Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 21 février 2012

Réflexions sur la révolution féministe (1/5) - Docteur Mary and Miss Beauvoir


Depuis presque un demi siècle les démocraties occidentales se sont lancées dans une expérience sans précédent connu dans toute l’histoire humaine : l’instauration d’une société sexuellement neutre, une société dans laquelle la différence des sexes serait considérée comme dépourvue de la moindre pertinence pour déterminer les occupations et les professions des individus[1].
Là où il y a un homme, il peut y avoir une femme, et inversement. Les femmes, pour le dire en un mot, doivent être considérées comme les égales des hommes à tout point de vue, sauf bien évidemment pour ce qui concerne certains détails physiologiques sans importance, comme la pilosité ou la musculature. Mais une société civilisée ne détermine pas les rôles des individus en fonction de l’abondance des poils ou de la taille des biceps.
L’égalité entre les sexes - ou serait-il préférable de dire : l’indifférenciation des sexes ? - est même l’un des derniers points sur lequel les démocraties occidentales semblent fermement convaincues de la supériorité de leur modèle. Comme l’écrit fort justement Christopher Caldwell : « la seule exigence non négociable que l’Europe impose à ses immigrants est de s’adapter aux rapports entre les sexes et à la sexualité à l’européenne. »
Ce n’est pas que quelques grincheux, ici ou là, ne se plaignent pas de la « féminisation » de l’Occident, ou ne crachent pas leur fiel sur le féminisme dès que l’occasion s’en présente. Mais qualifier ces réactions de combat d’arrière-garde semblerait encore trop généreux. Cela fait longtemps que le combat a cessé faute de combattants. A-t-il même jamais eu lieu ? Quand donc les hommes se sont-ils sérieusement opposés à l’instauration de la société sexuellement neutre ?
Entendons nous bien : ces récriminations machistes ont - en général - ma sympathie, mais il me semble que toute analyse tant soit peu réaliste de la situation doit partir de ce constat : la société sexuellement neutre est là pour durer (à moins que tous ces nouveaux venus à la culture si enrichissante n’en décident autrement, mais c’est là une autre histoire). Elle est là pour durer car, en dépit des rodomontades de certains d’entre eux, les hommes (occidentaux) ne sont pas prêts à lutter pour rétablir le « patriarcat », comme disent les féministes. Ledit patriarcat s’est écroulé comme un seul homme dès que les féministes ont élevé la voix, sans que les horribles phallocrates qui étaient censés en profiter fassent le moindre geste pour le défendre sérieusement. Ce faisant les hommes ont admis, implicitement, qu’il était plus facile de vivre sur un pied d’égalité avec les femmes. Elle est là pour durer car, pour autant que je puisse en juger, même les femmes conservatrices et critiques envers le féminisme veulent, dans leur très grande majorité, conserver deux acquis très importants de la société actuelle : la contraception et les carrières.
Le patriarcat est mort et enterré.
Est-ce à dire pour autant qu’il ne nous reste plus qu’à chanter en chœur : « nous sommes tous des féministes » et, pour la partie mâle de la population, à nous transformer en hommes sensibles qui se comportent comme des tafioles qui acceptent le "ressenti" de leurs émotions ?
Non, en aucun cas. La société sexuellement neutre est là pour durer mais le féminisme actuel a fait trop de mal, continue de faire trop de mal aux hommes et aux femmes pour se résigner à son règne sans partage.
Mais quoi ? me direz-vous, le féminisme et la société sexuellement neutre, n’est-ce pas la même chose ?
Non, ce n’est pas tout à fait la même chose. L’égalité des droits n’est pas l’identité des rôles.
Le féminisme, en réalité, est double, il a connu une transformation capitale dans les années 1960, une transformation qu’il importe de retracer pour comprendre notre situation présente.



Le terme « féminisme » n’a commencé à être couramment utilisé qu’au début du 20ème siècle mais le féminisme, dans sa première incarnation, est bien plus ancien. Ce féminisme originel n’est guère plus que l’application aux rapports entre les sexes des idées démocratiques qui se répandent un peu partout en Occident au 18ème siècle.
Les premières féministes demandaient ainsi que les femmes puissent jouir des mêmes droits politiques que les hommes, qu’elles puissent elles aussi accéder à l’instruction, que les lois cessent de favoriser les hommes comme elles le faisaient traditionnellement.
Pour autant ces premières féministes - qui ont pour nom Olympe de Gouges ou Mary Wollstonecraft - n’affirmaient aucunement que les hommes et les femmes sont identiques. Elles reconnaissaient qu’il existe des différences naturelles entre les deux sexes, des différences non seulement physiques mais aussi psychologiques. Par conséquent le féminisme originel ne s’opposait pas à une certaine division sexuelle du travail, et notamment au rôle prépondérant des femmes au sein du foyer (même s’il voulait à l’évidence assouplir ces rôles).
Pourquoi donc les femmes doivent elles cultiver leur intelligence ? Eh bien, notamment parce que « La tâche importante de l’éducation ne se fera pas correctement tant que l’on ne préférera pas l’esprit d’une femme à sa personne. Car il serait aussi sage d’espérer voir l’ivraie donner du bon grain ou des ronces donner des figues que de voir une femme ignorante et stupide être une bonne mère. » (Mary Wollstonecraft, A vindication of the rights of woman)
Les femmes doivent être instruites pour, entre autres choses, devenir de bonnes mères et de bonnes épouses.
Ce premier féminisme ne favorisait pas non plus la « libération sexuelle », c’est à dire la liberté pour les femmes de se conduire sexuellement avec autant d’insouciance que les hommes. Bien au contraire, ces premières féministes affirmaient que les femmes, parce qu’elles sont naturellement plus pudiques que les hommes, sont moralement supérieures à ceux-ci. Par conséquent leur but était de faire en sorte que les hommes s’élèvent jusqu’au niveau de moralité, et notamment de moralité sexuelle, des femmes. Les hommes devraient, disait Mary Wollstonecraft, apprendre « non seulement à respecter la modestie des femmes, mais à acquérir eux-mêmes cette vertu et à y voir le seul moyen de mériter leur estime. »


Quel contraste avec le féminisme actuel ! Quel tournant à 180 degrés ! Mais que s’est-il donc passé ?
Les causes lointaines du changement sont à rechercher dans les attaques portées par quelques grands auteurs - tous des hommes, incidemment - contre la notion de nature humaine et contre la société « bourgeoise » reposant sur les droits (naturels) de l’homme.
La cause immédiate est un livre bien connu d’une femme non moins connue : Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir.
Avec Beauvoir, et ses innombrables disciples, le féminisme change de nature en se tournant contre la nature : « on ne nait pas femme : on le devient ». Autrement dit il n’existe pas « d’essence » féminine, les femmes n’ont pas de caractéristiques psychiques permanentes qui les distingueraient des hommes.
Par conséquent, Beauvoir affirme avec force que les femmes, après avoir été opprimées depuis la nuit des temps, doivent désormais « s’émanciper », devenir enfin « autonomes ». Mais émancipées de quoi, autonomes par rapport à quoi ?
Emancipées des hommes, autonomes par rapport aux hommes, bien sûr.
Et comment les femmes peuvent-elles devenir des êtres autonomes ? En gagnant leur vie peut-être ?
Eh bien, en gagnant leur vie certes, mais surtout en prenant leur distance avec la maternité, pour ne pas dire en refusant purement et simplement la maternité, et en pratiquant, comme les hommes, une sexualité « virilement indépendante ».
C’est en effet dans la sexualité, et ses conséquences, à savoir la maternité, que Beauvoir prétend trouver la cause première de l’oppression des femmes. Ainsi son opus magnum n’a presque rien à dire sur la question des carrières féminines, mais a en revanche énormément à dire sur la question de la sexualité. On y trouve donc un chapitre sur l’initiation sexuelle, un sur le lesbianisme, un autre sur la prostitution, et le chapitre consacré à « La mère » s’ouvre sur de longues pages consacrées à la question de l’avortement, avortement qui, selon l’auteur, ne devrait pas être considéré avec réticence ni regretté une fois accompli.
Il serait facile de faire remarquer que les idées philosophiques de Beauvoir sont empruntées, et empruntées à des hommes pas spécialement favorables à la libération des femmes - que l’on songe seulement à ce que Nietzsche avait à dire du féminisme. Il serait également assez facile de montrer que le mélange de marxisme et d’existentialisme sur lequel elle s’appuie n’est guère cohérent. Mais la profondeur ou la cohérence d’une pensée n’est pas du tout identique à son influence, et c’est l’influence exercée par Le deuxième sexe qui nous intéresse ici. Or cette influence a été plus que considérable.
Après Beauvoir, le féminisme sous toutes ses formes s’est donné pour objectif de rendre et de garder les femmes indépendantes des hommes, et aussi des enfants.
Les féministes « modérées » - comme par exemple Betty Friedman - se caractérisent par le fait qu’elles ne cherchent pas spécialement à attaquer les hommes et la famille. Leur préoccupation principale est de permettre aux femmes de devenir économiquement indépendantes en ayant une carrière professionnelle.
Les féministes radicales - comme par exemple Germaine Greer - se caractérisent par le fait qu’elles attaquent franchement les hommes - les « phallocrates » - et la famille ; ce qui signifie en pratique qu’elles promeuvent avec force - par devoir moral, pas par goût personnel - une sexualité « libérée ». Une sexualité « libérée » est une sexualité libérée des limites imposées par la moralité. La « perversité polymorphe » est une bonne chose, pourvu qu’elle soit le fait d’adultes consentants, même si la raison de ces deux dernières restrictions n’est pas bien claire. Elle est une bonne chose car elle émancipe les femmes des mythes de l’amour romantique et de l’instinct maternel, qui les rendaient dépendantes des hommes et des enfants qu’elles pouvaient concevoir avec eux.
Les féministes « modérées » parlent donc avant tout carrière, inégalités salariales, « plafond de verre », et autres choses du même genre. Leurs propositions concrètes reviennent essentiellement à réclamer que le gouvernement les protège de ce qu’elles considèrent comme des discriminations dans le travail et qu’il se substitue à elles pour garder leurs enfants. Lois contre le harcèlement sexuel, parité, crèches publiques, sont le genre de mesures qui ont leur faveur.
Les féministes radicales parlent donc avant tout...sexualité. Leurs propositions concrètes reviennent essentiellement à réclamer que le gouvernement incite activement les jeunes femmes à « explorer » leur sexualité en toute liberté. Education sexuelle - c’est à dire promotion de la « perversité polymorphe » - la plus précoce possible, avortement à la demande, contraception gratuite sont le genre de mesures qui ont leur faveur.
Les féministes modérées et les féministes radicales se rejoignent en ce que les unes comme les autres visent à éloigner les femmes de la famille et en ce qu’elles ignorent délibérément la différence des sexes - autre que strictement biologique s’entend.
Les féministes modérées n’ont donc pas grand-chose de sensé à dire sur la manière dont les femmes pourraient réussir à combiner harmonieusement une carrière professionnelle et une vie de famille. En se contentant d’affirmer que les hommes devraient en faire plus à la maison et que le gouvernement devrait en faire plus à l’extérieur, elles affaiblissent en réalité la famille et rendent beaucoup plus improbable la combinaison harmonieuse que souhaitent sans doute la plupart des femmes (et des hommes). Car les dispositions législatives visant à faciliter les carrières féminines rendent aussi le divorce ou la séparation plus facile. Derrière chaque femme libérée se tient nécessairement un homme libéré. Et d’autre part car, de manière parfaitement prévisible, les hommes résistent obstinément à assumer une part significativement supérieure des tâches ménagères.
La plupart sont tout aussi convaincus que leurs compagnes des vertus de l’égalité, et sont par conséquent tout à fait disposés à les laisser poursuivre une carrière professionnelle aussi prenante que la leur. Mais se mettre à assumer les tâches ménagères qui étaient auparavant l’apanage des femmes c’est bien autre chose. Pourquoi devraient-ils se charger de ce que leurs compagnes considèrent comme un fardeau puisqu’elle veulent l’abandonner ? L’égalité joue dans les deux sens. Un compromis pourrait être, éventuellement, de laisser trainer les chaussettes sales et de confier les enfants plus longtemps à la garderie mais, bizarrement, la plupart des femmes ne se satisfont pas d’un tel compromis. Elles continuent donc à assurer l’essentiel des tâches ménagères, tout en entretenant une tenace rancune vis à vis de leur homme, ou vis à vis des hommes en général, ce qui bien entendu ne facilite pas une vie de couple harmonieuse.
Les féministes radicales n’ont elles rien de sensé à dire sur la manière dont les femmes devraient envisager leur vie amoureuse. L’écrasante majorité des jeunes femmes ne tardent pas à découvrir, à leurs dépends, que la perversité polymorphe n’est pas du tout un mode de vie qui leur convient et qu’une sexualité « libérée » est bien plus à l’avantage des hommes que des femmes. Les plus malchanceuses peuvent aussi découvrir que l’avortement n’est pas exactement le substitut à la contraception qu’on leur avait laissé entrevoir.

Toutefois, s’apercevoir que la liberté sexuelle n’apporte pas tout à fait le bonheur promis ne signifie pas encore répudier la libération sexuelle, car l’idéal « d’émancipation » continue à exercer un certain attrait, et par conséquent nombre de femmes qui découvrent que les hommes, et leurs propres sentiments, de correspondent pas à l’idée qu’elles s’en faisaient préfèrent blâmer les hommes et leurs sentiments et s’accrocher à leurs opinions.
Surtout, l’attaque lancée par le féminisme contre l’idée qu’il pourrait exister des différences naturelles entre les sexes a été suffisamment efficace pour venir bloquer toute velléité de revenir à une compréhension plus raisonnable des rapports hommes/femmes.
La situation actuelle n’est certes pas entièrement satisfaisante, dira-t-on, mais c’est simplement parce que nous sommes au milieu du gué. Encore un effort - c’est à dire encore un effort de la part des pouvoirs publics pour imposer « l’égalité réelle » - et nous arriverons bientôt en terre promise : la totale indifférenciation des sexes dans leurs occupations et leurs comportements.
Un explorateur qui s’aperçoit qu’il s’est égaré et que le chemin qu’il a emprunté ne l’a pas conduit là où il l’espérait peut effectivement persister à suivre la même direction, en espérant que l’obstination finira par payer, même si la forêt se fait de plus en plus épaisse et ses ombres de plus en plus inquiétantes. Mais ne serait-il pas plus raisonnable de s’arrêter pour examiner posément la carte et se demander si, par hasard, le sentier n’était pas le mauvais dès le départ ? Ou, pour parler en termes moins métaphoriques, ne serait-il pas préférable de se pencher sérieusement sur la prémisse essentielle du féminisme actuel : l’absence de différences naturelles entre les sexes ?



[1] Tout ce qui va suivre - c’est à dire non seulement ce billet mais les suivants - s’appuie bien évidemment sur un certain nombre de lectures. Je ne suis pas assez imprudent pour m’aventurer en un terrain si dangereux sans avoir par devers moi de quoi soutenir mes affirmations. Mais comme il ne s’agit pas pour moi d’écrire un article universitaire, lesté de toutes les notes de bas de page et de la bibliographie longue d’une aune qui sont censés attester de son sérieux, je me contenterais d’indiquer une seule et unique fois trois ouvrages qui me semblent particulièrement importants et qui permettront aux lecteurs curieux, ou suspicieux, d’approfondir les questions traitées ici, et de retrouver une partie de mes références. Il s’agit donc de Steven Rhoads, Taking sex differences seriously, Encounter books, 2004; Harvey Mansfield, Manliness, Yale University Press, 2006; Larry Arnhart, Darwinian natural right, SUNY, 1998.

30 commentaires:

  1. Que voilà un premier billet passionnant ! Votre drame, Aristide, c'est que vous faites trop bien les choses : vous êtes si habile à nous restituer la substantifique moelle de tous ces ouvrages dont vous nous parlez que nous risquons de ne pas aller les lire.

    Mais à tout prendre, comme nous ne les aurions pas même connus sans vous, continuez comme ça, et merci de nous livrer cette pâture intellectuelle. Vous êtes décidément le meilleur d'entre nous.

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  2. "Le meilleur d'entre nous"

    Arrgh, seriez-vous en train de suggérer que je suis l'Alain Juppé de la réacosphère, Mat ?
    Pourtant il n'est pas difficile de nous différencier. Mon blason est d'azur à la chouette d'or, alors que le sien est de sinople à la babouche d'or.
    Remarquez que si l'on file la métaphore jusqu'au bout, si je suis l'Alain Juppé de la réacosphère, vous qui me décernez ce titre devriez en être considéré comme le Jacques Chirac...

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  3. Précisément toutes les raisons pour lesquelles j'exècre le féminisme.
    Au passage :

    "Avec Beauvoir, et ses innombrables disciples, le féminisme change de nature en se tournant contre la nature : « on ne nait pas femme : on le devient »."

    C'est exactement ce que disait Franz Boas à propos du QI. Pas génétique, pas de naissance. On est intelligent parce qu'on le devient. C'est pourtant contraire aux données existantes, mais passons.

    Il y a comme un mal-être en ces temps modernes qui est de reconnaître et accepter ce qui est "inné". Mon professeur de dessin nous disait la même chose. Il aimait à répéter aux élèves que le talent en dessin n'y est pour rien. Il a sorti un chiffre (d'on ne sait où) comme : "95% de vos performances sont dûs au travail, 5% au talent". Sauf qu'en vérité, le talent, c'est comme un accélérateur. Si vous avez le talent, vous allez plus vite que les autres, progressez plus vite que les autres. Ce n'est donc clairement pas une question de "volonté".

    Les femmes reconnaissent mal qu'elles sont intellectuellement inférieures aux hommes. Peut-être pour cette raison qu'on a créé le QE (quotient émotionnel) pour permettre aux femmes de mieux scorer que les hommes : sauf que voilà ... la composante émotionnelle de ce genre de test n'a absolument rien à voir avec le facteur "g". Donc, useless.
    Le résultat néanmoins est que désormais les femmes semblent obnubilées par la recherche du statut social, se mettant à imiter le comportement des hommes. Les femmes blanches se mettant à fumer. Pour avoir le "respect" (si ce mot veut encore dire quelque chose aujourd'hui) ? Peut-être.

    J'ai comme le sentiment que tout ceci pourrait être lié de près ou de loin à la 2nde guerre mondiale. Le nazisme résonne encore dans toutes les têtes. Les nazis ont justifié la supériorité raciale pour servir leur cause.
    D'où mon impression que, aujourd'hui, tout ce qui touche à "l'inné" réveille immédiatement nos (ou plutôt "vos", car je suis pas blanc) vieux démons. Inconsciemment ou non, on censure la "nature". Place au "nurture". Ca vaut pour les races/ethnies, ça vaut pour les genres, etc.

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    1. "J'ai comme le sentiment que tout ceci pourrait être lié de près ou de loin à la 2nde guerre mondiale."

      En fait pas tant que ça. Le discrédit jeté sur la notion de nature humaine est bien antérieur à la WWII. Le nazisme est ses crimes ont plutôt été l'accélérateur, ou le révélateur, d'une crise latente.
      Fondamentalement le problème n'est pas d'origine politique, il est interne à la philosophie moderne.
      Mais c'est une histoire beaucoup trop longue et compliquée pour être racontée ici.

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    2. "Le discrédit jeté sur la notion de nature humaine est bien antérieur à la WWII. Le nazisme est ses crimes ont plutôt été l'accélérateur, ou le révélateur, d'une crise latente."

      Je ne nie pas que dès le début du siècle dernier, on sentait déjà un commencement. Le point de mon argument est que la WW2 a abouti assez tôt à un nouvel objectif : l'égalité politique et biologique. Depuis quelque chose comme 1940-1950, et de ce que je sais, probablement pas avant. Cela a entraîné le féminisme dans son sillage.

      Mais plus important, le féminisme a connu sauf si je me trompe un essor bien plus énorme en France durant les années 70 et 80, avec une "nouvelle" conscience qui prenait forme. Sans doute cette impulsion a été encouragée par Mai 1968. En outre, et pas seulement en France, il y a la légalisation de l'avortement, les aides aux femmes célibataires (avec enfants). Les revendications entendues qui contribuèrent à aider les femmes à s'intégrer dans le monde du travail. Ce mouvement, le féminisme, ne s'est pas essentiellement développé seul.
      Ma conclusion est que le féminisme tel qu'on le connaît actuellement est le fruit de ce que j'appelle grossièrement le féminisme d’État. Et cela, plus qu'un simple phénomène de modernisation de société. Je crois aussi que les Trentes Glorieuses ont marqué le début d'une révolte (inconsciente ou non) des femmes à l'égard des activités (ou "emplois") féminines.

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  4. Par exemple! Je n'ai pourtant pas beaucoup de goût pour le sumo! Mais on dit que le brave Jacques est assez porté sur la bonne chère et la dive bouteille, et là il est vrai que nous sympathisons.

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    1. Et sur les femmes mon cher Mat, tout comme notre dominique-nique-nique national, même si apparemment il faisait un peu plus attention à la question du consentement que le ci-devant directeur du FMI.
      Quand à Alain Juppé je ne sais pas trop sur quoi il est porté, à part le cirage de babouche.
      Chacun ses perversions...

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  5. J' ai lu par le passé ce livre: "Les hommes protégés"; de Robert Merle,L'auteur n' a fait que puisé dans les idées radicales des féministes américaines.

    Excellent exposé cher Aristide mais j' ai toujours aimé changé un bébé et pourtant je me suis souvent fait traité de sale machiste.

    Mat, vous devriez vous intéresser d'un plus près au sumo, un des derniers sports ou l' honneur a encore un sens.Les non japonais y réussissent bien en ce moment.

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  6. Cette affaire de "on ne nait pas femme on le devient" me semble très représentative de l'histoire d'un certain nombre d'idées.
    Dans un premier temps, on ne s'appuie que sur l'observation et le bon sens : on croit alors que les hommes et les femmes sont extrêmement différents.
    Puis on affirme ( avec raison je pense) que l'éducation participe à la transmission des différences, qu'elles ne sont pas toutes innées, ou pas systématiquement innées, ni réparties également.
    On pousse le raisonnement plus loin et on déclare qu'il n'y a aucune différence qui ne soit secondaire à un apprentissage.
    Puis, enfin, on interdit de dire quoi que ce soit qui aille à l'encontre de ce qui précède.

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  7. Grandpas :

    On peut aimer changer un bébé et être un macho, mais je pense que c'est une conjonction assez rare^^.

    Concernant le Sumo je dois avouer que j'ai de la peine à comprendre l'intérêt que l'on peut y prendre. Bien qu'étant un admirateur des arts martiaux japonais (et un pratiquant de l'un d'entre eux), le Sumo me laisse totalement froid.

    A dire vrai je soupçonne notre ex-président de s'y être intéressé surtout de manière négative, de même qu'à ses masques africains et à ses vases Ming : comme expression d'une culture non occidentale. Pour bien marquer son refus de tout "européocentrisme", et pas parce que ça l'aurait véritablement passionné.
    Un peu comme ces féministes qui se croient moralement obligées de promouvoir la libération sexuelle alors qu'elles mêmes sont totalement dépourvues d'érotisme.

    Dixie :

    Me permettrez-vous de vous dire que je trouve votre présentation de l'histoire des idées un peu schématique ?
    Bien sûr vous avez raison de dire que les différences hommes/femmes ne sont pas simplement innées, qu'elles sont aussi en partie le produit de l'éducation reçue.
    Disons que la nature humaine est comme un cadre, dont il ne nous est pas possible de sortir, mais à l'intérieur duquel nous disposons d'une certaine liberté.
    Les différences naturelles entre les hommes et les femmes peuvent être accentuées, ou au contraire amoindries par l'éducation, elles peuvent s'exprimer sous des formes différentes suivant les "cultures", mais il n'est pas possible de les faire disparaitre.
    Simplement il me semble que les gens intelligents l'ont toujours su - ou en tout cas certains d'entre eux.
    Le fait que nous ayons abandonné tout sens commun sur un certain nombre de sujets me parait avoir des causes plus particulières que la dialectique que vous décrivez.

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    1. Pour vous Aristide,

      http://www.youtube.com/watch?v=hrt27KxqrVY&feature=autoplay&list=UUpOmy6iy-dJHMXvvA_Ok19g&lf=plcp&playnext=2

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    2. C'est bien aimable Grandpas.
      En échange,

      http://youtu.be/LYTy0rCxLoo

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    3. Je ne connaissais pas ce type de karaté, percutant c'est le moins que l'on puise dire.

      Pratiquez ce genre d'art martial, le seul art martial que j'ai pratiqué durant les années 70 fut la Canne d'arme, extrêmement efficace même en milieu clos.

      Voici le combat dont je vous parlais:

      http://www.youtube.com/watch?v=RKPwvWKtHvc

      Portrait de Maimouùi

      http://sumodb.sumogames.com/Rikishi.aspx?r=42

      Au moment de ce combat, Konishiki faisait 3 fois son poids .

      Voilà, je m' arrête là!

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  8. Il faut cependant reconnaître à Jacques qu'il accordait une grande importance aux racines de l'Europe. Dont il a découvert, notamment, qu'elles étaient "autant musulmanes que chrétiennes". L'homme était brillant historien, assurément.

    Tout bien considéré, je ne suis pas sur de tenir à être le Jacques Chirac.

    En ce qui concerne le féminisme, je crois que nous n'en sommes pas sortis, mais les remarques de Meng Hu sont intéressantes. Si les pays asiatiques ne semblent pas perméables à la propagande qu'on nous déverse à pleins sauts sur la tête, on devrait peut-être se demander pourquoi.

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    1. "Si les pays asiatiques ne semblent pas perméables à la propagande qu'on nous déverse à pleins sauts sur la tête, on devrait peut-être se demander pourquoi."

      Ma mère qui a quoi - disons 53 ans ? - me répondait à une question que je posais souvent quand j'étais petit "pourquoi mon père était-il si distant, parlait-il si peu, montrait si peu de tendresse, par rapport à ma mère ?" : selon elle, en Chine, les hommes gagnent l'argent et protègent la famille - c'est leur rôle - et les femmes, elles, se bornent à éduquer l'enfant et lui donner la tendresse - c'est leur rôle. Donc en gros, les hommes et les femmes avaient chacun un rôle défini par leur condition (selon leur sexe) qu'ils devaient tenir. J'avais demandé si les chinois en général pensaient la même chose. Elle m'a répondu sans hésiter une seconde : "oui".

      Je n'ai jamais osé poser ce genre de question à d'autres, mais j'ai tendance à croire que ma mère est peut-être dans le vrai.

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  9. Je reconnais bien volontiers une tendance (extrême) à la simplification. Il me semble tout de même qu'assez souvent les idées évoluent pour passer d'une erreur à l'autre, comme si l'homme (ou la femme^^) était incapable de s' arrêter en chemin sur une position intermédiaire "raisonnable".
    Voyez comme nous sommes passés du racisme "intégral" à l'antiracisme absolu : il me semble que la démarche est un peu équivalente.

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  10. Mat,

    Je n'ai pas de lumières particulières concernant l'impact du féminisme occidental sur les pays asiatiques (Asie orientale). Je remarque simplement une chose : dans tous ces pays (à une ou deux exceptions près) les taux de fécondité sont très bas, bien plus proche de 1 enfant par femme que des 2,1 requis pour le renouvellement des générations.
    Il me semble que cet effondrement de la fécondité ne peut pas aller sans une certaine remise en cause du rôle traditionnel des femmes, qu'il en soit la cause ou la conséquence. Que deviennent les mères de famille lorsqu'il n'y a plus de famille ?
    Je n'en sais pas plus, c'est juste un soupçon de ma part. A creuser.

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    1. "Il me semble que cet effondrement de la fécondité ne peut pas aller sans une certaine remise en cause du rôle traditionnel des femmes"

      M'est avis qu'une grande partie de la réponse se trouve une fois de plus sous la doctrine du gouvernement, qui est, l'égalitarisme.
      Une chose que l'histoire a bien montré et de façon concluante, c'est que les économies, lorsqu'elles ont connu des progrès et des avancées techniques/technologiques, ont également connu une croissance de l'Etat.
      Certains économistes pensent que c'est grâce à la croissance de l'état que les économies ont prospéré, et d'autres pensent que la prospérité s'est faite en dépit de la croissance de l'Etat.
      Mais le fait demeure que si le gouvernement augmente en poids et en taille, alors le rôle de plus en plus prépondérant joué par la femme me semble tout expliqué.
      Aider les plus faibles, égaliser les revenus, éliminer les inégalités, permettre l'égalité des chances etc.
      Tout ceci sans doute a contribué à la situation actuelle des femmes, même en Chine.
      Bien sûr, on peut se demander comment la situation aurait évolué, indépendamment de l’État, mais je persiste à croire que si un début de conscience apparaît en Chine ou si des revendications sont mises en oeuvre, c'est parce que l'Etat-providence l'a vivement encouragé, en prônant l'égalitarisme.

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  11. Toujours délicieux, Aristote.
    Je suis inquiet : "nous sommes au milieu du gué" dites vous.
    Je pensais au contraire aux possibilités/probabilités d'un reflux.

    J'ai toujours milité en faveur de l'égalité, plus comme un principe visant à offrir aux unes les mêmes droits qu'aux uns. En notant toutefois qu'il n'y a pas à "discuter" les bases fondamentales de la nature (Quel réac suis-je !).
    Je ne voudrais pas insister.

    Mon intervention concerne plutôt un aspect post-moderne : le gender theory !
    J'ai récemment trouvé un texte de F. Héritier (successeur de Levy-Strauss au Collège de France -c'est donc pas n'importe qui!) qui, notant (?) que "les produits « bons », la viande, le gras, etc. étant réservés prioritairement aux hommes. (..) Cette « pression de sélection » qui dure vraisemblablement depuis l'apparition de Néandertal, il y a 750 000 ans, a entraîné des transformations physiques."
    Bref, les femmes (petites, frêles, jolies) seraient le résultat du "struggle for life" d'une époque révolue. vous voyez où l'on va !

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    1. René,

      vous êtes très aimable de me confondre avec Aristote mais, bien que manquant foncièrement de modestie, je dois bien avouer que je ne suis même pas digne de dénouer ses souliers.
      Concernant le "au milieu du gué" il s'agissait bien sûr d'une parole que j'attribuais à un partisan de l'indifférenciation des sexes. Ce que je ne suis pas, vous l'aurez compris.

      Je dois dire que je n'ai jamais eu beaucoup d'estime pour l'intelligence de Mme Héritier (oui, oui, j'ai lu de ses livres), et cette citation ne fait que me conforter dans mon jugement. Expliquer les différences physiques entre les hommes et les femmes par le fait que la meilleure nourriture était réservée aux hommes...
      Et comment explique-t-elle que les hommes pouvaient se réserver la meilleure nourriture si ce n'est par le fait qu'ils sont plus forts que les femmes,etc ?
      Il me semble qu'un enfant de huit ans comprendrait la circularité d'une telle "explication" sans même qu'il soit besoin de lui mettre les points sur les "i".
      Mais je dois sûrement me tromper. Après tout je ne suis pas au Collège de France, moi.

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  12. "les produits « bons », la viande, le gras, etc. étant réservés prioritairement aux hommes. (..) Cette « pression de sélection » qui dure vraisemblablement depuis l'apparition de Néandertal, il y a 750 000 ans, a entraîné des transformations physiques."

    Ce n'est pas pour enfoncer le clou, mais nous savons tous que ce sont les hommes qui ramenaient les viandes.
    Ils se perdent en forêt, perdent leur groupe, perdent leur orientation dans leurs expéditions incessantes. Négligeant, ils meurent dévorés par les bêtes. Les plus intelligents survivent.

    Oui, les hommes prenaient tous les risques. Pas les femmes, qui attendaient sagement dans leur petite caverne chauffée: "Chéri ! Je veux à bouffer !" (vous aurez remarqué qu'aujourd'hui, c'est l'inverse)
    Alors, je vois pas de quoi elle se plaint cette Françoise Héritière...
    Elle est pas féministe, des fois ?

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  13. Mais le plaisir de changer les couches de son bébé, de lui faire prendre son bain, de lui donner le biberon, de lui faire des câlins est quelque chose dont il ne faut pas priver les hommes ! Dont ils ne veulent pas se priver d'ailleurs, du moins les Européens.
    Cela peut-il lui faire perdre sa virilité ?
    Je ne crois pas.
    Cela lui donne un charme supplémentaire.

    Il est vrai que les féministes ne voient pas la paternité de cette manière : elles prennent un géniteur, font un enfant et jettent le mâle. Etre privé de son droit au paternage est une monstruosité moderne.
    Donc quand les choses se passent dans une famille normale, l'homme joue son rôle de père de façon naturelle. Je ne crois pas qu'il y perde en masculinité.
    Il est vrai que les lois qui protègent les femmes sont tournées contre les hommes. J'ai deux fils et je suis sensible au fait qu'en cas de divorce, les hommes perdent quasiment leur enfant, dépendent du bon vouloir de l'ex.
    Il est tout à fait exact aussi que les femmes ont fait du divorce un métier comme un autre, une source de revenus comme une autre. Certaines femmes, celles dont les maris sont solvables.
    Dans la majorité des cas, les deux époux sont salariés (un salaire ne suffit plus), les hommes ne sont pas tous des payeurs inépuisables, sauf s'ils font une carrière politique (casés et recasés en cas de malheur électoral) et beaucoup se retrouvent sans toit, ruinés par leur divorce, financièrement et moralement.

    Dur dur d'être un homme. Je ne suis ni fière ni honteuse d'être une femme.
    Mais il faudrait une égalité devant la loi.

    Les militantes féministes, d'extrême gauche, sont totalement incohérentes dans leur discours à la fois promoteur des droits de la femme et accueillant envers l'immigration africano-musulmane. Elles n'y voient aucune contradiction.
    Mais cela ne peut pas durer. Caroline Fourest vient d'en faire l'expérience.

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    1. Caroline Fourest s'en fiche. A ce qu'il parait elle ne fréquente pas beaucoup les hommes^^

      Bon, pour ce qui concerne les joies de s'occuper de ses enfants, je ne les méconnais pas du tout, les ayant moi-même expérimentées. Mais - et pour parler de manière générale - je crois que les hommes sont moins à l'aise que les femmes avec les petits enfants. Ils les comprennent moins bien et s'ennuient plus vite à s'en occuper. Ca change un peu quand ils grandissent, car il est alors possible de faire davantage de choses avec eux - ce que les hommes apprécient plus.
      Mais surtout, laissons chaque ménage s'arranger comme il l'entend de ce partage des tâches, au lieu d'essayer de pousser les hommes (et les femmes) à faire ce pourquoi ils n'ont, le plus souvent, ni goût ni talent.

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  14. Bonsoir Aristide,

    Je ne m'étendrais pas sur le sumo car ma passion pour cet art martial est aussi immodérée que pour la voiture, c'est vous dire.Il y a un petit club amateur de ce art à Paris et croyez moi les participants ne sont pas tous des gros,c'est le seul sport où il n' y a pas de catégorie de poids.La photo la plus célèbre montre Konishiki(262 kgs, the Meat Bomb) face à un autre qui devait peser moins de la moitié de son poids. Connaissez vous une autre sport capable de montrer une telle opposition.

    Je m''arrête ici sinon j'en ai pour des heures.

    Du côté de l'image antinomique,bébé et machisme, je peux vous assurer que mon physique me ferait plutôt ressembler au chanteur des "Garçons bouchers", crâne rasé et aussi large que haut.

    @ Meng Hu,

    En occident il y a quelques années en arrière , la maman restait à la maison et le papa allait au boulot, de mon côté la femme au turbin et l'homme au bistrot, ne me déplaît pas non plus.

    Je fais toujours les courses, il y a des avantages, une petite bière pour le déplacement par exemple.

    Quant aux féministes à 50 ans, elle vont chercher le bel étalon dans certains pays d' outre méditerranée voir sub-sharienne.

    Bien j' arrête là car je vais encore me faire traiter d' affreux machiste.

    Comme disait un ami;: " tu es marié, tu as une belle mère, arrêtes toi là le plein d'emmerdes est fait".

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  15. Merci Aristide pour cette instructive présentation du féminisme.

    Le féminisme de Simone de Beauvoir est celui de la similitude c’ est à dire du refus de la différence d’ avec l’ homme avec pour objectif pour la femme émancipée de devenir... un homme.

    Dans mes souvenirs de lecture » de son livre « Le deuxième sexe » il m’ avait semblé que l’ intéressée ne niait pas que la femme pût dans une maternité voulue trouver des joies mais plutôt qu’ elle mettait en cause le fait qu’ on en fasse le but de son existence.

    J’ observe qu’il a existé en face du féminisme de Simone de Beauvoir un autre féminisme : celui de la différence défendue notamment par Annie leclerc et luce Irigaray qui insistaient sur la féminité de la femme et son pouvoir ( exclusif ) d’ enfanter.

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  16. Bonjour Michka,

    Vous avez bien sûr raison, il existe d'autres branches du féminisme. Mais mon propos n'était pas de présenter le féminisme dans toutes ses variétés (il faudrait des volumes entiers), simplement de présenter les courants les plus influents.

    Concernant Simone de Beauvoir il est exact qu'elle reconnait que certaines femmes peuvent trouver de la satisfaction dans la maternité mais il est également clair qu'elle considère cela avec désapprobation et que, de manière générale, elle cherche à détacher les femmes de la maternité, qu'elle considère comme une aliénation.
    Ainsi vers la fin de sa vie elle déclarait qu'aucune femme ne devrait être autorisée à rester chez elle pour élever ses enfants. Le gouvernement devrait forcer les femmes à être "libres".

    Si vous voulez un bon exemple de ce qu'est un certain féminisme contemporain inspiré par Beauvoir vous pouvez écouter cette interview de Marcela Iacub (via FDS) : http://www.franceinfo.fr/societe/tout-et-son-contraire/marcela-iacub-le-pire-ennemi-des-femmes-c-est-l-enfant-c-est-la-famille-536771-2012-02-23

    A écouter Marcela Iacub (et à la lire!) vous pourriez avoir l'impression qu'il s'agit d'une semi-démente, comme dirait l'autre. Mais il n'en est rien. Elle est tout à fait cohérente avec ses prémisses, qui sont celles de Beauvoir : il n'y a pas "d'essence" féminine. Tout comme Beauvoir elle est obsédée par la question du sexe (elle n'écrit pour ainsi dire que sur ça) et par celle de la maternité. Mais elle présente du moins l'avantage d'être très franche (elle doit sans doute trouver que la dissimulation est trop féminine...).
    Bon évidemment, elle est directrice de recherche au CNRS, et ça c'est beaucoup moins drôle...

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  17. Merci pour le lien Aristide sur Marcela Iacub, bonne disciple de Simone de Beauvoir . En écoutant ses élucubrations ( « j’ ai une chien, une petite chienne «, « ectogénèse »,... ), on se dit que cette femme est mure...

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    1. En écoutant ou lisant Marcela Iacub, je ne peux pas m'empêcher de penser à cette phrase de Nietzsche : "lorsqu'une femme montre du goût pour la science c'est ordinairement le signe que quelque chose cloche dans sa sexualité".
      "Ordinairement" je ne suis pas d'accord avec cette phrase (ni d'ailleurs avec la plupart des choses que Nietzsche a à dire sur les femmes), mais là...

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  18. J'ai lu votre billet avec grand intérêt. Votre réflexion est d'une grande qualité et vraiment, je vous remercie de nous la faire partager.
    J'aimerais bien me lancer dans la discussion, mais cela nécessite un peu de temps et hélas, je dois m'en aller préparer le dîner pour mes filles. Ne voyez aucune malice dans cette précision: c'est la pure vérité. Ces tâches-là, si nobles ou pesantes soient-elles, grignotent le temps.
    Il faut aussi que je relise le deuxième sexe. Je l'avais volé à ma mère, lorsque j'étais adolescente, espérant y puiser des lectures émoustillantes. J'ai été bien déçue. Le souvenir qui m'en reste est plutôt noir et vindicatif, pas du tout émoustillant et pour tout dire, assez ennuyeux.

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    1. Mais je vous en prie. Nous courrons tous après le temps, et c'est le seul bien dont il est beau d'être avare.

      Il est vrai que les féministes "à la Beauvoir" sont en général remarquablement inérotiques (je parle de leurs écrits bien sûr) alors même qu'elles parlent énormément de sexe. Cela forme un contraste assez étrange.

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