Dans une de ses nombreuses polémiques contre le
« parti philosophiste », Rousseau écrivait : « Bayle a très
bien prouvé que le fanatisme est plus pernicieux que l’athéisme, et cela est
incontestable ; mais ce qu’il n’a eu garde de dire, et qui n’est pas moins
vrai, c’est que le fanatisme, quoique sanguinaire et cruel, est pourtant une
passion grande et forte, qui élève le cœur de l’homme, qui lui fait mépriser la
mort, qui lui donne un ressort prodigieux, et qu’il ne faut que mieux diriger
pour en tirer les plus sublimes vertus : au lieu que l’irréligion, et en
général l’esprit raisonneur et philosophique, attache à la vie, effémine,
avilit les âmes, concentre toutes les passions dans la bassesse de l’intérêt
particulier, dans l’abjection du moi humain,
et sape ainsi à petit bruit les vrais fondements de toute société ; car ce
que les intérêts ont de commun est si peu de choses, qu’il ne balancera jamais
ce qu’ils ont d’opposé. »
Et il concluait cette longue attaque passionnée
contre une certaine philosophie moderne – attaque qui, certes, demanderait à
être soigneusement analysée pour être pleinement comprise – par une sorte
d’éloge de la piété des « mahométans ».
Rousseau n’a en général pas très bonne réputation
chez les catholiques, particulièrement chez ceux qui se définissent eux-mêmes
comme « traditionnalistes ». L’Emile
n’est certes pas leur livre de chevet. Et cependant – qui le dirait ? – un
nombre non négligeable de ceux-ci semblent aujourd’hui aboutir à la même
conclusion que l’auteur de La profession
de foi du vicaire savoyard : le « noble » fanatisme est
préférable à l’ignoble athéisme de la « philosophie des Lumières » ;
et par ailleurs, dans la lutte contre le relativisme triomphant et l’immoralité
sans frein qui paraissent caractériser les sociétés occidentales, les musulmans
pourraient constituer des alliés de choix pour les chrétiens sérieux, voire,
pourquoi pas ? une sorte de modèle.
Chrétiens et musulmans ne croient-ils pas au même
Dieu ? Islam et christianisme ne sont-ils pas tous les deux des
« religions du Livre » ? Les musulmans ne sont-ils pas, tout
comme bien des chrétiens, scandalisés par le spectacle de la vulgarité et de la
licence qui se donne quotidiennement libre cours autour de nous ? Tout
comme l’Eglise catholique les musulmans sont totalement opposés au
« mariage » homosexuel, et ils repoussent énergiquement l’idéologie
féministe qui affirme que les hommes et les femmes sont fondamentalement
identiques. Les musulmans sont attachés à une conception dite
« traditionnelle » de la famille, ils ne sont pas relativistes et, en
matière de piété, ils pourraient en remontrer à bien des chrétiens. Dès lors,
ne serait-il pas temps pour les chrétiens, et particulièrement les catholiques,
de faire cause commune avec les musulmans contre tous les athées qui voudraient
faire entièrement disparaître la religion de l’espace public ? Plutôt que
d’ergoter sur ce qui sépare ces deux « religions du livre », ne
serait-il pas préférable d’insister sur ce qui les rapproche, et de travailler
main dans la main avec les musulmans afin de s’opposer à toutes ces
« avancées sociales » qui sont autant de pas vers l’abime ?
Tel est à peu près le genre de discours que l’on
peut désormais entendre, aussi bien dans certains segments de la hiérarchie
catholique, que de la part d’intellectuels chrétiens ou de simples croyants
anonymes. Et c’est ainsi que, en France, on a pu voir fort récemment les
organisateurs de « La manif pour tous » faire de grands efforts pour
rallier à leur cause des responsables musulmans, et se féliciter de la présence
dans les rangs des manifestants de quelques représentants de la religion de
Mahomet.
Cette position est compréhensible, mais elle est
erronée et sans doute dangereuse. En vérité, chrétiens et musulmans ont
beaucoup moins en commun que ne le croient les chrétiens qui prônent cette
alliance – et qui, en général, n’ont pas une bonne connaissance de l’islam.
Bien plus, étant donné ce qu’est réellement l’islam et ce qu’est devenu
l’Eglise aujourd’hui, une telle alliance stratégique ne pourra guère manquer de
se retourner contre cette dernière.
Pour s’en convaincre, les catholiques sincères
mais réfléchis ne pourraient sans doute guère faire mieux que de lire le
dernier ouvrage de Robert Spencer : Not
peace but a sword – the great chasm between christianity and islam. Robert
Spencer est un écrivain et blogueur américain, connu pour ses nombreux livres à
grand tirage sur l’islam, ainsi que pour son blog Jihadwatch.com. Comme tous
ceux qui ont entrepris de critiquer publiquement l’islam, Robert Spencer est un
« personnage controversé », comme l’on dit pudiquement aujourd’hui,
mais il est une chose que même ses détracteurs doivent lui reconnaître – outre
sa combativité - : Robert Spencer connaît l’islam. Il connaît également
très bien le christianisme, en tant que membre de l'Église grecque-catholique
melkite, et ses écrits ont une qualité didactique évidente.
Dans Not
peace but a sword, Spencer explique clairement et méthodiquement ce qui
sépare le christianisme de l’islam, à la fois d’un point de vue théologique et
d’un point de vue moral. Cette description, fort instructive, est complétée par
un épilogue, qui consiste en un débat, ayant eu lieu en novembre 2010, entre
Robert Spencer et Peter Kreeft, un théologien catholique qui plaide pour une
alliance stratégique entre l’Eglise et les musulmans – et tous ceux qui ont des
yeux pour voir pourront constater que, dans ce débat, la position de Spencer
est bien mieux informée et bien plus solide que celle de son contradicteur.
Enfin, Not Peace but a sword se
conclut par une annexe dans laquelle sont résumées, sur trois pages, les
différences les plus fondamentales entre christianisme et islam.
Not peace
but a sword apparait donc comme le livre idéal pour les chrétiens qui
désireraient se faire rapidement une opinion informée sur ce qui sépare leur
religion de la religion musulmane, sans avoir à se plonger dans une montagne
d’ouvrages universitaires abscons ou à apprendre eux-mêmes l’arabe.
Toutefois, bien que le livre de Spencer s’adresse
prioritairement aux croyants, il n’intéressera pas seulement ces derniers.
Les athées ou les agnostiques suffisamment
réfléchis pour prendre au sérieux les croyances qu’ils ne partagent pas
pourront y apprendre – s’ils l’ignoraient - que toutes les religions ne se
valent pas, et que la question pratique la plus importante n’est pas de savoir
si un homme croit en Dieu, mais en quel Dieu il croit.
Ils éviteront ainsi l’erreur, si commune parmi les incroyants, qui consiste à mettre dans le même grand sac toutes les religions, au prétexte qu’elles sont désignées par le même nom – « religion » -, et à mettre sur le même plan toutes les divinités, pour la même raison linguistique superficielle. Chemin faisant, les plus ouverts d’esprit parmi eux pourraient aussi mieux comprendre pourquoi il est très douteux que l’islam accomplisse jamais le même chemin que le christianisme, en acceptant de s’accommoder des principaux éléments de la modernité politique et scientifique.
Ils éviteront ainsi l’erreur, si commune parmi les incroyants, qui consiste à mettre dans le même grand sac toutes les religions, au prétexte qu’elles sont désignées par le même nom – « religion » -, et à mettre sur le même plan toutes les divinités, pour la même raison linguistique superficielle. Chemin faisant, les plus ouverts d’esprit parmi eux pourraient aussi mieux comprendre pourquoi il est très douteux que l’islam accomplisse jamais le même chemin que le christianisme, en acceptant de s’accommoder des principaux éléments de la modernité politique et scientifique.
De la même manière que les chrétiens sérieux
devraient, au terme de l’ouvrage de Spencer, être convaincus qu’ils ont
finalement, de manière générale, plus en commun avec leurs compatriotes athées
ou agnostiques qu’avec les pieux musulmans, les athées et les agnostiques
devraient arriver à une conclusion symétrique et se rapprocher de leurs
compatriotes professant le christianisme. En Occident, l’alliance stratégique
devrait être celle des chrétiens et des incroyants, et leur adversaire commun,
l’islam – quelles que soient par ailleurs les divergences importantes que
peuvent avoir, et que continueront à avoir, les deux premiers groupes sur
nombre de sujets.
Comparé à l’islam, ce qui les rapproche est plus
important que ce qui les sépare. Telle est, en peu de mots, la position que
défend Spencer.
Les différences qui séparent le christianisme de
l’islam peuvent donc être rangées dans deux grandes catégories : les
différences théologiques et les différences morales ou, si l’on veut, les
différences théoriques et les différences pratiques. Pour le dire rapidement,
il est très trompeur de prétendre que chrétiens et musulmans adorent le même
Dieu, car le Dieu dont parlent les évangiles a des attributs extrêmement
différents du Dieu révélé par le coran. De ces différences d’attributs
découlent très normalement des différences tout aussi importantes dans les
commandements ou les injonctions adressées aux croyants. Sur nombre de
questions, la morale chrétienne est fondamentalement différente de la morale
musulmane, si l’on peut dire les choses ainsi.
Il ne serait ni utile, ni possible dans le court
espace de cet article, de recenser et d’expliquer toutes les différences
relevées par Spencer dans son ouvrage. En revanche il pourra sans doute être
profitable d’exposer quelques points essentiels, et de corroborer les
conclusions de Robert Spencer par une autre source, moins polémique dans la
forme, et dont le sérieux et l’érudition ne pourront pas être mis en doute, en
l’occurrence La loi de Dieu – histoire
philosophique d’une alliance, de Rémi Brague.
Examinons donc rapidement ces quelques points.
L’idée que le judaïsme, le christianisme et
l’islam sont des religions sœurs, des versions différentes d’une même foi, est
aujourd’hui un lieu commun que se sentent tenus d’honorer pratiquement tous
ceux qui, pour une raison ou une autre, entreprennent de parler publiquement de
religion. Si un catholique ne sait qu’une seule chose au sujet de l’islam, il
saura que, selon les termes du Catéchisme
de l’Eglise catholique : « Le dessein de salut enveloppe
également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les
musulmans qui, en déclarant qu’ils gardent la foi d’Abraham, adorent avec nous
le Dieu unique, miséricordieux, juge des hommes au dernier jour. »
Les musulmans « gardent la foi d’Abraham »,
et le Coran parle de nombreux personnages qui figurent dans l’Ancien et le
Nouveau Testament, notamment de Jésus, qui y est décrit comme un prophète et un
faiseur de miracles – ce que, d’ailleurs, les musulmans n’oublient jamais de
faire valoir à leurs interlocuteurs chrétiens. N’est-ce pas la preuve
irréfutable que christianisme et islam sont de proches parents ?
Pourtant, en y regardant de plus près, le rapport
de l’islam au christianisme (et au judaïsme) parait bien plus proche du
parasitisme que de la parenté véritable. Autant vaudrait dire que le petit
coucou est de la même famille que ceux dont il s’est approprié le nid.
En effet, si le Coran reprend certaines figures
des Ecritures antérieures, avec leurs noms et titres, comme Abraham ou Jésus,
c’est pour leur donner une substance entièrement différente. Entre l’Abraham et
le Jésus de la Bible et ceux du Coran, seuls les noms sont réellement communs.
C’est ainsi que, pour les musulmans, « Jésus »
n’est pas le fils de Dieu et il n’a pas été crucifié. Il est simplement un
prophète parmi d’autres dans la longue lignée qui conduit à Mahomet et à la
révélation ultime. Autant dire que ce Jésus-là ne saurait être le Jésus des
chrétiens. En fait, pour les musulmans, l’idée que Dieu pourrait avoir un fils,
ou la notion chrétienne de trinité, se rapprochent dangereusement du péché
capital, le seul qui soit impardonnable à Dieu : celui de « donner
des partenaires à Allah » (shirk),
de lui associer d’autres dieux ou d’autres êtres et de leur accorder l'honneur
et l'adoration qui ne devraient être dus qu'à Dieu seul. Par conséquent, non
seulement Jésus n’est pas le fils de Dieu, mais affirmer qu’il l’est suffit
pour faire de vous un infidèle.
Plus largement, le rapport de l’islam au judaïsme
et au christianisme est celui de l’appropriation et toute ressemblance, toute
parenté apparente, se révèle ultimement trompeuse. L’islam emprunte des
éléments du judaïsme et du christianisme, mais c’est pour les vider de leur
substance et les transformer entièrement.
Le Coran fait ainsi plusieurs fois référence à
ceux qui pratiquent « la religion du Livre », et il dit confirmer les
écrits saints antérieurs à lui, ce qui pourrait sembler une reconnaissance, au
moins partielle, de la vérité des livres qui font autorité pour les juifs et
les chrétiens. Mais en réalité, comme l’écrit Rémi Brague :
« les textes que le Coran confirme ne sont
pas les textes réels qu’on peut lire dans la Bible juive ou chrétienne, mais
bien, et exclusivement, des textes virtuels, introuvables. En effet, selon
l’islam, les textes des Ecritures antérieures ont été trafiqués par leurs
auteurs. C’est la théorie de la falsification (tahrîf). Les textes ainsi défigurés ne méritent donc pas d’être
crus, ni même lus, et encore moins associés au Coran. »
(…)
Sur l’étendue des déformations subies par les
Livres saints, l’accord ne se fait pas. Mais le principe reste intangible :
l’islam se reconnaît le droit de faire de son propre livre saint la mesure de
l’authenticité matérielle de ceux qui l’ont précédé. Et ce seul fait suffit à
retirer à ceux-ci toute valeur normative.
C’est ainsi que les médiévaux non musulmans ont
compris la position de l’islam. Un auteur aussi bienveillant envers l’islam et
aussi méprisant envers le christianisme que Maïmonide reconnaît à ce dernier le
mérite de n’avoir pas soupçonné les juifs d’avoir manipulé les Ecritures. Du
côté chrétien, les grands scolastiques, à commencer par saint Thomas d’Aquin,
notent qu’il n’existe pas de base scripturaire commune entre l’islam et les
religions précédentes, à la différence de ce qui se passe entre judaïsme et
christianisme. »
Non seulement les écrits saints du judaïsme et du
christianisme n’ont aucune valeur pour un musulman, mais juifs et chrétiens, du
fait qu’ils ont délibérément trafiqué les Ecritures qui leur avaient été
confiées, sont des imposteurs qui cherchent à tromper les musulmans et à les
écarter du chemin de la vraie foi. Ils ne sont pas seulement égarés, mais
moralement coupables.
Plus généralement, l’islam, à la différence du
christianisme, ne laisse pas de place à l’erreur ou à l’ignorance de bonne foi (si l’on peut
dire) en matière de religion : les non musulmans ne sont pas des hommes qui
n’auraient pas entendu le message de Mahomet, ce sont des apostats qui ont
abandonné la vraie foi en toute connaissance de cause. Ecoutons encore Rémi
Brague :
« L’islam suppose que l’homme nait d’emblée
musulman. L’Européen, marqué par le christianisme, pense spontanément avec
Descartes que « nous sommes hommes avant que d’être chrétiens ». Pour
l’islam, c’est presque le contraire. Un passage du Coran rapporte que tout le
genre humain fut miraculeusement tiré des reins d’Adam et interrogé par
Dieu : ne suis-je pas votre seigneur ? L’humanité répondit par un oui
unanime.
(…) l’homme nait musulman, ce sont ses parents qui
en font un adepte des autres religions. De la sorte, selon le droit islamique,
un enfant trouvé est réputé musulman jusqu’à preuve du contraire. Une
conséquence capitale de ce fait est que toute position religieuse autre que
l’islam n’est pas seulement une erreur, mais, objectivement, une apostasie.
Partant, le non-musulman, dans la mesure où il ne fait pas usage de la raison
qui devrait lui faire connaître Dieu et lui faire comprendre l’intérêt qu’il a
à se soumettre à Lui, ne se distingue pas fondamentalement des animaux. »
Il s’agit effectivement là d’un point capital car,
selon la sharia, la punition appropriée pour l’apostasie, c’est la mort. Toutes
les variantes de l’islam s’accordent sur ce point.
Mais pourtant, pourtant, dira-t-on, n’est-il pas
au moins vrai que les musulmans croient au même Dieu que les chrétiens (et les
juifs) ?
Eh bien, disons que la vérité de cette proposition
dépend de ce que l’on entend par « le même ». Qu’Allah ait des
attributs communs avec le Dieu de l’Ancien et du Nouveau Testament, notamment
l’unicité et le caractère créateur, ne signifie pas qu’il lui soit identique.
En l’occurrence le diable est dans les détails, si l’on peut dire.

Voici ce que dit le Coran sur la Sainte Trinités
RépondreSupprimerEt ne dites pas «Trois»
Ô gens du Livre (Chrétiens), n'exagérez pas dans votre religion, et ne dites de Dieu que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est qu'un Messager de Dieu, Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Dieu et en Ses messagers. Et ne dites pas «Trois». Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Dieu n'est qu'un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C'est à Lui qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Dieu suffit comme protecteur . Quran 4.171 ( Sourate ANNISA, verse 171)
Ce sont certes des mécréants..
Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : «En vérité, Dieu est le troisième de trois.» Alors qu'il n'y a de divinité qu'Une Divinité Unique ! Et s'ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d'entre eux. Quran 5.73 ( Sourate ALmayda, verse 73,74)
Cela est suffisant pour comprendre qu' Islam et Chrétienté n'ont rien en commun.
.
Merci pour cet exposé très clair.
RépondreSupprimerJe suis l'un de ceux qui regrettent que Rémi Brague se complaise dans des ouvrages compliqués et presque illisibles même pour des professionnels de la philosophie, non d'ailleurs à cause du vocabulaire, mais parce que le sens général de ses livres n'est jamais très clair et que l'on se perd dans les sous-parties.
Il est pourtant un spécialiste inattaquable, et quelques interventions télé ont montré qu'il était capable d'être plus percutant.
Je n'aime pas beaucoup Rémi Brague. C'est l'inventeur du concept de "christianiste", et il fait semblant de ne pas comprendre qu'on puisse être attaché à son identité, à ses racines. Avec des chrétiens comme lui, l'Europe deviendra musulmane.
RépondreSupprimerAh-ah! mon cher Mat, je me doutais bien que cet article n'aurait pas entièrement l'heur de vous plaire. Je vous sens pencher quelque peu vers l'islam ces derniers temps.
SupprimerMais plaisanterie mise à part, je ne suis pas particulièrement fan de Rémi Brague, pour les raisons qu'évoque Marco Polo. Simplement il est d'une érudition sans faille et c'est ce que l'on appelle une "autorité" dans cette matière. Je m'en sers donc pour corroborer ce que dit Spencer - qui est l'auteur dont je vous parle, l'aviez-vous remarqué? - afin que l'on ne puisse pas balayer d'un geste ce qu'il raconte simplement en disant qu'il est "controversé", que ce n'est pas un "vrai" spécialiste estampillé par la faculté, et autres choses du même genre.
Vous auriez des références au sujet de ce que vous dites à propos de Brague : "il fait semblant etc." ? Cela m'intéresserait.
"Je vous sens pencher quelque peu vers l'islam ces derniers temps."
SupprimerOh, si peu.
Et j'avais bien saisi que vous nous parliez d'un ouvrage de Spencer, dont je ne conteste pas le propos.
Quant à Brague, allez donc voir là :
http://www.30giorni.it/articoli_id_5372_l4.htm?id=5372
"Des racines? Drôle d’image... Pourquoi se considérer comme une plante?"
C'est terrible d'hypocrisie de dire ça, quand on sait que la tradition de l'arbre généalogique nous vient de la Bible, et de l'arbre de Jessé.
J’ai enfin trouvé le temps de lire l’article de Brague.
SupprimerJe comprends bien ce que certaines de ses remarques peuvent avoir d’offensant, surtout dans le contexte politique actuel. Mais je dois à la vérité de dire que les problèmes qu’il soulève sont sérieux.
Il a toujours existé, et il existera toujours, une tension entre le christianisme et la politique, notamment entre le caractère (potentiellement) universel du premier et le caractère particularisant de la seconde.
Plus largement, il a toujours existé et il existera toujours une tension entre l’amour de ce qui est bien et l’amour de ce qui est à soi. C’est constitutif de la vie humaine. Et c’est entre autres pour cela que les problèmes politiques les plus sérieux n’admettent pas de solution définitive.
Il faut apprendre à vivre avec, et s’efforcer sans cesse de trouver le meilleur compromis, en fonction des circonstances, entre ces pôles opposés.
Aujourd’hui il me semble assez clair que nous sommes allés beaucoup trop loin sur la voie de l’universalisme, et qu’il faut nous soutenir par le bord où nous penchons, c’est-à-dire réhabiliter le patriotisme, « l’enracinement ». Mais cela ne change rien au fait que l’homme ne pourra jamais se sentir entièrement « chez lui » sur cette terre.
Les racines du chrétien sont au ciel et non pas sur terre. Rémi Brague aime bien citer ce passage de Platon dans lequel il compare l'homme à une plante céleste. C'est dans le Timée, je crois.
RépondreSupprimerEn outre, saint Augustin apprend au chrétien à bien différencier la cité de Dieu et la cité terrestre ("Deux amours ont fait deux cités, etc.") Le christianiste est plus attaché à la cité terrestre qu'à la cité céleste. C'est pourquoi il importe de bien le différencier d'avec le chrétien. Pour cela, l'intervention de Rémi Brague est utile et nécessaire.
Certainement. Cela va sans dire.
SupprimerAristide, pour ma conversion, quelle version de l'islam me conseilleriez-vous ? Le chiisme ? Le sunnisme ? Le kharidjisme ? Je me documente, mais je ne connais pas encore assez bien les différentes confessions...
Evitez l'alaouisme en ce moment, bien que ce soit la version la plus sympa.
SupprimerHum, le choix est difficile. A l'évidence il conviendrait de choisir la version la plus rigoriste à l'égard des femmes, ces créatures du diable, en même temps que la plus permissive en ce qui concerne leur usage.
SupprimerTant qu'à se convertir autant que ce soit pour quelque chose.
Mais de ce point de vue je crois que toutes les versions se valent, ou à peu près.
En tout cas vous constaterez la semaine prochaine tous les avantages qu'il peut y avoir à embrasser la religion de Mahomet.
C'est quand même un tout petit peu plus rigolo que le christianisme, au quotidien (si l'on est un homme, évidemment).
C'est pas dur, ça.
SupprimerL''ahmadisme, un seul inconvénient les adeptes sont considérés comme impie par l'Islam rigoriste, ils sont même interdits du pèlerinage à la Mecque
SupprimerAlain Besançon décrit bien cette tentation de l'islam pour le catholicisme dans son livre "Trois tentations dans l'Eglise" de 1996 que j'ai lu il y a déjà longtemps.
RépondreSupprimerCes trois tentations sont
Le repli sur soi
la tentation démocratique (voir les élucubrations post Vatican II)
L'islam, car perçu comme proche (ce sont des croyants, comme nous) malgré les énormes différences théologiques que Besançon souligne
J'avais oublié ce livre, je l'avoue. Il faudrait que j'essaye de remettre la main dessus.
SupprimerCe commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
RépondreSupprimerPas de message anonyme, bon sang ! C'est marqué en toutes lettres.
SupprimerSur l'idée partagée par de nombreux chrétiens que l'on peut se retrouver sur un certain nombre de points théologiques avec les musulmans il est aussi intéressant de lire Jacques Ellul "Islam et judéo-christianisme" qui démonte très bien les trois piliers de cette idée à savoir: nous sommes tous des fils d' Abraham, nous sommes trois religions monothéistes, nous sommes trois religions du Livre.
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