Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 5 septembre 2012

La gauche contre le peuple (1/2)



 Depuis l’élection de François Hollande à la présidence de la République, tous les commentateurs politiques, ou presque, ont les regards tournés vers les partis de droite. Comment la droite française va-t-elle se recomposer après cette défaite ? Car recomposition il y aura, nul n’en doute. Plus spécifiquement : comment l’UMP va-t-elle se positionner à l’avenir face au Front National ? Droitisera, droitisera pas ? Accords, pas accords ? Ni-ni ? Oui-oui ? Autre chose encore ?
Bien que cette sollicitude pour l’avenir de la droite soit largement intéressée, de la part de commentateurs pour la plupart solidement de gauche et qui espèrent bien pouvoir jouer longtemps encore au jeu du « front républicain », les questions posées sont justifiées. Il est normal que le camp vaincu fasse son examen de conscience, et qu’il le fasse sans complaisance s’il ne veut pas rester durablement dans l’opposition.
Toutefois, ceux qui sont assez clairvoyants ou expérimentés pour éviter de confondre victoire électorale et victoire idéologique savent que le grand parti de la gauche n’est pas en meilleur état que le grand parti de la droite. Si l’UMP se demande légitimement ce qu’elle doit être, quelles idées elle doit défendre, le Parti Socialiste devrait en faire autant s’il avait un peu de lucidité.
Portés par le rejet du président sortant et une situation économique catastrophique, les socialistes ont réussi à faire élire leur candidat au sommet de l’Etat, sans que celui-ci n’ait à formuler davantage que « 60 propositions » dont le caractère insignifiant aurait pu faire passer presque n’importe quel discours de Nicolas Sarkozy pour le sermon sur la montagne. Mais désormais le Parti Socialiste va devoir gouverner, faire des choix, prendre des décisions qui engageront peut-être pour longtemps, peut-être définitivement, l’avenir du pays. Le Parti Socialiste est à la barre, mais où donc sont sa boussole et son compas ? Où la carte qui lui indiquerait la route à suivre ? Nulle part. Les socialistes les plus perspicaces le savent déjà, les autres ne tarderont pas à le découvrir.
La droite et la gauche dites de gouvernement sont en réalité aussi perdues l’une que l’autre, la seule différence est que la première ne peut plus faire semblant de l’ignorer, alors que la seconde pourrait céder à la tentation de balayer les questions sous le tapis de la victoire électorale.
Parmi ces questions, la plus cruciale est sans doute le rapport de la gauche aux classes populaires. Depuis son apparition - pour simplifier, disons à partir de 1789 - la gauche française s’est défini elle-même comme le parti du peuple, au sens sociologique du terme : la force politique dont la vocation est de défendre les petites gens, les sans-grades, les oubliés ; la force politique vouée à « l’émancipation » des travailleurs, à la « transformation de la société » au profit de ceux qui sont censés en avoir été jusque là les victimes. Mais il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer que la gauche ne séduit plus les catégories populaires, pire, que ces catégories se tournent de plus en plus vers ce qui, pour les partis de gauche, est à peu près l’équivalent politique de Lucifer, Belzébuth et Astaroth réunis, à savoir le Front National.
Or il est évident que, à terme, la gauche ne peut pas plus survivre à une telle désaffection que ne le pourrait l’Eglise Catholique à la révélation que Jésus était un imposteur.
Par conséquent, les partis de gauche, et en premier lieu le Parti Socialiste, devront impérativement résoudre dans les quelques années qui viennent la question de leur rapport au peuple.
Deux options se présentent : tenter de reconquérir le peuple français, ou bien trouver un peuple de rechange. La seconde voie est symbolisée par le think-tank Terra Nova et son rapport désormais célèbre : « Gauche, quelle majorité électorale pour 2012 ? ». Cette option est la plus connue, notamment de la droite, car elle est la plus provocante. Elle est donc celle qui a suscité le plus de critiques. Mais il importe de noter que, au sein même de la gauche, cette option est loin de faire l’unanimité. La résistance à « l’esprit Terra Nova » s’est organisée, notamment autour d’un collectif intitulé La gauche populaire, qui réunit des chercheurs et des militants et dont le but avoué est de réconcilier le Parti Socialiste avec les catégories populaires. Le retour au peuple est son mot d’ordre. Le membre le plus connu de cette « conjuration » - le terme est employé par les intéressés eux-mêmes - est probablement Laurent Bouvet, professeur de Sciences Politiques qui fut aussi membre du parti socialiste de 1988 à 2007, rédacteur en chef de La Revue Socialiste pendant près de dix ans, secrétaire général de La République des Idées, bref à la fois un universitaire ayant pignon sur rue et un « homme de gauche » au pédigrée impeccable.

 
Laurent Bouvet a publié au début de l’année 2012 un livre intitulé : Le sens du peuple - la gauche, la démocratie, le populisme. Le but immédiat de cet ouvrage était manifestement d’influencer la campagne menée par le candidat socialiste, un objectif qui, pour le dire de manière prudente, ne semble avoir été que très partiellement atteint. Mais les campagnes électorales passent, les livres restent, et Le sens du peuple pourrait bien devenir l’ouvrage de référence pour La gauche populaire, et plus largement pour tous ceux qui, à gauche, ne se satisfont pas de l’option Terra Nova.

Le sens du peuple se présente comme une « analyse politologique » de la notion de peuple dans ses diverses acceptions, une analyse qui mêle l’histoire, la sociologie, et un peu de philosophie politique, pour un résultat assez représentatif de ce qu’est devenu la science politique aujourd’hui. On y trouvera donc, par exemple, des développements sur le « pouvoir du peuple », de l’Antiquité au début du 20ème siècle, ou sur « le populisme ». Mais, comme le reconnait l’auteur lui-même, le cœur de son sujet est constitué par le rapport entretenu par la gauche - et plus spécifiquement par le Parti Socialiste - avec le peuple depuis 1981. C’est donc sur ce « cœur » que nous allons nous concentrer, en laissent de côté les autres considérations qui, pour intéressantes qu’elles puissent être, paraissent surtout destinées à donner une caution « scientifique » aux analyses politiques qui intéressent vraiment Laurent Bouvet.
En reconstruisant légèrement ce qu’écrit l’auteur du Sens du peuple, on pourrait dire que celui-ci fait un constat, pose un diagnostic, et suggère des remèdes.
Le constat est simple mais mérite d’être quelque peu détaillé : le Parti Socialiste n’est plus, depuis assez longtemps déjà, un parti populaire, ni dans son électorat, ni dans sa composition, ni dans ses idées, mais ce dernier point appartient plutôt à la catégorie du diagnostic.
Electoralement d’abord, jusqu’aux années 1980, le vote ouvrier a été favorable à la gauche. En 1981 le PS dépasse même le PC dans cet électorat (30% contre 28% au premier tour de la présidentielle) et devient ainsi « le premier parti ouvrier de France ». Mais cette apogée est aussi le début du déclin. Dans les années 1980 la composition sociologique de l’électorat PS va se modifier sensiblement, avec une déperdition dans les catégories ouvriers et employés, et une progression dans la catégorie des professions intermédiaires et des cadres supérieurs et professions libérales (catégorie qui inclut notamment les enseignants du secondaire...). Aux législatives de 1993, le PS n’obtient déjà plus que 18% du vote des ouvriers. Mais pour Laurent Bouvet, cet « embourgeoisement » de l’électorat PS (le terme n’est pas le sien) est avant tout symbolisé par trois dates 2002, 2005, 2007.
Le 21 avril 2002, le candidat du PS n’obtient que 12% du vote ouvrier et 13% du vote des employés au premier tour de la présidentielle, et se voit par conséquence privé de la possibilité d’accéder au second tour. En 2005, le Parti Socialiste se prononce officiellement, par la voix d’un premier secrétaire nommé François Hollande, pour le « oui » au Traité Constitutionnel Européen. Mais le traité est rejeté par les Français et, qui pis est, le « non » l’emporte très largement dans les catégories populaires. En fait, le pourcentage de vote « oui » est proportionnel au revenu net mensuel du foyer fiscal ainsi qu’au niveau d’étude des votants, et seule la CSP « cadres supérieurs et professions libérales » a majoritairement voté « oui ». En 2007 enfin, pour la première fois sous la 5ème République (si l’on exclut les cas particuliers de 1969 et 2002 où la gauche était absente au second tour), le candidat de la droite au second tour gagne la majorité du vote populaire (52% des ouvriers et 55% des employés). 
Entre 2002 et 2007 ainsi qu’entre 2007 et 2012, le PS et ses alliés ont pu se rassurer en remportant les élections intermédiaires, mais uniquement grâce à une abstention croissante qui touche avant tout les catégories populaires et épargne les CSP+. L’élection présidentielle de 2012 ne change pas cette donne, puisque le candidat Hollande n’a attiré que 21% du vote ouvrier au premier tour, contre 35% ( !) pour le Front National, et que sa victoire au second tour s’est accompagnée d’une abstention inédite. Une abstention qui battra encore des records lors du second tour des élections législatives qui donneront la majorité au PS. Depuis plus d’une dizaine d’années maintenant, il se confirme que la gauche est forte là où le peuple (au sens sociologique) est faible et qu’elle gagne les élections lorsque celui-ci s’abstient.
Cet éloignement de la gauche et des catégories populaires se reflète aussi dans la composition des partis. Le PS comportait 10% d’adhérents appartenant à la catégorie « ouvriers » en 1985, et 3% en 2011. A l’inverse, les adhérents appartenant à la catégorie cadres supérieurs sont passés de 19% en 1985 à 38%. Le niveau de diplôme est encore plus discriminant puisqu’aujourd’hui seuls 38% des adhérents au PS ont un diplôme inférieur ou égal au bac, alors que cette proportion était de 53% en 1983. Par ailleurs, on note dans tous les partis de gauche une forte appartenance des adhérents au secteur public : 59% des adhérents socialistes et 70% ( !) des adhérents au PC ou à EELV. En somme, le Parti Socialiste est devenu le parti des fonctionnaires et des diplômés de l’enseignement supérieur.
A son corps défendant sans doute, l’actuel premier ministre, ancien professeur d’Allemand marié à une professeure, apparait ainsi comme le parfait symbole de ce qu’est aujourd’hui le PS, en termes électoraux et militants.

Comment ce divorce entre le PS et le peuple s’est-il opéré ?
Sur le diagnostic Laurent Bouvet est déjà moins clair que sur le constat, mais il semble possible de dire les choses suivantes. Selon lui l’oubli du peuple par la gauche résulte de l’abandon par celle-ci de ses idéaux originels « d’égalité sociale » et « d’émancipation collective » au profit de ce qu’il appelle une doctrine « libérale-multiculturaliste ». Autrement dit, et pour le formuler de manière plus explicite que Laurent Bouvet, les socialistes auraient renoncé à réguler administrativement l’économie et la répartition des revenus et auraient en revanche adopté la libération sexuelle (jouissez sans entraves), la culture de l’excuse (les délinquants sont des victimes de la société) et une politique de promotion agressive des « minorités » (parité, PACS, célébration des bienfaits de l’immigration afro-maghrébine, lutte contre les « discriminations », etc.). Or les classes populaires, en dépit de tous les efforts de propagande visant à les ouvrir aux bienfaits de la « diversité » et du « transgenre », restent globalement attachées à leur terre natale et à leur patrie, à une conception plutôt traditionnelle des rapports entre les sexes, à l’idée que les criminels doivent être châtiés à la hauteur de leurs crimes, à l’idée que la préférence nationale est quelque chose de normal, etc. Et à l’inverse elles resteraient demandeuses d’un Etat interventionniste en matière économique.
Le PS, en modifiant sa doctrine, se serait donc peu à peu éloigné du peuple, avant de se retourner contre lui.
Ce mouvement se serait produit en trois temps. En premier lieu une infusion lente des « valeurs libérales et libertaires » (les termes sont de Laurent Bouvet) au sein du parti après mai 1968, de sorte que « les socialistes étaient déjà devenus, dans les années 1970, des libéraux dans leur ethos culturel et social, alors qu’ils étaient encore très largement des antilibéraux en économie. » Ce premier mouvement se fait pour ainsi dire de manière inconsciente, presque à l’insu des responsables du parti. Puis, second temps, vient l’accession à la présidence de la République, la mise en œuvre du programme économique du PS, très vite suivie du tournant de la rigueur, qui revient en pratique à un abandon en rase campagne de toute la doctrine économique du PS. Enfin, troisième temps, le PS doit se trouver sans tarder « un projet de société (de gauche) de substitution » pour compenser et camoufler le fait que « la politique économique s’éloignait rapidement du canon en la matière ». Il se tourne alors vers la liberté des mœurs et le multiculturalisme, qui deviennent ses principaux chevaux de bataille, aidé en cela par certains événements, comme le surgissement de la « crise des banlieues » (à savoir les émeutes ethniques de la banlieue lyonnaise au début des années 1980).


Cette crise des banlieues, pour employer l’euphémisme officiel, met en effet en scène « un « nouveau mouvement social » inédit mais dont les revendications et l’expression correspondaient à la grammaire politique des nouveaux mouvements sociaux installée dans les années 1970 : primat de la jeunesse, souci des immigrés, luttes contre la domination, lien dans les sciences sociales avec le passé colonial de la France... ». Autrement dit il offre une cause nouvelle et certifiée « de gauche » à un PS déboussolé par l’échec de son programme économique, et d’autre part « ces émeutes ont été très vite comprises par le PS comme lui offrant la possibilité d’un débouché sociologique (et à terme électoral), au moment où il commence à perdre le soutien de pans entiers des catégories populaires et moyennes qui l’avaient accompagné dans sa conquête du pouvoir. ». Au moment ou les catégories populaires françaises commencent à l’abandonner, le PS entrevoit providentiellement le moyen de se passer d’elles : « Les jeunes « beurs » des deuxième et troisième génération de l’immigration seront ainsi mobilisés par des organisations telles que SOS racisme pendant la seconde moitié des années 1980 au soutien du PS et de François Mitterrand. Une telle mobilisation contribuera à la réélection de ce dernier en 1988. »
Bien que Laurent Bouvet ne le dise pas ainsi, il est difficile pour le lecteur de ne pas conclure de son analyse que les émeutes de la banlieue lyonnaise ont été pour le PS « une divine surprise ».
C’est à partir de ce moment que la gauche ne se contente plus de s’éloigner du peuple français mais se tourne franchement contre lui.
L’adoption du « compromis libéral-multiculturaliste » aboutit en effet à une « alliance, plus ou moins objective, entre les élites et les exclus conclue par dessus le vaste ensemble formé des classes populaires et d’une large partie des classes moyennes. » Autrement dit, les élites politiques, intellectuelles et économiques, entreprennent de transformer une partie des règles du jeu au profit des « minorités » et présentent la facture de la transformation au petit peuple. Laurent Bouvet en donne plusieurs exemples, mais trois suffiront ici.
D’une part les réformes de l’éducation nationale. 
Il vaut ici la peine de citer en longueur : « les réformes scolaires de la gauche dessinent en creux la formule du choix général qui a été fait pour les grandes politiques publiques, celui d’une double priorité qui a finit par faire système. D’une part, la préservation d’un système (de qualité) assurant une reproduction sociale régulière aux enfants des classes moyennes supérieures dont l’archétype central est la fonction publique enseignante - cœur de l’électorat socialiste rendu proportionnellement de plus en plus important dans le vote PS à mesure de l’éloignement des classes populaires. D’autre part, la promotion de l’égalité des chances et d’une diversité non dite mais néanmoins objectivée par les discours sur l’antiracisme et sur les « minorités visibles », par la concentration de moyens supplémentaires dans des zones territoriales spécifiques dont l’archétype central est la banlieue ou les « quartiers sensibles » - la discrimination positive qui reste en droit territoriale rejoignant, en raison de la concentration des populations d’origine étrangère sur certains territoires, une forme de discrimination par l’origine ethno-raciale telle qu’on la trouve aux Etats-Unis, par exemple. Ce double choix illustre l’enjambement évoqué plus haut des classes populaires et moyennes inférieures qui n’ont pas la chance de résider dans les zones cibles - des zones d’ailleurs que ces populations fuient dès qu’elles en ont la possibilité matérielle. »
En second lieu la question de l’immigration. 
Laurent Bouvet parle à ce propos « d’une alliance consciente ou non entre une bourgeoisie avide de profits et une gauche post-soixante-huitarde qui a abandonné les catégories populaires à leur propre sort. La première a constamment encouragé, pour des raisons économiques de diminution du coût du travail, l’immigration et l’ouverture des frontières à la main-d’œuvre étrangère, mais sans vouloir en subir à aucun moment les conséquences sociales et culturelles, au moment même où elle prônait le « moins d’Etat ». La seconde n’a eu de cesse de critiquer l’Etat comme dangereux pour les libertés, comme raciste, sécuritaire, policier et antihumanitaire, et a fini par considérer les couches populaires qui refusaient de la suivre sur ce terrain comme un ensemble de « beaufs » racistes et xénophobes accrochés à leurs privilèges de « petits blancs » (...) Cette nouvelle illustration de l’enjambement des classes populaires et moyennes par l’élite en direction de « son » nouveau prolétariat a été construite sans plus de débats. »
Le troisième exemple est celui de la construction européenne. 
« Dimension clef, car l’abandon de et l’oubli du peuple ont trouvé dans l’Europe telle qu’elle a été faite dans les années 1980-1990, une forme d’achèvement architectural par le haut. Si l’on s’en tient aux trois dimensions contemporaines du peuple, la construction européenne, n’étant ni démocratique, ni sociale, ni, bien évidemment, nationale, pouvait difficilement être populaire. Elle ne l’a pas été, et elle ne l’est toujours pas, bien au contraire. (...) Comment, en étant constitutivement favorables à la régulation publique de l’économie et à une solidarité sociale élaborée, toutes deux contrôlées démocratiquement dans le cadre national qui les rend justement possible, les socialistes européens ont-ils pu accepter la construction d’un espace qui ne soit ni démocratique ni social et dont la dérégulation marchande et l’abaissement du principe national sont les fondements mêmes ? »
Laurent Bouvet n’a manifestement pas la réponse à cette question.
Bien qu’il ne décrive pas la construction européenne comme un « enjambement » du peuple par l’élite en direction des minorités, il n’est pas difficile de voir qu’un tel aspect est bien présent dans l’actuelle l’Union Européenne. Ainsi, par exemple, la suppression des frontières intérieures, la monnaie unique, la liberté de circulation et d’installation, profitent essentiellement à ceux qui voyagent et qui peuvent étudier ou travailler à l’étranger, à savoir les CSP+, tandis que cette même suppression des frontières rend pratiquement impossible le contrôle de l’immigration sur le territoire de l’Union Européenne. Les élites profitent à plein de leurs nouveaux « droits » transnationaux, tandis les migrants s’installent en masse dans des quartiers populaires qui deviennent « sensibles » au fur et à mesure de leur arrivée et que fuient peu à peu les autochtones. Les dirigeants des partis de gauche peuvent se réjouir du spectacle de cette belle diversité qu’ils ont toujours les moyens de ne pas fréquenter (et, pour le plus calculateurs, des gains électoraux que cela semble leur promettre) tout en demandant au petit peuple de bien vouloir faire de la place aux nouveaux venus, et sans protester s’il vous plaît.

14 commentaires:

  1. Et bien voilà ! Je vois Laurent Bouvet hier soir chez Taddeï, je me dis qu'il va bien falloir que je me décide à lire son essai, ça m'ennuie un peu, je sens que je vais sans doute procrastiner pour le faire, et, ce matin, dés l'aube, à l'heure où blanchit la rosée, je découvre ce nouveau cycle de conférences d'Aristide qui va me dispenser de la corvée, et je suis tout simplement ravie !
    Merci Aristide !

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    1. Toujours à votre service, Dixie.
      Surtout si cela peut vous permettre de poursuivre votre lecture de l'intégrale de Jean-Jacques au lieu de vous disperser dans des lectures dispensables.
      De mon côté j'attends avec impatience vos conférences sur Les rêveries du promeneur solitaire.
      (Mais dites moi, ne serait-ce pas plutôt "à l'heure ou blanchit la campagne"?)

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    2. Ah mais si j'avais mis " campagne" tout le monde aurait vu que j'avais copié, alors que là, non. ;)

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  2. Aristide, un mot, un seul: BRAVO!

    Car il faut sacrée dose de courage pour lire ce genre d'essai surtout écrit pas un petit gars de gauche, déjà que programme du ps me donnait la nausée alors ce livre je serais mort.

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    1. Oh, courage est un bien grand mot, même s'il est vrai que ce n'est pas le livre le plus sexy du monde. Mais c'est instructif, en un certain sens.

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  3. "et que fuient peu à peu les autochtones"

    Mais maintenant il y a Duflot, qui va venir chasser les autochtones là où il se sont réfugiés.

    Personnellement, devant cette agression, je ne vois pas d'autre solution pour les zones, les camps de réfugiés, que de faire sécession en refusant les quotas de logements et le paiement des amendes.

    Il s'agit là d'une vraie et très importante bataille ...

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    1. La Duflot va renforcer ce qui existe déjà, la loi SRU.
      Cette loi est, dans son principe, une loi scélérate, jusqu'alors assez mollement appliquée, mais la gauche va faire tout son possible pour que cette scélératesse devienne une réalité universelle, tout au moins pour l'homme de la rue.
      Ceux qui ont de l'argent et les bonnes connexions pourront toujours y échapper. On peut être sûr que Térébenthine n'aura pas à souffrir de la cohabitation avec Mohammed ou Fatoumata. En revanche, pour les gens ordinaires, il va devenir de plus en plus difficile d'échapper à l'enrichissement obligatoire.
      Si en France nous avions une droite digne de ce nom cette loi aurait été supprimée depuis longtemps, mais hélas...
      En tout cas la première chose à faire pour y résister serait d'élire des maires opposés à la loi SRU, car beaucoup dépend d'eux.

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  4. Et bein, on a une belle description de l'évolution du socialisme.
    Ils modèlent et façonnent leur électorat un peu comme un enfant avec de la pâte à modeler.
    En gros, les couches pop' seraient bloquées dans leurs quartiers, car n'ont pas les moyens de bouger, et on leur fait croire que la vie sépare injustement les riches des pauvres. J'ai l'impression aussi que la gauche se préoccupe davantage de son image de marque que de l'efficacité de son action, qui est la pire qu'on puisse connaître.
    L'Etat socialo, c'est un peu l'araignée qui cherche le moyen de tisser la meilleure toile possible.

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  5. Arf, Bouvet, c'est celui qui a reproché à Millet de ne pas assez parler des victimes de Breivik dans son éloge littéraire.

    Bref, un politologue qui explique à un grand auteur littéraire comment celui-ci devait se comporter en écriture.

    On balance entre l'amusement et le dégoût.

    C'est dit et je vais de ce pas lire votre article, cher Aristide.

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    1. Je dois avouer que, effectivement, le constat de Bouvet est bon.

      Je le soupçonne néanmoins d'hypocrisie quand il prétend ne pas s'expliquer l'engouement des socialistes pour l'aventure européenne.

      Peut-être devrions-nous le passer à tabac pour lui faire cracher le morceau ?

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    2. Voyons Crétinus, vous savez que la violence n'arrange rien :-D

      Cela dit je pense que Bouvet est sincère lorsqu'il s'étonne de l'adhésion sans réserve des socialistes à la construction européenne. De même que je le crois sincère dans son constat. Il l'un des rares intellectuels de gauche qui osent dire publiquement que, peut-être, et sans vouloir vexer personne, l'immigration de masse n'est pas une chance pour la France et que le clampin moyen n'a pas nécessairement tort de se poser des questions à ce sujet.
      Evidemment son audace reste très limitée - il est socialiste après tout - et lorsqu'il s'agit d'aborder les solutions il retombe à pieds joints dans le marigot social-démocrate, comme vous le verrez dans la seconde partie.

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    3. Hé bien, je me réjouis de prendre connaissance de cette seconde partie et j'en profite pour vous témoigner notre reconnaissance pour ce laborieux travail de pré-digestion que vous avez le courage d'effectuer sur cette vile matière à haute teneur progressiste.

      J'ai les boyaux du cerveau relativement sensibles et une ingestion brutale risquerait de déclencher une réaction allergique pouvant parfois entraîner, dans certains cas, des rejets idéologiques violents.

      Soyez remercié.

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  6. Intéressant, le petit Bouvet, mais toutes ces analyses avaient déjà été faites par Chevènement dans les années 90; je lui souhaite de réussir un peu mieux à se faire entendre.
    Sinon, sur le pourquoi de l'attachement indéfectible des socialistes à l'UE (ce machin qu'ils appellent "l'Europe"), je crois que la clef principale se trouve dans leur détestation profonde, viscérale, irrationnelle, de la Nation; le capitalisme, ils ne le détestent pas vraiment, le marché non plus (tant que l'Etat continue à leur garantir la sécurité de l'emploi); mais la nation, ça, ils ne peuvent pas encaisser, alors va pour "l'Europe", même si elle n'est pas sociale.
    Merci en tous cas pour ce compte-rendu.

    Dominique

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    1. Oui, je crois aussi que c'est de ce côté là qu'il faut chercher.
      Mais il faut également prendre en compte le fait que l'intégration européenne est un processus qui échappe en partie aux gouvernements nationaux. Un point que Laurent Bouvet semble ignorer.

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