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mardi 19 juin 2012

Crime et nature humaine (6/7) : réhabilitation et dissuasion




Comment traiter la criminalité ?
Deux grandes écoles s’affrontent habituellement : celle de la réhabilitation et celle de la dissuasion. La première soutient que le crime doit être combattu en transformant les criminels en honnêtes gens. La seconde soutient que le crime doit être combattu en effrayant suffisamment ceux qui seraient tentés de commettre un crime pour qu’ils s’en abstiennent.
Il pourrait sembler que ces deux approches ne sont pas totalement opposées : il est tout à fait possible d’imaginer que le législateur puisse s’efforcer à la fois de prendre des lois suffisamment sévères pour dissuader les apprentis criminels, et de prévoir des programmes visant à réformer ceux qui le sont devenus. Cependant, en pratique, il existe une incontestable tension entre les deux objectifs, dans la mesure où la dissuasion semble réclamer des peines de prison certaines, longues, et incompressibles, alors que la réhabilitation semble demander des peines ajustables et, en général, courtes, surtout si l’on est d’avis que la prison favorise l’endurcissement des délinquants. Plus profondément, les deux écoles sont en général à fronts renversés car elles reposent sur deux compréhensions différentes de la criminalité.
Pour nombre de partisans de la réhabilitation, le criminel est simplement un homme ordinaire qui n’a pas eu de chance. Le crime est pour lui un pis-aller, qu’il s’est laissé aller à commettre faute d’entrevoir des possibilités honnêtes de gagner sa vie, ou bien parce qu’il a reçu une mauvaise éducation, ou parce qu’il s’est laissé entrainer par de mauvaises fréquentations, etc. Bref, le criminel ne demande qu’à revenir sur le chemin de l’honnêteté pourvu qu’on lui en offre l’opportunité. La tentative de réhabiliter les criminels est donc le plus souvent accompagnée d’une certaine sollicitude, voire une certaine compassion, pour ceux-ci. A l’inverse, nombre de partisans de la dissuasion voient le crime comme un choix de la part du criminel, le résultat non de circonstances malheureuses mais de vices enracinés qui font qu’une vie malhonnête lui parait plus attractive qu’une vie honnête. Par conséquent, la seule manière d’empêcher les individus de ce genre d’agir en fonction de leurs penchants est de leur faire peur. De rendre les conséquences de la malhonnêteté suffisamment désagréables pour qu’ils acceptent de se conduire honnêtement, sans pourtant en avoir aucune envie. L’école de la dissuasion tend donc à regarder le criminel sans aménité, voire avec une certaine indignation contenue. A la notion de dissuasion s’allie d’ailleurs souvent la notion de châtiment, c’est à dire l’idée que la peine infligée au criminel ne doit pas seulement servir d’exemple pour les apprentis délinquants, mais qu’elle doit aussi servir à punir celui qui a transgressé la loi, à le faire souffrir pour ce qu’il a fait car c’est ce qu’il mérite.
Quel jugement pouvons nous porter aujourd’hui sur ces deux écoles, à la lumière de ce que nous apprennent l’histoire et les sciences sociales ?

L’idéal de la réhabilitation du criminel est consubstantiel à l’usage moderne de la prison. L’idée que la peine devrait servir principalement à transformer le criminel en honnête homme est l’une des principales raisons pour lesquelles la prison a, peu à peu, remplacé presque toutes les autres formes de châtiments en Occident. Seule la prison, en effet, semblaient à même, sous certaines conditions, de produire une telle transformation[1].
En ce sens, les premières prisons modernes sont les pénitenciers établis aux Etats-Unis à partir de la toute fin du 18ème siècle. Comme leur nom même l’indique, ces établissements avaient pour but d’amener les prisonniers à faire pénitence, à se repentir sincèrement de leurs crimes et à abandonner le chemin du vice pour celui de la vertu. Les moyens employés pour parvenir à une telle conversion étaient la solitude, le travail, et l’instruction religieuse. Les prisonniers étaient confinés dans leurs cellules, comme à Cherry Hill, ou bien en sortaient pour travailler dans le silence le plus total, comme à Auburn. Mais dans tous les cas le condamné devait se retrouver entièrement face à lui-même et, pensait-on, face à sa conscience, sans autre contact ni conversation que celle des gardiens et du chapelain chargé de le visiter régulièrement.
C’est ce système pénitentiaire que deux jeunes Français, en mission officielle, visitèrent en 1831, afin de déterminer si celui-ci pourrait être adopté en France de manière profitable.
Bien que reconnaissant volontiers la supériorité du pénitencier américain sur les prisons françaises de leur temps, Tocqueville et Beaumont ne purent s’empêcher de concevoir un certain scepticisme quand à la possibilité d’atteindre le but visé par ces établissements.
« Il y a », écrivirent-ils à leur retour, « en Amérique comme en Europe, des hommes estimables dont l’esprit se nourrit de rêveries philosophiques, et dont l’extrême sensibilité a besoins d’illusions. Ces hommes, pour lesquels la philanthropie est devenue un besoin, trouvent dans le système pénitentiaire un aliment à cette passion généreuse : prenant leur point de départ dans des abstractions qui s’écartent plus ou moins de la réalité, ils considèrent l’homme, quelque avancé qu’il soit dans le crime, comme susceptible d’être toujours ramené à la vertu, ils pensent que l’être le plus infâme peut dans tous les cas recouvrer le sentiment de l’honneur ; et, poursuivant les conséquences de cette opinion, ils entrevoient une époque où tous les criminels étant radicalement réformés, les prisons se videront entièrement, et la justice n’aura plus de crimes à punir. »
Ces hommes profondément religieux voyaient dans le pénitencier le moyen d’obtenir une telle « réforme radicale » de la part d’un nombre appréciable de prisonniers, un objectif clairement illusoire selon Tocqueville et Beaumont.
« En résumé sur ce point, nous le dirons hautement, si le système pénitentiaire ne pouvait pas se proposer d’autre fin que la réforme radicale dont nous venons de parler, le législateur devrait peut-être abandonner ce système ; non que le but ne soit admirable à poursuivre, mais parce qu’il est trop rarement atteint. La réforme morale d’un seul individu, qui est une grande chose pour l’homme religieux, est peu pour l’homme politique ; ou, pour mieux dire, une institution n’est politique que si elle est faite dans l’intérêt de la masse ; elle perd ce caractère si elle ne profite qu’à un petit nombre. »
Toutefois les deux Français pensaient que le pénitencier pouvait atteindre fréquemment un but plus modeste : donner au prisonnier des habitudes d’ordre et de travail et, sans le rendre meilleur, le rendre du moins plus obéissant aux lois ce qui, après tout, est « tout ce que la société est en droit de lui demander ».
Où en sommes nous, presque deux cents ans plus tard ?
Concernant la « réforme radicale » des criminels, nous ne sommes pas plus avancés que Tocqueville et Beaumont. Pas plus que les fondateurs d’Auburn et de Cherry Hill nous ne savons comment amener les criminels à se repentir. Bien des formes de « traitement » ou de « thérapie » ont été essayées de par le monde pour y parvenir, mais la vérité brutale est que rien, jusqu’à aujourd’hui, ne permet de produire un changement durable pour un nombre significatif de prisonniers. La « réforme radicale » reste une exception, tout au moins pour ceux que nous voudrions le plus réformer, à savoir les délinquants chroniques. Peut-être d’ailleurs est-ce mieux ainsi, car être capable de provoquer une « réforme radicale » supposerait que nous ayons, sur l’âme de nos semblables, un pouvoir qu’il n’est sans doute pas bon que l’homme ait entre ses mains.
Sommes-nous du moins capables de réduire la récidive en rendant l’honnêteté plus attractive, c’est à dire essentiellement en augmentant « l’employabilité » des prisonniers par des programmes d’éducation et de formation professionnelle ? Tocqueville et Beaumont avaient quelques espoirs de ce côté là. Malheureusement ces espoirs, jusqu’à aujourd’hui, ne se sont guère concrétisés. Dans un livre devenu fort célèbre[2], Douglas Lipton, Robert Martinson et Judith Wilks ont évalué 231 études portant sur des programmes de réhabilitation menés entre 1945 et 1967 dans divers pays, pour parvenir à la conclusion décourageante que nous n’avons pas « trouvé de moyen sûr pour réduire la récidive par la réhabilitation ». Quarante ans plus tard, nous en savons assez pour nuancer un peu la conclusion de Martinson et ses collègues, un peu mais pas beaucoup : certains programmes de formation et d’instruction parviendraient à réduire la récidive, mais dans une faible proportion : 10% en moyenne[3]. Rien donc qui nous permette d’espérer qu’un jour « les prisons se videront entièrement, et la justice n’aura plus de crimes à punir. »
Cette conclusion, à vrai dire, n’est guère surprenante au vue ce que nous savons de la nature des criminels multirécidivistes. Etant donné la précocité de leur comportement asocial et l’ensemble des caractéristiques structurelles par lesquelles ils diffèrent du reste de la population, il ne serait pas raisonnable d’attendre que nous sachions jamais réhabiliter un grand nombre d’entre eux.
Sommes-nous du moins capables de les dissuader ? La réponse là aussi semble devoir être négative, et pour les mêmes raisons : si les caractéristiques des criminels multirécidivistes s’opposent à leur réhabilitation, au delà de quelques cas individuels, ne devrait-elle pas s’opposer également à toute tentative de les dissuader d’agir ?
La question est sérieuse, à condition de la formuler correctement. Le problème, en effet, n’est pas de savoir s’il est possible dans l’absolu de dissuader quelqu’un qui serait tenté de commettre un crime de passer à l’acte. Cela est évidemment possible, sauf dans de très rares cas, presque pathologiques[4], dès lors que nous ne fixons aucune limite aux moyens employés. Si les voleurs pris sur le fait étaient immédiatement plongés dans un chaudron d’huile bouillante, on peut raisonnablement penser que les vols disparaitraient presque complètement. Mais bien entendu, dans la réalité, il ne saurait être question d’agir ainsi. Les moyens que nous pouvons employer pour dissuader les délinquants sont toujours sévèrement limités, pour des raisons à la fois matérielles et morales. Dans la réalité la question est donc de savoir si des changements à la marge de la sévérité des châtiments et de la probabilité d’être puni ont un effet sur le taux de criminalité.
La réponse n’est pas immédiatement évidente et certains nient farouchement que « plus de répression » produise une différence sérieuse. Pour appuyer leur thèse ils se basent notamment sur le fait que les taux de récidive à la sortie de la prison sont élevés. Aux Etats-Unis, environ les deux tiers des condamnés récidivent après l’exécution de leur peine. Cela n’est-il pas la preuve que « la répression ne marche pas » ?
En fait il est nécessaire de distinguer entre deux formes de dissuasion, la dissuasion spécifique et la dissuasion générale. La dissuasion spécifique est celle qui est censée découler de l’expérience de la punition : chat échaudé craint l’eau froide. La dissuasion générale est celle qui est censée découler de la menace d’être puni. Les deux ne se recouvrent pas, notamment parce que le « public » qu’elles visent n’est pas identique. La population des détenus est composée en très grande partie de criminels multirécidivistes, des individus sur lesquels la sanction n’a peut-être pas beaucoup d’effets. Leurs caractéristiques individuelles, les habitudes de vie qu’ils ont prises, le fait qu’ils retournent en général à un milieu criminogène à leur sortie de prison, peuvent contrebalancer en eux la crainte du châtiment. En revanche la dissuasion générale s’applique à une population beaucoup plus large, elle s’applique à tous ceux qui pourraient être tentés de commettre une infraction.
Les très nombreuses études consacrées à étudier la question de la dissuasion convergent vers des conclusions en accord avec ce que nous savons par ailleurs de la criminalité, et avec le sens commun : la dissuasion spécifique n’est pas très efficace, en revanche la dissuasion générale est efficace.
Lorsque la probabilité d’être puni et la sévérité de la punition augmentent, toutes choses égales par ailleurs, le taux de criminalité diminue. Cette diminution n’est pas uniforme pour tous les types de crimes et pour tous les types de criminels, mais elle n’est pas sérieusement contestable. Par ailleurs la rapidité avec laquelle le châtiment est appliqué et la certitude qu’il sera appliqué semblent avoir un plus grand effet dissuasif que sa sévérité. De manière générale, la répression, ça marche, et sans qu’il soit nécessaire de plonger les délinquants dans un chaudron d’huile bouillante.
Mais dans la mesure où la sanction ne semble avoir qu’un faible effet sur la récidive des criminels endurcis, cela plaiderait plutôt pour des peines longues et incompressibles pour ce genre d’individus. Faute de pouvoir les dissuader ou les réhabiliter il est toujours possible de les mettre hors d’état de nuire, au moins pendant le temps de leur plus grande activité criminelle puisque, comme nous le savons, cette activité tend à diminuer avec l’âge.
Toutefois, la question de la dissuasion ne se limite pas à la question de la sanction. La simple présence de la police peut avoir un effet dissuasif, y compris sur les criminels endurcis. Les criminels multirécidivistes sont en général des individus qui ont un horizon temporel assez réduit : la perspective d’une sanction lointaine, même si elle est hautement probable, n’est en général pas suffisante pour contrebalancer les passions qui motivent leurs agissements criminels. Mais la présence de la police signifie la quasi certitude d’être appréhendé immédiatement, et cela pourrait être suffisant pour les dissuader d’agir, la plupart du temps.
Et de fait, les analyses de l’activité policière montrent que mettre plus de policiers sur la voie publique a un effet sur la criminalité. En moyenne, augmenter de 10% la présence policière dans un endroit donné produirait une réduction de la criminalité comprise entre 5 et 10%.
Encore cela ne tient-il compte que de l’effet produit par le simple nombre des policiers présents sur la voie publique. Il est possible d’augmenter substantiellement cet effet en mettant en œuvre des stratégies appropriées. L’une des plus efficaces semble être celle des « points chauds » (hot spots). Cette stratégie découle de la découverte du fait que la criminalité est en général très concentrée dans quelques endroits bien précis. Ainsi, par exemple, on a pu montrer que, à Seattle, sur une période de 14 ans, plus de 50% des crimes et délits rapportés à la police avaient eu lieu dans seulement 4 à 5% des rues de la ville. Dès lors il peut sembler approprié de concentrer particulièrement les efforts de la police sur ces « points chauds », une fois ceux-ci bien identifiés. Il en découle en général une réduction substantielle du taux de criminalité, non seulement dans les endroits ciblés mais dans l’ensemble de la ville car, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cibler les « points chauds » ne semble pas avoir pour effet de déplacer la criminalité dans les quartiers environnants.

***

Peut-être estimera-t-on qu’un élément manque à ce tableau : la prévention.
Qui ne préférerait prévenir le crime plutôt que d’avoir à le traiter ?
Cependant, si le mot prévention est agréable à nos oreilles, le problème est de savoir ce que, concrètement, il pourrait recouvrir. Il est bien évident que la répression permet de prévenir en partie le crime, puisqu’elle dissuade certains de passer à l’acte. Nous l’avons vu. Mais, pour une raison ou une autre, dire que la répression est sans doute la meilleure prévention ne satisfait pas les partisans de la prévention. Ceux-ci ont plutôt à l’esprit, la plupart du temps, des politiques publiques visant à rendre l’honnêteté plus attractive pour les publics à risque, c’est à dire, concrètement, des dispositifs d’aide scolaire pour les élèves en difficulté et des programmes de formation ou d’accès à l’emploi pour les adultes.
Mais, comme nous l’avons vu, ni la scolarité ni l’état du marché du travail ne semblent avoir un grand effet sur les individus enclins à la délinquance. Aucun des très nombreux programmes essayés un peu partout dans le monde pour « prévenir la délinquance » sur cette base n’ont donné de grands résultats, pour dire le moins.
Dès lors, que resterait-il à faire en matière de prévention ? Si l’on s’en tient à la conception actuelle de la prévention, pas grand-chose semble-t-il. Mais si nous élargissons un peu notre perspective quelques pistes intéressantes peuvent être identifiées.


[1] Voir Walter Berns, For capital punishment.
[2] The effectiveness of correctional treatment : A survey of treatment evaluation studies. Un résumé des conclusions de l’ouvrage peut être trouvé ici : http://www.nationalaffairs.com/public_interest/detail/what-worksquestions-and-answers-about-prison-reform
[3] Voir “Rehabilitation and treatment programs” et “Crime and public policy”, dans Crime and public policy.
[4] Voir par exemple les personnages de Petrov et Orlov dans Souvenirs de la maison des morts.

8 commentaires:

  1. J'aurais deux remarques :
    -la première concerne les billets sur le crime : je regrette l'absence de définition précise des termes de délinquants, criminels, criminels endurcis, multirécidivistes et la confusion qui en découle. D'autant plus qu'il me semble que la définition en terme de droit pénal n'est probablement pas équivalente en France et dans les pays anglo-saxons.
    -la deuxième concerne une impression générale et une interrogation qui vient à la lecture de vos idées : c'est celle d'une forme de déterminisme contre lequel il serait vain de lutter, les criminels le seraient par nature, de même que les plus intelligents, et les plus riches, les uns seraient ainsi destinés aux plus hautes fonctions sociales, tandisq ue les autres incapables de travailler, seraient mieux en prison qu'en liberté. Dans ces conditions, la société aurait intérêt à détecter de façon précoce à quel groupe appartiennent les individus de manière à pouvoir agir en fonction de cette appartenance.
    Sans parler des dangers d'une telle approche, je ne peux m'empêcher d'y voir une forme de remise en question du libre arbitre et donc de la responsabilité qui peut en découler. Et finalement, le chat qu'on voulait chasser revient par la fenêtre puisqu'en supprimant le libre-arbitre, on supprime la responsabilité et donc la possibilité d'une peine...

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    1. J’ai répondu à votre première question dans le premier billet de la série.
      Les définitions que j’y donne pourraient encore être précisées, bien évidemment, mais cela ne me semble pas pertinent pour le travail de vulgarisation que je cherche à faire. Je ne cherche pas à m’adresser à des spécialistes mais à des amateurs éclairés, pour lesquels pinailler sur les détails ne serait pas utile, et même rebutant. Si vous voulez aller plus loin il vous faudra le faire par vous-même, par exemple en consultant les ouvrages que j’indique.
      Je crois aussi avoir répondu à votre seconde question dans ce même billet, et j’ai eu soin d’indiquer à plusieurs reprises que des corrélations statistiques ne font pas disparaitre la responsabilité individuelle.
      Plus généralement je crois que l’homme, comme tous les êtres vivants, a une certaine nature qui lui fixe des limites infranchissables, mais à l’intérieur de ces limites il est libre. Cela vaut d’ailleurs aussi bien au niveau de l’individu qu’au niveau de l’espèce. Le libre arbitre ne présuppose pas la toute puissance.

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  2. Clair, mesuré et partant instructif. Oserai-je un répétitif "comme d'habitude" ?

    J'ai lu quelque part que 60 % des crimes étaient perpétrés sous l'empire de l'alcool. Ce qui évidemment réduirait énormément l'efficacité de la dissuasion. Il n'empêche qu'ivre, donc désinhibée, une personne laisse libre cours aux tendances qui sont siennes du fait des autres facteurs que vous avez précédemment analysés.

    Je trouve particulièrement remarquable, dans le cadre de la sécurité routière, qu'une jeunesse littéralement soûlée de discours "préventifs" continue d'être la plus exposée aux conduites dangereuses et la moins sensible aux mesures dissuasives.

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    1. Merci. N'hésitez surtout pas à vous répéter lorsqu'il s'agit de compliments^^.
      Vous avez raison sur l'association entre alcool et criminalité. Il y a un chapitre là-dessus (et sur la drogue) dans Crime and human nature mais je n'en ai pas parlé. D'abord parce qu'il me faut bien être sélectif, ensuite parce que les études ne semblent pas très concluantes.
      Les criminels sont souvent imbibés, mais y a-t-il un rapport de causalité entre les deux, et dans quel sens? Cela n'est pas très clair.
      Disons que le plus probable est que les facteurs personnels qui conduisent un individu à rechercher une gratification immédiate dans l'alcool sont les mêmes que ceux qui le conduisent à commettre des crimes et délits lorsque l'occasion se présente.

      Concernant la sécurité routière vous avez raison également. J'ajouterai la question de la sexualité, et plus précisément l'utilisation des contraceptifs. Les pouvoirs publics semblent penser que si le nombre d'avortements reste à peu près constant et si l'utilisation du préservatif reste peu fréquente, c'est faute "d'information" sur les risques ou fautes de disponibilité des contraceptifs.
      Ce qui me semble une incroyable méconnaissance de la jeunesse, et de la psychologie humaine en général.

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  3. Aristide, je viens de découvrir, à ma grande honte je l'avoue, tardivement votre blog. Et je tombe sur ce brillant billet. Et je m'aperçois que nous partageons au moins un centre d'intérêt. Il faudra que nous en discutions sérieusement un de ces jours. Globalement, je partage vos points de vue. Là, je vais explorer les archives de votre blog.

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  4. Merci Koltchak. Je serais intéressé par votre avis éclairé sur ces questions.

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  5. Excellent billet (je n'hésite pas à répéter !) donc Excellent disais-je.
    Toutefois, je crois que ce qui est absolument neuf, chez nous (et il faudra bien le payer un jour), c'est le développement du sentiment d'impunité (en particulier chez les jeunes issus de l'immigration car ils sont victimes ... ), ce qui constitue un encouragement permanent.
    Il faut dire que le produit national brut étant (disait Ivan Illich) "la somme arithmétique de ce qu'on mange et de ce qu'on chie", toute destruction d'un gymnase (à Villiers le Bel) constitue un croissance du PNB. Hollande, Merkel et les italo-espagnol ont décidé de "débloquer" 1% du PNB d'EuroLand pour "croître"; allez-y les gars, la Nation reconnaissante a besoin d'autodafés !

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  6. Tout comme le fameux sentiment d'insécurité dont il est le revers, le sentiment d'impunité n'est pas un simple sentiment mais une réalité.
    J'y reviendrais brièvement dans le dernier billet.

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