Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 18 septembre 2013

Plus d'armes : moins de crimes (1/3)



Certains d'entre vous penseront peut-être que, pour une fois, je suis de près l'actualité, et que j'ai profité de la très récente affaire du bijoutier niçois ayant tué l'un de ses braqueurs pour fourbir, vite fait bien fait, un petit papier sur la question du port d'armes. Il n'en est rien. Ce billet (cette suite de billets plutôt) était dans mon congélateur depuis un certain temps déjà et sa publication programmée bien avant que ledit bijoutier ne fasse la une des journaux. Pur hasard donc. Mais parfois il est vrai que le hasard fait bien les choses, et je ne suis pas mécontent d'apporter ma pierre au débat passionné du moment. Il y a là, à mon avis, de quoi réfuter bien des affirmations péremptoires qui ont été avancées à cette occasion. Mais je vous laisse en juger par vous-mêmes.
Bonne lecture.

 
Dans bien des domaines de la vie publique les solutions les plus simples, les plus efficaces, et les plus morales, sont souvent celles qui sont les moins considérées. Pire, ce sont parfois celles qui suscitent le plus de rejet et d’incompréhension, au point que le seul fait de les évoquer suffira pour vous faire regarder comme un dangereux extrémiste, qu’il conviendrait sans doute de faire taire et en tous les cas de ne surtout pas écouter.
Ainsi, dans le débat public souvent passionné au sujet des meilleurs moyens de faire baisser la criminalité, il est sans doute une proposition qui, plus encore que la suggestion de rétablir la peine de mort, suscitera au mieux une totale incompréhension et au pire l’indignation : celle de libéraliser le port des armes à feu.
Pourtant les arguments en faveur d’une telle mesure sont fort simples, et apparemment très raisonnables.
Les criminels, comme chacun d’entre nous, prennent la plupart du temps en compte les conséquences probables de leurs actes avant d’agir. Parmi ces conséquences, l’une d’elles est que la victime se défende. Si le criminel a des raisons suffisantes de penser que sa victime potentielle pourrait être armée, il y réfléchira à deux fois avant de s’en prendre à elle, et pourra même fréquemment renoncer à le faire. Une manière très simple de faire diminuer la criminalité serait donc d’autoriser les simples citoyens, non seulement à posséder mais aussi à porter sur eux une arme à feu dissimulée. L’effet dissuasif sera maximum, en effet, si le criminel ignore si sa victime potentielle est ou non armée, car s’il le sait il pourrait simplement décider de s’en prendre à quelqu’un d’autre.
Pour que cet effet dissuasif fonctionne il n’est nul besoin que tous les citoyens adultes portent une arme sur eux. Il suffira qu’une petite fraction de la population adulte exerce ce droit, l’incertitude fera le reste.
Supposons que seul 5% de la population adulte porte une arme. Dans n’importe quel endroit public, la probabilité que quelqu’un, quelque part, ait une arme sur lui grimpera très vite. Si notre délinquant potentiel envisage, par exemple, d’attaquer un restaurant dans lequel se trouvent cent personnes, la probabilité que l’une d’elles (qu’il ne connait pas) soit armée atteindra presque 100%. De quoi, sans doute, dissuader bien des criminels de passer à l’acte. En ce sens, bon nombre d’honnêtes gens tireront profit de la liberté accordée à tous de porter une arme sans avoir jamais besoin d’en porter une eux-mêmes.

Arrivé à ce point de l’argumentation, les objections se bousculent. Ecoutons les principales.

Quoi ? Laisser les individus se défendre eux-mêmes ? Mais c’est la loi de la jungle que vous prônez ! Nous avons une police pour nous défendre, laissons-là simplement faire son travail.

Certes, l’action de la police est très importante pour combattre le crime. Elle est - ou elle devrait être - la première protection des honnêtes gens. Simplement, même la police la plus efficace du monde ne saurait être partout, et dans la plupart des cas elle doit se contenter d’agir après que le crime ait été commis. Il n’y a donc rien d’extravagant à permettre aux citoyens de se défendre efficacement par eux-mêmes, c’est-à-dire au besoin avec une arme à feu, lorsque la police ne peut pas intervenir à temps.

Comment ? Multiplier les porteurs d’arme ? Mais ne serait-il pas bien plus rationnel et efficace de retirer purement et simplement toutes les armes de la circulation ?

Evidemment, nous aimerions tous que les pouvoirs publics puissent retirer leurs armes aux criminels. Malheureusement, c’est impossible. Même dans les régimes les plus tyranniques les criminels parviennent à se procurer des armes, et a fortiori dans les régimes démocratiques, où la marge d’action des pouvoirs publics est, heureusement, limitée. La police, qui n’est pas capable, par exemple, d’empêcher la vente et la consommation de drogue, ne l’est pas davantage d’empêcher les délinquants de se procurer des armes à feu. Par conséquent, interdire la vente et la possession d’armes touchera essentiellement une catégorie de la population, et une seule : les honnêtes gens, ceux qui respectent la loi. Honnêtes gens qui se retrouveront désarmés face aux délinquants.
Au surplus, nous ne devons pas oublier que, à supposer qu’il soit effectivement possible de retirer toutes les armes à feu de la circulation, le résultat serait de laisser un net avantage aux délinquants - qui sont pour la plupart des hommes jeunes - sur nombre de leurs victimes - qui sont souvent des femmes et des personnes âgées. La seule vraie manière de se défendre, pour ces catégories de la population, c’est de posséder une arme à feu.

Vous dites que la libéralisation du port d’armes aura un effet dissuasif sur les délinquants. Vous supposez donc que le crime est une activité qui obéit à une certaine rationalité, que les criminels, la plupart du temps, se livrent à une sorte de calcul coût/avantage avant d’agir. Mais est-ce bien le cas ? Beaucoup de crimes ne sont-ils pas provoqués par des passions extrêmes ? Ne sont-ils pas le fait de gens incapables de se contrôler pour une raison ou une autre ?

On peut effectivement accorder que certains crimes et certains criminels répondent à cette description. Mais en faire une généralité reviendrait à considérer les délinquants comme des êtres d’une espèce fondamentalement différente de la notre. Il est certes vrai que les délinquants présentent, en moyenne, des caractéristiques un peu différentes de celles de la population générale, comme leur âge, leur sexe, leur QI ou leur personnalité. Mais supposer qu’ils ne prendraient pas en compte avant d’agir le risque d’être blessé ou tué serait les placer, non seulement en dehors de l’humanité, mais même en dehors de toute vie animale un peu évoluée. Même les chiens ou les chats réagissent à la récompense ou à la punition et sont capables d’anticiper l’une et l’autre, et nous nierions que cela puisse être le cas pour les criminels ? Cela semble une position simplement intenable. Toutefois, l’ampleur de l’effet dissuasif ne peut être évalué simplement sur la base de ces considérations abstraites. On peut penser qu’il sera grand pour tous les crimes qui impliquent un contact direct avec la victime, et moins grand, voir nul, pour les autres. Mais cela reste à confirmer par des études quantitatives.

Libéraliser le port d’armes ? Mais cela revient à faciliter l’acquisition des armes à feu aussi par les délinquants. Sachant que leurs victimes risquent d’être armées, ceux-ci vont tous acquérir une arme à feu, et ce sera une course aux armements sans fin dans laquelle les criminels auront toujours une longueur d’avance.

Effectivement, libéraliser le port d’armes aurait aussi pour conséquence de rendre celles-ci (un peu) plus faciles à acquérir pour les gens malintentionnés. La question est alors de savoir quel sera le nouvel « équilibre des forces », autrement dit de savoir si, au total, les honnêtes gens s’en trouveront mieux ou moins bien. Avant toutes choses, nous pouvons sans doute écarter le risque d’une montée aux extrêmes. Il ne semble pas réaliste d’envisager que le violeur, le voleur ou l’assassin vont se mettre à transporter un fusil d’assaut sous prétexte que leur victime pourrait avoir un pistolet sur elle. Tout ce que le délinquant pourra faire, la plupart du temps, sera de se munir lui aussi d’une arme de poing. Mais même à supposer que tous les délinquants se mettent à acquérir une arme à feu, cela ne changerait guère pour eux l’estimation du risque qu’ils courent si leur victime est armée, qui est toujours de se faire tuer. On peut donc raisonnablement penser que la libéralisation du port d’armes continuerait à avantager les honnêtes gens, mais en définitive une question de ce genre ne peut guère être tranchée que de manière empirique, par des études quantitatives.

Libéraliser le port d’armes ? Vous allez peut-être dissuader certains délinquants de passer à l’acte, mais vous allez aussi à coup sûr provoquer une multiplication des morts par arme à feu. La moindre dispute domestique pourra se transformer en carnage, des enfants se tueront accidentellement avec les armes de leurs parents, les gens sortiront leur arme à la première contrariété, et les déséquilibrés surarmés commettront des meurtres de masse, comme Anders Breivik ou Adam Lanza.

Tout cela est effectivement de l’ordre du possible. Mais ce qui est simplement possible n’est pas pour autant certain, ni même probable. Plus largement, la question n’est pas de savoir si les armes à feu peuvent être utilisées à mauvais escient. Il est évident qu’elles peuvent causer des accidents et servir à commettre des crimes. Mais elles peuvent aussi aider les honnêtes gens à se défendre. La vraie question est donc de savoir si leurs avantages sont supérieurs à leurs inconvénients ; plus exactement, elle est de savoir si libéraliser le port d’armes permettrait, au total, de sauver des vies et ferait diminuer les actes de délinquance. Cette question ne peut pas être tranchée définitivement a priori.

Si vous en êtes arrivé là de votre réflexion, vous êtes mûr pour vous tourner vers les ouvrages de John Lott, un économiste américain, qui a écrit deux ouvrages de référence sur la question du port d’armes. Le premier s’intitule : More guns, less crime (« Plus d’armes, moins de crime »). Le second a pour titre : The bias against gun (« Le préjugé contre les armes ») et est sous-titré : Why almost everything you’ve heard about gun control is wrong (« Pourquoi presque tout ce que vous avez entendu au sujet du contrôle des armes est faux »). On ne saurait faire plus explicite sur leurs contenus respectifs.
Mais détaillons un peu ces contenus.
More guns, less crime est une étude très complète sur l’effet du port d’armes sur la criminalité et, comme son titre l’indique, l’auteur parvient à la conclusion que le droit pour les citoyens de porter des armes dissimulées aboutit à faire baisser spectaculairement les taux d’un certain nombre de crimes graves. More guns, less crime présente l’avantage d’en être à sa troisième édition (1998, 2000, 2010), ce qui a permis à John Lott de répondre en détails à ses principaux critiques et d’affiner sans cesse ses analyses, tout en parvenant toujours aux mêmes conclusions. La dernière édition détaille ces critiques, ainsi que les modifications et ajouts successifs fait par Lott à ses calculs. L’impression de méticulosité et d’exhaustivité qui s’en dégage est certainement impressionnante, et il est difficile de voir ce qui pourrait avoir été oublié et serait susceptible d’invalider les résultats auxquels parvient l’auteur. Cette méticulosité a cependant un prix, qui est le caractère très technique de l’ouvrage, qui le rend peu accessible pour le commun des mortels, même si ses conclusions sont on ne peut plus claires. Conscient de cela, Lott a donc rédigé The bias against gun, qui est en quelque sorte, comme il le dit lui-même, une version destinée au grand public des principaux arguments présentés dans More guns, less crime. Les amoureux de la difficulté et les spécialistes de la spécialité se tourneront donc plutôt vers More guns, less crime, tandis que ceux qui sont simplement des amateurs éclairés trouveront de quoi les contenter dans The bias against gun.

Dans un cas comme dans l’autre, ceux qui se soucient sincèrement des meilleurs moyens de combattre le crime ne pourront ignorer les arguments avancés par John Lott.
Vous qui entrez ici, abandonnez tout préjugé.

30 commentaires:

  1. La question que je me pose, c'est : peut-on accorder le droit de port d'armes à n'importe quel peuple ? ça peut sans doute bien se passer chez des peuples honnêtes, moraux et civilisés, comme les Suisses, les Américains et les Japonais.

    Mais chez les Français ? On parle quand même de gens pas fichus de respecter les limitations de vitesse, capables de se vanter à la télé d'avoir triché à leurs examens, qui battent des records dans le domaine de la fraude aux transports en commun, et dont la discourtoisie est proverbiale à l'étranger. Est-il bien raisonnable de mettre des armes entre les mains de ces forbans amoraux ?

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    1. Jusqu'en 1940 les français avaient un accès on ne peut plus facile aux armes. Même si le port était réglementé on ennuyait rarement les honnêtes citoyens contrôlés avec un rigolo dans la poche. Je ne me rappelle pas que les manuels d'histoire aient mentionné cette période comme l'âge noir du far west hexagonal.

      Quant à la fraude dans les transports en commun, observez bien, vous verrez que les français qui la pratiquent sont généralement originaires de terroirs plus exotiques que le Comtat Venaissin ou la Saintonge.

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    2. On a beaucoup perdu en in-nocence depuis 1940, j'en ai peur. Mais il est vrai qui si les éléments les plus agressifs sont armés de toute façon...

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    3. C’est une question très pertinente que vous posez. Je suis effectivement d’avis que les mœurs de la population sont un élément capital pour le législateur (et en cela je ne fais que suivre les plus grands noms de la philosophie politique). Une même loi, appliquée à des peuples ayant des mœurs différentes, peut donner des résultats diamétralement opposés.

      Maintenant, les Français sont-ils particulièrement malhonnêtes ? J’avoue avoir du mal à me faire une idée sur cette question.

      Mais il me semble que, même en supposant que les Français sont tricheurs, malpolis, etc. comme vous le suggérez, cela ne devrait pas s’opposer à la libéralisation du port d’armes. Frauder le fisc, ne pas respecter les limitations de vitesse (je ne suis moi-même pas toujours scrupuleux sur ce point…), ce n’est pas tout à fait la même chose que tuer un homme et je ne pense pas que ceux qui commettent ces petits entorses ordinaires à la loi se mettraient à tirer à tout va si on leur donnait la possibilité de posséder facilement une arme à feu.

      En général je trouve plutôt mes concitoyens très doux, placides, voire passifs, bien que souvent grande gueule (je ne parle pas là des néo-français, ça va de soi) et en ce qui me concerne je ne serais pas inquiet si davantage d’entre eux devaient être armés (même restriction que précédemment, mais ceux-là ont déjà accès aux armes).

      Et puis la « démoralisation » d’un peuple a aussi pour origine la perte du sens de la responsabilité individuelle induite par un Etat tentaculaire – le despotisme administratif dont parlait Tocqueville – et désarmer les citoyens ordinaires y contribue puissamment, à mon avis. Les Français devraient cesser de tout attendre de la part des pouvoirs publics, et recouvrer un peu de la fierté qui fait que l’on ne peut vous menacer impunément.

      Donc, tout bien pesé, j’aurais tendance à penser que, en France aussi l’équation « plus d’armes = moins de crimes » devrait s’appliquer.

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  2. Ce n'est pas pour réduire la criminalité que l'accès aux armes a été limité chez nous.

    Mat : de quels Français parlez-vous ? Dans ma jeunesse, on pouvait sans difficulté se procurer des armes sans préjudice pour la sécurité. générale.

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  3. Depuis que j'i lu votre article, je cherche sur une revue que lis souvent "Cibles" pour ne pas la nommer, un billet qui va dans le m^me sens que le vôtre mais dans le fatras de revue qui m'entourent, c'est un travail de titan mais je ne désespère pas.

    comme le dit cet adage "Argumentum baculinum" et nos brigands à la petite semaine seront moins enclins à venir nous pourrir la vie.

    De toute façon, chaque citoyen sachant que celui lui faisant face risque d'être armé, son hardeur à vouloir en découdre se calmera derechef.

    Quel la personne assez folle pour aller chatouiller les nasaux à un home de la corpulence de *Teddy Riner sauf à être complément stupide.

    tout objet peut devenir une arme , une simple revue roulée sur elle même devient très vite un redoutable bâton pour le combat rapproché.

    * J'ai écris Teddy Riner car il est plus connu que Jérômr le Banner qui lui pratique le K 1

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  4. "le hasard fait bien les chose" dites-vous.
    Donc à Nice, un gamin (honnête dixit sa sœur) armé d'une arme factice, semble-t-il, agresse un bijoutier dont on sait (peut-être lui l'ignorait-il ?) qu'ils sont assez souvent armés !
    Bref, votre thèse prendrait-elle l'eau ?
    Dans le domaine de l'analyse stochastique on peut faire d'énormes erreurs.
    Comment peut-on assurer la causalité entre augmentation du nombre d'armes et baisse de la délinquance.
    Si la cause en était le "désensauvagement" aux USA, contrairement à notre beau pays.
    Amicalement.

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  5. Mon cher René,
    Il est évident qu'un fait divers, quel qu'il soit, ne saurait infirmer ou valider une thèse de ce genre. Nous parlons nécessairement de grand nombre.
    Et en ce qui concerne la corrélation entre hausse du nombre d'armes légalement en circulation et baisse de la criminalité, il vous faudra revenir les semaines suivantes pour voir comment Lott défend cette thèse.
    Ou bien lire les livres vous même.
    Mais franchement, si Lott a laissé de côté un facteur explicatif possible, j'aimerais bien savoir lequel. Je vous assure que le nombre de variables sur lesquelles il a travaillé est absolument impressionnant.

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  6. Bonjour Aristide,

    J'ai deux questions,

    - la première, PAR PITIE, pourriez-vous remettre vos billets en écriture noire sur fond blanc ? C'est devenu atrocement illisible ainsi...
    - la seconde, idem que les autres. Tout dépend, il me semble, des sociétés. Sans revenir au génie des peuples, il me semble que l'histoire montre que suivant les périodes ET les régions, les gens n'ont pas le même rapport aux armes, et surtout aux armes à feu. Par exemple la Corse des années d'avant 1940 était, pour reprendre l'expression de Koltchak, un territoire extrêmement violent. Le Roy Ladurie notait, dans son Histoire de la France Rurale, qu'il avait fallu bien des décennies pour que cette société apprenne à vivre, et pas seulement à mourir, avec des armes. Un peu comme il a fallu du temps pour apprendre à vivre avec les voitures, et non plus mourir dans des accidents (qui ne cessent de baisser en nombre).
    Les armes à feu dans la France d'aujourd'hui ? J'ai peine à croire, vraiment, qu'il soit une bonne chose de les autoriser.

    En outre, même pour une femme ou une personne âgée. Admettons que le port d'armes légalisé leur permette de se défendre. Soit, je l'entends. Mais en pratique : il faudrait se balader en permanence avec son arme à portée de main. Lors d'une agression, ce n'est pas toujours le cas (ne serait-ce que parce que les agressions se font souvent au domicile, la nuit, etc).
    Vous êtes une femme seule ou avec enfants, chez vous, un cambrioleur ou un malfaiteur quelconque entre : aurez-vous vraiment le temps d'aller chercher votre arme ? Si oui, c'est qu'elle traîne à portée de main. Evidemment, si vous avez des enfants, c'est absolument hors de question que ça soit le cas.

    Bref, on est un peu dans le serpent qui se mord la queue.
    Mais enfin, j'attends de lire la suite, comme d'hab'

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    1. Chère Artèmise,

      La première partie de votre message me laisse bien perplexe. J’étais tout content du nouvel habillage de mon blog, qui me semblait seyant et plus lisible que l’ancien… et vous me suppliez de revenir à la version précédente.
      D’un côté je serais désolé que vous ne me lisiez plus, de l’autre j’hésite à revenir en arrière (on a beau être réac, le changement est parfois attirant…).
      Je vais donc demander l’avis de mes fidèles lecteurs : qu’en pensez-vous ? Devrais-je revenir au noir sur fond blanc ? (HEHO, VOUS TOUS !)

      Pour en venir à vos remarques sur le fond de l’argument. J’ai dit, et je ne le retire pas, qu’il est très important de savoir pour quel peuple on légifère. Du fait de l’immense diversité humaine il ne saurait y avoir de législation universellement bonne.
      Néanmoins, avant d’en venir à examiner les particularités de la société pour laquelle on légifère – ce qui sera toujours sujet à discussion – il ne faut pas se tromper sur les termes du débat.
      En matière d’armes à feu, l’alternative n’est pas armes/absence d’armes, mais armes légalement accessibles/armes légalement inaccessibles.
      Lorsque vous légiférez sur les armes à feu, vous ne légiférez pas – ou presque pas – pour les criminels, mais pour les honnêtes gens. Il est impossible d’interdire aux criminels d’accéder aux armes à feu. Même dans les Etats totalitaires les voyous étaient armés, alors a fortiori dans un régime démocratique, où le gouvernement ne dispose que de pouvoirs limités.
      La question est donc : nous trouverions-nous mieux de ce que les gens ordinaires, pacifiques et normalement respectueux de la loi, comme vous et moi, puissent facilement se procurer des armes à feu ?
      Après avoir sérieusement étudié la question je suis bien convaincu que, pour les Etats-Unis, la réponse est OUI (il y a dix ou quinze ans je pensais le contraire, mais c’est justement que je n’avais pas étudié la question). Et j’avoue ne pas voir pourquoi il en irait différemment pour la France d’aujourd’hui. Je ne crois pas que la société américaine soit si radicalement différente de la société française que la libéralisation du port d’armes y produirait des effets tout différents.
      Si vous en jugez autrement, pourquoi ?

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    2. En ce qui concerne l’aspect pratique, je pense que vous vous trompez. Avoir une arme à proximité n’est pas si compliqué. Il existe aujourd’hui pour les dames (et pour les messieurs) des pistolets légers, faciles d’utilisation, et capables de disperser un éventuel agresseur façon puzzle – tout à fait le genre qu’on peut ranger dans son sac à main. Je ne suis pas spécialiste des armes, mais je suis sûr que d’autres lecteurs se feront un plaisir de vous renseigner.
      Evidemment, on ne peut pas être sûr d’avoir toujours son arme avec soi lorsqu’on en aura besoin. Mais enfin, il n’est pas trop compliqué non plus d’identifier les situations a priori à risques, et d’emporter son arme en conséquence, comme de devoir rentrer seule tard le soir, etc. Bref, ce n’est pas une assurance tous risques, mais ça les réduit fortement.
      Et en ce qui concerne le domicile, vous devriez au contraire laisser votre arme facilement accessible et utilisable. Oui, même si vous avez des enfants. Contrairement à ce que l’on pourrait penser (et à ce que je pensais) les accidents sont rares et se produisent presque toujours dans des familles « à problèmes ». Si vous vous interdisez de posséder une arme parce que vos enfants pourraient se tuer avec, vous devriez davantage encore leur interdire la bicyclette, la baignoire, et bien d’autres choses d’usage courant. Je reviendrai là-dessus.
      Dans The bias against guns, Lott rapporte quantité d’anecdotes à ce sujet, tirées de la presse régionale américaine. Il existe d’innombrables cas où des gens ont sauvé leur vie justement parce qu’ils avaient une arme facilement accessible chez eux, oui, même des enfants – et à l’inverse bien des histoires tragiques de gens tués parce que leur arme était sous clef.
      Si je possédais une arme je ne la cacherais pas, mes enfants sauraient où elle se trouve et comment l’on s’en sert. Je vous promets que je suis sérieux.

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    3. Ma chère Artémise,

      Ma grand-mère maternelle née en 1900, qui a pratiquement vécu toute sa vie d'adulte à Paris, ne sortait jamais, et ce jusqu'à son décès en 1975, sans son petit 6.35 dans la poche de son manteau ou dans son sac à main. Elle n'a jamais eu l'impression de faire quelque chose d'extraordinaire car pour elle c'était on ne peut plus naturel, elle a vécu une époque où c'était normal, de presque culturel.

      Gamin (7/8 ans), elle m'a initié au maniement de ce petit revolver de dame. Plus tard, vers les 10 ans j'ai eu droit à l'initiation au maniement de la carabine de chasse du grand-père.

      C'est donc normalement qu'arrivé à 21 ans je me suis mis au tir pratique avec un Smith and Wesson 45 ACP. Entre temps j'avais fait l'armée, tâté du ball-trap, testé diverses armes sur divers pas de tir.

      De nos jours, le discours anti-armes a tellement pollué les esprits que leur simple évocation déclenche des levées de boucliers totalement irrationnelles. Considérez que les marteaux, les tournevis, etc. sont la cause de 100 fois plus de morts ou de blessés graves sans que dans le même temps personne ne songe à réglementer leur possession. Une arme, c'est juste un outil, pas plus, pas moins. Un pistolet comme un marteau peut être mal utilisé, il n'est pas le mal, c'est juste la personne qui l'utilise qui est le mal.

      Je ne dis pas que tout le monde doit être armé, mais il ne me semble pas incroyable qu'après un examen du casier judiciaire, de la constatation de l'absence d'antécédents psy, et un questionnaire ad-hoc, permette à tout honnête citoyen de s'armer et même de le porter en dehors de son domicile. Comme avant en somme.

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    4. Chère Artémise,

      Pour faire vite, dans votre sac à mains, je vous conseillerais un revolver de calibre 32 (7,65 mm) en subnose (canon court), un hammerless (chien non apparent) et évidemment en double action(pas besoin d'armer le chien pour faire feu), les subnoase sont tous des doubles actions.

      Pour quoi un revolver et non pistolet, simple dans la panique, on peut oublier d'ôter la sécurité du dit pistolet et se promener avec une arme avec une cartouche engagée dans le canon peut provoquer quelques désagréments.

      Pourquoi un canon, plus facile à cacher ou à sortit de l'endroit où il se trouve même si la précision est moindre mais les agresseurs se trouvent rarement à plus de 3 mètres.

      Pourquoi hammerless (sans chien apparent)., toujours de sortir l'arme de son logement le plus vite possible.

      Pourquoi en 32 (7,65 mm) un gros calibre est difficilement maîtrisable et à courte portée, cela largement suffisant.

      Dans la maison, un fusil de chasse fera l'affaire, un juxtaposé visuellement plus impressionnant, un calibre 16 suffira , le recul du 12 (plus gros, ancienne méthode de calcul) est respectable même pour un homme, et croyez moi, un cambrioleur en voyant en face la double gueule d'un fusil aura ses hardeurs un peu refroidies avant de l'être refroidi définitivement si l'envie de continuer lui prend.

      Il y a aussi les armes à poudre noire, qui font beaucoup de bruits et sont largement efficaces et pour l'instant la réglementation de ces armes est encore assez souple, souvent considérées comme armes de collection même si certains artisans les fabriques encore comme Uberti..

      Voilà, j'espère que j'ai pu répondre à vos questions.

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    5. Eh bien voilà. Maintenant vous savez ce qui vous reste à faire...

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  7. ça y est, je viens de recevoir vos oeuvres complètes. Je vais déguster ça en gourmet, à petites lampées.

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    1. Ce ne sont pas tout à fait mes oeuvres complètes, puisque tous les textes publiés sur ce blog n'y figurent pas.
      Heureux que cela vous soit parvenu rapidement.

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  8. Alors, alors,
    bon, je maintiens que lire en blanc sur fond noir me fatigue énormément les yeux. Mais si je suis la seule, tant pis, je m'incline devant le nombre et je ne me roulerai pas par terre en pleurant de rage :)

    Bon, maintenant, sur le fond. Ben, pas grand-chose à dire, je suis d'accord avec vous, à quelques nuances près. Je suis à peu près certaine que plutôt que d'avoir une arme à feu, il vaudrait mieux, notamment pour une femme, apprendre à maîtriser quelques prises de self-défense. Du reste en cours de self-défense on apprend d'abord à maîtriser son stress, et ensuite à attraper la main d'un agresseur tenant un couteau - puisqu'il parait, je l'ai lu à plusieurs reprises (mais peut-être cela a-t-il changé ? je ne sais pas), que les agressions, notamment sexuelles, se font surtout sous menace d'arme blanche (un couteau, en général). Bref, mettre hors d'état de nuire son agresseur.

    Ensuite, croyez bien qu'en soi, je ne suis pas contre le fait de posséder une arme à feu, mais il faudrait que toute possession s'accompagne d'une obligation d'apprendre à s'en servir. Mon grand-père, chasseur, qui possédait plusieurs fusils, ne cessait de pester contre les gens qui faisaient les malins avec leurs armes, mais ne savaient pas vraiment s'en servir.

    Enfin, comme vous, je pense qu'on confond un peu tout quand on parle des Etats-Unis, ça empêche de réfléchir sérieusement à la question de l'autorisation du port d'armes. Rien qu'un exemple, on vous dit 'mais il y a des tueries, regardez Columbine, gnagnagna", sans se pencher sur les vraies raisons qui ont pu mener à ce genre de drames : est-ce vraiment parce qu'ils avaient des fusils sous les yeux que ces gamins sont passés à l'acte ? Est-ce que leur geste ne résultait pas plutôt d'une carence éducative, affective, psychologique, totale ?

    Malgré tout, je me méfie quand même. Je me méfie toujours du "bon sens" des "honnêtes gens", ça ne veut pas dire grand-chose. Et dans tous les cas, j'attends la suite :)

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    1. En ce qui concerne la self-défense, permettez-moi d’être sceptique. Je pratique les arts martiaux depuis longtemps (et du genre qui ne rigolent pas) et j’en ai retiré la conviction que ce qu’on appelle la self-défense est à peu près inefficace en situation réelle. Si vous êtes sportives, très entrainée, les gestes de self-défense peuvent peut-être avoir une utilité, mais si vous êtes une femme ordinaire, face à un homme déterminé, et qui plus est armé, franchement… ne comptez pas sur ce que vous avez pu apprendre sur les tatamis.

      En ce qui concerne le fait d’obliger les gens qui acquièrent une arme à se former, oui et non.
      Si vous instaurez une obligation de suivre une formation, vous restreignez de fait l’accès aux armes à feu pour les honnêtes gens. Lott en parle, et sa conclusion est que ce genre de lois sont contreproductives : elles n’évitent pas les accidents (rares de toute façons) et se traduisent par plus de crimes.
      Vous n’avez pas vraiment besoin de vous former pour faire usage d’une arme de poing dans une situation d’agression, c’est-à-dire lorsque votre agresseur est à quelque mètres de vous. Pour la chasse c’est autre chose, car là vous risquez de tirer sur d’autres chasseurs si vous n’avez pas reçu une certaine formation – d’où sans doute la remarque de votre grand-père.

      Enfin en ce qui concerne les meurtres de masse, j’en reparlerai longuement.

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  9. Oh mais attendez, j'ai jamais fait de self-défense moi, je suis BEAUCOUP TROP feignante ! Je suis comme Churchill, "No sport" (cigare et whisky en moins, quand même...).

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    1. Churchill n'était pas exceptionnel seulement au moral mais aussi au physique. Une santé de fer sans jamais en prendre soin, une résistance à l'alcool surnaturelle... bref, ne l'imitez surtout pas :-)

      Et en ce qui concerne la lisibilité du blog, puisque je n'ai guère de retour pour l'instant je poserai la question en tête du prochain billet. On verra bien.

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    2. Bon, en fait vous m'avez convaincu. J'ai relu un certain nombre de mes textes sur le blog et oui, finalement, il me semble aussi que la nouvelle présentation était moins lisible. Je reviens donc au texte noir sur fond clair.
      On devrait toujours écouter les femmes en matière d'assortiment de couleurs^^.

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    3. Oui, effectivement, c'est mieux.

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    4. Oh ! merci pour ce retour à l'ancienne version !

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  10. J'ai lu un peu plus de la moitié de votre bouquin et, hormis quelques coquilles (faites vous relire par un tiers, c'est le seul moyen de les éviter), je dois dire que c'est très bon, et même excellent ! Clarté de l'exposé, puissance de l'argumentation... Puis-je vous demander quelle est votre formation initiale ? Simple curiosité : je ne vous apprécierai pas moins si vous êtes autodidacte.

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    1. Je vous remercie pour votre appréciation. On aime toujours à savoir qu'on est apprécié.
      Pour les coquilles, oui hélas, je sais que, sur un livre entier, il est presque impossible de les éviter si on travaille seul. Ma seule maigre consolation est que j'en trouve fréquemment dans des "vrais" livres, édités par des éditeurs professionnels. Mais évidemment ça n'en reste pas moins désagréable pour les lecteurs.

      En ce qui concerne ma formation, je dois malheureusement décliner de vous répondre. J'ai à la fois choisi et promis de garder l'anonymat en ouvrant ce blog, par conséquent je ne peux satisfaire votre curiosité.
      Sachez seulement que j'ai fait de longues études, comme vous vous en doutiez probablement.

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    2. Merci pour votre réponse, que je comprends parfaitement. Et encore une fois bravo pour le livre.

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  11. "Parmi ces conséquences, l’une d’elles est que la victime se défende."
    Ce n'est plus dans les moeurs européennes.
    Donc, quand il arrive qu'un agressé se défende, cela fait scandale...

    "Pour que cet effet dissuasif fonctionne il n’est nul besoin que tous les citoyens adultes portent une arme sur eux. Il suffira qu’une petite fraction de la population adulte exerce ce droit, l’incertitude fera le reste."
    C'est très bien vu !

    J'arrête là dans mes citations, mais j'approuve aussi tout le reste de votre texte.
    Je vais voir la suite !
    Merci !

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    1. "Ce n'est plus dans les moeurs européennes."

      Effectivement. En même temps je pense qu'il n'y aurait pas à pousser beaucoup pour que cela revienne, en tout cas pour une partie de la population. Et comme il n'est nul besoin que beaucoup de gens soient armés pour que joue l'effet dissuasif...

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  12. Oui, les graphiques, ça fait toujours sérieux; mais peut-être faudrait-il fournir une information complète?

    "John Lott, ex-professeur de droit de l'université de Chicago, est membre de l'American Enterprise Institute, un prestigieux think tank conservateur. Dans un livre devenu la bible du lobby des porteurs de flingue - More Guns, Less Crime - il soutenait que, lorsqu'une personne agressée exhibe une arme pour se défendre, l'attaquant bat en retraite dans 98% des cas. Affirmation fondée, selon l'auteur, sur 2 000 interviews qu'il prétend avoir effectuées auprès de victimes. Problème: Lott est aujourd'hui incapable de produire ces données qui, explique- t-il, ont été effacées du disque dur de son ordinateur à la suite d'une fausse manœuvre. Plus drôle encore: dans la polémique qui a suivi sur Internet et dans les revues universitaires à propos de son ouvrage, le chercheur a été ardemment défendu par une certaine Mary Rosh, se présentant comme l'une de ses anciennes étudiantes. Malheureusement, Mary Rosh n'existe pas: c'est John Lott lui-même qui l'a "inventée"

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/assauts-de-mensonges_496156.html

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    1. Oui, oui, oui, bien sûr.

      Il est tout à fait évident que pour être « sérieux » il faudrait non seulement que je fasse un compte-rendu de ce que j’ai lu mais aussi que je mentionne toutes le controverses, tous les tuyaux crevés et toutes les rumeurs qui peuvent courir sur internet à propos de l’auteur du livre (et sur Lott, comme sur tout auteur à succès, il en existe des rayonnages entiers).

      Car il est bien évident qu’une seule rumeur de ce genre, relayée par un news magazine français qui appelle les possesseurs d’armes des « porteurs de flingue », suffit pour démolir plus de 15 ans de travaux et pour annuler autant d’années de débats et de controverses.

      Avant que vous ne m’ouvriez les yeux, je pensais naïvement qu’être sérieux consistait à lire soigneusement des auteurs de référence et à essayer de les comprendre.

      Mais grâce à vous je comprends que tout cela est un travail inutile et qu’il suffit, pour se faire une opinion sur un auteur, d’un entrefilet dans un journal français (tout le monde connaît le sérieux des journaux français ainsi que leur absence de préjugés, notamment sur un sujet comme le port d’armes).

      Je comprends aussi qu’il est inutile de s’embarrasser de petits détails, et qu’il est tout fait admissible de transformer une phrase interrogative (« c’est John Lott lui-même qui l’a « inventé » ? ») en phrase affirmative (« c’est John Lott lui-même qui l’a « inventé »). De la même manière qu’il est tout à fait admissible pour le journal que vous citez de transformer un 95% (le chiffre cité par Lott dans son livre) en 98%.

      Il est vrai, n’est-ce pas ? que ce qui compte fondamentalement, c’est la « vision du monde » que nous défendons. Le reste n’est que broutilles et point de détail.

      Vraiment, je vous suis très reconnaissant pour cette leçon, et je suis sûr que mes lecteurs le sont aussi.

      Peut-être devrais-je néanmoins continuer de faire un peu attention à ce que je lis, histoire de ne pas citer un article de presse qui confirme en réalité le contraire de ce que je prétends démontrer, comme cela vous est malencontreusement arrivé récemment chez Didier Goux.

      Pas que cela change quoi que ce soit sur le fond, entendons-nous bien. La vision du monde, voilà l’important.

      Mais enfin, certains esprits faibles pourraient en tirer de mauvaises conclusions à mon sujet, comme au votre.

      J’espère aussi ne jamais tomber, sur internet, sur une rumeur désobligeante à votre sujet, comme quoi, par exemple, vous êtes un vieil imbécile pontifiant qui avez élevé le sophisme au rang des beaux-arts et pour qui la répétition tient lieu d’argument, car en ce cas, en application de vos propres principes, je ne pourrais plus accorder le moindre crédit à ce que vous dites.

      Mais à Dieu ne plaise ! Je suis bien sûr qu’une telle chose n’arrivera jamais.

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