Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 2 juillet 2012

L'effondrement de l'Europe




Alors que nos gouvernants semblent avoir choisi la fuite en avant en ce qui concerne l’Euro - ce qui n’est jamais indiqué lorsque vous vous tenez au bord du gouffre - je me suis aperçu que je n’avais encore rien publié ici sur la question de l’Union Européenne, question pourtant importante entre toutes. Pour remédier à cette fâcheuse lacune, j’ai traduit pour vous - Ô mes lecteurs - un article de l’excellent Théodore Dalrymple paru dans The city journal à l’hiver 2012. Pourquoi, en effet, vouloir à toutes forces faire œuvre personnelle alors que d’autres ont déjà écrit, et très bien écrit, des articles auxquels vous pourriez apposer votre signature ?
Donc voici la chose en question. Bonne lecture, et profitez en bien car ce sera mon dernier (vrai) billet avant de longues vacances (de blog).
Le texte original est ici.


L’effondrement de l’Europe

Par Théodore Dalrymple

Les Grecs ne sont pas des Allemands



Une journaliste belge qui m’interviewait récemment au sujet de la crise européenne de la dette m’a demandé si je croyais dans le Projet Européen. J’ai répliqué que je répondrais à sa question - si elle voulait bien me dire en quoi consiste réellement le projet européen. En révélant mes doutes, je lui avais prouvé que je souffrais de l’étrange sorte de débilité mentale connue sous le nom d’Euroscepticisme, un état pathologique censé être un mélange de faible intelligence et de xénophobie agressive. La faible intelligence se manifeste dans l’idée entretenue par le patient que les institutions européennes sont une prébende pour une nomenklatura transnationale, et non pas les prémisses d’un nouveau genre d’identité postnationale libre et généreuse. La xénophobie se manifeste par un désir secret pour le conflit et la guerre, l’Union Européenne et ses prédécesseurs étant censés être responsables du fait que depuis 65 ans la guerre a pu être évitée sur le Continent.
La journaliste me demanda ensuite si je pensais que le nationalisme était dangereux. La question sous-entendait que le choix auquel faisait face l’Europe était entre le fascisme et l’Union Européenne : que le seul obstacle qui se dressait entre nous et le retour au pouvoir de nouveaux Mussolini, Franco et Hitler, était les avantages en nature dont bénéficient les hauts gradés de l’Eurocratie. J’ai répondu que, bien sûr, il existait des formes dangereuses de nationalisme, mais que dans les circonstances présentes le supranationalisme représentait un danger bien plus grand. Non seulement un tel supranationalisme n’est pas démocratique, car il ne reflète pas une attente ou un sentiment répandu dans la population ; mais il risque aussi de susciter le genre même de nationalisme contre lequel il était supposé être un rempart. De plus, en Europe la dissolution des entités supranationales tend à être une affaire salissante, comme l’histoire le démontre.
Je n’étais pas entièrement honnête, cependant, en sous-entendant que personne ne pouvait dire ce qu’était le Projet Européen. Le Portugais José Manuel Barroso, un fougueux leader étudiant maoïste devenu le président surnaturellement terne de la Commission Européenne - une transformation qui n’est peut-être pas si grande que l’on pourrait le croire, nombre de révolutionnaires étant des bureaucrates frustrés -  a en une occasion révélé le pot aux roses. Répondant à la même question que la journaliste m’avait posé, Barroso a dit « parfois j’aime à rapprocher la création de l’Union Européenne de l’organisation des empires ». Il s’est empressé d’ajouter que l’Union Européenne n’était pas un empire au sens traditionnel. Mais il est sûrement vrai qu’un empire européen, vaste, riche et puissant, apaiserait les sentiments d’une classe politique frustrée d’avoir hérité d’un rôle dans les affaires du monde plus modeste que celui de ses prédécesseurs, qui dirigeaient de véritables empires bien plus grands que leurs propres pays.

Réfléchir à la situation de la petite Belgique pourrait introduire quelque doute dans l’esprit des plus fervents partisans du Projet Européen. La Belgique a existé depuis qu’elle a été assemblée en 1830 ; pourtant en tout ce temps elle n’a pas été capable de créer une identité nationale solide. L’un de ses nombreux premiers ministres, Yves Leterme, a dit que seules trois choses unissaient la Belgique : la bière, le football, et le roi. Au moment où j’écris ces lignes, la Belgique n’a pas eu de gouvernement fédéral depuis plus de 500 jours. Bien que je doive admettre, en tant que visiteur occasionnel dans ce pays, que la différence entre une Belgique avec et une Belgique sans gouvernement fédéral n’est pas immédiatement apparente, cet interrègne pousse sans doute trop loin la théorie du gouvernement limité.
La raison pour laquelle la Belgique n’a pas eu de gouvernement depuis si longtemps est que le pays est divisé entre deux populations (trois en fait, mais la troisième est trop peu nombreuse pour peser) ayant des politiques inconciliables : la Wallonie francophone et la Flandre néerlandophone. La Belgique est officiellement bilingue, pourtant vous ne voyez pas un mot de Néerlandais en Wallonie et pas un mot de Français en Flandre. La division ne pourrait pas être plus franche si des barbelés séparaient les deux régions. Ce n’est que dans la capitale, Bruxelles, que l’on trouve quelques concessions au bilinguisme.
Des facteurs historiques et économiques approfondissent la division entre les deux régions. La Wallonie, bien qu’elle ne contienne qu’une minorité de la population de la Belgique, a longtemps dominé sa culture et son économie. Même les classes supérieures flamandes parlaient Français chez elles, tandis que le Néerlandais était la langue de la paysannerie ; jusqu’à une date récente les écoles belges interdisaient aux enfants de parler Néerlandais en classe. Cependant, avec le déclin de l’industrie minière et sidérurgique wallonne et l’essor économique de la Flandre, la situation hiérarchique a changé. La Flandre est passée du statut de parent pauvre à celui de parent riche, avec toutefois une sorte de complexe d’infériorité. Dans le même temps, elle a commencé a effectuer de larges transferts financiers vers la Wallonie, qui souffrait d’un taux de chômage comparativement plus élevé. De tels transferts favorisent rarement la bonne entente entre les groupes. Le ressentiment est fréquent, aussi bien chez les donateurs, qui nourrissent le soupçon que les bénéficiaires sont en train de les exploiter, que chez les bénéficiaires, qui s’abandonnent à toutes sortes de contorsions intellectuelles pour justifier leur dépendance.
Il n’est pas surprenant, par conséquent, que les partis politiques les plus importants en Flandre soient nationalistes ou bien libéraux, deux philosophies qui conduisent à réduire ou à arrêter les transferts financiers. Il n’est pas davantage surprenant que le plus grand parti politique de Wallonie soit socialiste et veuille poursuivre ou accroitre les transferts. Les capacités de patronage dont dispose le parti socialiste wallon sur son territoire sont presque féodales dans leur nature et dans leur étendue ; la dernière chose que souhaite le parti du changement social, c’est un véritable changement. Mais ni les partis flamands ni les socialistes wallons ne sont assez forts pour imposer un gouvernement au pays tout entier.
L’incapacité de la Belgique à former un gouvernement fédéral ne serait pas si grave si le pays n’avait pas besoin de réduire ses dépenses publiques. Bien que la Belgique soit, par habitant, le plus grand exportateur de biens et services au monde et qu’elle ait une épargne privée satisfaisante, elle a également une dette publique importante et en augmentation - presque 100% du PIB - ainsi qu’un déficit budgétaire annuel de plus de 5%. Avec une croissance presque nulle et des taux d’intérêts sur les obligations d’Etat qui augmentent dans une monnaie (l’Euro) avec laquelle les Belges ne peuvent pas pratiquer l’inflation, des mesures de réduction des déficit sont essentielles, mais les Flamands et les Wallons ne peuvent pas se mettre d’accord sur la manière d’y parvenir. Les Wallons veulent des taux d’imposition plus élevés pour maintenir la situation actuelle ; les Flamands veulent des taux d’imposition moins élevés et une réduction des dépenses pour favoriser la croissance à long terme. Le résultat est une impasse. La Wallonie et la Flandre sont comme un couple marié qui ne peut plus vivre ensemble mais pour lequel le divorce s’avère impossible du fait des difficultés à trouver un règlement.
Il se trouve que les organes centraux de l’Union Européenne sont situés à Bruxelles. Cela n’incite pourtant pas les partisans de l’intégration européenne à réfléchir - ou, s’il réfléchissent, c’est pour parvenir à une conclusion bien particulière : que ce qui n’a pas fonctionné en deux siècles dans une petite région avec seulement deux populations, fonctionnera en quelques années sur une zone beaucoup plus large comprenant une multitude de populations. Il ne leur vient pas à l’esprit que des pays différents sont réellement différents : non pas simplement un peu mais radicalement, de par leur culture, leur langue, leur histoire, leurs traditions, leur économie. Le terme « européen » n’est pas dépourvu de signification mais, quelque puisse être son contenu, celui-ci n’est pas suffisant pour donner naissance à une entité politique viable.

La crise de la dette a révélé des différences entre les caractères nationaux qui sont précisément de celles qui rendent une union plus étroite à la fois difficile et dangereuse. En fait, la tentative même d’imposer une union est à la racine de cette crise, car si la Grèce et l’Irlande, pour prendre deux pays situés aux extrémités géographiques du continent, n’avaient pas eu la possibilité d’emprunter en Euros, sous la supposition fallacieuse que leur appartenance à la zone Euro garantissait leurs dettes souveraines, il est peu probable qu’elles se seraient retrouvées dans la mauvaise passe qu’elles traversent actuellement. Après tout, les prêteurs auraient sans doute fait davantage attention si leurs créances avaient été payées en drachmes ou en livre irlandaise, des devises que les Grecs et les Irlandais auraient pu faire gonfler selon leurs désirs.
Les situations des Irlandais et des Grecs, cependant, sont substantiellement différentes, et prises ensemble elles constituent un cas d’école pour l’euroscepticisme. L’Irlande était florissante à peu près jusqu’au début des années 2000 ; son taux de croissance spectaculaire était fondé sur un accès facile au plus vaste marché du monde, une faible taxation des entreprises, des investissements étrangers colossaux, et une population jeune et instruite. En quelques années, l’Irlande, qui depuis des temps immémoriaux était une terre de pauvreté et de privation, s’est transformée en l’un des pays les plus riches du monde.
Puis, dans les années 2000, l’Irlande a été saisie par une folie digne de constituer un chapitre dans le livre de Charles Mackay, Memoirs of extraordinary popular delusions and the madness of crowds (1841). Cette folie pris la forme d’une bulle immobilière. Le crédit facile et des taux d’intérêts bas firent grimper les prix des constructions existantes à des hauteurs astronomiques ; une seule maison à Dublin se vendit à presque 100 millions de dollars. Une construction immobilière en plein essor employa jusqu’au quart de la population active ; plus d’habitations furent construites en Irlande durant cette période qu’en Grande-Bretagne, dont la population était 15 fois plus importante. Les banques étrangères prêtèrent à l’Irlande avec une insouciance étourdissante. La Royal Bank of Scotland prêta 50 milliards de dollars - soit à peu près 12 000 dollars par Irlandais. Les banques britannique, allemandes, et belges, prêtèrent toutes ensemble environ 100 000 dollars par habitant, ce qui reviendrait à un prêt d’environ 300 000 milliards si elles avaient prêté aux Etats-Unis dans les mêmes proportions.
Le gouvernement irlandais, ravi, taxait les transactions et regardait ses coffres se remplir. En dépit du fait qu’il avait augmenté l’emploi public de 59% entre 1985 et 2002 et qu’il payait ses agents plus généreusement que presque partout au monde, il jouissait d’un excèdent budgétaire. Pendant un temps, tout le monde fut content.
En dernière analyse cependant, le gouvernement payait ses agents avec de l’argent emprunté, même si celui-ci était d’abord passé par des mains privées. Lorsque toute la pyramide s’est écroulée, le gouvernement a nationalisé la dette privée en garantissant la solvabilité des banques irlandaises, prenant ainsi à son compte un endettement bien plus important que toute l’économie irlandaise. Le déficit budgétaire atteignit 32% et le taux de chômage passa de 4 à 14% en l’espace de quelques mois. La construction s’arrêta complètement ; la campagne irlandaise était jonchée de projets immobiliers inachevés, inoccupés, invendables, villes devenues fantômes avant que d’être habitées, ruines très peu romantiques en devenir. Environ 5% de la population recouru à l’immigration, le remède traditionnel des Irlandais.
Mais la partie la plus intéressante de l’histoire est que l’Irlande ne connu presque aucun troubles sociaux après l’effondrement économique. Les gens étaient en colère, bien sûr ; ils blâmaient avec raison le gouvernement et les banquiers, mais ils ne s’accordèrent pas le droit de se mal conduire. Les Irlandais comprirent, comme semble-t-il aucun autre peuple ne l’a compris, qu’ils étaient complices de la crise. Ils avaient pris part à la fête tant qu’elle avait duré ; ils avaient élus et réélus les hommes politiques qui leur apportaient un crédit facile illimité ; ils avaient exulté devant leur enrichissement rapide au fur et à mesure que les prix de l’immobilier grimpaient de manière vertigineuse ; ils avaient raillé les avertissements en les taxant d’antipatriotisme ; ils avaient emprunté comme si l’argent poussait sur les arbres ; et même les chauffeurs de taxi et les caissières de supermarché avaient parlé avec contentement de leurs maisons de vacances en Espagne.
Et cependant, lorsque la crise frappa et que le gouvernement dû réduire drastiquement les salaires du secteur public et prendre d’autres mesures d’austérité - des amis à moi qui vivent en Irlande ont perdu un cinquième à un quart de leurs salaires - presque personne ne se plaignit. La plupart des gens semblèrent comprendre que les sept années de vaches grasses - plus exactement, grossièrement obèses - devaient inévitablement être suivies par sept années de vaches maigres. Le rapport entre les excès précédents et les privations actuelles était évident pour tout le monde et la population ne chercha pas de bouc-émissaire, même si, avec raison, elle blâma les hommes politiques et les banquiers plus qu’elle-même.
Les Irlandais saisirent la première occasion pour mettre dehors le gouvernement ; le Fianna Fail, le parti politique dominant depuis l’indépendance de l’Irlande, subi une déroute dans les urnes. Mais en reconnaissant cette douloureuse réalité que la culpabilité d’autrui ne vous rend pas innocent, les Irlandais donnèrent un exemple au monde. Depuis le crack, les gouvernements irlandais successifs se sont battus avec détermination pour conserver leur faible taux d’imposition sur les sociétés, qualifié de « déloyal » (predatory) par les autres Européens (c’est un symptôme de la maladie de l’Europe que le fait qu’un gouvernement s’abstienne de prendre est maintenant considéré par sa classe politique comme une mesure déloyale). L’économie irlandaise pourrait être ainsi être positionnée pour une reprise plus rapide.

La Grèce était une toute autre histoire. Le gouvernement, s’appuyant lui aussi sur le crédit facile lié à l’Euro, emprunta simplement pour gonfler son secteur public. Lorsque cette pyramide construite différemment s’effondra, l’objectif principal de la population fut de se mettre à l’abri du changement - c’est à dire de faire en sorte de continuer à percevoir plus qu’elle ne gagnait et à consommer plus qu’elle ne produisait. Bien sûr le gouvernement était corrompu ; bien sûr les banques étrangères avaient prêtées de manière irresponsables. Mais les Grecs pouvaient-ils vraiment ignorer que l’évasion fiscale était une pratique courante dans leur pays, et en aucun cas réservée à l’élite ; que la plupart des emplois dans le secteur public étaient fictifs ; que les conditions de départ en retraite plus avantageuses que celles de l’Allemagne étaient imméritées et insoutenables ; et que leur classe politique et administrative était composée de menteurs et de tricheurs ? Accuser les Allemands - le stéréotype du Nazi émergea rapidement dès que les subsides européens se réduisirent - devint une manière commode d’éviter de se remettre en cause.
Bien entendu les Allemands, ou du moins ceux appartenant à la classe politique allemande, n’étaient pas entièrement innocents. Ils s’étaient joints aux autres dirigeants de l’Europe pour estimer qu’ils pourraient passer outre la réalité économique en créant une monnaie commune, de même qu’ils avaient estimé qu’ils pourraient passer outre la réalité sociale en forgeant une union politique. Ils n’avaient pas semblé pas se soucier du fait que la population allemande - comme beaucoup de populations européennes - n’avait pas voulu de l’Euro, et qu’il pourrait être dangereux de lui présenter la facture lorsque les inévitables ennuis commenceraient à se faire sentir.
Pendant un temps l’Euro sembla servir les intérêts de l’Allemagne, en permettant d’acheter des produits allemands à des pays qui sans cela n’en auraient pas été capables. Pendant ce temps l’Allemagne, avec une détermination unique en Europe, réduisit ses impôts sur la main d’œuvre et n’augmenta pratiquement pas les salaires, ayant auparavant établi une base industrielle puissante. L’épargne s’accumula, et l’Allemagne devint la Chine de l’Europe. Le problème se pose maintenant pour elle de savoir quoi faire de son excédent commercial, un excédent plus important que les déficits commerciaux combinés de la France, de l’Italie et de l’Espagne.

Les Européens se sont mis dans une situation inextricable. Si les dettes des pays européens sont mutualisées, il ne pourra y avoir qu’un seul pays qui fixera les règles de la mutualisation, et ce ne sera pas la France, qui se débat avec un imposant déficit budgétaire, un imposant endettement, et un imposant déséquilibre commercial. Selon le mot célèbre de l’historien John Robert Seeley, l’empire britannique fut bâti « dans un moment d’inattention » ; il pourrait bien en être de même avec l’hégémonie allemande en Europe.
Mais il est douteux que les demandes fort compréhensibles de l’Allemagne pour plus de discipline fiscale fassent des heureux ailleurs en Europe, où les conséquences économiques et sociales seraient douloureuses. Même en Irlande, on entend murmurer à propos de l’indépendance qui aurait été cédée aux « Allemands », ainsi que l’on tend maintenant à appeler tous les technocrates européens. En Allemagne elle-même, la solution consistant à sortir de la dette par l’inflation en émettant davantage d’Euros a peu de chance de se révéler populaire, puisque ses dirigeants avaient promis à une population sceptique, au moment où la monnaie commune était en débat, qu’adopter celle-ci ne signifierait jamais avoir à payer les dettes des autres pays. Et, pour des raisons historiques évidentes, une population allemande mécontente n’est pas rassurante pour le reste de l’Europe.
L’alternative au partage de la dette semble être l’éclatement de l’Euro. Cela pourrait transformer la récession en une dépression prolongée, les pays expulsés de la zone Euro étant contraints à un défaut de paiement catastrophique pour le système bancaire. J’ai le vertige rien qu’en pensant au compte en banque sur lequel je détiens des Euros : dans l’éventualité d’un éclatement, sera-t-il libellé en Drachmes ou bien en Deutschemarks, et qui en décidera ? Comme tout un chacun je préférerais des Deutschemarks, une préférence qui conduira à l’appréciation de la monnaie jusqu’au point où les exportations allemandes deviendront trop chères pour être achetées, quelle que soit leur degré de qualité.
Il n’est pas étonnant que la chancelière allemande Angela Merkel apparaisse indécise : comme tous les politiciens elle recherche une solution indolore au problème. Elle ne veut pas mettre tout le poids de l’Allemagne dans la balance, en demandant à chaque pays Papieren, bitte. Mais elle ne veut pas non plus être responsable d’une inflation rampante ou d’un éclatement de l’Euro. Quoiqu’elle décide, l’amour pour l’Allemagne ne sera pas à la hausse en Europe.
En bref, les dépenses incontrôlées de nombre de gouvernements européens, qui ont octroyé à des populations entières des avantages immérités au détriment des générations à venir ont - en conjonction avec une union monétaire mégalomaniaque - produit une crise qui n’est pas seulement économique mais aussi sociale, politique, et même civilisationnelle. L’Union Européenne qui était censée mettre fin à la guerre sur le continent a ressuscité des antagonismes qui pourraient aboutir à des élans belliqueux, si ce n’est à la guerre pure et simple. Et le Projet Européen se révèle être ce que toute personne sensée aurait pu voir qu’il était depuis le début : quelque chose de semblable à la construction d’une énorme Yougoslavie après la disparition de Tito.

22 commentaires:

  1. Bien que très en faveur d'une construction européenne (limitée à la libre circulation des personnes et des biens) les observations de Mr Daniels me semblent pertinentes au niveau du diagnostic mais pessimistes pour ce qui est du pronostic. Mes connaissances en matière économique ne me permettent pas de porter un jugement sur la viabilité de l'Euro. Je me contente d'apprécier les facilités qu'il apporte en matière de change. N'importe comment, que ce soit dans le cas de l'Irlande ou de la Grèce, ce sont des mauvaises politiques qui ont mené aux catastrophes et non l'Euro en lui même.Tout juste a-t-il facilité et amplifié leur mise en application. N'importe comment, l'avenir nous dira si Mr Daniels a ou non raison. Merci de m'avoir fait découvrir cet auteur !

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  2. Mais de rien Jacques Etienne. Théodore Dalrymple est souvent très intéressant. Vous qui lisez l'anglais couramment vous devriez aller regarder ses anciens articles sur le site du City Journal (qui figure dans ma blogroll), je suis sûr que beaucoup vous intéresseraient.
    (Mais pourquoi donc l'appelez vous Mr Daniels? Une confusion avec Jack, de si bon matin?)

    Pour ce qui concerne l'Euro, il est évident qu'il facilite la vie des voyageurs, mais il est économiquement intenable. Bien entendu ce sont les mauvaises politiques suivies par les gouvernements irlandais, grecs, espagnols, français, etc. qui sont à l'origine des difficultés de ces pays, mais dans la plupart des cas ces mauvaises politiques n'auraient pas pu être menées, ou pas aussi longtemps, sans l'Euro.
    Une politique monétaire devrait être du sur-mesure, adaptée à la situation économique de chaque pays. Mais, par la force des choses, la politique monétaire européenne est du prêt-à-porter en taille unique. Un peu comme si l'on voulait faire porter la même pointure à tout le monde. Il n'est pas étonnant que certains finissent par avoir mal aux pieds.
    Mon avis est que les concepteurs de l'Euro savaient que la monnaie unique était intenable à terme, mais ils pensaient qu'une fois mise en place les pays de la zone euro seraient contraints de consentir à une sorte de gouvernement européen pour sauver leur monnaie. Autrement dit, l'Euro est le cheval de Troie du fédéralisme européen.
    Hélas, c'est ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux.
    Ce que les peuples européens n'auraient jamais accepté si on leur avait posé la question directement, est en train d'être mis en place par la nomenklatura européenne au nom du sauvetage de l'Euro.
    Esau, dit-on, avait abandonné son droit d'aînesse pour un plat de lentilles, nous sommes en train d'abandonner ce qui nous reste de liberté politique pour une "monnaie unique".
    C'est une catastrophe immense, et c'est pourquoi j'en viens à espérer que l'Euro finisse par s'écrouler, en dépit des dégâts que cela causera sur le court terme.

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    1. Ce que vous dites rejoint ce que j'écrivais. Le regrettable corollaire que vous signalez, c'est à dire l'émergence d'un pouvoir fédéral européen me paraît en effet la rançon à payer pour le maintien de la monnaie unique. Peut-être aurions-nous dû en rester au SME qui, avec une certaine souplesse contraignait cependant les états à des politiques plus raisonnables...

      Quant à Mr Daniels, Anthony et non Jack, c'est le véritable nom de M. Théodore Dalrymple (pseudo que je trouve imprononçable et que Mr Daniels a déclaré qu'il l'avait choisi parce qu'il "semblait assez dyspeptique, celui d'un vieil homme affecté de la goutte qui regarderait par la fenêtre de son club à Londres, un porto à la main, en se lamentant sur la dégradation de l'état du monde."). Du moins c'est ce qu'affirme Wikipédia.

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    2. Bonjour Aristide,
      toujours intéressants vos choix d'articles.
      "Mon avis est que les concepteurs de l'Euro savaient que la monnaie unique était intenable à terme, mais ils pensaient qu'une fois mise en place les pays de la zone euro seraient contraints de consentir à une sorte de gouvernement européen pour sauver leur monnaie. Autrement dit, l'Euro est le cheval de Troie du fédéralisme européen."

      Est-ce que vous avez des sources pour cela, des textes qui vous confortent pour affirmer cela. Je le pense aussi mais je n'ai pas de preuves.

      Sur le texte, et le passage sur la Belgique, maintenant je suis partagé sur le fait que la Wallonie devrait rejoindre la France. Bien on agrandit le territoire, la population et on récupère Eden Hazard en Équipe de France de football, d'un autre côté on se retrouve avec une mafia socialiste avec ses petites côteries, pire qu'un DOM, ça doit être sacrément profond l'État PS en Wallonie, un deep state..

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  3. Jacques Etienne,

    Voyez comme je suis naïf : il ne m'était pas venu à l'esprit que Dalrymple pourrait être un pseudonyme.
    Voyez comme j'ai mauvais esprit : j'ai pensé que, sous l'influence d'une consommation matutinale autant que répréhensible, vous aviez pu confondre l'auteur de l'article avec le nom de votre breuvage préféré^^.

    Cherea,

    Non, je n'ai malheureusement pas de texte pour appuyer mon hypothèse. C'est juste une supposition de ma part, mais qui s'appuie tout de même sur une certaine connaissance de la manière dont fonctionne la construction européenne depuis ses débuts. Disons aussi que je fais crédit aux concepteurs de l'Euro d'avoir été suffisamment intelligents pour comprendre que cette monnaie n'était pas viable. D'un autre côté on ne peut jamais exclure non plus l'incompétence pure et simple.
    Il devrait être possible de trancher en se penchant sur les archives de l'époque. Travail immense, mais peut-être certains l'ont-ils déjà fait, je ne sais pas.

    Tocqueville disait (à peu près) que le socialisme était la maladie naturelle de la France. N'est-il pas frappant de voir que les rejetons de la France, comme le Québec ou la Wallonie, ont effectivement développé cette maladie, bien plus que les peuples avec lesquels ils sont associés pour autant que je sache?

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    1. effectivement, la persistance socialiste chez les wallons malgré l'exemple des flamands est assez cocasse, de même que les Québecois dont l'actuelle révolte étudiante montre bien la connerie " du de l'éducation pour tous". En revanche je ne suis pas trop calé sur le peuplement du Québec mais les Québecois d'aujourd'hui doivent venir de loin, donc ne devraient pas être spécialement toucher par cette socialite aiguë, faudrait voir d'où ça vient tout cela. Mais bon c'est tout de même assez libéral la Belle Province...

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    2. C'est que le germe "socialiste" est ancien également, en France.
      Libérale la Belle Province? J'ai quelques doutes...

      http://www.youtube.com/watch?v=4R2YIbUP9J4

      http://www.youtube.com/watch?v=eqXmM91PleY

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  4. Article remarquable. Remarquable et assez glaçant, il faut bien le dire.

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    1. Oui. Je suis moi-même très pessimiste sur cette question. Je ne vois pas comment cette affaire de construction européenne pourrait bien se terminer. A mon sens l'alternative est désormais entre une agonie prolongée et un écroulement soudain, qui du moins laisserait un espoir de reconstruction au niveau national.
      Dans tous les cas, blood, sweat and tears.

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  5. Et on se souvient que juste avant les années 2008, date officielle de début de crise (il en faut bien une), on présentait l'Irlande comme le boom économique devant servir d'exemple, et l'Espagne devait attirer tous les entrepreneurs en tant que Californie européenne.

    On nous aurait menti ? C'est possible, ça ?

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    1. A mon avis, il est encore plus probable qu'"on" se soit complètement trompé.
      Il ne faut pas surestimer les "experts".

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  6. Très bon billet, comme toujours.

    Je ne connais pas grand chose à l'économie, et lorsque j'entends un économiste me parler, j'ai souvent l'impression qu'il s'agit d'un truc de sorcier, avec des phénomènes bizarres et non-euclidiens qui se produisent. Au fond, à considérer les choses froidement, je présume que, derrière une complexité de façade qui peut faire office de poudre aux yeux : le bon sens a court dans ce monde là. L'argent apparu par magie à un endroit de l'équation finit toujours par venir de quelque part, et à qui que l'on doive, il faut payer ses dettes.

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    1. L'économie moderne est quelque chose de réellement compliqué. Mais vous n'avez pas tort de penser que le bon sens continue à être un bon repère sur certaines questions.
      Cependant, l'un des problèmes, notamment en matière financière, c'est qu'il est inutile d'avoir raison tout seul. Avoir du bon sens ne suffit pas, encore faut-il qu'il soit partagé. Cela crée des jeux de miroirs assez fascinants.

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  7. La thèse selon laquelle l'Allemagne aurait "gelé" ses salaires est une théorie aussi populaire que fausse, malheureusement. Car elle insinue (en vérité, elle le dit explicitement) que l'Allemagne devrait laisser augmenter ses salaires. A dire vrai, le problème a été pris dans l'autre sens. Les économistes classiques ont absolument tout confondu. Beaucoup ont fait cette erreur (moi aussi à une époque). L'Allemagne n'a pas vu ses salaires augmenter aussi vite que les pays européens du Sud non pas parce que l'Allemagne a gelé ses salaires mais parce que les pays avoisinant (i.e. les PIIGS) finançaient leur consommation avec le crédit, ce pourquoi ils avaient des déficits, et les allemands des excédents tout simplement car les allemands sont plus productifs que les autres pays européens, en particulier les PIIGS. Les PIIGS ont payé leurs importations alors même que leur productivité était insuffisante pour payer les importations. Avec le crédit, leurs déficits ont pu s'accroitre, et dans le long terme. Quant à l'Allemagne, elle a réussi à accumuler des excédents sur le long terme, à cause de l'euro. Car ce n'est pas l'euro qui fut profitable à l'Allemagne, mais bien aux PIIGS. C'est l'Allemagne qui a tout perdu avec la monnaie commune. En fait, avec la monnaie commune, les taux d'intérêts pour les pays déficitaires à faible productivité sont plus faibles que ce qu'il en aurait été sans l'euro, alors que les taux pour l'Allemagne deviennent alors plus élevés que ce qu'il en aurait été sans l'euro.

    Philippe Bagus a écrit un superbe livre sur la tragédie de l'euro. J'ai recopié le chapitre 4 sur mon (autre) blog. Il explique tout en détail.
    http://menghusblog.wordpress.com/2012/06/30/the-tragedy-of-the-euro-by-philipp-bagus/

    En ce qui concerne la soutenabilité de la dette, en revanche, je suis plutôt d'accord. Une épargne insuffisante pour compenser les dettes générées par le crédit facile se traduira par une réduction à long terme de la consommation (autrement dit, une récession). Les banques centrales, ou plutôt, le système monopolisé de monnaie à cours légal, sont au coeur du problème.

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    1. "Les PIIGS ont payé leurs importations alors même que leur productivité"

      Il fallait comprendre "ont augmenté leurs importations".

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    2. Précisions intéressantes.
      Je ne suis pas sûr que Dalrymple soit fondamentalement en désaccord avec vous.
      Vous parlez de "geler" les salaires et lui de ne "pratiquement pas les augmenter". Ce n'est pas tout à fait identique et son interprétation pourrait donc éventuellement se réconcilier avec la votre si l'on précisait ce que signifie "pratiquement pas augmenter".

      Sur le fait que "les taux d'intérêts pour les pays déficitaires à faible productivité sont plus faibles que ce qu'il en aurait été sans l'euro", il me semble qu'il dit à peu près la même chose : "Après tout, les prêteurs auraient sans doute fait davantage attention si leurs créances avaient été payées en drachmes ou en livre irlandaise, des devises que les Grecs et les Irlandais auraient pu faire gonfler selon leurs désirs."

      Une question : vous dites que l'Allemagne a tout perdu avec l'Euro. Cependant vous dites aussi que les PIIGS ont pu financer leur consommation à crédit grâce à l'Euro. Une partie de ce crédit facile n'a-t-il pas été utilisé pour consommer des produits allemands?

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    3. Aristide -> "Vous parlez de "geler" les salaires et lui de ne "pratiquement pas les augmenter"."

      A mon sens, le problème avec cette formulation tient au fait que lorsque vous enchaînez "les salaires allemands n'augmentent pas" juste après "les excédents allemands se font au détriment des déficits des pays européens avoisinant" cela donne l'impression que c'est l'Allemagne qui représente l'anomalie dans cette histoire, ce qui sous-entendrait qu'elle aurait dû, comme ses voisins, procéder à une expansion monétaire, et ce faisant détériorer davantage l'euro. Si vous étiez keynésien, j'aurais pu comprendre. Mais vous êtes libertarien, certainement pas keynésien.

      Il est vrai que le crédit a été utilisé pour acheter des produits allemands, mais la consommation allemande a baissé (en termes relatifs) à cause des politiques inflationnistes de certains pays avoisinant. Autrement dit, le niveau de vie et les importations seraient plus élevés en Allemagne sans l'euro. Ensuite, comme vous le savez, le système s'est cassé la figure. Les PIIGS ont consommé allemands, mais se retrouvent dans l'incapacité de rembourser, et les mesures d'austérité comme vous le dites ne sont pas très populaires. Les habitants grecs ont quand même le culot de se plaindre des vaches maigres alors qu'ils se sont empiffrés pendant des années avec l'argent des autres, ce pourquoi la dette grecque n'est pas détenue par les grecs. Depuis tout ce temps, c'est l'Allemagne qui fut le bon élève.

      Si c'est ça l'euro, alors c'est un pur échec.

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    4. N'oubliez pas que je ne suis pas l'auteur de cet article, juste le traducteur.
      La question n'est donc pas celle de mes orientations économiques (même si évidemment vous avez raison, je ne suis pas un keynésien) mais celles de l'auteur.
      Et sur ce point il me semble que vous surinterprétez ce qu'écrit Dalrymple. Peut-être s'est-il exprimé maladroitement mais, pour le lire régulièrement, je suis bien sûr qu'il ne considère pas que la politique allemande représente une anomalie et qu'il est d'accord avec vous sur le fait que c'est l'Allemagne qui a été le bon élève dans toute cette histoire.
      Dalrymple n'est pas keynésien.
      Quoiqu'il en soit, ce qui me semblait intéressant dans cet article c'est son analyse politique, plus que son analyse économique, qui n'est pas très développée.

      "Autrement dit, le niveau de vie et les importations seraient plus élevés en Allemagne sans l'euro."
      Cela en revanche est très intéressant, car cela va à l'encontre de ce que l'on entend partout. J'ai bien vu dans l'article que vous mettez en lien le paragraphe qui se rapporte à cette question, mais je reste un peu sur ma faim. Vous auriez d'autres éléments?

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  8. Disons que Bagus était la meilleure source que je pouvais vous proposer. Mais sinon, il y a l'article The systemic siesta que je recommande de lire.
    http://mises.org/daily/6052/The-Systemic-Siesta
    Il dit plus ou moins la même chose que Bagus. Les coûts du travail ont augmenté plus vite que la productivité en Espagne, alors qu'en Allemagne, les coûts et la productivité ont avancé au même rythme. Tout simplement parce que l'inflation (faible en Allemagne) a entraîné avec elle une hausse des salaires, et donc des coûts, dans les pays fort inflationnistes. (voir les 2 graphiques vers la fin de l'article)

    P.S. C'est hors sujet, mais je suis en train de relire "Risk: The Science and Politics of Fear" de Dan Gardner. Je ne vois pas que vous en ayez fait une note de lecture. C'est un livre extraordinaire. Si vous ne l'avez pas lu/acheté, faites-le. Ce ne sera pas de l'argent perdu. En fait, c'est tout à fait le genre de livre qui va vous plaire, si je regarde de plus près ce que contient votre blog.

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  9. Bonjour,
    je suis bien d'accord avec ce texte.
    Lorsque les PIGS critiquent les Allemands, ce serait un peu comme si les cancres disaient au meilleur élève de la classe qu'il était nul. Désolé, c'est très grossier comme vision, mais je pense ne pas être loin de la vérité.
    En revanche, ils ont sûrement des défauts, tout ce qu'on veut. Mais ils sont vraiment sérieux dans la gestion de leur pays, et ont compris que ce qui est bon pour le fonctionnement d' un groupe, ne fait pas forcément plaisir à certains. L'efficacité n'est pas dans la gentillesse. Et c'est pourtant ce que les socialistes ont réussi à rentrer dans la tête des gens. Mais c'est encore autre chose...

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