Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 13 décembre 2011

La résistible ascension du mariage homosexuel (3/4) : la question de l'homoparentalité


 C’est en général à ce stade que surgit le troisième argument. Plutôt que de contester frontalement le caractère nécessairement infécond d’un couple homosexuel, ce qui risque tout de même de vous exposer au ridicule à plus ou moins long terme, les partisans des revendications homosexuelles contesteront la prémisse sur laquelle repose l’institution du mariage, à savoir l’idée que – toutes choses étant égales par ailleurs – il est préférable pour un enfant d’être élevé par ses parents biologiques.
Certes, dira-t-on, le mariage vise bien à lier la parentalité et la procréation, mais il s’agit en fait d’une préoccupation superflue car il est faux que l’intérêt de l’enfant soit, en général, d’être élevé par ses géniteurs. Il est donc inutile d’interdire aux couples de même sexe de se marier, et même insultant car cela suppose qu’ils seraient a priori de mauvais parents. Cet argument revient en fait à demander l’abolition de ce que nous appelons aujourd’hui le mariage et son remplacement par une sorte de cérémonie, identique pour tous, permettant à « deux êtres qui s’aiment » de déclarer solennellement leur amour, selon la formule convenue (en fait, je dis « deux » êtres par pure habitude, mais sur la base de cet argument la raison pour laquelle il faudrait s’en tenir à deux n’est pas bien claire).

Les preuves avancées à l’appui de cette affirmation sont en général de deux ordres. Premièrement, le fait qu’il existe des cas d’infanticide ou de maltraitance prouverait que le « biologique » n’est pas un gage que les géniteurs se comporteront en parents attentifs et aimants. A l’inverse, ceux qui décident de s’occuper d’un enfant présenteraient beaucoup plus de garanties en ce sens, précisément parce qu’ils se sont engagés librement envers l’enfant. L’adoption devrait donc, pour certains, devenir « le paradigme de toute parentalité ».
Cet argument revient à dire que, puisque certains parents (biologiques) n’aiment pas leurs enfants, il n’est pas vrai que les parents aiment naturellement leurs enfants. Ce qui n’est pas strictement invariable n’est pas naturel. Désormais, il nous faudra donc nier que l’homme soit naturellement doté du sens de la vue, puisque certains enfants naissent aveugles ; ou de la capacité de parler, puisque certains enfants naissent sourds et muets. En fait, il nous faudra aussi renoncer entièrement à la médecine, car la médecine suppose qu’il existe un fonctionnement naturel, normal, du corps humain et que toute déviation de cette norme est un signe, sinon de maladie, du moins de mauvaise santé. Mais, selon le raisonnement que nous examinons, toute déviation d’une norme naturelle prouverait l’absence de norme naturelle.
Cet argument n’a pas besoin de nous retenir longtemps, car il est trop évidemment déficient. Bien sûr, certaines personnes n’aiment pas les enfants qu’ils ont conçus, mais cela ne change rien au fait que l’écrasante majorité des êtres humains sont attachés, et même souvent violemment attachés, à leurs enfants (biologiques) et les enfants à leurs parents (biologiques). Qui donc accepterait d’échanger ses enfants avec ceux des voisins, même s’ils étaient plus beaux, plus calmes et plus performants à l’école ? L’amour que nous portons naturellement à notre progéniture n’est évidemment pas une garantie que nous saurons bien l’éduquer et en prendre soin, car l’amour ne suffit pas. Mais c’est une très bonne assurance que nous nous donnerons du mal et que nous consentirons aux nombreux sacrifices que réclame toute éducation.
En revanche, on peine à voir quelle garantie pourrait donner « l’engagement » auprès d’un enfant. Si « l’engagement » est fondé sur le seul désir de s’occuper d’un enfant, alors il semble inévitable que l’engagement cesse lorsque le désir cesse (et quel parent – biologique – n’a pas rêvé un jour d’abandonner ses enfants sur une aire d’autoroute ?). On ne voit pas au nom de quoi la loi pourrait contraindre un « parent » qui souhaiterait se « désengager » (peut-être d’ailleurs pour « s’engager » auprès d’un autre enfant). Bien plus, si « l’engagement » est le meilleur gage de qualité éducative, le législateur devrait donner à ceux qui souhaitent se « désengager » la plus grande latitude pour le faire. Il devrait ainsi abroger un certain nombre de règles actuelles, comme le délit d’abandon de famille ou l’obligation de verser une pension alimentaire, qui précisément empêchent de se « désengager ».


 Le second argument se présente sous une forme plus raisonnable, et revêtu des habits solennels de la science. On concédera qu’il est légitime de se préoccuper de savoir quelles conséquences pourraient avoir pour l’enfant le fait d’être élevé, non pas par sa mère et son père, mais par deux hommes ou par deux femmes, (ce que l’on appelle un contexte homoparental)[1]. Mais on ajoutera que ces préoccupations n’ont aujourd’hui plus lieu d’être, car la science aurait montré sans ambiguïté qu’être élevé dans un contexte homoparental n’a aucune conséquence négative pour l’enfant. Ainsi, selon l’APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), près de 200 études scientifiques, presque toutes nord-américaines, auraient déjà montré l’innocuité d’un contexte homoparental sur le développement des enfants. Par conséquent le mariage actuel, réservé aux couples hétérosexuels, devrait être remplacé par un mariage égalitaire, ouvert aux couples homosexuels et leur permettant d’avoir recours à l’adoption et à la procréation médicalement assistée.
La science est assurément une autorité respectable et il serait peu raisonnable de prendre ses enseignements à la légère. Cependant, prendre la science au sérieux n’implique pas de croire sur parole tout ce qui se présente comme « scientifique ». Il serait donc prudent d’examiner les preuves que l’on nous présente avant d’y acquiescer. Or un examen attentif des études qui sont le plus couramment citées à l’appui des revendications homosexuelles révèle que toutes ces études sont frappées de graves défauts méthodologiques qui rendent leurs conclusions strictement invalides[2].
Les défauts les plus courants sont les suivants : 1) définition de « l’homosexualité » trop imprécise pour être opératoire 2) échantillon trop petit pour qu’il soit possible d’extrapoler ses résultats à l’ensemble de la population 3) échantillon non représentatif : les gays et lesbiennes interviewés ont, par exemple, des niveaux de diplômes et de revenus bien supérieurs à la moyenne de la population, or il est bien connu que ces deux facteurs jouent un rôle très importants dans l’éducation des enfants 4) échantillon constitué de volontaires recrutés dans des associations gays, lesbiennes ou féministes 5) absence de contrôle statistique des variables autres que l’orientation sexuelle qui seraient susceptibles d’influencer le résultat 6) données recueillies par un enquêteur unique, ce qui rend impossible l’évaluation de l’objectivité de son travail.
Il vaut également la peine d’être noté qu’un bon nombre de ces études comparent des enfants élevés par des mères lesbiennes seules à des enfants élevés par des mères hétérosexuelles seules, et non pas des enfants élevés par des couples homosexuels avec des enfants élevés par leurs pères et leurs mères. Ce qui diminuerait sérieusement leur pertinence, quand bien même il serait possible de les sauver du naufrage méthodologique.
En réalité, la seule chose que ces études nous permettent de conclure, est que l’affirmation selon laquelle il a été scientifiquement prouvé qu’un contexte homoparental ne fait aucune différence pour les enfants, est dépourvue de fondement scientifique.

En revanche, nous disposons d’un parallèle très intéressant avec les études concernant l’effet du divorce et de l’absence d’un des deux parents sur le développement de l’enfant.
Au début des années 1970, des études prétendant montrer l’innocuité du divorce pour les enfants commencèrent à apparaître aux Etats-Unis. Ces études affirmaient que grandir dans un foyer monoparental ne constituait pas, toutes choses égales par ailleurs, un handicap pour les enfants. Les retards manifestes enregistrés par ces enfants en matière de scolarité et de socialisation ne provenaient pas, disait-on, de leur situation familiale mais, notamment, de la « stigmatisation » censée frapper les enfants élevés par un seul parent ou du fait que la loi rendait le divorce trop difficile. Ces études rassurantes contribuèrent à encourager le législateur à assouplir les procédures en matière de divorce, et par conséquent à augmenter le nombre de séparations. 
Quarante ans et des milliers d’études plus tard, le débat, aux Etats-Unis, ne porte plus sur les conséquences du divorce mais uniquement sur les moyens d’y remédier : tous les chercheurs et tous les acteurs politiques sérieux s’accordent sur le fait que le divorce a, en lui-même, des conséquences négatives à long terme sur les enfants.
Ceci suggère très fortement, d’une part qu’il serait très imprudent de se fier aux assurances données aujourd’hui par la « science sociale » en matière d’homoparentalité, et d’autre part que toutes les structures familiales ne se valent pas : celle ou l’enfant est élevé par son père et sa mère (biologiques) parait bien l’emporter sur les autres.


[1] Plus précisément, Mme Gross, ancienne présidente de l’APGL évoque une « structure multi-parentale » dans laquelle l’enfant aura, autour de lui, 4 parents légalement reconnus (deux parents biologiques et les deux compagnons) et 8 grands-parents. En cas de divorce, l’enfant, dans le cadre d’une garde alternée, passerait donc une semaine par mois avec chacun de ses parents. Force est cependant de reconnaitre la supériorité de ce nouveau type de « famille » sur l’ancienne, pour ce qui concerne les anniversaires et les cadeaux de Noël. Sur ce point, l’argument est incontestablement très solide.
[2] R.Lerner et A.Nagai, deux chercheurs américains, ont examiné dans No basis : what the studies don’t tell us about same-sex parenting, les 49 études les plus couramment citées à l’appui des revendications homosexuelles, et ce d’un strict point de vue méthodologique. A l’issue d’un examen minutieux, ils concluent qu’aucune ne satisfait aux critères communément admis en matière d’études quantitatives et que leurs conclusions sont par conséquent dépourvues de valeur scientifique : http://marriagelaw.cua.edu/publications/nobasis.pdf
Après s’être livré au même travail d’évaluation méthodologique des études disponibles sur l’homoparentalité, Steven Nock, Professeur de sociologie à l’université de Virginie, parvient exactement à la même conclusion : 1) toutes contiennent au moins une erreur de procédure rédhibitoire 2) aucune n’a été menée selon les critères communément acceptés en matière de recherche scientifique : http://www.marriagewatch.org/Law/cases/Canada/ontario/halpern/aff_nock.pdf

13 commentaires:

  1. Du bien bel ouvrage et toujours sans violence verbale, des mors simples pour s' exprimer sur un sujet très particulier.

    Bravo, il n' y a rien d'autres à ajouter.

    Juste une petite et misérable remarque, si ma fille aînée n'était pas de mon sang, il y a longtemps que j' aurais employé une catapulte car j’aurais du mal à l'abandonner sur une aire d'autoroute: je n' ai pas de voiture! Un comble n'est ce pas cher Arisride.

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  2. Ah, ah! J'ai pris l'exemple de l'aire d'autoroute tout simplement car les longs voyages en voiture sont souvent propices aux tensions : "On arrive quand?", "j'ai trop chaud", "y fait rien qu'à m'embêter", etc, etc. Mais personnellement je n'ai jamais songé à laisser un de mes mômes sur le bord de la route.
    Plutôt à les donner à la SPA.
    Mais je me suis dis que ce serait cruel pour les autres animaux.

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  3. Je sens qu'avec le quatrième épisode, ça va nous faire un joli cadeau de Noël : on va être incollable sur le sujet (et pouvoir emmerder le monde, enfin en ce qui me concerne)!

    En tout cas "Ce qui n’est pas strictement invariable n’est pas naturel" , va me servir, et pas qu'une fois.

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  4. Merci Dixie, toujours heureux de pouvoir fournir des arguments pour emmerder le monde.

    Et effectivement, vous serez surprise du nombre d'arguments qui reposent sur cette présupposition fausse que seul ce qui est strictement invariable est naturel.
    Comme le dit joliment Aristote, la nature ne réalise pas toujours ses voeux.

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  5. Excellent billet, Aristide, comme d'habitude.
    Je ne sais pas qui fera une étude sur la "mauvaise foi".
    C'est bien le grand fléau (entre autres) de notre époque.
    Tous les argumentaires des chantres de l'homoparentalité, la monoparentalité, les familles recomposées se font sur la base de la "mauvaise foi". Qui peut croire vraiment qu'un enfant qui ne vit pas avec ses deux parents (un homme et une femme) est aussi heureux que celui qui a la chance insigne (c'est devenu ça) de vivre avec son père et sa mère.
    J'appelle mauvaise foi ce que d'autres appellent peut-être distorsion du raisonnement, auto-aveuglement, auto-persuasion, méthode Coué.

    Pourquoi personne n'a encore jamais pensé à prouver qu'un enfant est plus heureux quand sa mère est morte à l'accouchement ? Ou quand son père est parti bosser ailleurs ? C'est tellement mieux d'avoir un seul vrai parent, n'est-ce pas ? Ptet même vaut-il mieux ne pas en avoir du tout ?
    Ca doit pouvoir se discuter et se prouver aussi ça, si on veut s'en donner la peine.
    N'est-on pas mieux à la DASS qu'avec ses deux parents ?
    C'est vrai que pour le petit Bastien, il aurait mieux valu la DASS que la machine à laver …

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  6. Quelle histoire atroce.
    Effectivement, certains enfants pourraient dire, comme Jules Renard je crois, "tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin".
    De même que pour certains il est sans doute préférable de mourir que de continuer à vivre. Mais quoi? Cela prouve-t-il que la vie est une mauvaise chose et que nous devrions tous nous suicider?

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  7. Je lis trop vite ... et quand je me mets à râler, dans la minute qui suit je découvre les arguments qui me calment.
    Je retiens donc que le couple idéal serait le couple de parents biologiques.
    Il est vrai que c'est ce que l'on observe - ou observait - le plus fréquemment et qu'au fond, c'est pas plus mal ainsi. Comme dit William Saurin, rien ne remplace les siècles d'expérience.
    Pourtant les enfants adoptés ne me semblent pas a priori en position défavorable du fait de la motivation des adoptants; quoique il y a tant de gens qui ayant adopté un chien, le ramènent à la SPA rapidement ...
    La remarque qui suit n'a rien à voir avec le propos : Richard Millet cite dans son livre "Fatigue du sens" le cas d'un couple (bobo?) qui, ayant adopté une paire de petits Somaliens, s'est vu traiter de RACISTES par ces chers petits, après 15 ans de bons et loyaux services.

    Quant aux "études" qui "démontrent" ce que l'on désire je reste dubitatif :un type a bien montré que l'immigré apportait plus à l'Etat qu'il ne lui coûtait !

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  8. « la médecine suppose qu’il existe un fonctionnement naturel, normal, du corps humain »

    Enfin, presque... aurait dit le docteur Knock selon lequel « la santé est un état précaire qui ne présage rien de bon » ( Jules Romain )

    Sinon, j’ ai récemment, à l’ occasion d’ un dîner, discuté de l’ 'homoparentalité avec deux amies qui y étaient favorables. La débat fut vif s’agissant de la question de l 'homoparentalité par adoption ( indispensable pour les hommes ) et j’ ai pu vérifier qu’ en la matière c’ est le principe du « pas dans mon jardin ».

    En effet, ces dernières , mères de famille, ne voyaient pas d’ inconvénient à ce qu’ un couple d’ homos adoptent un enfant pour combler son désir d’ enfant me servant l’ argument «qu’ être élevé dans un contexte homoparental n’a aucune conséquence négative pour l’enfant ».


    Dans un premier temps je leur opposais ( merci Aristide ! ) qu’ aucune étude scientifique probante n’ existait en la matière et que partant le principe de précaution s’ imposait.

    Je les poussais dans leurs derniers retranchements pour finir avec cette question de ma part : « imaginons que vous soyez contraintes d ‘ accoucher sous X et que faute de précision de votre part votre enfant puisse être confié à un couple d’ homos hommes utiliseriez vous la possibilité qui vous serait offerte de refuser ce type d’ adoption pour votre bébé ? ».Les deux amies : » oui » .

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  9. « Quant aux "études" qui "démontrent" ce que l'on désire je reste dubitatif »

    Effectivement, c’est l’un des problèmes de la science sociale. Il y a tellement d’études sur tous les sujets que chacun peut y trouver à peu près ce qu’il veut. En même temps toutes ces études ne se valent pas, certaines sont de qualité, d’autres ne valent même pas le papier sur lequel elles sont écrites, mais pour le savoir il faut prendre le temps de se renseigner, de les examiner. C’est contraignant, tout le monde ne peut pas le faire.
    Personnellement j’applique une règles de base : se défier de toutes les « études » qui prétendent montrer que les hommes se sont trompés depuis de millénaires et ne pas accepter leurs résultats avant de les avoir examinés sous toutes les coutures, et plutôt trois fois qu’une. Il peut certes arriver que le sens commun soit pris en défaut, mais c’est finalement assez rare.

    Michka, votre histoire ne me surprend pas mais n’en reste pas moins divertissante.
    C’est une attitude tellement répandue, et sur tellement de questions...
    Si je voulais en donner une interprétation généreuse, je dirais qu’il me semble que beaucoup de gens ont du mal à raisonner de manière politique, c’est à dire à comprendre qu’il est inévitable que nous finissions par subir aussi les conséquences de ce que nous avons accepté pour les autres.

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  10. « imaginons que vous soyez contraintes d ‘ accoucher sous X et que faute de précision de votre part votre enfant puisse être confié à un couple d’ homos hommes utiliseriez vous la possibilité qui vous serait offerte de refuser ce type d’ adoption pour votre bébé ? ».Les deux amies : » oui » .

    Mauvaise foi !
    Je ne crois pas à la sincérité de ces femmes.
    Elles mentent pour gagner une joute.

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  11. Non Carine pour emporter la joute il eut fallu qu’ elles mettent en accord leur actes avec leur pensée en répondant par la négative à ma question c’ est à dire accepter l’ éventualité que leur enfant soit adoptable y compris par un couple d’ hommes. C’est de très bonnes amies et elles m’ ont fait cadeau de leur sincérité sur ce point.


    « beaucoup de gens ont du mal à raisonner de manière politique, c’est à dire à comprendre qu’il est inévitable que nous finissions par subir aussi les conséquences de ce que nous avons accepté pour les autres. »

    Tout est là. La politique dans un Etat de droit comporte effectivement cette dimension égalitaire sinon c’ est le régime de l’ arbitraire selon que vous soyez puissant ou misérable... Certains membres de l’ oligarchie refusent cet aspect en particulier dans le domaine de la justice. L’exemple de Jacques Chirac se sentant blessé de se voir appliquer par un tribunal les lois de la République est révélateur de la corruption des esprits.

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  12. Si vous avez réussi à discuter avec vos amies de ce sujet passionnel, en parvenant à les convaincre de contradiction et sans vous fâcher avec elles, bravo à vous!
    Ce n'est hélas pas le cas le plus fréquent.

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  13. A partir de ce troisième article, on perd tout lien avec la démonstration cartésienne. Partant du présupposé que la fécondité est le caractère fondamental du mariage, ce qui n'a nullement été démontré, on part dans l'argutie sur l'homoparentalité.

    Or, l'homoparentalité n'ayant, en soi, rien à voir avec le mariage, on a beau jeu de gloser là-dessus pendant des plombes. Mais soit, causons...

    La question de l'homoparentalité pose la question de l'acquis et de l'inné : somme nous le produit du package génétique d'une ovule et d'un spermatozoïde, sont ils les garants de notre attachement à nos parents, ou bien sommes nous le produit de notre éducation ?

    Le "violent attachement" que les parents biologiques éprouvent envers leurs enfants provient il de ce lien du sang ("la voie du sang", excellente chanson des frères Jacques, que je vous recommande) ou tout simplement un attachement résultant d'une longue cohabitation génératrice d'attachement et de sentiments.

    En clair : si nous avions été échangé de berceau à la naissance, nos parents nous eûment ils moins aimé, auraient ils moins protesté si on nous avait retiré à eux ?

    Il me semble que, si aujourd'hui, on m'apprenait que mes parents n'étaient pas mes vrais géniteurs, je ne les en aimeraient pas moins. J'imagine que l'inverse doit être vrai mais peut être l'idée que votre enfant n'est pas de votre sang vous est elle insupportable et que, grâce à un sens inné dont vous êtes seul titulaire, vous êtes instinctivement en mesure de savoir si votre enfant est bien le fruit de vos entrailles.

    On le sent, je suis tenant que l'éducation est la principale source des sentiments et de l'attachement que nous éprouvons dans les relations entre parents et enfants, et donc que, dans ces conditions, on voit mal en quoi un couple homosexuel serait moins armé (ou plus armé d'ailleurs) pour transmettre une éducation valable et un attachement sentimental fort aux enfants qui leur serait confié.

    C'est d'autant plus étrange que vous souteniez la thèse inverse, étant donné que vous ouvrez votre texte en expliquant que vous ne venez pas d'un milieu conservateur... Vous auriez donc évolué ? Est-ce à dire que votre patrimoine génétique ne vous a pas lié indéfectiblement aux idées de vos parents ?

    Non, évidemment.
    "La voie du sang régulièrement se foutait dedans" (les frères Jacques, toujours)

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