Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 23 octobre 2013

Islam : la dernière tentation du christianisme (1/2)




Dans une de ses nombreuses polémiques contre le « parti philosophiste », Rousseau écrivait : « Bayle a très bien prouvé que le fanatisme est plus pernicieux que l’athéisme, et cela est incontestable ; mais ce qu’il n’a eu garde de dire, et qui n’est pas moins vrai, c’est que le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est pourtant une passion grande et forte, qui élève le cœur de l’homme, qui lui fait mépriser la mort, qui lui donne un ressort prodigieux, et qu’il ne faut que mieux diriger pour en tirer les plus sublimes vertus : au lieu que l’irréligion, et en général l’esprit raisonneur et philosophique, attache à la vie, effémine, avilit les âmes, concentre toutes les passions dans la bassesse de l’intérêt particulier, dans l’abjection du moi humain, et sape ainsi à petit bruit les vrais fondements de toute société ; car ce que les intérêts ont de commun est si peu de choses, qu’il ne balancera jamais ce qu’ils ont d’opposé. »
Et il concluait cette longue attaque passionnée contre une certaine philosophie moderne – attaque qui, certes, demanderait à être soigneusement analysée pour être pleinement comprise – par une sorte d’éloge de la piété des « mahométans ».

Rousseau n’a en général pas très bonne réputation chez les catholiques, particulièrement chez ceux qui se définissent eux-mêmes comme « traditionnalistes ». L’Emile n’est certes pas leur livre de chevet. Et cependant – qui le dirait ? – un nombre non négligeable de ceux-ci semblent aujourd’hui aboutir à la même conclusion que l’auteur de La profession de foi du vicaire savoyard : le « noble » fanatisme est préférable à l’ignoble athéisme de la « philosophie des Lumières » ; et par ailleurs, dans la lutte contre le relativisme triomphant et l’immoralité sans frein qui paraissent caractériser les sociétés occidentales, les musulmans pourraient constituer des alliés de choix pour les chrétiens sérieux, voire, pourquoi pas ? une sorte de modèle.
Chrétiens et musulmans ne croient-ils pas au même Dieu ? Islam et christianisme ne sont-ils pas tous les deux des « religions du Livre » ? Les musulmans ne sont-ils pas, tout comme bien des chrétiens, scandalisés par le spectacle de la vulgarité et de la licence qui se donne quotidiennement libre cours autour de nous ? Tout comme l’Eglise catholique les musulmans sont totalement opposés au « mariage » homosexuel, et ils repoussent énergiquement l’idéologie féministe qui affirme que les hommes et les femmes sont fondamentalement identiques. Les musulmans sont attachés à une conception dite « traditionnelle » de la famille, ils ne sont pas relativistes et, en matière de piété, ils pourraient en remontrer à bien des chrétiens. Dès lors, ne serait-il pas temps pour les chrétiens, et particulièrement les catholiques, de faire cause commune avec les musulmans contre tous les athées qui voudraient faire entièrement disparaître la religion de l’espace public ? Plutôt que d’ergoter sur ce qui sépare ces deux « religions du livre », ne serait-il pas préférable d’insister sur ce qui les rapproche, et de travailler main dans la main avec les musulmans afin de s’opposer à toutes ces « avancées sociales » qui sont autant de pas vers l’abime ?
Tel est à peu près le genre de discours que l’on peut désormais entendre, aussi bien dans certains segments de la hiérarchie catholique, que de la part d’intellectuels chrétiens ou de simples croyants anonymes. Et c’est ainsi que, en France, on a pu voir fort récemment les organisateurs de « La manif pour tous » faire de grands efforts pour rallier à leur cause des responsables musulmans, et se féliciter de la présence dans les rangs des manifestants de quelques représentants de la religion de Mahomet.

Cette position est compréhensible, mais elle est erronée et sans doute dangereuse. En vérité, chrétiens et musulmans ont beaucoup moins en commun que ne le croient les chrétiens qui prônent cette alliance – et qui, en général, n’ont pas une bonne connaissance de l’islam. Bien plus, étant donné ce qu’est réellement l’islam et ce qu’est devenu l’Eglise aujourd’hui, une telle alliance stratégique ne pourra guère manquer de se retourner contre cette dernière.

Pour s’en convaincre, les catholiques sincères mais réfléchis ne pourraient sans doute guère faire mieux que de lire le dernier ouvrage de Robert Spencer : Not peace but a sword – the great chasm between christianity and islam. Robert Spencer est un écrivain et blogueur américain, connu pour ses nombreux livres à grand tirage sur l’islam, ainsi que pour son blog Jihadwatch.com. Comme tous ceux qui ont entrepris de critiquer publiquement l’islam, Robert Spencer est un « personnage controversé », comme l’on dit pudiquement aujourd’hui, mais il est une chose que même ses détracteurs doivent lui reconnaître – outre sa combativité - : Robert Spencer connaît l’islam. Il connaît également très bien le christianisme, en tant que membre de l'Église grecque-catholique melkite, et ses écrits ont une qualité didactique évidente.
Dans Not peace but a sword, Spencer explique clairement et méthodiquement ce qui sépare le christianisme de l’islam, à la fois d’un point de vue théologique et d’un point de vue moral. Cette description, fort instructive, est complétée par un épilogue, qui consiste en un débat, ayant eu lieu en novembre 2010, entre Robert Spencer et Peter Kreeft, un théologien catholique qui plaide pour une alliance stratégique entre l’Eglise et les musulmans – et tous ceux qui ont des yeux pour voir pourront constater que, dans ce débat, la position de Spencer est bien mieux informée et bien plus solide que celle de son contradicteur. Enfin, Not Peace but a sword se conclut par une annexe dans laquelle sont résumées, sur trois pages, les différences les plus fondamentales entre christianisme et islam.
Not peace but a sword apparait donc comme le livre idéal pour les chrétiens qui désireraient se faire rapidement une opinion informée sur ce qui sépare leur religion de la religion musulmane, sans avoir à se plonger dans une montagne d’ouvrages universitaires abscons ou à apprendre eux-mêmes l’arabe.
Toutefois, bien que le livre de Spencer s’adresse prioritairement aux croyants, il n’intéressera pas seulement ces derniers.
Les athées ou les agnostiques suffisamment réfléchis pour prendre au sérieux les croyances qu’ils ne partagent pas pourront y apprendre – s’ils l’ignoraient - que toutes les religions ne se valent pas, et que la question pratique la plus importante n’est pas de savoir si un homme croit en Dieu, mais en quel Dieu il croit.
Ils éviteront ainsi l’erreur, si commune parmi les incroyants, qui consiste à mettre dans le même grand sac toutes les religions, au prétexte qu’elles sont désignées par le même nom – « religion » -, et à mettre sur le même plan toutes les divinités, pour la même raison linguistique superficielle. Chemin faisant, les plus ouverts d’esprit parmi eux pourraient aussi mieux comprendre pourquoi il est très douteux que l’islam accomplisse jamais le même chemin que le christianisme, en acceptant de s’accommoder des principaux éléments de la modernité politique et scientifique.
De la même manière que les chrétiens sérieux devraient, au terme de l’ouvrage de Spencer, être convaincus qu’ils ont finalement, de manière générale, plus en commun avec leurs compatriotes athées ou agnostiques qu’avec les pieux musulmans, les athées et les agnostiques devraient arriver à une conclusion symétrique et se rapprocher de leurs compatriotes professant le christianisme. En Occident, l’alliance stratégique devrait être celle des chrétiens et des incroyants, et leur adversaire commun, l’islam – quelles que soient par ailleurs les divergences importantes que peuvent avoir, et que continueront à avoir, les deux premiers groupes sur nombre de sujets.
Comparé à l’islam, ce qui les rapproche est plus important que ce qui les sépare. Telle est, en peu de mots, la position que défend Spencer.

Les différences qui séparent le christianisme de l’islam peuvent donc être rangées dans deux grandes catégories : les différences théologiques et les différences morales ou, si l’on veut, les différences théoriques et les différences pratiques. Pour le dire rapidement, il est très trompeur de prétendre que chrétiens et musulmans adorent le même Dieu, car le Dieu dont parlent les évangiles a des attributs extrêmement différents du Dieu révélé par le coran. De ces différences d’attributs découlent très normalement des différences tout aussi importantes dans les commandements ou les injonctions adressées aux croyants. Sur nombre de questions, la morale chrétienne est fondamentalement différente de la morale musulmane, si l’on peut dire les choses ainsi.
Il ne serait ni utile, ni possible dans le court espace de cet article, de recenser et d’expliquer toutes les différences relevées par Spencer dans son ouvrage. En revanche il pourra sans doute être profitable d’exposer quelques points essentiels, et de corroborer les conclusions de Robert Spencer par une autre source, moins polémique dans la forme, et dont le sérieux et l’érudition ne pourront pas être mis en doute, en l’occurrence La loi de Dieu – histoire philosophique d’une alliance, de Rémi Brague.
Examinons donc rapidement ces quelques points.

L’idée que le judaïsme, le christianisme et l’islam sont des religions sœurs, des versions différentes d’une même foi, est aujourd’hui un lieu commun que se sentent tenus d’honorer pratiquement tous ceux qui, pour une raison ou une autre, entreprennent de parler publiquement de religion. Si un catholique ne sait qu’une seule chose au sujet de l’islam, il saura que, selon les termes du Catéchisme de l’Eglise catholique : « Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, en déclarant qu’ils gardent la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour. »
Les musulmans « gardent la foi d’Abraham », et le Coran parle de nombreux personnages qui figurent dans l’Ancien et le Nouveau Testament, notamment de Jésus, qui y est décrit comme un prophète et un faiseur de miracles – ce que, d’ailleurs, les musulmans n’oublient jamais de faire valoir à leurs interlocuteurs chrétiens. N’est-ce pas la preuve irréfutable que christianisme et islam sont de proches parents ?
Pourtant, en y regardant de plus près, le rapport de l’islam au christianisme (et au judaïsme) parait bien plus proche du parasitisme que de la parenté véritable. Autant vaudrait dire que le petit coucou est de la même famille que ceux dont il s’est approprié le nid.
En effet, si le Coran reprend certaines figures des Ecritures antérieures, avec leurs noms et titres, comme Abraham ou Jésus, c’est pour leur donner une substance entièrement différente. Entre l’Abraham et le Jésus de la Bible et ceux du Coran, seuls les noms sont réellement communs.
C’est ainsi que, pour les musulmans, « Jésus » n’est pas le fils de Dieu et il n’a pas été crucifié. Il est simplement un prophète parmi d’autres dans la longue lignée qui conduit à Mahomet et à la révélation ultime. Autant dire que ce Jésus-là ne saurait être le Jésus des chrétiens. En fait, pour les musulmans, l’idée que Dieu pourrait avoir un fils, ou la notion chrétienne de trinité, se rapprochent dangereusement du péché capital, le seul qui soit impardonnable à Dieu : celui de « donner des partenaires à Allah » (shirk), de lui associer d’autres dieux ou d’autres êtres et de leur accorder l'honneur et l'adoration qui ne devraient être dus qu'à Dieu seul. Par conséquent, non seulement Jésus n’est pas le fils de Dieu, mais affirmer qu’il l’est suffit pour faire de vous un infidèle.
Plus largement, le rapport de l’islam au judaïsme et au christianisme est celui de l’appropriation et toute ressemblance, toute parenté apparente, se révèle ultimement trompeuse. L’islam emprunte des éléments du judaïsme et du christianisme, mais c’est pour les vider de leur substance et les transformer entièrement.
Le Coran fait ainsi plusieurs fois référence à ceux qui pratiquent « la religion du Livre », et il dit confirmer les écrits saints antérieurs à lui, ce qui pourrait sembler une reconnaissance, au moins partielle, de la vérité des livres qui font autorité pour les juifs et les chrétiens. Mais en réalité, comme l’écrit Rémi Brague :
« les textes que le Coran confirme ne sont pas les textes réels qu’on peut lire dans la Bible juive ou chrétienne, mais bien, et exclusivement, des textes virtuels, introuvables. En effet, selon l’islam, les textes des Ecritures antérieures ont été trafiqués par leurs auteurs. C’est la théorie de la falsification (tahrîf). Les textes ainsi défigurés ne méritent donc pas d’être crus, ni même lus, et encore moins associés au Coran. »
(…)
Sur l’étendue des déformations subies par les Livres saints, l’accord ne se fait pas. Mais le principe reste intangible : l’islam se reconnaît le droit de faire de son propre livre saint la mesure de l’authenticité matérielle de ceux qui l’ont précédé. Et ce seul fait suffit à retirer à ceux-ci toute valeur normative.
C’est ainsi que les médiévaux non musulmans ont compris la position de l’islam. Un auteur aussi bienveillant envers l’islam et aussi méprisant envers le christianisme que Maïmonide reconnaît à ce dernier le mérite de n’avoir pas soupçonné les juifs d’avoir manipulé les Ecritures. Du côté chrétien, les grands scolastiques, à commencer par saint Thomas d’Aquin, notent qu’il n’existe pas de base scripturaire commune entre l’islam et les religions précédentes, à la différence de ce qui se passe entre judaïsme et christianisme. »
Non seulement les écrits saints du judaïsme et du christianisme n’ont aucune valeur pour un musulman, mais juifs et chrétiens, du fait qu’ils ont délibérément trafiqué les Ecritures qui leur avaient été confiées, sont des imposteurs qui cherchent à tromper les musulmans et à les écarter du chemin de la vraie foi. Ils ne sont pas seulement égarés, mais moralement coupables.
Plus généralement, l’islam, à la différence du christianisme, ne laisse pas de place à l’erreur  ou à l’ignorance de bonne foi (si l’on peut dire) en matière de religion : les non musulmans ne sont pas des hommes qui n’auraient pas entendu le message de Mahomet, ce sont des apostats qui ont abandonné la vraie foi en toute connaissance de cause. Ecoutons encore Rémi Brague :
« L’islam suppose que l’homme nait d’emblée musulman. L’Européen, marqué par le christianisme, pense spontanément avec Descartes que « nous sommes hommes avant que d’être chrétiens ». Pour l’islam, c’est presque le contraire. Un passage du Coran rapporte que tout le genre humain fut miraculeusement tiré des reins d’Adam et interrogé par Dieu : ne suis-je pas votre seigneur ? L’humanité répondit par un oui unanime.
(…) l’homme nait musulman, ce sont ses parents qui en font un adepte des autres religions. De la sorte, selon le droit islamique, un enfant trouvé est réputé musulman jusqu’à preuve du contraire. Une conséquence capitale de ce fait est que toute position religieuse autre que l’islam n’est pas seulement une erreur, mais, objectivement, une apostasie. Partant, le non-musulman, dans la mesure où il ne fait pas usage de la raison qui devrait lui faire connaître Dieu et lui faire comprendre l’intérêt qu’il a à se soumettre à Lui, ne se distingue pas fondamentalement des animaux. »
Il s’agit effectivement là d’un point capital car, selon la sharia, la punition appropriée pour l’apostasie, c’est la mort. Toutes les variantes de l’islam s’accordent sur ce point.

Mais pourtant, pourtant, dira-t-on, n’est-il pas au moins vrai que les musulmans croient au même Dieu que les chrétiens (et les juifs) ?
Eh bien, disons que la vérité de cette proposition dépend de ce que l’on entend par « le même ». Qu’Allah ait des attributs communs avec le Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament, notamment l’unicité et le caractère créateur, ne signifie pas qu’il lui soit identique. En l’occurrence le diable est dans les détails, si l’on peut dire.

17 commentaires:

  1. Voici ce que dit le Coran sur la Sainte Trinités

    Et ne dites pas «Trois»

    Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas «Trois». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur . Quran 4.171 ( Sourate ANNISA, verse 171)



    Ce sont certes des mécréants..

    Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : «En vérité, Dieu est le troisième de trois.» Alors qu'il n'y a de divinité qu'Une Divinité Unique ! Et s'ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux. Quran 5.73 ( Sourate ALmayda, verse 73,74)

    Cela est suffisant pour comprendre qu' Islam et Chrétienté n'ont rien en commun.
    .

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  2. Merci pour cet exposé très clair.

    Je suis l'un de ceux qui regrettent que Rémi Brague se complaise dans des ouvrages compliqués et presque illisibles même pour des professionnels de la philosophie, non d'ailleurs à cause du vocabulaire, mais parce que le sens général de ses livres n'est jamais très clair et que l'on se perd dans les sous-parties.
    Il est pourtant un spécialiste inattaquable, et quelques interventions télé ont montré qu'il était capable d'être plus percutant.

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  3. Je n'aime pas beaucoup Rémi Brague. C'est l'inventeur du concept de "christianiste", et il fait semblant de ne pas comprendre qu'on puisse être attaché à son identité, à ses racines. Avec des chrétiens comme lui, l'Europe deviendra musulmane.

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    1. Ah-ah! mon cher Mat, je me doutais bien que cet article n'aurait pas entièrement l'heur de vous plaire. Je vous sens pencher quelque peu vers l'islam ces derniers temps.
      Mais plaisanterie mise à part, je ne suis pas particulièrement fan de Rémi Brague, pour les raisons qu'évoque Marco Polo. Simplement il est d'une érudition sans faille et c'est ce que l'on appelle une "autorité" dans cette matière. Je m'en sers donc pour corroborer ce que dit Spencer - qui est l'auteur dont je vous parle, l'aviez-vous remarqué? - afin que l'on ne puisse pas balayer d'un geste ce qu'il raconte simplement en disant qu'il est "controversé", que ce n'est pas un "vrai" spécialiste estampillé par la faculté, et autres choses du même genre.

      Vous auriez des références au sujet de ce que vous dites à propos de Brague : "il fait semblant etc." ? Cela m'intéresserait.

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    2. "Je vous sens pencher quelque peu vers l'islam ces derniers temps."

      Oh, si peu.

      Et j'avais bien saisi que vous nous parliez d'un ouvrage de Spencer, dont je ne conteste pas le propos.

      Quant à Brague, allez donc voir là :

      http://www.30giorni.it/articoli_id_5372_l4.htm?id=5372

      "Des racines? Drôle d’image... Pourquoi se considérer comme une plante?"

      C'est terrible d'hypocrisie de dire ça, quand on sait que la tradition de l'arbre généalogique nous vient de la Bible, et de l'arbre de Jessé.

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    3. J’ai enfin trouvé le temps de lire l’article de Brague.
      Je comprends bien ce que certaines de ses remarques peuvent avoir d’offensant, surtout dans le contexte politique actuel. Mais je dois à la vérité de dire que les problèmes qu’il soulève sont sérieux.
      Il a toujours existé, et il existera toujours, une tension entre le christianisme et la politique, notamment entre le caractère (potentiellement) universel du premier et le caractère particularisant de la seconde.
      Plus largement, il a toujours existé et il existera toujours une tension entre l’amour de ce qui est bien et l’amour de ce qui est à soi. C’est constitutif de la vie humaine. Et c’est entre autres pour cela que les problèmes politiques les plus sérieux n’admettent pas de solution définitive.
      Il faut apprendre à vivre avec, et s’efforcer sans cesse de trouver le meilleur compromis, en fonction des circonstances, entre ces pôles opposés.
      Aujourd’hui il me semble assez clair que nous sommes allés beaucoup trop loin sur la voie de l’universalisme, et qu’il faut nous soutenir par le bord où nous penchons, c’est-à-dire réhabiliter le patriotisme, « l’enracinement ». Mais cela ne change rien au fait que l’homme ne pourra jamais se sentir entièrement « chez lui » sur cette terre.

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  4. Les racines du chrétien sont au ciel et non pas sur terre. Rémi Brague aime bien citer ce passage de Platon dans lequel il compare l'homme à une plante céleste. C'est dans le Timée, je crois.

    En outre, saint Augustin apprend au chrétien à bien différencier la cité de Dieu et la cité terrestre ("Deux amours ont fait deux cités, etc.") Le christianiste est plus attaché à la cité terrestre qu'à la cité céleste. C'est pourquoi il importe de bien le différencier d'avec le chrétien. Pour cela, l'intervention de Rémi Brague est utile et nécessaire.

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    1. Certainement. Cela va sans dire.

      Aristide, pour ma conversion, quelle version de l'islam me conseilleriez-vous ? Le chiisme ? Le sunnisme ? Le kharidjisme ? Je me documente, mais je ne connais pas encore assez bien les différentes confessions...

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    2. Evitez l'alaouisme en ce moment, bien que ce soit la version la plus sympa.

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    3. Hum, le choix est difficile. A l'évidence il conviendrait de choisir la version la plus rigoriste à l'égard des femmes, ces créatures du diable, en même temps que la plus permissive en ce qui concerne leur usage.
      Tant qu'à se convertir autant que ce soit pour quelque chose.
      Mais de ce point de vue je crois que toutes les versions se valent, ou à peu près.
      En tout cas vous constaterez la semaine prochaine tous les avantages qu'il peut y avoir à embrasser la religion de Mahomet.
      C'est quand même un tout petit peu plus rigolo que le christianisme, au quotidien (si l'on est un homme, évidemment).

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    4. L''ahmadisme, un seul inconvénient les adeptes sont considérés comme impie par l'Islam rigoriste, ils sont même interdits du pèlerinage à la Mecque

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  5. Alain Besançon décrit bien cette tentation de l'islam pour le catholicisme dans son livre "Trois tentations dans l'Eglise" de 1996 que j'ai lu il y a déjà longtemps.

    Ces trois tentations sont
    Le repli sur soi
    la tentation démocratique (voir les élucubrations post Vatican II)
    L'islam, car perçu comme proche (ce sont des croyants, comme nous) malgré les énormes différences théologiques que Besançon souligne

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    1. J'avais oublié ce livre, je l'avoue. Il faudrait que j'essaye de remettre la main dessus.

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  6. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    1. Pas de message anonyme, bon sang ! C'est marqué en toutes lettres.

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  7. Sur l'idée partagée par de nombreux chrétiens que l'on peut se retrouver sur un certain nombre de points théologiques avec les musulmans il est aussi intéressant de lire Jacques Ellul "Islam et judéo-christianisme" qui démonte très bien les trois piliers de cette idée à savoir: nous sommes tous des fils d' Abraham, nous sommes trois religions monothéistes, nous sommes trois religions du Livre.

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