Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 28 mars 2016

A propos de Donald Trump, et de la politique en général





Au fur et à mesure que Donald Trump se rapproche de la victoire finale lors des primaires républicaines, victoire qui ferait de lui le candidat officiel du parti et un possible futur président des Etats-Unis, on sent grandir en France, dans le camp dit « réactionnaire » - camp dans lequel je me classe bien volontiers, en dépit du grand flou de cette qualification –, une sympathie pour le tonitruant homme d’affaires au teint orangé et à la moumoute improbable. Au motif que Trump refuse de s’incliner devant les totems du politiquement correct, on lui prête du courage et de la franchise, et on rêve secrètement que quelqu’un tienne le même discours en France. Au motif que les politiciens professionnels, en France comme aux Etats-Unis, ont lamentablement échoué les uns après les autres, enfonçant leurs pays dans un endettement inouï et ouvrant la porte à une immigration de masse qui menace la pérennité même de la nation, on trouve des vertus à l’inexpérience et à l’ignorance. Au motif que les hommes politiques ont pour mauvaise habitude de ne pas tenir leurs promesses, on voit un atout dans le fait de n’avoir aucun programme à proposer aux électeurs et de remplacer les propositions par des (mauvais) slogans publicitaires.
Et puis, faut-il le dire, le machisme outrancier, la virilité surjouée du personnage n’est pas pour déplaire. On la compare à la mollesse et à la lâcheté de notre personnel politique et on se prend à soupirer après un mâle, un vrai, un qui n’a pas peur d’appeler un terroriste musulman un terroriste musulman ni de déclarer qu’il les traquera jusque sur le trou des chiottes s’il le faut. Bref, on fait des excès et des ridicules même de Trump des qualités, pour des raisons finalement assez semblables à celles pour lesquelles Vladimir Poutine suscite l’enthousiasme de nombre de « réactionnaires. »
Des raisons en général mauvaises, il faut bien le dire.
Lorsqu’il s’agit de choisir le chef du pouvoir exécutif, dans un pays comme la France ou les Etats-Unis, deux grandes considérations devraient nous guider.
D’une part les idées politiques professées par cette personne, et plus généralement ses opinions sur les questions les plus sérieuses (il n’est pas indifférent, par exemple, de savoir si un candidat croit en Dieu, en quel Dieu il croit, et de quel genre est sa foi religieuse s’il en a une). Bien évidemment, seuls les plus naïfs se fieront exclusivement à ce que cette personne qui brigue nos suffrages déclare publiquement, durant la campagne électorale, pour se former une idée sur ses opinions. Les opinions d’un homme ne se déduisent pas seulement de ses déclarations, mais aussi de ses actions ou de ses omissions, et c’est bien pour cela qu’il est préférable qu’un candidat à la magistrature suprême soit un homme ou une femme qui ait déjà une assez longue carrière publique derrière lui, de manière à ce que ses opinions véritables, ou son absence d’opinion sur tel ou tel sujet, ne puissent échapper à personne se donnant la peine de chercher un peu.
De manière connexe, il n’est absolument pas indifférent que le candidat connaisse ses dossiers, à savoir qu’il montre une certaine familiarité avec les grands problèmes qu’il aura à traiter une fois élu. Dire, comme le fait Donald Trump pour contrer les attaques sur son ignorance manifeste, qu’une fois élu il saura s’entourer des meilleurs conseillers et qu’ainsi il n’a pas besoin d’avoir réfléchi préalablement à tous ces problèmes, est une ineptie, qui montre bien que le personnage n’a absolument pas saisi à quel genre de fonction il était candidat. Un président reçoit toujours de ses conseillers des avis divergents, et son rôle est précisément de décider au milieu de ces avis contradictoires et plausibles. Cela ne peut bien se faire que s’il a déjà une connaissance suffisante des dossiers en question. Plus généralement, on ne peut pas espérer grand-chose de bon, comme chef de l’exécutif, de quelqu’un qui n’a pas sérieusement réfléchi aux grandes questions politiques et à la situation de son pays, de quelqu’un qui ne s’est pas forgé quelques solides convictions, appuyées sur la raison et l’expérience, au sujet de la manière dont il devrait agir une fois parvenu aux responsabilités suprêmes. Sans cela il se laissera balloter au fil de l’actualité et des considérations purement électorales, comme un bouchon au fil de l’eau. Ce sera un Chirac, un Sarkozy, un Hollande. Ce ne sera rien, et parfois pire que rien.
Mais d’autre part nous devons porter grande attention à la personnalité de l’homme ou de la femme qui se présente à nos suffrages, à son caractère, tel que ses actions et ses propos nous permettent de le deviner (et pour cette raison aussi il est bien préférable de ne pas avoir à faire à un perdreau de l’année, car un caractère ne se dévoile qu’au fil du temps et des épreuves). Cet homme ou cette femme est-il courageux ou lâche ? Est-il doux ou bien vindicatif ? Calme ou bien emporté ? Est-il franc ou bien dissimulateur ? Est-il fidèle à ses engagements ou opportuniste ? Est-il d’un naturel généreux ou bien porté à la mesquinerie ? De quelle nature est son ambition (car quelqu’un qui aspire à la magistrature suprême est nécessairement fort ambitieux) ? Vise-t-il la gloire qui vient des grandes réalisations ou bien simplement la gloriole, la prééminence personnelle et les honneurs détachés de toute action véritablement honorable ? Quel est son rapport à l’argent, au sexe, aux tentations du pouvoir plus généralement ? Bref, à QUI avons-nous à faire, et comment pouvons-nous attendre qu’il se comporte une fois parvenu au sommet de l’Etat ?
Les deux – les idées et le caractère – sont indispensables (et bien sûr ne sont pas entièrement distincts, bien que différents). Avoir les bonnes idées sans le caractère adéquat, de même que le bon caractère sans la colonne vertébrale intellectuelle nécessaire présagent mal de la réussite future, une fois élu, du candidat, et donc présagent mal de l’avenir du pays. Ce pourquoi il est si rare d’avoir un véritable homme d’Etat au gouvernail, car toutes ces qualités sont rares, et encore plus rarement réunies, et ce qui explique pourquoi, la plupart du temps, nous devons nous contenter de substituts médiocres.
Mais lorsque les idées sont manifestement absentes, ou manifestement inadéquates, et qu’au surplus le caractère est manifestement hautement problématique, voire dangereux, nous devrions nous porter de toute urgence vers un autre candidat si nous le pouvons ou bien, si nous ne le pouvons pas, faute d’alternative, au moins ne pas apporter de contribution au désastre qui se prépare, c’est-à-dire parer de vertus celui qui n’en a pas au motif douteux qu’il viendrait « secouer l’establishment ». Bref, continuer à dire la vérité, en attendant le moment où nos compatriotes, peut-être, seront à nouveau capables de l’entendre.
Ce qui est très exactement le cas de Donald Trump.
En ce qui concerne ses idées il n’est pas besoin d’insister, puisque lui-même a fait de son ignorance un argument de campagne. Trump est, au sens strict, un démagogue, qui flatte les bas instincts de l’électeur moyen en lui faisant croire que l’ignorance et la médiocrité intellectuelle sont des titres à gouverner.
En ce qui concerne son caractère, n’importe qui ayant des yeux pour voir et des oreilles pour entendre devrait à ce stade s’être rendu compte que « The Donald », comme il aime à s’appeler lui-même, est un mégalomane qui serait bouffon s’il n’était pas si ouvertement vindicatif, un homme qui n’a pas d’autre principe que d’écraser les autres pour parvenir à la place qu’il convoite, qui n’a pas d’autre compas ni d’autre boussole que son bon plaisir. Bref, un homme dangereux.
On entend parfois dire que, à la fin des années 1970, la même classe jacassante qui aujourd’hui trouve Trump ridicule et dangereux n’avait pas de mots assez durs pour qualifier Ronald Reagan, et on en déduit que, puisque les jacasseurs se sont trompés hier, ils doivent aussi se tromper aujourd’hui. D’un simple point de vue logique un tel raisonnement ne vaut évidemment rien. Mais même pour ceux dont la logique n’est pas le point fort, un peu de connaissances historiques devraient suffire pour dissiper l’illusion. Reagan était un homme politique d’une dignité évidente, qui s’abaissait rarement à se mettre en colère en public et évitait soigneusement toute vulgarité. Ses principes politiques s’étaient formés par des décennies de lectures et de débats. Trump est à l’opposé de cela.
Concernant le caractère de l’homme, je ne peux pas faire beaucoup mieux que de vous traduire un court article de l’excellente Heather Macdonald (du non moins excellent City Journal) qui résume très bien le problème Trump. L’auteur aurait même, à mon avis, pu rendre son plaidoyer plus percutant encore en rappelant par exemple que Trump est allé jusqu’à suggérer que John McCain est un lâche et qu’il n’aurait pas dû se laisser prendre vivant (rappelons juste que John McCain, le candidat républicain malheureux à l’élection de 2008, a été capturé par les Nord-Vietnamiens en octobre 1967 après avoir dû s’éjecter de son avion touché par un missile sol-air. Lorsqu'il s'éjecte, la violence du choc lui brise les deux bras et une jambe. Tombé en parachute au milieu du lac du Bambou blanc, situé au cœur de la capitale nord-vietnamienne, il manque de se noyer lorsque des habitants le tirent de l’eau, lui arrachent son équipement et le rossent. S’en suivront cinq années de captivité, dont deux à l’isolement total, faites de tortures et d’humiliations presque incessantes). Ou encore que le seul principe avoué de Trump est : "Get even. When somebody screws you, screw 'em back, but a lot harder." Et sa conclusion aurait pu être encore plus inquiétante. Mais ce sont là des détails.
A ceux d’entre vous qui me diraient qu’ils se fichent bien de ce qui peut se passer aux Etats-Unis, je répondrais que si leur parle de Trump, c’est surtout pour en tirer des considérations générales qui peuvent aussi bien s’appliquer à ce qui se passe chez nous. Et à ceux d’entre vous, enfin, qui se réjouiraient secrètement de ce qui est en train d’arriver aux Etats-Unis, je me contenterai de dire que le destin de l’Occident est indissolublement lié à celui de l’Amérique. S’ils coulent, nous coulons. C’est aussi simple que cela. Que cela puisse éventuellement nous déplaire ne change rien à cette réalité, et comme l’a dit le dernier grand homme d’Etat qu’ait connu la France, il n’est pas de politique qui vaille en dehors des réalités.

Le malapris en chef

Par Heather MacDonald, City Journal, 28 janvier 2016

Il n’est pas difficile de prendre un malin plaisir au châtiment que Donald Trump est en train d’infliger à l’establishment républicain, alors même qu’il continue à bousculer le jeu politique en se dispensant du débat de ce soir (28 janvier 2016) pour les primaires républicaines. Durant des décennies, ces notables ont fait taire toute expression d’inquiétude au sujet de l’arrivée massive d’immigrés non-qualifiés ; les notables du commentariat ont même depuis peu commencé à agiter l’épouvantail du racisme, en accusant les opposants à cette immigration de masse d’être des adeptes d’une « politique identitaire blanche ». Mais aujourd’hui nous assistons au retour du refoulé dans l’enthousiasme frénétique que suscite un candidat d’une ignorance totalement décomplexée au sujet de la plupart des questions qu’un président aurait à traiter (y compris la question de l’immigration), qui serait probablement battu par Hillary Clinton, mais qui a toujours envoyé paitre avec énergie ceux qui lui demandaient de se taire au sujet de l’immigration illégale. La domination exercée par Trump est aussi un rappel du faible impact que peut avoir le monde de l’expertise politique conservatrice. L’année dernière, un groupe de jeunes « conservateurs réformateurs » a élaboré des propositions savantes dans lesquelles figuraient d’obscures dispositions relatives à des crédits d’impôts et autres choses du même genre afin d’attirer davantage d’électeurs des classes moyennes vers le parti Républicain. Il s’est avéré que cela ne pesait d’aucun poids comparé au pouvoir de séduction de quelqu’un braillant à tue-tête que l’Amérique allait à nouveau être grande, qu’elle allait à nouveau gagner, comme le prouvait le fait que le braillard était lui-même très grand et qu’il était un sacré gagnant.
Si l’establishment républicain mérite ce qui lui arrive, les conséquences négatives d’une présidence Trump pour le pays dans son ensemble seraient vraisemblablement aussi sévères que le prédisent ses critiques. Les supporters de Trump ne paraissent pas accessibles à l’argumentation, persuadés qu’ils sont que Trump doit être la réponse à tous les maux dont souffre le pays – ce qui rappelle un autre accès d’idolâtrie électorale huit ans plus tôt. Mais les conservateurs qui soutiennent Donald Trump devraient au moins considérer ceci : l’effet que celui-ci risque de produire au niveau des mœurs et de la civilité. Trump est le personnage public le plus gratuitement méchant que ce pays ait connu de mémoire d’homme. Il est la définition même du voyou : il saisit la moindre opportunité de s’acharner sur quelqu’un à terre, tout en se vantant sans vergogne de sa propre supériorité. Bien longtemps après que l’ancien gouverneur du Texas Rick Perry se soit retiré des primaires, Trump continuait durant ses meetings de campagne à se gausser des lunettes et de l’intelligence de ce dernier et à se vanter de la manière dont il l’avait forcé à se retirer. Le gouverneur de New-York George Pataki s’est maintenu plus longtemps dans la campagne des primaires, mais il n’a jamais représenté une menace pour Trump. Pourtant, presque chaque discours de campagne de Trump continue à contenir des attaques mesquines contre ce personnage falot.  Les supporters de Trump défendent ce penchant à l’agression permanente, obsessionnelle, au motif qu’il ne se déchaine que lorsqu’il a lui-même été critiqué. Mais il y a de la vertu dans la mesure. Trump transforme une banale saillie de campagne électorale en un prétexte pour une guerre et une autoglorification permanentes.
Trump est l’incarnation de ce que les Italiens appellent « maleducato » - mal-éduqué, mal élevé. En fait, si l’on en juge par le résultat, son éducation semble avoir été dépourvue de la moindre limite posée aux penchants masculins les plus grossiers pour l’agression et l’humiliation. Trump est constamment personnel dans ses attaques. Et son comportement n’est pas simplement la conséquence du fait qu’il refuse le politiquement correct. Trump était fondé à répondre à Megyn Kelly, la journaliste de Fox News, lors du premier débat de la primaire, qu’il n’avait pas de temps à perdre avec le politiquement correct. Cependant, répudier le politiquement correct signifie dire la vérité. Les sarcasmes de Trump ne sont pas de la véracité mais les postures égocentriques de quelqu’un qui ne fait strictement aucun effort pour contrôler son désir d’humilier les autres.
Les conservateurs, tout particulièrement, devraient comprendre le caractère fragile et précieux des manières. Les garçons tout spécialement ont besoin d’être civilisés. Cette tâche sera rendue plus difficile avec Trump à la Maison-Blanche. Il n’existe aucune raison de penser que Trump changera ses manières d’être une fois élu ; il ne montre aucun signe qu’il soit capable d’introspection ou de se corriger. N’importe quel parent essayant d’éduquer un garçon pour qu’il devienne courtois, respectueux, et au moins occasionnellement humble, aura des difficultés à le faire lorsque notre leader national est aussi instinctivement malpoli, de la même manière qu’il est plus difficile d’apprendre à une fille à être prudente en matière de sexualité si elle est entourée de modèles médiatiques qui vantent le fait de multiplier les partenaires. Notre culture est déjà devenue suffisamment grossière. Elle n’a pas besoin qu’un président des Etats-Unis la dégrade encore plus.

15 commentaires:

  1. Ma foi il est fort regrettable de vous voir consacrer l'une de vos rares productions à vous faire le relais du narratif officiel sur Trump et ne pas trouver de mots assez durs pour disqualifier le style de notre milliardaire new-yorkais, qui n'a pourtant pas grand-chose de la brute méprisante et ignare que vous dépeignez. On y lirait presque que le désastre que promet d'être Hillary Clinton si elle est élue pâlit au regard des termes respectueux en lesquels elle entend s'adresser aux influentes anchors comme Megyn Kelly ou Rachel Maddow. Remarquez, c’est exactement sur la foi de ce type d’argument que l’opposition a détruit Sarkozy politiquement avant même sa prise de fonction. Ça marchera peut-être aussi pour Trump, on le saura bientôt.

    Heather McDonald que vous convoquez pour appuyer votre charge est une liberal californienne pur jus, guère différente d'un John Oliver. Ses attaques ne s'embarrassent pas de beaucoup de précautions pour masquer, derrière le pieux mépris de la vulgarité qu’incarnerait Trump, celui de toute l'Amérique moyenne qui n'en peut plus des couleuvres que lui font avaler Washington et la Beltway, et vient de trouver le candidat idéal pour leur rendre la monnaie de leur pièce. En réalité, la gauche a le monopole de l'outrance et de la démolition de caractère depuis si longtemps maintenant qu'il lui est inconcevable que quelqu'un émerge de la droite, pratique avec bonheur ce genre de tactique et - péché suprême - refuse obstinément de s'adonner à l’indispensable contrition qu'on exige alors de lui.

    Mais plus sérieusement et pour faire simple : il y a cinq candidats en lice dans cette présidentielle américaine dont les enjeux semblent ne pas avoir été si élevés depuis des décennies. Quatre sont à des degrés divers des pions de l’ordre globaliste. Le cinquième, Trump, autorise à penser qu'il s'y opposera. Son seul entêtement à afficher une posture stricte sur l’immigration suffit à faire labelliser d’extrême-droite un programme par ailleurs plutôt centriste, et à déchaîner sur lui une puissance de feu politico-médiatique comme jamais je n’en ai vu déployée de ma vie. Cela signale deux choses : Trump doit faire quelque chose de bien quelque part, et le danger est pris au sérieux par les gardiens du temple.

    La réalité est que son programme importe peu à ce stade, en-dehors des quelques points-clé. Ce n’est plus comme ça que ça marche, l’un des péchés dont Trump s’est rendu coupable aux yeux des experts est d’en prendre acte. Obama s’est fait élire sur la race, deux mots de slogan et quelques talking points. Trump n'est pas un politicien et le sait. C'est un homme d'affaires, qui entend appointer les meilleurs spécialistes dans leur domaine et leur confier le pilotage des dossiers. Sans préjuger des résultats, j’admets que ça semble déjà plus prometteur que le radicalisme alinskyite d’Obama, politicien faible ayant une nette tendance à verser dans l’argument racial et l’idéologie. Je peine à imaginer de quelle façon Clinton, Sanders ou Cruz pourraient ne pas faire pire, ne serait-ce qu’en entérinant au nom des intérêts qu’ils servent la submersion définitive de la classe moyenne américaine sous une immigration faiblement qualifiée aux nombres hors de contrôle - mais de qui la donor class s’estime à l’abri. Ça nous changerait un peu un président non dépendant de grands donateurs, vous ne trouvez pas?

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    1. Plus largement, Trump est le premier symptôme sérieux d’un rééquilibrage du balancier politique vers le nationalisme, au détriment d’une idéologie globaliste qui ne profite plus qu’à la petite minorité qui en contrôle les leviers. L’invasion migratoire est en train de pousser un monde occidental encore somnolent de sa prospérité construite dans l’après-guerre dans ses retranchements. De nombreuses personnes qui n’ont plus leur mot à dire dans cet ordre des choses présenté comme inéluctable et dont ils encaissent les conséquences dramatiques de plein fouet voient en Trump un espoir de remettre les choses sous contrôle à cet égard, d’où les chiffres record de participation à la primaire républicaine.

      Alors je comprends qu’on puisse ne pas aimer son style, et lui reprocher de s’adonner à des attaques personnelles. Mais on ne peut le faire honnêtement qu’en ayant bien pris la mesure de l’évolution de l’environnement social. L’heure n’est plus vraiment à la dentelle. Il y aura toujours de bonnes raisons de disqualifier les candidats hors système. Ron Paul en 2012 n’était qu’un vieux grand-père loufoque aux idées isolationnistes, n’est-ce pas. Aujourd’hui Donald Trump n’est un milliardaire vulgaire et imprévisible donc dangereux. Si l’entreprise de démolition à son encontre parvient à ses fins et que le pantin républicain nominé à sa place se fait obligeamment fesser lors de l’élection générale pour valider le couronnement programmé d’Hillary et la poursuite des affaires courantes comme si rien n’était, le prochain leader nationaliste à émerger sera peut-être quelqu’un avec qui il sera encore possible de discuter, disposé à faire des deals, comme Trump.

      Ou peut-être pas.

      Lorsque les restes de ce qui fut un jour les classes moyennes américaines et européennes parviendront à la conclusion que tout espoir politique leur est coupé, que le système est trop bien verrouillé et que leur seule perspective est de continuer à en être les vaches à lait toujours plus maigres, elles cesseront de discuter, elles mettront leur confiance en des gens qui ne seront pas disposés à discuter non plus, et ce jour-là le Vieux Monde risque de brutalement se rappeler pourquoi il s’est trouvé à l’origine de deux guerres mondiales.

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  2. Merci pour ces articles (j'en ai profité pour lire le précédent), passionnant et argumenté, comme toujours.

    Vous résumez très bien le malaise que m'inspire Trump. J'ai, comme beaucoup, trouvé assez jouissive sa gouaille et sa manière d'ouvrir des débats que ses concurrents préféreraient éviter. Je me disais naïvement qu'il allait faire avancer les autres candidats républicains sur les questions de l'immigration et de la mondialisation -il me semble qu'ils ont évolué, d'ailleurs, mais il ne s'en sont pas moins fait broyer-;
    Au fur et à mesure que la campagne avançait, ce plaisir devenait agacement. Trump a fait sa fortune dans l'immobilier et les médias. Soit dans les domaines les plus "anti-establishment" qui soient. Son incohérence sur un certain nombre de positions internationales était également de plus en plus visible, sans compter ce que vous soulignez : son effroyable personnalité.

    Trump va assurer la victoire d'Hillary Clinton. Tout ce qu'il reste comme espoir, c'est que sur le champ de cendre que sera le parti républicain, un candidat arrive à émerger pour dans quatre ans. Mais en attendant, l'Amérique risque de payer très cher le plaisir qu'elle s'offre avec de "trublion".

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  3. Je vous trouve un poil sévère avec Trump, sur deux points en tout cas.

    D'abord, vous lui reprochez de se vanter de ne pas être un spécialiste, un homme de dossiers, et vous allez jusqu'à le comparer à un Hollande, un Chirac ou un Sarkozy. Je ne suis pas d'accord : ces trois là sont des hommes de dossiers, justement, des professionnels de la politique, et ce qu'il leur manque c'est une vision, un idéal, une ligne. Trump a parfaitement raison en voulant déléguer à des technocrates les questions de détail. Il importe peu de savoir à l'unité près combien on a de sous-marins nucléaire, par exemple, mais il importe, pour un président, d'avoir une idée claire du genre de salopard contre qui on pourrait éventuellement les utiliser. Ce qui compte, c'est la vision globale, pas les questions de détail qu'aucun homme, d'ailleurs, ne peut maîtriser totalement.

    Le second point touche à l'exemple que je viens de prendre. D'un point de vue français (mais cela importe aussi pour un Américain), ce qui m'intéresse c'est surtout la vision géopolitique des candidats. Or il me semble que la mère Clinton est une folle furieuse à cet égard tandis que Trump, à ce que j'ai cru comprendre (mais je peux me tromper), serait plutôt du genre à arrêter de fomenter la pagaille partout. Il est dommage que vous n'abordiez pas cette question dans votre texte (le second texte en parle peut-être, je ne l'ai pas encore lu).

    Pour le reste, la vulgarité, le côté "j'écrase tout le monde", les gros sabots, etc., en effet, Trump en tient une couche. C'est aussi ce qui fait une partie de son charme.

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  4. Plutôt en désaccord total avec votre analyse sur Trump.

    Le portrait que vous dressez de ce que serait un bon candidat vous condamne d'avance à toujours vous laisser séduire par un candidat bien propre sur lui, avec de bonnes idées, mais qui une fois en place ne fera rien, du moins rien de ce qu'il a promis.

    Votre attachement à la nécessité pour un homme politique d'avoir un "programme" m'a aussi fait rire. Je pensais, vu la profondeur d'analyse qu'est habituellement la votre, que vous aviez dépassé ce stade de vous intéresser aux "programmes". Les programmes politiques ce sont des catalogues publicitaires, ça sert à vendre. Mais concrètement aucun élu ne les respecte jamais ou alors il fait semblant.

    Personnellement je me fous du "programme" d'un candidat, ce qui m'intéresse c'est de savoir s'il est un minimum sincère dans sa démarche et si c'est quelqu'un qui a les tripes et le caractère pour être prêt à affronter toute l'adversité immonde que l'on déversera sur lui s'il s'avisait de réellement vouloir servir l'intérêt public et son peuple.

    Pour ce qui est de Trump, je suis au moins rassuré sur le caractère et le courage. Il l'a c'est évident. Il est prêt et est capable d'affronter seul toute l'oligarchie occidentale, et en plus en se payant le luxe de se foutre de leur gueule et de les mépriser. La violence que vous lui prêtez et sa vulgarité ne représente qu'une infime partie de la réalité de la violence et de la vulgarité concrète et mise en pratique du système globaliste actuel.

    Pour ce qui est de votre journaliste américaine, que vous nous avez traduit. Je ne la connais pas, mais un détail ne trompe pas. Sa conclusion sur le fait que Trump serait trop masculin, et sur le fait qu'il serait un garçon que l'on aurait pas suffisamment émasculé. On y voit trop la féministe nord-américaine, qui a bien compris que Trump représentait le début de la fin pour la vaginocratie nord-américaine, où l'on persécute juridiquement les hommes pour les obliger à devenir des femmes comme les autres. Le mépris affiché pour la virilité de cet article, suffit à comprendre pourquoi cette femme hait Donald Trump.

    Donald Trump est agressif, Donald Trump est violent, mais bon sang vous croyez quoi ? Qu'il est en guerre contre des Bisounours ?

    Vous voulez un candidat poli, bien éduqué, qui a une longue carrière et maîtrise ses dossiers : votez Juppé en 2017. Avec un candidat si beau et si sérieux, c'est sûr le pays serait sauvé !

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  5. Pas grand chose à voir avec l'article mais juste pour vous dire que j'aime bien votre blog. Vous faîtes vraiment un travail remarquable, j'ai tout lu d'une traite. Donc merci et bonne continuation ;)

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  6. Mon cher Aristide, j'ai une opinion très différente de la votre (pour la première fois depuis que je vous connais !)

    Tout d'abord en ce qui concerne une éventuelle présidence de Trump et le danger que représente le fait de confier les manettes à un quelqu'un qui ne connait pas les dossiers : au vu des erreurs monumentales faites par les dirigeants américains connaissant les dossiers (concernant les pays musulmans par exemple ) ne vaut -il pas mieux quelqu'un qui ait du bon sens que quelqu'un qui soit prétendument compétent ? le mieux étant des gens compétents ayant du bon sens...mais ils semblent manquer en magasin. En politique étrangère DT serait peu interventionniste dit-il et je ne vois pas pourquoi on ne le croirait pas.
    De toute façon, il est impossible que DT gagne les élections : il est comparé à Hitler et de nombreux électeurs de droite américaine préféreraient même voter Sanders que DT ( une sorte de front républicain les chatouille, un " it is not what we are " !!!!), donc, DT n'importe qu'en tant que candidat. Ors dans cette campagne, , seule sa présence , et la liberté totale de parole ( assez inédit ) que sa fortune lui permet, ont rendu possible par exemple un débat essentiel sur l'immigration massive et la transformation totale de la société américaine qu'elle induit . Sans DT, les candidats de tout bord n'auraient fait que draguer l’électorat latino par exemple.
    Sur tous les sujets, DT a redonné une certaine fierté aux américains blancs qui depuis 20 ans sont culpabilisés et méprisés (il faut voir les séances de reeducation aux quelles les goys sont soumis dans les universités américaines, c'est pire encore que la rééducation à la Française que nous subissons) et rien que pour ça la présence de DT est appréciable.
    il perdra quoiqu'il arrive, mais il aura réveillé un peu les américains, et peut-être quelques français qui suivent un peu les débats.
    imaginons un candidat aux présidentielles en France qui parlerait du Grand remplacement et de l'islamisation de l'occident...ça ferait du bien même venant d'un pas beau mal coiffé ;)

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  7. Hélas l'amérique et l"europe de l'ouest couleront a court ou moyen terme ,c'est inévitable (sauf miracle mais chaque seconde perdue accèlère notre défaite) Pour les derniers amoureux de la civilisation blanche (puisque l'occident est voué a la mexicanisation-arabisation-africanisation) un petit conseil allez donc vous réfugier en europe de l'est, la bas il me semble que le bon sens a encore cours Les tares du modernisme comme le féminisme, le sentimentalisme et l'amour du plus faible et du plus "différent" sans condition n'ont pas infusé la quasi totalité du corps social, de meme que les "minorités" en tout genre sont peu nombreuses ou peu influentes dans le débat public De plus je dirais que vu l'état actuel du monde et puisque nous autres blancs sommes voués a devenir minoritaires et a etre menacés par l'africanisation musulmanisation du monde, il faudra nouer des alliances avec les autres poches de civilisation par ex la chine et l"iran En plus cher ariside, comme je ne suis loin de partager votre americanophilie, il me semble pourtant que le déclin de l'occident est largement imputable a l'oncle sam L'immigration de masse, le féminisme le culte de l'argent roi et du sentimentalisme, les crises économiques, le multiculturalisme, l'islamisme politique et militaire tout ou presque a été crée ou du moins favorisé par les actions ou les inactions du gouvernement et de l'armée US J'ai visité les états unis, un pays magnifique avec des gens ouverts et sympathique...dont les nombreuses gaffes ont pourtant largement contribué au bordel ambiant en europe, au moyen orient et dans le monde

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  8. Beaucoup de critiques, qui me montrent au moins que j'avais raison de diagnostiquer une certaine popularité de Donald Trump parmi les réacs.
    J'essayerai de répondre au fil de l'eau, lorsque j'aurais un peu de temps (c'est pas gagné).

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  9. J'avoue ne pas avoir d'opinion déterminée sur le sujet, j'hésite. Cela ne ferait pas de moi un bon président des USA. Voilà pour la mauvaise nouvelle.
    La bonne, c'est qu'il n'y a aucun risque que je ne le devienne jamais !
    Merci pour ce billet très riche, et pour les commentaires contradictoires qu'il suscite.

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  10. Robert Marchenoir12 avril 2016 à 05:09

    http://www.standpointmag.co.uk/node/6439/full

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  11. Je réponds rapidement, globalement, et donc pas très précisément. Le temps, et aussi, il faut bien le dire, l’envie me manquent pour faire mieux. Je n’ai plus le feu sacré, c’est ainsi.
    D’abord sur Heather MacDonald juste une chose : si elle est une « libéral californienne pur jus » ou une « féministe nord-américaine », alors moi je suis le pape François. Soyons sérieux, voulez-vous ?
    Ensuite dans mon texte je n’ai jamais parlé de « programme électoral » mais de « connaitre ses dossiers », bref de savoir de quoi l’on parle.
    Savoir jusqu’à quel degré de précision il faut connaitre un sujet pour être un bon homme d’Etat est une question intéressante, bien que sans doute pas susceptible de recevoir une réponse a priori. Parfois il faut avoir une connaissance très détaillée, car le diable est dans les détails, parfois une vue d’ensemble peut suffire. Cela dépend des sujets et des circonstances. Mais dans tous les cas il faut avoir sérieusement réfléchi aux questions politiques de manière général, et à la situation de son pays en particulier, en connaitre l’histoire et les institutions, etc. Chose que manifestement Trump n’a jamais fait. Cet homme peut, par exemple, dans le même temps affirmer qu’il est fermement opposé à toute prolifération nucléaire et dire que le Japon et la Corée du Sud devraient se doter de l’arme atomique.
    En politique étrangère je ne vois d’ailleurs pas quels espoirs on peut fonder sur un pareil personnage. Qu’il soit évidemment « nationaliste » ne nous dit rien sur la politique étrangère qu’il mènerait, car nous ne savons pas comment il conçoit les intérêts fondamentaux des Etats-Unis, les moyens dont ceux-ci disposent, leurs rapports avec leurs alliés, etc. toutes choses auxquelles manifestement il n’a jamais accordé plus de dix minutes d’attention. La seule chose dont on puisse être sûr, c’est qu’il serait imprévisible et irréfléchi. Son nationalisme pourra aussi bien prendre la forme de l’isolationnisme que de l’intervention musclée à l’étranger ou toute autre chose encore, à la couleur de son esprit.
    Je vois bien que l’argument essentiel en faveur de Trump est qu’il « secoue le politiquement correct » et qu’il permet que soient enfin abordés de « vrais sujets. » Jusqu’à un certain point c’est vrai. Son ascension vers la candidature républicaine est d’abord la conséquence de l’incapacité du parti républicain à défier, comme il l’aurait dû, le politiquement correct. C’est d’ailleurs ce que dit Heather MacDonald au début de son article.

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  12. Malheureusement un homme politique, et a fortiori le candidat d’un parti à l’élection présidentielle, n’est pas seulement tenu d’aborder les problèmes, il est aussi tenu de proposer des manières de les résoudre, et d’offrir une perspective globale pas trop irréaliste à son pays. Si vous posez les bonnes questions mais que vous y répondez mal (et la forme compte presque autant que le fond), surtout sur des sujets très sensibles, vous allez discréditer le fait même de poser ces questions et renforcer ce que vous prétendez combattre. Trump n’a rien à proposer si ce n’est « faites-moi confiance car je suis un gagnant » et « je vais tous les virer, ces pourris, ces salopards. » C’est un peu court (même si beaucoup sont effectivement des pourris ou des couilles-molles) et au surplus il a un caractère épouvantable qui semble bien le rendre incapable d’apprendre.
    En l’occurrence, que risque-t-il de se passer s’il est le candidat du parti républicain ? Défaite retentissante face à Hillary Clinton (qui est aussi mauvaise que ce que l’on dit), explosion du parti républicain, domination sans partage des Démocrates pendant de nombreuses années jusqu’à ce que réémerge une opposition structurée. Bref, victoire par KO du politiquement correct qu’il prétendait combattre. Et s’il gagne on peut raisonnablement s’attendre à une politique particulièrement erratique, inconséquente et inefficace (car le président des Etats-Unis n’est pas dictateur des Etats-Unis et « fusillez moi tout ça » n’est pas une option) et marquée par les scandales personnels, qui aboutira à un rejet total non seulement du personnage mais des questions éventuellement pertinentes qu’il aura osé posé.
    Bref (je vais trop vite, je le sais bien, mais actuellement je ne peux faire mieux), nous avons tous envie de voir le politiquement correct explosé à coup de canon et la technocratie renvoyée à ses chères études, mais se montrer systématiquement brutal, grossier et ignorant n’obtiendra aucun bon résultat. J’ajoute que brutalité et courage sont deux choses différentes et que je ne crois pas Trump spécialement courageux, juste extrêmement égocentrique.
    Aujourd’hui comme hier, la seule chose réellement désirable c’est un homme ou une femme politique qui possède le véritable art du politique et le caractère requis pour exercer les plus hautes responsabilités. Il ne semble pas y en avoir actuellement, ni aux Etats-Unis ni en France, hélas. Cela ne suffit pas pour faire de Trump un bon candidat, ni même un bon candidat à la candidature.

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