Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 13 mars 2012

Réflexions sur la révolution féministe (4/5) : Au milieu des décombres


Les études scientifiques concluant que les différences hommes/femmes sont substantielles et profondément ancrées pourraient être énumérées pendant encore longtemps, mais arrêtons nous là et jetons un coup d’œil d’ensemble sur ce qu’elles nous apprennent.
Au total, aussi bien qu’en détail, ces études confirment le sens commun. Presque tous les stéréotypes les plus courants au sujet des hommes et des femmes se trouvent validés par la science (oui, oui, même le fait que les femmes pleurent davantage et ont peur des araignées).
Parmi ces stéréotypes ayant acquis le rang de « vérité scientifique », trois sont plus  particulièrement importants du point de vue qui nous occupe.
D’une part le fait que les hommes sont effectivement plus portés que les femmes sur les plaisirs de la sexualité, et moins portés à en assumer les conséquences.
Comme le disait un acteur américain, à qui un juge demandait pourquoi quelqu’un d’aussi riche et célèbre que lui pourrait avoir besoin de recourir aux services d’une prostituée : « je ne les paye pas pour avoir un rapport sexuel, je les paye pour qu’elles s’en aillent. » Les femmes désirent rester et doivent être payées pour s’en aller ; les hommes désirent partir et doivent être incités à rester.
D’autre part le fait que les femmes sont moins portées que les hommes à s’affirmer et à rechercher les positions de pouvoir. Les femmes sont moins « agressives », moins dominatrices que les hommes, plus enclines à la coopération et au compromis. Vous avez dit plafond de verre ?
Enfin le fait que les femmes soient plus attirées que les hommes par les enfants, particulièrement par les jeunes enfants, et aussi plus douées pour s’en occuper car plus réceptives à leurs besoins.
Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?
La conclusion la plus évidente est que nous faisons fausse route lorsque nous essayons de bâtir une société dans laquelle les hommes et les femmes seraient interchangeables. Les comportements de l’un et l’autre sexe peuvent être partiellement modifiés - et certainement ils ont été modifiés depuis une cinquantaine d’années - mais il est illusoire de croire que la différence de sexes pourrait être effacée. Surtout, il n’existe aucune bonne raison d’essayer de l’effacer.
Puisque les différences sexuelles sont à l’évidence profondément ancrées dans la nature humaine, insister sur le fait que les hommes et les femmes devraient se conduire de la même manière, être également présents dans toutes les professions et à tous les postes, revient à pousser un grand nombre de gens à faire des choses pour lesquelles ils n’ont ni appétence ni talent particulier et qui, en général, ne les rendront pas heureux.

Mais le bonheur est un grand mot, ce qu’il désigne est difficile à définir et plus encore à mesurer. Argumenter que le féminisme actuel contribue à nous rendre malheureux, bien que cela soit vrai, vous exposera toujours à des arguties du genre : « hein ? Quoi ? Prouvez-le ! Vous avez des chiffres ? Je ne me sens pas malheureux (se) moi. » Et patati et patata.
Laissons donc le bonheur et énumérons un peu plus précisément, bien que rapidement, quelques-unes des conséquences prévisibles, et visibles autour de nous, qui découlent du fait de considérer les hommes et les femmes comme interchangeables.


 La première conséquence est bien évidemment l’affaiblissement de la famille, c’est à dire à la fois la difficulté accrue à former une famille et à maintenir celle-ci tout au long d’une vie d’adulte. Les hommes et les femmes sont naturellement attirés les uns vers les autres, cela n’a évidemment pas changé, mais transformer cette attraction en une union durable est devenu manifestement plus difficile. Les agences matrimoniales se portent mieux que jamais, et cela se comprend. En commençant leur vie amoureuse avec l’idée qu’hommes et femmes sont psychiquement identiques, les jeunes gens actuels s’exposent à commettre beaucoup d’erreurs et à éprouver beaucoup de désappointements. Certains s’en remettent, d’autres pas, et ceux-là passent souvent d’une confiance déraisonnable dans l’autre sexe à une méfiance tout aussi déraisonnable. D’une manière générale, en l’absence d’une définition des rôles acceptée par le plus grand nombre et soutenue par les normes sociales, chacun est laissé à lui-même pour s’arranger de la différence des sexes qui est censée ne pas exister. Il faut de la chance, de la persévérance, et souvent pas mal d’intelligence, pour parvenir à former un couple solide dans de telles conditions. Que beaucoup échouent n’est pas surprenant. Les cas de célibat forcés semblent bien se compter par millions et le divorce devient banal.
Les premiers à en pâtir sont bien sûr les enfants. Sans même parler de la souffrance provoquée par la séparation de leurs parents, les statistiques sont impitoyables : les enfants élevés dans des familles dites monoparentales ou recomposées se portent en moyenne moins bien, physiquement et psychologiquement, réussissent moins bien à l’école, sont plus susceptibles de devenir délinquants et de développer des addictions. Parvenus à l’âge adulte ils divorcent plus fréquemment et occupent des emplois moins élevés. Les troubles accrus des enfants du divorce ne restent bien évidemment pas cantonnés à l’intérieur de leur famille mais rejaillissent sur l’ensemble de la société, puisque ces enfants, en grandissant, sont plus susceptibles de développer des comportements violents ou asociaux.



Les femmes, de leur côté, semblent bien être de plus en plus nombreuses à découvrir que l’adolescence est l’état par défaut de la plupart des êtres humains mâles, qui ne deviennent des adultes dignes de ce nom qu’avec le mariage et la paternité. Le problème est que la vie de famille a toujours eu moins d’attraction pour les hommes que pour les femmes, ce pourquoi il semble bien que toutes les sociétés de par le monde se soient efforcées de pousser les hommes vers l’état matrimonial. Les deux grandes incitations au mariage, pour la partie mâle de la population, sont partout et toujours la sexualité et le statut social. Les hommes acceptent de se marier car cela signifie pour eux l’accès à une sexualité régulière et car cela fait d’eux des chefs de famille, officiellement reconnus comme tels.
Mais aujourd’hui, en Occident, ces deux incitations ont disparu. La libération sexuelle donne désormais aux hommes la possibilité de consommer sans avoir à acheter, ce dont la plupart ont toujours rêvé, et la notion même de chef de famille est devenue hautement suspecte. Dans ces conditions, il n’est pas absolument étonnant que beaucoup de jeunes hommes cherchent à prolonger le plus longtemps possible leur adolescence - les copains, la drague, les jeux vidéo, la bière, etc. - et que les magazines féminins se lamentent sur le fait que « les hommes ne veulent plus s’engager »[1].
Cela n’est pas un souci seulement pour les femmes mais aussi pour la société dans son ensemble. Une société libre et civilisée a besoin d’adultes responsables pour subsister, et d’hommes qui acceptent de se comporter comme des bons pères de famille et des bons citoyens, avec toutes les contraintes que cela suppose. L’éternel adolescent n’est pas un bon matériau pour bâtir une telle société.
Soyons plus spécifique. La négation de la différence des sexes a consisté plus particulièrement à attaquer et à rabaisser la virilité, désormais connue sous le terme péjoratif de « machisme ». Les hommes devaient apprendre à se montrer plus « sensibles », plus « à l’écoute », à être moins possessifs et dominateurs, à moins priser les qualités du guerrier ou du chef et davantage la douceur, la coopération, l’ouverture à l’autre. Si le but avait été d’apprendre aux hommes à faire un bon usage de leurs qualités viriles, bref de les transformer en gentilshommes, le féminisme aurait été fort recommandable, à défaut d’être nouveau, car transformer la virilité brute de décoffrage en une virilité polie et raffinée est depuis fort longtemps un des buts de l’éducation en Occident, du moins à son plus haut niveau. Mais le féminisme contemporain avait plutôt pour ambition d’éradiquer la virilité, du moins celle qui se manifestait chez les hommes. Il a échoué dans cette entreprise, bien sûr, mais le résultat a été laisser la virilité sans emploi et sans éducation digne de ce nom.


Face à l’entreprise de culpabilisation nommée féminisme, certains hommes, sans doute le plus grand nombre, réagissent en essayant de se comporter en hommes « sensibles », « compréhensifs », égalitaires, bref, selon les critères des époques antérieures, en se comportant comme des lavettes. Une autre partie des hommes, peut-être de plus en plus importante, repousse violemment ce qu’elle perçoit comme une agression en survalorisant et en surjouant la virilité, bref, selon les critères des époques antérieures, en se comportant comme des butors et des prédateurs.
L’un n’est évidemment pas plus aimable ni plus souhaitable que l’autre, ni individuellement ni collectivement.
La confusion est considérable, les dégâts évidents, pour qui veut bien se donner la peine de regarder. Comment pourrions-nous sortir de cette situation ?
Aujourd’hui comme hier, ce sont les hommes qui occupent la plupart des postes de pouvoir, qui commandent et qui font les lois. La société sexuellement neutre n’a pas changé cette réalité. Mais aujourd’hui comme hier, en Occident, ce sont aussi les femmes qui ont l’avantage dès lors qu’il s’agit de moralité, de mœurs. En ce domaine les femmes conduisent les hommes, la plupart du temps. Le féminisme actuel a été l’œuvre des femmes et elles seules pourront le défaire, si elles le veulent. Beaucoup seraient prêtes à le faire, sans doute, à condition d’entrevoir une alternative crédible au féminisme actuel. Cette alternative ne peut pas consister dans un simple retour en arrière. A toutes fins utiles, le patriarcat est mort et enterré. Cette alternative devra incorporer certaines caractéristiques de la société sexuellement neutre tout en rendant davantage justice aux différences naturelles entre les sexes. Ce dont nous avons besoin, pour triompher du féminisme actuel, est d’un nouveau féminisme.


[1] Pour ceux qui souhaiteraient - commencer - à approfondir ce sujet, une description du phénomène aussi intéressante qu’affligeante peut être trouvée ici : http://www.city-journal.org/2008/18_1_single_young_men.html

13 commentaires:

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    1. Président-dictateur me conviendrait mieux, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.
      Devoir se faire élire, pfff, quel exercice rebutant...

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Arrgh, la faute, la faute !
      Quelle honte, mais quelle honte !
      Bon, c'est corrigé, et j'en suis tellement contrarié que je serais presque tenté d'effacer aussi votre commentaire pour qu'aucune trace ne subsiste de mon humiliation. Mais je me retiens^^.
      Merci quand même.

      "Pas d'accord avec la première partie de cette phrase"

      Pourquoi pas ? Nous parlons en général bien sûr, en gardant à l'esprit qu'il y a des exceptions, et même peut-être assez nombreuses.

      Pour le reste, oui hélas, comme je l'ai indiqué dans un billet précédent, l'augmentation continue du nombre des adeptes de la religion de paix et d'amour pourrait bien bouleverser la donne radicalement.
      L'aveuglement de (la plupart de) nos féministes sur ce point me laisse toujours pantois.

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  3. Aristide
    Bon je vais l'effacer pour vous ^^
    Moi aussi, ce commentaire me gêne. Excusez-moi, pliiiize.

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    1. Oh, mais non Carine, fallait pas.
      Maintenant ceux qui liront notre échange se demanderont de quelle faute terrible il pouvait bien s'agir.
      Eh bien, ils ne sauront jamais, ah ah, jamais !!

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  4. encline " à la coopération et au compromis"...sauf avec les araignées : c'est tout moi ça! ;)

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    1. Il est vrai qu'en général les membres féminins de l'espèce humaine, d'habitude si compatissants, sont peu enclins à l'empathie pour les arachnides.
      Allez comprendre.
      Pourtant une araignée domestique présente au moins autant d'avantages qu'un chat, et coûte beaucoup moins cher en croquettes.
      Sans compter qu'elle ne miaule pas au milieu de la nuit pour qu'on lui ouvre la porte.
      Si jamais nous nous rencontrons IRL, je vous présenterais ma mygale apprivoisée.

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    2. Juste un mot; je revendrai sur votre billet suivant.
      L'araignée présente un avantage indéniable (peu intéressant en monde urbain); cet animal n'accepte de vivre qu dans des conditions de confort (minimales, certes). A Sévérac, on dit qu'elles sont signe de salubrité, si la maison est humide, vous ne verrez jamais de telles bestioles. Rassure dxdiag !

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  5. Médisance !!!!! Après des décennies de cohabitation avec des chats, je peux affirmer que les chats "normaux "dorment la nuit. Les miens sont toujours venus le soir se mettre en boule au bout du lit pour n'en plus bouger jusqu'au matin.
    Comme quoi, l'éducation....

    ps : et madame Aristide, elle l'aime, la mygale ? (ça m'étonnerait)

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    1. Ah ah ! J'étais sûr du résultat.
      En fait c'est effectivement de la médisance. Je n'ai jamais eu de chat chez moi^^.
      Et ma femme fait appel à mes services pour se débarrasser de la moindre petite araignée qui peut venir baguenauder sur nos plafonds ou dans notre baignoire, alors une mygale...
      Mais ça fait partie des avantages de ces charmants animaux : on peut se sentir un mâle fort et protecteur à peu de frais.

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  6. Bonjour Aristide,

    Comme d' habitude que du bon et du goûteux, je vais être obligé de prendre un crayon et un papier afin de vous concocter une réponse digne de votre docte écrit et non plus répondre à l'emporte-pièce comme je le faisais auparavant si mes quatre "Mangeurs de temps" m'en laissent la possibilité.

    Pour les chats, il s'agit d' animaux hautement philosophes donc ils ont besoin d'un temps de sommeil plus important pour se pencher sur l' histoire du monde car selon une légende indienne (Inde),les Dieux les auraient mis sur Terre pour nous surveiller.

    Pour les mygales, il parait que cuites,elles sont excellentes.

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    1. Mais si ils dorment beaucoup, cela ne leur laisse pas beaucoup de temps pour nous surveiller, non?
      Fainéants !
      En tout cas je me suis laissé dire que notre amie Dixie avait également besoin d'un important temps de sommeil. D'où sa chatophilie immodérée^^.

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