Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 22 mai 2012

Crime et nature humaine (2/7) : Sexe, âge et intelligence


(Avertissement : pour des raisons que je ne comprends pas, Blogger me fait les pires difficultés pour accepter mes graphiques, et lorsqu'il le fait le rendu est le plus souvent extrêmement mauvais. Je suis donc contraint d'en mettre beaucoup moins que je n'aurais voulu. J'en suis le premier désolé.)

Quelles sont donc ces caractéristiques biologiques qui sont corrélées avec la criminalité ?
Les caractéristiques les plus saillantes et, aujourd’hui, les mieux documentées sont le sexe, l’âge, l’intelligence, la personnalité - au sens psychopathologique du terme - et la morphologie.

Sexe

Partout et toujours les hommes représentent l’écrasante majorité de la population criminelle, et cela est encore plus vrai pour les crimes accompagnés de violence.
Cette observation n’est ni nouvelle ni sérieusement discutable, mais l’avènement du féminisme radical nous contraint à nous y attarder quelque peu. Puisque l’on n’est pas censée naitre femme mais le devenir, certaines féministes se sentent en effet obligées de soutenir que cette différence très sensible dans le comportement des hommes et des femmes n’a pas de fondement naturel, qu’elle est uniquement le produit de l’éducation différenciée dispensée jusqu’alors aux garçons et aux filles. Autrement dit, dans le futur, les femmes pourraient devenir aussi délinquantes que les hommes ou, mieux, les hommes pourraient devenir aussi peu délinquants que les femmes - même si, étrangement, c’est essentiellement la première possibilité qui est scrutée avec attention par ces féministes.
Disons le franchement, cet espoir risque fort d’être déçu. Tout indique en effet que les hommes sont structurellement différents des femmes du point de vue de la criminalité. Non seulement le caractère essentiellement masculin de la délinquance est universellement attesté - ce qui rend bien difficile de lui trouver un fondement « culturel » - mais en plus il a résisté vaillamment à la révolution féministe de ces quarante dernières années. Alors que, sur certains points, les rôles sexuels ont incontestablement changé, notamment avec le développement spectaculaire des carrières féminines, il n’en a pas été de même en matière de délinquance. Ainsi, aux Etats-Unis, la part des femmes dans la criminalité totale a certes un peu augmenté depuis les années 1960 mais essentiellement pour ce qui concerne les atteintes à la propriété. Les crimes violents restent la chasse gardée quasi exclusive des hommes (à hauteur de 90% environ).
Le graphique ci-dessous montre l’évolution de ces proportions pour les années 1960-1980, les années qui ont vu l’augmentation la plus spectaculaire de la criminalité au siècle dernier.

 

Par ailleurs la délinquance féminine et la délinquance masculine semblent bien présenter des caractéristiques différentes, y compris à l’intérieur d’une même catégorie de crime. Ainsi, par exemple, les victimes d’actes de violence commis par des femmes sont le plus souvent des membres de leurs familles ou de leur entourage proche. A la différence des hommes, les femmes recourent rarement à la violence dans le cadre d’autres « activités » criminelles, comme par exemple le vol, et lorsqu’elles sont impliquées dans des attaques à main armée c’est le plus souvent en tant que comparses d’associés masculins.
Comme souvent, la réalité des différences de comportement entres les hommes et les femmes est mieux attestée que leur cause. Nous pouvons être sûrs que ces différences ont au moins en partie une origine biologique, mais il est difficile de déterminer avec précision quels facteurs biologiques sont à l’œuvre car cela requérait, à tout le moins, des expérimentations sur les êtres humains que la morale, à juste titre, réprouve. Le rôle de la testostérone est souvent évoqué, de même que celui de certaines aires cérébrales qui auraient un fonctionnement un peu différent chez les hommes et chez les femmes[1].

Age

Le crime est corrélé avec l’âge tout autant, et peut-être même plus, qu’avec le sexe. Et cette corrélation vaut à la fois pour le taux global de criminalité et pour le type de crimes commis.
Pris dans son ensemble, le crime est une activité de jeunes gens, et même de très jeunes gens.  En 1980, aux Etats-Unis, 93% des atteintes à la propriété et environ 90% des crimes violents avaient été commis par des individus de moins de quarante ans.
Le criminel moyen présente ainsi un cycle de vie caractéristique : une activité criminelle commençant à l’adolescence, culminant vers une vingtaine d’années, puis commençant à décliner de manière continue vers 25 ans.
 
Ce cycle de vie cache des disparités selon les catégories de crimes. Certains types de crimes déclinent plus rapidement avec l’âge que d’autres, essentiellement les crimes qui demandent une certaine activité physique. Les crimes commis par les plus de quarante ans sont typiquement des crimes « passifs », comme le recel, la fraude, etc., ils sont en général perpétrés par des criminels ayant déjà une longue carrière derrière eux et qui sont restés en contact avec leur réseau.
Il convient par ailleurs de distinguer, à l’intérieur de ce cycle de vie moyen, les différents types de criminels. Dans chaque catégorie d’âge il existe des individus qui ne commettront jamais que quelques crimes tout au long de leur existence, souvent même un seul crime. Mais il existe aussi des individus, heureusement bien moins nombreux, qui sont chacun responsables d’un grand nombre de crimes, particulièrement les crimes les plus graves et/ou les plus violents.
Ces criminels multirécidivistes présentent deux particularités. D’une part ils sont en général actifs très tôt dans leur existence. Dès le sortir de l’enfance ces individus commencent à accumuler les ennuis avec la police et avec la justice et ils atteignent l’âge de la majorité en étant déjà des délinquants « confirmés ». D’autre part leur activité criminelle décroit beaucoup moins vite avec l’âge que la moyenne de la population. La forme en cloche de la courbe de la délinquance est donc dû au fait que les individus qui ne commettront que quelques délits au cours de leur vie le font en général dans leur prime jeunesse, puis s’arrêtent complètement. Les criminels endurcis, eux, restent actifs bien plus longtemps.
La plupart des délinquants juvéniles ne deviendront pas des adultes délinquants, mais presque tous les adultes qui sont des délinquants multirécidivistes ont été des délinquants juvéniles et même, en règle général, des délinquants juvéniles multirécidivistes. Et c’est ce noyau dur de criminels qui est responsable d’un nombre tout à fait disproportionné de crimes et délits, notamment les crimes et délits les plus graves. Ainsi on estime en général que 50% des crimes et délits sont le fait de seulement 5 à 7% des criminels.

Intelligence

La corrélation entre délinquance et faible intelligence n’est guère connue du grand public, sans doute car elle ne saute pas aux yeux, à la différence de la corrélation avec le sexe et l’âge, mais elle est pourtant bien établie.
Pris dans leur ensemble, les délinquants paraissent bien avoir un QI un peu inférieur à celui du reste de la population. Par convention le QI moyen est fixé à 100. Or, à chaque fois qu’il a été mesuré, le QI des délinquants s’est avéré inférieur à cette moyenne : de l’ordre de 92. Cependant, l’ensemble de la population, dont le QI est fixé à 100, comprend à la fois les honnêtes gens et les délinquants, par conséquent les délinquants doivent, selon toute vraisemblance, avoir un différentiel d’intelligence avec le reste de la population supérieur aux huit points d’écarts mesurés par les tests. Ou, pour le dire autrement, les non délinquants ont vraisemblablement un QI moyen légèrement supérieur à 100. Le problème est alors d’estimer la part des délinquants dans la population totale pour parvenir à mesurer le véritable écart. Wilson et Herrnstein estiment que cet écart doit être de l’ordre de 10 points de QI.
A l’intérieur de la population délinquante, les multirécidivistes semblent bien avoir un QI inférieur à celui des délinquants occasionnels, et la nature des crimes commis a également une relation avec l’intelligence. Les délits comme la contrefaçon ou la corruption sont associés avec un QI plus élevé que la moyenne de la population délinquante, tandis que les crimes comme le meurtre, le viol, les voies de fait, sont associés avec un QI plus bas que la moyenne de cette même population.
Enfin, dernière observation de grande importance, le déficit d’intelligence de la population délinquante est principalement un déficit dans la partie dite « verbale » des tests de QI (compréhension, vocabulaire, analogies, etc.).
Avant d’examiner les raisons qui pourraient expliquer que la criminalité est corrélée avec une faible intelligence, penchons-nous rapidement sur les arguments qui sont le plus couramment avancés pour nier cette corrélation.
On avance tout d’abord que les criminels et les honnêtes gens ne différent pas seulement par leur intelligence mais aussi par d’autres caractéristiques, comme le statut économique et social de leurs parents (SES), la structure de la famille dans laquelle ils ont grandi, etc. Or si l’on contrôle ces autres facteurs, et notamment le SES, c’est à dire si l’on compare un groupe de délinquants et un groupe de non délinquants de même SES, le différentiel d’intelligence se réduit substantiellement. Le problème de ce raisonnement est que le SES est lui-même corrélé avec le QI, de sorte que contrôler le SES revient en partie à contrôler le QI. En fait, lorsque l’on compare directement le rôle du QI et celui du SES dans la délinquance, le QI apparait comme ayant un pouvoir prédictif supérieur.
On peut ensuite se demander si les délinquants à qui l’on fait passer des tests de QI sont bien représentatifs de la population délinquante en général. Ne peut-on imaginer que les individus dont la délinquance est connue sont les délinquants les moins intelligents et que les plus intelligents ont simplement échappé à la détection de la police ?
Cette objection est plausible, et sans doute fondée dans une certaine mesure. Mais dans quelle mesure ? Pour que les données relatives au QI des criminels soient faussées, il faudrait qu’existe une vaste population de délinquants inconnus de la police et de la justice. Divers moyens existent pour tester cette hypothèse, moyens qu’il n’est pas utile de rapporter ici. Contentons nous donc de dire que rien n’indique qu’il existerait une importante « réserve » de criminels inconnus des services de police.
Une fois ces objections écartées, comment expliquer que l’intelligence puisse affecter la probabilité de devenir délinquant ?
On peut, semble-t-il, envisager trois grandes raison à cela. D’une part une faible intelligence est synonyme de faible réussite à l’école et, en général, d’une faible réussite sur le marché du travail. Il est difficile pour un individu ayant une intelligence en dessous de la moyenne de trouver et de garder un travail bien rémunéré. Par conséquent, pour un individu de ce genre, on peut dire que l’honnêteté « paye moins », au sens le plus monétaire du terme, ce qui peut rendre la délinquance plus attractive. D’autre part une faible intelligence est en général associée avec une plus grande impulsivité. Cela favorise les passages à l’acte, lorsque la « récompense » du crime est très concrète et immédiate - voler un sac à main par exemple - et que la récompense de l’honnêteté est plus lointaine et moins tangible - par exemple garder l’estime de son entourage. Plus largement, une faible intelligence rend plus difficile le fait de se représenter les conséquences à long terme de ses actes or, d’un point de vue strictement intéressé, l’honnêteté paye en général sur le long terme et le crime sur le court terme. Enfin il semble bien qu’une faible intelligence (et particulièrement une faible intelligence « verbale ») entrave la capacité à raisonner moralement, c’est à dire à comprendre pourquoi tel acte est injuste et malhonnête, ou à quel point il est injuste et malhonnête. Tout cela fait grandement pencher la balance en faveur du crime lorsque le choix se présente.


[1] Outre Crime and human nature et Crime and public policy voir Taking sex differences seriously, chapitre 6.

12 commentaires:

  1. Très bon billet mais qui me pose un problème quand même, je ne fus point un bon élève;il suffit pour cela de regarder mon orthographe et la syntaxe de mes phrases, résultat je suis devenu fonctionnaire.

    Je me demande quand on lit dans diverses publications ,les crimes que l'on nous reproche si finalement je n' ai pas mal tourné et l' âge venant, je ne serais un Al Capone à l'insu de mon plein gré.

    Il est vrai que j' aurais pu encore plus mal tourner en devenant syndicaliste et socialiste.

    Pour terminer, bravo cher Aristide pour ce moment instructif.

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  2. Ahah, il est vrai qu'en tant que fonctionnaire vous avez beaucoup à vous faire pardonner.
    Mais d'un autre côté, comme vous avez su résister vaillamment à la pression de votre milieu professionnel pour ne pas aggraver votre cas en devenant syndicaliste ou socialiste, on peut considérer que vous n'êtes pas entièrement perdu.
    Vous irez peut-être au purgatoire. Courage!

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  3. J'ai pensé en lisant votre texte ( remarquable comme d'habitude) à un moment du procès Breivik : La juge l'interroge sur les "qualités nécessaires" selon lui pour commettre ses actes .
    Breivik répond :" tout le monde aurait pu le faire, sauf les femmes peut-être."
    La procureur (vexée ?) : "Alors je n'aurais pas pu moi?"
    Breivik , après hésitation : "une femme sur dix seulement aurait pu le faire.".... "Il faut être très motivé"

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    1. Oui, j'avais vu cet extraordinaire échange.
      N'est-ce pas formidable? Cette dame est vexée que l'on puisse suggérer que, en tant que femme, elle ne pourrait pas tuer des dizaines de personnes de sang-froid.
      Evidemment un tel acte lui parait monstrueux, mais l'égalité avant tout. Plutôt que de se sentir supérieure aux hommes qui peuvent accomplir de telles choses elle réclame qu'on reconnaisse qu'elle pourrait en faire autant.
      Alors que le féminisme originel voulait élever les hommes au niveau des femmes, le féminisme contemporain semble vouloir abaisser les femmes au niveau des hommes. Il faut que les femmes puissent devenir aussi grossières, cavaleuses et violentes que l'homme le plus mal dégrossi.
      Quant à Breivik, sa réponse n'est-elle pas aussi le signe qu'en dépit de tout ce qu'il a fait il reste marqué par le politiquement correct, ou alors par une certaine "galanterie" qui l'amène à ne pas vouloir vexer une femme?
      Je mettrais ma main au feu qu'il n'existe aucun exemple d'une femme ayant commis un acte comme celui de Breivik. Je mettrais aussi ma main au feu qu'il le sait, et pourtant il veut se montrer "poli"...
      Fascinant.

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  4. La partie que vous consacrez au sexe m'amène à me demander pourquoi les féministes, alors qu'elle le font pour le gouvernement, le parlement, les conseils d'administration, etc., ne réclament pas la parité en prison.

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    1. C'est effectivement une scandaleuse discrimination dont il serait temps de s'aviser. Nous avons bien une ministresse de l'égalité des territoires, que n'avons nous une ministresse de la parité en prison?

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  5. Le portulan te ment23 mai 2012 à 11:28

    Bonjour Aristide,
    votre billet de ce jour, les commentaires de celui du 10 mai et l'article ci-joint m'inclinent à penser que ce dernier marqueur est largement sous-évalué.
    Une question demeure : une femme étant battue régulièrement peut-elle améliorer son QI et accéder à la frange de population non délinquante ?

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  6. Pour toutes les questions relatives aux femmes battues, je n'ai qu'un seul livre à vous conseiller, un livre qui fait autorité sur ce sujet depuis des siècles pour des milliards d'êtres humains : le coran.
    Officiellement recommandé par Allah et Mahomet!

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    1. Très drôle.
      Vos billets sont intéressants, mais j'ai du mal à voir dans quelle mesure ils concernent la politique ou la philosophie contrairement aux passions que vous dites avoir en présentation.
      Cette fixation sur le QI m'intrigue, les études que vous présentez en font un déterminant particulièrement important de la criminalité, de la richesse, de la réussite sociale.
      Je veux bien le croire, bien qu'il manque la présentation d'études contradictoires et d'un véritable questionnement qui donnerait un cautionnement scientifique à votre présentation de ces questions...admettons que cette hypothèse soit vraie, quelles conclusions en tirez vous ? Quel commentaire en faites vous ?

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  7. Pour ce qui est de la politique, le rapport avec ce que je publie ici me semble absolument évident. Pour ce qui est de la philosophie en revanche vous n'avez pas tort. J'ai mis cette présentation en commençant mon blog mais il a pris une tournure un peu différente de ce que je prévoyais initialement.
    A vrai dire cela fait un moment que je songe à la modifier.
    Pour ce qui est de présenter des études contradictoires, je tiens un simple blog qui me prend déjà beaucoup de temps, donc je vais au plus court. Mais j'indique suffisamment mes sources pour que vous puissiez approfondir par vous-même si cela vous intéresse. C'est même le but. Moi je ne suis qu'un passeur.
    Quant aux conclusions que l'on peut en tirer, certaines sont indiquées dans mes billets, d'autres se laissent facilement déduire, d'autres peuvent être trouvées dans les sources que j'indique. Bien entendu ce n'est pas exhaustif et il n'est pas interdit d'y réfléchir par soi-même.
    Plus spécifiquement pour la question de la criminalité, nous n'en sommes qu'à deux billets sur sept, donc les conclusions viendront plus tard.

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    1. Le rapport avec la politique ne me semble pas si évident.
      A la fin de votre présentation de The Bell Curve, ce rapport est explicité, et les auteurs, tout comme vous même, je suppose, me semblent présenter un positionnement politique qu'on pourrait qualifier de libéral conservateur.
      Ce positionnement me semble tout à fait respectable, mais j'aurais deux remarques :
      -d'abord, si les auteurs déduisent de leurs études qu'une politique de ce type est nécessaire, cela reste sujet à débat, il n'est jamais aisé de fonder scientifiquement la politique qui est avant tout, un domaine d'expression des passions, du droit, de la philosophie. Cette même étude présentée à d'autres pourrait appeler des conclusions différentes voire opposées.
      -ensuite, il me semble paradoxal d'appeler à plus de simplicité dans le droit, et plus de liberté économique, en s'appuyant sur une étude scientifique, il y a là une forme de louvoiement de la pensée et du raisonnement contraire à ce principe de simplicité.
      C'est à dire que je pense qu'il serait souhaitable de se passer d'études sur le QI pour dire que la liberté et le droit doivent primer sur d'autres considérations (position qui me semble en soi suffisament respectable pour n'avoir point besoin d'une caution scientifique pour convaincre, à moins qu'il ne s'agisse d'une manière de s'adresser à cette élite cognitive).
      En tous les cas, merci pour votre travail.

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    2. Concernant votre première remarque, si vous voulez dire que les lois, ou plus largement l’action politique, ne peut jamais se déduire mécaniquement d’études scientifiques je suis d’accord. La politique est le domaine de la délibération - de la prudence au sens aristotélicien du terme - et elle n’admet pas la même précision et le même degré de certitude que la science.
      Par contre, ce que nous apprend la science permet de restreindre le champ de la délibération. Elle ne nous dit pas ce que nous devrions faire mais elle nous apprend au moins que certaines positions et certaines politiques sont erronées.
      Par conséquent, je ne pense pas qu’il serait possible de parvenir à des conclusions opposées qui soient également valides. Des conclusions un peu différentes oui, mais complètement opposées, non.
      Concernant votre seconde remarque, je ne vois pas de contradiction. La délibération n’a pas à être du même ordre que la décision. Il faut parfois longuement réfléchir pour parvenir à des solutions simples. Surtout, il faut parfois passer par de longs détours pour revenir à des choses simples lorsque l’on s’est beaucoup éloigné de la simplicité. Comme je l’ai indiqué à la fin de mon premier billet sur The bell curve, la science ne fait parfois que valider le sens commun. Il est peut-être regrettable de devoir en passer par là, mais c’est notre situation politique qui veut cela me semble-t-il. Voyez également mon premier billet sur le crime, la série sur le féminisme, etc.
      Si vous voulez dire que l’on pourrait mésuser de l’autorité de la science pour prendre de mauvaises décisions (« je pense qu'il serait souhaitable de se passer d'études sur le QI, etc. »), c’est bien sûr possible. Mais de quoi ne peut-on pas abuser ? Il y a toujours un risque à prendre.

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