Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 29 novembre 2011

La résistible ascension du mariage homosexuel (1/4) : vous avez dit "discrimination"?



Une fois n’est pas coutume le billet qui va suivre doit, semble-t-il, être précédé par une confession.
L’auteur de ces lignes n’a, pour ainsi dire, pas reçu d’éducation religieuse. Il est arrivé à l’âge d’homme avec l’idée que chacun devrait être libre d’utiliser ses organes génitaux de la manière qui lui convient, pourvu que cela se passe entre adultes consentants et dans la plus stricte intimité. Et il continue aujourd’hui encore à penser de même, bien que pour des raisons passablement différentes de celles qu’il avait dans sa jeunesse. Il a également été persuadé pendant longtemps que le mariage était une institution vieillotte et dont l’on pouvait se dispenser sans dommages. Il n’en va plus de même aujourd’hui. Ses opinions ont changé, profondément changé, et ses convictions en matière de mœurs le classent désormais incontestablement du côté de ceux que l’on appelle les conservateurs, pour ne pas dire les réactionnaires.
Son évolution intellectuelle sur cette question s’explique par une seule et unique raison : la découverte (car pour lui ce fut une découverte relativement tardive) du rôle primordial joué par la famille dans un grand nombre de questions politiques de la plus haute importance. Son intérêt pour la politique l’a amené à examiner ses propres préjugés en matière de mœurs, et à les abandonner presque complètement. Il est aujourd’hui profondément convaincu que la délégitimation et la désagrégation de la famille dite « traditionnelle » (papa, maman, et leurs enfants biologiques - le chien et le pavillon ne rentrent pas en ligne de compte) est l’une des causes majeures d’un grand nombre de maux dont nous souffrons, et dont se plaignent mezzo voce même les plus progressistes de nos concitoyens.
C’est cette conviction durement acquise (car on ne change pas d’opinion sur ces questions là sans s’exposer à quelques désagréments de la part de son entourage) qui l’a amené à se pencher sur la question du mariage homosexuel ;  et à conclure que la légalisation des unions entre personnes de même sexe serait un grand pas supplémentaire en direction du précipice.
Ainsi s’achève ma confession. Et maintenant commence l’explication.

Pour fonctionner raisonnablement bien une société a besoin de familles stables, c’est à dire que le plus grand nombre d’enfants possibles soient élevés et éduqués par ceux qui les ont conçu. Pour cela le rôle de la loi est primordial, car si nos organes génitaux sont bien des organes reproducteurs, l’homme a, dans une large mesure, la capacité de séparer sa sexualité de sa reproduction. Faire de la sexualité uniquement une agréable gymnastique, en la dissociant de toute responsabilité familiale et sociale, est une tentation permanente pour l’être humain, une tentation que la science moderne rend désormais presque irrésistible. 
Mais c’est une tentation à laquelle le législateur ne doit surtout pas céder. La société a besoin de la famille biologique, celle fondée sur la complémentarité naturelle des hommes et des femmes, et la famille a besoin de la protection et du soutien de la loi pour subsister, particulièrement de nos jours.
Le mariage homosexuel n’est donc pas une question marginale ou folklorique. Le fait que peu de gens contracteraient vraisemblablement une telle union ne fait rien à l’affaire. Les lois ont des effets bien au delà de ceux qu’elles touchent directement. Tout particulièrement en ces matières, la loi éduque, la loi forme peu à peu les opinions et les comportements du plus grand nombre. Donner aux unions homosexuelles un statut officiel reviendrait à donner définitivement force de loi à l’idée que le mariage n’a rien à voir avec le fait de fonder une famille et à l’idée que concevoir et éduquer des enfants n’a rien à voir avec la différence des sexes.
Ce n’est surtout pas une question que nous pourrions laisser se décider - pour ainsi dire - malgré nous. Par paresse intellectuelle, par résignation face à ce qui peut sembler un mouvement irrésistible, par lâcheté pour ne pas avoir d’ennuis avec les gardiens de l’orthodoxie régnante, un nombre croissant d’entre nous se laissent entraîner sur la pente de l’acceptation : « Oh, qu’on leur donne ce qu’ils réclament, et qu’ils nous fichent la paix ! ».
Ce serait là, me semble-t-il, une grave erreur.
Il n’existe simplement aucune bonne raison de légaliser les unions entre personnes de même sexe, et tout un tas d’excellentes raisons pour ne pas le faire.
Dire cela aujourd’hui peut, je le sais bien, vous exposer à des ennuis, dont les moindres sont sans doute d’être catalogué comme un « sexiste » et un « homophobe ».
Mais ce serait faire preuve de peu de caractère que de se laisser arrêter par des épithètes grossiers, qui, dans le fond, traduisent souvent la secrète conscience de la faiblesse intellectuelle de votre position.
C’est donc vêtu de probité et de lin blanc, le cœur pur et la tête haute, que je vais tâcher d’examiner impartialement, un à un, les principaux arguments avancés en faveur du mariage homosexuel. Et je le ferais aussi sans crainte de lasser le lecteur car une réfutation, pour être convaincante, se doit d’être méthodique. Quant à l’importance d’une telle réfutation, ceux qui auront lu jusqu’ici en sont sans doute suffisamment persuadés pour qu’il ne soit pas nécessaire d’insister davantage.

Mariage et discrimination

Le premier argument utilisé par les partisans de ces revendications est naturellement celui selon lequel réserver le mariage (ainsi que l’adoption et la procréation médicalement assistée) aux couples hétérosexuels serait une forme de discrimination. Mais une discrimination étant une différence de traitement injuste, cet argument suppose que les couples de même sexe se trouvent exactement dans la même situation par rapport au mariage que les couples hétérosexuels ; car la justice consiste incontestablement à traiter également ceux qui sont dans la même situation et différemment ceux qui sont dans une situation différente. Ainsi, aucun partisan sérieux des revendications homosexuelles ne contesterait que la loi ne commet aucune injustice en ne traitant pas de la même manière l’homosexualité et la pédophilie. Toutes deux sont pourtant des « orientations sexuelles », mais elles ne s’exercent pas à l’égard des mêmes objets et ceci justifie pleinement qu’elles soient traitées différemment par la loi.
Dire que l’interdiction faite aux couples de même sexe de se marier est « discriminatoire » suppose donc une conception particulière du mariage. Cela suppose en fait que le mariage ne soit rien d’autre qu’une « déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment », comme le disait un ex-futur candidat à l’élection présidentielle qui avait une conception toute personnelle des devoirs conjugaux.
Le mariage serait un moyen que la société mettrait gracieusement à la disposition des individus afin qu’ils puissent faire publiquement connaître et reconnaître l’amour qu’ils portent à tel ou tel et, comme la société aime les amoureux, elle accompagnerait cette reconnaissance de l’octroi de divers avantages fiscaux destinés à récompenser des dispositions aussi louables.
Cette définition du mariage paraitra sans doute aller de soi à la plupart de nos contemporains - ce qui explique la puissance rhétorique de l’argument basé sur la « discrimination » - pourtant il est aisé de se rendre compte que cette définition est erronée.
En premier lieu, il semble nécessaire de poser naïvement la question suivante : pourquoi donc les pouvoirs publics devraient-ils se soucier de nos amours ? Et inversement, pourquoi donc devrions-nous laisser les pouvoirs publics se soucier de nos amours ? Car, après tout, le mariage n’est pas simplement une cérémonie se déroulant dans un lieu public, il est aussi un engagement légal. La loi nous impose à cette occasion certaines obligations, et prévoit des sanctions pour les manquements à ces obligations. Elle offre aussi aux couples mariés certains avantages très concrets et financés par les deniers publics. Pourquoi donc les contribuables que nous sommes devraient-ils accepter qu’une partie de leur argent durement gagné soit octroyé à des couples dont le seul mérite est de s’aimer ? Bien plus, à des couples qui, comptant pour rien la pudeur et la discrétion, viennent bruyamment nous imposer la « déclaration solennelle » de leurs sentiments ? 
Si, réellement, certains ne peuvent supporter l’idée que leurs affections restent inconnues du grand public, il leur sera toujours loisible de s’offrir des encarts publicitaires pour remédier à cela, car la loi serait tyrannique si elle interdisait le mauvais goût. En revanche elle serait assurément injuste et malavisée si elle finançait et encourageait ce genre d’attitude.
Inversement, comment pourrions-nous tolérer que la loi intervienne pour régler nos sentiments, pour nous dire qui aimer et comment le faire ? Supporterions-nous patiemment que les pouvoirs publics aient la prétention de nous dicter qui, et selon quelles modalités, peut ou ne peut pas être notre meilleur ami ? Poser la question revient à y répondre. Et pourtant, si véritablement le mariage n’était qu’une « déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment », ce serait une intervention encore plus intrusive dans notre intimité que nous réclamerions aux pouvoirs publics.
En second lieu, si le mariage était une simple déclaration d’amour à la face du monde (de « la société »), il n’existerait aucune raison pour qu’un enfant et un adulte ne puissent pas se marier, ou bien pour que des parents ne puissent pas épouser leurs enfants, ou pour interdire le mariage de groupes plutôt que d’individus, et ainsi de suite. Il n’existerait en fait aucune raison valable pour imposer quelques restrictions que ce soit sur le choix du ou des partenaires avec lesquels on entend se marier. La loi, en bonne logique, devrait être totalement permissive.
Bien sûr, tel n’a jamais été le cas et la loi ne nous permet pas plus aujourd’hui qu’hier d’épouser n’importe quelle personne consentante. Il faut ainsi rappeler que le « droit de se marier », si tant est qu’une telle chose existe, appartient aux individus et non pas aux couples. Toute personne adulte, qu’elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle, est libre de se marier mais elle n’est en revanche pas libre de se marier avec n’importe quelle personne de son choix. Toute personne adulte, qu’elle soit homosexuelle ou hétérosexuelle, a, par exemple, interdiction de se marier avec un enfant, avec un parent proche, avec une personne déjà mariée ou avec une personne du même sexe que le sien. Il en est ainsi car, comme chacun le sait, l’élément central du mariage n’est pas l’amour mais la sexualité. Les personnes qui se marient peuvent bien le faire parce qu’elles s’aiment, nous pouvons bien, aujourd’hui, considérer que tous les mariages devraient être des mariages d’amour, cela ne change rien au fait que le mariage n’existe pas, et n’a jamais existé, uniquement pour célébrer nos sentiments amoureux.
Le mariage existe en revanche, et a toujours existé, d’abord pour encadrer et diriger la sexualité ; ou plus exactement pour encadrer et diriger la procréation et l’éducation des enfants. Le mariage vise, principalement, à transformer l’union passagère, basée sur le seul désir, d’un homme et d’une femme en une union plus durable capable d’assurer la subsistance et l’éducation des enfants qui en résulteront. Ainsi, juridiquement, le mariage se caractérise par la présomption de paternité, par laquelle le mari de la mère qui accouche est le père de l’enfant. Le mariage n’est donc pas une pure convention, il n’est pas une simple créature de la loi, car il repose sur la différence naturelle des sexes, une différence qui n’est pas créée par la loi. Le mariage n’est pas davantage un simple contrat ou une déclaration d’amour, car il existe avant tout non pas pour les mariés mais pour leurs futurs enfants.


25 commentaires:

  1. Cher Aristide, comme j'en suis au stade de " qu’on leur donne ce qu’ils réclament, et qu’ils nous fichent la paix ! " tout en soupçonnant que cette déconstruction ne soit pas bonne pour la maladie que nous avons, vous pensez si votre article m'intéresse.
    la suite! la suite !la suite !

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  2. Oui, la suite, la chose devient interessante...

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  3. Ah, un peu de patience. Il faut bien que je segmente mes interventions pour pouvoir alimenter régulièrement mon blog. Vous n'avez pas idée comme je tire déjà la langue pour poster un petit quelque chose chaque semaine. Et puis le lecteur moyen commence à bailler au bout de cinq minutes de lecture. Il faut savoir le ménager pour garder son attention.
    Donc patience. Même si je comprends bien que le suspens soit insoutenable.

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  4. Vivement la suite !!! votre éclairage personnel m'apporte toujours des arguments pertinents. Souvent ce que je "pressens" est exprimé de façon intelligente et percutante.
    Il est à noter que ceux qui ont le plus critiqué et ringardisé le "mariage", sont ceux qui aujourd'hui se battent pour que les couples homosexuels y accèdent aussi !!! Va comprendre Charles...

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  5. Sympa comme billet.. on sent bien la difficulté à penser personnellement quelque chose qui n'a rien de personnel.. je suppose que vous allez explorer les pistes de la loi sociale et toussa? (Pacs vs mariage etc) Perso je n'en suis pas du tout à "donnez leur ce qu'ils veulent.. etcé" : Marre des caprices de celui-ci ou celui-là, je suis contre le mariage des homosexuels; par contre le fait qu'ils fassent des enfants et les élèvent ne me pose aucun problème, car bien sûr ce sont toujours des enfants d'hétérosexuels qu'il s'agit .. réalité qui suffit à ré-équilibrer la réalité de l'enfant (et lui permettre un oedipe classique, quelque soit la position des adultes autour de lui -- je ne rentre pas dans les détails--)
    bon oui, on attende la suite.. Geargies

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  6. "le lecteur moyen commence à bailler au bout de cinq minutes de lecture" !!!
    Mais comment ça ? vous avez un blog d'élite , avec de "vrais-lecteurs" ;)

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  7. Vous me flattez mais en même temps vous commencez à m'inquiéter, vous tous avec votre impatience.
    N'attendez quand même pas trop de ce qui après tout ne sera qu'un écrit d'une dizaine de pages (A4). Ce ne sera certainement pas exhaustif ni définitif. Je ne cherche qu'à examiner les arguments qui me semblent les plus couramment avancés, c'est tout.

    Dixie, vous êtes bien gentille mais je sais pertinemment que je n'ai pas un "vrai blog" et que les "vrais" lecteurs sont tous sur ILYS en train de lire vous-savez-qui.
    C'est dur, mais il faut savoir accepter son sort sans murmurer.

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  8. Pour faire patienter les impatients, un petit tour chez notre bien aimé Fromage+ (snif), où il a été brillamment question "d'homoparentalité" - ce qui constituera, on s'en doute, l'argument massue des partisans du mariage homosexuel ...

    http://fromageplus.wordpress.com/2011/01/05/ou-lon-reparle-de-la-parentalite/

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  9. Encore un peu d'eau à votre moulin, du Philippe Muray dans le texte, chipé sur ce site magnifique "nouveau-reac.org"

    http://www.nouveau-reac.org/textes/philippe-muray-le-mariage-transforme-par-ses-celibataires-memes/

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  10. J'aimerais une seule explication pourquoi ce qui est ringard pour une certaine couche de la société devient le nirvana pour d'autres.

    Peut être suis je trop vieux-jeu.

    Pour l'article parfait surtout sur n sujet aussi polémique.

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  11. Beau texte très éclairant . Je note que l’ enjeu du mariage est notamment révélé par son caractère performatif .

    Aucun effet de droit ( rien ne se passe juridiquement ) n’ est attaché au fameux et indispensable « oui « prononcé par chacun des prétendants au mariage. A ce stade cela demeure uniquement selon votre heureuse expression une « déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment ».Cela peut se faire très bien sous un clair de lune.

    J’ observe que nos deux tourtereaux sont véritablement mariés qu’ au prononcé des paroles du maire ou de son représentant (« je vous déclare unis par les liens du mariage »).

    La force normative de ces simples paroles montre que c’ est l’ Etat lui seul qui décide en la matière et partant quel type d’ union parce que « plus durable capable d’assurer la subsistance et l’éducation des enfants qui en résulteront » il entend favoriser.

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  12. Grandpas :

    Je crois que l'intérêt manifesté pour le mariage par certains homosexuels s'explique simplement (même si cette raison est rarement avancée explicitement) : ils y voient la reconnaissance de la "dignité" de leur mode de vie. Une reconnaissance officielle que l'homosexualité a même "valeur" que l'hétérosexualité.
    C'est compréhensible, en un sens, mais aussi totalement irrecevable. Dans une démocratie libérale le législateur n'a pas à reconnaitre la "dignité" des modes de vie. La seule chose qu'il puisse faire c'est encourager, le plus souvent indirectement, les comportements qui contribuent manifestement au bien commun; et pour les autres comportements son attitude doit en général consister à y être indifférent, tant qu'ils ne contreviennent pas aux exigences de l'ordre public.
    Aucun "style de vie" n'est "reconnu" par nos démocraties, et c'est bien pourquoi elles sont libérales.

    Michka,

    L'expression « déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment » n'est pas de moi, elle est de... mais au fait de qui est-elle?
    A votre avis?

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  13. Sacrebeu ! Encore lui ! DSK !

    "Une déclaration d'amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment et un contrat afin de protéger les intérêts et le patrimoine des conjoints".

    Vous connaissez Aristide la phrase d' Alexandre Dumas, fils selon laquelle " Les chaînes du mariage sont si lourdes qu'il faut être deux pour les porter.Quelquefois trois ".

    S' agissant de DSK le chiffre trois me semble un peu faible...

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  14. Eh oui, c'est bien lui, notre Dominique-nique-nique national. C'est que cet homme là ne s'est pas contenté de faire beaucoup de bêtises, il en a dit aussi.

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  15. Devant tant d'intelligence, dans votre texte et dans les commentaires, je n'ose plus rien dire, moi l'andouille même pas de Vire.
    Mais je m'en voudrais de passer mon tour, par admiration pour votre analyse, Aristide.
    Je regarde d'abord si aucun diable ne veille…

    Mon ami homo, à qui j'en ai parlé et qui va lire votre texte ne comprendra jamais pourquoi certains gays et lesbiennes souhaitent se marier. Je dis CERTAINS, car d'après lui, ce souhait est minoritaire parmi eux. Le problème n'est que très peu représentatif des gays. Dans le meilleur des cas, ils se contentent de vivre en couple, d'acheter un bien immobilier, comme de nombreux hétéros, finalement, discrètement et bourgeoisement.

    C'est surtout une revendication qui occupe les progressistes qui n'ont que des réformes sociétales à avancer pour authentifier leur "progressisme de gauche". Autrement dit, c'est de l'enfumage d'électeur, comme on dit sur certains blogs où on parle mal ^^.

    Il reste que c'est quand même étonnant: ces progressistes avancent des réformes pour plaire à une partie de leur électorat, les homosexuels, les fameux "bobos gays" des centre-villes, et ce faisant, ils prennent le risque d'en incommoder (le mot est faible) une autre, plus importante en nombre: les musulmans.
    Ont-ils bien fait leurs comptes ?
    De toute façon, ils vont peut-être être pris de vitesse par les progressistes pseudo "de droite".
    Le mariage des homos et la sécurité routière sont les deux mamelles de la France à la dérive.

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  16. J'ai lu (et apprécié) votre billet et tous les commentaire à ce jour.
    J'ai très bien compris la revendication des "homo" «déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment» et votre refus d'attribuer à l'Etat tout rôle dans ce prétendu "engagement légal".

    Là où je ne vous suis pas c'est sur votre vision du mariage; le mariage n'est pas tellement chargé "d'obligations et sanctions" et les avantages fiscaux seraient presque à l'avantage des concubins.

    Le mariage civil fut créé comme succédané du mariage religieux (dans la lutte Etat/Eglise) et les règles associées (encadrer la sexualité diriger la procréation et l’éducation des enfants) résultent du mariage chrétien en voie de déliquescence. Vous comprendrez que je n'insiste pas sur l'encadrement de la sexualité (smiley).
    Examinez les chiffres, et vous constaterez que plus de la moitié des enfants sont conçus hors mariage (et si vous tenez compte des naissances musulmanes, il est facile d'imaginer que les deux-tiers des enfants de familles (anciennement) chrétiennes naissent dans des ménages non-mariés.

    Donc, les gays (bobo de préférence) se battent pour la reconnaissance de leur "statut" (future norme!). C'est donc une lutte pour l'existence et l'ami de Carine le dit implicitement : c'est le combat militant d'une minorité, l'utilisation du mot "discrimination" n'étant qu'un outil -fort à la mode- pour peser.
    Pardon, j'ai cherché à être court et j'ai peut-être gagné en confusion sans réussir la brièveté.

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  17. Carine,

    Pour autant que je puisse en juger il me semble que votre ami a raison. Cette histoire de mariage homosexuel est la revendication d’une petite minorité bruyante et bien organisée et n’intéresse guère la grande majorité des homosexuels. Mais ce sont les petites minorités bruyantes et organisées qui font l’histoire, pas les grandes masses silencieuses.
    Pour ce qui est de nos progressistes, je crois que leur soutien à cette revendication s’explique essentiellement parce que cela leur permet de prendre le contrepied de l’opinion commune mais au nom de l’égalité et de la non discrimination. Autrement dit, cela leur permet de combiner les plaisirs de l’élitisme et ceux de l’égalitarisme. Une tentation irrésistible, pas vrai ?
    Et en ce qui concerne les musulmans, comme ils refusent de voir la réalité de l’islam ils ne voient pas non plus le problème électoral que cela risque de leur poser. Du moins c’est ainsi que je l’expliquerais.

    René,

    Vous avez raison sur le fait que, historiquement, en France, « le mariage civil fut créé comme succédané du mariage religieux ». Mais je crois que, dans ce débat sur le mariage homosexuel, il est très important de ne pas s’arrêter à ce genre de considérations. Le mariage n’est pas une institution spécialement chrétienne. C’est, pour autant que nous le sachions, une constante anthropologique : en tous les temps et en tous les lieux il existe des normes visant à unir durablement les hommes et les femmes et à encadrer leur sexualité. Le mariage est une constante anthropologique tout simplement parce qu’il répond à certains besoins de la nature humaine. Lorsque l’on essaye d’argumenter à la seule lumière naturelle, comme disent les philosophes (et je crois que, de nos jours, tout autre type d’argumentation est voué à l’échec dans le débat public) on ne peut s’appuyer que sur ce genre de considérations, pas sur les liens historiques, en Occident, entre mariage et christianisme.
    Sur le fait que « le mariage n'est pas tellement chargé "d'obligations et sanctions" et les avantages fiscaux seraient presque à l'avantage des concubins. » vous avez également raison, mais il faudrait plutôt dire que le mariage n’est plus tellement chargé d’obligations et de sanctions. Il y en a encore, mais bien moindre que celle qui existaient il y a encore quelques décennies.
    Cela prouve simplement que nous sommes en train d’oublier à quoi sert objectivement le mariage. Nous le confondons de plus en plus avec « Une déclaration d'amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment ». Ce qu’il n’est pas. Le mariage vise à contraindre la sexualité humaine, à lui donner une forme qu’elle n’adopterait pas spontanément, ou pas suffisamment souvent. Il comporte donc - ou il devrait comporter - des obligations légalement sanctionnées, mais aussi des avantages, car sinon qui consentirait à se marier ?
    A chaque fois que le législateur diminue ces obligations et ces avantages il affaibli l’institution du mariage et la prive un peu plus de sa raison d’être.

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  18. "car sinon qui consentirait à se marier ?"
    Poser la que question c'est y répondre (voir ma remarque plus haut).
    "Le mariage vise à contraindre la sexualité humaine" et malgré l’obsolescence du mariage, ses contraintes héritées (i.e. fidélité) sont toujours présentes : les couples concubins (au moins les femmes) y restent très attachés alors que dans l'Afrique profonde la sexualité reste très "animale" et (conséquemment) le sida y fait les ravages que l'on sait.

    Un dernier mot : "Le mariage est une constante anthropologique", je veux bien ... mais les apports chrétiens sont indiscutables; il lui ont donné la solidité que seul l’extrême-orient peut concurrencer.

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  19. Le mariage proprement dit est un sacrement, tout au moins pour les catholiques. Le mariage civil est une pantalonnade d'origine révolutionnaire, qui devrait révulser les catholiques. Qu'en revanche cette mascarade fasse envie aux homosexuels les plus ludiques, ceux qui s'exhibent dans les gays prides, n'a tien de surprenant. Ils obtiendront satisfaction, car ils constituent un appoint électoral. Ce que je sounaite, c'est que, d'une manière ou d'une autre, les couples catholiques soient dispensés de mariage civil.

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  20. Comme je l’ai dit à René, j’envisage ici le mariage uniquement à la lumière naturelle donc pas comme un sacrement, puisque cela présuppose la foi chrétienne. Pendant des siècles en France le mariage a été religieux, c’est incontestable, mais cela n’empêche pas que l’institution du mariage ait une raison d’être en dehors de toute religion. C’est sur cette raison d’être que je me concentre. Mes convictions personnelles ne sont pas en cause. Ce qui m’amène à procéder ainsi est simplement la conviction que, dans le débat public aujourd’hui, toute autre approche est vouée à l’échec.

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  21. Pour ajouter de l'eau au moulin : http://stalker.hautetfort.com/archive/2006/10/07/unions-juridiques-entre-homosexuels-quand-le-droit-devient-t.html

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  22. Et encore un peu d'eau pour faire tourner les pales : http://www.magistro.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=1085&Itemid=246

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  23. Merci Daredevil. Je sens que ce blog va devenir une véritable bibliothèque rassemblant tous les argumentaires contre le mariage homosexuel.

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  24. Une démonstration qui commence par une affirmation "Pour fonctionner raisonnablement bien une société a besoin de familles stables, c’est à dire que le plus grand nombre d’enfants possibles soient élevés et éduqués par ceux qui les ont conçu. Pour cela le rôle de la loi est primordial"...

    Ce présupposé mériterait d'être démontré. Mais non.
    Et toute votre démonstration repose là-dessus.

    Cela dit, les gens déjà convaincus trouvent votre démonstration brillante. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

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