Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 5 février 2014

Plaidoyer pour la peine de mort (5/5)



 
Dès lors que nous comprenons que la loi a besoin d’être soutenue par les « affections publiques » et les « mœurs » pour remplir son office, nous pouvons aussi comprendre pourquoi la peine de mort doit faire partie de l’arsenal punitif.
La loi, et particulièrement la loi criminelle, doit posséder une dignité qui va bien au-delà du calcul de probabilité ou de considérations intéressées. Elle ne doit pas nous apprendre à calculer nos actions au plus juste mais doit nous rappeler la majesté et l’intangibilité des règles morales dont les lois pénales ne sont que l’expression : tu ne tueras point, tu ne convoiteras point le bien ni la femme d’autrui, etc. La loi pénale doit inspirer une crainte révérencielle et, de nos jours, le moyen le plus puissant que nous ayons à notre disposition pour y parvenir est d’autoriser les tribunaux à prononcer ce qui est, pour nous, le châtiment suprême.
Une société qui ne punit pas sévèrement les crimes graves indique par là-même qu’elle ne les considère pas comme des crimes graves ; de la même manière qu’une société qui punit avec la même sévérité, ou la même absence de sévérité, les crimes ordinaires et les crimes extraordinaires rabaisse les crimes extraordinaires au niveau des crimes ordinaires. Elle contribue ainsi à émousser la sensibilité morale de toute la population et à détourner les honnêtes gens de leurs devoirs civiques. Bien qu’il soit probable qu’Anders Breivik finisse ses jours en prison, le fait qu’il n’ait été condamné qu’à vingt et un ans de prison ( !) et qu’il puisse légalement demander à être libéré par anticipation au bout de dix ans est tellement hors de proportion avec l’énormité de son crime que sa condamnation peut bien être appelée une parodie de justice, une insulte à toutes ses victimes. Si le meurtre méthodique de plus de 70 personnes mérite vingt et une années de prison, que mérite le meurtre d’une seule ? Une amende ? Un rappel à la loi ? Un pincement d’oreille accompagné d’un paternel « et n’y revenez plus, petit canaillou » ? Que peut déduire de cela un citoyen norvégien ordinaire, si ce n’est que, dans son pays, le législateur fait très peu de cas de la vie des innocents – et qu’il vaut mieux être un assassin abominable qu’un policier, un soldat ou un pompier, car les pouvoirs publics montreront alors bien plus de sollicitude pour votre vie et votre bien-être ?
A l’inverse, en ôtant la vie aux pires criminels, la loi prouve à tous qu’elle considère bien leurs actes comme particulièrement horribles et hors de proportion avec les crimes « ordinaires ». Elle indique sans ambiguïté que certains actes sont tellement atroces qu’ils ne peuvent être compensés, au moins partiellement, que par la disparition de leur auteur, qu’il devrait être impossible à des gens honnêtes de tolérer que de pareils criminels restent en vie ; et ce faisant elle réaffirme la solennité des règles morales dans leur ensemble et affermi les dispositions vertueuses de la population.
Le châtiment suprême n’a nullement besoin d’être prononcé fréquemment. Il serait même contreproductif, de ce point de vue, qu’il soit infligé fréquemment. Mais le fait qu’il puisse être prononcé pour les crimes les plus graves, et qu’il le soit effectivement, suffit pour qu’il remplisse cet office.
Il est parfois dit que la peine capitale doit servir d’exemple, et cela est vrai, à condition de bien comprendre que ceux à qui cet exemple s’adresse sont moins les criminels que les honnêtes gens. Bien que nous puissions être moralement certains que la perspective du châtiment suprême dissuadera certains criminels, il n’est pas sûr que la peine de mort puisse par elle-même faire baisser significativement les taux des crimes auxquels elle s’applique, surtout si elle n’est infligée que rarement, et en ce sens sa valeur d’exemple pour les criminels est douteuse ou faible. Mais elle est très grande pour les citoyens ordinaires, à qui elle assure que le pays dans lequel ils vivent n’est pas une simple collection d’individus intéressés et qui ne songent qu’à défendre leurs droits. Son existence témoigne du fait que nous nous concevons aussi comme une communauté morale, respectueuse de lois qui ne sont pas le fait des hommes, et pour laquelle les mots de responsabilité, de justice, de dignité humaine et de respect de la vie ne sont pas vides de sens.
Si nous sommes d’avis que notre pays peut nous demander de risquer le sacrifice suprême pour le défendre, nous sommes aussi d’avis qu’il peut justement infliger le châtiment suprême ; si nous pouvons célébrer nos héros tombés au champ d’honneur, nous pouvons aussi exécuter les pires de nos criminels.

Le peine de mort n’est donc, en tant que telle, ni barbare, ni cruelle. Mais bien sûr cela ne signifie pas qu’elle ne puisse pas le devenir, si elle est prononcée et administrée à mauvais escient.
Pour quels crimes devrait-elle être prescrite, et comment devrait-elle être administrée pour remplir le rôle moral qui est le sien ? Essayons de donner quelques indications concernant ces questions.
Elle devrait tout d’abord être prononcée de manière peu fréquente, et seulement pour les crimes les plus graves. La trahison, certains meurtres et aussi certains viols particulièrement abominables pourraient en être justifiables. De ce point de vue il est sans doute préférable de laisser une marge d’appréciation aux jurés, en disposant par exemple que le châtiment suprême ne devrait être infligé que pour les crimes extraordinaires par leur ampleur ou leur cruauté, mais sans pour autant énumérer ces crimes dans une liste qui, fatalement, ne sera pas toujours en adéquation avec la réalité. Il n’est sûrement pas au-delà de l’habileté de nos législateurs d’inventer une telle loi, qui à la fois défère à l’appréciation des jurés tout en imprimant en eux le caractère particulièrement grave et solennel de la décision qu’ils s’apprêtent à prendre. En vérité, dans une démocratie libérale comme la nôtre, l’excessive indulgence des jurés est sans doute plus à craindre qu’une sévérité déplacée.
Par ailleurs, il est évident que des procédures devraient être prévues pour éviter, autant qu’il est humainement possible, qu’un innocent puisse être exécuté ; même s’il faut bien avoir conscience que la contrepartie de ces procédures est que certains condamnés à mort ne seront exécutés que très longtemps après leur condamnation s’ils utilisent toutes les recours que la loi leur permet.
Le mode d’exécution devrait lui être déterminé en ayant en vue de minimiser les souffrances physiques du condamné, car la condamnation à mort n’est pas la condamnation à la torture, tout en ayant conscience, là aussi, qu’il n’existe sans doute pas de moyen de faire mourir un homme à la fois rapidement, sans douleur et à coup sûr. Des ratés seront inévitables.
Mais le problème le plus délicat est peut-être celui du caractère public ou non de l’exécution. Si la fonction principale de la loi pénale est de donner satisfaction à la juste indignation des honnêtes gens et de renforcer leurs dispositions morales, les exécutions ne devraient-elles pas être publiques ?
Cependant il existe des objections évidentes contre cela. L’indignation que suscite le crime n’a pas seulement besoin d’être satisfaite, elle a aussi besoin d’être modérée et encadrée. Le procès y contribue avec ses procédures codifiées et ses formes cérémonielles. Mais une exécution publique peut trop facilement dégénérer et perdre le caractère grave et solennelle qui devrait être le sien, soit parce qu’elle attirera la lie de la société, soit parce qu’elle donnera l’occasion au criminel de braver une dernière fois les lois et la justice, soit pour d’autres raisons encore. Pour les mêmes motifs, il ne saurait être question de la diffuser à la télévision ou sur quelque média grand public que ce soit. A l’inverse, une exécution capitale, si elle doit remplir la fonction d’exemple qui est la sienne, ne peut être faite à la sauvette au petit matin, avec pour seuls témoins le personnel de la prison et l’avocat du condamné. Les modalités de l’exécution ne doivent pas laisser penser que nous aurions honte de mettre à mort nos pires criminels.
Comme le suggère Walter Berns, la solution à ce problème est peut-être à rechercher du côté de la démocratie représentative. De la même manière que le peuple délègue à certains de ses membres le droit d’élaborer et voter les lois, il pourrait déléguer à ses représentants le soin d’assister aux exécutions capitales. Que ceux qui votent les lois autorisant la peine mort assistent aux exécutions qui seront menées en application de ces lois, c’est-à-dire qu’à chaque exécution une partie de nos députés et de nos sénateurs soient choisis pour en être les témoins au nom de la collectivité toute entière. Ainsi l’exécution sera publique, en un sens, sans pour autant risquer de devenir un spectacle malsain ou dégradant.

Camus concluait ses Réflexions sur la guillotine par l’affirmation suivante : « Ni dans le cœur  des individus ni dans les mœurs des sociétés, il n'y aura de paix durable tant que la mort ne sera pas mise hors la loi. » L’exhortation était émouvante, mais l’expérience aussi bien que la réflexion ne peuvent guère manquer de nous en révéler le caractère infondé. Depuis longtemps déjà les lois criminelles sont allées en Occident vers une modération toujours plus grande. Nous ne punissons plus nos criminels qu’avec réticence, et les sanctions que nous leur infligeons, la plupart du temps, auraient sans doute paru invraisemblablement clémentes à nos ancêtres pas si lointains. La peine de mort a été abolie partout en Europe depuis plusieurs décennies. Pourtant cette modération croissante des lois pénales ne s’est pas accompagnée d’une modération croissante des criminels ni de rapports sociaux plus confiants et apaisés. Nous avons au contraire de solides raisons de croire que c’est le contraire qui est vrai, au moins depuis une cinquantaine d’années.
Sans doute est-il temps pour nous de redécouvrir que la justice ne se situe pas toujours du côté de l’indulgence et que la douceur n’est pas toujours une vertu. L’abolition de la peine de mort n’a pas été un progrès de la civilisation, comme nous aimons à nous en vanter, mais bien plutôt un symptôme, en même temps qu’une cause, de notre incapacité de plus en plus grande à rendre justice et à défendre la véritable civilisation. Revenir sur cette erreur est toujours en notre pouvoir. Les obstacles juridiques que les abolitionnistes ont disposés, pour essayer de faire en sorte qu’il soit impossible de réinstaurer la peine de mort, ne seront guère que des barrières de papier, pour peu que nous redécouvrions quelques vérités simples, qui peuvent être obscurcies mais qui ne pourront jamais être effacées du cœur des hommes : les criminels méritent d’être punis, et les pires d’entre eux méritent d’être exécutés.

21 commentaires:

  1. « Respect de la vie » dans un Plaidoyer pour la peine de mort, avouez que vous ne craignez pas le paradoxe.

    Concernant Breivik c’est évidemment horrible de se dire qu’il sera libéré un jour. Mais la peine de mort n’est pas la solution, a fortiori pour ce genre de fanatique qui dit publiquement vouloir périr en « martyr ». La dissuasion suppose un adversaire un minimum rationnel et ce meurtrier d’extrême-droite est clairement devenu fou. Ce qui rend encore plus incompréhensible qu’on finisse par le libérer…

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    1. Il n’y a là nul paradoxe. C’est précisément parce que nous considérons la vie humaine comme très précieuse que la mort est, pour nous, la peine capitale, la punition la plus rigoureuse que nous puissions infliger aux criminels. Et en exécutant certains de ceux qui ont attenté à la vie d’autrui nous affirmons bien l’horreur que nous inspirent leurs actes. Nous lui donnons un caractère public et solennel.
      Vous ne pouvez voir là un paradoxe que si vous considérez que « respect de la vie » signifie que la vie humaine devrait être « intouchable ». Mais bien sûr ça n’est pas ce dont il est question.
      De même que l’on ne peut pas vivre sans risquer sa vie de temps en temps, aucune société, si respectueuse de la vie soit-elle, ne peut subsister sans demander à certains de ses membres de risquer leur vie de temps en temps.
      Exécuter certains criminels par respect pour la vie humaine n’est pas plus contradictoire que, par exemple, de faire la guerre en vue de la paix.

      Lorsque vous dite que la peine de mort n’est « pas la solution », à quel problème devrait-elle être la solution ?
      Comme je l’ai dit, sa fonction première n’est pas de dissuader même si, certainement, elle doit en dissuader certains. Sa fonction première est de rétribuer, de punir. Et de ce point de vue elle me parait une réponse très appropriée à ce qu’a fait Breivik. Elle me semble même la seule réponse appropriée. Tout autre châtiment pourrait légitimement être considéré comme un déni de justice.
      En ce qui concerne Breivik je ne suis pas sûr du tout qu’il soit fou, au sens strict du terme, ni même d’extrême droite. Il me semble plutôt qu’il s’agit d’un psychopathe qui s’est trouvé un bon prétexte pour assouvir ses pulsions meurtrières. Quoiqu’il en soit il est clairement au-delà de la dissuasion. Mais c’est sans incidence sur la question du châtiment qu’il mérite.

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  2. J'ai très bien compris. Mais sachez, cher Aristide, que la suppression de la peine de mort n'est pas faite pour les criminels, mais pour les honnêtes gens .... et plus particulièrement pour les hommes de loi.
    Pensez qu'ils doivent se laver à quatre heures et de plus assister au châtiment !
    Mais, je ne pense pas que notre ex-garde des sceaux l'avouerait.

    Au fait, "tu ne convoiteras point le bien d’autrui", donc son bien le plus précieux sa femme; à moins que ...
    c'était pour le plaisir.

    Amicalement.

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  3. "se laver à quatre heures" : il fallait lire se lever à quatre heures; se laver reste facultatif.

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  4. Aristide:
    deux hypothèses :
    -soit mes comms sous Wordpress ne passent pas,
    -soit ils sont tombés dans le cul de basse fosse.
    J'ai fait un long commentaire pour vous remercier, et plouf !

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    1. Désolé Carine, j'ai vérifié dans mes spams et votre commentaire n'y est pas.
      Les mystères d'internet...
      Ca m'est arrivé aussi et désormais, en général, je prends la peine de faire une copie de mes commentaires avant de les publier.

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  5. Les abolitionnistes pensent que par le pardon , on peut tout obtenir d'un assassin comme son regret pour son meurtre mais en attendant ; la victime est toujours six pieds sous terre et qui souffre, les proches et cela est inacceptable.

    ''Gandhi a déclaré; mieux vaut être violent lorsque la violence rempli notre coeur, que de revêtir le manteau de la non violence, pour dissimuler notre impuissance''

    Je sais que de mettre une citation en copié-collé consiste à mettre en fonction un magnétophone quand on vous donne la parole mais chez certains, citer des gens ayant marqué l'histoire peur leurs faire lieux comprendre une situation.

    Donnez moi une scie et je couperais le cou de celui qui m'a pris un être cher, une part de mon âme et je m''arrêterais de temps en temps pour l'entendre gueuler.

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    1. Mon cher Grandpas, je suis bien persuadé que vous n'en feriez rien. Vous respectez trop la notion de justice pour cela.
      Mais votre indignation envers les criminels est légitime, et absolument nécessaire, comme j'ai essayé de l'expliquer un peu laborieusement.

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    2. Mais votre plaidoyer est parfait, seuls les inconditionnels de l'abolition n'y souscriront pas.

      Quant à moi , la justice sera d'une sévérité sans retenue, il faudra en faire un exemple afin qu'il soit compris que l'on ne se fait vengeance même si cette dernière seule peut ressusciter un parent perdu.

      L'obscurité répare ce que la lumière ne peut faire et si la vengeance c'est le côté sombre de la force alors je suis Dark-Vador.

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  6. Ce n'est pas la seule fois, en plus.
    Pourtant ça fonctionne sur Blogger ailleurs !
    Je suis maudite...

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  7. Ce que je voulais dire, c'est que je suis clairement pour le rétablissement "éclairé" de la peine de mort.
    J'entends par là un châtiment réfléchi par une Justice complètement indépendante du pouvoir politique,et vertueuse.
    J'imagine un rétablissement aujourd'hui et je frémis à l'idée qu'elle servirait à éliminer toute dissidence un peu marquée.
    En outre, il faut une Justice et un personnel de Justice au-dessus de tout soupçon de clientélisme, d'appartenance à un clan (social et politique), bref, quelqu'un à qui on pourrait vraiment s'adresser en disant "Votre Honneur" . Nous en sommes très loin aujourd'hui.

    Il faut évidemment aussi que ce personnel soit hors d'atteinte de toute pression, d'où qu'elle vienne, y compris des proches des victimes. L'émotion ne doit pas présider au verdict, surtout si ce verdict est la mort.
    Indépendance par rapport aux politiques, aux médias, aux parties civiles, à l'opinion publique.
    Bref, des gens comme ça, on les attend avec impatience.

    Alors, et alors seulement, on pourra penser à protéger les braves gens en rétablissant la peine de mort.
    Pour le moment, ce serait sans doute n'importe quoi, à l'image de la justice ordinaire, disons plutôt l'injustice et le deux poids deux mesures ordinaires.

    Merci pour ce superbe travail, Aristide !

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    1. Je ne puis qu’être d’accord avec vous si vous voulez dire que notre magistrature actuelle aurait besoin d’une sérieuse réforme.

      En revanche vous me semblez placer la barre beaucoup trop haut si vous attendez que siègent des juges parfaitement intègres et vertueux pour rétablir la peine de mort.
      Quand donc des juges de cette qualité ont-ils constitués une fraction significative – je ne dis même pas la majorité – d’un corps de magistrats professionnels ? Jamais sans doute. Et quelle espérance pouvons-nous avoir que cela sera un jour le cas ? A peu près aucune, en restant très optimiste.

      Vous exigez beaucoup trop de la nature humaine : la vertu véritable est chose rare, et un corps de magistrats professionnels est nécessairement composé d’hommes ordinaires, un peu au-dessus de la moyenne peut-être pour certaines qualités, mais certainement pas d’individus exceptionnels.
      En exigeant implicitement que tous les magistrats soient des Salomon ou des Saint-Louis, ce n’est pas seulement la peine de mort que vous abolissez, c’est tout système pénal, quel qu’il soit. Un peu comme Jonathan dans certains de ces commentaires précédents, votre objection contre la peine de mort revient en réalité à jeter le doute sur toute justice humaine, et in fine à la délégitimer.

      Fort heureusement pour nous, il existe bien des moyens de pallier les faiblesses humaines ordinaires et de constituer un système pénal raisonnablement juste, efficace, et impartial avec des hommes qui sont loin de la perfection. Exactement de la même manière qu’il est possible de bâtir un régime politique raisonnablement stable, juste, libre et compétent avec des hommes moins que parfaits.
      Sans rentrer aucunement dans les détails, la question essentielle est celle des règles et des procédures présidant au fonctionnement du système judiciaire. Dans cette matière nous avons, en Occident, des siècles d’expérience et bien des auteurs judicieux pour nous guider dans notre réflexion. Voyez par exemple toute l’importance des jurys en matière criminelle.

      Juste une remarque pour finir : comme je l’ai dit dans l’un de mes billets, à mon avis, de nos jours nous avons moins à craindre une excessive sévérité de la part des jurés qu’une excessive indulgence. Il y a beaucoup de raisons à cela, mais je ne peux évidemment pas les développer ici. Tout cela pour dire simplement que vos appréhensions, bien que légitimes, me semblent excessives.

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    2. Aristide
      Je pense que vous avez raison, au bout de toute logique.
      C'est vrai que ce que je dis est parfaitement utopique, alors que moi aussi, j'ai envie de voir les criminels punis de façon définitive.
      C'est tout simplement parce qu'à mon avis, il sera plus facile à des juges de mettre à mort celui qu'ils jugeront être un "monstre politique" (regardez Breivik justement), qu'un assassin de droit commun à qui on trouvera toutes sortes de circonstances atténuantes.

      C'est ça ma crainte.

      Le commentateur suivant dit avec vous que je peux attendre jusqu'à la saint glin glin^^.
      Je reconnais que je me suis trompée.

      Oui, Roland a raison, votre travail est formidable.

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  8. "Bref, des gens comme ça, on les attend avec impatience."

    Hélas, chère Mouettejoviale, il vous faudra attendre jusqu'à la saint glin glin. Un homme ou un magistrat vraiment libre appartient pour l'instant au domaine de l'utopie. Un retour à la peine de mort est au jour d'aujourd'hui dans le contexte civilisationnel actuel impossible.

    Ne connaissant ce site que depuis quelques semaines je voudrais remercier Aristide pour son travail de très haute facture.

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    1. Merci. Puis-je vous demander comment vous êtes arrivé ici? Simple curiosité.

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    2. Trés simple ayant été hospitalisé à la mi-janvier pendant deux semaines j'ai eu un peu plus de temps pour parcourir la blogosphère. En visitant un peu par hasard le blogue de Didier Goux que je connaissais pour ses interventions passées sur le forum du PI j'ai cliqué certains blogues de son Blog n'roll dont le vôtre et je suis tombé sur votre billet sur Jean-Claude Michéa : le chagrin et la pitié.

      Là j'avoue avoir été stupéfait: enfin quelqu'un qui lit vraiment les textes sur lesquels il écrit. En plus l’argumentaire que vous avanviez était vraiment de très haut vol.

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    3. Eh oui, Roland Gérard !
      C'est notre Aristide à nous qu'on a !
      On est comme ça, chez nous...

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    4. C'est bien noté. Et n'en jetez plus vous deux, je vais rougir.

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  9. Je vois que je n’ai écrit nul part à quel point le débat fut enrichissant et de haute tenue. Ça aurait irrespectueux de ne pas le mentionner.

    J’irai bien mettre une retranscription des échanges sur mon forum, tiens. Un beau et utile souvenir.

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    1. Merci de vous être prêté au débat. Et vous avez su faire preuve d'honnêteté intellectuelle sur un sujet passionnel, ce n'est pas si fréquent.

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  10. encore un article nécessaire sur le sujet:
    http://jeanborella.blogspot.de/search/label/A%20propos%20de%20la%20peine%20de%20mort
    vous ne serez pas déçu

    Merci pour vos réflexions
    Hypmc

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