Le mois dernier, le célèbre magazine Time a publié un long article
intitulé « Porn and the threat to virility » - que l’on pourrait à
peu près traduire par « Le porno est-il une menace pour la
virilité ? » - sous-titré : « La première génération
d’hommes à avoir grandi avec un accès illimité à la pornographie tire le signal
d’alarme. »
Lorsqu’un magazine tout ce qu’il y a de plus bien-pensant comme le Time
se met à critiquer l’un des acquis de la « libération sexuelle »,
vous pouvez être sûr qu’il y a réellement un problème.
Bien évidemment, l’article n’aborde les méfaits de la pornographie que
par le biais, très réducteur, des troubles du désir et de l’érection qu’elle
pourrait induire chez les hommes. Il devrait être évident, pour n’importe qui
ayant un peu d’intelligence et d’expérience de la vie, que la pornographie ne
peut qu’abîmer de multiples façons l’âme de ceux qui en consomment massivement.
Que plus les consommateurs sont jeunes et plus les dégâts doivent être grands.
Et il devrait être évident aussi que, à terme, c’est l’ensemble de la société
qui en sera affectée, et pas seulement ceux qui se masturbent compulsivement
devant leur écran.
Plus généralement, c’est la « libération sexuelle » elle-même
qui se trouve implicitement remise en cause par un tel article, à savoir l’idée
qu’il serait possible et souhaitable de séparer les plaisirs de la sexualité
des autres dimensions de l’existence humaine, de transformer le sexe en une
simple activité récréative entre adultes consentants (pour une raison peu
compréhensible, les enfants sont encore exclus de cette activité récréative
censée être parfaitement plaisante et anodine pourvu seulement que chacun soit
d’accord pour y participer. Mais on peut penser que la logique finira par
prévaloir et que cette restriction irrationnelle disparaitra un jour).
Jamais, peut-être, idée plus contraire à la raison et à l’expérience
universelle du genre humain n’a été adoptée avec plus d’avidité, et défendue
avec plus d’opiniâtreté, par la partie censément la plus intelligente et la
plus instruite de la population que celle-là. Et rien, peut-être, n’étonnera
davantage les anthropologues et les historiens des siècles futurs que cet
étrange aveuglement qui nous frappe depuis une cinquantaine d’années.
Mais il ne faut pas trop en demander à un magazine comme le Time. Et
tel qu’il est là, cet article peu profond et au style fort banal est finalement
une attaque aussi dévastatrice qu’on peut l’espérer contre l’omniprésence de la
sexualité qui caractérise aujourd’hui les sociétés occidentales. Tant il est
vrai que l’un des premiers effets de ce bombardement sexuel permanent est de
nous rendre peu à peu insensible à tout ce n’affecte pas directement le corps.
Porn and the threat to virility
Time Magazine, 11 Avril 2016.
Noah Church est un
pompier forestier à temps partiel de 26 ans, à Portland, dans l’Oregon. A l’âge
de neuf ans, Noah trouva sur internet des photos de nus. Il apprit à
télécharger des vidéos explicites. Lorsqu’il eut quinze ans, les vidéos en
continu arrivèrent, et il se mit à les regarder. Souvent. Plusieurs fois par
jour, tout en faisant ce que les gens font souvent lorsqu’ils regardent seuls
ce genre de film.
Après un certain temps,
dit-il, il trouva que ces vidéos ne l’excitaient plus autant, et il passa donc
à d’autres configurations, certaines fois juste des femmes, d’autres fois une
femme et plusieurs hommes, parfois même une femme non consentante. « Je
pouvais trouver tout ce que j’imaginais, et des tas de choses que je
n’imaginais pas, » explique-t-il. Après que ces vidéos aient elles aussi
perdu leur attrait, il passa au niveau supérieur, plus intense, souvent plus
violent.
A la fin du lycée, il
eut l’opportunité d’avoir une vraie relation sexuelle, avec une vraie
partenaire. Il était attiré par elle, et elle était attirée par lui, comme le
montrait le fait qu’elle se tenait nue devant lui dans sa chambre. Mais son
corps ne semblait pas intéressé. « Il y avait une déconnection entre ce
que je voulais dans mon esprit et la manière dont mon corps réagissait »,
dit-il. Il ne put simplement pas faire fonctionner la mécanique nécessaire.
Il attribua cela au
trac de la première fois, mais six ans se passèrent et, quelle que soit la
femme avec laquelle il se trouvait, son corps n’était pas plus coopératif. Il
ne réagissait qu’en regardant du porno. Church en vint à croire que son excès
d’internet depuis l’adolescence était en quelque manière à l’origine de ses
problèmes et qu’il souffrait de ce que certains appellent désormais « dysfonctionnement
érectile provoqué par la pornographie » (porn-induced erectile dysfunction).
Un nombre grandissant
de jeunes hommes sont persuadés que leurs réflexes sexuels ont été endommagés
parce que leur cerveau a, pour ainsi dire, mariné dans le porno lorsqu’ils
étaient adolescents. Leur génération a consommé des contenus pornographiques
dans une quantité et une variété qui n’avaient jamais été possibles auparavant,
sur des équipement conçus pour fournir des contenus de manière rapide et
privée, à une période de leur vie où leur cerveau était plus malléable – davantage
capable de subir des changements permanents – qu’à un âge plus avancé. Ces
jeunes gens ont l’impression d’être des cobayes involontaires dans une
expérience largement non supervisée et longue d’une décennie relative au
conditionnement sexuel. Et le résultat de l’expérience, affirment-t-ils, leur
coupe littéralement leurs moyens.
Ils commencent par
conséquent à se révolter, en créant des groupes d’entraide via internet, des
applications pour smartphone et des vidéos éducatives pour aider les hommes à
abandonner le porno. Ils ont lancé des blogs et des podcasts et ils saisissent
toutes les occasions qu’ils peuvent trouver de s’adresser au public. La
pornographie a toujours fait l’objet de critiques parmi les croyants et les
féministes. Mais désormais, pour la première fois, certains des cris d’alarme
les plus stridents proviennent de la catégorie de la population qui est aussi
celle qui en consomme avec le plus d’avidité.
Bien évidemment, les
effets de la pornographie sur la société sont l’objet d’inquiétudes plus vastes,
qui vont au-delà de sa capacité à provoquer des dysfonctionnements sexuels, y
compris le fait que le porno célèbre la dégradation des femmes et banalise
l’agression sexuelle. En février de cette année, ces questions ont amené le
gouvernement du premier ministre britannique David Cameron, qui précédemment
avait déjà demandé aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer les contenus
pour adultes à moins qu’un utilisateur ne les demande, à entamer le processus
visant à ce que les sites hébergeant du porno vérifient l’âge de leurs
utilisateurs ou bien doivent s’acquitter d’une amende. Peu de temps après, la
législature de l’Utah adopta à l’unanimité une résolution visant à ce que la
pornographie soit considérée comme une crise de santé publique. Et de nouvelles
recherches convaincantes au sujet des stimuli visuels apportent de l’eau au
moulin des théories des jeunes hommes, suggérant que la combinaison de
l’informatique, du plaisir sexuel et des mécanismes cérébraux d’apprentissage
pourrait rendre la pornographie en ligne hautement addictive, avec de
potentiels effets psychologiques sur les consommateurs.
Pour Gabe Deem, 28 ans,
le porno faisait tout autant partie de l’adolescence que l’acné ou les devoirs à
la maison. « C’était normal, et il y en avait partout, » dit-il. Il a
grandi pendant une période durant laquelle ce qui était considéré comme des
contenus classés X était en train de se répandre partout, et lui et ses amis
avaient pour habitude de regarder constamment des vidéos pornographiques,
explique-t-il, y compris en classe, sur les ordinateurs portables fournis par
l’école. « Ce n’est pas quelque chose dont nous avions honte. » Deem,
qui vit à Irving, Texas, est le fondateur de Reboot Nation, un forum et une
chaine de télé en ligne qui offrent conseils et soutien pour les jeunes gens
qui pensent être accros au porno, qui pensent souffrir de problèmes sexuels en
conséquence de cela et qui désirent se défaire de leur addiction.
Il est un peu différent
de grand nombre d’activistes dans ce domaine, parce qu’il était sexuellement
actif à un jeune âge et qu’il ne consommait du porno qu’en complément. Mais
cela a fini par devenir son alimentation principale et, quelques années après
avoir terminé le lycée « je suis sortis avec une fille superbe, et nous
nous apprêtions à avoir un rapport sexuel, mais mon corps est resté
inerte, » dit-il. « J’étais effrayé, parce que j’étais jeune et en
bonne santé et j’étais super attiré par la fille. » Il alla voir son
médecin. « Je lui ai dit que j’avais peut-être insuffisamment de
testostérone, » explique Deem. « Il a ri. »
Nombre de détails de
son histoire sont confirmés par celle qui était sa petite amie à l’époque, et qui
préfère rester anonyme. « Il essayait de commencer quelque chose, et puis
soudain, en pleine action, il disait « je pense que nous devrions
attendre, » » se rappelle-t-elle. « J’étais complètement
déconcertée, et je pensais, est-ce que je ne lui plais pas ? Qu’est-ce qui
se passe ? » Il lui fallu neuf mois après lui avoir révélé son
problème pour être capable d’aller jusqu’au bout avec elle.
Avoir un partenaire qui
a des difficultés d’érection n’est pas le premier problème que rencontrent la
plupart des jeunes femmes avec le porno, et seule une toute petite partie de la
population féminine déclare se sentir accro. Cependant, elles ne sont pas
immunisées contre les effets qui proviennent du fait de grandir au sein d’une
culture dans laquelle le porno abonde. Les adolescentes racontent de plus en
plus fréquemment que les garçons attendent d’elles qu’elles se conduisent comme
des starlettes du X, dépourvues aussi bien de poils que de besoins sexuels qui
leur soient propres.
En avril 2015,
Alexander Rhodes a quitté un bon poste chez Google pour développer des sites de
conseil et d’entraide à destination de ceux qui se battent avec une addiction à
la pornographie. Il a lancé NoFap
subreddit – une série d’article consacrés à un sujet – sur le site web très
populaire Reddit ainsi qu’un site web associé nommé NoFap.com en 2011, mais il s’y consacre désormais à plein temps (le
nom vient du terme « fap », qui désigne la masturbation en langage
geek). Le jeune homme de 26 ans affirme que sa première exposition au porno a
été par le biais d’un pop-up – vraiment, il le jure ! – lorsqu’il avait
aux environs de 11 ans. Son père était développeur de logiciels en
Pennsylvanie, et il avait été encouragé à jouer avec des ordinateurs dès l’âge
de 3 ans. « Dès qu’internet est apparu j’y ai eu un accès très
large, » explique Rhodes. Le pop-up était celui d’un site qui montrait un
viol, mais il dit qu’à l’époque il avait seulement compris qu’il y avait une
femme nue. En peu de temps il imprimait les résultats de ses recherches d’image
pour « ventre de femme » ou « nichons de jolies filles. » A
l’âge de 14 ans, dit-il, il se masturbait sur du porno 10 fois par jour.
« Ce n’est pas une exagération, » insiste-t-il. « Me masturber
et jouer aux jeux vidéo, c’étaient les deux seules choses que je
faisais. »
A la fin de son
adolescence, lorsqu’il eut une petite amie, les choses ne se passèrent pas bien.
« Je lui ai vraiment fait du mal émotionnellement, » dit Rhodes.
« Je croyais qu’il était normal de fantasmer sur du porno tout en ayant un
rapport sexuel avec une autre personne. » S’il cessait de penser au porno
pour se concentrer sur la fille, l’excitation disparaissait, dit-il. Il a
abandonné le porno plusieurs fois avant de finalement y renoncer pour de bon à
la fin 2013. Ses deux sites comptent environ 200 000 membres, et il
affirme qu’ils reçoivent environ un million de visiteurs uniques chaque mois.
Ces hommes, et les
milliers d’autres qui aliment leurs sites web avec des histoires de
dysfonctionnement sexuel, se donnent tous beaucoup de mal pour prouver qu’ils
ne sont pas contre le sexe. « Si j’abandonne le porno, c’est pour avoir
plus de sexe, » explique Deem. « Abandonner le porno est la chose la
plus positive pour leur vie sexuelle que les gens puissent faire, »
affirme Rhodes. L’un des commentateurs de leurs sites, nommé Sirrifo, dit les
choses plus simplement : « Je veux juste prendre à nouveau plaisir à
avoir des rapports sexuels et ressentir du désir pour une autre
personne. »
Leurs affirmations au
sujet de dysfonctionnements érectiles provoqués par le porno sont-elles
fondées ? Des statistiques récentes laissent penser qu’il pourrait y avoir
une certaine corrélation. En 1992, environ 5% des hommes avaient connu de tels
dysfonctionnements arrivés à l’âge de 40 ans, selon le National Institutes of Health. Une étude parue en juillet 2013 dans
le Journal of Sexual Medecine a
révélé que 26% des hommes adultes cherchant une aide médicale pour des troubles
de l’érection avaient moins de 40 ans. Dans une étude de 2014 portant sur 367
soldats de l’armée américaine âgés de moins de 40 ans, un tiers d’entre eux
déclaraient souffrir de ce genre de problèmes. Et une étude suisse de 2012
portant sur des hommes encore plus jeunes, de 18 à 25 ans, a trouvé la même
proportion de réponses positives : un tiers.
Bien sûr,
d’innombrables raisons pourraient expliquer ces résultats. Depuis l’avènement
du Viagra et autres médicaments similaires, les troubles de l’érection sont
beaucoup mieux connus et acceptés, et grâce à toutes ces publicités télévisées,
la honte qui s’y attache est beaucoup moins grande, par conséquent il se
pourrait que davantage de personnes admettent en souffrir. Le diabète,
l’obésité, l’anxiété ou la dépression peuvent également provoquer ce genre de
dysfonctionnement, de même que la drogue et l’abus d’alcool. Dans la mesure où
les jeunes hommes souffrent davantage de tout cela, les troubles de l’érection
pourraient être plus fréquents en conséquence. Cependant, les urologues
n’excluent pas que la pornographie pourrait aussi jouer un rôle. « Je
pense que c’est possible », explique le docteur Ajay Nangia, ancien
président de la Société pour la Reproduction Masculine et l’Urologie. « Il
y a une sorte de désensibilisation de ces hommes, et ils ne se sentent vraiment
excités que lorsque le sexe est comme dans les films. »
Si les causes de
l’augmentation des troubles de l’érection sont sujettes à débat, l’accès sans
précédent, depuis une décennie, à la pornographie via les vidéos en ligne ne
l’est pas. L’avènement de sites internet qui, comme Youtube (lancé en 2005),
permettent aux utilisateurs de charger, de regrouper et d’organiser des vidéos
a transformé la manière dont les gens peuvent expérimenter la pornographie. Il
existe désormais une diversité renversante de contenus classés X gratuits, qui
augmente sans cesse car n’importe qui, qu’il soit amateur ou professionnel,
peut mettre une vidéo en ligne. En février 2006, les sites pour adultes
comptaient 58 millions de visiteurs mensuels en provenance des Etats-Unis. Dix
ans plus tard, leur nombre était de 107 millions. L’un des plus grands sites de
ce genre, Pornhub, explicitement dédié au partage de vidéos, affirme qu’il
reçoit 2,4 millions de visiteurs par heure et que, rien qu’en 2015, les gens
dans le monde entier ont regardé ses vidéos pendant 4 392 486 580
heures ce qui représente deux fois plus de temps que celui que l’Homo Sapiens a
passé sur cette terre. La pornographie est tellement omniprésente qu’elle a
donné naissance à des mèmes qui lui sont consacrés, parmi lesquels la règle
n°34, qui dit : « Si ça existe, on le trouve dans un film
porno. » (Leprechauns ? C’est fait. Ptérodactyles ? C’est fait.
Pandas ? C’est fait.) Internet est comme un buffet à volonté ouvert 24h
sur 24 et servant n’importe quelle sorte de friandise sexuelle.
Et les jeunes gens s’en
gavent. Près de 40% des garçons britanniques âgés de 14 à 17 ans déclarent
qu’ils regardent régulièrement du porno, selon une étude de l’université de
Bristol parue en 2015. Chyng Sun, un professeur associé spécialisé dans les
médias, de l’université de New-York, explique que presque la moitié des 487
hommes qu’elle avait interrogé pour une étude avait été exposé au porno avant
l’âge de 13 ans. Une étude parue dans le Journal
of Sex Research estime l’âge moyen de la première exposition au porno à 12
ans pour les hommes.
Une mutation sociale de
grande ampleur qui a des implications pour la santé des jeunes gens suscite
habituellement un effort de recherche soutenu pour essayer d’évaluer ce qui se
passe réellement. Mais dans ce cas précis, pas vraiment. Il est même difficile
d’obtenir des fonds pour étudier à quel point l’usage du porno est répandu,
affirme Janis Whitlock, une ancienne éducatrice en santé sexuelle qui est
maintenant une chercheuse en santé mentale à l’université de Cornell. Il se dit
que le National Institute of Health
conseille aux chercheurs de ne pas utiliser le mot « sexuel » dans
leurs demandes de financement, si cela est possible. La neuroscientifique
Simone Khün, dont l’étude relative à la consommation de pornographie et à la
structure du cerveau a été publiée dans le renommé JAMA Psychiatry, dit que ses employeurs au Max Planck Institute n’étaient pas contents d’être associés à cette
étude.
Le manque de recherche
exacerbe une lutte acharnée au sein de l’université au sujet des effets de la
consommation excessive de porno. Et il n’existe pas beaucoup de preuves
scientifiques solides pour trancher le conflit.
Les jeunes qui font
vœux de s’abstenir du porno ont un gourou improbable en la personne de Gary
Wilson, 59 ans, un ancien professeur associé en biologie à la Southern Oregon University et dans
diverses écoles professionnelles, qui est l’auteur de « Votre cerveau et
le porno : la pornographie sur internet et la science naissante de
l’addiction. Son site web, Yourbrainonporn.com,
ou plus communément YBOP, est un centre de documentation pour toutes les
informations qui confirment le lien entre une consommation intensive de porno à
l’adolescence et les dysfonctionnements sexuels. Beaucoup de gens le découvrent
par le biais de sa vidéo sur TEDx, qui compte plus de 6 millions de vues.
YBOP affirme que
regarder trop de matériel masturbatoire à l’adolescence affecte le cerveau de
multiples façons. « Le porno entraine votre cerveau à avoir besoin de tout
ce qui est associé au porno pour ressentir une excitation, » dit Wilson.
Cela inclus non seulement le contenu mais aussi la manière dont on y accède.
Parce que les vidéos pornographiques sont en nombre illimité, que l’on peut y
accéder rapidement et gratuitement, les utilisateurs peuvent d’un clic accéder
à une nouvelle scène ou un nouveau genre aussitôt que leur niveau d’excitation
décroît et ainsi, explique Wilson, « se conditionnent à désirer sans cesse
de la nouveauté. »
Un usage intensif du
porno et les hauts niveaux de dopamine qui en résultent renforcent ces
mécanismes. « Le résultat chez certains consommateurs de porno sur
internet est que leur cerveau a un niveau d’activité élevé avec les vidéos
pornos, et un moindre niveau d’excitation lorsqu’il s’agit de sexe avec un
vraie personne, » argumente Wilson. Et puis il y a l’accoutumance :
le besoin de plus de stimulation pour ressentir le même effet. « L’extrême
nouveauté, certains fétichismes, le choc, la surprise, l’anxiété, tout cela
élève le niveau de dopamine, » dit-il. « Par conséquent ils ont
besoin de cela pour être sexuellement excités. »
D’autres chercheurs
nient qu’il existe un lien entre la pornographie et les troubles de l’érection.
« En l’absence de données scientifiques pour le corroborer, la force de la
conviction de ces jeunes gens que le porno provoque des troubles de l’érection
n’est pas une preuve de la validité de leur conviction, » dit David J.
Ley, un psychologue clinicien et l’auteur de « Le mythe de l’addiction
sexuelle. » « L’immense majorité des utilisateurs de porno ne
rapportent aucun effet négatif. Une toute, toute petite minorité fait part de
ces problèmes d’érection. »
Ley se réfère à des
études récentes portant sur des jeunes hommes consommant de la pornographie,
comme un article paru en 2015 dans le Journal
of Sexual Medecine, et dans lequel des chercheurs de l’université de
Zagreb, en Croatie, ont analysé des études portant sur environ 4000 jeunes
hommes hétérosexuels, sexuellement actifs, dans trois pays européens, et n’ont
trouvé qu’une très légère corrélation entre l’usage de la pornographie et des
troubles de l’érection (et seulement en Croatie). Une autre est arrivée à la
conclusion que les consommateurs de porno ayant des convictions religieuses
étaient plus susceptibles de croire qu’ils étaient dépendants. Nicolas Prause,
un psychologue et neuroscientifique, ainsi que le PDG de Liberos, une compagnie
qui mène des recherches sur le cerveau, pense également que les problèmes
d’érection provoqués par le porno sont un mythe. « Un nombre écrasant
d’études ont montré que les prédicteurs les plus fiables des troubles de
l’érection continuent à être la dépression et l’usage de la drogue. »
Pour les jeunes hommes
qui militent contre la pornographie, cependant, la preuve numéro 1 est toujours
leur propre physiologie. « Si vous pouvez bander avec le porno et que vous
ne pouvez pas bander sans le porno, pour moi c’est une preuve aussi décisive
qu’on peut le souhaiter, » affirme Deem, de Reboot Nation. Il rejette toutes les autres raisons avancées pour
expliquer ses problèmes sexuels. L’inexpérience ? « Je suis un type
sexuellement confiant et actif depuis l’âge de 14 ans. » L’obésité ?
Il est un entraineur certifié avec, dit-il, moins de 10% de masse grasse. Les
drogues ? Il affirme avoir fumé environ cinq joints durant toute sa vie.
Et ses problèmes d’érection ne pouvaient pas avoir pour origine l’angoisse de
performance, puisqu’il dit qu’il était même incapable d’en avoir une en se
masturbant sans internet lors d’un dimanche après-midi tranquille. « Je
suis retourné à mon ordinateur pour vérifier. J’ai mis du porno, et
bing ! »
Au-delà des problèmes
affectant ces jeunes gens, il existe une littérature scientifique émergente qui
devrait amener à réfléchir tous les utilisateurs du porno. Une étude du Max Planck Institute publiée en 2014 et
utilisant l’imagerie par résonnance magnétique a montré qu’un usage régulier de
la pornographie pourrait avoir un effet sur le cerveau. « Plus les hommes
consommaient de pornographie et plus leur striatum, le centre de récompense du
cerveau, était petit, » explique Kühn, l’auteur de cette étude. « Et
ceux qui consommaient davantage de pornographie avaient une réaction moindre de
cette zone du cerveau lorsqu’on leur montrait des images pornographiques. »
Une autre étude a montré que les utilisateurs plus réguliers étaient plus
impulsifs et avaient une moindre capacité à différer la gratification. Et une
étude de l’université de Cambridge, basée sur la scannographie du cerveau et
publiée en 2014, a révélé que les hommes ayant un comportement sexuel compulsif
réagissaient aux images explicites de la même manière que les toxicomanes à la
drogue ; ils les recherchaient avidement, même si elles ne leur plaisaient
pas.
Le directeur de cette
étude, la neuropsychiatre et neuroscientifique Valérie Voon, explique qu’un
grand nombre de ses cobayes faisant un usage intensif du porno rapportaient
avoir des problèmes d’érection. Mais elle et Kühn notent tous les deux que rien
de ceci ne prouve que la pornographie rétrécit le cerveau ; il se pourrait
que les gens ayant un plus petit centre de récompense aient besoin de regarder
davantage de porno pour parvenir à la même excitation. « Je serai prudente
quant au fait d’utiliser une seule étude d’imagerie cérébrale pour conclure
qu’il existerait des « dommages » au cerveau, » explique Voon.
« Nous avons simplement besoin de davantage d’études sur la
question. »
La question de
l’addiction à la pornographie est un point de désaccord houleux au sein des
communautés médicales et scientifiques concernant le fait de savoir s’il est
possible de classer les soi-disant addictions comportementales, comme
l’addiction au jeu ou à la nourriture, dans la même catégorie que les
addictions toxicologiques, comme l’addiction à l’alcool ou aux médicaments.
Prause argumente qu’utiliser le terme « addiction » pour décrire ce
qui pourrait simplement être un appétit sexuel élevé n’est pas utile et
pourrait même aggraver le problème en le stigmatisant. Mais pour Voon, qui
étudie les addictions, la consommation compulsive du porno y ressemble fort,
même si elle a des propriétés différentes des autres addictions, comme le fait
de développer un appétit plus fort pour la nouveauté. « Il est possible
que la combinaison de la nouveauté et du fait que les stimuli pornographiques
soient particulièrement gratifiants puisse provoquer une sorte d’effet plus
grand, » dit-elle.
Brian Anderson, un
neuroscientifique cognitif qui travaille à la John Hopkins University, a une théorie intrigante. Sa spécialité
est la formation des habitudes ; en février son équipe a publié une étude
qui montre que les stimuli visuels qui sont associés à une récompense sont plus
difficiles à ignorer lorsqu’on les rencontre à nouveau. Lorsque le cerveau
détecte la présence de ces stimuli agréables, il fait davantage attention et
bloque les autres stimuli. « Votre cerveau est construit pour développer
ce mode de fonctionnement, et lorsque vous l’associez à quelque chose comme le
porno, cela peut être très perturbateur et difficile à modifier, »
explique Anderson.
Il formule l’hypothèse
que la nature visuelle de la pornographie la rend particulièrement attractive
pour le cerveau. « Cela est propice à la formation d’un biais d’attention
rapide et puissant, » dit-il. « Le cerveau va apprendre cette
association très rapidement. » Et parce nos vies modernes sont très
centrées sur les ordinateurs, l’existence du porno se rappelle sans cesse à
nous. « Il arrive probablement un moment, » explique-t-il, « où
vous commencez à penser au porno rien qu’en ouvrant votre navigateur internet. »
(Et ceci avant même que les technologies de la réalité virtuelle ne fassent
passer tout cela à un niveau supérieur.)
Dans la mesure où le
cerveau des adolescents qui absorbent tout ce porno est encore en train de se
construire, il est possible qu’ils soient particulièrement vulnérables. Philip
Zimbardo, qui est professeur émérite de psychologie à l’université de Stanford
(et qui est celui qui a mené la fameuse expérience de la prison de Stanford),
note que l’usage du porno va souvent de pair avec celui des jeux vidéo et que
les deux sont conçus pour être aussi addictifs que possible.
« Le porno vous
enferme dans ce que j’appelle le présentisme hédoniste, » dit-il.
« Vous recherchez le plaisir, la nouveauté, et vous vivez dans
l’instant. » Bien qu’il ne provoque pas de dépendance chimique, le porno a
le même effet sur le comportement que l’addiction à la drogue : certaines
personnes cessent pratiquement toute autre activité pour s’y consacrer.
« Et ensuite le problème est que, plus vous en consommez, et plus les
centres de récompense de votre cerveau perdent leur capacité à être stimulés, »
explique-t-il. A une période de leur vie où les jeunes hommes sont au maximum
de leurs potentialités physiques, cette inactivité pourrait contribuer à ces
dysfonctionnements sexuels inattendus.
Noah Church consacre
environ 20 heures par semaine à essayer d’aider les autres à éliminer le porno
de leurs vies, ou tout au moins à se débarrasser de l’habitude dénommée PMO
(Porno, Masturbation, Orgasme). Il a écrit à ce sujet un livre gratuit,
« Wack », tient le site internet
« addictedtointernetporn.com » et conseille les gens via Skype pour
des honoraires de 100 dollars. Rhodes, de son côté, essaye d’aider des hommes à
retrouver le goût du sport en chambre en montant des « challenges »,
durant lesquels des jeunes gens essayent de s’abstenir de PMO pendant un
certain temps. Il existe différents niveaux d’abstinence : le plus extrême
(nommé, ironiquement, « mode dur ») consiste à s’abstenir de toute
activité sexuelle, et le moins extrême consiste à avoir toutes les expériences
sexuelles qui se présentent, y compris en solitaire, mais sans support visuel.
Le site de Deem offre des stratégies similaires, avec beaucoup de soutien
communautaire et du matériel éducatif. Un groupe de jeunes hommes de l’Utah a
lancé une organisation nommée Fight the New
Drug (« combattre la nouvelle drogue »), qui a un programme de
réhabilitation gratuit pour les adolescents, nommé « Fortify ».
Les jeunes hommes qui
désirent reprogrammer leurs cerveaux décrivent les mêmes conséquences à mesure
qu’ils abandonnent leur dépendance. Certains expérimentent des symptômes de
manque, tels que des maux de tête et des insomnies. Beaucoup d’entre eux
parlent d’un « aplatissement de l’existence », une période de
morosité, d’absence de libido, et même de rétrécissement des organes génitaux,
qui peut durer plusieurs semaines. « Je me sentais comme un zombie, »
explique Deem. Les hommes plus vieux ont rapporté des symptômes semblables,
mais s’en sortent en général plus vite, peut-être parce qu’ils ont eût plus
d’expériences sexuelles réelles. Le joueur de football devenu acteur, Terry
Crews, a récemment posté sur Facebook une série de vidéos pour expliquer les
dégâts que le porno avait fait à son mariage, à sa vie en général, bien que sa
virilité soit restée intacte. Il est parti en cure de désintoxication. D’autres
rapportent avoir rebondi plus vite. « Je me sentais plus concentré, plus
éveillé, socialement plus confiant, plus attentif aux autres, plus intéressé
par mes activités quotidiennes et plus sensible émotionnellement, »
explique Church. « J’ai commencé à ressentir ces changements très
rapidement après avoir abandonné le porno. »
Parce que la
pornographie est souvent consommée sous le coup d’une impulsion, la dernière
production de NoFap est un bouton d’urgence en ligne qui, lorsque l’on clique
dessus, amène l’utilisateur à une image motivante, une vidéo, une histoire, ou
bien des conseils, comme celui-ci : « PMO n’est même pas une option.
Pas plus que manger de la neige jaune n’est une option. Cela ne rentre même pas
en ligne de compte dans le processus de décision. » L’application Brainbuddy, qui a été développée après
qu’un jeune Australien nommé David Endacott ait remarqué à quel point il lui
était difficile d’abandonner le porno, offre une série d’alternatives – une
activité ou bien une vidéo stimulante. Ne pas regarder de porno n’est que la
moitié du combat, dit-il. Le cerveau doit développer des associations nouvelles
et plaisantes avec l’ordinateur. Comme un Fitbit, l’application comptabilise
aussi le nombre de jours passés par l’utilisateur sans retomber dans ses
habitudes. Elle a été téléchargée plus de 300 000 fois jusqu’à maintenant.
S’il est bien une chose
que ces jeunes hommes ne demandent pas, c’est la fin du porno, même si cela
était possible. « Je ne pense pas que l’on devrait légiférer au sujet de
la pornographie, la bannir ou la restreindre, » affirme Rhodes. De toute
manière réguler la pornographie a toujours été une affaire compliquée, et de
nos jours ce n’est pas seulement à cause du premier amendement mais aussi à
cause de la technologie. Un des défis auquel doit faire face la proposition
britannique de contraindre les sites pornographiques à vérifier l’âge de leurs
visiteurs est d’imaginer comment y parvenir sans attenter à la vie privée des
adultes et en dépit de la facilité avec laquelle la plupart des adolescents
sont capables de contourner les filtres sur internet (une enquête a montré que,
en mai 2015, 1,4 millions de visiteurs uniques sur les sites pour adulte en
grande Bretagne avaient moins de 18 ans, après que les fournisseurs d’accès
aient mis en place de tels filtres). En dépit du fait qu’un site basé aux
Etats-Unis, Pornhub, se soit engagé à respecter les nouvelles règles
britanniques, l’industrie du porno est sceptique au sujet des accusations dont
ses productions font l’objet. « Mon problème numéro 1 avec l’industrie du
porno est qu’en général celle-ci n’accepte pas la notion d’addiction à la
pornographie, » explique Rhodes. « Ils banalisent vraiment cette
question. » (Pornhub a décliné de répondre à nos questions pour l’écriture
de cet article.)
« Notre industrie
a connu bien des vagues de paniques morales, » dit Mike Stabile, qui est
directeur de la communication pour The
Free Speech Coalition, l’association professionnelle de l’industrie du
divertissement pour adulte. « Il ne semble pas exister beaucoup de
littérature scientifique solide. Si quelque chose devait émerger, cela pourrait
lancer le débat. » La profession n’est pas favorable à l’approche
britannique, qui demande aux internautes de souscrire aux contenus pour
adultes, au lieu de leur demander de les refuser s’ils n’en veulent pas,
explique Stabile. « Ce genre de filtres peuvent bloquer l’accès à des
sites LGTB ou des sites d’éducation sexuelle. » C’est pourtant exactement
ce genre de modèle que le sénateur Todd Weiler espère voir appliquer dans
l’Etat de l’Utah. « Nous avons modifié la manière dont nous abordons le
problème du tabac, » dit-il, « non pas en le bannissant mais en
mettant en place des restrictions raisonnables. » Il aimerait que des
endroits comme les McDonad, les Starbucks – et même les bibliothèques – mettent
en place des filtres de manière à bloquer les contenus pornographiques dans
leurs locaux.
Donner aux adolescents
une autre interprétation de la pornographie qu’ils rencontreront de toute
manière, quels que soient les filtres mis en place, et un but essentiel pour
les jeunes activistes. « Les 13/14 ans ont par internet un accès illimité
à une production pornographique sans cesse renouvelée bien avant qu’ils puissent
découvrir qu’elle pourrait avoir des effets secondaires négatifs, » dit
Rhodes. Deem fait remarquer qu’il s’est tenu à l’écart de la cocaïne parce qu’on
lui avait appris que c’était une substance nocive. Il aimerait que la
pornographie soit traitée de la même manière, et que les écoles apprennent à
leurs élèves les effets secondaires possibles de la pornographie durant les
cours d’éducation sexuelle. « Je dirais à mon fils, je vais être direct
avec toi, tous les trucs super stimulants, comme la pornographie sur internet,
la junk food, les drogues, peuvent êtres amusants et plaisants,
temporairement, » affirme Deem. « Cependant, elles ont aussi la
capacité de te désensibiliser aux choses normales, naturelles, et en définitive
de te voler précisément ce que tu croyais qu’elles te donneraient, la capacité
à éprouver du plaisir. »
Introduire la
pornographie dans l’éducation sexuelle à l’école pourrait sembler une quête
chimérique. L’éducation sexuelle est d’ores et déjà l’objet de beaucoup de
controverses et les écoles ne veulent pas être accusées d’initier les enfants à
la pornographie, même si les scientifiques étaient d’accord au sujet de ses
effets. Les parents aussi sont peu désireux d’aborder le sujet, car ils ont
peur des questions qui pourraient leur être posées. Mais la curiosité a horreur
du vide ; la pornographie en ligne est en train de devenir l’éducation
sexuelle de facto pour de nombreux jeunes gens.
Whitlock, l’ancienne
éducatrice en santé sexuelle, explique qu’elle a été surprise de constater à
quel point ses anciens collègues étaient réticents à aborder le sujet de la
pornographie. Elle pense que cela est dû au fait que les éducateurs sexuels ont
pendant longtemps combattu une image négative de la sexualité, lorsque
l’éducation prônait uniquement l’abstinence, de sorte qu’ils répugnent à tout
ce qui pourrait mettre en cause les appétits sexuels. Elle a découvert que
le simple fait de demander aux étudiants de réfléchir à propos de l’effet que
pourrait avoir sur leur santé mentale ce qu’ils ont l’habitude de regarder
suscite de la résistance. « Pour moi ça n’a aucun sens, » dit-elle.
« C’est comme de dire que si vous mettez en cause le fait de manger tout
le temps des McDo vous êtes contre la nourriture. »
Un moyen idéal de faire
passer ce discours pourrait être internet mais, ironiquement, bon nombre de ces
messages sont bloqués par les filtres anti-pornographie. C’est par exemple le
cas de Brainbuddy. Son créateur pense qu’il est important qu’il soit accessible
dès 12 ans, mais les utilisateurs doivent avoir plus de 17 ans pour pouvoir le
télécharger.
La honte qui entoure le
fait de consommer compulsivement du porno rend difficile de demander de l’aide,
en dépit du fait que les neuroscientifiques affirment que cela pourrait arriver
à n’importe qui. Et puis il y a l’ostracisme qui attend les jeunes hommes qui
prennent fait et cause contre la pornographie au sein d’une culture qui célèbre
la sexualité. Deem et les autres défenseurs de cette cause savent qu’ils vont
devoir faire face à un barrage d’apathie, d’opposition, et de ridicule. Mais
cela ne les dissuade pas. « Si quelque chose doit changer, » explique
Deem, « cela ne pourra venir que des types qui ont été dans les tranchées,
qui étaient effectivement en train de cliquer et de regarder du porno hardcore
lorsqu’ils avaient 12 ans. »
L’un des nouveaux
adhérents de NoFap (qui se nomment les Fapstronauts), un homosexuel d’une
trentaine d’années qui commence tout juste un défi de 30 jours, explique les
choses de cette manière : « Lorsque j’y réfléchis, » écrit-il
« je réalise que j’ai perdu des années de ma vie en demandant à un
ordinateur ou à un smartphone de me donner quelque chose qu’ils ne sont pas
capables de donner. »



Voilà bien un article que je n'aurais pas lu si ce n'était vous qui l'aviez publié cher Aristide..et j'aurais eu tort car c'était très intéressant. J'ignorais totalement qu'il existait une polémique sur les conséquences physiques de la consommation excessive de porno.
RépondreSupprimerps : la bonne nouvelle est qu'être accro à votre blog n'a aucune conséquence néfaste ( en tout cas pas sur la santé du corps ) ;)
Ah, c'est étrange, parce que normalement la lecture de mon blog transforme les gens en loup-garous avec une svastika sur le front.
SupprimerAttendez donc la prochaine pleine lune, chère Dixie.
L'article parle d'un effet physiologique : le désintérêt pour la relation physique.
RépondreSupprimerUne chose m'étonne : Il ne développe pas pourquoi seul un sens (la vue) occulterait tous les autres, constatant que lors de vraies relations, ils n'ont aucun effet ! On peut ajouter que les vidéos sont encore à 99.99% en 2D ! 1/2 sens plus fort que 4.5 autres ?
Le problème de la pornographie se réduit finalement à celui de l'habituelle gêne de personnes isolées. C'est un succédané comme une drogue, mais on ne peut pas lui reprocher d'avoir des effets aussi délétères et permanent sur le psychique des jeunes garçons.
Je pense donc que l'article est trop moralisateur.
Amike
Cet article est au contraire aussi neutre que possible, moralement.Il n'aborde le porno que sous l'angle de ses effets physiologiques possibles. Il ne se veut absolument pas moralisateur, et c'est justement là sa limite, comme je l'ai indiqué dans mon "chapeau".
SupprimerC'est sa limite parce que les éventuels effets physiologiques de la consommation massive de porno ne sont à l'évidence que la moindre de ses conséquences.
Les autres conséquences, nous préférons en général les ignorer ou les nier, pour ne pas paraitre moralisateurs.
Je n'ai pas le temps de développer ces autres conséquences, mais il me semble aussi qu'elles ne sont pas bien compliquées à percevoir, avec un peu d'expérience de la vie et de réflexion.
J'atteste les conséquences physiologiques de la masturbation vidéo. Personnellement.
RépondreSupprimerPar ailleurs, sur l'internet, même français, il n'est pas rare de trouver des témoignages où certains mentionnent aussi tout simplement des problèmes physiques relatifs à la masturbation telle que la perte de sensation (lien avec le death grip par exemple). Pour les autres conséquences, celles qui ne vous semblent pas bien compliquées à percevoir, cher Aristide, tout le monde n'a pas votre sagacité.
Le porno ne sert qu'à rendre économiquement rentable la masturbation. Ni plus, ni moins.
RépondreSupprimerMerci pour cet article cher Aristide!
RépondreSupprimerIl y avait un billet surréaliste de Lounès Darbois Beaumont sur le sujet : on peut toujours le lire sur ce blog d'archives: http://lounes-darbois-beaumont.blogspot.fr/2011/12/10-decembre-2011-films-de-q.html