation, quelle que soit la qualité du matériau humain.

    Pour ce qui concerne les noirs libres aux Etats-Unis, juste deux choses.
    D’abord une citation de Tocqueville : « Les Etats où l’esclavage est aboli s’appliquent ordinairement à rendre fâcheux aux nègres libres le séjour de leur territoire ; et comme il s’établit sur ce point une sorte d’émulation entre les différents Etats, les malheureux nègres ne peuvent que choisir entre des maux. » C’est ce qui s’appelle partir avec un handicap, pour le moins.
    D’autre part, comme vous le savez, la situation socio-économique des noirs américains s’est améliorée spectaculairement, en gros entre 1940 et 1960. Leur QI moyen n’avait pas changé, mais les lois devenaient beaucoup moins intolérantes et beaucoup plus d’opportunités leurs étaient offertes. Puis leur situation a stagné, et a même régressé à certains égards (la question de la famille notamment). Lorsque l’Etat-providence et l’affirmative action se sont mis en branle.
    En revanche sur le fait que l’Afrique noire n’a pas développé de civilisation digne de ce nom, nous sommes d’accord.

    - « Le fait qu'on les appelait généralement "tata", "oncle" ou "mamie" est, je crois, un signe qui ne trompe pas. »
    Vous parlez là d’une catégorie très particulière d’esclaves, ceux qui s’occupaient directement des maîtres, et plus spécifiquement ceux qui s’occupaient de leurs enfants. C’était une toute petite minorité.
    N’oubliez pas que l’immense majorité des esclaves travaillaient aux champs, sous la direction de régisseur et de conducteur de travaux qui étaient des salariés. Ils ne voyaient presque jamais leurs maîtres, et ceux-ci ne leur donnait certainement pas des petits noms doux. Pour ceux-là la vie était en général très dure, et les punitions n’étaient qu’une partie de ce qui faisait la dureté de leurs vies.
    Et puis même ceux qui avaient la chance d’être nounou des enfants, quelles étaient leurs conditions de vie ? Voyez par exemple dans « Autant en emporte le vent », Scarlet traite sa nounou noire avec affection, et c’est réciproque, mais elle menace aussi de la faire fouetter pour un simple caprice. Le problème n’est pas tellement qu’elle le fasse ou pas, mais simplement qu’elle puisse le faire : à quoi peut ressembler la vie (et d’abord la vie intérieure) de quelqu’un qu’on peut menacer du fouet à la moindre occasion ?
    Vous me direz que ce n’est qu’un film hollywoodien, et peut-être ma mémoire me joue-t-elle des tours. Soit. Mais lisez les autobiographies de Frederick Douglass et Booker T. Washington.

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  21. Aristide, permettez-moi de vous complimenter sur la qualité de cet article, comme des précédents d'ailleurs. Je parcours la "réacosphère" depuis longtemps déjà, et on y trouve à boire et à manger, mais votre découverte a été une heureuse surprise. Vous alliez à votre profondeur de réflexion, qualité qu'on trouve aussi bien ailleurs, un esprit de mesure et une sagesse qui sont plus rares. Je vous en remercie.

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  22. Mais c'est moi qui vous remercie de me lire, et pour vos compliments.
    A bientôt j'espère.

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  23. J'abonde dans le sens de MatieredeFrance. Vos propos nuancés nous changent de ces affirmations à l'emporte-pièce - notamment avec cette fixation quasi obsessionnelle sur le quotient intellectuel - si courantes dans la mal-nommée "réacosphère". Que du bonheur car plutôt que de se sentir meilleur ou faire partie de je ne sais quelle élite supérieure, on se sent juste un peu moins con après la lecture de vos notes.

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  24. Merci Snake.
    Il me semble que le QI est un facteur explicatif important pour un certain nombre de phénomènes humains - et il est d'autant plus tentant de se focaliser sur lui que c'est une question devenue largement taboue.
    Mais y voir une clef universelle permettant de tout expliquer serait une erreur. Même lorsque le QI a un rôle incontestable il ne joue qu'en conjonction avec d'autres facteurs.
    La nature humaine est infiniment complexe. Et c'est d'ailleurs ce qui rend la vie intéressante.

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  25. "le QI a un rôle incontestable il ne joue qu'en conjonction avec d'autres facteurs."

    C'est vrai dans certains cas : idiot ET méchant, c'est plus grave qu'idiot tout seul, bien sûr. Mais le QI joue tout seul pour expliquer l'inaptitude des imbéciles à la moindre tâche un peu complexe. On ne peut pas demander à un QI de 70 (moyenne africaine) d'organiser quoi que ce soit, d'être responsable de quoi que ce soit : il ne comprend pas les notions.

    Par ailleurs, le faible QI des Africains est hélas associé à d'autres caractéristiques défavorables : comportement sexuel erratique, absence ou quasi-absence de structure familiale, impulsivité, violence, susceptibilité... Tout ça est très bien décrit dans un certain nombre d'ouvrages, dont ceux de Rushton et/ou Jensen.

    La nature humaine peut être infiniment complexe. C'est le cas également chez beaucoup d'animaux "supérieurs", dont l'étude montre qu'ils ont des comportements et adaptations d'une grande richesse. Ce qui est certain, c'est que la pauvreté mentale - qui va avec le faible QI - jointe à l'impulsivité et à la recherche de la récompense immédiate ne favorise pas cette complexité...

    On a estimé qu'il fallait à une population un QI moyen d'au moins 85 pour qu'une civilisation puisse apparaître et se maintenir. C'est la valeur moyenne chez les Afro-Américains et Antillais, c'est très supérieur à ce qu'on observe chez les Africains, qui n'ont effectivement jamais rien fait ni produit. On a également estimé que c'est la fraction de la population dotée d'un QI supérieur à 108 qui fait "tourner" un pays. Ce chiffre n'est atteint que par environ 1% des Africains (40% des Blancs).

    Pour caricaturer, une toute petite loco ne peut pas tirer un train de marchandises de 30 000 tonnes... C'est le cas de figure africain.

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  26. "comportement sexuel erratique, absence ou quasi-absence de structure familiale, impulsivité, violence, susceptibilité..."

    et absence de projection dans l'avenir, incapacité à l'anticipation, ai-je lu quelque part (je ne sais plus si c'est ici), ce qui explique le grand nombre d'enfants dans un contexte de misère et d'incertitude économique et politique.

    Les Occidentaux doutent de leur avenir ⇒ ils ne font plus d'enfant, un au maximum.
    Les Africains font plein d'enfants, soit parce qu'ils n'imaginent pas l'avenir qu'ils pourront leur organiser, soit parce qu'ils sont certains que ces gros beaufs esclavagistes d'occidentaux y pourvoiront. Jusqu'à extinction d'iceux, donc même dans ce cas, c'est limité dans le temps.

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  27. "plus les esclaves sont intelligents et plus ils trouveront de moyens de berner leurs maitres, d’en faire le moins possible, de le voler, etc."

    Le problème c'est qu'il reste une hypothèse, et j'ignore si c'est empiriquement prouvé. En revanche, le QI, lui est une réalité. Ils ne font sans doute pas exprès de casser les équipements agricoles. Après, s'il y a autre chose que le QI, c'est possible, et votre hypothèse n'est pas du tout insensée bien au contraire, mais ça reste à vérifier.

    "D’autre part, comme vous le savez, la situation socio-économique des noirs américains s’est améliorée spectaculairement, en gros entre 1940 et 1960."

    Je pense qu'il est important de ne pas se tromper dans la relation de cause à effet. Vous parlez spécifiquement de la période des trentes glorieuses. Une notion de base en économie veut que lorsque l'économie est prospère, tout le monde devient plus riche en terme absolu. Vous pouvez être très productif dans votre entreprise que vous n'en serez pas beaucoup plus riche, si la productivité partout ailleurs stagne. Vous serez plus riche en revanche si tous les secteurs d'économie font des gains de productivité même si votre propre productivité stagne. Le revenu des noirs a augmenté en terme absolu, c'est indéniable. Mais en terme relatif ? J'en doute fort.
    Peut-être que par la suite, ils ont connu des difficultés, mais c'est pareil pour tout le monde. La forte croissance des années 40-60 a masqué l'inflation galopante. Une fois la croissance essoufflée (d'abord parce que la période de reconstruction est passée, ensuite parce que le poids énorme de l'état bride la création de richesse), l'inflation a durement frappé les pauvres, le prix des logements a flambé, etc. Et ça perdure depuis 40 ans maintenant.

    Même si la majeure partie des noirs travaillaient dans les champs, je persiste à penser qu'ils n'étaient pas aussi maltraités que ce que vous semblez soupçonner. Les maîtres se retrouvèrent entre deux feux. Les noirs n'étaient pas productifs, mais leurs maîtres savaient que si l'on y a ajoutait la violence, il n'en deviendrait pas plus productifs, et même, ce serait le contraire. Si vous êtes en bonne santé, vous êtes plus productifs n'est-ce pas ? Les maîtres, s'ils attendaient de leurs esclaves une productivité maximale, il serait alors curieux qu'ils ne les mettent pas dans les conditions "pour". Bien sûr que des châtiments existaient, sans doute travaillaient-ils durement et longtemps, mais je doute qu'ils vivaient comme, disons, des "miséreux". "Eduquer" les noirs, ça requiert de la surveillance, et c'est du temps, de l'énergie en moins. C'est frustrant, ça en devient une malédiction. Toute tentative de forcer le travail d'un esclave a sa propre limite.

    "Mais lisez les autobiographies de Frederick Douglass et Booker T. Washington."

    Vous avez un lien à me conseiller ?

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  28. Pakounta :

    - « Mais le QI joue tout seul pour expliquer l'inaptitude des imbéciles à la moindre tâche un peu complexe »
    Effectivement puisque le QI mesure la capacité à effectuer des tâches mentales complexes.
    - « On ne peut pas demander à un QI de 70 (moyenne africaine) d'organiser quoi que ce soit, d'être responsable de quoi que ce soit : il ne comprend pas les notions. »
    Tout dépend de ce que vous appelez « quoi que ce soit ». Si c’est « rien », c’est évidemment faux. Si c’est « rien de complexe », c’est vrai, par définition.
    - « Par ailleurs, le faible QI des Africains est hélas associé à d'autres caractéristiques défavorables : comportement sexuel erratique, absence ou quasi-absence de structure familiale, impulsivité, violence, susceptibilité... »
    Je ne conteste pas la vérité de ces observations, mais encore une fois tout dépend ce que vous entendez pas « associé ». Si vous voulez dire « statistiquement associé » (fréquence plus grande de certains comportements) nous sommes d’accord. Si vous voulez dire « conduit nécessairement à » alors je ne vous suis plus.
    Et c’est là, je crois, le débat qui nous oppose. Pour moi le QI, comme d’ailleurs la plupart des autres éléments de la nature humaine, forme la limite de ce qui est possible. Mais à l’intérieur de ces limites, infranchissables, le futur reste ouvert.
    Par exemple on ne peut pas déduire du fait que quelqu’un a un faible QI le fait qu’il sera délinquant à l’âge adulte, bien que statistiquement un faible QI soit associé avec la délinquance. Un faible QI peut être compris comme une plus grande propension à certains comportement, de même que certains sont plus sensibles à l’alcool et deviendront plus facilement alcooliques s’ils se mettent à boire. Mais il n’est pas obligatoire qu’ils se mettent à boire. De même il n’est pas obligatoire que les gens à faible QI deviennent délinquants. Là les mœurs et les lois ont un rôle crucial pour favoriser ce penchant ou au contraire le réprimer. Sans pouvoir le faire disparaitre, bien sûr.
    J’ai longuement parlé de tout ça dans mon compte-rendu de « The bell curve » et dans mes échanges avec M.H.
    Pour en venir à la question de la civilisation nous sommes d’accord sur le fait que l’Afrique noire n’a pas développé de civilisation digne de ce nom et qu’elle ne le pourra sans doute jamais. La limite du QI. Mais à l’intérieur de cette limite plusieurs types d’organisations sont possibles, plus ou moins sympathiques. Pour reprendre votre métaphore, une petite loco ne tirera jamais 30 000 tonnes, mais si votre problème est de déplacer trente mille tonnes il y a beaucoup d’autres manières de le faire qu’avec une locomotive. Plus fatigantes sans doute.
    Mais ça c’est le problème des Africains, pas le notre. En tout cas ça ne devrait pas l’être.
    A l’inverse, une population à fort QI permet le développement d’une civilisation mais cela ne dit pas quelle civilisation en particulier émergera. Il en est de plus ou moins sympathiques. Il peut même en exister qui fassent regretter la vie dans la brousse, mais c’est une autre histoire (et n’oubliez pas que mon texte défend la supériorité de la civilisation occidentale. Donc, non je ne me languis pas de la vie dans la brousse).

    Pour en terminer, peut-être provisoirement, avec cette question du QI je dirais que l’ériger en facteur explicatif unique (j’insiste sur « unique ») me semble à la fois faux et stratégiquement erroné (je ne sais pas si telle est votre position, je parle donc en général). Lorsque l’on étire une explication au delà de son domaine de validité, on s’expose à lui faire perdre toute crédibilité, y compris dans son domaine de validité. Et ce serait dommage car le QI est vraiment, je crois, un facteur explicatif puissant. Mais un parmi d’autres.

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  29. Carine :

    "Les Occidentaux doutent de leur avenir ⇒ ils ne font plus d'enfant, un au maximum."
    C'est une explication possible, mais je ne suis pas sûr que ça soit la seule, ni même la meilleure. Ca pourrait aussi bien être "les enfants c'est trop de tintouin", "après moi le déluge", et tout ce genre de choses.
    A la limite ça me semblerait encore plus grave. En tout cas plus difficile à guérir.

    "et absence de projection dans l'avenir, incapacité à l'anticipation, ai-je lu quelque part (je ne sais plus si c'est ici), ce qui explique le grand nombre d'enfants dans un contexte de misère "
    C'est possible effectivement. En même temps un grand nombre d'enfants dans un contexte de misère ce n'est pas un comportement propre à l'Afrique.
    C'était par exemple la norme en France pendant longtemps dans les catégories populaires.

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  30. M.H

    - « Après, s'il y a autre chose que le QI, c'est possible, et votre hypothèse n'est pas du tout insensée bien au contraire, mais ça reste à vérifier. »
    Alors là j’avoue ne plus suivre. Voulez vous dire que vous pensez que la science économique pourrait reposer exclusivement sur le QI ? Qu’elle pourrait expliquer tous les comportements économiques à l’aide de ce seul élément ? J’ai mentionné spécifiquement la question de l’incitation au travail, qui me semblait pourtant être une notion couramment employée par les économistes. Voulez vous dire que cette notion vous parait dépourvue de pertinence, ou que sa validité n’a pas été vérifiée ?
    Et si cette notion vous parait valide - c’est à dire si elle correspond à une réalité, tout comme le QI est une réalité - en quoi mon analyse vous pose-t-elle problème ?

    - « Le revenu des noirs a augmenté en terme absolu, c'est indéniable. Mais en terme relatif ? J'en doute fort. »
    Mais si, en termes relatifs, c’est bien pour cela que j’ai mentionné cet épisode. Et d’ailleurs précédemment les Etats-Unis avaient connu d’autres périodes de prospérité (depuis 1865 s’entend) dont la population noire n’avait guère profité.
    Je vous donne juste un chiffre qui, me semble-t-il, résume ce gain relatif : en 1940 le salaire annuel moyen d’un ouvrier noir était 43% de celui d’un blanc, en 1960 il était 58% de celui d’un blanc (je ne vous met pas de lien pour la raison exposée ci-dessous). Le salaire moyen des blancs a beaucoup progressé pendant cette période, mais celui des noirs encore plus.

    - « Les maîtres, s'ils attendaient de leurs esclaves une productivité maximale, il serait alors curieux qu'ils ne les mettent pas dans les conditions "pour" »
    Là nous avons le même genre de désaccord que au sujet de la prime à la beauté. Il me semble que vous surestimez beaucoup le rôle de la rationalité économique dans le comportement des maitres. Tout d’abord si les Sudistes regardaient avant tout à la productivité et à la richesse ils auraient dû abolir l’esclavage depuis longtemps, comme vous l’avez vous-même fait remarquer dans votre premier message. Par ailleurs le premier intérêt du maitre n’est pas de tirer le maximum de ses esclaves, c’est de s’en faire obéir. C’est même un intérêt vital : posséder des esclaves est dangereux. Et il ne peut s’en faire obéir que par la force et la dureté.

    - « Bien sûr que des châtiments existaient, sans doute travaillaient-ils durement et longtemps, mais je doute qu'ils vivaient comme, disons, des "miséreux". »
    J’ai bien dit que les châtiments n’étaient qu’une partie de ce qui faisait la dureté de leur vie et j’ai mentionné « la vie intérieure ». Je pourrais parler de la question de la famille (les couples étaient souvent séparés, les enfants des parents, etc.), des conditions de travail, etc. mais le problème principal est tout simplement celui de l’humiliation permanente. C’est ce que je voulais mettre en avant avec mon exemple de Scarlet O’Hara et de sa nounou.
    Ce n’est pas parce que les gens sont stupides qu’ils n’ont pas de fierté. La plupart des esclaves étaient stupides, soit naturellement soit par manque d’instruction, mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne ressentaient pas leur condition servile. C’est une des différences entre les animaux et les hommes, même très stupides.

    Je n’ai pas de lien à vous conseiller pour les autobiographies car, en dépit du fait que je tiens un blog, je suis un homme du livre. Mes sources sont dans la bibliothèque qui est autour de moi, et si je peux choisir je préfère toujours le support papier au support internet. Désolé.
    Mais il est fort possible que ces autobiographies, qui sont fort célèbres, soient disponibles en ligne. Sinon elles doivent être disponibles pour très peu cher sur Amazon.

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  31. Cet article est excellent. Je le reprend direct de par chez moi... et je mets les liens et tout et tout...

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  32. "Tout dépend de ce que vous appelez « quoi que ce soit ». Si c’est « rien », c’est évidemment faux. Si c’est « rien de complexe », c’est vrai, par définition."

    Je parlais d'organiser, ou d'être responsable, de quoi que ce soit. Et là, je crois que c'est vraiment "rien". Un QI de 70 ou moins ne peut ni organiser, ni superviser. Exécuter conformément aux directives, point final. Je ne confierais pas l'organisation du ramassage des poubelles d'un immeuble à un type de ce niveau. Il mélangerait, oublierait, négligerait. Parce qu'il ne comprendrait pas l'intérêt et l'importance.

    Quant à l'association entre QI faible et comportements dérangeants et nuisibles, elle est statistique, il n'y a pas à proprement parler de relation causale. Mais la fréquence de cette association est suffisamment élevée pour que la population où sévissent ce genre de "cumulards" (cons nocifs, pour abréger) pose problème dans son ensemble, parce qu'il y a solidarité ethnique.

    C'est l'une des grandes raisons qui font que les Noirs ne peuvent vivre au milieu des Blancs que s'ils leur sont étroitement subordonnés. Toute autre situation aboutit au bordel. Le mieux est de se séparer.

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  33. Aristide, je découvre votre blog. C'est puissant.

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  34. Nebo : Merci, c'est bien aimable.

    Pakounta :

    "Je parlais d'organiser, ou d'être responsable, de quoi que ce soit." Vous vouliez donc dire dans nos sociétés occidentales et dans le domaine professionnel. Là nous sommes d'accord.
    Moi non plus je ne confierais pas l'organisation du ramassage des poubelles d'un immeuble à un QI de 70.

    Nous sommes également d'accord sur le fait qu'une vaste population de "cumulards" pose problème et qu'il serait bien préférable de ne pas les avoir sur notre sol. Et pas seulement pour cette raison là d'ailleurs.

    "Le mieux est de se séparer."
    Je dirais plutôt le mieux "serait" de se séparer, car je ne suis malheureusement pas sûr que cela soit encore possible.
    Les Américains(et on ne parle pas là des gens du Klu Klux Klan, nous sommes d'accord) aussi ont cherché à se séparer de leur population noire , et ils n'ont pas réussi.

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  35. "je ne suis malheureusement pas sûr que cela soit encore possible."

    Effectivement. Il reste l'apartheid, et/ou l'affirmation de la subordination, c'est à dire de l'inégalité.

    De toute manière, il y aura une phase violente. Un an ou des siècles, mais ça se passera mal.

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  36. Anonyme : merci du compliment. Mais si vous revenez commenter, vous serait-il possible de prendre un pseudonyme ? Je crois que ce serait mieux pour tout le monde.
    Merci d'avance.

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  37. Aristide,

    Je disais simplement qu'une théorie économique, quelle qu'elle soit, doit être appuyée par des preuves. Que les esclaves peuvent jouer les tirs au flanc s'ils étaient plus intelligent, c'est possible, mais ça reste pour le moment à l'état de "théorie". Sur le gain relatif des noirs de 1940 à 1960, je ne vous suis pas. Sur le graphique suivant, on voit bien que l'écart, depuis 1947 à 2006 n'a pas cessé de croitre.
    http://prospect.org/cs/articles?article=understanding_the_black_white_earnings_gap

    Je ne pense pas surestimer la rationalité des agents économiques, bien au contraire. C'est une question de bon sens. Qu'un entrepreneur croit qu'un employé beau est plus intelligent (au-delà des chiffres), c'est explicatif. Qu'un maître punit un esclave en le privant de repas n'est pas bon du point de vue économique. Or, c'est d'un point de vue économique que l'esclave est utile, ou il cesse d'être esclave. Ce sont des notions de base que n'importe quel "entrepreneur" doit connaître.
    Et évidemment qu'un maître peut se montrer dur, s'il veut être compréhensif, bien qu'il existe d'autres façons d'être compréhensif; je persiste à croire que ceux qui emploient les méthodes violentes sont également ceux qui ne sont pas assez malins ou intelligents pour s'y prendre d'une autre façon. N'oubliez pas aussi qu'à l'époque, les blancs croyaient que les noirs étaient moins intelligents (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui vous l'aurez remarqué). Ils "savaient" qu'ils étaient limités sur le plan cognitif, en témoigne leur piètre maîtrise des outils modernes. J'ai pas l'impression qu'ils pouvaient ne serait-ce qu'espérer un esclave aussi productif qu'un blanc, et sans formation, c'est impossible d'en exiger plus, je pense que c'était également fatigant pour le maître.
    J'en veux pour preuve qu'un esclave à cette époque était un "bien de luxe" et les classes populaires (probablement aussi à faible QI et d'un faible niveau d'étude) étaient sans doute les plus susceptibles de maltraiter les esclaves. Or, ils étaient généralement trop pauvres pour en avoir. Les esclaves noirs travaillaient pour des maîtres de classes supérieures (certainement à fort QI et pourvu d'un haut niveau d'étude). Ils sont plus susceptibles de comprendre les notions élémentaires que j'ai résumées précédemment.

    Si vous préférez le papier au numérique, dans ce cas, citez juste quelques livres. Je pourrais vérifier ça à ma bibliothèque municipale, les emprunter si je les trouve.

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  38. M.H :

    Toute cette discussion est intéressante mais elle commence à tourner en rond.
    Vous ne relevez pas ce que j’ai dit sur la question de « l’intérêt » premier du maitre, et toutes les conséquences qui en découlent, de même que précédemment vous n’aviez pas relevé ce que je disais sur « la vie intérieure » de l’esclave. Les deux sont liés car ils ont à voir avec l’amour-propre, une composante essentielle de l’âme humaine (ou de l’esprit humain, ou de la nature humaine, les termes importent peu ici) qui ignore la rationalité économique. Bien plus, qui est opposée à la rationalité économique.
    Au contraire vous revenez encore une fois sur la question de l’utilité économique de l’esclavage et du « bon sens » de l’entrepreneur.
    Je suis désolé, mais cela me conforte dans l’idée que vous surestimer le rôle de la rationalité économique, dans les comportements humains en général, et en ce qui concerne la question de l’esclavage en particulier.
    Par conséquent, si vous le permettez, pour moi cette discussion va s’arrêter là.

    Pour les lectures :
    Booker T. Washington : “Up from slavery”
    Frederick Douglass : “My bondage and my freedom” (1855), “Life and times of Frederick Douglass” (1881), “A Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave” (1845). Je sais que ce dernier écrit a été traduit en français (« Vie de Frédéric Douglass, esclave américain ») donc vous avez une chance de le trouver à la bibliothèque municipale.
    Concernant les conditions de vie des noirs après l’abolition de l’esclavage vous pouvez également lire « Black boy » de Richard Wright (également en Français). Ce livre est devenu lecture quasi obligatoire dans certains collèges et lycées pour de mauvaises raisons, mais ça n’en reste pas moins un témoignage intéressant.
    Pour les chiffres, vous pouvez consulter “America in black and white”, Stephan and Abigail Thernstrom, Touchstone, 1999.

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