Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 27 mars 2012

Plafond de verre, écart salarial, et autres fariboles

Les lecteurs les plus fidèles de ce blog se souviendront peut-être que j’avais déjà publié cet article il y a un an de cela.
Alors quoi, me direz-vous, vous faites dans le réchauffé maintenant ? Plus de cuisine du marché mais des surgelés ? Merci bien, je vais aller satisfaire mon appétit ailleurs.
Doucement, ne vous emballez pas.
D’abord, si le plat n’est pas à proprement parler du jour il n’est pas non plus juste sorti de la chambre froide. Il y a un an je vous avais proposé une version allégée de ma recette. Je débutais alors, et je craignais encore de rebuter le chaland en mettant des plats trop lourds au menu.
Mais depuis j’ai pris de l’assurance. En avant la crème double, les sauces au vin, le beurre par plaquettes entières. Vous avez peur de mal digérer ? Allez donc voir ailleurs. Je connais quantité de blogs de gauche ou vous ne risquerez pas l’indigestion, soyez en sûr (l’écœurement peut-être, mais c’est autre chose).
Voici donc le plat au complet, et même avec quelques ajouts. Burps !
Et puis, pour parachever dignement ma série d’articles consacrés aux féminisme, il m’a semblé approprié de revenir sur cette question, que dis-je, sur ce mythe de l’écart salarial entre les hommes et les femmes.
Le plat n’est peut-être pas nouveau mais il est de saison, et en parfait accord avec le menu.
Enfin, il y a un an, ce blog n’avait pas encore trouvé son lectorat (lectorat modeste sans doute, mais d’élite !). Par conséquent je n’ai guère de scrupules à ressortir une vieillerie qui sera sans doute nouvelle pour beaucoup. Et il n’est pas impossible que j’en fasse autant avec d’autres articles.
Sur ce, bon appétit.


Nul n’ignore que les femmes touchent, pour un travail équivalent, des salaires inférieurs à ceux des hommes. Le chiffre le plus communément cité aujourd’hui à cet égard est 27% : les femmes gagneraient 27% de moins que les hommes. Il existe certes une différence entre ce que rapportent les médias et ce que disent, sotto voce, les nombreux organismes publics et parapublics chargés de mesurer les inégalités. Alors que les premiers se contentent souvent de répéter le chiffre brut (27% !), les seconds ajoutent en général, après les gros titres (27% !!), quelques précisions propres à modérer un peu la stupeur et l’indignation du lecteur qui aurait eu la patience de lire jusqu’au bout[1]. À poste et expérience équivalents, l’écart salarial entre les hommes et les femmes ne serait en réalité que d’environ 10%. Ces précisions utiles n’atteignent guère le grand public, ni même nos hommes politiques, qui vont partout répétant les gros titres de journaux (27% !!!). Cependant, que l’écart réel soit de 27% ou de 10%, le fait que, pour un même travail, les femmes soient moins payées que les hommes est une évidente injustice. La cause est par conséquent entendue et les pouvoirs publics se mobilisent, en France, mais aussi au niveau de l’Union Européenne, et de manière générale dans toutes les démocraties libérales. Des lois sont préparées, des quotas et des sanctions financières sont envisagés, droite et gauche se disputent l’honneur d’être le premier à pourfendre l’odieuse discrimination.
Toutefois, avant de charger lance au poing, peut-être pourrions-nous nous poser une question économique toute simple : « Si un employeur peut payer une femme 27% (ou même simplement 10%) de moins qu’un homme pour faire le même travail, comment se fait-il qu’il n’embauche pas exclusivement des femmes ? ». Nous pourrions certes répondre à cela que les patrons sont tous d’horribles misogynes, qui préfèrent payer plus un homme que d’embaucher une femme, surtout à un poste de direction. Cependant, outre le fait que de nombreux employeurs sont aujourd’hui des femmes, cette réponse supposerait que tous les patrons, sans exception, fassent passer leurs préjugés sexistes avant leur intérêt économique. Il suffirait en effet qu’une seule entreprise, dans un secteur donné, découvre tout le bénéfice qu’elle pourrait tirer du fait de n’embaucher que des femmes, pour forcer toutes les autres entreprises à suivre la même pratique ou bien à mettre la clef sous la porte. En économie de marché, il semble tout simplement impossible de payer durablement les femmes moins que les hommes à travail réellement équivalent, contrairement à ce que présupposent la quasi-totalité de nos gouvernants. Nous voilà bien perplexes.
Pour lever notre perplexité, nous pourrions être plus malavisés que de nous tourner vers le livre de Warren Farrell, Why men earn more (« pourquoi les hommes gagnent plus »)[2]. Warren Farrell est un universitaire américain, docteur en Sciences Politiques, qui depuis une vingtaine d’années s’est forgé une certaine célébrité en écrivant divers ouvrages sur la question de la différence des sexes. Après avoir commencé sa carrière comme un soutien ardent du mouvement féministe (sa biographie précise ainsi qu’il a été le seul homme à être élu trois fois au conseil de direction new-yorkais de la grande association féministe NOW – National Organisation for Women), Warren Farrell s’est peu à peu forgé, au fil de ses recherches, des convictions moins « politiquement correctes », selon ses propres termes.
Des convictions de ce genre auraient dû le reléguer aux marges de la vie intellectuelle et condamner ses ouvrages à une diffusion confidentielle, mais Warren Farrell sait habilement présenter ses conclusions hérétiques sous une forme attractive et apparemment inoffensive. Why men earn more a ainsi l’apparence d’un self-help book destiné avant tout aux femmes qui souhaitent augmenter leur salaire. La couverture les attire avec cette promesse : includes 25 ways to increase your pay ! (« contient 25 moyens pour augmenter votre salaire ») et les pages intérieures sont agrémentées de nombreux graphiques, photographies et autre cartoons (certains fort drôles) destinés à égayer le lecteur rebuté par l’analyse de statistiques. Mais cette forme très éloignée de l’austérité universitaire ne doit pas nous cacher l’intérêt et le sérieux, bien réels, des analyses présentées par Warren Farrell. Elle ne doit pas non plus nous cacher les implications profondes de cette question de la disparité salariale entre les hommes et les femmes.

***

Why men earn more promet donc de nous exposer les 25 moyens dont disposent les femmes pour augmenter leurs salaires, mais il s’agit là bien sûr d’une habileté rhétorique, car ce que l’auteur expose réellement, ce sont les 25 raisons pour lesquelles les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs à ceux des hommes. La discrimination n’en fait pas partie.
Ces 25 raisons peuvent être divisées en deux catégories. Les dix premières permettent de comprendre pourquoi les emplois qui sont occupés essentiellement par des femmes sont, en général, des emplois moins bien rémunérés que ceux occupés essentiellement par des hommes. Les quinze raisons suivantes permettent de comprendre pourquoi, à l’intérieur d’une même catégorie socioprofessionnelle, les salaires des femmes sont en moyenne inférieurs à ceux des hommes. Aucune de ces 25 raisons ne devraient surprendre grandement un lecteur doté d’un minimum de connaissances économiques, mais en cette époque sophistiquée il est parfois nécessaire de se voir confirmer - preuves à l’appui - que vos yeux ne mentent pas lorsqu’ils vous disent qu’il fait jour à midi.
Warren Farrell commence par rappeler les caractéristiques des emplois qui semblent avoir la prédilection des femmes – et vers lesquels elles se dirigent donc en grand nombre. Ces emplois ne comportent pas de risques physiques, peu de risques financiers, pas d’exposition aux intempéries, pas d’horaires de travail décalés. Ils vous mettent en contact avec des gens plutôt qu’avec des machines, ils peuvent être exercés avec un diplôme en sciences humaines plutôt qu’avec un diplôme en science physique, ils ont des horaires fixes et n’exigent pas une disponibilité psychologique permanente. De manière générale, les emplois privilégiés par les femmes se caractérisent par des conditions de travail relativement plaisantes – respirer l’odeur des vieux livres plutôt que le fumet des ordures, travailler dedans plutôt que dehors – et par une « utilité sociale » plus aisément perceptible pour ceux qui les exercent - soigner des enfants plutôt que corriger une ligne d’un programme informatique.
La contrepartie inévitable de tous ces avantages est bien évidemment que ces emplois sont, en règle générale, moins bien payés que les emplois ayant des caractéristiques inverses. Le salaire plus élevé n’est alors que la compensation nécessaire pour attirer un nombre suffisant de candidats vers ces emplois relativement moins plaisants. Dans cet arbitrage classique entre le salaire et les conditions de travail, les hommes semblent plus sensibles au salaire et les femmes aux conditions de travail.

(Jobs rated almanac. Le classement est établi en prenant en compte une multitude de facteurs tels que l'environnement de travail, le stress, le danger, l'effort physique, etc.)

Tout ceci n’est guère sujet à controverses. Plus étonnant, en apparence, est le fait que, au sein d’une même branche professionnelle et pour des emplois de même catégorie, les femmes ont en moyenne des salaires inférieurs à ceux des hommes. Cependant, l’étonnement disparaît dès lors que l’on examine attentivement les caractéristiques précises des postes occupés par les unes et les autres. Les études qui concluent à des différences de salaire à travail égal entre les hommes et les femmes, sont simplement des études qui regardent de trop haut le paysage salarial. Les facteurs pris en compte sont en général le niveau et le type de diplôme, les caractéristiques du contrat de travail, le nombre d’années d’expérience dans la branche professionnelle, le titre de la fonction exercée etc. Mais pour fixer une rémunération, un employeur – tout au moins dans le secteur privé – se focalise bien moins sur ces grands indicateurs socioprofessionnels que sur les caractéristiques individuelles du poste à pourvoir. Or, derrière des titres et des fonctions apparemment identiques, peuvent se cacher des emplois passablement différents.
Warren Farrell détaille ainsi les 15 raisons (qui ne sont pas nécessairement exhaustives) qui expliquent les différences de salaire entre les hommes et les femmes exerçant les mêmes professions. Par exemple, toutes choses égales par ailleurs, les gens qui touchent une rémunération supérieure sont ceux qui sont amenés à voyager fréquemment pour leur travail, qui exercent leur profession loin de leur domicile, qui sont prêts à déménager fréquemment, et pour des destinations peu attractives, à la demande de leur entreprise, qui acceptent une part variable dans leur salaire, ou bien qui exercent des responsabilités plus importantes – en termes de budget ou de personnel – que ce que leur titre laisserait supposer. Une fois que tous ces facteurs sont pris en compte, les inégalités salariales entres les hommes et les femmes disparaissent.
Où plus exactement, une fois tous ces facteurs pris en compte, tout laisse penser que dans certaines professions les femmes sont d’ores et déjà mieux rémunérées que les hommes pour le même travail. Les entreprises accordent le même salaire aux hommes et aux femmes lorsque leurs titres (par exemple directeur des ventes) et leurs responsabilités sont les mêmes (directeur des ventes pour le même secteur géographique, avec le même nombre de personne sous sa responsabilité etc.). Mais, dans de nombreux cas, les hommes accomplissent plus d’heures de travail, ont plus d’années d’expérience dans la branche professionnelle concernée, voyagent plus souvent etc. Par conséquent, sous une apparente égalité, les femmes sont réellement payées plus que les hommes pour le même travail. Dans certaines professions, les femmes sont aussi promues plus rapidement que les hommes, à qualification équivalente. Warren Farrell cite ainsi quelques statistiques intéressantes : aux Etats-Unis, avant l’age de quarante ans, les femmes ont quinze fois plus de chance que leurs collègues masculins d’être promues à un poste de direction dans une grande entreprise, et ce alors même que les hommes ont des horaires plus longs, voyagent davantage, déménagent plus souvent, etc.
Ces découvertes étonnantes pourraient sembler incompatibles avec la remarque faite plus haut : s’il est impossible que les femmes soient, à travail équivalent, moins rémunérées que les hommes, comment donc l’inverse serait-il possible ? Mais une fois encore il n’est pas fort difficile de trouver la clef de l’énigme. Certaine femmes – notamment chez les cadres - peuvent être mieux payées et promues plus rapidement que leurs collègues masculins, du fait de l’existence des nombreuses lois visant à combattre les discriminations dont seraient victimes les femmes dans le monde du travail. L’affirmative action en faveur des femmes revient en pratique, pour le gouvernement américain, à subventionner certains emplois féminins.
Soit parce qu’ils touchent des avantages pour cela, soit – bien plus souvent – pour ne pas risquer de procès, les employeurs sont donc incités à employer des femmes plutôt que des hommes, même si ceux-ci leur coûteraient en réalité moins cher. Warren Farrell appelle cela « la loi de l’inefficacité rentable », mais, dans leur for intérieur, ses lecteurs pourraient bien être tentés de qualifier ce phénomène d’une manière plus morale et moins économique.
Que les écarts de rémunération apparents entre les deux sexes ne cachent aucune discrimination contre les femmes peut encore être confirmé, si besoin est, en examinant les revenus des professions libérales et des artisans. Lorsque hommes et femmes exercent une profession libérale ou tiennent un commerce, lorsque donc ils ne peuvent être victimes de discriminations de la part de leur employeur, les écarts de revenus entre les deux sexes dépassent en général largement les fameux 27%. Aux Etats-Unis, en 2000, les femmes propriétaires de leur commerce avaient en moyenne des revenus équivalents à 49% de ceux des hommes dans la même situation. Un médecin homme avait un revenu annuel équivalent à 141% de celui d’un médecin femme. Mais pourquoi donc une femme médecin exerçant en libéral a-t-elle, en moyenne, un revenu inférieur à celui de ses confrères masculins ? Parce qu’elle ne travaille pas dans la même spécialité (pédiatrie plutôt que chirurgie, par exemple) et parce que, à spécialité identique, elle fait des journées moins longues et consacre plus de temps à chaque patient.


Un lecteur même moyennement attentif de Why men earn more remarquera aisément que les 25 facteurs mis à jour par l’auteur pour expliquer les inégalités de rémunération entre les hommes et les femmes, nous disent aussi quelque chose sur les différences de tempérament entre les hommes et les femmes. En définitive, à la lecture du livre de Warren Farrell, il apparaît que les femmes ont en moyenne des salaires inférieurs à ceux des hommes parce qu’elles sont moins disposées que ceux-ci à prendre des risques, parce qu’elles semblent moins empressées à grimper dans la hiérarchie, et parce qu’elles sont moins disposées à sacrifier leur vie de famille à leur carrière. Ces observations sembleront sans doute plutôt triviales à tout autre qu’à un chercheur spécialisé dans les « discriminations », mais elles nous permettent de comprendre pourquoi le mythe de l’inégalité salariale hommes-femmes a rencontré un aussi grand succès.
En reconnaissant que les différences de salaires entre les hommes et les femmes traduisent, pour l’essentiel, des choix de vie différents de la part des hommes et des femmes, nous sommes bien près en effet de reconnaître qu’il existe des différences naturelles entre les hommes et les femmes, des différences naturelles quant à leurs goûts et leurs aspirations – et malheur à celui par qui le scandale arrive. Inversement, nous nous satisfaisons très facilement de l’explication selon laquelle toute différence de résultat est la conséquence d’une « discrimination » antérieure, car nous sommes intimement convaincus qu’il n’existe aucune différence naturelle de tempérament entre les hommes et les femmes. Où, plus exactement, nous avons parfaitement intégré le fait que la seule position publiquement défendable est celle de la parfaite identité des hommes et des femmes – hormis quelques détails physiques sans importance. Cela n’est bien sûr pas le résultat d’une démonstration, mais le point de départ obligatoire de toute démonstration.
Warren Farrell raconte ainsi que, au cours de ses recherches pour écrire son livre, il fit souvent l’expérience suivante : parmi les innombrables études spécialisées, consacrées à mesurer les écarts de salaire entre les sexes dans les différentes professions, à chaque fois qu’une étude parvenait à la conclusion que, pour une période donnée, les hommes et les femmes étaient en réalité payées de manière identique pour le même travail, l’étude était abandonnée pour les années suivantes. Les statistiques cessaient d’être collectées, ou bien la méthodologie de l’étude était entièrement changée, de manière à rendre impossible toute comparaison avec les travaux précédents. Assurément, ce n’est pas en France que de telles choses pourraient se produire.


Epilogue

En janvier 2009, le US department of labor a mis en ligne un rapport consacré à la question de la disparité salariale hommes /femmes. Ceux qui ont du temps à consacrer à cette question et l’amour des statistiques y trouveront amplement de quoi satisfaire leur passion, et une confirmation de tout ce qui a été dit plus haut.
Pour ceux qui ont moins de temps et que les études économiques rebutent, il suffira sans doute de reproduire ici la conclusion essentielle de ce rapport :  

Although additional research in this area is clearly needed, this study leads to the unambiguous conclusion that the differences in the compensation of men and women are the result of a multitude of factors and that the raw wage gap should not be used as the basis to justify corrective action. Indeed, there may be nothing to correct. The differences in raw wages may be almost entirely the result of the individual choices being made by both male and female workers.”

Concernant la France, un article (beaucoup plus court) qui parvient exactement aux mêmes conclusions.

Enfin, pour ceux qui n’en auraient toujours pas assez (ou bien afin d’assommer définitivement vos contradicteurs/trices féministes à poils durs) vous pouvez également lire cet article paru dans l’indispensable City Journal.

Et c'est tout ? Presque. En guise de digestif un petit cartoon, ça ne se refuse pas.


Un petit ajout pour l'année 2014, en attendant d'autres ajouts les années suivantes. Certains mensonges ont la vie très dure.

[1] Voir par exemple la page de l’observatoire des inégalités consacrée à cette question : http://www.inegalites.fr/spip.php?article972&id_mot=146
[2] Warren Farrell, Why men earn more : The startling truth behind the pay gap – and what women can do about it, Amacon, 2005, 288pages. Le livre peut aujourd’hui être très facilement trouvé sur internet pour quelques dollars.

18 commentaires:

  1. Après un tel repas pantagruélique , je m’en vais me descendre une petite bière, il faut parfois savoir se sacrifier.

    Mangeons liquide!

    D^tes moi cher Aristide, avez vous poster votre billet sur des cites à tendance gauchiste.Les commentaires qui suivraient ; vaudront de l' or!

    Bonne journée.

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    1. C'est vrai que ce serait amusant. Mais aucun site degôche n'accepterait un truc pareil je ne peux pas poster quelque chose d'aussi volumineux dans les commentaires (sans compter qu'on aurait vite fait de le faire disparaitre).
      Dommage.

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  2. Un très bon produit, parfaitement congelé et qu'on laisse assez longtemps à température ambiante avant de l'accommoder peut parfaitement réjouir les papilles.
    Merci Aristide, ça nous oblige à relire et donc à mémoriser. Vous êtes un chef !

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    1. Effectivement, vous êtes l'une de celles qui a déjà goûté à ce plat, en tant que cliente "historique" de mon petit établissement (où vous avez toujours votre table réservée).
      Heureux que cela vous agrée néanmoins.

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    2. Aristide, excellente étude.
      Mais rien ne fera changer le point de vue des plumitifs.
      Si la bonne conscience requiers 27 %, vous n'allez pas insister avec un chiffre réaliste mais pas assez victimaire de 10 %.
      Les femmes (ainsi que les juifs; les immigrés[qui visent à remplacer les précédents], les vieux les handicapés) ont cette vertu que personne ne peut leur ôter : SOUFFRIR. Ce qui exige EMPATHIE de la part des informateurs !

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    3. Oh, les vieux, ils sont souvent blancs et plutôt aisés. Donc ils ne méritent guère de compassion.
      Les femmes en revanche oui, bien sûr, elle souffrent beaucoup, les pauvres.
      C'est d'ailleurs pour cela qu'elles pleurent plus souvent que les hommes.

      And if the boy have not a woman's gift
      To rain a shower of commanded tears,
      An onion will do well for such a shift

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  3. Je gardais un souvenir de la première publication, mais ça ne fait pas de mal de le relire. Vous devriez le ressortir tous les ans pour la journée de la femme.

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    1. Oh-oh, vous faisiez donc partie de mes premiers lecteurs, en ces temps héroïques. Grâce vous en soit rendue.
      Figurez-vous que j'avais déjà pensé à sortir cet article pour la journée de la femme l'année dernière. Mais les dates ne coïncident jamais, et puis de nos jours la journée de la femme est quasi quotidienne, non?

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    2. Ah ben zut, vous ne m'avez pas reconnu, alors ? J'ai été trop allusif dans mes fines allusions. C'est un échec et j'en reste mat.

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    3. Mais bien sûr que si voyons. Simplement je n'ai pas souvenir que vous laissiez des commentaires en ces temps préhistoriques, donc je ne savais pas que vous me lisiez.

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  4. C'est vrai que j'ai commencé à commenter surtout dans les derniers mois de l'an dernier, maintenant que vous le dites. Mais je lisais sans commenter depuis bien plus longtemps que ça.

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  5. à bien y réfléchir, j'ai trouvé ce qui me gênait profondément dans cette analyse par ailleurs plutôt pertinente : l'absence de mise en perspective historique. Mais peut-être avez-vous choisi de l'écarter (vraie question, sans malice de ma part) ?

    En effet, l'auteur semble curieusement ignorer que le travail féminin salarié s'est développé dans un contexte bien précis, le XIXe siècle industriel. Auparavant les femmes travaillaient (bien évidemment) mais en général au sein de l'exploitation agricole familiale ou de l'atelier, rares étaient les exceptions (lingères par exemple).

    Le travail salarié féminin a représenté une aubaine pour les employeurs car les femmes étaient bien moins payées que les hommes. Cela a été flagrant par exemple dans le cas de l'emploi dans les grands magasins, au point que les vendeurs hommes se plaignirent de l'embauche de femmes qui risquait de dévaloriser leur salaire.
    la main d'oeuvre féminine apparaissait alors comme plus facilement exploitable, moins encline à l'agitation et à la grève, plus facilement malléable et surtout bien moins chère. L'idée sous-jacente était aussi celle selon laquelle les "vraies" femmes n'avaient pas à travailler et que celles qui le faisaient l'étaient par contrainte donc forcées d'accepter ce qu'on leur proposait, même sous-payé.
    Le XIXe siècle est celui de la misogynie pseudo-scientifique, il serait naïf de l'ignorer. L'inégalité salariale provient aussi de là.

    Ensuite, l'argument selon lequel "ah bah oui mais, c'est parce que les femmes elles font rien qu'à choisir des métiers pas risqués, alors c'est pour ça qu'on les paie moins", me paraît quelque peu... saumâtre au fond. Pourquoi une femme choisira-t-elle de passer un concours de la fonction publique plutôt que de se lancer dans la carrière de trader ? N'est-ce pas parce qu'il est moins risqué, par exemple, d'être enceinte dans certaine carrières plutôt que dans d'autres ?

    Cela dit, n'ayant pas lu le livre, ce ne sont que des remarques destinées à pointer les faiblesses d'un tel raisonnement. Pour le reste, bien évidemment qu'il est normal qu'un homme qui travaille de 8h à 20h (mon mari par exemple) gagne plus que moi qui suis professeur. On n'a jamais dit le contraire :)

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    1. Artémise,

      M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis que je ne vois pas bien ce que la « perspective historique » vient faire là dedans ?
      La question n’est pas de savoir si au 19ème siècle les femmes étaient moins bien payées que les hommes pour un travail équivalent, mais de savoir si aujourd’hui les femmes sont moins payées que les hommes pour un travail équivalent.
      Peut-être au 19ème siècle la réponse était-elle « oui », je l’ignore, mais aujourd’hui la réponse est assurément « non ».
      Aujourd’hui les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail, des lois forts strictes existent pour réprimer toute discrimination salariale, des associations vigilantes sont là pour porter plainte au besoin et des juges très soucieux d’égalité (et dont beaucoup sont des femmes, soit dit en passant) sont prêts à sanctionner sans pitié les contrevenants.
      Aujourd’hui, tant pour des raisons économiques que juridiques il est simplement impossible que les femmes soient payées moins que les hommes pour le même travail. Non pas qu’il n’existe jamais aucune discrimination, mais statistiquement cela ne peut qu’être insignifiant.
      Le 19ème siècle c’est autre chose.
      Concernant cette période je remarquerais simplement qu’il est tout à fait normal que les nouveaux entrants sur le marché du travail acceptent souvent d’être payés moins que ceux qui sont déjà installés. Précisément parce qu’ils ont besoin de se faire une place.
      Un brusque afflux de main d’œuvre se traduit donc souvent par une baisse des salaires dans le secteur concerné. C’est parfaitement logique (et entre nous soit dit c’est exactement ce qui se passe avec l’immigration).

      Concernant votre seconde remarque, il n’y a pas de contradiction avec ce que j’écris.
      Vous dites : « Pourquoi une femme choisira-t-elle de passer un concours de la fonction publique plutôt que de se lancer dans la carrière de trader ? N'est-ce pas parce qu'il est moins risqué, par exemple, d'être enceinte dans certaine carrières plutôt que dans d'autres ? »
      Vous avez parfaitement raison. Et je ne dis pas autre chose. Je me cite :
      « En définitive, à la lecture du livre de Warren Farrell, il apparaît que les femmes ont en moyenne des salaires inférieurs à ceux des hommes parce qu’elles sont moins disposées que ceux-ci à prendre des risques, parce qu’elles semblent moins empressées à grimper dans la hiérarchie, et parce qu’elles sont moins disposées à sacrifier leur vie de famille à leur carrière. »
      Il est vrai que je n’ai pas insisté sur ce dernier point, et que j’aurais peut-être dû le faire davantage.
      Vous me permettrez donc de me citer encore une fois :
      « la raison essentielle des écarts de salaire entre les hommes et les femmes, c'est les enfants.
      Les femmes choisissent en général des carrières qui sont plus favorables à la vie de famille que les hommes, et qui donc sont moins rémunératrices. »
      (peut-être pourrait-on discuter sur le terme « essentiel », mais vous voyez l’idée)
      J’écrivais cela dans un commentaire sous l’article précédent, mais vous n’êtes pas obligée de lire tout ce que j’écris, même si c’est évidemment une grave erreur^^.

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    2. à moi de vous répondre

      - si, la perspective historique compte, car elle permet de comprendre le pourquoi du comment. En particulier, que cette inégalité salariale n'est pas issue d'un patriarcat millénaire fantasmé par bien des féministe, mais à une société et à une économie nées à un moment donné. Et qu'il influe encore aujourd'hui, sisisi :)

      - sur le second point : sisisi, je vous ai lu, mais je ne suis pas d'accord :) .
      les femmes en général entrent sur le marché du travail à la fin de leurs études, sans enfants et sans forcément envisager d'en faire tout de suite. Or, le premier truc qu'on vous demande en entretien, même si c'est aujourd'hui interdit, c'est "vous êtes en couple ? vous envisagez d'avoir des enfants ?". Et pour avoir discuté avec pas mal de DRH, ils disent tous que les femmes sont 1 moins recrutées car risque de grossesse et ça coûte cher, et 2 moins payées car risque de grossesse, etc.
      On ne choisit pas forcément, à mon sens, une carrière parce que ça permet de mieux concilier la vie de famille et le travail. On va là où on peut aller... Choisir, c'est un luxe que pas mal de gens ne peuvent se permettre... Personnellement, je l'ai eu : j'ai choisi de passer les concours de l'enseignement car c'est plus confortable, sécurité de l'emploi et tout le toutim. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde.

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    3. Oh, mais loin de moi l’idée de vouloir dénigrer la perspective historique en général, et je ne doute pas que dans certains cas elle permette de « comprendre le pourquoi du comment ».
      Simplement je disais que, dans le cas qui nous occupe, je ne voyais pas le rapport avec la choucroute. Et après mûre réflexion, je suis obligé de maintenir.
      Vous dites : « cette inégalité salariale n'est pas issue d'un patriarcat millénaire fantasmé par bien des féministe, mais à une société et à une économie nées à un moment donné ».
      Mais quelle inégalité salariale ? Celle qui existait peut-être au 19ème siècle (et je dis bien peut-être, car je doute qu’il y ait des éléments statistiques permettant de l’affirmer) ou bien celle qui est censée exister aujourd’hui ?
      Si vous parlez du 19ème siècle, je veux bien vous céder sur tout : ce n’est pas mon sujet.
      Si vous parlez de l’inégalité salariale actuelle, je maintiens qu’il s’agit d’un mythe. Pour un travail réellement équivalent les femmes ne sont pas moins payées que les hommes.
      En quoi une mise en perspective historique change-t-elle quoique ce soit à cela ?

      Sur le second point.
      Vous m’excuserez, mais il me semble tout à fait normal qu’un DRH se soucie de savoir si une femme désire avoir des enfants. Ou plus exactement, il me semble que tout DRH sensé devrait prendre en compte le fait que, la plupart du temps, les femmes désirent avoir des enfants à un moment ou l’autre et que cela influe sur leur comportement au travail. Non seulement à cause des congés maternités bien sûr, mais aussi et surtout parce qu’une fois devenues mères elles ont tendance à faire moins d’heures, à être moins mobiles, etc.
      Un DRH qui ne prendrait pas ce facteur en compte ferait mal son travail.
      Ceci dit les femmes ont les mêmes profils de carrière (et donc de rémunération) que leurs homologues masculins, tant qu’elles n’ont pas d’enfants. Elles ne sont pas moins payées parce qu’elles risquent de tomber enceintes, mais une fois qu’elles le sont les salaires moyens divergent parce que les priorités des unes et des autres ne sont plus les mêmes.
      Si vous lisez l’anglais vous devriez lire l’article du City Journal que j’ai mis en lien.

      Vous dites : « Choisir, c'est un luxe que pas mal de gens ne peuvent se permettre. »
      Je ne suis pas d’accord avec ça. Je crois que vous avez une conception beaucoup trop extensive de ce que c’est que « choisir ». Choisir c’est très rarement choisir ce qui nous plairait le plus. Le plus souvent nous choisissons entre des options dont aucune ne nous satisfait pleinement. Et les cas où nous n’avons réellement pas le choix, où il n’existe qu’un seul chemin, sont très rares.
      Pour le travail, cela signifie que la plupart des femmes, comme la plupart des hommes, choisissent entre des emplois qui, à leurs yeux, sont bien moins que parfaits. Ils arbitrent entre des inconvénients. Mais ils arbitrent. Et force est de constater que, en général, les hommes et les femmes n’arbitrent pas de la même manière. A l’intérieur d’une même catégorie socio-professionnelle (donc avec la même latitude pour choisir au départ) les hommes et les femmes ne se dirigent pas dans la même direction : les femmes préfèrent les parcours qui sont plus family friendly.
      Evidemment, elles préfèreraient souvent avoir des emplois qui soient mieux payés et qui leur laissent du temps pour leurs enfants. C’est humain. Simplement on ne peut pas avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre.
      Sauf parfois précisément dans la fonction publique, parce que les rémunérations y sont souvent arbitraires d’un point de vue économique. Mais c’est une autre question.

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    4. Pour en revenir sur le fait que les femmes ont tendance à privilégier la famille à leur travail, c'est avant tout une question de "mais finalement... Qui va s'occuper des enfants?". Car, bon, soyons honnête, une partie (non négligeable) des femmes se retrouve obligée de sacrifier leur carrière à leur famille car le père n'est pas forcement près à renoncer à une possibilité de carrière (ce qui ne sous-entend pas devenir homme-au-foyer mais juste de renoncer à privilégié le travail à la famille) et comme il faut s'occuper des enfants (et que tout le monde n'est pas prêt/pas en mesure de payer une nourrice), il faut bien que quelqu'un s'en charge. Et la femme cedera en prenant en compte l'optique que le père fera comme beaucoup d'homme et refusera de renoncer à sa carrière (ou du moins sa progression dans la hiérarchie professionnelle) et qu'elle sera vue comme une "mauvaise mère" à "délaisser" le cercle familiale pour son travail.
      Après, c'est vrai qu'il existe pleins de contre-exemples et je ne fais que mettre en mot ce que j'ai remarqué au quotidien. Mon avis n'est donc pas forcement objectif. Mais je prend quand même en compte qu'il existe une contrainte sociale et familiale dans le choix de carrière des femmes. Et c'est surtout là que se base l'inégalité.

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