Ralliez-vous à mon panache bleu

samedi 26 novembre 2016

L'avortement est-il un droit fondamental?





L’avortement est-il un droit fondamental ?
Jeudi soir une courte passe d’armes a opposé François Fillon et Alain Juppé à ce sujet. Ce fut un beau moment de faux-culterie de part et d’autre. 
Revoyons la scène au ralenti.
Juppé, qui avant le premier tour avait « super la pêche » (traduisez : qui avait déjà commencé à choisir la liste des gens qu’il inviterait lors de sa première garden-party à l’Elysée), avait ce soir-là le teint cireux et les mâchoires serrées de celui qui joue son va-tout et qui le sait. Droopy-Fillon ayant définitivement trop d’avance pour être battu à la régulière, restait à essayer de lui couper les jarrets par quelque coup de Jarnac.
Le meilleur d’entre nous poussa donc sa botte : « Attention, attention, braves gens, et surtout vous gentes dames, l’homme aux sourcils broussailleux qui se tient devant vous considère que l’avortement n’est pas un DROUAFONDAMENTAL. M’entendez-vous ? il l’a dit, avoué, reconnu, ce pelé, ce galeux, ce fils caché du maréchal Pétain.  Vous ne pouvez pas apporter vos suffrages à un tel homme, c’est l’évidence même. »
Entendant cela, Droopillon, qui avait vu venir l’attaque dans les jours précédents, monta immédiatement sur ses grands chevaux pour proclamer que jamais, au grand jamais, il n’avait envisagé de remettre en cause la loi Veil, et que c’était une attaque indigne de la part « d’Alain », et patacouffin.
Ce à quoi « Alain » rétorqua : « mais tu as bien dit que l’avortement n’était pas un DROUAFONDAMENTAL » (parce que tu es catholique et que tu voudrais rétablir l’inquisition, salopard, se retint-il d’ajouter, mais en le pensant si fort que tout le monde l’entendit).
Droopillon reconnu que, certes, il avait bien dit une telle chose mais, ajouta-t-il de l’air de la blanche colombe que n’atteint pas la bave du crapaud, il avait utilisé cette expression « droit fondamental » dans son acception juridique. L’avortement n’est pas un droit fondamental, dit-il en substance, parce qu’il ne figure pas dans la Constitution, ce qui est la définition communément admise par les juristes du « droit fondamental ». Ni plus, ni moins, fin de l’histoire et passons à autre chose.
Sentant que le coup était manqué, le futur-ex-président-de-la-République-élu-par-les-sondages tint néanmoins à ajouter « Eh bien moi je n’en continue pas moins à dire que l’avortement est un DROUAFONDAMENTAL (alors que toi tu es la réincarnation de Bernardo Gui, ordure) ».
Durant ce court échange neuf millions de téléspectateurs ont donc pu assister au lamentable spectacle d’un homme dit de droite servant servilement la soupe au féminisme pour tenter de battre son concurrent, et d’un catholique pratiquant se vantant d’avoir voté toutes les lois facilitant le recours à l’avortement.
Formellement François Fillon a remporté la passe d’armes, car il paré le coup de son ennemi et qu’il a juridiquement raison.
Sur le fond tous deux ont joué sur l’ambiguïté de la notion de droit fondamental, et sont foutus de la gueule du monde.
Tout le monde comprend bien qu’un droit dit fondamental est un droit plus important que les autres. Mais qu’est-ce qui permet de différencier un droit fondamental d’un droit non fondamental ?
A cela il y a deux réponses possibles.
La réponse des juristes qui est de dire qu’un droit fondamental est un droit inscrit au sommet de la pyramide des normes, autrement dit dans la Constitution.
Et la réponse du sens commun, qui est dire qu’un droit fondamental est un droit auquel le législateur ne peut porter atteinte sans injustice.
La réponse des juristes est positiviste. C’est le législateur (ou le pouvoir constituant) qui décide ce qu’est un droit fondamental, c’est-à-dire, en démocratie, la majorité du moment. Donc ce qui est un droit fondamental aujourd’hui pourrait ne plus l’être demain, et inversement.
La réponse du sens commun est jusnaturaliste. Elle suppose qu’il existe quelque chose comme un droit naturel, c’est-à-dire des critères de justice indépendants du caprice des hommes et qu’aucune décision humaine ne peut changer, pas plus qu’une décision humaine ne saurait changer le fait que deux plus deux font quatre. Le droit naturel, c’est précisément ce que l’on peut opposer au caprice des hommes et aux variations du droit positif : à chaque fois que nous critiquons une décision du législateur nous faisons implicitement appel à une notion de droit naturel. Nous affirmons, ou nous présupposons, qu’il existe des critères de justice immuables que le législateur – le droit positif – devrait respecter, et qu’il est injuste lorsqu’il ne les respecte pas.
Ultimement la réponse du sens commun est supérieure à la réponse des juristes, qu’elle englobe, car nos Constitutions reposent sur une certaine idée du droit naturel. Le sommet de la pyramide des normes chère aux juristes est censée être la traduction de certaines normes de droit naturel. Rappelons que selon l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. » Et que selon son article 16 « Toute société dans laquelle la garantie des droits (naturels, donc) n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »
En affirmant que le droit à l’avortement est un droit fondamental, Alain Juppé sous-entendait donc, comme n’importe quelle féministe, qu’il s’agit d’un droit naturel, et que ce serait une affreuse injustice que d’ôter aux femmes la possibilité d’avorter lorsqu’elles le désirent. Juppé le pense-t-il vraiment ? le plus probable est que lui-même n’en sait rien et même s’en tamponne le coquillard. La visée électorale de l’argument était tellement apparente que même un enfant de dix ans pouvait la voir.
De son côté François Fillon, qui en bon catholique doit normalement croire à l’existence de la loi naturelle, s’est réfugié derrière une conception purement positiviste du droit, ce qui est d’autant moins glorieux que, lorsqu’il avait nié initialement que l’avortement fut un droit fondamental, il savait parfaitement que son électorat entendait : « le droit d’avorter n’est pas du droit naturel (et est même contraire au droit naturel) » ; ou bien croit-on qu’il avait juste voulu faire un petit cours de droit impromptu lors de cette interview ? Si vous êtes prêt à croire ça, vous êtes vraiment prêt à croire n’importe quoi.
Deux beaux exemplaires de chauve-souris donc : « je suis de droite, voyez mes ailes, je suis progressiste, voyez mes poils ».
Mais, me direz-vous, il est tout de même compréhensible que Fillon n’ait pas voulu ouvrir le front de l’avortement et qu’il ait préféré botter en touche. Certes, cela peut se concevoir, en politique ce qui est souhaitable est loin d’être toujours identique à ce qui est possible. Mais en ce cas on ne commence pas par faire de la retape électorale en lançant le sujet, car sinon on est conduit à s’aplatir publiquement devant les gardiens du temple féministe, comme il l’a fait.
Ayant soulevé cette question du droit à l’avortement, qu’est-ce donc que le mieux coiffé d’entre nous aurait dû répondre au meilleur d’entre nous ?
Quelque chose comme ça il me semble :
« Vois-tu mon cher Alain, pour nous autres républicains, les droits fondamentaux ce sont les droits énoncés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ce sont les droits naturels des individus et les droits civiques et politiques qui, en société, sont nécessaires pour garantir les droits naturels des individus. J’ai bien lu la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, je n’y ai pas trouvé mention d’un droit à avorter ». « Pas plus d’ailleurs que d’un droit à avoir des congés payés, et pourtant, vois-tu, je n’entends nullement supprimer les congés payés », aurait-il pu ajouter pour passer à autre chose.
Cela aurait eu le mérite d’être philosophiquement irréprochable et de ne rien concéder sur le fond du débat tout en déviant l’attaque.
Bon, je sais bien que j’en demande beaucoup trop avec une telle réponse. Faut pas demander à un homme politique contemporain de maitriser les fondamentaux de la philosophie politique moderne, je ne l’ignore pas.
Mon conseil à François Fillon sera donc beaucoup plus simple : puisque vous n’êtes pas prêt à livrer bataille sur ce terrain, ne parlez plus jamais d’avortement. Sinon vous contribuerez à faire reculer une cause qui tient à cœur à nombre de vos électeurs, et qui est censée vous tenir à cœur aussi. Plus jamais.
M’est avis que c’est désormais ce qu’il va faire, même sans m’avoir lu.

20 commentaires:

  1. Très bonne explication.

    A ce passage du débat j'ai eu la même interprétation que vous.

    C'est d'ailleurs ce passage parmi d'autres, qui ont permis de rappeler à mon enthousiasme que François Fillon restait un petit politicien médiocre et sans courage, ce qui m'a conduit à ne pas me déplacer dimanche dernier.

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  2. Le jour où un de nos politiciens se montrera capable de parler de "loi naturelle" sans dire de conneries à ce sujet, ou du moins, sans la confondre avec un "droit naturel" type DDHC, ce jour-là n'est pas arrivé. Poisson, peut-être, était un bon candidat à cette fin, mais il a perdu, ruinant les chances de la philosophie d'arriver à l'Elysée.
    Catholique ou non, Fillon en restera à la loi civile, et n'ira pas s'occuper du reste. Il croit peut-être à la loi naturelle, mais il doit la penser tellement liée à Dieu qu'elle est hors de portée de la raison, et de par sa raison, je parie qu'il ne retrouverait qu'un "droit naturel" type DDHC, justement.
    Ce n'est pas grave d'ailleurs. L'urgence est ailleurs : désislamiser la France, on verra les discussions éthico-juridico-politiques plus tard, vous ne pensez pas ?

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    1. Je pense en effet que Fillon a eu raison de ne pas vouloir ouvrir ce front là, ou plutôt a eu raison de le refermer. Mais il n'aurait pas fallu l'ouvrir pour commencer.

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    2. Si l'urgence c'est désislamiser la France, Fillon n'est clairement pas la solution...

      A moins que vous pensiez pouvoir soigner un cancer avec un doliprane.

      C'est sympa un doliprane, ça vous soulage quelques heures, mais ça ne s'attaque pas aux causes du mal...

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    3. Je crois bien savoir que Fillon n'est pas le bon cheval... Je n'espère rien de lui en tout cas.
      Je ne parlais qu'en principe.
      Encore que cette idée soit fort discutable. Je ne suis pas sûr en réalité que l'avortement soit un moindre sujet que l'islamisation de la France... Mais en tout cas je suis sûr que c'est bien moins vendeur. Et surtout c'est un sujet plus complexe à comprendre. Se dresser contre l'islam ne demande que de voir ce que l'on voit. S'opposer à l'avortement demande une pensée morale et politique et une vue claire des rapports entre les deux; bref une pensée de la loi naturelle et tout ce qu'une telle pensée implique. Or le moins que l'on puisse dire c'est qu'une telle pensée brille par son absence, même chez ceux qui s'opposent à l'avortement. Ceux-ci n'ont la plupart du temps en guise de pensée de loi naturelle qu'un slogan vaguement argumenté, et mêlé à des considérations religieuses certes tout à fait liées au sujet, mais de l'ordre de la foi.
      Cela ne me fait pas plaisir de le dire, mais nous nous sommes tout a fait éloignés la notion traditionnelle de la loi naturelle.
      Si au moins on pouvait retrouver celle de bien commun, ce serait déjà beaucoup. Et se dresser contre l'islam, c'est déjà retrouver le sens du bien commun.

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  3. En évoquant les droits "naturels" vous faites référence aux droits fondamentaux qui sont énoncés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
    Les hommes n'ont pas vocation à définir les Droits Naturels mais rien n'en empêche de légiférer sur ce qui est Fondamental à une époque donnée (IVG, Congés, ...) !
    Demandez à Caroline Fourest (elle n'a pourtant nul besoin de ce droit !)
    Les droits fondamentaux résultent de la progression de l'Idéologie Dominante !
    De même que le Droit au Suicide.

    J'ignore la Foi de Fillon qui lui interdit l'IVG,
    mais le Droit Naturel provient de Dieu !
    Mais dans une société athée ...

    René de Sévérac (je n'ai pu me connecter ainsi)

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    1. Non René, il n'est nul besoin de Dieu pour fonder le droit naturel. La nature humaine suffit.

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  4. Pourquoi penser en termes de droit subjectifs plutôt qu'en termes de lois, civiles et naturelle ?
    Pourquoi poser que le "droit" ou la loi naturelle viendrait de Dieu ? A moins de croire en Dieu Créateur bien sûr, ce qui n'a rien d'absurde.
    Pourquoi penser que de ne pas partager cette foi empêche forcément de connaître la nature, le 'droit' ou la loi naturels?

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  5. Il n'y a nul besoin de croire en Dieu pour être opposé à l'avortement. Il suffit juste d'avoir un minimum de morale. L'avortement est un meurtre ( c'est indéniable c'est la science qui parle. Le temps de pratiquer l'avortement le bébé est déjà un être vivant distinct). Le meurtre ( sauf exceptions comme la légitime défense) est immoral. Difficile d'argumenter sur la moralité de l'avortement. En plus, la liberté implique toujours la responsabilité. Cela veut dire qu'une femme est libre de faire ce qu'elle veut de son corps mais elle doit aussi assumer les conséquences de ses actes. Elle peut coucher avec qui elle veut mais après il faut assumer

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  6. Qu'est ce qu'un droit fondamental ?? Un droit fondamental est un droit fondamental à la démocratie libérale. Sans droit à la liberté d'expression ou de pensée, une démocratie libérale ne peut pas fonctionner. Est ce que sans droit à l'avortement, la démocratie libérale peut fonctionner ?? La réponse est positive. Donc considérer le droit à l'avortement comme fondamental est juste stupide. Les progressistes trop souvent considèrent la démocratie non comme un système politique particulier mais comme un ensemble de valeurs (qui sont progressistes) auquel il faut s'y plier (quand bien même la majorité du peuple s'y oppose). Bref, c'est un système oligarchique où une élite progressiste a le droit d'imposer ses valeurs sous couvert de démocratie quand bien même la majorité du peuple n'y est pas favorable. Je pense à l'immigration.

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    1. Les progressistes ont tendance à réduire la démocratie au respect des valeurs démocratiques qui s'avèrent en réalité les valeurs progressistes. C'est pour cela que des juges non élus peuvent être plus puissants que les élus pour imposer leur programme progressiste non par les urnes mais par les jugements. (Cela ressemble à l'Iran théocratie religieuse où les religieux sont plus puissants que les élus (président parlement,...). A un moment, il serait temps de comprendre que la démocratie c'est avant un système politique où le peuple a le pouvoir (par la voie de ses représentants). Certes, il y a besoin d'un certain nombre de valeurs minimales pour que le système fonctionne (respect des libertés fondamentales: présomption d'innocence, système judiciaire indépendant, liberté d'expression, liberté de presse,...) mais à aucun moment, une élite progressiste ne peut imposer son programme idéologique au reste du peuple. Sans respect de la volonté du peuple il n'y a pas de démocratie possible.

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  7. a stupidité des arguments en faveur de l'avortement me dépasse. L'Alabama a pris une loi anti avortement. Je suis affolé par la stupidité des gens qui s'indignent de cette loi. Leur argument est: "C'est honteux, c'est loi pris par les hommes pour contrôler le corps des femmes". Comme si la question de l'avortement était une question qui divisait hommes/femmes. Sont t il au courant que la gouverneur de l'Alabama est une femme ?? Et oui il y a des femmes qui sont contre l'avortement et des hommes favorables à l'avortement. Faire passer cela pour attaque de méchants hommes contre les femmes est complètement stupide. C'est même totalitaire car ces femmes prétendent que leurs point de vue en faveur de l'avortement est celui de toutes les femmes. C'est nier la liberté de pensée qu'ont les femmes d'avoir une opinion différente à la leur sur l'avortement. Les féministes s'octroient le droit de dire que ce qu'elles pensent est l'opinion de toutes les femmes. Elles se comportement comme les marxistes qui pensaient qu'ils étaient supérieurs et qu'ils étaient là pour guider le prolétariat (trop stupide pour penser par lui même). Les féministes font des femmes un groupe homogène et considèrent que leur propre point de vue est celui de toutes les femmes. Rappelons que les lois en faveur de l'avortement ont été votés par des gens qui étaient en très grande majorité des hommes. L'arrêt de la Cour suprême aéricaine légalisant l'avortement a été pris par des juges qui étaient des hommes. La législation sur l'avortement (en faveur ou non) a toujours été prise par une majorité d'hommes tout simplement car il y a plus d'hommes en politique. Avec cette même logique je pourrais dire que toute loi limitant la liberté d'individus est illégitime si elle est prise par des gens ne faisant pas parti de ces individus concernés. C'est aux individus à choisir ce qu'ils veulent faire. Il n'y a aucune logique à appliquer ce principe juste pour l'avortement si les pro avortements seraient cohérents, ils appliqueraient cet argument à tout. Hors ce principe que seuls les individus concernés ont le droit de faire des lois qui limiteraient leur liberté est juste totalement opposé à la démocratie représentative. Par exemple les lois réglementant l'agriculture qui limite la liberté des agriculteurs et qui a des conséquences négatives sur leurs revenus sont illégitimes car elles ont été prises par des non agriculteurs ?

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  8. Les libéraux on tendance à penser que l'invocation du "harm principle", en gros l'idée que l'État n'est légitime à légiférer que pour empêcher les gens de nuire à autrui, règle tous les problèmes moraux, mais c'est une idée simpliste. https://plato.stanford.edu/entries/law-limits/ De toute facon, l'invocation du "harm principle" ne permet de résoudre quasiment aucune question morale intéressante, parce que dans tous les cas intéressants la controverse portera précisément sur la question de savoir s'il s'applique à ce cas. Notez l'hypocrisie de beaucoup de gens qui invoquent ce principe dans le cas de l'avortement alors qu'eux mêmes n'appliquent pas ce principe dans d'autres cas morales. Soit on est favorable à ce cas partout soit nul part. On ne peut pas l'invoquer à la carte (comme le font les pro avortements). Et quand bien même on considère ce principe comme juste cela ne règle rien à la question de l'avortement vu que tout le débat porte sur le statut du foetus

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  9. L'argument centrale des gens faveurs à l'avortement: il faut autoriser l'avortement au nom de la liberté qu'ont les femmes à choisir leurs corps, c'est un sophisme que l'on appelle argument circulaire càd qu'il suppose comme prémisse ce que l'argument veut prouver. En effet, cet argument n'a de sens que s'il présuppose que le foetus n'est pas un être humain indépendant (position indéfendable). Marrant que les pro avortements préfèrent parler de la liberté de corps des femmes plutôt que de parler du statut du foetus qui est juste la chose centrale dans le sujet de l'avortement. En effet, s'ils voulaient réellement argumenter: ils devraient dire le foetus n'est pas un être humain. Position difficilement défendable c'est d'ailleurs pas pour rien qu'ils font tout pour évacuer cette question en ce concentrant sur la question de la liberté des femmes. Parce que si le foetus est bien un être humain (position des gens qui s'opposent à l'avortement), l'argument de la liberté de corps ne tient plus. Parce que la liberté s'arrête là où celle des autres commencent. La liberté d'un individu ne comprend absolument pas la liberté de tuer un autre être humain. Le foetus est DANS le corps de la femme, il n'est pas LE corps de la femme. Le foetus a son propre ADN et c'est clairement un être humain distinct de la femme. Vous noterez que l'avortement n'est pas autorisé dans la plupart des pays le légalisant jusqu'aux 9 mois. Certes il y a réellement des tarés en faveur de l'avortement jusqu'aux 9 mois (il y a même des gens qui considèrent que les femmes devraient avoir le droit de tuer leurs enfants une fois nées). Mais la plupart des gens ont suffisamment de bon sens pour considérer que l'avortement doit être autorisé que pendant un certain nombre de semaines limités. Ce qui est bien la preuve que pratiquement tout le monde admet que le foetus est bien un être humain. Et quand vous autorisez l'avortement que pendant une durée de temps limitée (12 semaine en France), en suivant la logique des pro avortements, vous limitez la liberté des femmes. Pourtant, eux mêmes acceptent cela. Il y a un problème de cohérence. Surtout, invoquer la liberté du corps est assez ridicule quand on sait à quel point les gens sont loin d'être libre de faire ce qu'ils veulent de leurs corps. Historiquement, on considérait que l'humain ne disposait pas de liberté sur son corps. Si ces derniers décennies, le paradigme a changé: on a de plus en plus considéré que les êtres humains étaient propriétaires de leurs corps et pouvaient faire ce qu'ils voulaient. Seulement, même aujourd'hui, la liberté de faire ce que l'on veut de son corps est relativement limité. Pour l'avortement, il est interdit de pratiquer l'avortement sélectif en France. On sait déterminer le sexe dès la 4 semaine mais on ne le fait pas pour éviter ces avortements sélectifs. Et non seulement avorter en fonction est interdit en France, mais même faire le test l'est déjà. Marrant mais la plupart des gens pro avortements sont contre les avortements sélectifs ? On n'a pas non plus le droit de se couper la main, de prendre du LSD, etc. Les femmes n'ont pas le droit de se faire exciser, même adultes. On ne peut pas vendre ces organes. Le corps est en droit considéré comme hors commerce. Je pourrais continuer longtemps la liste de toutes les interdictions. On est très loin de pouvoir faire ce que l'on veut de son corps. Et très peu de gens sont réellement favorables à la liberté absolue du corps. On pourrait aussi parler des restrictions concernant la prostitution (soutenu par bon nombre de féministes): il s'agit d'atteinte à la liberté du corps. Il y a une incohérence très grande des pro avortements à se scandaliser de l'atteinte de la liberté du corps dans le cas de l'avortement mais à la justifier pour d'autres cas. A part certains libertariens personne n'est réellement favorable à une liberté de corps absolue.

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  10. Une chose qui montre bien l'hypocrisie des pro avortements c'est qu'ils ne se préoccupent nullement des avortements faits à cause de la pression de l'entourage (petit ami, famille,...). Bien sûr, ce n'est pas la majorité des avortements mais c'est loin d'être rare. Bizarre de ne pas se préoccuper de ces avortements où on fait pression sur la femme pour qu'elle avorte quand on prétend défendre la liberté des femmes à faire ce qu'elles veulent de leurs corps. Je trouve cela très hypocrite.
    La liberté des femmes n'intéresse les pro avortements que quand cela les arrange

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  11. L'argument selon laquelle interdire l'avortement n'a pas d'effets sur l'avortement est faux: https://www.nationalreview.com/2019/04/abortion-restrictions-dont-work-dubious-claim/ Et l'argument de avortement clandestins est quantitativement erroné. Il y avait 50 morts dues à des IVG clandestines par an avant la légalisation. Or, chaque année de retard de la première grossesse menée à terme augmente de 3% le risque de Cancer du sein. Cancer qui fait 12 000 morts par an. Si la légalisation de l'IVG n'a retardé ne serait-ce que de deux mois l'âge de la première grossesse à terme alors la légalisation de l'IVG a tué beaucoup plus de femmes qu'elle n'en a sauvées. De plus, le fait d'autoriser légalement l'avortement a augmenté le nombre d'avortements. Or, si les avortements légaux sont moins risqués que les avortements clandestins, ils représentent toujours un risque. Donc il y a fort à penser que plus de femmes meurent à cause de l'avortement après la législation qu'avant vu que même si les avortements légaux sont moins risqués il y a en a plus à cause de la législation. Ce qui augmente le risque absolu (il faut faire attention à ne pas confondre le risque relatif et le risque absolu).
    Source:
    https://quillette.com/2019/05/18/the-abortion-issue-isnt-about-the-patriarchy/
    https://www.guttmacher.org/news-release/2015/women-states-restrictive-abortion-policies-more-likely-others-use-highly-effective
    http://blog.secularprolife.org/2018/07/link-collection-evidence-that-pro-life.html?m=1
    https://web.archive.org/web/20230929122847/https://scontent.fbru1-1.fna.fbcdn.net/v/t1.15752-9/60489220_428953501255043_6293221506436562944_n.png?_nc_cat=105&ccb=1-7&_nc_sid=ae9488&_nc_ohc=EuaDNBgS2QQAX-1h4HR&_nc_ht=scontent.fbru1-1.fna&oh=03_AdR1Yzv_tp6uUkMjKNY7A6heog0MpzLbIv6U8T-25w8rVA&oe=653E30CC


    The Lancet a examiné les taux d'avortement, COMPTABLEMENT POUR LES ABORTIONS ILLÉGALES, dans le monde entier.

    Les taux d'avortement parmi les grossesses non désirées étaient * 20 points de pourcentage plus bas * dans les pays qui limitaient l'avortement. https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(18)30029-9/fulltext
    C'est environ le tiers du taux total d'avortements. Nous pouvons donc dire quelque chose du genre: "la criminalisation de l'avortement réduit probablement d'environ un tiers les taux d'avortement légaux et illégaux".

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    1. Et: https://threadreaderapp.com/thread/1130476628734226432.html

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  12. C'est marrant mais c'est surtout les femmes évangélistes qui se montrent extrêmement dures en matière de contrôle de la sexualité et non les hommes: "Les femmes protestantes conservatrices sont deux fois plus susceptibles de divorcer de leur mari en raison de son utilisation de la pornographie. Et ce n'est pas parce que leurs maris regardent la pornographie plus souvent que les maris protestants non conservateurs. C'est parce qu'elles tracent une ligne dure et qu'elles considèrent que l'utilisation de la pornographie n'est pas simplement analogue à un adultère, mais littéralement à un adultère, une trahison ou une perversion.(.....) la statistique que je vous ai donnée sur les femmes protestantes conservatrices étant deux fois plus susceptibles de divorcer de leur mari que les femmes protestantes non conservatrices - l'inverse n'est pas vrai. Les données dont je dispose montrent que les hommes ne divorcent presque jamais leurs épouses parce qu'ils regardent de la pornographie. Ce n'est tout simplement pas quelque chose pour lequel ils tracent une ligne dure, ou s'offusquent, comme le font les femmes"
    https://www.newyorker.com/culture/q-and-a/a-sociologist-of-religion-on-protestants-porn-and-the-purity-industrial-complex
    On peut être très critique envers les évangélistes mais difficile de les accuser de sexisme concernant la sexualité. Si c'était du sexisme , le contrôle de la sexualité concernerait pas les hommes mais juste les femmes.

    En France, il n'y a aucune différence entre ce que pensent les hommes et les femmes sur l'avortement. Peut être même que les femmes sont un peu plus restrictives: https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2018/03/2502-1-study_file.pdf

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  13. Il existe un féminisme traditionnel qui considérait l'avortement comme «le summum de l'exploitation des femmes» selon Alice Paul. https://www.feministsforlife.org/

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  14. Source: https://www.nytimes.com/2015/01/03/opinion/the-abortion-stereotype.html
    https://razib.substack.com/p/ramesh-ponnuru-on-the-pro-life-movement
    https://www.nationalreview.com/2021/09/the-pro-abortion-case-is-based-on-bad-science/amp/?__twitter_impression=true
    https://unsupervisedlearning.libsyn.com/ramesh-ponnuru-on-the-pro-life-movement-in-america

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