Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 7 juin 2011

The bell curve (6/7) - Chapitres 17-18 : QI et éducation



Si une faible intelligence est associée - statistiquement - avec un certain nombre de caractéristiques socialement indésirables, il devient nécessaire de se poser la question des moyens susceptibles d’augmenter l’intelligence moyenne d’une population. Existe-t-il de tels moyens, ceux-ci peuvent-ils être mis en œuvre à un coût financier et politique acceptable ?
En première analyse, augmenter l’intelligence moyenne d’une population ne semble pas une tâche insurmontable. Même en supposant que le QI soit héréditaire à 70% ou 80% (les estimations les plus hautes) cela laisse tout de même des marges de manœuvre non négligeables pour essayer d’augmenter le QI des individus. De plus, les moyens pour y parvenir semblent bien connus : une meilleure alimentation dans l’enfance, un environnement stimulant pour les enfants n’ayant pas l’âge scolaire, et de meilleures écoles ensuite.
Malheureusement les politiques publiques qui ont été mises en œuvre à cette fin se sont toutes révélées décevantes. Même si elles peuvent avoir des effets positifs sur certains individus, leur impact statistique est négligeable. Augmenter durablement le QI de vastes segments de la population ne semble pas en notre pouvoir aujourd’hui. Pire, un certain nombre de ces politiques publiques destinées à aider les plus défavorisés intellectuellement ont eu pour principal - et peut-être pour seul - effet de dégrader la situation des enfants les plus intelligents.

***

Murray et Herrnstein passent successivement en revue les nombreux programmes ayant été mis en place aux Etats-Unis dans ces trois grands domaines : la nutrition, la scolarisation, l’aide pré et extra scolaire. A chaque fois les résultats s’avèrent très inférieurs aux attentes, pour dire le moins.
Concernant la nutrition, l’idée que mieux se nourrir pourrait améliorer les capacités cognitives semble évidente : la taille et les mensurations moyennes des individus ont beaucoup augmenté en Occident au cours du 20ème siècle, du fait d’une meilleure alimentation. Le cerveau ne pourrait-il pas en bénéficier aussi ? De plus, une hausse modeste mais réelle du QI moyen semble avoir eu lieu dans de nombreux pays au 20ème siècle - ce que Murray et Herrnstein appellent « l’effet Flynn », du nom de James Flynn, le premier psychologue a avoir remarqué ce phénomène dans les années 1930. Cela ne pourrait-il pas se poursuivre à l’avenir ?
Le problème est que l’essentiel de l’amélioration qu’il est possible d’attendre d’une meilleure alimentation s’est vraisemblablement déjà produit. En dehors des cas de privations sévères, l’effet de l’alimentation sur le QI à l’âge adulte n’est pas avéré (p393).
Il en va de même pour la scolarisation des enfants. Il semble évident que donner de l’instruction aux enfants tend à améliorer leurs performances intellectuelles à l’âge adulte, et il semble également évident que la qualité de l’école compte de ce point de vue. Aucun parent ayant des enfants d’âge scolaire n’acceptera de croire le contraire, et avec raison. Mais d’un point de vue statistique, l’effet de la scolarisation sur le QI moyen de la population semble déjà avoir atteint ses limites, avec l’instauration de l’école obligatoire. Toutes les tentatives faites pour amplifier cet effet en augmentant les sommes dépensées par élève (diminution du nombre d’élèves par classe, recours aux nouvelles technologies, soutien scolaire, etc.), en modifiant l’organisation des écoles (innovations pédagogiques, mixité accrue, etc.) ou bien en améliorant la formation des professeur ont été des échecs (p396). Cela n’est pas à dire que rien ne pourrait être fait pour améliorer la qualité des écoles publiques, mais l’effet qu’il est possible d’en attendre du point de vue des capacités cognitives moyennes de la population est sans doute faible, voir nul (p402). 
Toutes les données disponibles indiquent que les scores aux tests de QI se stabilisent entre 6 et 10 ans pour ne plus bouger que marginalement ensuite. Autrement dit, les scores se stabilisent à peu près au moment où commence l’instruction publique obligatoire. Cela laisse peu d’espoir que l’école puisse améliorer significativement les résultats des segments les plus « cognitivement défavorisés » de la population.
Ne serait-il pas possible, alors, d’obtenir des résultats significatifs en soumettant les enfants les plus à risque - ceux des familles les plus pauvres - à une stimulation intellectuelle intensive avant l’âge scolaire ? Aux Etats-Unis, le programme le plus ambitieux ayant cet objectif s’appelle Head Start, et il existe depuis 1965. Malgré des sommes et une bureaucratie considérables mises au service de ce programme, celui-ci n’a donné aucun résultat statistiquement significatif du point de vue de l’intelligence des enfants qui en bénéficient.
Il existe bien cependant une mesure qui donne des résultats mesurables : l’adoption à la naissance. Les enfants issus de familles en bas de l’échelle socio-économique et adoptés dans des familles situées en haut de cette échelle, obtiennent des scores aux tests de QI supérieurs à ceux de leurs frères et sœurs non adoptés - mais néanmoins inférieurs à ceux de leurs camarades de classe issus des mêmes milieux favorisés. Mais bien évidemment il ne saurait être question de généraliser une telle mesure.
Murray et Herrsntein reviennent donc à l’une de leurs conclusions du chapitre 13 : « l’environnement » qui influe sur le développement cognitif des individus est un ensemble beaucoup trop complexe pour qu’il soit possible d’espérer l’améliorer significativement par quelque politique publique que ce soit (p413).

Cependant, s’il n’est pas au pouvoir du gouvernement de faire grimper le QI moyen de la population, il n’est pas hors de sa portée d’entraver le développement des enfants les plus doués. Murray et Herrnstein racontent ici une histoire devenue familière bien  ailleurs qu’aux Etats-Unis : la destruction progressive de l’enseignement public au nom de la « démocratisation » et de l’aide aux plus défavorisés.
Aux Etats-Unis, le sentiment général est que les écoles publiques sont dans un état catastrophique. Ce sentiment n’est pas nécessairement infondé mais, du point de vue des résultats scolaires, il a besoin d’être nuancé.
Aux Etats-Unis le principal élément de mesure du niveau des élèves est le SAT (Scolastic Aptitude Test) un test standardisé qui est passé par les écoliers du secondaire désirant entrer au college. Les résultats du SAT sont en déclin depuis les années 1960, mais ce déclin n’est pas uniforme. Les résultats de l’écolier moyen ne sont pas en baisse, en revanche ce sont les résultats des écoliers les plus brillants qui semblent avoir chuté, et principalement dans les matières littéraires.



L’explication de ce fait n’est pas trop difficile à trouver pour qui a quelque familiarité avec les réformes subie par l’école publique depuis une quarantaine d’années, réformes qui, en dépit de variations de surface, sont souvent remarquablement semblables d’un pays occidental à l’autre. Sous des appellations diverses et des objectifs apparemment disparates toutes ces réformes, ou presque, signifient en pratique une seule et même chose : l’alignement des exigences scolaires sur les capacités intellectuelles des élèves les plus médiocres. Cet alignement n’a pas été uniforme dans toutes les disciplines. Les matières scientifiques ont un peu mieux résisté que les humanités, du fait sans doute du haut degré d’accord qui existe parmi les scientifiques concernant les exigences fondamentales de leurs disciplines. Mais le résultat global a été une inflation des notes, une diminution du travail demandé aux élèves, un relâchement de la discipline intellectuelle, une réduction à la portion congrue des exercices de mémorisation et de répétition, etc. bref tout ce qui pouvait faciliter le passage dans la classe supérieure des élèves les moins doués. En conséquence de ces réformes, les plus doués parmi les enfants n’ont plus guère eu d’efforts à fournir et, en un sens, ont été abandonnés à eux-mêmes. L’attention des professeurs, et de l’opinion publique en général, s’est focalisé sur les élèves les plus en difficulté, la réussite du système scolaire a été mesurée à sa capacité à ne pas perdre en route ces élèves là, et l’on a oublié que les élèves brillants avaient eux aussi grand besoin d’aide : non pas pour passer d’une classe à l’autre, mais pour actualiser tout leur potentiel intellectuel.
A contre-courant de cette vague toute puissante, Murray et Herrnstein tentent de rappeler quelques vérités impopulaires mais très importantes. Tout d’abord, dans un système scolaire qui prend désormais en charge pratiquement tous les enfants jusqu’à leur adolescence, il est inévitable qu’un grand nombre d’élèves ne parviennent jamais à un niveau considéré comme minimal par la plupart des gens. Un système scolaire « démocratisé » est aussi un système scolaire dans lequel se trouvent nombre d’écoliers très limités intellectuellement, et auxquels nulle méthode miracle ne parviendra jamais à donner des points de QI supplémentaires. D’autre part, l’avenir d’une nation dépend de manière décisive de ses fils et ses filles les plus doués. Ce sont eux qui, quoique l’on fasse, sont responsables des progrès scientifiques et techniques, qui créent les emplois, qui administrent les institutions publiques, qui créent et appliquent les normes juridiques, etc. L’enjeu essentiel est donc de faire en sorte que les esprits les meilleurs à chaque génération soient bien éduqués et bien instruits, car il est connu depuis toujours que l’intelligence, dissociée de la vertu du caractère et de la sagesse, est infiniment plus dangereuse et destructrice que la bêtise et la grossièreté.

Bien que Murray et Herrnstein ne le disent pas tout à fait aussi explicitement, c’est bien cet axiome de la politique qu’ils semblent avoir présent à l’esprit tout au long des deux derniers chapitres de leur livre, consacrés à l’avenir vers lequel nous nous dirigeons. (à suivre)

NB : Les chapitres 19 et 20, qui traitent spécifiquement de l’affirmative action aux Etats-Unis ne seront pas repris dans ce compte-rendu.

10 commentaires:

  1. Comment ça, vous nous spoliez des chapitres 19 et 20 ??? Mais je proteste avec la dernière énergie !

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  2. J'aurais pu vous le cacher, notez bien, mais je suis l'honnêteté même.
    Plusieurs raisons à cela :
    - Ces deux chapitres sont un peu en marge du reste de l'argument et la question est traitée sous un angle spécifiquement américain.
    - La flemme, un peu aussi.
    - Peut-être ferais-je un papier sur l'affirmative action en général. Peut-être, ce n'est pas une promesse.
    - Y en a peut-être d'autres, mais je ne m'en souviens plus.

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  3. Inutile de préciser ( mais je le fais paradoxalement ) que l'échec patent des traitements individuels ou collectifs de la "bêtise" ne déclenche aucune remise en question ni du diagnostic de départ , ni de l 'intérêt des dits traitements.
    Si Kevin, malgré sa séance hebdomadaire de psychothérapie s 'obstine à ne pas savoir compter correctement jusqu' à 10, c 'est parce qu 'il aurait du bénéficier de deux séances par semaine ( qu 'un état plus démocratique aurait pu lui fournir) .
    Si les dix élèves de terminale Z ont échoué lamentablement au bachot , c'est qu 'ils auraient du être cinq par classe.... etc etc.


    en tout cas merci encore une fois Aristide, et bien entendu ne comptez pas sur moi pour ne pas protester si vous ne faites pas d'article sur l 'affirmative action !

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  4. Arf, je savais bien que l'honnêteté ne paie pas. Qu'est-ce donc qui m'a pris de faire cet aveu ? La prochaine fois je mentirai effrontément.

    Bon, mais pour en venir votre remarque, vous avez hélas raison. Tout échec de la "démocratisation" est interprété comme le signe qu'on n'est pas allé encore assez loin sur la voie de la "démocratisation".
    Toutefois cela ne signifie pas nécessairement qu'il en ira toujours ainsi. D'abord, le propre de la réalité est qu'elle finit toujours par s'imposer à nous, quels que soient les efforts mis en oeuvre pour la nier. D'autre part la vérité a un certain pouvoir sur l'esprit humain. Pouvoir trop limité sans doute, mais qu'il ne faut sous-estimer. Dire inlassablement la vérité (en sachant la rendre attractive bien sûr), argumenter, peut finir par payer. Après tout, je pense que nous l'avons presque tous expérimenté sur nous mêmes ou sur nos proches. Il faut donc s'y coller sans faiblir.
    Et puis de toutes façons, avons nous le choix ?

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  5. Vous évoquez la décroissance du niveau d'IQ.
    Je crois que c'est Richard Lynn qui a fait ce type d’observation et effectivement l'IQ moyen des enfants de classe supérieure se serait abaissé de 6 points (et de beaucoup moins chez les populations moins favorisées).
    Permettez-moi d'oser contredire la thèse de la dégradation de la qualité de l'enseignement (ici et là-bas) du fait même que le QI n'évolue pas -ou peu - après 8 ans, age auquel l'enfant est pour l'essentiel dépendant de la famille - et pas encore "corrompu" par le système éducatif. L'effet de l'école n'intervient que plus tard.

    Grand'père de 11 petits-enfants (de -2 mois à 10 ans) je constate et déplore que les plus de cinq ans sont 'addict' (pardon, je ne trouve pas le vocable français) aux jeux vidéo.
    Compte tenu de mes propres passions d'enfant (lecture en particulier), je suis inquiet pour l'avenir de notre progéniture conditionnée par la TV et autres exercices basés sur le jeu.

    Ais-je tort ? Suis-je un vieux con pessimiste ?

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  6. Rushton et Jensen affirment que le flynn effect n'est pas un jensen effect, parce qu'il ne porte pas sur le facteur g.
    En outre, il ne semble pas que le QI ait augmenté durant le dernier siècle. Regardez bien le graphique Lynn-Vanhanen :
    http://www.vdare.com/sailer/lynn_and_flynn.htm
    Trois choses peuvent être constatées :
    -le QI n'a pas augmenté
    -l'écart ne s'est pas réduit entre blancs et noirs
    -le QI des asiatiques augmente assez légèrement (2-3 points sur 50 ans si j'en juge le graphique) et celui des noirs diminue très, très légèrement (1 à 2 points vraisemblablement)

    "Les enfants issus de familles en bas de l’échelle socio-économique et adoptés dans des familles situées en haut de cette échelle, obtiennent des scores aux tests de QI supérieurs à ceux de leurs frères et sœurs non adoptés"

    J'ajoute que les études d'adoptions transraciales, lorsqu'elles sont longitudinales, montrent que le gain de QI de telles adoptions s'essoufflent à l'âge adulte, parce que la base génétique est plus importante chez l'adulte (70-80%) que chez l'enfant (50%). On s'attend donc à ce que le QI de l'adolescent est plus faible que celui de l'enfant (voir l'étude du Minnesota Project).

    Sévérac,

    "Compte tenu de mes propres passions d'enfant (lecture en particulier), je suis inquiet pour l'avenir de notre progéniture conditionnée par la TV et autres exercices basés sur le jeu."

    Le QI n'est pas très malléable, malheureusement, et ce n'est pas parce que vos petits-enfants jouent aux jeux-vidéos que leur QI va diminuer. Si vous avez le temps, je vous recommande de lire cet ouvrage de Lynn. Ce qui conditionne le QI, c'est la pression naturelle. Le QI se "forge" sur plusieurs milliers d'années.
    http://www.velesova-sloboda.org/antrop/lynn-race-differences-in-intelligence.html
    Si l'ouvrage fait 200 pages, que vous le trouvez trop long, lisez juste les chapitres 16 et 17. Ça devrait suffire.

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  7. "Rushton et Jensen affirment que le flynn effect n'est pas un jensen effect, parce qu'il ne porte pas sur le facteur g."

    C'est exact. Murray et Herrnstein précisent bien que "l'effet Flynn" ne signifie pas nécessairement un véritable gain en matière d'aptitudes cognitives (p308, 346). Mais un compte-rendu est nécessairement sélectif.

    "J'ajoute que les études d'adoptions transraciales, lorsqu'elles sont longitudinales, montrent que le gain de QI de telles adoptions s'essoufflent à l'âge adulte"

    Effectivement. C'est ce que j'appelle l'effet Marcel Proust : plus le temps passe et plus on ressemble à ses parents (biologiques). De toutes façons il est évident que l'adoption ne peut pas être une solution pour augmenter le QI d'une population.

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  8. René,

    Deux choses dans ce que vous dites.

    Concernant l'école, je crois que la baisse du niveau des exigences scolaires est avérée au delà de tout doute raisonnable, aussi bien aux Etats-Unis qu'en France (ce qui signifie bien sûr que les sociologues et autres professionnels des sciences de l'éducation le nieront obstinément).
    Pour la France, si vous voulez commencer par vous faire une idée sur cette question, vous pouvez déjà consulter les blogs qui figurent dans ma blogroll, et de fil en aiguille... Je suis sûr que Carine, si elle passe par ici, saura également vous diriger vers d'autres sources.

    Concernant vos petits enfants, je crois que vous n'avez pas tort de vous inquiéter. Bien sûr comme le dit M.H le QI n'est pas très malléable, mais le QI est essentiellement un potentiel, un potentiel qui a besoin d'être actualisé. De la même manière que Carl Lewis (mes références datent, je sais) ne serait jamais devenu quadruple médaillé olympique en dépit de tous ses dons naturels s'il ne s'était pas entrainé très dur pendant des années.
    Or nous n'exigeons plus assez des jeunes gens les plus doués. Sauf coup de bonne fortune, leur potentiel intellectuel reste largement inexploité, ou pire encore se transforme en calamité, pour eux-mêmes et pour la société. J'en reparlerai dans la dernière partie.
    L'école est en partie en cause, mais aussi plus largement nos moeurs et nos lois. La question de la télévision et des jeux vidéos est symptomatique : consommés à faible dose et avec discernement il me semble qu'ils ne sont pas nécessairement nuisibles. Mais aujourd'hui ils prennent la place d'autres activités parce que - trop souvent - les parents ne trouvent plus en eux les ressources nécessaires pour interdire et limiter. Je veux parler de ressources intellectuelles : être persuadé que l'interdiction est légitime et indispensable. Ce qui suppose d'avoir l'idée qu'il existe une certaine hiérarchie des biens humains. C'est cette idée qui a été attaquée sans répit depuis des décennies, avec les résultats que l'on voit.

    Vous le voyez, bien que moins âgé que vous, je suis moi aussi très "vieux con". Mais comme on le dit si souvent aujourd'hui : j'assume entièrement.

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  9. Vraiment, un blog excellent.

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