Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 18 octobre 2011

The closing of the muslim mind : le suicide intellectuel de l'islam (1/4)

 
La question politique la plus importante qui se pose aujourd’hui à l’Occident, et peut-être même à l’humanité dans son ensemble, est sans doute : qu’est-ce que l’islamisme ? Qu’est-ce que cette violence perpétrée au nom de l’islam et qui, depuis les attentats du 11 septembre 2001, semble se répandre peu à peu sur toute la planète ?
Plus spécifiquement : quels sont les liens entre l’islam et ce que nous appelons l’islamisme ? L’islamisme est-il un phénomène fondamentalement nouveau ou bien la résurgence de quelque chose de plus ancien ? Est-il une déformation de l’islam, une forme d’hérésie, ou bien au contraire est-il la vérité effective de l’islam, une vérité cachée pendant quelques temps mais qui referait surface aujourd’hui ?
Pour le dire en termes plus directs et au risque de simplifier quelque peu : Oussama Ben Laden était-il un bon musulman ?
Lui-même se percevait certainement comme tel, mais avait-il raison ?
La réponse à cette question conditionne bien évidemment la manière dont nous devons évaluer la menace représentée par l’islamisme, et les réponses que nous devons y apporter. Si l’islamisme n’est qu’une aberration nous pouvons espérer une résorption relativement rapide du phénomène, et sans trop de souffrance. Nous pouvons aussi y apporter des remèdes non religieux, et cela nous convient mieux. Mais si l’islamisme n’est pas une aberration, s’il descend bien de l’islam en ligne direct, alors notre situation est infiniment plus préoccupante. Une résorption rapide et sans douleur n’est plus à espérer et la parenté entre islam et islamisme signifie que nous sommes fondés à nous méfier de l’islam en général, aussi injuste que cela puisse être vis-à-vis de tel ou tel musulman en particulier. Cette perspective ne nous convient pas du tout, mais nous ne pouvons pas exclure a priori, avant tout examen, qu’elle soit la bonne.

La question politique se transforme donc en question théologique : pour faire face à ce problème crucial de l’islamisme nous sommes obligés de nous pencher sur l’islam en tant que tel, de chercher à le connaitre et à l’évaluer dans toutes ses dimensions. Nous devons nous transformer en théologiens, au moins temporairement, ou du moins nous devons nous ouvrir aux questions que posent les théologiens et nous intéresser aux réponses qu’ils y apportent.
Cela n’est pas facile. Peu d’hommes ont naturellement le goût de ce genre de questions, et les hommes politiques - toujours pressés d’avoir des solutions pratiques, directement applicables - sans doute encore moins que les autres. L’Occident, plus généralement, a largement perdu jusqu’au sens de ces questions. Grisés par les progrès de la science, protégés contre les demandes trop insistantes de la religion par nos institutions politiques, nous avons une tendance bien compréhensible à croire que nous avons résolu de manière définitive le problème théologico-politique ; à oublier même que ce problème puisse exister. Nous ne posons plus guère la question « Quid sit Deus ? », qui nous semble superflue, ou en tout cas dénuée de toute pertinence politique.
L’islamisme nous oblige brutalement à reconsidérer ces convictions un peu trop confortables. Si la religion ne joue plus guère de rôle dans nos vies collectives - ou du moins le croyons nous - nous sommes l’exception et non la règle. Et une exception dont on peut légitimement douter qu’elle puisse être durable.
Pour nous aider à nous orienter dans ces contrées devenues peu familières, nous pourrions faire plus mal que d’ouvrir le dernier livre de Robert Reilly The Closing of the muslim mind, dont la thèse est indiquée avec toute la clarté nécessaire par son sous-titre : « How intellectual suicide created the modern islamist crisis » (comment le suicide intellectuel a crée la crise islamiste actuelle).
Selon Robert Reilly, l’islamisme est la conséquence directe, bien qu’éloignée, de ce qu’il appelle la fermeture de l’esprit musulman, c’est à dire la victoire au sein de l’islam sunnite, il y a des siècles de cela, d’une certaine école théologique : l’école Ash’arite, radicalement antirationaliste. Cette expulsion de la raison - ce suicide intellectuel - est selon lui la cause principale de la plupart des pathologies spirituelles dont souffre le monde musulman, et dont l’islamisme n’est qu’une des manifestations, même si elle est la plus spectaculaire.
Reilly s’attache à retracer en détails ce tournant décisif que fut la victoire des Ash’arites sur leurs adversaires rationalistes, les Mu’tazilites, et a en montrer toutes les implications, tout d’abord sur un plan théorique puis sur un plan pratique.
Son livre a ainsi un double mérite. Le premier est celui de nous montrer la profondeur du problème auquel doit faire face l’Occident, mais aussi les musulmans eux-mêmes, qui sont au quotidien les premiers à souffrir de ce suicide intellectuel presque millénaire. Le second est celui de nous rappeler que les idées, mêmes très abstraites, peuvent finir par avoir des conséquences concrètes immenses. Il est naturel, en effet, de supposer que les spéculations des théologiens (ou des philosophes, ou des scientifiques) sont le cadet des soucis de l’homme de la rue - spéculations que celui-ci serait d’ailleurs bien incapable de comprendre, la plupart du temps - et par conséquent qu’elles sont absolument sans influence sur son comportement. Or, si la prémisse de ce raisonnement est correcte, la conclusion, elle, ne l’est pas.
Hobbes était bien plus près de la vérité lorsqu’il écrivait, à la fin du Léviathan : « étant donné que les universités sont les sources de la doctrine civile et morale, où les prédicateurs et les nobles viennent puiser l’eau dans l’état où ils la trouvent, pour la répandre (comme ils ont coutume, du haut de leur chaire et dans leurs conversations) sur le peuple, il faudrait certainement faire très attention de la conserver pure, à l’abri du venin des écrivains politiques païens et des incantations des esprits trompeurs. »
Les idées les plus absconses peuvent finir, après avoir été convenablement diluées, par se répandre sur l’homme du commun et par orienter son existence presque aussi sûrement que si elles étaient son invention. Particulièrement (comme Hobbes le savait très bien) lorsque ces idées se rattachent aux « puissances invisibles ».
Le résultat d’une bataille peut parfois décider du sort d’un royaume, mais les batailles qui se livrent sur le terrain des idées peuvent décider pour des siècles du sort d’innombrables générations d’homme, et Robert Reilly est bien fondé à appeler l’affrontement entre les Ash’arites et les Mu’tazilites l’un des drames intellectuels les plus important de l’histoire humaine.

***

Cet affrontement commence avec la rencontre de l’islam et de la pensée grecque. A compter de l’an 622 après Jésus-Christ (an I de l’Hégire pour les musulmans) l’islam commence à s’étendre par la conquête. Ses premiers succès sont foudroyants. Profitant de l’épuisement des Empires perses et byzantins après des années de guerre, les Arabes mahométans conquièrent très rapidement toute la péninsule arabique puis s’emparent de la Perse et des territoires du Levant (actuels Syrie, Jordanie, Israël, Palestine, Egypte). En 674 les musulmans sont devant les murs de Constantinople, qu’ils assiègent pour la première fois.
En conquérant les territoires de l’Empire byzantin sur le pourtour de la Méditerranée, les Arabes se trouvèrent en contact avec une civilisation qui leur était supérieure à tous points de vue, et notamment du point de vue du savoir. Initialement suspicieux vis-à-vis de cette science étrangère, les nouveaux maîtres musulmans ne purent néanmoins empêcher que celle-ci se diffuse peu à peu dans leurs rangs. L’assimilation de la science naturelle, de la médecine ou des mathématiques des Grecs se fit sans trop de difficulté, mais il n’en alla pas de même avec la philosophie grecque et avec la théologie chrétienne, élaborée à partir de cette philosophie. La philosophie et la théologie ébranlaient en effet directement la foi des conquérants et les obligeaient à poser, pour la première fois, la question du rapport entre la raison et la révélation. Dieu peut-il être connu rationnellement ? La révélation contenue dans le coran est-elle compatible avec l’enseignement de la raison ? La raison est-elle capable d’appréhender des principes moraux indépendamment de la révélation ? Telles furent quelques-unes des questions imposées à l’islam par sa rencontre avec la pensée grecque.
A partir du milieu du 8ème siècle, une nouvelle école théologique - en fait la première véritable école théologique au sein de l’islam - fit son apparition : l’école des Mu’tazilites, qui signifie approximativement « ceux qui se séparent ».  Son ascension fut grandement favorisée par un événement politique : le renversement de la dynastie des Omeyyades par celle des Abbassides, en l’an 750. En arrivant au pouvoir, les Abbassides embrassèrent la doctrine des Mu’tazilites, à la fois pour des raisons de convictions personnelles et parce que cette doctrine leur permettait d’affaiblir le pouvoir politique des ulemas (docteurs de la foi), gardien de l’orthodoxie religieuse et qui prétendaient avoir le monopole de l’interprétation du coran. Sous le règne du calife Al’mamun (813-833) le Mu’tazilisme devint la doctrine officielle de l’Etat et une sorte d’inquisition fut même créée pour assurer la diffusion et l’observation de cette doctrine.
Al’mamun fut probablement le plus ardent défenseur du « savoir grec » de toute l’histoire de l’islam et le créateur de la célèbre « maison de la sagesse » (Bait-al-Hikma), une vaste bibliothèque et un centre de traduction, situés à Bagdad, qui furent détruits lors de l’invasion mongole en 1258. Certains historiens racontent ainsi qu’Aristote serait apparu en songe à Al’mamun pour converser avec lui.
Ce qui est certain en tout cas est que le règne d’Al-mamun marqua l’apogée de la tentative d’incorporer la philosophie grecque à l’islam. La doctrine Mu’tazilite peut ainsi, schématiquement, être caractérisée comme une tentative de concilier la foi et la raison, à la manière de ce que fit Thomas d’Aquin pour le christianisme. Selon les Mu’tazilites Dieu est raison, la création est la manifestation de cette raison, et Dieu a fait à l’homme le don de la raison pour lui permettre de L’appréhender, à travers Sa création puis à travers Sa révélation.
Les implications pratiques de ces propositions théologiques sont essentiellement au nombre de trois. Tout d’abord, si la révélation divine peut contenir des mystères qui sont au delà de la raison, elle ne saurait contenir d’enseignements qui sont contraires à la raison. Le coran doit donc être interprété en accord avec les exigences de la raison. Tout passage inconciliable avec ces exigences doit être interprété de manière allégorique, pour lever la contradiction. En second lieu, la création obéit à un certain ordre rationnel que l’homme peut discerner par ses propres moyens. La philosophie et la science naturelle sont donc possibles et même souhaitables. Enfin, l’homme a la capacité de distinguer objectivement entre le bien et le mal et de se conduire en fonction des indications de sa raison. Il existe donc une place pour des lois purement humaines, destinées à ordonner la vie commune, à côté de la révélation.
Comme le souligne Robert Reilly, la doctrine Mu’tazilite, si elle avait prévalu, aurait rendu l’islam infiniment plus ouvert à certains aspects de la modernité qu’il ne l’est aujourd’hui, comme la science, la liberté de conscience ou le gouvernement constitutionnel.
Malheureusement, la prédominance de l’école Mu’tazilite fut de courte durée. Dès le milieu du 9ème siècle, sous le règne du calife Ja’afar al-Mutawakkil, le Mu’tazilisme cessa d’être la doctrine officielle. Pire, les Mu’tazilites commencèrent à être pourchassés un peu partout. Le célèbre philosophe al-Kindi (801-873), l’un des membres les plus éminents de la « maison de la sagesse » fut ainsi fouetté en public avant de voir sa librairie confisquée et de devoir quitter Bagdad.
La domination de la variante rationaliste de l’islam n’avait duré qu’une vingtaine d’années.
Ces persécutions ne mirent pas fin immédiatement à l’influence de l’école Mu’tazilite et le monde islamique vit encore l’apparition de quelques très grands esprits se réclamant de la philosophie grecque, comme Avicenne, al-Farabi ou Averroës. Mais ces philosophes ne firent jamais souche, le rationalisme reculait peu à peu et, à la fin de la dynastie des Abbassides en 1258, le Mu’tazilisme avait pour ainsi dire disparu du monde islamique.
A sa place s’était imposée l’école Ash’arite (du nom de son fondateur Abu Hasan al-Ash’ari), dont le plus éminent représentant est sans doute al-Ghazali (1058-1111), sans conteste le théologien le plus influent de toute l’histoire de l’islam.
Par son attaque frontale, non seulement contre la théologie Mu’tazilite mais aussi contre toute forme de rationalisme, al-Ghazali contribua décisivement à faire disparaitre la philosophie du monde islamique et à divorcer la foi musulmane de la raison. Comme un symbole de la victoire finale d’al-Ghazali, en 1195, une centaine de livres écrits par Averroës, le dernier grand adversaire des thèses d’al-Ghazali, furent brûlés publiquement à Cordoue et l’enseignement de la philosophie interdit.

23 commentaires:

  1. Autrement dit, pour al-Ghazali, c'est "je suis con, buté, borné, et j'en suis fier"...
    Au-delà de cette boutade rageuse, merci à vous de nous présenter clairement et en français les grandes lignes de ce bouquin dont je ne connaissais que des bribes, en anglais.
    Vous devriez être déclaré d'utilité publique.

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  2. Aristide : c'est bien parce que c'est vous que je lis ça !
    Blague à part, votre éclairage est...lumineux et je sens qu'à la fin du 4° chapitre on aura encore davantage d'arguments sérieux pour recharger nos fusils intellectuels. Et des munitions efficaces, on en a bien besoin.

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  3. Pakounta :

    Eh bien, disons qu'al-Ghazali a grandement favorisé la domination des gens stupides, bornés et fiers de l'être. Mais le pire est que lui-même n'appartenait pas du tout à cette catégorie. Il était incontestablement d'une très grande intelligence et un puissant raisonneur - il n'aurait d'ailleurs pas pu avoir une telle influence sans cela - mais il a utilisé ses hautes facultés pour donner des armes à l'ignorance et à l'irréflexion.
    De tels exemples ne sont hélas pas tout à fait rares.

    Dixie :

    Oui, je sais bien, je fais dans le lourd, le pondéreux, le poussiéreux, l'ennuyeux - non pas par goût pour toutes ces choses (quoique^^) mais parce que je suis profondément convaincu que ce genre de travail intellectuel peu glamour est indispensable à qui veut remporter la bataille des idées.
    Il faut descendre au fond de la mine, en espérant que les lecteurs ne s'effrayeront pas trop de votre aspect quand vous remonterez.

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  4. "De tels exemples ne sont hélas pas tout à fait rares."
    Attali, par exemple...

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  5. Bonsoir,Aristide,

    Voici un site que vous connaissez peut être, la personne qui écrit ces chroniques est un quelqu'un de très bien et qui parle arabe couramment.Voici ses écrits.

    http://www.postedeveille.ca/chronique-dh%C3%A9lios-dalexandrie/

    Ce n'est pas un extrémiste, il parle de ce qu'il connait.

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  6. Quand même, Aristide, être obligé de s'intéresser à l'histoire de leur secte, c'est déplaisant en soi ! Aussi je vous remercie mille fois de nous faire une synthèse ,tout en pestant contre la nécessité d'avoir à mieux les connaître.

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  7. Pakounta :

    Attali est un tout petit joueur comparé à al-Ghazali, même pas digne de délacer ses babouches (les babouches ont-elles des lacets??)

    Grandpas :

    merci du renseignement. Comme vous pouvez le constater, Le Poste de Veille figure dans ma blogroll, mais il est vrai que je ne m'y rends pas très souvent. J'irais voir ça de plus près.

    Dixie : je crois que nous en sommes tous là. Jamais je ne me serais intéressé à l'islam sans le grand remplacement en cours, et je considère que c'est un des nombreux désagréments de la situation actuelle que de devoir consacrer du temps à connaitre cette religion funeste, pour reprendre l'expression de Tocqueville. Mais nous n'avons pas le choix.

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  8. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  9. Merci Aristide, voilà des éclairages dont nous avons grand besoin.

    Le livre de Reilly est sur ma liste depuis longtemps, il faut décidément que je m'y mette !

    Croisez donc ses analyses avec celles d'Edouard Marie Gallez ("Le Messie et son prophète", sur les sources réelles de la foi musulmane), et il y a fort à parier qu'il ne restera plus grand chose de l'Islam ...

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  10. Au fait, ma bien modeste contribution au débat :

    http://www.postedeveille.ca/2011/09/pot-de-terre-et-pot-de-fer-par-olaf-de-paris.html

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  11. Merci, Aristide. C'est agréable de savoir qu'en venant chez vous, c'est du contenu intellectuel solide que l'on va trouver. Vous êtes décidément le sage de la réacosphère.

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  12. Olaf :

    Merci pour le lien et le conseil.

    Mat :

    J'apprécie votre compliment, mais je suis obligé de m'inscrire en faux : sage n'est pas du tout un titre approprié pour moi. Et croyez bien que la modestie n'est pas ma qualité première.

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  13. C'est vrai qu'à les voir agir de nos jours, on n'imagine même pas que ça a pu penser, ces ptites choses-là.
    Dommage pour les rationalistes. Le cours de l'Histoire est mal ficelé. Heureusement qu'elle va être réformée et c'est ainsi qu'alla est grand.

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  14. ...que ça ait pu penser", ptet.

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  15. Eh oui Carine, en fait c'est surtout pour nous que c'est le plus dommage - et pour les musulmans, mais c'est leur problème, ou en tout cas ça devrait l'être.

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  16. J'arrive un peu tard, mais bravo pour cet article. J'attends la suite avec impatience.

    La "victoire" des Ash'arites sur les Mu'tazilites est principalement présentée comme la résultante des rapports de force qui ont évolué avec le temps. Mais n'y a-t-il pas d'autres explications à ce bouleversement ? La perspective des Mu'tazilites tenait-elle face aux enseignements de l'islam ou n'était-elle qu'un parti pris, certes éclairé, mais néanmoins foncièrement hérétique ? Manifestement, Averroès a "prouvé" la compatibilité de l'usage de la raison et de l'islam dans son Traité décisif (même si certains, comme Rémi Brague, y voient aussi un écrit de circonstance propre à servir les intérêts de son auteur). D'autres l'ont-il réfuté ? Et avec quels arguments ? S'il s'avère qu'une telle réfutation est justifiée au regard du Coran et des Hadîth, alors la conclusion (brutale) à en tirer est que l'islam est essentiellement incompatible avec l'usage de la raison ; et que les penseurs musulmans qui ont étudié la philosophie grecque et qui ont "philosophé" ont nécessairement dû s'éloigner des enseignements de leur religion pour le faire. Peut-être Reilly en parle-t-il avec plus de détails.

    Evidemment, on serait naïf de croire qu'une religion n'est constituée que de de textes fondateurs. Je suppose que l'accumulation des interprétations et des traditions religieuses depuis plusieurs siècles rend difficile la distinction entre les conséquences des enseignements de l'école ash'arite et la religion "de départ"--ce qui tend à diminuer, en pratique, l'enjeu de ma question...

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  17. Merci Olaf!
    J'ai beaucoup aimé votre article sur Poste de Veille. J'espère que vous récidiverez!
    Quant à Hélios d'Alexandrie (sur le même Poste de Veille) c'est une mine d'or pour comprendre l'islam et ses dangers.

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  18. Hohenfels :

    La question que vous posez est évidemment LA grande question. Reilly ne la traite pas vraiment (je reviendrais là-dessus dans la dernière partie), il explique les conséquences de ce tournant plus que ses causes.
    Il est évidemment difficile de parvenir à une conclusion définitive sur un tel sujet, néanmoins il me semble que le tournant antirationaliste de l'islam n'est pas dû au hasard ou a des évènements extérieurs mais résulte plutôt d'une logique interne.
    Ce que l'on peut constater c'est que la période rationaliste a été très courte et qu'elle n'est jamais réapparue par la suite.
    Concernant les écrits d'Avveroès je serais de l'avis de Rémi Brague : il n'est pas possible de prendre ses "preuves" pour argent comptant. N'oubliez pas que tous ces auteurs pratiquaient l'écriture ésotérique.
    Mais quoiqu'il en soit ses "preuves" n'ont manifestement pas été jugées persuasives par les autorités religieuses et il est bien connu que les écrits d'Avveroès se sont bien davantage diffusés dans l'Occident chrétien qu'en terre d'islam.
    Là aussi c'est, à mon avis, tout sauf un hasard.

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  19. @ aristide

    Nous sommes d'accord, même si je n'ai, pour ma part, pas une connaissance suffisante de l'islam pour étayer mes intuitions (qui pourrait acquérir une telle connaissance, au fond ?). Ce qui est assez drôle, c'est que Reilly a laissé la question ouverte, en parlant de "fermeture de l'esprit musulman" (oui, j'ai délibérément joué sur les mots). Sans doute a-t-il dû rester évasif sur le coeur de la question, car je doute qu'il soit admis de suggérer que l'islam est essentiellement antirationnel, même aux États-Unis.

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  20. Cher Aristide:
    l'intelligence avec laquelle vous partagez vos connaissances et soulevez les questions fait un jaloux sur Ilys !
    Ca fait trépigner et c'est normal. Sans beaucoup d'écho d'ailleurs, comme vous le constaterez.
    La teneur de vos propos et le talent que vous montrez dans vos billets et vos réponses offusquent ceux qui ne savent pas lire et refusent d'apprendre, les mêmes qui détestent les livres en papier et les bibliothèques …

    Nous vous sommes redevables de tout ce que vous nous apprenez. Les insultes des minus dont la haine du professeur est le moteur ne peuvent vous atteindre.
    Vous devez bien être conscients que tout ce qui fait progresser la connaissance et la conscience rencontrent l'approbation de certains et le déni, voire la haine, des autres qui semblent avoir de vieux comptes à régler.

    Continuez dans votre entreprise de partage de ce que vous avez acquis, par vos lectures et votre travail, et ne tenez aucun compte des aigreurs d'estomac que votre talent de pédagogue (pour moi ce n'est pas un gros mot) occasionne chez les pisse-vinaigre arrogants, incultes, ennemis des livres et de l'école (de l'école en soi et non de ce qu'elle est hélas devenue).

    Vous n'aviez sans doute aucune envie ni intention de relever cette vilénie. Je ne le fais pas pour vous mettre dans l'embarras mais pour vous assurer que nous, vos lecteurs sachant lire, sommes avec vous.
    Et cela ne vous oblige en rien à aller répondre à des attaques indignes. J'espère que vous n'irez pas. En maître refusant de boire la ciguë.

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  21. C'est gentil à vous, Carine, de m'avoir prévenu.
    Je vais rarement sur ILYS et j'aurais sans doute raté cette magistrale (oups!) "démonstration" de maitre XP.
    Je crois d'ailleurs comprendre ce qui a provoqué chez lui cette petite aigreur dont il n'est assurément pas coutumier. Je me suis permis d'ironiser légèrement sur ses conceptions - sans le nommer - chez Dixie.
    C'était très mal de ma part, je le reconnais, et j'en suis bien puni.
    Me voici donc relégué parmi les enseignants. C'est très dur comme condamnation, même s'il est vrai j'ai gravement fauté.
    J'apprends aussi que je suis "d'âge mûr" et que Vertumme est de trente ans mon cadet. S'il savait l'âge que cela fait à Vertumme!
    J'ai ri, mais j'ai ri en lisant ça.
    Vraiment je vous remercie d'avoir porté ce texte à ma connaissance. Vous m'avez persuadé que je devrais aller plus souvent sur ILYS. Les occasions de se divertir ne sont pas si fréquentes.
    Quant à répondre, mon Dieu, mais pourquoi faire?
    Vous voyez, vous pouvez dormir tranquille.

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  22. "Me voici donc relégué parmi les enseignants. C'est très dur comme condamnation, même s'il est vrai j'ai gravement fauté."

    Voilà ! Et c'est rudement bien fait pour vous !

    J'ai bien aimé aussi la Pléiade des "écrivains du web" qui y entreront avec leurs commentaires!
    Remarquez, ça viendra bien un jour, si la collection subit la même évolution que l'ensemble des supports artistiques. Voir chez le Plouc Em' pour cette question.
    Quand XXL sera en Pléiade avec ses commentaires, non censurés, cela va de soi (demandez à Dixie ^^)ça sera chouette de lire tous ses "mongolitos" et autres pseudo injures, destinés à ceux qui ne pensent pas comme lui.

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  23. Aussi, le credo du blog en question semble être résumé par l'affirmation "Nous ne voulons pas votre bien". A ce titre, il ne serait peut-être pas absurde d'interpréter les propos incriminés comme une volonté de rester cohérent envers et contre tout ... :))

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