Les objections au libéralisme
Ces quatre concepts fondamentaux
- la culture, le droit naturel, l’ordre spontané, la foi - sont à la base d’une
grande partie de ce que les conservateurs reprochent au libéralisme[1]. Les
conservateurs sont d’accords entre eux sur un grand nombre de ces objections,
bien que pas sur toutes, mais chaque composante du mouvement a, sur la base de
son propre concept fondamental, endossé un rôle particulier dans la critique
d’une facette différente du libéralisme.
Pour le traditionaliste, la
caractéristique la plus contestable du libéralisme est un progressisme
désinvolte qui dédaigne complètement l’héritage de l’Amérique et le concept ou
l’idée de nation. Les libéraux recherchent ce qui est nouveau, ce qui est à la
mode et (pour parler de manière métaphorique) ce qui est
« européen », contre ce qui est traditionnel et américain. Les libéraux
préfèrent être multiculturels, cosmopolites, ou
« transnationaux » ; ils sont plus soucieux d’adopter le point
de vue d’autrui que le point de vue de l’Amérique et considèrent de plus en
plus la forme politique nationale comme un anachronisme, alors que le monde est
en train de se globaliser. Cette posture libérale est diamétralement opposée
aux conceptions du traditionaliste, qui est fier de notre propre culture - en
partie simplement parce qu’elle est la nôtre.
Les néoconservateurs reprochent
au libéralisme son relativisme, son affirmation que la pensée humaine parvient
à la conclusion qu’il n’existe aucun critère de ce qui est juste. Les libéraux
peuvent éventuellement savoir ce qui est juste en suivant les exhortations du
cœur - ils parlent sans cesse d’humanitarisme et de compassion - et ils
essayent parfois, de manière incohérente, de tirer du relativisme lui-même une
norme inconditionnée de tolérance. Mais lorsqu’on les met à l’épreuve, ils se
refusent à expliciter sur quel fondement pourrait reposer un critère rationnel
du juste et ils préfèrent à la place se dire « pragmatiques ». Pour
le libéralisme, l’édiction d’un tel critère révèle une arrogance et une
intolérance qui conduisent à l’extrémisme.
Les intellectuels libéraux les plus
en vue sont en faveur de la position théorique connue sous le nom de
« néo-pragmatisme » (ou non fondationnalisme politique), selon
laquelle on sert le mieux les démocraties avancées en abjurant tout concept
fondamental, quel qu’il soit, politique ou religieux. Pour les
néoconservateurs, le relativisme des libéraux et leur répudiation du droit
naturel risque de se transformer en inconstance dans l’accomplissement des
desseins de la nation, comme on a pu le voir durant la guerre froide et
aujourd’hui dans la guerre contre le terrorisme.
Pour le libertarien (et pour les
conservateurs économiques plus généralement) le libéralisme est condamnable à
cause de sa préférence automatique pour la régulation et la planification. Le
libéralisme est pratiquement synonyme d’Etat-providence. Aucun effort pour se
débarrasser de cette addiction - y compris les déclarations solennelles selon
lesquelles l’ère de l’Etat-providence est révolue[2] - ne
peut réussir. Le libéralisme est un délinquant récidiviste et un perpétuel
adversaire du « système de la liberté naturelle ». Le retour de plans
toujours plus grandioses de contrôle gouvernemental, depuis la Grande Société
dans les années 1960, en passant par la politique industriel des années 1970 et
les vastes projets d’expansion du gouvernement avancés par l’administration
Obama, sont, pour les libertariens, la preuve de la « présomption fatale[3] »
qui anime la pensée libérale.
La droite religieuse condamne le
« sécularisme » libéral, qui est aussi connu sous le nom
« d’humanisme séculier » ou de « religion de l’humanité ».
Le sécularisme fait bien plus que d’adopter une interprétation de la
Constitution qui cherche à ériger un célèbre « mur de séparation[4] »
entre la religion et l’Etat. Le sécularisme a un projet qui lui est propre, et
son objectif fondamental est de faire en sorte que la foi biblique ne se voit
plus reconnu aucun rôle en tant que principe directeur de la culture. Il ne
s’estimera pas satisfait tant que la foi ne renoncera pas à jouer quelque rôle
public que ce soit, direct ou indirect. Le conflit entre le sécularisme et la
foi est au cœur de ce que l’on nomme la guerre culturelle.
L’avenir du mouvement
En dépit du fait que le
conservatisme, sous une forme ou sous une autre, ait contribué à fixer l’ordre
du jour de la politique américaine pendant la plus grande partie de la période
qui va de 1980 à 2008, beaucoup de ses critiques affirment qu’il ne saurait
jamais devenir la philosophie d’une force vraiment active ou d’un « parti
de gouvernement ». Le mot « conservateur » lui-même, disent-ils,
ne dénote-il pas l’inverse de l’activité, ne traduit-il pas une disposition à
avancer lentement, à attendre que d’autres prennent l’initiative, et ensuite à
réagir ?
Le conservatisme ne peut jouer le
rôle de philosophie d’un parti de gouvernement que si ses quatre têtes sont
correctement agencées. Cet agencement dépendra toujours en partie des
circonstances du moment.
Le traditionalisme et le libertarisme sont
susceptibles d’être les plus influents lorsque la tâche du moment est de
corriger ou de défaire des politiques libérales erronées. Le traditionalisme
s’enorgueillit parfois de ne pas avoir de projet positif ; il trouve sa
vocation dans la critique des initiatives imprudentes des autres et souvent
fonctionne le mieux en tant que « conscience du conservatisme ». Le
libertarisme (y compris le conservatisme économique) est le plus nécessaire
lorsqu’il s’agit de contrecarrer les abus provoqués par la planification
centralisée. Son point fort est « l’administration » des affaires
intérieures - non pas, bien évidemment, dans le sens libéral de construction
d’un Etat administratif, mais dans le sens plus ancien de gérer les affaires
publiques. De nos jours le conservatisme économique ne peut pas rester passif.
Il doit se préoccuper de mettre au point des plans pour superviser l’économie,
pour réduire les budgets, et pour faire face à l’énorme pression économique
créée par les engagements excessifs de la protection sociale en matière de
retraite et de santé.
Lorsqu’il s’agit d’assumer un
rôle d’initiateur pour tracer de nouvelles routes, afin de piloter la nation
dans l’environnement international et de fournir un compas moral, les
néoconservateurs et la droite religieuse doivent jouer les premiers rôles. Les
principaux défis de la haute politique qui façonnera l’Occident sur le long
terme se trouvent dans la bataille pour sauver la civilisation d’une nouvelle
barbarie, et dans l’effort pour sauvegarder un climat hospitalier pour la foi
biblique. Le rôle de l’Amérique est central dans la manière dont ces deux
questions seront résolues. En tant que puissance mondiale la plus importante,
l’Amérique a la responsabilité de formuler la stratégie de base destinée à
contrecarrer la nouvelle barbarie, et la responsabilité de porter le fardeau de
la mise en œuvre de cette stratégie. En tant que nation de l’Occident ayant en
son sein le plus vaste mouvement pour soutenir la foi, l’Amérique a pour tâche
de garder le flambeau allumé en attendant que les temps redeviennent plus
favorables.
Pour qu’un leadership commun
entre les néoconservateurs et la droite religieuse puisse réussir, chaque
partie a besoin d’être consciente du rôle qui est le sien et du caractère de
son partenaire. Eviter les malentendus est crucial, car bien des gens avancent
des arguments destinés à brouiller ces deux groupes. L’un de ces arguments est
que le concept fondamental de droit naturel, étant donné son origine
rationnelle, est hostile à la foi. Cette position est erronée. Correctement
entendue, la conception américaine de la loi naturelle assigne au pouvoir
politique la charge de protéger les droits, mais elle n’exige pas l’abandon de
tout projet plus vaste ou plus élevé. Le respect et la protection des droits
constituent le minimum de la vie politique, pas son maximum. Les projets qui
sont compatibles avec la défense des droits naturels mais qui envisagent
d’encourager la poursuite d’un but plus élevé ne sont pas bannis de la vie de
la communauté politique. Le droit naturel par lui même ne requiert pas de
nourrir la foi biblique au nom du bien commun, mais il ne l’empêche pas non
plus. Un grand nombre d’adeptes du droit naturel sont aujourd’hui convaincus que
les objectifs de ce droit ne peuvent être atteints que par et avec le soutien
de la religion.
Une preuve de cette alliance peut être trouvée dans le fait que
les néoconservateurs se sont associés avec des membres de la droite religieuse
pour travailler ensemble sur des sujets très importants, tels que la
composition des cours de justice, le génie génétique, et la liberté scolaire.
Si les adeptes du droit naturel
ont trouvé dans le projet de la foi beaucoup d’éléments qui sont compatibles
avec le leur, l’inverse est aussi vrai. Tout d’abord, cela a été une pure
calomnie de la part des sécularistes de suggérer que les adeptes de la foi sont
hostiles à la protection des droits naturels et qu’ils sont par conséquent en
désaccord avec les néoconservateurs (et avec tous les autres). Dans le cours de
sa brève existence, la droite religieuse a poursuivi ses objectifs non pas en
opposition au système des droits naturels, mais en complément de ce système,
qu’elle soutient entièrement.
Le point le plus important, dans la perspective d’un partenariat, est que le projet de la foi ne se préoccupe que d’une mission limitée, pas de superviser l’ensemble d’un programme politique. Pour son propre bien, elle préfèrera sans doute ne pas être davantage qu’une mouvance puissante qui travaille au sein d’une coalition, plutôt qu’une force revendiquant la responsabilité de gouverner, ce qui est une tâche qui va bien au-delà de ses moyens et de sa vocation. Elle a par conséquent besoin d’un partenaire pour gouverner. Il serait bien sûr absurde de penser que les priorités différentes qu’ont ces deux parties de la coalition ne créeront jamais de conflit. C’est d’une gestion réaliste et réussie de ces conflits que dépend le futur du mouvement conservateur.
Le point le plus important, dans la perspective d’un partenariat, est que le projet de la foi ne se préoccupe que d’une mission limitée, pas de superviser l’ensemble d’un programme politique. Pour son propre bien, elle préfèrera sans doute ne pas être davantage qu’une mouvance puissante qui travaille au sein d’une coalition, plutôt qu’une force revendiquant la responsabilité de gouverner, ce qui est une tâche qui va bien au-delà de ses moyens et de sa vocation. Elle a par conséquent besoin d’un partenaire pour gouverner. Il serait bien sûr absurde de penser que les priorités différentes qu’ont ces deux parties de la coalition ne créeront jamais de conflit. C’est d’une gestion réaliste et réussie de ces conflits que dépend le futur du mouvement conservateur.
Annexe : le conservatisme est-il une forme de
libéralisme ?
Le conservatisme américain se
voue à la conservation de la république américaine. Il ne peut avoir de but
plus élevé ou plus noble. Mais qu’est-ce donc, plus précisément, que le
conservatisme est censé conserver ? Dans la mesure où la république
américaine est habituellement rangée parmi les régimes « libéraux »,
certains se sont demandés si le conservatisme aujourd’hui ne devrait pas être
considéré comme un synonyme du libéralisme ou comme une branche de celui-ci. Si
cela est le cas, comme le croient beaucoup de gens, la tâche centrale du
conservatisme serait de conserver le libéralisme (« libéralisme »,
dans ce contexte, fait référence à la variante originelle du 18ème siècle,
c’est à dire un gouvernement limité dont le but principal est de protéger les
droits individuels, plutôt qu’à la variante moderne qui désigne un Etat
interventionniste visant à réaliser la « justice sociale »).
Il y a sans aucun doute quelques
précédents pour identifier le conservatisme avec le libéralisme, dans la mesure
où deux des plus grands conservateurs américains, Friedrich Hayek et Milton
Friedman, ont préféré à un moment le terme de libéralisme pour décrire leur
position. Pourtant, c’est en définitive une erreur de penser que le
conservatisme américain est identique au libéralisme, même dans son sens
originel. Le conservatisme peut servir le libéralisme et chercher à le préserver,
mais il le fait souvent par des moyens que le libéralisme originel concevait à
peine et que le libéralisme moderne rejette habituellement. Et il fait cela
pour le bien du libéralisme originel. Le fait est que la théorie libérale n’a
jamais développé les instruments adéquats pour se maintenir elle-même ;
elle a toujours eu besoin de quelque chose de plus qu’elle-même pour survivre.
Le conservatisme est la philosophie qui, tout en donnant son aval à une bonne
part du libéralisme, reconnait ce besoin. Sans le conservatisme, le libéralisme
commencerait à dépérir. En fait il a déjà commencé à dépérir.
Le conservatisme conserve la
république américaine en soutenant ses fondements théoriques qui se trouvent
dans les droits naturels. Cette « vérité abstraite, applicable à tous les
hommes et à tous les temps » (Lincoln), les conservateurs n’ont pas honte
de la proclamer, y compris devant l’assemblée générale des Nations Unies. Sur
ce point, les conservateurs sont en accord un grand nombre des libéraux originels.
Les libéraux modernes, en revanche, préfèrent contester toute prétention à
posséder la vérité ou à avoir découvert un fondement ; ils se présentent
eux-mêmes comme des pragmatiques ou des « non fondationnalistes »,
tout en insérant leurs valeurs dans le « processus de développement »
ou dans le « changement ».
Le conservatisme conserve la
république américaine en soutenant l’idée de nation. La nation est nécessaire
pour la sécurité, pour les activités de la vie politique commune, et même pour
le bien de l’humanité en général. Après tout, quelle autre entité que
l’Etat-nation nous défend, met en œuvre nos lois, et pourvoit au bien-être d’un
grand nombre de gens qui ne dépendent pas de son autorité ? Le
conservatisme non seulement reconnait les arguments rationnels en faveur de la
nation, mais il laisse aussi une place à des sentiments justifiés d’attachement
à celle-ci, en reconnaissant que le cœur a ses raisons que la raison ne connait
point. Le libéralisme originel était également l’ami de la nation, et il avait
développé des notions qui soutenaient la nation, comme la notion de
souveraineté. Mais il est également vrai que le libéralisme a eu dès le départ
des difficultés à expliquer ce que pouvait être la nation au-delà d’un contrat,
et il n’a jamais pu arriver complètement à comprendre des sentiments
d’attachement raisonnables à celle-ci. Le libéralisme moderne est devenu de
plus en plus mal à l’aise avec la nation. Il considère le patriotisme comme un
anachronisme et il promeut une citoyenneté internationale et des études
internationales pour remplacer la citoyenneté américaine et une éducation dans
notre propre tradition politique. La catégorie principale du libéralisme
moderne est « l’humanité ».
Le conservatisme conserve la
république américaine en apportant un soutien approprié à la religion biblique.
La religion biblique a été la source majeure de notre système d’éthique, un
système fait de maitrise de soi et de croyance en quelque chose au-delà de
l’existence matérielle. Les conservateurs adhèrent aux principes libéraux de la
liberté de religion, de séparation de l’Eglise et de l’Etat, et de tolérance
religieuse. Mais ils ne voient pas de contradiction (pourquoi devraient-ils en
voir une ?) entre le fait de soutenir ces principes et le fait de
promouvoir des mesures raisonnables - que celles-ci concernent l’immigration,
la politique fiscale, ou bien l’éducation - pour préserver la place centrale
des religions bibliques dans notre culture. La théorie libérale originelle
était, dans certaines de ses formulations, réservée envers la religion, et
souvent elle n’a pas su reconnaitre ou apprécier à quel point la société
libérale avait emprunté au capital de la religion. En ce qui concerne le
libéralisme moderne (si l’on met de côté l’importante faction qui est hostile
aux religions bibliques), il a pris la norme légale de la liberté religieuse et
l’a déformé en un nouvel idéal de neutralité entre la foi et l’incroyance. Le
libéralisme ne nécessite pas cette neutralité, et le conservatisme ne la
recommande pas.
Le conservatisme conserve la
république américaine en promouvant « la tradition », ce qui fait
référence, au-delà de la religion et des Lumières, aux idéaux classiques grecs
et romains de vertu et d’excellence. Les conservateurs souscrivent au principe
libéral d’égalité des droits, mais ils le font, pour une part qui n’est pas
négligeable, parce que ce principe libère un espace pour l’apparition des
inégalités et des excellences. La tradition fournit également une base
théorique pour une hiérarchie des critères, qui permet aux conservateurs de
critiquer sans avoir à s’en excuser la vulgarité qui infecte toute société et
qui prospère dans la nôtre. Le libéralisme originel avait souvent les mêmes
inclinations - Jefferson parlait d’une « aristocratie naturelle » - mais
il s’engageait trop aisément dans des attaques contre les classiques et, dans
son exubérance rationaliste, il est allé trop loin dans l’élévation de l’utile
aux dépends du noble. Le libéralisme moderne, avec sa focalisation sur la
compassion, a eu du mal à soutenir et à récompenser ouvertement les différentes
formes d’excellence. Culturellement, il s’est aussi allié avec le relativisme,
qui est l’application de l’idée d’égalité à toutes les pensées. Le relativisme
rend plus difficile de maintenir des critères. Et surtout, dans nos
universités, le libéralisme moderne a mis de côté « les vieux
livres » afin de faire de la place pour les politiques de diversité et
d’identité.
Le conservatisme accueille
aujourd’hui les derniers adeptes du libéralisme originel. Et à juste titre,
puisque le mouvement conservateur est bienveillant envers le droit de
propriété, les marchés et qu’il s’oppose au collectivisme. Mais le
conservatisme est également la demeure de ceux qui croient que la défense du
libéralisme requiert quelque chose de plus que la théorie libérale. Les
conservateurs de cette sorte montrent comment le fait de cultiver la tradition,
la religion, et la vertu classique reconstitue le capital culturel qui nourrit
le libéralisme. L’existence de ces différents courants de pensée à l’intérieur
du conservatisme produit les tensions qui ont été mentionnées plus haut, mais
elle est également une source de la grande créativité du mouvement. Cette
créativité s’exprime le mieux dans l’idée que le bien public ne se trouve pas
dans l’adhésion aux principes les plus simples, mais dans le mélange d’idées
différentes et partiellement discordantes. En reconnaissant cette complexité,
le conservatisme montre qu’il n’est pas une simple branche du libéralisme.
[1] Toujours au sens américain
du terme. Donc pour nous, la gauche, ou le progressisme.
[2] Allusion à une phrase
prononcée par le Président Clinton lors de son discours sur l’état de l’Union
en janvier 1996.
[3] Allusion au livre de
Friedrich Hayek, The fatal conceit.
[4] Allusion à une formule fameuse employée par Jefferson dans une de ses lettres : “I contemplate with sovereign reverence that act of the whole American
people which declared that their legislature should "make no law
respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise
thereof," thus building a wall of separation between Church and State.”

"Mais le conservatisme est également la demeure de ceux qui croient que la défense du libéralisme requiert quelque chose de plus que la théorie libérale. Les conservateurs de cette sorte montrent comment le fait de cultiver la tradition, la religion, et la vertu classique reconstitue le capital culturel qui nourrit le libéralisme."
RépondreSupprimerJe trouve ce passage très intéressant. ça me rappelle un de vos précédents textes, je ne sais plus lequel, où vous évoquiez l'idée que le libéralisme a besoin, pour fonctionner, d'un certain type d'hommes doués de vertus classiques (probité, sens de l'effort...) que par lui-même il ne produit pas forcément.
Effectivement, j'ai du déjà en parler mais je ne sais plus si c'était dans un billet ou dans des commentaires.
SupprimerC'est une question importante et c'est l'un des points qui séparent le libéral-conservateur ou le conservateur-libéral du libertarien.
J'en reparlerais dans ma prochaine série de billets (sur le dernier livre de Charles Murray).
Pourtant on peut tout à fait être libertarien et conservateur. C'est même le cas de la plupart des grands penseurs libertariens, Rothbard en étant le principal exemple.
SupprimerUn libertarien conservateur est un paléo-libertarien. Le paléo-libertarianisme est une forme de libéral-conservatisme plus radicale et poussée jusqu'au bout de sa logique, qui consiste notamment en un ajout de paléo-conservatisme (mouvement issu des Etats-Unis et de la "Old Right") à la philosophie libertarienne.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pal%C3%A9o-libertarianisme