François Hollande a donc réussit
à convaincre 51,7% des Français qu’il serait un bon Président pour les années à
venir.
Non, je plaisante bien sûr.
François Hollande s’est contenté
de ne pas être Nicolas Sarkozy et cela a suffit à une majorité d’électeurs pour
voter pour lui ou pour s’abstenir.
Après s’être contenté de ne pas
être Dominque Strauss-Kahn pour devenir le candidat du PS, c’est là ma foi une
double performance remarquable. François Hollande ne devient pas seulement le
deuxième Président de gauche sous la 5ème République, il vient aussi de prouver
qu’il existe des exceptions - non divines, s’entend - à l’axiome fondamental ex nihilo nihil fit.
Nicolas Sarkozy va donc quitter
la présidence de la République. Voilà qui va fort bien. Et maintenant ?
Maintenant ? Eh bien la
France va continuer à dévaler la pente, un peu plus vite qu’auparavant mais
selon la même trajectoire.
Economiquement la différence ne
sera pas grande : quelques dizaine de milliers de fonctionnaires en plus
sans doute, mais à ce stade on n’en est plus à 50 000 près ; quelques
mesures fiscales contre les vilains riches, qui auront eu depuis longtemps le
loisir d’aller se faire voir en Suisse ou dans quelque autre endroit plus
accueillant, et qui retomberont d’aplomb sur les classes moyennes
supérieures ; quelques rodomontades sur la scène européenne pour obtenir
que l’on rajoute le mot « croissance » aux traités en vigueur - dire
c’est faire, n’est-ce pas - et quelques tentatives infructueuses pour obtenir
que la fourmi allemande se laisse voler sans rien dire les quelques provisions
qu’elle a mises de côté.
Bref, de la roupie de sansonnet au
regard du désastre actuel, et pour finir la débâcle et une austérité digne des
sept plaies d’Egypte lorsque la monnaie unique finira par s’effondrer - non
sans que nous ayons encore englouti des centaines de milliards d’euros que nous
n’avons pas pour essayer de la sauver.
Le Grand Remplacement continuera
à faire son œuvre, mais sans doute pas beaucoup plus vite qu’auparavant puisque
les gouvernements, de droite comme de gauche, ont de toutes façons renoncé à
maitriser les flux migratoires, au nom des « droits de l’homme » (les
guillemets sont ici nécessaires) et de la construction européenne.
La délinquance continuera à
prospérer, bien à l’abri d’une magistrature qui s’est convaincue que son devoir
sacré était de protéger les criminels contre les pulsions punitives des
honnêtes gens.
Le despotisme administratif
bruxellois continuera jour après jour à aspirer la substance vitale qui reste
encore dans pauvres démocraties nationales, avec la bénédiction de ceux qui
sont censés nous représenter et défendre notre liberté et nos intérêts les plus
chers.
Et l’éducation nationale
restera... l’éducation nationale, avec les grèves en plus.
Rien de nouveau sous le soleil
donc, juste quelques nuages en plus dans un horizon déjà surchargé.
Alors, bien sûr, il y aura sans
doute des mesures « sociétales », de celles qui semblent ne rien
coûter au gouvernement mais qui font tant plaisir au lecteur des
Inrockuptibles au peuple de gauche : mariage homosexuel, suicide
médicalement assisté, vote des étrangers non communautaires aux élections
municipales, peut-être d’autres encore, qui sait ?
Je ne tiens pas ce genre de
mesures pour symboliques et je pense même que certaines d’entre elles sont très
lourdes de conséquences pour l’avenir, mais que voulez-vous que je vous
dise ? Il est trop tard maintenant pour pleurer sur le lait renversé.
Que faire alors ?
Que faire ? Mais ce que vous
faisiez avant l’élection. Si vous en êtes arrivé à la conclusion que nos maux
sont sans remèdes et qu’il n’y a rien à faire, préparez votre départ, ou bien
priez pour que ces maux ne vous rattrapent pas, vous et vos proches, avant que
vous ne retourniez rejoindre votre créateur.
Si vous pensez que tout espoir
n’est pas perdu ou bien qu’un soldat doit savoir mourir les armes à la main
même sans espoir de vaincre, continuez à vous battre comme vous le faisiez
avant.
De ce point de vue cette élection
ne marque, me semble-t-il, aucune évolution des rapports de force. François
Hollande a été élu sans contestation mais mollement, sans adhésion particulière
ni à sa personne ni à ses idées (à supposer qu’il en ait, bien sûr). La gauche
française continue à être ce mélange de terrorisme intellectuel institutionnalisé
et de wishfull thinking moralisateur,
mais elle n’a pas avancé d’un iota dans la conquête des cœurs et des esprits.
Au contraire, certaines paroles
ont été prononcées durant cette campagne qui ne pourront pas être effacées,
quels que soient les efforts de la gauche en ce sens. La droite dite
« républicaine » a admis qu’il pouvait y avoir trop d’immigrés en
France, que l’ouverture des frontières européennes pouvait poser problème, que
toutes les civilisations ne se valent pas, et d’autres choses du même genre.
Oh, sans doute est-ce du bout des lèvres, sans doute est-ce l’épée de la
défaite dans les reins, mais ce n’est pas grave. Certains débats, certaines
questions sont devenus légitimes, une brèche a été creusée dans le consensus
dit « républicain » et il ne tient qu’à nous de l’agrandir. Et je ne
parle même pas des résultats du premier tour.
Certaines images de la soirée
électorale - oh, les jolis petits drapeaux - et la carte des résultats - tiens,
la Seine Saint Denis a voté à 65% pour Hollande - contribueront sans doute
aussi à ouvrir les yeux de certains. Que la gauche toute entière, et non plus
seulement sa composante communiste, soit devenue presque officiellement le parti de l’étranger a peut-être
contribué à lui faire remporter cette élection, mais il n’est pas sûr que cela
lui porte tant chance que ça.
Plus largement, il me semble que
le climat intellectuel et politique a évolué depuis plusieurs années - mettons,
par commodité, depuis cinq ou six ans - et évolué en notre faveur. Si donc vous
croyez en la bataille des idées - et vous devriez y croire - l’élection de
François Hollande ne devrait pas vous décourager. L’une des erreurs de Nicolas
Sarkozy a été de croire qu’il avait remporté la bataille des idées parce qu’il
avait remporté une bataille électorale, ne commettons pas l’erreur inverse de
croire que nous avons perdu la première parce que la gauche revient au pouvoir.
D’ailleurs, pour ce qui me
concerne, les affaires sérieuses reprennent dès la semaine prochaine.

Quand je regarde mes collègues qui ont voté pour le Président normal, ils ne m'ont pas l' air spécialement heureux.
RépondreSupprimerCertains m'ont avoué mais en chuchotant qu' ils n' avaient pas lu le programme du PS.
La douche va être froide et si le Président Normal ne donne pas du grain à moudre aux gens qu'ils l' ont porté au pouvoir, l' automne va être brûlant et là, les Dames Joly et Duflot ne pourront rien y faire.
Sinon, comme souvent un texte parfait, on boit du petit lait en vous lisant.
A mon avis ce n'est pas qu'ils ne l'ont pas lu c'est qu'il ne l'ont pas trouvé.
SupprimerDe toutes façons qu'a-t-on besoin de programme lorsque l'on a une mission sacré : battre Sarkozy?
Je constate comme vous les avancées idéologiques qui se sont produites ces dernières années. C'est déjà ça. Je continuerai de défendre mes idées et j'espère bien au cours de la campagne des législatives qui s'annonce aller poser quelques questions au député UMP sortant, histoire de savoir où il se place sur le plan de la "guerre culturelle" qui est pour moi essentielle. Ses réponses sur ce point influenceront mon vote.
RépondreSupprimerSi l'"action" de Hollande se réduit au domaine des réformes sociétales, c'est certes grave, mais si nos idées progressent, il sera toujours possible de revenir dessus. Je garde non seulement l'espoir mais la certitude que la raison finira par triompher des errances épiphénoménales.
Je l'espère aussi. En revanche je suis un peu moins optimiste sur la possibilité de revenir sur certaines "réformes sociétales" une fois celles-ci mises en oeuvre.
SupprimerMais ne crions pas avant d'avoir mal.
L'action économique ne dépend plus du gouvernement. Tout est déjà écrit, déjà décidé : http://tinyurl.com/ccbdwou (où l'on lira avec délectation que l'âge minimum de départ en retraite a déjà été fixé à 64 ans ...)
RépondreSupprimerEt c'est très bien expliqué ici : http://tinyurl.com/bqnfzub
Dès lors, pour se justifier d'être "de gauche" et de ne pas être Sarkozy, Hollande devra mettre le paquet sur les réformes sociétales. Alors même que, comme vous l'écrivez, "le climat intellectuel et politique a évolué en notre faveur". Le clivage va donc s'aggraver profondément du fait même de l'action de notre nouveau et bien-aimé président.
J'avoue ne pas avoir lu ni tourné un bouton de TV du 4 au 10 mai.
RépondreSupprimerJe connaissais le résultat sans plaisir ni crainte.
Sans plaisir car je n'attends rien de mon ex-camarade.
Sans crainte car "élu" à la satrapie de France, son pouvoir est nul,
(j'attends l'annonce du résultat de la "renégociation" des traités !)
Donc, ne craignons pas des dégâts important - à part quelques fonctionnaires -
Je suis par contre content d'avoir donné ma voix à MARINE, un petit bout de femme que je vois faire des choses importantes (une Jeanne en quelque sorte !), même si ça m'a valu d'une de mùes filles l'emploi du mot HAINE. C'est dire la puissance de l'idéologie dominante : plus personne ne réfléchit. J'ai pensé à Orwell "A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer."
La satrapie France...
RépondreSupprimerComment dit-on "qui paye décide" en allemand?
Tout le monde s'accorde à dire que Sa Mollitude a été élue par une minorité de Franco-Français (moi aussi, je suis binationale, ya pas de raison, na !).
RépondreSupprimerSans les media, il se serait déjà volatilisé.
Déjà, il n'aurait pas existé politiquement.
Mais de plus, le ridicule du personnage lors de sa première sortie non-officielle, de courtoisie, lui aurait valu l'ostracisme des dirigeants européens.
Ils doivent refaire 100 fois leurs plans de table…
S'il ne voulait pas ma mort, notre mort, cet homme ferait pitié.
Faudrait réfléchir à un plan pour prendre la maison de la radio, comme dans n'importe quelle république bananière.
Qui a le micro et les rotatives a le pouvoir.
"Au petit-déjeuner, je lisais un article du Point sur le fait que Hollande serait l’homme du retour au Franc, malgré lui. (…si tant est que les prophéties de MJJ ne se réalisent pas et qu’une révolution de palais ne le renverse pas dans les premières semaines de son mandat.)"
RépondreSupprimerhttp://liesidotorg.wordpress.com/2012/05/11/par-menthalo-la-fin-de-la-route/#comments
Le retour au Franc contraint et forcé me semble de plus en plus probable. Bien que très douloureux économiquement à court terme ce serait sans doute une bénédiction d'un point de vue politique, avec l'écroulement de la tour de Babel européenne.
RépondreSupprimerMais il se peut aussi que nous passions directement de la case Euro à la case troc.
Pensez à stocker des pâtes et des litres d'huile.
Très belle illustration de Géricault avec cet officier des chasseurs à cheval de la Garde impériale.
RépondreSupprimerLe retour au franc, je n' y crois pas par le contre le retour au Mark pour l' Allemagne c'est plus que probable et pourquoi le retour du monnaie allemande en France.
Ach! Que des bons souvenirs!!
http://www.bide-et-musique.com/song/442.html
Le changement c'est maintenant, il parrait...
RépondreSupprimer- Ha vraiment ?
- Oui, on a des preuves en image !