Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 7 février 2012

Losing ground : la tragédie de l'Etat-providence (5/5)



L’Etat-providence est aujourd’hui en quasi-faillite sur le plan financier dans presque tous les pays où il existe. Mais cette situation financièrement intenable ne doit pas nous cacher que la principale faillite de l’Etat-providence est morale. L’Etat-providence a réellement dégradé la situation des catégories de la population qu’il était censé aider, et la négation de la responsabilité individuelle qui lui est consubstantielle diffuse son poison dans l’ensemble du corps social.
Est-il possible de sauver l’Etat-providence de cette faillite morale ? Si nous retrouvions miraculeusement les ressources nécessaires pour prolonger son existence, serait-il souhaitable de le faire ? Autrement dit, dans quelles conditions pouvons-nous espérer que les « transferts sociaux », monétaires et non monétaires, produiront plus de bien que de mal ?
A cette question, Charles Murray répond sans faux-fuyants qu’il est presque impossible que les programmes sociaux ne fassent pas plus de mal que de bien. En un mot, la raison en est qu’il est presque impossible que ces programmes ne finissent pas par augmenter le nombre de gens affectés par les problèmes qu’ils sont censés guérir.
Pour soutenir cette affirmation, Charles Murray présente trois « lois » qui, selon lui, affectent tous les programmes sociaux.

Loi n°1 : La loi  de la sélection imparfaite. Toute règle objective visant à définir les bénéficiaires d’un programme social exclura certaines personnes de manière irrationnelle.

Tout programme social doit d’abord définir ses bénéficiaires. Mais tout critère de sélection exclura inévitablement des gens qui auraient en réalité besoin d’être aidés, et inclura des gens qui en réalité n’auraient pas besoin de l’être. La règle, qui est nécessairement générale, ne peut pas être adaptée à l’infinie diversité des cas concrets.
Le caractère imparfait de toute définition des « défavorisés » est connu depuis fort longtemps. Traditionnellement on répondait à ce problème en préférant une sélection trop stricte plutôt que trop laxiste. Il était préférable, pensait-on, de refuser d’aider des gens qui en auraient eu véritablement besoin, plutôt que d’aider des gens qui ne le méritaient pas. La raison pour préférer la sévérité était que toute aide accordée indûment a pour effet de miner le sens des responsabilités à la fois du bénéficiaire de l’aide et de la communauté toute entière. La sévérité aidait à maintenir l’honnêteté de tous, elle servait donc le bien commun même s’il pouvait arriver qu’elle pénalise injustement certains.
Aujourd’hui les agents de l’Etat-providence ont l’attitude inverse. Ils répugnent à distinguer entre les « défavorisés » et préfèrent donner à tous ceux qui se présentent plutôt que de refuser à quelqu’un qui en aurait besoin. La raison en est qu’ils ne croient pas qu’il existe un coût moral dans le fait d’aider de manière indiscriminée. Les « défavorisés » ne sont, de toutes façons, pas responsables de leur situation, donc, en pratique, la seule limite à l’aide accordée est le budget alloué à l’Etat-providence, budget qui, cela va sans dire, est toujours insuffisant par rapport aux « besoins ».
A l’heure actuelle la loi de la sélection imparfaite conduit fort logiquement à des programmes sociaux qui incluent toujours plus de bénéficiaires.

Loi n°2 : La loi des bénéfices involontaires. Tout transfert social accroît l’intérêt qu’il y a à être dans la situation qui justifie le transfert.

Les transferts sociaux cherchent à remédier à certains manques - trop peu d’argent, trop peu de nourriture, trop peu d’instruction - ou bien à changer certains comportements indésirables - addiction à la drogue, chômage, délinquance. Dans tous les cas il est absolument inévitable que le transfert social en question augmente l’intérêt qu’il y a à être dans la situation qu’il cherche à changer, soit en augmentant les bénéfices qu’elle procure, soit en diminuant les inconvénients qui l’accompagnent.
Bien entendu cela n’est pas vrai pour ceux qui se trouvent de manière tout à fait involontaire dans cette situation. Il serait absurde de dire que donner une allocation à un paraplégique augmente l’intérêt qu’il y a à être paraplégique. L’existence d’une allocation pour les paraplégiques n’augmente pas le nombre de paraplégiques (à moins, peut-être, qu’elle se compte en millions de dollars).
Mais il est très peu de cas comme celui-ci. Dans la plupart des cas les situations qui justifient le transfert social sont au moins partiellement volontaires. Le cas le plus typique est sans doute celui du chômeur qui perçoit une allocation. Notre chômeur n’a pas fait exprès de perdre son emploi et il préférerait sincèrement travailler plutôt que de toucher une allocation mais il ne parvient pas à retrouver de travail. Sa situation pourrait donc sembler totalement involontaire. Mais en réalité son comportement est bien affecté par l’existence d’une allocation. Cette allocation lui permet d’être plus discriminant dans sa recherche d’emploi. Il pourra, par exemple, refuser une offre qui l’obligerait à déménager à l’autre bout du pays, alors qu’il l’aurait accepté s’il avait eu le couteau sous la gorge. On peut parfaitement penser qu’il est bien que notre chômeur ne soit pas obligé de se déraciner brutalement pour retrouver un emploi, mais cela ne change rien au fait que son chômage n’est plus complètement involontaire. Il restera peut-être chômeur plus longtemps, tout simplement parce que l’existence d’une allocation a réduit les inconvénients qui accompagnent le chômage.
Les situations prises en charge par les politiques sociales s’étalent sur un continuum qui va de purement volontaire à purement involontaire, avec très peu de cas appartenant à ces deux extrêmes. Mais dès lors que la situation ciblée n’est pas totalement involontaire, toute aide a pour effet pervers de rendre cette situation plus attractive ou moins pénalisante, et par conséquent d’augmenter le nombre de ceux qui s’y trouvent.
Pourtant, dira-t-on, ne serait-il pas possible de mettre au point des programmes sociaux dont les bénéfices involontaires sont toujours très faibles, trop faibles pour provoquer une augmentation du nombre de leurs bénéficiaires ?
C’est à ce point que doit être prise en compte la troisième loi.

Loi n°3 : La loi du préjudice net. Moins il est probable qu’un comportement indésirable change volontairement, et plus il est probable que le programme visant à le changer cause plus de mal que de bien.

Un programme social visant à modifier un comportement doit faire deux choses. Il doit d’une part amener ceux qu’il vise à y participer et il doit d’autre part produire le changement désiré chez les participants. Le problème est que, dans un régime démocratique, il est pratiquement impossible de contraindre les « défavorisés » à participer aux programmes qui leurs sont destinés, et plus impossible encore de les contraindre à changer leurs habitudes. La participation et le changement doivent être volontaires, c’est à dire motivés par l’espérance de quelque bien. Dans une démocratie libérale les programmes sociaux ne peuvent guère utiliser que la carotte, pas le bâton.
Cela implique que le taux de réussite sera très faible, particulièrement avec les plus « défavorisés », c’est à dire avec ceux qui sont depuis le plus longtemps dans la situation que l’on cherche à changer. Modifier des habitudes invétérées est très difficile et ne peut guère se faire sans recourir à la punition aussi bien qu’à la récompense. Mais la gamme des punitions dont disposent les agents de l’Etat-providence est très limitée, et d’autant plus limitée que ceux dont l’on veut modifier le comportement sont considérés comme des « victimes ».
En pratique, un programme social qui s’adresse au noyau dur des « défavorisés » - les chômeurs de longue durée, les délinquants récidivistes, les lignées de mères adolescentes, etc. - doit inclure des récompenses très substantielles pour espérer avoir un effet sur le public visé. Mais plus les récompenses sont substantielles, plus la situation en question devient désirable, et plus le nombre de ceux qui s’y trouvent grandira.
Au total, le programme social aura causé un préjudice net à la société, et sans doute aussi aux « défavorisés » dans leur ensemble.

La conséquence pratique de tout ce qui précède est assez claire et Charles Murray n’hésite pas à la tirer, sans bien entendu se faire d’illusions sur la possibilité que ses propositions soient un jour adoptées. Puisqu’il est impossible de défaire le nœud gordien de l’Etat-providence, la seule solution est de le trancher, c’est à dire de supprimer l’Etat-providence. Plus précisément, Charles Murray en vient à la conclusion qu’il serait préférable de supprimer toute forme d’aide gouvernementale pour les personnes valides en âge de travailler, à l’exception d’une assurance chômage aux prestations bien délimitées. Les personnes valides en âge de travailler se retrouveraient donc sans autre recours que le marché du travail, leur famille, leurs amis, et la charité publique organisée au niveau local, en général au niveau de la commune.
Cette charité publique locale est en effet largement exempte des inconvénients inhérents à la charité publique nationale et peut beaucoup plus facilement être modifiée dès lors qu’elle s’avère contre-productive.
Cette proposition de supprimer l’Etat-providence n’a pas pour objectif, il faut bien le souligner, d’équilibrer les comptes publics ou de punir ceux qui abuseraient de la charité publique. Elle est motivée par la reconnaissance du fait que l’Etat-providence fait plus de mal que de bien, précisément à ceux qu’il est censé aider.
Ce sont les « défavorisés » qui seraient les premiers à bénéficier du démantèlement de l’Etat-providence.
Pourtant, objectera-t-on, supprimer les programmes d’aide aboutira inévitablement à plonger certains dans la misère. Et immédiatement viennent à l’esprit les fantômes de Gavroche et de la petite marchande d’allumettes.
Il est effectivement possible que la suppression de l’Etat-providence ait pour conséquence que certains se retrouveront sans aucune ressource sans avoir démérité, même si rien n’indique que leur nombre serait élevé, et il est très légitime de se préoccuper du sort des enfants déshérités. Mais nous devons garder à l’esprit que les enfants n’ont pas besoin que de pain. Il est très important de donner à manger à ceux qui ont faim, mais il n’est pas moins important de faire en sorte que les enfants grandissent dans une société qui ne les encourage pas à rester pauvres et dépendants.
Supposons que nous sachions que demain nos enfants seront orphelins et que nous ayons le choix de la famille à laquelle nous allons les confier. Nous pouvons confier nos enfants à une famille très pauvre, si pauvre que nos enfants auront parfois faim et seront toujours mal vêtus. Mais nous savons que dans cette famille pauvre les parents ont toujours travaillé dur, qu’ils feront en sorte que nos enfants aillent à l’école, étudient, qu’ils restent dans le droit chemin, et qu’ils leur apprendront qu’être indépendant est la condition du respect de soi. Ou bien nous pouvons confier nos enfants à une famille dont les parents n’ont jamais sérieusement travaillé, qui seront incapables de superviser l’éducation de nos enfants, mais qui disposent en abondance de  nourriture et de vêtements, fournis par autrui. Devant une telle alternative notre choix ne serait pas douteux. Mais si pour nous-mêmes le choix est évident, quelle légitimité avons-nous pour bâtir un système qui, en pratique, fait un choix différent pour les enfants des autres ?
Nous pouvons évidemment toujours souhaiter ne pas avoir à faire un tel choix. Nous pouvons toujours souhaiter avoir un système de charité publique qui à la fois aide les plus démunis et les aide à s’aider eux-mêmes. Mais cela restera de l’ordre du souhait. Nous avons déjà essayé de bâtir un tel système de charité publique. Il a échoué, et il était inévitable qu’il échoue.
Nous devons faire face à cette réalité désagréable. Nous aimerions tant pouvoir aider tout le monde sans nuire à personne. Mais cela n’est pas possible.
Comme le dit fort justement Charles Murray en conclusion de son livre, le vrai débat au sujet de l’Etat-providence n’est pas entre les comptables qui voudraient réduire les déficits et les compatissants qui voudraient aider les pauvres. Si l’Etat-providence se réforme un jour, cela ne sera pas parce que les avares l’auront emporté, mais parce que les gens généreux auront cessé de se raconter des histoires.

***

Epilogue.

En 1962, Michael Harrington publiait The Other America. Avec ce livre, la notion de pauvreté structurelle faisait son entrée dans le débat public américain. Le livre fut un énorme succès, tout particulièrement auprès des décideurs politiques. Le président Kennedy, après avoir lu The Other America, lança les prémisses de ce qui, quelques années, plus tard allait devenir La Grande Société.
En 1996, le président Clinton signait, avec le soutien des élus républicains au Congrès, une loi qui réformait en profondeur une partie du Welfare State et notamment le système d’aide à destination des mères célibataires. Le succès fut spectaculaire. Pour la première fois depuis des décennies, un nombre considérable de gens quittèrent les registres du Welfare-State pour retrouver le monde du travail. Pour la première fois depuis des décennies, le taux de pauvreté se mit à décliner pour les catégories de population touchée par la réforme. (voir par exemple ici).
Derrière cette réforme, Losing Ground, de Charles Murray. De la même manière que The Other America peut être considéré comme le point de départ intellectuel de La Grande Société, Losing Ground fut le point de départ intellectuel d’un vaste mouvement politique qui aboutit à la réforme de 1996.
Les réformes mises en œuvre en 1996 étaient bien loin d’être aussi radicales que celles que suggérait Charles Murray dans son ouvrage, mais elles étaient basées sur le diagnostic qu’il avait établi dix ans plus tôt. Leur succès retentissant a prouvé, autant qu’il est possible, à quel point ce diagnostic était juste.

18 commentaires:

  1. Superbe série ! Qui mérite d'être relue d'un seul tenant.

    Ce sera quoi, la prochaine ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Didier.
      La prochaine série portera sur le féminisme.
      Foire d'empoigne en perspective.

      Supprimer
  2. Quand on lit une série comme celle-ci, on a tout compris. Ce que l'on supposait par simple "bon sens" est confirmé par des études sérieuses.
    J'ai dans mon entourage des personnes aidées par la "charité publique" et qui ne font rien pour en sortir sous prétexte qu'elles ont "droit" au chômage pendant X mois,"là, je suis tranquille, on verra plus tard, j'ai cotisé, je ne vais quand même pas prendre n'importe quoi...".
    Sans compter celui qui a "négocié son licenciement" afin de construire sa maison ..."tu comprends, en faisant les travaux moi-même, elle me reviendra beaucoup moins chère...". Sauf qu'il oublie totalement que pendant qu'il fait des économies, d'autres travaillent pour lui payer ses indemnités. Et là, on voit à quel point le système est perverti...

    RépondreSupprimer
  3. Une seule critique : l'article auquel vous renvoyez sur les résultat de la réforme est un peu long.

    Toute réforme qui mènerait à valoriser le travail par rapport à l’assistanat aurait pour conséquence de limiter le nombre de ceux qui sont censés venir faire les "travaux dont les Français ne veulent pas" et qui finissent eux-mêmes par se faire assister et toucher l'argent dont les Français voudraient bien.

    On peut d'ailleurs penser que les salaires de ces emplois pourraient augmenter s'ils ne s'accompagnaient pas de charges destinées à financer l'aide sociale.

    Je remarque que dans les contrées reculées (et "moralement" attardées, probablement)les poubelles sont ramassées, il se construit des maisons, les rues sont propres et tout cela malgré l'absence de travailleurs importés. Les Normands ne seraient-ils pas Français ?

    RépondreSupprimer
  4. Un seul mot Aristide : merci.
    Plusieurs mots, Aristide : ben didon, on attendait depuis mardi dernier, pffff.

    RépondreSupprimer
  5. Nana :

    Je crois que nous connaissons tous des cas semblables.
    Vous connaissez la fable : ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés.

    Jacques Etienne :

    En fait l'argument selon lequel les immigrés viendraient de leur plein gré vider les poubelles à Paris - comme dit la chanson - aurait dû cesser d'être utilisé depuis longtemps puisque, en France, l'immigration de travail est résiduel depuis des décennies, tout au moins l'immigration légale. De l'ordre de 10% des entrants chaque année.
    En revanche il est hors de doute qu'une réduction drastique de la "charité légale" aurait entre autre pour vertu de de décourager l'immigration.
    Nous aurions décidément tout à y gagner.

    Dixie :

    Je comprends que le suspens ait été intenable. Rassurez-vous : je ne suis pas près de reprendre des vacances.

    RépondreSupprimer
  6. Bravo,le seul mot qui me vient à cet instant.

    RépondreSupprimer
  7. Granpas, Carine : merci à tous les deux. Les applaudissements sont le salaire du blogueur.
    (Ce qui ne veut pas dire que je tiens un blog pour percevoir un salaire^^)

    RépondreSupprimer
  8. Mais vous le méritez, car vous avez été magistral. Et avec le féministe, vous allez vous aventurer sur un des terrains les plus sensibles qui soient.

    Mais ça me changera. L'affaire Guéant a presque eu ma peau. Il y a de cela bien des années, au sortir de l'adolescence, ma conscience philosophique s'est éveillée face à la question : le Bien, le Beau et le Vrai sont-ils absolus ou relatifs ? Ce fut une crise autour de laquelle s'est largement construite ma pensée. Et entendre notre classe politique (qui n'a ni prédisposition ni légitimité particulière sur le sujet) manier ces notions complexes avec toute la finesse et la dextérité d'un handicapé mental jouant d'un stradivarius avec trois épaisseurs de mouffles est plus que je n'en puis supporter.

    RépondreSupprimer
  9. Il est vrai que c'est probablement le plus désolant dans toute cette affaire : la misère intellectuelle qu'elle révèle chez ceux qui sont (ou aspirent à devenir) nos représentants. Et je ne parle même pas des blablateurs professionnels des médias qui ont réussi l'exploit de tomber en dessous d'eux-mêmes.
    Il y a des jours comme ça où on sent poindre en soi comme une sorte de découragement...

    RépondreSupprimer
  10. Désolée Aristide, mais j'ai eu peur que vous en ayez marre de bloguer....(ce sont des choses qui arrivent, même aux meilleurs ;))
    On comprendra sans doute mieux ma réaction quand on saura tout sur les femmes et leurs réactions émotionnelles hypersensibles ah ah ah.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, les différences hommes/femmes... la vie serait bien ennuyeuse sans cela, ne trouvez vous pas ?
      Pour ce qui est de me lasser, ce n'est pas encore le cas. Le problème éventuel, en ce qui me concerne, ce n'est pas la lassitude mais le temps. Pourrais-je continuer à alimenter régulièrement ce blog comme je l'ai fait cette année (Eh oui, je viens de me rendre compte que cela fait un an que j'ai ouvert ce blog)? Je n'en suis pas sûr du tout. Et puis vient un moment où l'on finit par se répéter un peu trop souvent.
      Mais je ne me projette pas trop dans l'avenir. On verra bien. De toutes façons je ne partirais pas sans tirer ma révérence.

      Supprimer
  11. Aristide,

    Nous avons les hommes politiques que nous méritons tout simplement.

    C'est par manque de temps que je ne tiens pas un blog et que je squatte celui des autres.

    Dxdiag,

    Souvent femme varie, fol qui s'y fie.

    RépondreSupprimer
  12. Avons-nous réellement les hommes politiques que nous méritons ?
    Question à laquelle il est bien difficile de répondre.
    Disons que pour une part nous récoltons sans doute au niveau de la classe politique ce que nous avons semé dans les générations précédentes : il me semble évident que le personnel politique doit, comme le reste de la population, être touché par les transformations de l'école et de la famille. L'inculture et l'immaturité de bon nombre de nos représentants sont aussi sans doute le résultat de l'éducation et de l'instruction très défectueuses qu'ils ont reçu.
    Mais d'autre part je pense qu'il y a aussi une part de hasard. Un grand homme politique est une chose rare. L'apparition d'un de Gaulle ou d'un Churchill est imprévisible, de même que l'apparition d'un Shakespeare ou d'un Montaigne. Il y a des générations plus fortunées que d'autres.

    RépondreSupprimer
  13. Cher Aristide,

    Je ne pense pas, nos politiciens sont souvent élèves de grandes écoles même lors des cycles primaires, il me semble que l' Élu des socialistes a fait ses classes dans des institutions privées souvent catholiques. L' Ecole alsacienne de Paris est un rassemblement des enfants de nos élites de l' Assemblée Nationale.

    Ces gens là ne mettent pas leurs charmantes têtes blondes dans les Z.E.P et ne vivent dans des Z.U.S (Zone Urbaine Sensible).J'ai appris ce dernier terme en intégrant mon nouveau lieu de travail.

    Chez les gens de droite, il ne peut en être qu'ainsi mais chez ces élites de Gauche, belle hypocrisie!

    Pour les grands hommes politiques, certes un Churchill qui déçut son père en servant dans la cavalerie,au Soudan, il participe à ce qui est décrit comme la dernière véritable charge de cavalerie britannique, à la bataille d'Omdurman en septembre 1898.

    Il n' appréciait que très peu De Gaulle, il le considérait comme un arriviste. Ma mère par contre idolâtrait le Général pour ma part je partagerais plutôt l' avis du britannique.Durant la guerre 14-18, il ne fut pont brillant et fut toujours discret sur sa capture pendant ce conflit.

    Après la guerre, il concéda beaucoup aux communistes, peut être pour éviter une guerre civile mais nous en payons encore les conséquences, n' ayant pas connu cette époque je ne fais que donner un avis qui n'engage que moi.

    Pour la littérature,je ne m' aventurerais pas sur ce terrains mais avez vous lu Zoè Oldenbourg, une grande dame si l'on aime le roman historique ou les essais du même genre.

    Bonne soirée.

    RépondreSupprimer
  14. Bien sûr Granpas, nos dirigeants fréquentent (très souvent) les meilleures écoles, mais même ces établissements prestigieux ne sont pas épargnés par la baisse des exigences, je le crains.
    De toutes façons vous êtes bien obligé, à un moment ou l'autre, de vous adapter au public que vous recevez, et ce public n'est plus celui d'il y a cinquante ans. Vous ne pouvez plus avoir les mêmes exigences, parce que l'éducation familiale n'est plus la même, parce que l'environnement de manière générale ne va plus dans le sens des exigences scolaires.
    Peut-être y a-t-il encore des ilots préservés, mais ils doivent être bien rares.
    Quant aux grandes écoles type ENA ou Science-po, mieux vaut ne pas parler de ce qu'elles sont devenues.
    Et puis il ne faut pas penser seulement au Président et au Premier ministre, mais aussi à toute la piétaille parlementaire, aux innombrables élus locaux,etc. Et pour ceux-là je peux vous assurer que le niveau laisse franchement à désirer.

    En ce qui concerne de Gaulle et Churchill, il faudrait des volumes entiers. Disons simplement que ce que j'ai lu ne correspond pas vraiment à ce que vous dites.
    de Gaulle a été capturé (et blessé) assez tôt durant la WWI et il a passé l'essentiel du conflit en captivité, mais ce n'est pas faute d'avoir essayé de s'évader. Nous savons beaucoup de choses là dessus et les témoignages de ses camarades de captivité ne manquent pas.
    Ses relations avec Churchill durant la WWII furent effectivement compliquées - elles ne pouvaient pas ne pas l'être - mais il me semble que, dans l'ensemble, Churchill a toujours manifesté de l'estime pour de Gaulle.
    Pour de Gaulle et les communistes, c'est une trop longue histoire pour être racontée ici.
    N'oubliez pas, simplement, que de Gaulle n'est pas resté longtemps au pouvoir après la libération et qu'il faut tenir compte des circonstances dans lesquelles il agissait.

    RépondreSupprimer
  15. Bonjour Aristide,

    Je sais que s'attaquer à De Gaulle est toujours risqué mais chaque à sa part d'ombre te je ne pense pas que ce dernier y échappe quant à sa capture le 2 Mars 1916 à Douaumont,les circonstances sont mal connues, différentes versions en furent données, le silence que le général conserva toujours à son sujet rendirent difficile d'en évaluer l'influence sur sa démarche ultérieure.Quant à la libération période confuse de l'histoire de ce pays, tout n' a pas encore été dit ou écrit.

    Pou la baisse du niveau de nos élites, vous avez certainement raison pourtant j'ai tenu des bureaux de vote durant 15 années en tant que président mais à Paris et il est vrai que je n' ai eu à faire qu' à la crème de l' Assemblée Nationale.

    N' y voyait de sarcasmes de ma part mais à cette époque , les partis ne présentaient que leurs têtes de sérié maintenant cela a bien changé quand on voit une Duflot exiger un poste de député à Paris, c'est à mourir de rire, je ne parle pas de Daty car là on frise la pantalonnade.

    Je vous souhaite le bonjour.

    RépondreSupprimer

LES COMMENTAIRES ANONYMES SERONT SUPPRIMES SANS AUTRE FORME DE PROCES, ALORS FAITES L'EFFORT DE PRENDRE UN PSEUDONYME OU DE SIGNER VOTRE MESSAGE. MERCI.