Ralliez-vous à mon panache bleu

vendredi 21 avril 2017

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME ET LA CRIMINALITÉ ORDINAIRE SONT UN SEUL ET MÊME COMBAT



Examinons posément, dans le silence des passions, ce qu’un gouvernement français responsable, réellement désireux de remplir son devoir premier qui est de protéger la vie et les biens des Français, pourrait faire pour répondre au terrorisme islamique.

Attachons-nous uniquement à la question de la sécurité, la protection de l’intégrité physique des individus, et laissons de côté les questions très importantes, mais distinctes, relatives à la politique migratoire, à la politique étrangère, à l’école, etc.

Concentrons-nous sur ce point : comment protéger plus efficacement les Français sur le territoire français. Quelle sera LA décision fondamentale à prendre ?

La réponse est très simple : en luttant plus efficacement contre la délinquance en général.

Un gouvernement qui ne peut pas se décider à réprimer sans faiblesse la délinquance ordinaire ne trouvera jamais en lui-même les ressources morales, matérielles et juridiques nécessaires pour faire face à la menace terroriste.

La racine de notre faiblesse actuelle face à l’islamisme – du seul point de vue de la sécurité, répétons-le – se trouve dans notre refus de punir, dans notre abandon de la notion de juste châtiment.
Dans Par-delà Bien et Mal, Nietzsche écrivait : « On en arrive à un degré de déliquescence morbide et de ramollissement où la société prend elle-même parti, en tout sérieux et honnêteté, pour celui qui lui porte atteinte, pour le malfaiteur. Punir lui parait inique, pour une raison où une autre, - ce qui est certain c’est que l’idée de « châtiment », l’idée « d’avoir à châtier », lui fait mal, la remplit d’horreur. « Ne suffit-il pas de le mettre hors d’état de nuire ? Pourquoi châtier par surcroit ? Châtier est une chose épouvantable ! » La morale grégaire, la morale de la peur touche ainsi à ses ultimes conséquences. »

Nous en sommes là. Ou plus exactement, une bonne partie de nos élites intellectuelles et politiques en sont là. Le bon peuple, en dépit de la rééducation intensive dont il a fait l’objet, semble bien, lui, continuer à abriter des instincts punitifs. Mais fort heureusement il n’est plus nécessaire de tenir compte de ce qu’il dit.

Nous nous refusons à châtier les criminels à la hauteur de ce que méritent leurs actes et nous tirons grande fierté de ce refus de punir. Nous ne voulons plus que soigner ou « réinsérer » dans la société ceux qui s’en sont écartés – parce qu’ils ont eu bien du malheur, à commencer par le malheur de naitre dans une société injuste. Les criminels eux aussi sont des victimes, et même les premières victimes.

Inutile de dévider plus longuement ce discours bien connu et qui, sous une forme ou une autre, nous est servi presque quotidiennement depuis des décennies. Examinons ses conséquences.

La France compte environ 69 000 détenus pour 58 000 places de prison disponibles et son taux de détention est l’un des plus bas de l’UE – une Europe qui ne se distingue pas particulièrement par ses velléités répressives.

Depuis les lois Perben, en 2004, puis Dati, en 2009, les « courtes peines », celles de moins de deux ans hors récidive légale, ont vocation à être « aménagées », c’est-à-dire transformées en autre chose que de la prison, ce qui est effectivement le cas de la plupart. Il existe en permanence un stock d’environ 90 000 peines de prison ferme en attente d’exécution, dont un certain nombre ne seront purement et simplement jamais exécutées.

Les peines prononcées par les tribunaux ne sont presque jamais celles qui sont exécutées : du fait des remises de peine automatiques – trois mois la première année, deux mois les suivantes - , des remises de peines supplémentaires, des possibilités de libération conditionnelle, il est tout à fait possible et courant qu’un condamné soit libéré après avoir effectué seulement la moitié de la peine qui lui avait été infligée par le tribunal, voire moins. Ainsi, la durée moyenne que passe en prison un condamné à « perpétuité » est de vingt ans.

Par ailleurs, la France a adhéré à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, et la jurisprudence de la cour de Strasbourg interdit désormais toute perpétuité réelle, ainsi que les fouilles systématiques et aléatoires en prison. Sans même parler des limitations drastiques imposées aux autorités pénitentiaires qui désireraient punir un détenu qui aurait contrevenu aux règles de la vie carcérale. Dans ces conditions, les directeurs de prison en sont trop souvent réduits à obtenir un calme précaire dans leurs établissements en fermant les yeux sur les trafics en tout genre, pourvu qu’ils ne dépassent pas un certain seuil.

Par ailleurs, les « quartiers sensibles » se multiplient inexorablement sur le territoire français, c’est-à-dire des pans de ville voire des villes entières dans lesquels policiers et gendarmes craignent davantage de provoquer des émeutes en faisant respecter la loi et l’ordre que de laisser prospérer la délinquance. Que des milliers de personnes, dans tel ou tel endroit d’une ville, vivent dans la peur constante des voyous qui tiennent le haut du pavé parait plus acceptable à nos décideurs politiques et administratifs que la mort d’un « jeune » qui aura résisté à la police lors d’une intervention.

Tout cela, et plus encore, dit une seule et même chose : l’usage de la violence, même légitime, nous répugne ; le châtiment, même mérité, nous fait horreur ; nous préférons nous sentir « bons » que d’être justes, et nous identifions la bonté avec une indulgence pratiquement illimitée et une compassion pratiquement indiscriminée.

Tant que nous en serons là, nous resterons des cibles faciles pour les terroristes, et les « quartiers sensibles » continueront à servir d’incubateur et de refuge à ceux-ci. Tant que nous en serons là, les terroristes n’auront pas grand-chose à craindre de la justice française, pourvu seulement qu’ils se laissent capturer vivants. Tant que nous en serons là, nos ennemis mépriseront à juste titre notre faiblesse, et se sentiront assurés de leur victoire à terme.

Que devrait donc faire, très concrètement, un gouvernement décidé à changer cet état de fait ?

Lancer immédiatement la construction de 30 000 places de prison supplémentaires (Sachant que les délais de construction des prisons « classiques » sont malheureusement très longs, il faudra aussi faire preuve d’innovation en ce domaine. Mais des solutions existent).

Supprimer l’aménagement initial des courtes peines – c’est-à-dire les lois Perben et Dati.

Supprimer les remises de peines automatiques.

Sortir de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Revoir l’échelle des peines, notamment pour les faits liés au terrorisme, et augmenter les quantums.

Instaurer une perpétuité réelle et rétablir la peine de mort pour les crimes les plus graves.

Modifier les règles encadrant l’utilisation de leurs armes par les forces de l’ordre et, surtout, modifier les consignes qui sont données à celles-ci. La priorité ne sera plus d’éviter les « incidents » ou les « bavures » mais de restaurer la loi et l’ordre sur l’ensemble du territoire français, quel qu’en soit le prix.

On pourrait ajouter bien d’autres choses, au premier rang desquelles :

Libéraliser le port d’armes pour les citoyens ordinaires.

Rétablir des peines planchers pour certains types de récidivistes.

Interdire les syndicats dans la magistrature.

Recruter les juges en dehors de l’ENM.

Etc, etc.

Mais les sept mesures listées précédemment seraient déjà un très grand pas dans la bonne direction et, à part peut-être le rétablissement de la peine de mort, aucune n’est hors de portée politiquement, juridiquement, et psychologiquement.


Des élections approchent. Souvenez-vous de ces points lorsque les candidats se présenteront à vous. Et surtout souvenez-vous de ceci : la première mesure que devrait prendre un gouvernement réellement désireux d’assurer notre sécurité serait de lancer immédiatement un très vaste programme de construction de places de prison. Tant que cela ne sera pas réalisé, tout le reste ne sera que paroles en l’air.

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