Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 26 juin 2013

Féminisme et femmes battues




Si, selon l’adage de Bossuet, désormais usé jusqu’à la corde, « Dieu se rit de ceux, etc. » le Père éternel doit affuter ses zygomatiques en prévision du 3 juillet prochain. C’est en effet ce jour-là que notre sublime (le mot n’est pas trop fort) ministresse du droit des femmes présentera en Conseil des ministres une série de mesures nouvelle destinées à lutter contre « les violences faites aux femmes », mesures qui, n’en doutons pas, finiront par devenir loi. La même femme qui, jour après jour, s’efforce autant qu’il est en elle de détruire la famille dite « traditionnelle » et de brouiller tous les repères qui pourraient servir aux deux sexes pour s’orienter l’un par rapport à l’autre. Le tout, bien entendu, au nom de « l’égalité ».

Jamais il ne lui viendrait à l’esprit – ni à elle ni à ses consœurs en féminisme nihiliste – que sa lutte pour « l’égalité des sexes » est l’une des choses qui contribue le plus à brutaliser les rapports hommes/femmes, et à rendre héréditaires les inégalités sociales. Et si jamais une telle pensée lui venait, elle la repousserait immédiatement comme impie et méritant d’être expiée par encore plus de mesures contre le sexisme, l’homophobie, la transgenrophobie, et que sais-je encore.

Ce n’est donc pas pour elle – ni pour ses consœurs - que je publie cette traduction d’un texte de Théodore Dalrymple, mais pour ceux et celles qui sont encore capables de réfléchir, et de comprendre que deux plus deux continueront éternellement à faire quatre, même si nous désirons très fort qu’ils fassent autre chose. Je crois qu’il en existe toujours. C’est dire si je suis optimiste.


Qui aime bien châtie bien


Extrait de Life at the bottom, par Théodore Dalrymple


La semaine dernière, une jeune fille de dix-sept ans a été admise dans mon service avec une telle intoxication alcoolique qu’elle pouvait à peine respirer par elle-même, l’alcool ayant des effets dépresseurs sur la fonction respiratoire. Lorsqu’elle s’est finalement réveillée, douze heures plus tard, elle m’a dit qu’elle était alcoolique depuis l’âge de douze ans.
Elle avait renoncé à l’alcool pendant quatre mois avant son admission, m’a-t-elle dit, mais elle venait juste de replonger à cause d’une crise. Son petit ami, âgé de seize ans, venait juste d’être condamné à trois ans de détention pour une série de cambriolages et d’agressions. Il était ce qu’elle appelait « sa troisième relation durable » - les deux premières ayant duré quatre et six semaines respectivement. Mais après quatre mois de vie avec le jeune cambrioleur, la perspective d’être séparée de lui avait été suffisamment douloureuse pour la ramener à la boisson.
Il se trouvait que je connaissais aussi sa mère, une alcoolique chronique avec un penchant pour les petits amis violent, le dernier d’entre eux ayant été poignardé dans le cœur au cours d’une bagarre dans un pub. Les chirurgiens de mon hôpital avaient sauvé sa vie et, pour célébrer sa guérison et sa sortie, il s’était rendu directement au pub. De là il était rentré chez lui, saoul, et avait battu la mère de ma patiente.
Ma patiente était intelligente mais mal éduquée, comme seuls peuvent l’être des produits du système éducatif britannique après onze ans d’école obligatoire. Elle pensait que la seconde guerre mondiale avait eu lieu dans les années 1970 et était incapable de me donner une seule date historique exacte.
Je lui ai demandé si elle pensait qu’un cambrioleur jeune et violent se serait révélé un bon compagnon. Elle a admis que non, mais a ajouté que c’était le genre d’hommes qui lui plaisaient ; et par ailleurs - d’une manière légèrement contradictoire – que les hommes étaient tous les mêmes.
Je l’ai prévenu aussi clairement que j’ai pu qu’elle était déjà bien engagée sur la pente menant à la pauvreté et à la misère - que, comme me l’avait appris l’expérience d’innombrables patients, elle aurait bientôt une suite de petits amis possessifs, exploiteurs, et violents, à moins qu’elle ne change de vie. Je lui ai dit que dans les jours précédents j’avais vu deux patientes qui avaient eu la tête enfoncée dans la cuvette des toilettes, une qui avait eu la tête fracassée dans une vitre et la gorge tranchée sur les éclats de verre, une qui avait eu le bras, la mâchoire et le crâne brisé, et une qui avait été suspendue par les chevilles à la fenêtre d’un immeuble de dix étages sur l’air de « Crève, salope ! »
« Je peux prendre soin de moi-même », m’a répondu mon adolescente de dix-sept ans.
« Mais les hommes sont plus forts que les femmes », lui ai-je dit. « En cas de violence, ils sont avantagés. »
« Ce sont des propos sexistes », m’a-t-elle répliqué.
Une fille qui n’avait rien retenu de l’école avait néanmoins absorbé les niaiseries du politiquement correct en général et du féminisme en particulier.
« Mais c’est un fait complètement évident et incontournable », lui ai-je dit.
« C’est sexiste », a-t-elle réitéré fermement.
Un refus obstiné de regarder en face certains faits dérangeants, aussi évidents qu’ils puissent être, imprègne désormais notre attitude en ce qui concerne les rapports entre les sexes. Un filtre idéologique fait de notions chimériques empêche de passer tout ce que nous préférons ne pas avoir à reconnaitre au sujet de ces rapports éternellement difficiles et disputés, avec tous les résultats désastreux que l’on peut en attendre.
Je rencontre ce refus partout, même parmi les infirmières de mon service. Intelligentes et compétentes, aussi droites et dévouées que n’importe quel groupe de personne que je connais, elles semblent, lorsqu’il s’agit de juger du caractère des hommes, totalement, presque délibérément, incompétentes.
Dans mon service de toxicologie, par exemple, 98% des 1300 patients que nous voyons chaque année ont tenté de se suicider par overdose. Un tout petit peu plus de la moitié d’entre eux sont des hommes, dont 70% au moins se sont rendus coupables récemment de violences domestiques. Après avoir poignardé, étranglé, ou simplement frappé celles qui désormais apparaissent dans les dossiers médicaux comme leurs « partenaires », ils prennent une overdose pour au moins l’une de ces trois raisons, et parfois pour les trois à la fois : pour éviter d’aller devant le tribunal ; pour faire du chantage émotionnel à leurs victimes ; et pour présenter leur propre violence comme le résultat d’un état pathologique qu’il est du devoir du médecin de soigner. En ce qui concerne nos patientes femmes qui ont essayer de se suicider, quelques 70% d’entre elles ont souffert de violences conjugales.
Dans de telles circonstances, il n’est pas très surprenant que je puisse maintenant dire au premier regard - avec un bon degré d’exactitude - si un homme est violent envers sa tendre moitié (il ne s’ensuit pas, bien sûr, que je suis capable de dire si un homme n’est pas violent avec elle). En vérité, les indices ne sont pas particulièrement subtils. Un crâne rasé de près avec de nombreuses cicatrices sur le cuir chevelu à la suite de collisions avec des verres ou des bouteilles brisées ; un nez cassé ; des tatouages sur les mains, les bras, la nuque, transmettant des messages d’amour, de haine, et de défi ; mais avant tout une expression de malignité concentrée, d’égoïsme outragé, et de suspicion féroce - tout cela suffit pour se prononcer. En fait, je n’analyse même plus les indices pour en tirer une conclusion : la propension d’un homme à la violence est aussi immédiatement lisible dans son visage et sa posture que n’importe quel trait de caractère fortement marqué.


Il est d’autant plus surprenant pour moi, par conséquent, que les infirmières perçoivent les choses différemment. Elles ne voient pas la violence d’un homme dans son visage, ses gestes, son comportement, et ses ornements corporels, bien qu’elles aient la même expérience de ces patients que moi. Elles entendent les mêmes histoires, elles voient les mêmes signes, mais elles ne portent pas les mêmes jugements. Et qui plus est, elles semblent ne jamais apprendre ; car l’expérience - comme la chance, dans la fameuse formule de Louis Pasteur - ne favorise que les esprits préparés. Et lorsque je devine en un coup d’œil qu’un homme est un batteur de femmes invétéré, elles sont horrifiées par la dureté de mon jugement, même lorsqu’il se révèle juste une fois encore.
Ce n’est pas une question purement théorique pour les infirmières, car beaucoup d’entre elles ont dans leur vie privée été les victimes consentantes d’hommes violents. Par exemple, l’amant de l’une des infirmières-chef, une jeune femme vivante et attractive, l’a récemment mise en joue avec une arme à feu en menaçant de la tuer, après lui avoir régulièrement poché les yeux durant les mois précédents. Je l’ai rencontré une fois alors qu’il venait la chercher à l’hôpital : il était exactement le genre de jeune égoïste féroce avec lequel j’aurais pris mes distances même en plein jour.
Pourquoi les infirmières sont elles si réticentes à tirer les conclusions les plus inévitables ? Elles apprennent dans leur formation, assez justement, qu’il est de leur devoir de s’occuper de chacun sans tenir compte de ses mérites ou de ses qualités personnelles ; mais pour elles il n’y a pas de différence entre suspendre son jugement pour certains objectifs limités et ne jamais porter aucun jugement dans quelques circonstances que ce soit. C’est comme si elles étaient plus effrayées de parvenir à une conclusion négative sur quelqu’un que de recevoir un coup de poing dans la figure - une conséquence probable, soit dit en passant, de leur défaut de discernement. Dans la mesure où il est presque impossible de reconnaitre un batteur de femmes sans le condamner intérieurement, il est plus sûr de ne simplement pas voir ce qu’il est.
Ce défaut de discernement est presque universel parmi les femmes battues qui sont mes patientes, mais chez elles il remplit une fonction quelque peu différente de chez les infirmières. Les infirmières ont besoin de maintenir un certain regard positif sur leurs patients afin de pouvoir faire leur travail. Mais pour les femmes battues, le fait de ne pas percevoir à l’avance la violence des hommes qu’elles choisissent sert à les absoudre de toute responsabilité pour tout ce qui peut arriver après, en leur permettant de se concevoir uniquement comme des victimes, plutôt que comme les victimes et les complices qu’elles sont. De plus, cela leur donne toute liberté de suivre leurs impulsions et leurs caprices, en leur permettant de croire que l’attractivité sexuelle est la mesure de toutes choses et que la prudence dans la sélection d’un compagnon mâle n’est ni possible ni désirable.
Souvent leur imprudence serait risible si elle n’était pas tragique : bien souvent dans mon service j’ai vu se former des liaisons entre des patientes qui avait été violentées et des patients violents, dans la demi-heure qui suivait leur rencontre. Désormais je peux souvent prédire la formation d’une telle liaison - et prédire qu’elle finira dans la violence aussi sûrement que le soleil se lèvera demain.
Au début, bien sûr, mes patientes commencent par nier que la violence de leur homme était prévisible. Mais lorsque je leur demande si elles pensent que j’aurais pu la reconnaitre à l’avance, la grande majorité d’entre elles - neuf sur dix - répondent, oui, bien sûr. Et lorsque je leur demande comment elles pensent que j’aurais pu faire cela, elles énumèrent précisément les facteurs qui m’auraient conduit à cette conclusion. Leur aveuglement est donc volontaire.
La désastreuse insouciance actuelle à propos d’une affaire aussi sérieuse que les relations entre les sexes est sûrement quelque chose de nouveau dans le cours de l’histoire : il y a seulement trente ans, les gens montraient beaucoup plus de circonspection dans la formation d’une liaison qu’aujourd’hui. Ce changement représente, bien entendu, l’accomplissement de la révolution sexuelle. Les prophètes de cette révolution souhaitaient purger les rapports entre les sexes de toute dimension morale et détruire les institutions et les coutumes qui gouvernaient ces rapports. L’entomologiste Alfred Kinsey a réagi contre sa propre éducation puritaine et répressive en concluant que toute forme de contrainte en matière de sexualité était injustifiée, et psychologiquement nocive ; l’écrivain Norman Mailer, ayant pris les stéréotypes raciaux aussi au sérieux que n’importe quel membre du Ku Klux Klan, a vu dans la sexualité soit disant désinhibée des Noirs la promesse pour le monde d’une vie plus riche et foisonnante ; l’anthropologue de Cambridge Edmund Leach a informé le public anglais cultivé, lors d’émissions radiophoniques, que la famille nucléaire était responsable de tous les ennuis de l’humanité (et ceci au siècle de Staline et de Hitler !) ; et le psychiatre R. D. Laing a mis sur le compte de la structure familiale des maladies mentales sévères. Chacun à leur manière, Norman O. Brown, Paul Goodman, Herbert Marcuse, et Wilhelm Reich se sont joint à la campagne menée pour convaincre le monde occidental que la sexualité libérée était le secret du bonheur et que la répression sexuelle, ainsi que la vie familiale bourgeoise qui avait jusqu’à maintenant contenu et canalisé la sexualité, n’étaient rien d’autre que des causes de pathologie.

Tous ces enthousiastes croyaient que, si les relations sexuelles pouvaient être libérées des inhibitions sociales artificielles et des restrictions légales, quelque chose de merveilleux apparaitrait : une vie dans laquelle aucun désir n’aurait à être frustré, une vie dans laquelle la petitesse humaine s’évanouirait comme neige au soleil. Les conflits et les inégalités entre les sexes disparaitraient de même, parce que chacun pourrait avoir ce qu’il ou elle voulait, quand et où il ou elle le voulait. Les fondements d’émotions bourgeoises mesquines, comme la jalousie ou l’envie, disparaitraient : dans un monde d’épanouissement total, chaque personne serait aussi heureuse que les autres.
Le programme des révolutionnaires sexuels a plus ou moins été appliqué, particulièrement dans les échelons inférieurs de la société, mais les résultats ont été très différents de ceux qui étaient si sottement attendus. La révolution s’est fracassée sur le roc d’une réalité inavouée : que les femmes sont beaucoup plus vulnérables à la maltraitance que les hommes du simple fait de leur biologie, et que le désir pour la possession sexuelle exclusive de l’autre est resté aussi fort que jamais. Ce désir est bien sûr incompatible avec le désir tout aussi puissant - consubstantiel au cœur humain mais jusqu’alors contrôlé par des restrictions sociales et légales - d’une totale liberté sexuelle. A cause de ces réalités biologiques et psychologiques, le résultat de la révolution sexuelle n’a pas été l’avènement du bonheur humain dans le meilleur des mondes, mais plutôt un énorme accroissement de la violence entre les sexes, pour des raisons aisément compréhensibles.
Bien évidemment, avant même toute explication, la réalité de cet accroissement est rageusement niée par ceux qui ont un intérêt idéologique direct à cacher les résultats des changements qu’ils ont aidé à produire et qu’ils ont accueilli avec enthousiasme. Ils utiliseront le même genre de diversions que celles employées pendant si longtemps par les criminologues progressistes pour nous convaincre que c’est la peur de la criminalité, plutôt que la criminalité elle-même, qui a augmenté. Ils diront (assez justement) que la violence entre les hommes et les femmes a existé toujours et partout mais que notre attitude envers elle a changé (ce qui est peut-être correct également), de sorte qu’elle est plus fréquemment signalée qu’avant.
Le fait demeure pourtant qu’un hôpital comme le mien a connu, dans les deux dernières décennies, un énorme accroissement des femmes victimes de blessures, la plupart d’entre elles étant le résultat de violences conjugales et souvent d’un type qui aurait attiré l’attention des médecins en toutes circonstances. L’accroissement est réel, par conséquent, ce n’est pas une conséquence du fait que ces violences seraient signalées plus souvent. Environ un cinquième des femmes entre 16 et 50 ans qui vivent dans le secteur de mon hôpital se rendent aux urgences durant l’année à cause des blessures reçues lors de disputes avec un petit ami ou un mari ; et il n’y a aucune raison de supposer que ce que connait mon hôpital soit différent de ce que connaissent les autres hôpitaux locaux qui, avec le mien, fournissent des soins médicaux à la moitié de la population de la ville. Dans les cinq dernières années j’ai traité au moins deux milles hommes qui avaient été violents avec leurs épouses, leurs petites amies, leurs maîtresses, et leurs concubines. Il me semble qu’une violence aussi répandue n’aurait pas pu aisément être ignorée dans le passé - y compris par moi.
Et il y a de très bonnes raisons pour que cette violence se soit accrue sous ce nouvel ordre sexuel. Si les gens exigent la liberté sexuelle pour eux, mais la fidélité sexuelle pour les autres, le résultat est l’inflammation de la jalousie, car il est naturel de supposer que les autres vous font ce que vous leur faites - et la jalousie est ce qui déclenche le plus fréquemment la violence entre les sexes.

La jalousie a toujours été un trait des relations entre hommes et femmes : Othello, écrit il y a quatre siècles, est toujours instantanément compréhensible pour nous. Mais je rencontre au moins cinq Othello et cinq Desdémone par semaine, et ceci est quelque chose de nouveau, si les manuels de psychiatrie imprimés il y a quelques années avaient raison d’affirmer que la jalousie obsessionnelle est une chose rare. Loin d’être rare, elle est aujourd’hui presque la norme, particulièrement chez les hommes du quart-monde, dont la fragile estime de soi dérive entièrement de la possession d’une femme, et qui est en permanence au bord de l’humiliation à la perspective de perdre cet unique soutien de leur existence.
La croyance que la jalousie masculine est inévitable est une des principales raisons pour lesquelles mes patientes victimes de violence ne quittent pas les hommes qui les maltraitent. Ces femmes ont connus trois ou quatre hommes de cette sorte d’affilé, et cela n’a pas grand sens d’échanger l’un pour l’autre. Plutôt la maltraitance que vous connaissez que celle que vous ne connaissez pas. Lorsque je leur demande si elles ne seraient pas mieux sans homme qu’avec un tourmenteur masculin, elles répondent que dans leur quartier une femme seule est vue comme une proie facile par tous les hommes et, sans son protecteur violent mais attitré, elle souffrirait plus de violences, pas moins.
La jalousie des hommes - et cette passion est plus commune chez les hommes, bien que les femmes soient en train de les rattraper et de devenir violentes à leur tour - est une projection sur les femmes de leur propre comportement. La grande majorité des hommes jaloux que je rencontre sont grossièrement infidèles à l’objet supposé de leur affection, et quelques-uns gardent plusieurs femmes dans le même assujettissement jaloux quelque part dans la ville, et même à une centaine de kilomètres de là. Ils n’ont aucuns scrupules à cocufier d’autres hommes et se réjouissent au contraire de le faire, car cela renforce leur ego fragile. En conséquence ils s’imaginent que tous les autres hommes sont leurs rivaux, car la rivalité est une relation réciproque.
Ainsi, dans un pub, un simple regard dirigé vers la petite amie d’un homme est suffisant pour déclencher une bagarre, non seulement entre la fille et son amant mais, avant cela, entre les deux hommes. Les crimes violents continuent à augmenter en Angleterre, dont beaucoup sont causés par la jalousie sexuelle. Cherchez la femme n’a jamais été un conseil plus avisé lorsqu’il s’agit d’expliquer une tentative de meurtre qu’aujourd’hui ; et la nature extrêmement  fluide des rapports entre les sexes est ce qui rend ce conseil si avisé.

 
La violence de l’homme jaloux, cependant, n’est pas toujours occasionnée par le fait qu’il suppose que son amie s’intéresse à un autre homme. Au contraire, elle a une fonction prophylactique et l’aide à garder la femme entièrement asservie à lui jusqu’au jour où elle décide de le quitter, car sa vie est totalement focalisée sur le fait d’éviter sa colère. L’éviter est impossible, cependant, dans la mesure où c’est précisément le caractère arbitraire de sa violence qui la garde assujettie à lui. Ainsi, quand une patiente me dit que l’homme avec lequel elle vit l’a sévèrement battue pour une raison triviale - pour avoir servi des patates rôties alors qu’il les voulait bouillies, par exemple, ou pour ne pas avoir dépoussiéré le dessus de la télévision - je sais immédiatement que cet homme est obsessionnellement jaloux : car l’homme jaloux désire occuper toutes les pensées de l’objet de sa passion, et il n’y a pas de meilleur moyen pour y parvenir que la terreur arbitraire. De son point de vue, plus la violence est arbitraire et disproportionnée, plus elle est efficace ; et effectivement, il pose souvent des conditions impossibles à remplir pour la femme - qu’un repas fraîchement cuisiné l’attende au moment où il rentre à la maison, par exemple, en dépit du fait qu’il se refuse même à dire vers quel moment il rentrera dans un intervalle de quatre heures - précisément pour qu’il puisse avoir une occasion de la frapper. En fait, cette méthode est si efficace que la vie mentale de nombre de femmes battues qui me consultent s’est concentrée pendant des années sur leurs amants - leurs allées et venues, leurs désirs, leur confort, leur humeur - à l’exclusion de tout le reste.
Lorsque finalement elle le quitte, comme elle le fait presque toujours, il regarde cela comme un acte de la plus haute perfidie et en conclut qu’il devra traiter sa prochaine compagne avec encore plus de sévérité pour éviter la répétition. Observant la fluidité des liaisons sexuelles autour de lui et réfléchissant à son expérience récente, il devient la proie d’une paranoïa sexuelle permanente.
Pire encore, ces relations produisent des dynamiques sociales qui s’auto-entretiennent, car les enfants qui en résultent grandissent en croyant que toutes les liaisons entre hommes et femmes sont temporaires et sujettes à révision. Dès leur plus jeune âge, par conséquent, les enfants vivent dans une atmosphère de tension engendrée par la contradiction entre le désir naturel de stabilité et le chaos émotionnel qu’ils voient tout autour d’eux. Ils ne peuvent absolument pas présumer que l’homme qui partage leur vie - l’homme qu’ils appellent « papa » aujourd’hui - sera là demain. (Comme me le disait une de mes patientes en parlant de sa décision de quitter son dernier petit ami en date, « il était le père de mes enfants jusqu’à la semaine dernière. » Il va sans dire qu’il n’était le père biologique d’aucun des enfants, les géniteurs étant partis depuis longtemps.)
Un fils apprend que les femmes sont toujours sur le point de quitter les hommes ; une fille, que l’on ne peut pas compter sur les hommes et qu’ils sont inévitablement violents. La fille est mère de la femme : comme elle a appris que tous les rapports avec les hommes sont violents et temporaires, elle en conclut que cela ne vaut pas la peine de penser à demain en ce qui concerne le fait de choisir un homme. Non seulement il n’y a pas beaucoup de différences entre eux, à l’exception de l’attraction physique qu’ils peuvent lui inspirer, mais les erreurs peuvent être rectifiées simplement en abandonnant l’homme, ou les hommes, en question. Ainsi il est possible d’établir des relations sexuelles sans y accorder plus d’attention qu’au choix de ses céréales au petit déjeuner - ce qui est précisément l’idéal de Kinsey, Mailer et Cie.
Mais pourquoi la femme ne quitte-t-elle pas l’homme dès qu’il révèle sa violence ? C’est parce que, de manière perverse, la violence est le seul témoignage qu’elle a de son engagement envers elle. De même qu’il veut la posséder sexuellement de manière exclusive, elle veut une liaison permanente avec lui. Elle s’imagine - faussement - qu’un coup de poing au visage ou une main serrée autour de la gorge est au moins un signe qu’il continue à s’intéresser à elle, le seul signe, autre qu’un rapport sexuel, qu’elle recevra sans doute jamais à cet égard. En l’absence de cérémonie de mariage, un œil au beurre noir est son billet à ordre pour être aimée, honorée, chérie et protégée.
Ce n’est pas sa violence en tant que telle qui fait qu’elle l’abandonne, mais la découverte, en fin de compte, que sa violence n’est pas en réalité un signe d’attachement à elle. Elle découvre qu’il lui est infidèle, ou que ses revenus sont plus élevés que ce qu’elle pensait et qu’ils sont dépensés en dehors du foyer, et c’est alors seulement que sa violence semble intolérable. Elle est cependant tellement convaincue que la violence est une caractéristique intrinsèque et inévitable des rapports entre les sexes que si, par chance, elle tombe la fois suivante sur un homme qui n’est pas violent, elle est désorientée et éprouve un grand inconfort ; il se peut même qu’elle le quitte parce qu’il ne s’intéresse pas assez à elle. Beaucoup de mes patientes ayant été violentées m’ont dit qu’elles trouvaient les hommes non violents insupportablement indifférents et émotionnellement distants, la colère étant la seule émotion qu’elles ont jamais vu un homme exprimer. Elles les quittent plus rapidement que les hommes qui les ont battus et autrement maltraitées.
Les partisans de la révolution sexuelle voulaient libérer les rapports sexuels de tout à l’exception de leur aspect le plus biologique. A partir de maintenant, les relations de ce genre ne devaient plus être soumises à des arrangements contractuels bourgeois - ou, a Dieu ne plaise, à des sacrements - tels que le mariage ; plus aucun stigmate social ne devait être attaché à des conduites sexuelles qui avaient jusqu’alors été regardées comme répréhensibles. Le seul critère permettant de juger le caractère acceptable des relations sexuelles était le consentement mutuel des partenaires : aucune idée de devoir envers autrui (envers ses propres enfants, par exemple) ne devait se mettre en travers de l’accomplissement du désir. La frustration sexuelle résultant d’obligations et de restrictions sociales artificielles était l’ennemie à abattre, et l’hypocrisie - la conséquence inévitable du fait d’imposer aux gens quelque règle de conduite que ce soit - était le plus grand péché.
Que le cœur veuille des choses contradictoires, incompatibles, que les conventions sociales apparaissent pour résoudre certains des conflits qui naissent de nos propres impulsions ; qu’une frustration éternelle soit la conséquence inévitable de la civilisation, comme Freud l’avait noté - toutes ces vérités récalcitrantes échappèrent à l’attention des avocats de la libération sexuelle, condamnant au bout du compte leur révolution à l’échec.
Cet échec affecta le plus durement le quart-monde. Pas un moment les libérateurs sexuels ne s’arrêtèrent pour considérer l’effet sur les pauvres de la destruction des liens familiaux puissants qui seuls permettaient à nombre de gens d’émerger de la pauvreté. Seuls les intéressaient les petits drames et les petites insatisfactions de leurs propres vies. Mais en ignorant obstinément les aspects les plus saillants de la réalité, comme mon adolescente de dix-sept ans qui pensait que la force physique supérieure des hommes était un mythe sexiste socialement construit, ils ont largement contribué à rendre la pauvreté insoluble dans les villes modernes, en dépit d’un grand accroissement de la prospérité générale : car la révolution sexuelle a transformé en caste la classe des pauvres, une caste dont l’évasion restera impossible tant que durera cette révolution.

36 commentaires:

  1. Ce Théodore Dalrymple est un excellent psychologue, sans doute à cause de son expérience réelle de la vie. Sa démonstration est d'une grande efficacité.
    Merci pour cette traduction !

    (J'imagine qu'on ne peut pas se procurer le livre en français)

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    1. Dalrymple est médecin et psychiatre de formation, et pas un psychiatre pour les petits vague à l'âme des bobos névrosés. Il a choisi d'exercer parmi les "déshérités", en partie sans doute par goût de l'aventure, et parce qu'il pensait que ce serait plus intéressant.
      Et de fait il a beaucoup vu, beaucoup voyagé et - à mon avis - beaucoup compris.

      Et non, ses livres n'ont pas été traduits en Français.

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  2. J'aurais pensé que la "complicité" plus ou moins inconsciente des femmes battues qui restent auprès d'un homme violent tenait plus de leur espoir de le changer un peu par "magie"...

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    1. Il n'est pas du tout impossible que cela joue pour certaines d'entre elles.
      Mais lorsqu'elles ont connu successivement plusieurs hommes violents, c'est moins plausible.

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    2. Je ne crois pas... le "ca doit marcher, na, les contes le disent tous !" A la vie dure...

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  3. J'avoue être assez éblouie par la puissance d'analyse de ce médecin.
    La façon dont l'idéologie d'égalitarisme à tout crin contribue à obscurcir le jugement des femmes violentées fait réfléchir.
    Est-il parent avec William Darlymple?

    Merci pour la traduction. Elle est aussi fluide qu'un filet de sable fin.

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    1. Effectivement, Dalrymple peut être très bon. J'ai traduit d'autre de ses textes, vous devriez les chercher dans les archives si cela vous intéresse. Le libellé est simplement "Dalrymple".
      Et non, a priori aucun rapport puisque Théodore Dalrymple est un pseudonyme.

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  4. Si cela vous intéresse, il y a quelques autres traductions de textes de Dalrymple (pseudonyme d'Anthony Daniels - rien à voir avec C3PO ;)) sur mon blog aussi:

    http://insoumission.wordpress.com/category/dalrymple/

    J'ai bien peur qu'elles soient de pâle facture comparées à celles d'Aristide, mais j'espère ne pas avoir trop trahi l'auteur...
    (Il manque à cette collection l'une de mes premières traductions, publiée sur le défunt blog de Themistocle. 'vais essayer de la retrouver un de ces jours!)

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  5. Merci pour cette traduction fort intéressante. J'ajoute simplement mon grain de sel (ou de sable) dans la démonstration. Il me semble que, dans le bas peuple, le concubinage a toujours été plus fréquent que dans les franges supérieures de la société. Aux XVIIIe et au XIXe siècle, soit avant la révolution sexuelle, les curés dénonçaient déjà le concubinage et le vagabondage sexuel dans les quartiers pauvres des grandes villes. Pas très étonnant d'ailleurs, dans la mesure où le mariage servait surtout, dans les anciennes sociétés, à transmettre des biens et à organiser des patrimoines. Quand on n'a rien, inutile de se marier...

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    1. Chère Artémise,
      Je vous remercie pour cette remise en perspective historique. Je n’en attendais pas moins de votre part :-)
      Cela m’inspire les remarques suivantes :

      1) Vous parlez des quartiers pauvres des grandes villes. Sachant que jusque vers 1830 la population française est à 80% rurale, quelle fraction de la population cela concerne-t-il ?
      2) Je ne suis pas sûr que l’on puisse totalement se fier au témoignage du clergé pour ce qui concerne le degré de liberté sexuelle de la population. Vous savez comment sont les curés sur ces questions-là :-)
      3) Quoiqu’il en soit cette liberté était certainement infiniment moins grande qu’aujourd’hui pour au moins une raison : pas de pilule. Sans la contraception moderne, pas de « révolution sexuelle ».
      4) Je suis en désaccord sur le rôle essentiellement patrimonial du mariage. Certes le mariage sert à allier des familles et transmettre des patrimoines, lorsqu’il y en a. Mais il a aussi toujours eu une autre fonction très importante : régler la filiation et encadrer la sexualité – précisément pour le genre de raisons évoquées par Dalrymple.
      Même chez les peuples très primitifs, où la notion de patrimoine n’a guère de sens, il y a des sortes de mariage.

      Sinon, que le concubinage ait toujours été plus répandu chez le bas peuple, c’est fort possible. C’est vrai aussi aujourd’hui, comme vous le savez. Le vrai problème, de nos jours, c’est qu’il est devenu la règle, et le mariage l’exception. Vous avez lu Coming Apart, vous savez donc ce qu’il en est.

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    2. Pour répondre à vos remarques
      - évidemment, il s'agit de la population urbaine des grandes villes, donc pas une énorme population. Dans les campagnes, les sociétés étant plus cloisonnées et les jeunes gens plus surveillés (et la pression sur la possession de la terre, énorme), on a continué plus longtemps à se marier.

      - je crois, sans trop m'avancer, que dans l'ensemble les visites des curés dans ces paroisses témoignent d'un état de fait, et qu'on a finalement assez peu de raison de les mettre en doute. Les visiteurs religieux de l'époque n'ont pas de raison de mentir (ce sont des obsédés de la confession, de l'aveu et de la preuve, depuis le Moyen-âge, de par leur formation, ne l'oublions pas !). Après, les conclusions qu'ils en tirent (l'apocalypse est proche, c'est terrible, etc) sont une autre affaire. Mais qu'ils décrivent une situation réelle, celle du concubinage, ne me paraît pas inconcevable.
      D'ailleurs si vous regardez par exemple Zola, Maupassant, Balzac, etc, vous en trouvez beaucoup, de ces couples concubins.

      - la contraception change la donne, oui, mais pas tant que ça, en matière de mariage. Le nombre d'enfants par couple a commencé à baisser au XVIIe siècle avant la pilule, avant que le mariage ne devienne l'exception, comme vous le dites(à juste titre). Et finalement, dans les exemple donnés par Dalrymple, on voit beaucoup de mères seules élever de nombreux enfant (trois, quatre, cinq...) de pères différents. Ce qui me donne l'idée que contraception et révolution sexuelle ne sont pas automatiquement liés, ou alors de façon plus complexe qu'il n'apparaît de prime abord : d'ailleurs, ces femmes "libérées" ne maîtrisent justement pas du tout leur contraception (c'est d'ailleurs justement dans ce milieu là qu'on avorte le plus, je crois ?).

      - sur le mariage, nous ne sommes définitivement pas d'accord, c'est là que ça coince : je pense que la filiation n'arrive dans le mariage que par accident. D'ailleurs, dans les contrats de mariage (tous les mariés ou presque en avaient un, jusqu'à récemment), ce qui est prévu, c'est la dot, le douaire (dans les anciennes sociétés), la question de la communauté de biens... les enfants ne sont évoqués qu'au détour de quelques phrases, notamment dans la question du douaire. Je note d'ailleurs le renversement aujourd'hui : on se marie une fois qu'on a des enfants... Maintenant, oui, en un sens, la filiation compte plus qu'avant dans le mariage (je dis en un sens, vu qu'il n'y a plus de différence entre enfants naturels et légitimes).

      - pour le reste, d'accord avec vous, effectivement, le mariage est devenu l'exception, et je partage largement votre avis sur les conséquences néfastes de cela.

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    3. Sur les deux derniers points.
      La contraception orale (et l’avortement pratiquement à la demande) changent forcément énormément de choses.
      Le problème n’est pas celui du taux de fécondité (effectivement faible depuis des siècles en France) il est celui du vagabondage sexuel, de la multiplication des partenaires. Avec la pilule, et l’avortement, vous pouvez multiplier les partenaires apparemment sans conséquences. Bien sûr ce n’est qu’une illusion, mais une illusion qu’il n’est pas aisé de voir comme telle – et d’ailleurs beaucoup de gens intelligents persistent à affirmer que le seul problème de la libération sexuelle c’est qu’elle n’a pas été encore assez loin, et que la solution à tous les maux consiste à faire encore plus « d’éducation sexuelle » et de distribution de préservatifs gratuits.
      Pour le dire en peu de mots, tous les historiens du monde ne parviendront pas à me faire croire que l’accès à la sexualité était aussi facile et le vagabondage sexuel aussi répandu avant et après l’arrivée de la contraception moderne. Le témoignage de la nature humaine l’emporte sur celui des historiens.
      En l’absence de contraception efficace, la plupart des femmes serrent très fort les cuisses, si vous me passez l’expression. Que cela ne soit plus le cas aujourd’hui est trop évident pour avoir besoin d’être démontré, me semble-t-il.
      Par contrecoup les hommes se trouvent grandement libérés de leurs responsabilités – si elle est enceinte, tant pis pour elle, elle n’avait qu’à prendre la pilule, etc. – la pression pour qu’ils se marient est beaucoup moins grande – disparition des « shotgun wedding » - et le mariage est beaucoup moins attirant pour eux, puisqu’ils peuvent accéder à la sexualité sans cela. Etc.
      La contraception est ce sans quoi la révolution sexuelle n’aurait pas pu avoir lieu.
      C’est un bouleversement immense.

      En ce qui concerne la filiation, je maintiens que c’est la justification principale (objective) du mariage. Juridiquement ce qui définit le mariage au moins depuis le code civil c’est la présomption de paternité (et c’est, entre nous soit dit, ce qui la rend la notion de mariage homosexuel si absurde). Et logiquement aussi, il n’y a aucune raison d’obliger un homme et une femme à vivre ensemble toute leur vie et à avoir des rapports sexuels pour régler des questions patrimoniales.
      Que, comme vous le dites, les enfants ne soient pas évoqués dans les contrats de mariage me semble très normal : la question des enfants est réglée essentiellement par la loi, vous n’avez pas le choix de l’arrangement, parce que c’est la question fondamentale. En revanche le législateur laisse et à toujours laissé (je crois) beaucoup plus de latitude pour régler la transmission et le partage des biens. Précisément parce que c’est secondaire (objectivement, pas subjectivement, bien sûr – quand vous dites « Maintenant, oui, en un sens, la filiation compte plus qu'avant dans le mariage » c’est en un sens subjectif, pour ceux qui se marient. Ce n’est pas le problème du législateur).

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  6. Sur la contraception, bien sûr, vous avez raison, elle "facilite" les choses. Pas que le vagabondage, d'ailleurs. Je connais de nombreux couples mariés jeunes, qui ont attendu plusieurs années pour avoir des enfants, le temps de finir leurs études, avoir un salaire, etc.
    L'une des raisons du mariage tardif (29-30 ans au XVIIIe siècle, quand même) réside là-dedans, d'ailleurs : on ne se mariait pas et on n'avait pas d'enfants, du moins théoriquement, tant qu'on n'était pas capable d'avoir sa propre maison et de s'assumer soi-même.

    Ensuite, bien sûr, la liberté sexuelle n'était pas la même, mais ce qui a été montré depuis les années 60-70 notamment, c'est que dans les sociétés occidentales, il n'y a pas non plus de chape de plomb pesant sur la sexualité. Il y a des cas de concubinage avant mariage, qui se terminent en général par le mariage des concubins, mais pas toujours : dans les actes notariés, vous trouvez par exemple des contrats où le jeune homme dédommage sa concubine par des cadeaux divers lorsqu'il rompt pour pouvoir se marier avec l'épouse que ses parents lui ont choisi. Cela se passe au XVIe siècle, avant que la Réforme tridentine ne passe par là...


    Très rapidement sur le mariage, rapidement car je crois que nous ne nous accorderons pas : ce que je vois primer, de mon côté, c'est que le mariage tel que nous l'avons hérité dans le code civil, et qui remonte, en fait, au mariage romain, est bien celui de l'organisation des patrimoines. C'est-à-dire que des pères transmettent à leurs enfants de quoi vivre en leur donnant de son bien au moment du mariage. Le mariage organise la part des biens qui entre dans la communauté pour faire vivre le ménage (et ses enfants potentiels), et ceux qui resteront propres aux époux (afin que l'autre puisse continuer à vivre si l'un dilapide les biens).
    L'exemple de Charlemagne laissant ses filles vivre en concubinage notoire avec des aristocrates de sa cour est parlant : le roi (puis l'empereur) ne souhaitait pas morceler l'héritage, ni avoir des gendres pénibles.
    La notion d'encadrement de la sexualité est à mon avis très connotée "morale du XIXe siècle", et je crois qu'avec ce concept, on plaque sur des réalités des concept inadaptés.

    Après, que vous dire ? Je suis bien triste de constater que, sur la douzaine de cousins qui m'entourent et qui sont en âge de se marier (plus de 20 ans, donc), seuls deux parmis nous sont mariés. Un seul autre couple vit non marié mais stable avec un enfant (plus de 20 ans de relation, je compte ça comme stable). Les autres vivent en concubinage ou enchaînent les relations à semi-longue durée, quelques mois/quelques années. Ce que ça donne ? Encore récemment, une parente plaquée par le père de son enfant. Un type dont il était facile, me semble-t-il, de voir qu'hormis sa belle gueule (bon allez, on va dire que les goûts et les couleurs, hein...), il était totalement incapable de quoi que ce fût, et encore moins de s'occuper d'un gosse. Dalrymple a bien évidemment raison sur ce point : aujourd'hui, seule l'attractivité sexuelle compte dans le choix de son partenaire, pour beaucoup de femmes et d'hommes. Forcément, quand l'enfant et les responsabilités arrivent (devoir vivre de son travail, notamment), le couple explose.
    Le mariage "à l'ancienne" avait au moins le mérite d'inciter à un peu plus de réflexion dans le choix de la personne avec laquelle on allait se coucher dans un lit pour y faire des enfants

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    1. Il est effectivement possible que nous ne nous accordions pas, ce qui n’est pas grave. Mais j’avoue que j’aimerais bien comprendre la vraie source de notre désaccord.
      Je vous avoue ne pas comprendre comment vous pouvez soutenir une interprétation du mariage qui me semble tellement contraire à la réalité.
      Quelle réalité me direz-vous ?
      1) Réalité juridique : ce qui caractérise le mariage, ce qui le distingue fondamentalement des autres contrats, c’est la présomption de paternité. Tous les juristes compétents vous le confirmeront. Evidemment je parle là pour la France, mais je n’ai guère de doute qu’il en aille de même dans les autres pays occidentaux.
      2) Réalité anthropologique : dans tous les temps et dans tous les lieux on trouve une institution matrimoniale. Ses formes varient, bien sûr, mais il y a des constantes, en gros la reconnaissance et l’approbation publique du fait que tel homme et telle femme aient des relations sexuelles, reconnaissance et approbation qui emporte avec elle des avantages et des obligations sanctionnées par la société dans son ensemble.
      3) Réalité « psychologique » ou naturelle : la sexualité humaine a besoin d’être encadrée, partout et toujours. Cela n’a rien à voir avec la morale du 19ème siècle. Comment parvient-on à cette conclusion ? En étudiant la nature humaine. En s’examinant soi-même sans concession et en examinant les autres, en lisant les bons romanciers et les auteurs anciens, etc.

      Ce que vous me dites sur le mariage « patrimonial » me semble vraiment considérer le problème par le petit bout de la lorgnette. Et l’exemple de Charlemagne que vous alléguez ne me semble pas du tout probant : dans le cas d’un souverain, il est bien évident que les considérations patrimoniales peuvent devenir absolument prépondérantes. Mais quoi ? Il est souverain, c’est-à-dire à part de l’humanité commune. On ne peut pas en tirer de conclusions pour le commun des mortels.

      Peut-être votre réticence vient-elle du fait que je vous parais insister unilatéralement sur le besoin d’encadrement de la sexualité, et que vous pensez que, si on m’écoutait, cela ramènerait tout le royaume des ténèbres, Thomas d’Aquin en tête.
      Je vous rassure, je reconnais aussi le besoin d’une certaine liberté en matière de sexualité, et je n’ai pas de doute sur le fait que, dans les siècles passés, le balancier est aussi allé trop loin dans l’autre sens. Comme vous le savez, je suis un lecteur de Rousseau (qui soit dit en passant a vécu en concubinage avec Thérèse presque jusqu’à la fin de sa vie), et j’ai toujours présent à l’esprit le reproche qu’il fait à un certain christianisme : « en outrant les devoirs, vous les avez rendus impraticables ». Je n’oublie pas non plus la critique terrible (bien que voilée) de Montaigne à ce sujet, ni les analyses subtiles de Montesquieu.
      Par exemple, le caractère indissoluble du mariage me semble injustifiable considéré à la seule lumière naturelle (si l’on considère le mariage comme un sacrement, c’est évidemment autre chose).

      Mais aujourd’hui le problème est inverse. Il n’y a nul besoin de plaider la cause de la liberté (je parle pour l’Occident bien sûr), mais au contraire de rappeler la nécessité de la modération et les bienfaits d’une certaine discipline.
      Et oui, je juge sévèrement la révolution sexuelle, mais n’allez pas y voir l’expression de mon puritanisme personnel ou de mon éducation « répressive ». D’après ce que je peux deviner, j’ai eu une éducation beaucoup moins stricte que vous en la matière et personnellement je n’ai pas à me plaindre de la liberté actuelle (pas pour le moment en tout cas).
      Ma position sur toutes ces questions est plus modérée qu’elle ne vous parait sans doute, même si, mesuré à l’aune actuelle, je suis évidemment un horrible réac.

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  7. Impossible de vous répondre ce week-end, vous m'en excuserez : enfants, mari, famille, ménage, un peu de thèse, c'est un peu trop pour vous pondre une réponse un peu développée. Je reviens lundi ! passez une bonne fin de semaine.

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  8. Il me semble que Joe Star est un garçon très doux et sensible malgré son physique de psychopathe....à moins qu'on ne puisse faire confiance au cinéma ;)

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    1. Uh-uh ! Rappelons simplement le casier judiciaire de ce doux agneau (qui ne comprend, bien sûr, que les affaires ayant été portées à la connaissance de la justice).

      En novembre 1996, le groupe NTM est condamné par le Tribunal correctionnel de Toulon à 6 mois de prison, dont 3 mois avec sursis, avec interdiction « d'exercer la profession de chanteur de variétés » pendant 6 mois, pour « propos outrageants » envers les forces de l'ordre, lors du concert de La Seyne-sur-Mer le 14 juillet 1995. NTM interjette appel et, en juin 1997, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence allège le jugement du Tribunal de Toulon et condamne Kool Shen et JoeyStarr à 50 000 Francs d'amende et deux mois d'emprisonnement avec sursis.

      Le 24 février 1999, JoeyStarr est condamné à 2 mois de prison ferme pour l’agression d’une hôtesse de l’air, à Montpellier.

      Le 16 juin 1999, il est condamné à 6 mois de prison ferme pour coups et blessures volontaires sur son ex-compagne, à Bobigny.

      En février 2000, il est condamné à verser une amende de 1 000 euros pour la détention d'un chien pitbull non stérilisé, Storm, qui avait tenté de dévorer le chien d'une passante à Saint-Ouen.

      En mai 2000, il est condamné à verser une amende de 12 000 francs pour avoir agressé un passant le 4 juin 1998.

      En février 2001, il est arrêté dans le cadre d'une affaire de trafic de cocaïne : lors de l'intervention, les policiers découvrent à son domicile de la cocaïne, du haschich et un pistolet automatique de calibre 6,35 mm. Le lendemain, JoeyStarr est condamné à un mois de prison ferme et est immédiatement incarcéré pour détention prohibée d'arme de première catégorie et à payer une amende de 100 000 francs (15 000 euros), par le tribunal correctionnel de Bobigny.

      En 2002, il frappe violemment un singe devant des caméras, ce qui lui vaut une condamnation pour mauvais traitement.

      En 2003, il est condamné à quatre mois de prison ferme pour avoir frappé et craché sur des gendarmes mobiles.

      En 2005, il est mis en examen pour usurpation d'identité et faux et usage de faux : il aurait fait payer à un homonyme demeurant à Nancy plusieurs infractions au code de la route commises avec un faux permis de conduire.

      En février 2009, il est condamné à 3 mois de prison ferme et 2 000 euros d’amende pour violences conjugales, à la suite d'une main courante déposée par son ex-compagne le 23 août 2008. Il avait été gardé à vue et placé sous contrôle judiciaire à cette occasion.

      Le 12 juin 2009, il écope d'une peine de 2 ans de prison dont 6 mois ferme pour des violences volontaires à coups de hachoir (feuille de boucher) portés sur une voiture lors d'une bagarre à Paris. Il est immédiatement placé sous mandat de dépôt.

      Le 20 avril 2013, il est arrêté en Belgique, dans le quartier du Carré de Liège, pour rébellion envers des policiers36. Selon la presse du 29 avril 2013, il s'est infligé lui-même des blessures afin d'en accuser les policiers, comme le montrerait l'enregistrement des caméras de surveillance du poste de police.

      Wikipédia parle d’une autre affaire de violences conjugales dans les années 90 : « Entre 1994 et 1999, Joey Starr aurait eu une longue relation avec une jeune femme, relation violente faite « d'enfermement hystérique, de comportements sado-maso », selon l'avocat de la jeune femme. Cela conduira à un procès tumultueux avec une accusation de coups et blessures volontaires sur son ex-compagne, appuyée par plusieurs certificats médicaux, et qui se terminera par une tentative de suicide de la part des deux parties. Une expertise psychiatrique ne décèlera aucune pathologie mentale chez Joey qui, selon le psychiatre, « trouve via la musique un moyen de se dégager de la violence qu'il porte en lui. »

      Hum… il semblerait que la musique n’ait pas été tout à fait suffisante pour que ce cher Joey se « dégage de la violence qu’il porte en lui ».

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    2. Il frappe un singe devant des caméras ? Fichtre ! Drôle de personnage.

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    3. Vous savez, frapper un singe, frapper une femme, la différence n'est pas si grande.
      Le singe lui avait sûrement manqué de respect, ou bien il avait trop fait cuire le rata et il fallait le remettre à sa place.
      Enfin bref, on a fait bien des histoires pour un singe, je trouve.

      Blague dans le groin, je me souviens très bien que les Guignols de l'info (et oui, il m'arrivait encore d'y jeter un oeil, parfois) en avaient fait un gimmick, et qu'à chaque fois que la marionnette de Joey Starr apparaissait, c'était pour frapper un singe.

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  9. Très intéressant et parfaitement exact en termes de description clinique

    Deux objections à l'interprération "collectiviste" ( oui, j'ose le terme) qui en est donnée:
    1°)les mecs "frappeurs" ( c'est un de leur mode de jouissance, et il n' ya rien à guérir puisqu'il n' ya pas de maladie) ici décrits sont des pervers, disons des psychopathes impulsifs; donc en clair non pas des sujets qui le sont devenus, mais qui, plutôt le sont restés ( Le vieux Freud disait fort justement: "on ne devient pas pervers, on le demeure"): brefs , éternels coyotes à foie jaune.......dont les mères, de façon non rares, se présentent comme des "bonnes mères", mais qui en réalité jouissent à travers les exactions commises par leur "mauvais garçon " de fils chéri.Un exemple littéraire connu: le commissaire San Antonio et sa mère Félicie; un exemple réel récent: Un certain Chanteur....dont les désirs sont on ne peut plus noirs.

    Note: il ya pratiquement autant de femmes perverses que d'hommes pervers

    2°) Concernant les femmes "frappées"
    Sentiment amoureux ( si, si); fascination pour le pervers qui passe à l'acte; identification à l'agresseur ( d'où pardon, cécité etc..): n'ont qu'à s'en prendre qu' à elles mêmes.

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  10. La récente multiplication des commentaires anonymes, apparemment de bonne foi, me laisse penser que l'avertissement figurant au-dessus de la fenêtre des commentaires n'était pas assez visible.
    Je le réécris donc, en lettres capitales cette fois, et je laisse à titre exceptionnel subsister le commentaire ci-dessous.

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    1. Bien reçu; effectivement, j'ai eu la paresse de lire l'avertissemnt ci-dessous
      Signé: l'ex "anonyme" du 01/07/13 12h19

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  11. J’aurais du écrire plutôt mon petit commentaire maintenant je vais passer pour un béotien après l'excellent échange entre Artemise et notre hôte.

    Je dois à mon corps défendant que j'ai appris que certains hommes pratiquaient le vagabondage du sexe, le mot est amusant car j'ai plus souvent entendu le terme "coureur de jupon" de toute façon si les mâles humains ont de multiples partenaires c'est qu'il y des dames qui ont la cuisse légère.

    Pour avoir travailler dans un lieu à majorité féminine(95% de dames), je peux vous assurer que nous les gars sommes bien en dessous de ce que peuvent faire certaines dames sur beaucoup de plan notamment sur la vagabondage du sexe.

    Sur la violence faite aux femmes par de bien triste sire, on pourrait citer ectte phrase du philosophe Jankélévitch : "la violence n'est rien d'autre qu'une force faible"; mais je doute que sous les coups d'un compagnon brutale ces pauvres femmes évoquent ce monsieur à leurs tortionnaires, cela aurait peut être un effet inverse, ces gredins n'admettant pas se faire traiter de 'couille molle".

    Sur le sexisme évoqué par un des jeunes patientes de ce médecin elle devrait regarder plus les épreuves sportives quand ces yeux ne sont pas pochés et elle s’apercevrait que les dames courent moins vite, lancent moins loin un poids pourtant moins lourd, sautent moins loin et moins haut et je pourrais continuer la liste que les représentants mâles de l' espèce humaine.

    La nature serait elle sexiste?

    La taille et le poids n'ont rien à voir mêmes si un certain Audiard fait dire à Belmondo: "Quand les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent."; il parait qu'un certain John Wayne était complètement terrorisé par son épouse mexicaine qui pourtant était haute comme 3 pommes.

    Le contexte social y est peut être pour quelque chose dans le comportement de ces tourmenteurs mais le massacre de femmes ne s'arrête pas aux portes des châteaux.

    Affirmer sa virilité dans ce cas que ces hommes montent sur un ring de boxe et essayent de pratiquer le même traitement au gars d'en face mais là, il y aura du répondant et ces cogneurs sont bien trop lâches pour oser comme quoi les cons savent où s'arrêter.

    Bon voilà, ma petite participation est terminée enfin presque je voudrais ajouter que le chanteur de Noir Désir est le beau frère d'une certaine Duflot dont le compagnon a déclaré ceci:

    " Moi je me fiche pas mal de la France effectivement. Et qu’elle soit forte, pour moi, c’est pas mon sujet. Mais c’est un hasard historique l’état des frontières à l’heure actuelle. Le fait que moi je sois née en France. Je me sens pas plus fier d’être Français que d’être grec ou sénégalais. Enfin franchement, c’est quoi cette histoire d’avoir les deux pieds dans la bouse et de bander ses muscles pour faire croire qu’on est des costauds. On est un petit pays.Je me fiche pas mal de la France, c’est maintenant !"; nous remarquerons que ce crétin ne crache sur le salaire de sa ministre de concubine.

    Bonne journée

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    1. Effectivement, il existe des femmes cavaleuses et des hommes battus. Mais ce sont des phénomènes plutôt rares.
      Je crains qu'effectivement la nature soit bougrement sexiste.

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    2. Cher Aristide permettez de revenir sur vos remarques sur les épouses infidéles et les hommes battus.

      Si les dames paraissent moins volages, ce n'est pas qu'elles n'ont pas capables mais qu'elles s'en vantent moins. Un homme ayant de multiples conquêtes paraîtra pour un Don-Juan, un Casanova voir un coureur de jupon ou un trousseur de jupon mais une femme sera soit "Une Marie couche toi là" voire une fille facile enfin de compte une pute.

      Même si de nos jours, les mentalités évoluent, une femme sera toujours conspuées pour son comportement devant les hommes, il suffit de parler des" couguars" pour que certaines personnes aient des sourires entendus même chez les femmes.

      Sans entrer dans les détails, je fus durant de nombreuses années un S.C.F (Sans compagne Fixe), un vagabond du sexe et je fus toujours surpris par le nombre de dames ayant un compagnon ou un époux déjà dans leur vie, à ma question "pourquoi", la réponse était souvent la même "nous sommes comme vous, nous aimons voir ailleurs si l'herbe est plus verte".

      Eh oui messieurs nos moitié sont peut être chastes que nous nous l'imaginons et puis ce vieil adage: "Maman c'est sût, papa peut être" est toujours d'actualité.

      Venons au phénomène des hommes battus, ils sont moins nombreux mais prenons un exemple, un mari et son épouse se présent dans un commissariat pour déposer une plainte pour violence conjugale , qui croira t on l'homme ou la faible femme.

      Je mesure 1m78 et je pèse 125 kgs(dernière pesée porcine) avec pour achever le portrait une tête de tueur psychopathe et un langage de charretier, mon épouse pèse deux fois moins et mesure 1m52 d' après vous cher Aristide en cas de pugilat qui sera déclaré coupable, ma tendre moitié, oui si le représentant de l'ordre a un sens de l'humour développé.

      Si certaines femmes ne portent pas plainte par epur de représailles, les hommes ne le font par peur du ridicule.

      La peur et le ridicule sont peut être de lointains parents

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    3. Ah, mais je n'ignore pas que les femmes sont, comme nous, des animaux sexués, et bien loin de moi l'idée de contester l'expérience dont vous faites état.
      Cependant je maintiens que ces dames sont, en général, moins bien équipées que nous pour courir le guilledou, et qu'elles en ont moins envie - les deux étant liés, bien sûr.
      Je reprends ce que dit Harvey Mansfield sur le sujet : "Les femmes ont trois désavantages : elles tombent enceintes, elles contractent plus facilement et plus gravement des maladies sexuellement transmissibles et, plus important, elles ont plus facilement le cœur brisé que les hommes. Les hommes, avec leur capacité d’abstraction, leur capacité à oublier, leur indifférence ont, pour s’échapper après une relation sexuelle, un équipement mental que n’ont pas les femmes. Le deux poids deux mesures s’adapte à cette réalité et mérite d’être réexaminé." (c'est ici : http://aristidebis.blogspot.fr/2012/03/reflexions-sur-la-revolution-feministe_20.html)
      Je suis substantiellement d'accord avec ça.
      Je pourrais y rajouter des considérations très physiques pour expliquer pourquoi, en règle générale, les aventures d'un soir ont peu de chances d'être très satisfaisantes pour les dames, mais je ne le ferais pas car je suis sûr que tous ceux qui me lisent et qui ont quelque expérience de ces choses-là me comprendront. Les autres peuvent passer leur chemin, c'est un blog pour adulte ici^^.
      Il y a une formule (d'une femme, Claude Habib) qui me semble parfaitement résumer la différence des sexes en ce qui concerne la sexualité : "les femmes sont moins portées que les femmes sur les plaisirs de la sexualité lorsqu'ils sont séparés du reste de l'existence".
      Evidemment c'est un "stéréotype", donc vrai statistiquement, pas dans tous les cas.

      En ce qui concerne les hommes battus, il se peut effectivement que le phénomène soit sous-estimé, mais enfin il doit quand même être rare.
      Une petite bonne femme peut mener un grand costaud par le bout du nez, ça s'est vu plus d'une fois, mais qu'elle le frappe c'est autre chose.
      Pour qu'un homme se laisse battre par une femme sans réagir il faut qu'il soit très lâche (j'ai connu un cas comme ça) ou bien très affaibli physiquement (une personne âgée par exemple).

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  12. Avant que vous ne partiez en vacances et bien en retard par rapport à ce que j'avais promis, voici ma réponse sur la question du mariage comme contrat.

    Il me semble que vous oubliez une chose dans votre démonstration : le mariage, depuis la nuit des temps, dans toutes les sociétés même très primitives, s'est toujours accompagné de transferts de biens, dans un sens comme dans l'autre. C'est d'ailleurs plus ou moins, et en caricaturant à coup de serpes, l'idée de Lévi-Strauss, sur le mariage comme échange des femmes contre des biens.
    L'encadrement de la sexualité, de plus, ne concerne finalement que les femmes : on se fiche bien, dans l'écrasante majorité des sociétés, que les hommes aient des bâtards. Et du reste, la lecture de bien des ouvrages vous montre que les femmes ne sont pas si contrôlées que ça, dans bien des sociétés : la France du XVIIe siècle est finalement bien dévergondée... La seule question qui compte est celle d'avoir un héritier légitime, du même sang que vous (ou du moins présenté comme tel), pour lui transmettre le patrimoine. Donc un héritier né d'un conjoint choisi et épousé dans un contexte bien précis, celui de l'échange des biens et des fluides (sang, sperme, etc). D'où le phénomène endogamique qu'on retrouve à peu près partout.
    Bien sûr, dans ce contexte, on ne peut guère dissocier sexualité, reproduction et contrat de mariage, mais enfin, le mariage comme producteur d'enfants est une vision très réductrice de la chose. La dot (et l'apport masculin au mariage) n'existe plus en France, mais c'est très récent. Dans bien des sociétés, elle existe toujours, sous des formes plus ou moins discrètes : il est d'ailleurs toujours amusant de lire des articles sur la façon dont les femmes asiatiques choisissent leur mari, en fonction de leur situation essentiellement. En France, cela fait hurler les naïfs, quoi, mais enfin, c'est quoi ce manque de romantisme, toutes des salopes matérialistes, etc. En Asie, il est normal de choisir son conjoint en fonction de ses revenus, c'est même un critère qui pèse très lourd.

    Voilà en gros l'idée.

    Pour le reste, comme vous, je ne crois pas que l'instauration d'une société telle que la rêvent les cathos tradis soit forcément souhaitable. Une vraie liberté doit être possible pour que la vie ne soit pas irrespirable, bien entendu. Personnellement, je n'ai pas eu non plus à me plaindre de l'état actuel des moeurs françaises et suis bien heureuse d'avoir pu attendre quelques années avant d'avoir des enfants. Et je ne pense pas que vous soyez un abominable réac. Ou alors, mes amis homos qui sont ravis de pouvoir se marier, sont d'atroces obscurantistes, vu qu'ils déplorent aussi le vagabondage sexuel généralisé et le nombre effarant de divorces.

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    1. Mais je ne conteste nullement que le mariage s’accompagne presque toujours d’échange de biens. Il est même tout à fait possible que, pour ceux qui se marient, ou bien pour leur famille qui les marie, ce soit le point essentiel.
      Ce que je dis, c’est qu’un tel échange de bien est objectivement secondaire. C’est parce qu’il y a union d’un homme et d’une femme en vue de fonder une famille distincte (donc d’avoir des rapports sexuels et des enfants) qu’il y a échange de biens, dots, etc. Ce qui est premier, logiquement aussi bien que naturellement, c’est cette union « potentiellement féconde » pour parler comme certains juristes. Ou si vous voulez le dire de manière plus poétique, ce qui est premier c’est Eros.
      Je répète ce que j’ai dit précédemment : « il n’y a aucune raison d’obliger un homme et une femme à vivre ensemble toute leur vie et à avoir des rapports sexuels pour régler des questions patrimoniales. » Cela pourrait se faire de cent autres façons.
      Pourquoi les êtres humains ont-ils inventé l’institution matrimoniale ? Parce qu’ils ont découvert qu’hommes et femmes ont souvent du mal à demeurer ensemble et à élever en commun les enfants qui résultent de leur attirance réciproque, et que cependant il est important qu’ils se fixent, pour eux-mêmes et pour la société dans son ensemble. Voilà le point essentiel.
      Considérer le mariage comme « producteur d’enfants », comme vous le dites, n’est donc pas « une vision très réductrice », c’est, je crois, aller au cœur des choses, ne pas se laisser détourner de l’essentiel par des considérations secondaires – considérations secondaires qui peuvent être très envahissantes, je vous l’accorde bien volontiers, et qui ne sont nullement dénuées d’importance, mais qui sont secondes néanmoins. Ce qui est premier c’est : un homme et une femme (chabada-bada chabada-bada…). Le reste se greffe autour de cela, au point parfois de l’étouffer d’ailleurs.

      En fait, il me semble qu’une grande partie de la meilleure littérature occidentale tourne autour de la tension qui existe entre les aspects « primaires » et « secondaires » du mariage, ou si vous préférez entre les droits de l’amour (ou de l’attirance sexuelle au minimum) et les droits des pères (ou les conventions sociales en général, donc aussi les considérations patrimoniales). Beaucoup de pièces de Molière, par exemple, sont portées par cette tension. Et, comme souvent, le traitement le plus profond et le plus subtil se trouve chez Shakespeare : Roméo et Juliette, mais aussi La mégère apprivoisée, etc.
      Molière et Shakespeare ne commettent pas l’erreur, comme trop de nos contemporains, de mépriser les conventions sociales et de se ranger inconditionnellement du côté des amants – ils accordent leur dû à ces conventions et ils pointent les limites de l’amour seul, qui n’est pas une base suffisante pour le mariage – mais en même temps il est clair que pour eux, le cœur du mariage, c’est précisément l’union des cœurs et des corps.

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    2. Sur « l’encadrement de la sexualité » : il est très excessif de dire que cela ne concerne finalement que les femmes. D’abord il est impossible d’encadrer la sexualité féminine sans encadrer aussi de facto la sexualité de la plupart des hommes. Ensuite les conventions matrimoniales pèsent aussi sur les hommes, c’est une évidence. Là aussi la grande littérature occidentale regorge d’exemples. Mais, comme dirait Publius, ce qui ne saurait être sérieusement contesté n’a pas besoin d’être prouvé.
      En revanche, ce qui est vrai, c’est qu’il existe un deux poids, deux mesures, là aussi, semble-t-il, universel. Le vagabondage masculin est considéré avec plus d’indulgence que le vagabondage féminin (mais, comme il faut être deux pour jouer à ces jeux, cela signifie, comme je l’ai dit plus haut, que même si le vagabondage masculin bénéficie de relativement plus d’indulgence, il ne pourra jamais être que le fait d’une minorité d’hommes).
      Evidemment cela a de forts relents d’injustice, et cependant je crois que cela peut en partie se justifier, ou en tout cas s’expliquer. Rousseau a de jolies pages sur cette question.
      Lorsque vous dites : « la lecture de bien des ouvrages vous montre que les femmes ne sont pas si contrôlées que ça, dans bien des sociétés : la France du XVIIe siècle est finalement bien dévergondée » je vous répondrais que ce jugement dépend de votre point de comparaison, et que ce point de comparaison ne doit pas être irréaliste.
      Il n’est aucunement question de prétendre qu’il aurait existé des époques ou chacun était avec sa chacune et devait strictement s’en contenter. Cela n’existe pas et n’existera jamais, pour tout un tas de raison. La discipline sexuelle est toujours une question de degré, de plus ou moins, et toujours les règles existantes seront contournées par certains, et certaines. Par conséquent, constater que les hommes et les femmes des siècles passés n’étaient aucunement des saints et des saintes de vitrail, ce n’est pas du tout réfuter l’idée que la sexualité faisait l’objet d’un certain « contrôle social ». C’est juste constater que, selon ses propres critères, ce « contrôle » n’était pas parfait. Ce qui n’est certes pas une grande découverte.

      J’en termine. Vous dites : « il est d'ailleurs toujours amusant de lire des articles sur la façon dont les femmes asiatiques choisissent leur mari, en fonction de leur situation essentiellement. »
      C’est exact, mais il n’est pas sûr que cela prouve que ces femmes seraient plus « matérialistes » que les autres ou que les questions de « dot » l’emporteraient sur les autres considérations. A ce que je me suis laissé dire, pour un nombre non négligeable de femmes, le « pouvoir » aurait des vertus érotiques. Pour le dire autrement, ce qui rend un homme attirant, ce n’est pas seulement son physique, c’est aussi sa situation sociale – ça fait partie de son sex-appeal. Evidemment aujourd’hui, en Occident, la plupart des femmes se feraient couper en deux plutôt que de reconnaître ce genre de choses, et pourtant…
      Peut-être sourirez-vous en lisant cela, et vous aurez raison, mais en même temps je suis en partie sérieux. Si l’on veut se donner la peine d’y réfléchir, je crois que cela peut se comprendre, et pas en termes matériels. En tout cas certains psychologues ont mené tout un tas d’expériences amusantes à ce sujet. Il faudra que je vous en parle à l’occasion.

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  13. Je sais encore paraître stupide en minimisant dans ce dialogue de haute tenue mais nous oublions que même si l'homme a inventé et créé d'immense choses (comme le moteur à explosion, j'en perds pas une), il fait partie du règne animal et comme toutes les espèces de cette terre, les femelles et les mâles se comportent de façon identique, les dames choisissent le plus beaux des mâles pour enfanter les rejetons les plus solides. Chez les humains tout au moins de nos jours, le moyen le plus sûr d' assurer à descendance , le gîte et le couvert de façon correct c'est d'épouser le lus riche avant c'était celui qui avait les plus gros muscles pour exploser la gueule aux prédateurs de tous poils.

    Rien à changer, tout se transforme même dans les relations des couples.


    Je sais , c'est basique mais comment votre conjoint vous a choisi sur un coup de foudre , moi je veux bien mais tout coup de foudre se fini en orage donc il ou elle pensait que vous seriez le meilleur parti pour sa future portée.

    Si de nos jours, quelques données ont changé, le résultat est identique sauf que nous ne pensons plus en années mais la société de consommation étant passée pas là, nous agissons en enfants gâtés, je t'aime ,je 'épouse, tu ne me plais plus, je te largue et à la prochaine étape, un seul souci bien souvent il y a enfant car nous restés des mammifères et notre horloge animale reste en fonction, donc on marque son territoire en laissant une trace de ce passage. Les hommes pour montrer leur virilité et les femmes leur attachement au mâle du moment sinon comment expliquer que certaines dames se retrouvent avec trois chiards de trois pères différents.

    Même si le mariage n’intéresse plus que les curés et les pédérastes, j'ai défilé contre cette loi inique du mariage pour tous car il reste un symbole civilisationnel et le galvauder c'est un détruire notre culture.

    On s’éloigne des femmes battues et de leurs tourmenteurs, juste une remarque sur le fait que les hommes aiment posséder l'épouse d'un autre, à mon grand regret cette remarque est juste, nous restons bien des barbares.

    Bonne après-midi.

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  14. Je crois que justement, le point sur lequel nous divergeons, est que je considère que la question patrimoniale est ce qui fait la différence entre un mariage et une union de concubins, et que le transfert des biens est on ne peut plus important.
    Mais ce n'est pas grave, après tout, vous lirez ma thèse et vous serez très certainement convaincu :)

    bonnes vacances !

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    1. Bien sûr que le transfert de biens est une des choses qui distingue mariage et concubinage. Et une fonction essentielle de ce transfert de biens est de renforcer et de rendre plus difficile à défaire le lien entre les personnes.
      Les biens, en quelque sorte, garantissent les personnes. C'est très important.
      D'une manière connexe, il est très important que la loi distingue mariage et concubinage en accordant des avantages fiscaux et patrimoniaux à ceux qui se marient, à la différence des concubins, car cela incite les gens à se marier. Mais le but visé c'est l'union des personnes.

      Merci Artémise, et bonnes vacances à vous aussi.

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  15. Au Quebec, le lobby feministe est tres fort et controle le systeme de justice et les politiques. Je crois que nous sommes le territoire le plus feministe anti-homme au monde. Des centaines d'hommes quebecois sont accuses a tort de violence conjugale dans les histoires de garde des enfants lors des divorces. Je suis une femme et je connais tres bien la violence des autres femmes a mon encontre, et ce, depuis ma tendre enfance dans ma famille et a l'ecole. Apres des annees de mensonges du lobby feministe quebecois au sujet du nombre de femmes battues, nombre qui fut exagerement gonfle, des etudes ont decrit une realite tout autre: la violence conjugale est repartie de facon symetrique entre les hommes et les femmes. C'est 50%-50% des deux cotes. Les femmes sont moins fortes physiquement mais peuvent compenser en utilisant des objets. Les femmes sont aussi des specialistes de la violence psychologique, de la manipulation et la cruaute mentale. Le harcelement psychologique sur les lieux de travail est surtout le fait des femmes entre elles. Par contre, il est vrai que la violence des hommes est plus physique, plus visible et plus meurtriere. Donc cet article est tout de meme vrai, et la description qu'il fait de la mentalite des femmes battues est vrai. C'est un excellent texte. Ces femmes sont entierement dominees par leurs attirances sexuelle et cela prend toute la place. Beaucoup de femmes (meme moi, mais j'essaie de me controler), manquent completement de discernement dans leurs choix amoureux a cause du sexe. Et les batteurs de femmes presentent souvent des traits plus virils que la moyenne des hommes (mais pas toujours), et des taux de testoterone eleves, qui rendent les femmes esclaves de leurs propres hormones. Concernant la liberation sexuelle, Shere Hite (pourtant une feministe) porte un regard tres critique a ce sujet dans son "Nouveau Rapport Hite sur la sexualite des femmes". Elle constate a travers les temoignages des femmes que la revution sexuelle n'a pas apporte plus de jouidsance et d'epanouissement sexuel aux femmes, bien au contraire. Car comme vous le disiez plus tot, les femmes ont un desavantage de la nature par rapport aux hommes pour atteindre un orgasme, et elles ont besoin d'un partenaire patient et attentionne. Cela est plus difficile a trouver lors des coups d'un soir. Mais elles vont quand meme devenir sexuellement esclaves de leur desir pour des hommes violents meme si elles n'ont pas d'orgasmes avec eux. C'est une grosse contradiction. Ces femmes simulent souvent l'orgasme pour garder l'homme et nient leurs propres besoin. D'autant plus que depuis la revolution sexuelle les femmes sont "obligees" de jouir pour ne pas subir le rejet des hommes. Enfin, la revolution sexuelle a engendre l'exploitation sexuelles des femmes ordinaires, pas seulement les prostituees. Et a derresponsabilise les hommes.

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    1. Chère anonyme. Veuillez prendre garde à l'avertissement situé au-dessus de la fenêtre des commentaires et la prochaine fois, s'il vous plait, prenez un pseudo ou signez votre message sinon je serais obligé de l'effacer.

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