Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 12 février 2014

Une horrible histoire




En complément de mon plaidoyer pour la peine capitale, il m’a semblé pertinent de traduire et de vous présenter cet article de Théodore Dalrymple (que je sais qu’un certain nombre d’entre vous apprécient beaucoup). Le sujet en est l’histoire de Frederick et Rosemary West, et lorsque vous l’aurez lu vous n’aurez pas besoin que je vous explique pourquoi je juge à-propos de le publier.
Bonne lecture donc, si tant est qu’une lecture de ce genre puisse être bonne.

Une horrible histoire

Extrait de Our culture, what’s left of it, par Théodore Dalrymple


Dans la conception psychothérapeutique du monde à laquelle adhère tout bon progressiste, il n’y a pas de méchants, seulement des victimes. Le voleur et le volé, l’assassin et l’assassiné, tous sont également victimes des circonstances, unis par les évènements qui les ont emportés. Les générations futures s’étonneront (je l’espère) de ce que, au siècle de Hitler et Staline, nous ayons été si désireux de nier la capacité de l’homme à faire le mal. De temps à autres, cependant, une affaire se produit qui ressuscite un vague souvenir de cette capacité – souvenir rapidement oublié peu après.
Le cas de Frederick et Rosemary West est un exemple de ce genre de phénomène. Il commença dans l’insouciance du public, passa par un bref stade de stupéfaction horrifiée, et est maintenant essentiellement une occasion de profit pour les éditeurs et les tour-opérateurs. Mais, considéré correctement, il nous rappelle ce dont les hommes sont capables, lorsque toutes les contraintes ont disparu ; et parce que les crimes commis par les West dépassaient tellement en horreur tout ce qui pouvait être expliqué par leur situation personnelle, ce cas nous rappelle aussi ce qui devrait être évident, mais hélas ne l’est pas, à savoir qu’aucune perfection concevable de la société ne rendra jamais superflues toutes les contraintes extérieures sur le comportement des hommes.

Dès que la police eut déterré les premiers restes humains dans l’arrière-cour du n°25, Cromwell Street, à Gloucester, en février 1994, les bookmakers de tout le pays commencèrent à prendre les paris sur le nombre de corps qui seraient finalement découverts là-bas. Il n’y a rien qui requinque le moral national des Anglais plus efficacement qu’un meurtre vraiment abominable, et l’on ne peut pas faire plus abominable que les meurtres qui eurent lieu dans Cromwell Street.
En définitive, les restes de neuf êtres humains furent découverts à cette adresse, y compris ceux de la fille des heureux propriétaires, Monsieur Frederick et Madame Rosemary West (nés respectivement en 1943 et 1953). Les restes de leur belle-fille furent trouvés à leur ancienne adresse, 25 Midland Road, Gloucester, et ceux de la première femme de Mr. West, Rena, et d’une de ses maîtresses – enceinte au moment de sa mort – furent découverts dans deux champs aux environs du lieu de naissance de Mr. West, le village au nom pittoresque de Much Marcle. Selon la remarque si perspicace d’Agatha Christie, il y a une bonne dose de perversité dans un village anglais.
Avant de se pendre, le Jour de l’An 1995, dans la prison de Winson Green, à Birmingham, Mr. West avoua à un confident – qui s’est depuis vu offrir plus de 150 000$ pour donner ces aveux, non publiés jusqu’à maintenant, à un journal - qu’il avait tué au moins vingt autres personnes. Il est difficile cependant d’accorder beaucoup de crédit à sa confession, car Fred n’avait jamais été très bon avec les chiffres et, selon des membres de sa famille, n’avait jamais été capable de se rappeler exactement combien d’enfants il avait, ni leurs prénoms. Selon une rumeur que j’ai entendue, le nombre réel de ses victimes serait plus proche de soixante que de vingt. Il est vrai que cette rumeur m’a été rapportée par un homme qui avait quelques raisons d’être anxieux : c’était un médecin dont les locaux avaient été récemment agrandis par Fred, qui était un petit entrepreneur. Fred avait obligeamment proposé de préparer les fondations des nouveaux locaux pendant que le médecin serait en vacances : une attention qui, rétrospectivement, était peut-être motivée par davantage que le seul désir d’épargner au médecin le bruit que provoque inévitablement ce genre de travaux.
Une autre de mes connaissances refusa l’offre de Fred de lui bâtir une véranda : les manières de l’entrepreneur l’avaient rebuté. Il y avait effectivement quelque chose de tout à fait singulier dans l’apparence du meurtrier : il semblait être à un stade intermédiaire dans la transformation de l’homme en loup-garou. Extrêmement hirsute, il était petit et boitait à la suite d’un accident de moto survenu dans sa jeunesse. Il avait la mauvaise dentition propre aux classes populaires anglaises, mais ses yeux avaient un éclat intense, et il est certain que, en dépit de son manque d’instruction, son accent campagnard, et un vocabulaire limité, il était capable d’exercer un charme hypnotique sur des jeunes femmes vulnérables et inexpérimentées.
L’apparence de Rosemary était bien plus ordinaire. Elle avait forci précocement et avait eu l’air d’une femme d’âge mûr bien avant l’heure. Rien dans son visage ou son maintien ne suggérait un appétit sexuel vorace ou un sadisme incontrôlé. En prison, tandis qu’elle attendait son procès, elle ressemblait à s’y méprendre à ces grand-mères affectueuses qui tricotent des chaussettes pour leurs petits-enfants.
Il est peu probable que nous sachions jamais combien de vies Fred et Rose ont fauché : il faudrait pour cela retourner un comté tout entier, et comme les excavations relativement limitées qui ont été entreprises jusqu’à maintenant par la police – et qui portent sur deux cent yards carrés tout au plus (environ 180m2) – ont déjà coûté 2,25 millions de dollars, une investigation relativement minutieuse aurait pour effet de ruiner la nation. Quel que soit le nombre réel des victimes, le Gloucester des West est désormais aussi profondément gravé dans la conscience nationale que le Whitechapel de Jack l’éventreur. Le procès de Rose a monopolisé l’attention du public comme celui d’OJ Simpson l’avait fait aux Etats-Unis, bien que seule la presse ait pu en rendre compte : les caméras n’étant (à juste titre) pas admises dans les tribunaux britanniques, afin de préserver le peu qui reste de la majesté de la loi.
Gloucester est une petite cité d’environ 100 000 habitants, connue pour sa cathédrale, dans laquelle la municipalité a démontré de manière concluante qu’avec un judicieux mélange de planification urbaine type années 60 et une politique d’aide sociale sans discernement, il était possible de reproduire avec succès les conditions de vie dégradées des grands centres urbains dans les petites villes de province. Le centre-ville médiéval, ancien mais délabré, a été presque entièrement remplacé par des immeubles de béton qui auraient réjouit les cœurs d’un autre couple célèbre, les Ceaucescu. En ce qui concerne Cromwell Street elle-même, les habitations du 19ème siècle, autrefois décentes et même élégantes, se sont quasiment transformées en taudis, dans lesquels une population changeante de vagabonds loue des chambres sordides à la semaine et où tout semble à l’abandon : la peinture s’écaille des charpentes, le stuc s’effrite, et les détritus – des emballages de junk-food – voltigent au gré du vent. Un peu plus loin, sur le mur du fond d’une autre rangée de maisons mitoyennes, un peintre mural a représenté la marche glorieuse des masses britanniques, du chômage durant la grande dépression à la famille monoparentale dans les années 90, avec à leur tête un rastafari à dreadlocks tenant à bout de bras une bannière sur laquelle est inscrit « Donnez-nous un futur » : par quoi il faut entendre, selon les bannières plus petites portées derrière lui par les mères célibataires, des allocations sociales plus généreuses. Juste à côté de la maison des West se trouve une méchante petite église des Adventistes du septième jour, dont la pancarte promet aux passants « la paix et l’équilibre dans un monde totalement fou ».


25 Cromwell Street

Le n°25 de Cromwell Street, cependant, apporte la promesse d’un renouveau urbain. Certains ont suggéré qu’il soit transformé en mémorial pour les victimes des West. D’autres, à l’esprit plus commercial, ont proposé que l’on en fasse un musée de figures de cire, ce qui en ferait sans aucun doute l’une des principales attractions touristiques des îles britanniques, stimulant ainsi l’économie de Gloucester toute entière. On peut se faire une idée du potentiel touristique de Cromwell Street en constatant que, même deux ans après que les premiers corps y aient été découverts, un flot régulier et ininterrompu de curieux passe devant la maison : et ce en dépit du fait que les fenêtres ont été scellées par des parpaings et que les portes ont été soigneusement verrouillées, de sorte qu’il n’y a absolument rien à voir. Les commerçants locaux sont désormais tellement accoutumés à la curiosité malsaine des étrangers qu’ils les dirigent vers Cromwell Street avant même qu’ils n’aient pu ouvrir la bouche pour demander leur chemin. Les révélations qui eurent lieu durant le récent procès de Mrs. West (elle fut jugée coupable de trois meurtres le 21 novembre, et de sept autres le jour suivant) furent jugées si profondément choquantes que même la presse à scandales britannique, pourtant habituellement friande de sensationnel et d’obscénité, refusa unanimement de publier les détails les plus horribles. Les jurés se virent offrir une psychothérapie après le procès, et il se peut que certains d’entre eux aient accepté ; les chroniqueurs judiciaires qui étaient présents refusèrent une offre similaire avec mépris. Cette sollicitude des autorités pour le bien-être émotionnel des témoins du procès contrastait fortement avec leur indifférence passée envers les preuves que les West étaient en train d’accumuler les meurtres, pratiquement – mais pas tout à fait – sans être inquiétés durant un quart de siècle.
Les West commirent leurs assassinats à la fois pour des raisons pratiques et pour leur plaisir sexuel. Au début, Fred tuait seul. Le corps démembré de sa maîtresse enceinte, qui avait été vue en vie pour la dernière fois en juillet 1967 (lorsque Fred avait vingt-quatre ans), fut découvert enterré dans un champ en juin 1994. Pour autant que l’on sache, elle fut la première personne qu’il ait tuée – si l’on excepte l’enfant de trois ans qu’il avait renversé et mortellement broyé au volant d’un van à Glasgow. Il tua sa maîtresse parce que sa première femme, une prostituée, délinquante occasionnelle, qui venait de Glasgow, et avec laquelle il ne vivait que par intermittence, devenait jalouse. Par la suite il tua, démembra, et enterra sa première femme en 1970. A cette époque, il vivait avec Rosemary, qui avait quinze ans lorsqu’ils se rencontrèrent pour la première fois à un arrêt de bus. Les parents de Rosemary furent tellement alarmés par sa liaison avec un homme âgé de dix ans de plus qu’elle (bien que son père ait lui-même abusé d’elle sexuellement), qu’ils la remirent à la garde des services sociaux de la localité, qui, cependant, lui permirent de continuer à voir Fred. A l’âge de seize ans elle donna naissance à leur fille Heather, qu’ils allaient tuer conjointement seize ans plus tard.
En 1971, Rosemary tua Charmaine, la fille de huit ans que la première femme de Fred avait eu avec un chauffeur de bus indien, à Glasgow, et qui vivait avec les West lorsqu’elle n’était pas prise en charge par les services sociaux de la ville. A ce moment-là Fred purgeait une peine de prison pour des atteintes mineures à la propriété. « Mon chéri, à propos de Char », lui écrivit Rosemary en prison. « Je pense qu’elle aime être traitée à la dur. Mais mon chéri, pourquoi dois-je être celle qui s’en charge ? Je la garderais volontiers pour son propre bien, s’il n’y avait pas les autres enfants. » Les autres enfants, à ce moment-là, étaient la fille que Fred avait eu avec sa première femme (la mère de Charmaine) et le premier enfant des West.
Lorsque Charmaine cessa de venir à l’école, les enseignants et ses amis (dont l’un d’entre eux avait vu Mrs. West la battre durement avec une cuillère en bois alors que ses mains étaient attachées derrière son dos par une ceinture de cuir) reçurent comme explication qu’elle avait été emmenée par sa vraie mère – qui à ce moment-là était en train de se décomposer dans un champ depuis deux ans. Aucun effort supplémentaire pour retrouver Charmaine ne fut entrepris : une enfant avait simplement disparu sans laisser de traces.

 
Charmaine West
Fred et Rose se marièrent en 1972, Fred se présentant sur le registre de mariage comme célibataire. Peu de temps après, ils agressèrent sexuellement pour la première fois la demi-sœur de Charmaine, Anna Marie, qui avait alors huit ans et qui était la fille que Fred avait eu avec sa première femme. Après lui avoir lié les mains et posé un baîllon sur la bouche, ils l’emmenèrent à la cave ; là Mrs West s’assit sur son visage tandis que Fred la violait. Ils lui dirent qu’elle devrait être reconnaissante d’avoir des parents aussi attentionnés et que tout cela était pour son bien. Ils ne l’envoyèrent pas à l’école pendant plusieurs jours et lui dirent que si qui que ce soit apprenait ce qui s’était passé, elle recevrait une sévère correction. Par la suite elle fut régulièrement attachée à une structure en métal que Fred avait construit à la cave, afin que sa femme puisse s’adonner à des pratiques lesbiennes avec elle. A l’école, Anna Marie refusait souvent de faire du sport, de peur que les blessures que lui infligeaient ses parents ne soient découvertes ; mais personne ne réalisa que quelque chose allait mal ou ne jugea bon d’intervenir.
C’est à la fin de 1972 que Fred et Rose enlevèrent pour la première fois une jeune femme dans la rue. La présence d’une femme dans la voiture rassurait leurs victimes et les persuadait qu’il n’y avait rien de louche dans le transport qui leur était proposé. Leur première victime de ce genre fut agressée sexuellement par Rose dans la voiture, puis assommée par Fred, attachée avec du ruban adhésif, puis trainée dans la cave du n°25, Cromwell Street, puis à nouveau agressée par Rose, puis violée par Fred (tandis que Rose était à l’étage, en train de préparer une tasse de thé pour tout le monde, ajoutant une touche typiquement anglaise à cette histoire) et finalement libérée à la condition – à laquelle elle consentit – qu’elle reviendrait prochainement pour recommencer. Au lieu de quoi elle alla trouver la police.
La police la persuada qu’il serait préférable d’accuser les West d’attentat à la pudeur plutôt que d’enlèvement et de viol : de cette manière les West plaideraient coupable et elle s’éviterait un témoignage traumatisant devant un tribunal. En définitive les West furent condamnés à une amende de 75 dollars chacun, une clémence qui, je le crois, semblera malheureuse même au progressiste le plus ardent, au vu des événements ultérieurs.
Ce fut après avoir eu cette chance de s’en tirer à si bon compte que les West passèrent à la vitesse supérieure en matière de meurtres, décidant que, puisque leurs compagnons de jeu sexuels allaient se plaindre à la police, il serait préférable de s’en débarrasser  purement et simplement. Ils enlevèrent un total de six jeunes filles – six au minimum – à qui ils infligèrent des tortures sexuelles, les attachant avec du ruban adhésif (et, dans un cas, insérant à leur victime des tubes en plastique dans les narines afin qu’elle puisse continuer à respirer – une technique qu’ils avaient très probablement apprise dans un magazine pornographique que l’on retrouva en leur possession), pour finir par les tuer, les démembrer, et les enterrer dans la cave qu’ils utilisèrent plus tard comme chambre pour leurs enfants.
Mais les West avaient bien d’autres activités. Ils prirent des locataires, dont un grand nombre passèrent dans le lit de Mrs. West, avec les encouragements actifs de son mari, et dont certains entendirent les hurlements nocturnes de celles qui étaient torturées à la cave ; toutefois, ils se gardèrent d’intervenir car ils acceptèrent les explications des West comme quoi ces cris étaient ceux de leur fille qui faisait des cauchemars. A l’occasion, la police faisait une descente au n°25 et poursuivait certains des locataires pour possession de petites quantités de marijuana - une attention touchante envers les détails, étant donnée les circonstances.
Les West tenaient également un bordel (protégé par la police locale, selon la rumeur) dans lequel Mrs. West était la seule prostituée. Les West placèrent plusieurs fois dans la presse locale des petites annonces recherchant Homme Antillais BM – c’est-à-dire Bien Membré – pour Relations Sexuelles avec Mère de Famille. (Des huit enfants de Mrs. West, seuls quatre étaient de Fred, et quatre étaient de ses clients, trois d’entre eux étant métis.) Initialement, Mrs. West recevait des hommes seulement pour le plaisir, mais avec autant de bouches à nourrir elle se transforma rapidement en professionnelle du sexe. Fred aimait regarder et écouter sa femme lorsqu’elle était au travail, et il avait installé un système d’interphone de manière à pouvoir l’entendre où qu’il se trouvait dans la maison. Il avait aussi percé des petits trous pour espionner et avait filmé sa femme à de nombreuses reprises, films qu’il avait plus tard montré à ses enfants sur l’un des sept magnétoscopes qui se trouvaient dans la maison (tous volés, car Fred était un voleur à la petite semaine en plus d’être un meurtrier en série, avec onze condamnations pour vol). Il avait également offert à la boutique de vidéo du coin des cassettes montrant des femmes en train d’être torturées, mais le propriétaire du magasin avait décliné l’offre et était allé trouver la police à la place ; police qui, dans le climat de permissivité qui commençait alors à s’installer, était très anxieuse de prouver sa largesse d’esprit, et qui par conséquent se garda bien de faire quoique ce soit.
Ce fut bien loin d’être la seule fois où un indice que quelque chose d’étrange se passait à Cromwell Street ne fut pas relevé.
Les traitements sadiques que les West infligeaient à leurs enfants conduisirent à trente et une visites aux urgences de l’hôpital local, pour des pathologies aussi variées que d’étranges marques de piqure sur un pied ou des blessures génitales féminines prétendument provoquées par le fait d’avoir dû freiner brusquement à bicyclette. Une des filles, âgée de quinze ans, était hospitalisée pour une grossesse extra-utérine (Fred en était l’auteur, bien sûr), mais bien que cela ait signifié que, légalement parlant, un viol devait avoir eu lieu, l’âge de la majorité sexuelle étant de seize ans, personne ne songea à se renseigner davantage ou même simplement à demander qui était le père, car agir ainsi aurait signifié que l’on portait implicitement un jugement.
Un jour, Rosemary se mit tellement en colère contre un de ses fils qu’elle le saisit par la gorge et l’étrangla presque jusqu’à l’évanouissement. Il y avait des hématomes sur sa nuque – très clairement des marques de doigt – et des vaisseaux sanguins avaient éclaté dans le blanc de ses yeux ; mais lorsqu’on l’interrogea à l’école à propos de ces signes, il répondit qu’il s’était fait ça en glissant alors qu’il jouait dans un arbre avec une corde autour du cou. Cela fut considéré comme une explication parfaitement adaptée et acceptable. Il arrivait régulièrement à l’école couvert d’hématomes.
Les West passèrent des locataires mâles aux locataires femelles. Mrs. West, étant bisexuelle, trouvait aussi satisfaisant de coucher avec elles qu’avec des hommes ; et Mr. West (qui, incidemment, s’était fréquemment vanté d’être capable de pratiquer des avortements, et qui pourrait effectivement en avoir pratiqué quelques-uns) les jugeait des locataires plus fiables que des hommes employés de manière intermittente, particulièrement si les filles étaient seules, enceintes, et bénéficiaires de l’aide sociale.
Mais les West trouvèrent la plupart de leurs victimes sur le bord de la route. La majorité d’entre elles – mais pas toutes - étaient des adolescentes difficiles et rebelles venant de foyers désunis, qui soit s’étaient enfuies de chez elles, soit étaient prises en charge par les services sociaux. L’une d’elles cependant, la nièce de l’écrivain Kingsley Amis, étudiait l’anglais médiéval à l’université, tandis qu’une autre, qui voyageait vers l’Irlande en autostop, était la fille d’un riche homme d’affaires suisse. Les recherches intensives menées par la police ne permirent pas de les retrouver : il n’y avait rien qui les reliait aux West.
Les cas de Lynda Gough et Juanita Mott étaient plus représentatifs. Lynda était une fille de Gloucester, rebelle et entêtée, qui avait brusquement quitté le domicile familial en laissant un mot à ses parents : « S’il vous plaît, ne vous en faites pas pour moi. J’ai un appartement et je viendrais vous voir de temps en temps. »
Trois samedi plus tard, n’ayant eu aucune nouvelle de sa fille, Mrs. Gough parvint à remonter sa piste jusqu’à Cromwell Street par l’intermédiaire de ses amis. A ce moment, Lynda avait déjà été torturée, violée, découpée et enterrée. Rosemary West vint ouvrir la porte avec les chaussons de Lynda aux pieds ; de plus Mrs. Gough reconnu les vêtements de sa fille qui pendaient sur le fil à linge. Mrs ; West lui raconta que sa fille était partie pour la cité balnéaire de Weston-Super-Mare, en laissant ses affaires derrière elle. Après un nouveau laps de temps Mrs. Gough et son mari recherchèrent Lynda à Weston, mais bien sûr ils ne la trouvèrent pas. Ils demandèrent l’aide de plusieurs organismes, y compris l’Armée du Salut, mais ne signalèrent jamais sa disparition à la police. A la suite de quoi ils cessèrent tout effort pour retrouver leur fille : peut-être dans le fond ne s’en souciaient-ils pas vraiment, ou bien alors ils pensaient que leur fille, qui avait été scolarisée dans une institution pour attardés mentaux, avait le droit et le devoir, à dix-neuf ans (l’âge auquel elle avait disparu), de mener sa vie par elle-même sans être entravée par la supervision de ses parents.
Juanita Mott était la fille d’un militaire américain dont les parents s’étaient séparés lorsqu’elle était très jeune. Elle quitta à la fois la maison et l’école à l’âge de quinze ans ; trois ans plus tard, ayant déjà logé chez les West, elle accepta de monter dans leur voiture. Elle fut alors kidnappée, suspendue aux poutres de leur cave, puis tuée. Sa disparition non plus ne fut jamais signalée.

Heather West

Au fur et à mesure que le nombre d’enfants des West s’accru, et que ceux-ci grandirent, il leur devint plus difficile d’enterrer leurs victimes chez eux. En revanche, les mauvais traitements infligés aux enfants plus âgés s’intensifièrent, au point que leur fils, alors âgé de treize ans, s’enfuit de la maison et resta quelques temps chez des amis. Lorsqu’il retourna chez lui, il fut battu et on l’informa qu’il serait bientôt assez vieux pour avoir des relations sexuelles avec sa mère (chose normale pour un garçon, selon son père). Heather, la fille ainée, alors âgée de seize ans, rejeta avec véhémence les avances de son père. Ses parents lui dirent que cela signifiait qu’elle était lesbienne. Elle fut ensuite attachée, violée, tuée, et enterrée, mais cette fois dans le jardin plutôt que dans la cave. Le fils aîné fut réquisitionné pour aider à creuser ce qu’il croyait devoir être un bassin à poissons. Les West expliquèrent la disparition d’Heather à leurs autres enfants par le fait qu’elle avait décidé d’aller travailler dans un camp de vacances. Elle fut la dernière personne à être enterrée au n°25, Cromwell Street, et ses parents installèrent le barbecue familial précisément à l’endroit où son corps était enfoui.
Cinq ans plus tard – et probablement de nombreux meurtres plus tard – les West furent arrêtés pour le viol d’une fille de quatorze ans. Le procès tourna court car en définitive la fille refusa de témoigner en public ; mais au cours de l’enquête de la police, une immense quantité de matériel pornographique fut trouvé à Cromwell Street, y compris 99 cassettes vidéo tournées par les West. La police détruisit les vidéos, semble-t-il sans même les avoir regardées ; il est fort possible qu’elles aient contenu des enregistrements des meurtres.
L’inspectrice en charge de l’enquête (qui fut plus tard officiellement réprimandée lorsqu’elle essaya de vendre l’histoire à un éditeur pour 1,5 millions de $) avait maintenant découvert des preuves que les enfants avaient été soumis à de terribles mauvais traitements et voulait interroger Heather au plus vite. Mais personne ne savait où elle se trouvait, bien que l’un des enfants ait confié à un travailleur social qu’il existait une rumeur familiale selon laquelle Heather était enterrée sous le patio. Le travailleur social ne pensa pas à en informer la police ; mais de toutes façons l’inspectrice avait désormais de très forts soupçons. Elle tenta de convaincre ses supérieurs qu’il existait de bonnes raisons de fouiller – c’est-à-dire en fait de creuser – dans la maison des West, mais ils tergiversèrent pendant plus d’un an, effrayés par le coût d’une telle investigation. Pendant ce temps, Fred était passé de la prison de Gloucester, où il avait été détenu pour viol, à un centre d’hébergement pour personnes en liberté provisoire, à Birmingham (centre où, comme il s’en vanta plus tard, il aurait tué une femme), puis à la liberté complète après son acquittement lors du procès. Il ne fallut pas très longtemps, cependant, pour que la partie prenne fin, et cette fois pour de bon.

 
Frederick West

Après leur arrestation finale, le 25 février 1994, les West choisirent des chemins différents. Fred confessa ses crimes – bien que seulement de manière graduelle, par petites touches, et avec beaucoup de versions différentes, sans aucun doute pour narguer la police – tandis que Rosemary conserva une posture d’innocence blessée. Lorsque la police lui demanda pourquoi, si elle était innocente, elle n’avait pas signalé la disparition de sa fille, elle répondit : « Alors maintenant je suis censé dénoncer ma propre fille, c’est ça ? » - révélant ainsi que, pour elle, demander l’aide de la police lorsque votre fille de seize ans a disparu était une forme de trahison, plutôt que la réaction naturelle d’une mère inquiète.
Les époux West, cependant, montrèrent tous les deux une veine sentimentale, confirmant ainsi l’aphorisme de Jung selon lequel la sentimentalité est une superstructure qui recouvre la brutalité. Fred était en train d’écrire ses mémoires au moment où il se pendit, mémoires qu’il avait intitulé « J’ai été aimé par un ange » ; et il donna à son fils un conseil dans les lettres qu’il envoya de prison, lettres qui soit dit en passant jettent une lumière crue sur le niveau de l’éducation en Angleterre : « travaillant jour et nuit comme je l’ai fait… tu pourai finir issi, s’ache tout jour ce qui sepasse dans ta maison s’il te plè mon fils passe tout jour autant de temps que tu le peu avec ta femme et tes enfants et aime ta femme et tes enfants, ils son le bien le plus praicieu que tu auras dans ta vie, alors prends en soin fils. » Dans la lettre qu’il laissa derrière lui lors de son suicide, se trouvait la suggestion suivante pour son épitaphe, comme si sa mort avait mis fin à une version moderne de Roméo et Juliette :

In loving memory
FRED WEST              ROSE WEST
Rest in peace where no shadow fall
In perfect peace
He waits for Rose, his wife


Rose, de son côté, se tourna vers la poésie. Depuis sa prison elle écrivit à sa fille, qu’elle avait battu, violé et abusé de manière répétée :

I love you like the birds and bees,
I love you like the flowers sweet,
I love you like the deep blue sea’s,
And memories dear to keep.

C’était comme si tous deux croyaient que l’expression d’un ou deux sentiments mièvres suffisait pour établir la pureté de leur cœur, indépendamment de leurs actes.
Bien évidemment, dans les journaux britanniques, les spéculations commencèrent immédiatement concernant les forces psychologiques et sociales qui avaient pu produire ce couple extraordinairement dépravé. Par exemple, tous les deux venaient de familles nombreuses et pauvres, dans lesquelles la violence était chose courante. Mais aucun de leurs frères et sœurs ne montrait la même férocité et la même cruauté que Fred et Rose, même si certains des frères de cette dernière étaient des criminels à la petite semaine. Fred avait été élevé dans une petite maison à la campagne, sans électricité ; à l’âge de neuf ans on lui avait demandé d’abattre des animaux. Cependant ses frères avaient été élevés de la même manière, et aucun d’entre eux ne s’était mis à tuer des êtres humains. Et si la soi-disant spirale de la pauvreté expliquait tout, ou même quoi que ce soit, comment pourrions-nous expliquer le puissant sens moral que leurs enfants les plus âgés et les plus maltraités paraissent avoir développé ?
Il a sans aucun doute toujours existé des gens profondément pervers, et ce fut une malchance que deux individus de cette trempe, comme les West, se soient trouvés mutuellement. Mais en réfléchissant à leur histoire, il est difficile de ne pas conclure que leur carrière a été facilitée par l’incertitude croissante, depuis trois décennies, concernant la frontière entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, ou même concernant l’existence d’une telle frontière. La permissivité sexuelle grandissante fut comprise par les West, dont les libidos étaient bien plus puissantes que les capacités de réflexion, comme impliquant une absence totale de limites. Ils disaient à celles qu’ils violaient que ce qu’ils faisaient était simplement « naturel », et par conséquent tout à fait acceptable. Et ils opéraient dans un contexte où, de plus en plus, l’auto-discipline n’était plus comprise comme une condition nécessaire de la liberté – dans lequel le caprice de chacun faisait loi. De plus la majorité de leurs victimes étaient des jeunes gens à la dérive qui n’étaient plus supervisés par des adultes, adultes dont ils pensaient ne pas avoir besoin et à l’égard desquels ils étaient, de toutes façons, très intolérants.
Le cas des West révélait avec quelle facilité, dans l’anonymat des grandes villes modernes, et au milieu de la foule, des gens peuvent disparaître ; et comment de telles disparitions sont grandement facilitées par un refus collectif – au nom de la liberté individuelle -, des parents d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants, des voisins de se soucier de ce qui se passe autour d’eux, et de n’importe qui de braver les moqueries des libertins pour défendre certains critères de décence. Et les multiples organismes publics – la police, l’école, les services sociaux, les hôpitaux – prouvèrent qu’ils étaient incapables de se substituer à l’attention individuelle que les familles étaient censées apporter mais que, dans un climat de permissivité où la tolérance se transformait bien trop souvent en indifférence, beaucoup n’apportaient plus. L’échec de ces organismes n’était pas accidentel, mais consubstantiel à leur nature de bureaucraties : l’Etat n’est pas, et ne sera jamais, un substitut à des pères et mères à l’ancienne.
Dans mon hôpital, je rencontre chaque jour des adolescents dont le comportement les rend vulnérables à tous les West qui pourraient se présenter. Ces adolescents croient connaître la rue, mais, s’ils connaissent peut-être la rue, ils ignorent tout de la vie. La semaine dernière par exemple, j’ai parlé avec une jeune fille de quatorze ans venant d’une famille indienne, qui s’était plusieurs fois enfui de chez elle parce que ses parents exigeaient qu’elle ne sorte qu’une seule fois par semaine et qu’elle rentre à dix heures le soir.
« Je voudrais qu’ils soient comme une famille anglaise », m’a-t-elle dit.
« Et à quoi ressemble une famille anglaise ? » lui ai-je demandé ?
« Ils s’occupent de vous jusqu’à ce que vous ayez seize ans », a-t-elle répondu. « Ensuite vous vous trouvez un appartement. »
J’espère sincèrement qu’elle ne rencontrera jamais son Frederick West, car si cela lui arrivait personne ne viendrait la secourir. Tout ce qui est nécessaire pour que le mal triomphe, disait Burke, c’est que les honnêtes gens ne fassent rien ; et de nos jours ont peut justement compter sur la plupart des honnêtes gens pour ne rien faire. Lorsque l’on craint plus une réputation d’intolérance qu’une réputation de vice, on peut s’attendre à ce que toutes sortes de perversions s’épanouissent.

22 commentaires:

  1. C'est pas très joli-joli tout ça ! En tout cas pas de nature à enluminer un matin gris.

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    1. C'est vrai. Un discours de notre bien-aimé président aurait sans doute davantage fait l'affaire. J'y penserai une prochaine fois.

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  2. Un autre texte de Dalrymple qui est bien sûr ici complétement hors-sujet mais qui illustre bien la direction qu'a pris l'occident depuis 40 ans. Régalez-vous !

    Théodore Dalrymple
    Au dépens de l’Esprit
    Un donneur de sperme pris dans son propre piège ou l’arroseur arrosé !
    Article paru dans le 25 octobre 2005 dans City Journal

    D’ordinaire on peut dans une dispute sympathiser pour l’une ou pour l’autre des parties : généralement l’une des parties est plus dans son droit que l’autre ou moins dans son tort. Mais avec l’éffondrement des conventions autrefois communément admises il s’avére de plus en plus qu’aucune des parties n’éveille notre sympathie.

    Prenons un cas qui s’est passé recemment en Suéde, où un couple de lesbiennes avait souhaité avoir des enfants. Un ami de ce couple, homme compréhensif et à l’esprit large consentit à faire le don de son sperme et entre 1992 et 1996 une des deux femmes donna naissance à trois enfants. Mais bientôt la relation entre les deux femmes se détériora et elles se séparérent.

    La mère des enfants se retrouva seule et dans la plus grande gêne. Qui pourrait dans ce moment difficile –pour elle et ses enfants – subvenir à ses besoins ? L’ancienne compagne n’était pas disposée à le faire car – après tout – elle n’avait aucun rapport de parenté avec ces enfants. Le donneur de sperme n’avait de prime abord jamais eu le souhait de devenir pére au sens large du terme mais uniquement le pére biologique stricto sensu. A ses yeux il avait simplement rendu à ce couple un service. En conséquence de quoi il n’éprouvait pas la moindre obligation morale de prendre les enfants en charges et il avait la conscience parfaitement tranquille.

    Cependant, les services de l’assistance publique – substitut potentiel pour la prise en charge des enfants – intentérent un procès pour obliger le donneur de sperme à verser une pension alimentaire. Après une procédure qui dura 4 ans il se retrouva contraint de soutenir dorénavant la mére et les enfants financièrement.

    Le président de la Fédération suédoise pour l’égalité des sexes déclara que cette décision judiciaire était un scandale. «C’est un scandale», dit-il «on a condamné cet homme à être pére en dépit du fait qu’il n’a aucunement participé à la prise de décision d’avoir des enfants. Pire encore, une des deux femmes qui avait joué un rôle crucial dans cette décision a été déchargée de toutes obligations. Car si l’on souhaite l’égalité des droits pour les couples lesbiens il est anormal que ce ne soit pas elle qui soit condamnée à subvenir à l’entretien des enfants ».

    Mettre en lumière les nombreuses erreurs contenues dans cette déclaration prendrait trop de temps. A mon avis c’est le langage des droits et par dessus tout celui de l’égalité des droits qui nous méne tout droit dans un bourbier sordide aussi bien moral que juridique. Si les femmes ont un droit à la procréation c’est dans le sens que ne pas l’avoir alors qu’elles le veulent est une violation de leurs droits et en conséquence de quoi les lesbiennes ne peuvent plus admettre le fait que de ne pas pouvoir enfanter n’est que la conséquence naturelle de leur condition. Il va sans dire en passant que ce sont les nouvelles techniques médicales qui sont responsables de ce changement d’attitude car depuis très longtemps l’insémination artificielle est pratiquée par les couples mariés. Non le coupable est ici l’idée que la réalisation de nos désirs est un droit et cela quelque soit les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. D’ailleurs dans cette affaire il semblerait que personne ne se soit soucié du bien-être des enfants – au-delà bien sûr de l’octroi d’une assistance financiére convenable.

    Alors quel gachis : l’idée même que l’on «condamne» un homme à prendre en charge des enfants est dejà en soi révélateur et donne la chair de poule.

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  3. Je ne suis pas sûr que la fascination horrifiée avec laquelle j'ai lu cet article soit un sentiment très noble. Ecoeurante histoire.

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    1. Ecoeurante, mais hélas pas unique, dans le genre écoeurant.
      Cela fait partie des réalités qu'il faut connaitre, si l'on veut tenter de comprendre l'être humain.

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  4. Ces gens sont directement nés du diable ?
    Comment des cerveaux humains peuvent-ils fomenter toutes ces horreurs...
    Peut-être qu'il faut tout raser et remettre les pendules à l'heure...

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    1. Non Carine, ça ne servirait à rien en l'occurrence. Des gens comme eux ont toujours existé et existeront toujours.
      En revanche ce qui est sûr c'est que ce genre de personnes n'ont pas toujours été aussi libres de perpétrer leurs méfaits.

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  5. Ce que je retiens de cette histoire sordide c’est l’attitude lamentable de la police. Si la loi avait été rigoureusement appliquée, si la première affaire de viol avait envoyé ces gens en prison, les crimes ultérieurs auraient eu nettement moins de chances d’être commis. Je suis aussi assez sidéré qu’aucun professeur, qu’absolument personne n’ait remarqué les traces de blessures sur les enfants.

    Maintenant que j’y repense, la police britannique emploie un nombre croissant de bénévoles à peine formés, pour des raisons budgétaires…

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    1. Indécrottable, de toute façon, ils auraient été libérés, pendus, ils n'auraient pu continué.

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    2. Le problème n’est pas que personne n’ait rien remarqué : beaucoup de gens ont remarqué que les enfants des West présentaient des traces de coups suspectes, etc. Le problème est que personne n’a jugé bon d’intervenir. Dalrymple explique très bien tout ça.

      Cela étant dit il faut reconnaître qu’il sera toujours difficile de lutter contre les sévices intra-familiaux. Les pouvoirs publics, sous toutes leurs formes, sont constitutionnellement mal équipés pour cela : soit ils sont laxistes, comme dans le cas des West, soit ils interviennent à mauvais escient, ce qui peut causer des dégâts presque aussi graves. Et l’on peut très bien avoir un mélange des deux : des services sociaux incapables de découvrir les cas les plus horribles mais en même temps intrusifs, tatillons et tyranniques pour des familles sans histoires.

      Non, le plus grand scandale ce sont les innombrables victimes « extra-familiales » des West, car la plupart de celles-là auraient pu être évitées, si la police avait fait son travail et surtout si les structures familiales et sociales avaient été en meilleur état. Sur ce point je suis totalement d’accord avec Dalrymple.

      En ce qui concerne le fait que des châtiments plus prompts auraient pu stopper les West dans leur carrière criminelle, il est difficile de le savoir. Les grands prédateurs dans leur genre échappent malheureusement souvent aux instruments ordinaires de dissuasion.
      Là où vous avez raison en revanche, c’est que des peines promptes et quasi certaines, même pour de petits délits, contribuent significativement à faire baisser la délinquance en général. C’est l’un des facteurs essentiels de la spectaculaire baisse de la criminalité à New-York, par exemple.

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    3. "Aucun professeur"??? Pourquoi? Sommes-nous tenus de déshabiller nos élèves? Nous sommes là pour transmettre des connaissances, pas pour autre chose! Encore un qui nous confond avec les assistantes sociales!

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    4. Il est inutile de prendre son clavier si c'est pour étaler ce genre de réaction hystérique. A bon entendeur.

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  6. L'homme est le plus cruel des animaux car il est le seul capable d' infliger à ses congénères les pires atrocités simplement pour son bon plaisir.

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    1. Eh oui. Aristote déjà le faisait remarquer il y a plus de 2400 ans. Rien de nouveau sous le soleil...

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    2. Comment ce monsieur a osé me plagié , ah il est mort depuis 2400 ans, comme quoi, quand on est mort c'est pour longtemps!

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  7. Aristide
    J'ai mis un tit truc sous le billet précédent (5/5)

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  8. J'avais oublié cette histoire. D'ailleurs, c'est inquiétant qu'on puisse oublier une telle horreur. Fred et Rose West. C'est bien le sentiment d'impunité qui les a poussés a toujours aller plus loin dans l'horreur. Mais comment a-t-on pu les laisser si longtemps en liberté? En tous les cas, Aristide, c'est une excellente conclusion à votre plaidoyer pour la peine de mort.

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    1. "L'homme s'habitue à tout, la bête", comme dirait Dostoïevski.

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  9. "soit ils sont laxistes, comme dans le cas des West, soit ils interviennent à mauvais escient, ce qui peut causer des dégâts presque aussi graves."
    Cette réflexion est entièrement exacte. Les services sociaux en particulier me semblent avoir une ligne de conduite assez incohérente et les juges des affaires familiales également.

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