Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 22 janvier 2014

Plaidoyer pour la peine de mort (3/5)



 
Une troisième sorte d’argument couramment avancé contre la peine capitale porte sur le caractère censément inefficace de celle-ci. La peine de mort, dira-t-on, vise avant tout à dissuader certains criminels de passer à l’acte. Elle vise, grosso-modo, à retenir le bras de l’assassin au moment où celui-ci s’apprête à frapper. Or il serait aujourd’hui « prouvé » que la peine de mort ne fait pas diminuer les taux des crimes pour lesquels elle s’applique. Il n’y aurait pas moins d’assassins lorsque la peine de mort est appliquée, ni plus lorsque cette peine est abolie. Par conséquent la peine de mort pourrait être remplacée par d’autres peines, comme la prison à vie, sans aucun dommage pour la société.
Enoncé ainsi cet argument ne peut manquer de susciter une certaine incrédulité. Celui-ci semble en effet nier une réalité dont, a priori, tous les hommes sont familiers : la peur de la mort. Que la peur de la mort soit non seulement une passion presque universelle mais aussi extrêmement puissante ne peut pas être raisonnablement nié. Dès lors, comment les criminels pourraient-ils être insensibles à la possibilité d’être condamnés à mort ? Dire que ceux d’entre eux qui sont susceptibles d’être condamnés à mort ne prêtent pas attention à cette possibilité semble en faire des êtres tout à fait à part, fondamentalement différents du reste de l’humanité. En fait, si quelqu’un n’est pas susceptible d’être dissuadé de passer à l’acte par la menace de la mort, il parait nécessaire de conclure que cet individu n’est sans doute pas susceptible d’être dissuadé par quelque menace que ce soit. Il est au-delà de toute menace, au-delà de toute dissuasion.
Certes, nous savons que de tels hommes existent. Dostoïevski, par exemple, parle de deux d’entre eux dans ses Souvenirs de la maison des morts : Orlov et Petrov. Le premier, nous dit l’auteur « incarnait la victoire de l’esprit sur la chair : il pouvait se commander jusqu’au bout, il méprisait tous les tourments et toutes les punitions, il ne redoutait absolument rien. » Le second était aussi insensible à la punition, mais pour un autre motif : « la raison ne gouverne les êtres comme Petrov qu’autant que la volonté dort en eux, car s’ils désirent quelque chose rien ne saurait leur faire obstacle. » Orlov est intrépide, Petrov est irrationnel, entièrement gouverné par ses passions, par conséquent ni l’un ni l’autre ne peuvent être menés par la peur du châtiment. Mais, heureusement, de tels êtres sont rares, même chez les criminels.
Devons-nous alors supposer que les crimes passibles de la peine de mort sont tous commis dans des sortes d’accès de folie qui rendent insensibles à tout calcul coût/avantage ? Cela parait difficile à croire, car un nombre non négligeable d’assassinats se produisent dans le cours d’autres activités criminelles qui paraissent bien obéir à un certain calcul coût/avantage, comme le vol ou le cambriolage. Un cambrioleur, par exemple, qui évitera de passer à l’acte si la police est à proximité ou s’il pense que des gens armés sont présents sur les lieux, négligerait totalement le fait qu’il pourra être exécuté s’il tue ses victimes ? Comment soutenir une telle proposition ?
Par ailleurs, les meurtres qui sont commis dans des accès de rage, par exemple sous l’effet d’une violente jalousie, ceux que l’on appelle habituellement les meurtres « passionnels », sont rarement punis par la mort, précisément car les jurés sont susceptibles d’être persuadés que, au moment d’agir, le discernement du meurtrier était altéré. Les meurtriers à qui la peine capitale est appliquée en priorité sont au contraire ceux qui agissent avec un certain sang-froid, avec préméditation, dont les actes montrent calcul et détermination.
En fait, dire que la peine de mort en tant que telle n’est pas dissuasive est à proprement parler incroyable. Il va de soi qu’une peine de mort qui serait prononcée de manière aléatoire et rarement exécutée ne serait sans doute guère dissuasive. Mais ce qui serait alors en cause serait l’administration de la peine de mort, pas la peine de mort elle-même. Si réellement la science sociale prouvait que la peine de mort n’est pas dissuasive, ce serait bien plutôt la science sociale qui risquerait de perdre toute crédibilité, car nous préférerions en croire notre expérience quotidienne plutôt qu’une telle science.
Mais la science sociale fournit-elle une telle preuve ? En réalité, non. Le sujet, parmi les spécialistes, est bien plus disputé que ne le laissent croire les partisans de l’abolition. Certaines études trouvent un lien de causalité entre le taux de meurtres et l’existence de la peine de mort, d’autres ne trouvent pas de lien. Mais il importe de bien comprendre que les études qui ne découvrent pas un tel lien de causalité ne prouvent en rien qu’un lien de ce genre n’existe pas. Les critères mis en œuvre par la science sociale pour établir l’existence d’une causalité sont – lorsque les études sont bien conduites – très exigeants et, dans le cas du lien entre peine de mort et criminalité, il est extrêmement difficile de contrôler tous les facteurs, et même simplement de savoir quels facteurs doivent être pris en compte. Que, dans ce cas, la science sociale ne trouve rien ne prouve donc nullement que rien n’existe.
Mais, dira-t-on alors, les études qui trouvent un lien de causalité entre peine de mort et criminalité ne prouvent rien non plus ? A strictement parler non, elles n’administrent pas la preuve définitive et incontestable que la peine de mort serait dissuasive. Mais il y a une différence essentielle avec les études qui ne trouvent rien : elles ne contredisent pas le sens commun.
Ceux qui entendent se baser sur la science sociale pour prouver que la peine de mort n’est pas dissuasive se donnent pour tâche de réfuter l’une des évidences les plus puissantes et les plus universelles du sens commun, à savoir que les hommes considèrent la mort, si ce n’est comme le plus grand mal, du moins comme un très grand mal, et qu’ils font énormément d’efforts pour l’éviter. Une évidence fondée à la fois sur notre propre expérience intérieure et sur l’observation de ceux qui nous entourent ou qui nous ont précédés. La science sociale n’est absolument pas en mesure de procéder à une telle réfutation et ne le sera sans doute jamais.
Peut-être la peine de mort n’est-elle pas très dissuasive, peut-être son existence ne produit-elle qu’une différence statistiquement faible ou très faible, mais dire que la peine de mort n’est pas du tout dissuasive n’est pas soutenable. Même si la science sociale, à cause de ses limites, ne parvient pas à les découvrir, nous pouvons être moralement sûrs que certains criminels ont été et seront dissuadés par l’existence de la peine capitale.
Au surplus, l’argument de la dissuasion n’a jamais été l’argument essentiel en faveur de la peine de mort. Si, par impossible, quelque chercheur prouvait un jour que ce châtiment n’est pas dissuasif, la position des partisans de la peine capitale n’en serait guère affaiblie puisque leur demande que certains crimes soient punis par la mort repose avant tout sur la notion de rétribution : ce que mérite le criminel, c’est de recevoir un châtiment proportionné à la gravité de son crime. Que cela en dissuade éventuellement d’autres de l’imiter est sans doute une bonne chose, mais il s’agit là d’une considération secondaire, subordonnée. Et si le châtiment ne dissuadait personne, il n’en resterait pas moins mérité.

 
C’est à ce point que surgit la dernière sorte d’argument contre la peine capitale, l’argument de la vengeance.
La peine capitale, dira-t-on, n’est pas un acte de justice, c’est une vengeance légale. Elle est une retombée dans la barbarie car elle prend sa source dans le désir de voir souffrir un autre être humain. L’homme civilisé ne se venge pas des offenses qui lui sont faites, il se contente de demander que justice lui soit rendue et la justice n’a pas de place pour la cruauté ni pour la colère. Le désir de se venger est l’une des passions les plus ignobles et les plus destructrices qui peuvent habiter le cœur humain, et par conséquent le gouvernement ne devrait en aucun cas accepter de lui donner satisfaction. Bien au contraire, il devrait s’efforcer de l’éradiquer autant qu’il est possible. Donc la peine de mort ne devrait pas faire partie de son arsenal répressif.
L’argument n’est, à première vue, pas sans mérite, car il n’est pas contestable que, dans un passé pas si lointain, la peine capitale n’ait donné lieu à des spectacles hideux, la foule qui assistait à l’exécution s’adonnant quelques fois aux pires excès et semblant se repaître du sang versé – parfois même plus au propre qu’au figuré. Ce n’est pas pour rien que, dans la plupart des pays, les exécutions ont peu à peu été dérobées au regard du public.
Plus largement, il n’est guère contestable non plus que l’institutionnalisation de la justice a, entre autres choses, pour but d’éviter les cruautés et les excès auxquels donne trop souvent lieu le règlement privé des différends. La justice, en tant qu’appareil administratif soumis à des procédures strictement codifiées, a notamment pour but de nous éviter les horreurs de la vendetta.
Toutefois, il faut encore nous demander ce que les abolitionnistes mettent exactement sous ce terme de « vengeance ». Qu’est-ce selon eux que la vengeance, à la différence de la justice ?
De deux choses l’une, semble-t-il.
Soit la vengeance désigne pour eux le fait de faire souffrir un autre être humain. Le désir de se venger est le désir de faire souffrir. En ce cas, les abolitionnistes doivent reconnaître qu’ils ne sont pas opposés seulement à la peine de mort, mais à toute forme de châtiment. Toute peine dont le but serait de faire souffrir le condamné devrait être supprimée. Le seul but de la peine devrait être de dissuader et, éventuellement, de réformer le criminel. Ce qui signifie par exemple que, s’il existait une catégorie de criminels pour lesquels les notions de dissuasion et de réhabilitation soient dépourvues de sens, ceux-ci ne devraient pas être punis, quelle que soit par ailleurs l’énormité de leur crime. Selon cette logique, il semble bien que les grands psychopathes, ceux qui tuent de manière répétée par plaisir, un Guy Georges par exemple ou un Ted Bundy, ne devraient pas être punis pour leurs crimes, car personne ayant tout son bon sens ne pourrait prétendre que ce genre d’individus pourraient être dissuadés de passer à l’acte par la perspective d’être exécuté ou bien que nous saurions comment les « guérir ».
Peut-être éventuellement ces criminels très dangereux devraient-ils être neutralisés, mais cette neutralisation n’aurait pas à être une peine, ne devrait pas être une peine, puisqu’il n’existe aucune raison de les faire souffrir.  Il est inutile de rajouter de la souffrance à la souffrance. Faire délibérément souffrir est une forme de barbarie. Une résidence isolée mais confortable et pourvu de toutes les aménités nécessaires à une vie oisive pourrait donc être envisagée. Mais, dans la mesure où l’isolement est souvent générateur de souffrance, sans doute serait-il aussi nécessaire de prévoir la formation de personnel des deux sexes spécialisés dans la satisfaction des différents « besoins sociaux » que les condamnés pourraient manifester.
De la même manière, selon cette optique, l’œuvre d’un Simon Wiesenthal perd tout sens. Pourquoi donc traquer les criminels nazis bien longtemps après la fin de la guerre, alors que ceux-ci sont devenus de vieux messieurs qui vivent paisiblement dans le pays où ils se sont réfugiés ? Ils ne représentent plus un danger pour personne. Ils n’ont aucun besoin d’être « soignés », et l’idée que nous pourrions empêcher l’apparition de régimes tyranniques en punissant ceux qui y ont participé est trop invraisemblable pour être sérieusement examinée. Les apprentis tyrans normalement intelligents ont toujours su que la carrière est extrêmement dangereuse, indépendamment de toute perspective de punition légale. Alors, pourquoi donc juger un Eichmann, pourquoi le condamner ? Si nous devons nous abstenir de toute « vengeance », Eichmann, et tous ceux qui lui ressemblent, auraient dû mourir tranquillement dans leur lit.
Assimiler le fait de désirer voir souffrir le criminel à un ignoble désir de « vengeance » revient en vérité à faire disparaître la notion même de justice, entendue dans son sens le plus élémentaire : à chacun son dû ; car que peut donc bien mériter un criminel, si ce n’est de souffrir pour ce qu’il a fait ?
Soit, seconde hypothèse, les abolitionnistes refusent de donner une acception aussi extrême au mot vengeance. Ils reconnaissent une place à la notion de rétribution et assimilent simplement la vengeance à une punition excessive. Mais en ce cas leur argument perd beaucoup de son poids, pour ne pas dire qu’il disparaît entièrement. Car il n’est pas évident par soi-même que la peine capitale serait, en tant que telle, une punition disproportionnée. Pourquoi la peine de mort serait-elle plus une « vengeance barbare » qu’un emprisonnement à vie ? Si le châtiment doit être proportionné au crime, pourquoi donc refuser a priori la peine capitale ? Devant l’énormité de certains crimes, cette peine n’est-elle pas la seule qui puisse prétendre rétablir au moins partiellement la balance de la justice ?
L’abolition de la peine de mort ne peut être rationnellement soutenue que sur la base d’un refus total de la notion de rétribution.

36 commentaires:

  1. "Le seul but de la peine devrait être de dissuader et, éventuellement, de réformer le criminel."

    Il me semble que quand on parle de dissuasion, il s'agit de dissuader non pas le criminel mais tous ceux qui pourraient avoir la velléité de l'imiter. Par conséquent, même un abolitionniste forcené admettra toujours que la peine doit être désagréable.
    Au fond, si certains parlent de vengeance à propos de la peine capitale, c'est simplement parce qu'ils estiment qu'il est établi que 1° tout ce qui va au-delà de la neutralisation + dissuasion est superflu et donc gratuit, et que 2° la peine capitale n'est pas plus dissuasive ou plus neutralisante que d'autres peines moins sévères.
    L'usage de ce mot est simplement une façon subtile de faire passer cette pétition de principe.

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    1. "Il me semble que quand on parle de dissuasion, il s'agit de dissuader non pas le criminel mais tous ceux qui pourraient avoir la velléité de l'imiter."

      Les deux. Dissuasion particulière et dissuasion générale.
      Pour le reste vous avez raison, à une nuance près me semble-t-il : l'usage du mot "vengeance" n'est pas purement rhétorique, il fait aussi signe vers un problème véritable, celui de l'indignation morale qui est à la base du désir de punir, et qui est une passion problématique. Indispensable, mais problématique.
      D'ailleurs le fait même que ce (demi) artifice rhétorique ait une certaine efficacité dans le débat public montre bien qu'il touche un point délicat.
      J'y reviendrai la prochaine fois.

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  2. "Pourquoi la peine de mort serait-elle plus une « vengeance barbare » qu’un emprisonnement à vie ? "
    Le débat eut lieu, en cours de philo et je me souviens qu'hostile à la peine capitale (ce que je pense toujours), j'avais développé cet argument (mais allez distinguer, chez un gamin de 17 ans, ce qui tient à la raison de ce qui relève de la frime !) à savoir ma préférence (cas personnel) d'une peine de mort à l'emprisonnement à vie.

    Quant à la traque des criminels nazis longtemps après la fin de la guerre, il s'agit plutôt d'un acte d'éducation plus que de vengeance. Regardez le "débat" (?) actuel Valls/Dieudonné où chacun lutte pour bénéficer des avantages respectifs de la victimisation.

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    1. En ce qui concerne votre "préférence" pour la peine de mort par rapport à la perpétuité, j'avais déjà répondu à cet argument sous le premier billet. Je remets ici ce que je disais à ce commentateur :

      "Vous dites tout d’abord que la perpétuité réelle serait un châtiment pire que la mort. Cela me semble faux, mais à supposer que cela soit vrai, si par ailleurs vous êtes prêt à infliger cette perpétuité réelle, alors le débat est clos, en quelque sorte : pourquoi refuser que la mort fasse partie de l’arsenal punitif si vous êtes prêt à infliger une punition pire que la mort ?
      Mais j’ai dit qu’il ne me semblait pas vrai que la perpétuité réelle puisse être considérée comme pire que la mort, du moins la perpétuité dans les conditions où elle serait prononcée aujourd’hui. Ici la question n’est pas de savoir quelles sont les préférences de tel ou tel, mais quel est le sentiment général sur cette question, car c’est nécessairement là-dessus que se fonde l’échelle des peines. Or il me semble peu contestable que la perpétuité est à peu près unanimement considérée comme une punition moins terrible et moins solennelle que la mort. J’en veux pour preuve, par exemple, le fait que commuer une peine de mort en une peine de détention perpétuelle a toujours été considéré comme une grâce, un adoucissement.
      Il me semble qu’il serait possible de démontrer plus positivement que la peine de mort est un châtiment plus grave que la perpétuité, mais cela requerrait un argument dialectique beaucoup plus long, et au surplus pas forcément nécessaire, donc je m’arrêterais là.
      J’ajouterais simplement qu’il existerait un moyen très simple de s’assurer que la perpétuité est un châtiment plus doux que la mort : laisser le criminel libre de se suicider, ou de demander à être exécuté, s’il estime que la vie en prison lui est à charge."

      En ce qui concerne la traque des grands criminels (nazis ou autres) longtemps après les faits, il ne s'agit ni d'éducation ni de vengeance, mais de justice : il serait injuste qu'ils meurent tranquillement dans leur lit si nous avons la possibilité de les punir pour ce qu'ils ont fait.
      Cela étant dit il y aurait des nuances à apporter en fonction du crime, du temps passé, du degré de responsabilité, etc. Mais l'idée général est celle-là.

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  3. Cher Aristide,

    Le « sens commun » (pourquoi pas le bon sens populaire, tant qu’on y est ?) nous enseigne que c’est le soleil qui se déplace et la terre qui reste immobile. Mais je vois bien que la dissuasion n’est pas le socle fondamental de votre point de vue.

    « Pourquoi la peine de mort serait-elle plus une « vengeance barbare » qu’un emprisonnement à vie ? »

    Parce que la justice ne consiste pas à rendre le mal qui nous a été fait, mais à mettre les criminels hors d'état de nuire ? (je vous renvoie à la phrase de Gandhi sur la loi du talion).

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    1. ( Je prends sur mon moi 2.0. de répondre avant l'intéressé, puisse-t-il me pardonner).
      Vous dites que le rôle de la justice consiste "à mettre les criminels hors d'état de nuire ". C'est juste, mais d'une certaine manière seulement et cette manière là est pragmatique et appréciable par tous. Mais dans le cas d'Eichmann évoqué plus haut, il ne s'agit pas de mettre hors d'état de nuire un fonctionnaire retraité qui ne demandait qu'à siroter tranquillement des alcoopops argentins en attendant sagement que la Faucheuse fasse son oeuvre toute naturelle. Il y a dans la peine de mort, si invraisemblable puisse-t-elle paraître lorsqu'elle n'est considérée que sous un prisme absolutiste, quelque chose qui tient tout simplement à la conscience humaine et aux conséquences que cette découverte ( parce que la conscience est une découverte ) impose à ceux qui espéraient s'y soustraire.

      Je regardais un énième épisode de "Faites entrer l'accusé" l'autre soir et il y était question d'un pédophile-violeur-étrangleur récidiviste, Patrick Tissier. A son dernier procès ( et espérons que cela soit son dernier...), il a fini par dire ce que probablement il n'avait jamais dit de toute sa misérable existence : << J'espère qu'il n'y aura jamais d'autre Patrick Tissier>>. C'est là ( lorsque les plus irrécupérables criminels sentent d'eux-mêmes à quel point ils sont irrécupérables ) que l'on peut commencer, même pour les plus réticents, à émettre de sérieux doutes quant à la validité de la trop fameuse assertion : << La peine de mort n'est pas une solution>>.

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    2. Vous ne devriez pas vous moquer du sens commun, il est parfois insuffisant mais il est aussi indépassable, en un sens. Même les plus grands savants doivent y avoir recours quotidiennement.
      Mais je ne vais pas me lancer dans une dissertation philosophique sur cette notion, ce que j’avais à l’esprit est très simple : nous avons des motivations de nos semblables une certaine connaissance qui ne requière aucune démonstration, et qui n’en est d’ailleurs pas susceptible, et qui provient de ce que nous reconnaissons en eux ce que nous expérimentons en nous-mêmes. C’est sur ce genre de connaissance non démonstrative et « spontanée » que repose nécessairement toute démonstration concernant les affaires humaines.
      C’est très exactement ce que dit Hobbes au début du Léviathan par exemple : « yet, when I shall have set down my own reading orderly and perspicuously, the pains left another will be only to consider if he also find not the same in himself. For this kind of doctrine admitteth no other demonstration.”
      Maintenant je vous pose la question : niez-vous que les hommes considèrent ordinairement la mort comme un très grand mal et qu’ils font énormément d’efforts pour l’éviter ?

      En ce qui concerne la loi du talion, vous ne devriez pas la mépriser non plus. D’abord elle est un principe de modération : une dent pour une dent, et non pas toute la mâchoire ; ensuite elle est au cœur de toute idée de la justice. La justice est compensation, équilibre des biens et des maux. Pourquoi croyez-vous que l’on représente la justice avec une balance à la main (et une épée) ? En ce sens la loi du talion est indépassable, même si elle doit parfois être complétée, car il peut exister des circonstances atténuantes ou aggravantes qui rendent la compensation simple inadéquate.
      Et si la justice consiste simplement à mettre les criminels hors d’état de nuire, êtes-vous prêt à assumer toutes les conséquences qui en découlent et notamment le fait que les pires criminels ne devraient pas être châtiés ?
      En vérité je pense que personne ne peut soutenir une telle position jusqu’au bout, sans se contredire à un moment ou l’autre.

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    3. Ostia => Je suis heureux d'être incapable de regarder en entier un "Faites entrer l'accusé". Mais apparemment, pour vous, ça n'est pas insupportable.

      Aristide => Il est évident que la justice repose, en plus de l’arrestation des criminels, sur la réciprocité (on va dire que mes propos précédents étaient incomplets). Mais c’est justement pour respecter la réciprocité que la loi du talion est dépassable : la vie humaine n’ayant pas d’équivalant, on ne « rend » rien en tuant celui qui a tué. Aller retrouver les anciens SS devenus gâteux ne ramènera pas leurs victimes. Vous prétendez qu’ils méritent la mort ? Je dis que c’est abject de se débarrasser de quelqu’un parce qu’il vous gêne.

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    4. On n’exécute pas quelqu’un parce qu’il vous « gêne » mais parce qu’il vous fait horreur, parce que l’évocation de ses crimes vous soulève le cœur et déclenche votre indignation. Je suis sûr que vous voyez la différence.
      Mais puisque vous êtes d’accord avec moi pour dire que la justice est compensation, réciprocité, pourquoi vous arrêtez-vous à la vie humaine ? Pourquoi affirmez-vous que la vie humaine n’aurait pas d’équivalent ? Pourquoi une vie ne pourrait-elle pas compenser une vie ? Car il ne s’agit pas de « rendre » à la victime mais au criminel : de lui rendre, au moins en partie, le mal qu’il a fait, de lui ôter ce qu’il n’a pas hésité à prendre à ses victimes. Pourquoi devrions-nous faire plus de cas de sa vie qu’il n’en a fait des vies de ceux qu’il a tué ? Pourquoi devrait-il être autorisé à conserver ce bien précieux dont il a privé sans scrupules ses victimes ? J’ai beau chercher, je ne vois pas pourquoi nous devrions par principe nous interdire de l’exécuter.

      Quant aux criminels de guerre nazis (ou autres), j’ai bien dit qu’il y avait des nuances à observer, selon les cas particuliers. Aller chercher de simples exécutants, très jeunes au moment des faits, 70 ans après, peut apparaître comme discutable, plus encore si ceux-ci n’ont plus toute leur tête. Mais cela ne change rien au principe : les vrais responsables de ces crimes abominables ne méritent pas de mourir dans leur lit, et si nous les traquons longtemps après les fait et alors qu’ils ne représentent absolument plus aucune menace, c’est parce que la justice la plus élémentaire demande qu’ils payent pour ce qu’ils ont fait.
      Ou bien Eichmann (ou Hitler à supposer qu’il ait pu s’échapper, ou un Pol-Pot, ou un Mao, etc.) méritait-il de finir paisiblement ses jours en Argentine en bon papy-gâteau ?

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    5. C’est amusant, quand j’employais le mot « gêne » je voulais dire exactement l’idée que vous avez utilisée (l’horreur, le sentiment que « ça ne devrait pas exister des types comme ça »). Ces criminels nous gênent. Comme il est facile de les effacer de la réalité. Comme c’est tentant de ne pas vouloir partager ce monde avec eux.

      Inversement, l’acte noble est du côté de l’abolition (ce qui n’a rend à voir avec le pardon). « Pourquoi devrions-nous faire plus de cas de sa vie qu’il n’en a fait des vies de ceux qu’il a tué ? ». Mais tout simplement parce que nous ne sommes pas comme lui. Nous valons mieux que ça. Nous n’avons pas à nous abaisser à son niveau.

      Et puis croupir dans un cachot est bien autre chose que de « finir paisiblement ses jours ».

      J’ajoute que si vous acceptez la peine de mort pour ceux que la loi juge criminel, ça devient problématique de dire que les assassinats politiques de masses et autres génocides commis par un Hitler ou un Lénine sont « mal ».

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    6. Pour Razorback : "Faites entrer l'accusé", que voulez-vous, c'est un peu comme la peine de mort : un spectacle-Vrai pour les seuls initiés.

      Pour les humanistes : << La peinte de Mort est le résultat d'une idée mystique, totalement incomprise aujourd'hui. La peine de Mort n'a pas pour but de sauver la société, matériellement du moins. Elle a pour but de sauver ( spirituellement ) la société et le coupable. Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu'il y ait assentiment et joie de la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le Paradis.>> Baudelaire

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    7. Si c’est ce que vous vouliez dire, reconnaissez que ce n’était pas exprimé bien clairement.
      Je note qu’il y a une certaine tension, pour dire le moins, entre votre idée que les abolitionnistes seraient prêts à regarder la réalité en face, à la différence des partisans de la peine de mort, et le fait que vous vous estimiez heureux de ne pas pouvoir regarder en entier un « Faites entrer l’accusé ».
      Comment d’ailleurs pouvez-vous vous prononcer sur le sort que méritent de tels criminels si vous n’êtes pas capable de prendre connaissance de ce qu’ils ont fait ?
      Mais au-delà de ça, vous vous méprenez complétement. Vous semblez dire que les partisans de la peine de mort chercheraient à effacer une réalité gênante, comme si la fonction de ce châtiment était de rassurer ses partisans en leur laissant croire que l’on pourrait faire disparaître le mal de ce monde.
      C’est absurde. Un partisan de la peine de mort est au contraire quelqu’un qui sait que le mal est inéradicable, qu’il existera toujours des Ted Bundy. C’est précisément pour cela que la peine de mort sera toujours nécessaire : parce qu’il y aura toujours des criminels particulièrement abominables pour qui elle est le seul châtiment proportionné à leurs actes. Exécuter un Ted Bundy n’implique nullement croire que l’on pourrait faire disparaître la perversité humaine. Ou bien diriez-vous que soigner une maladie revient à croire que l’on pourrait faire disparaître la maladie et la mort ?
      Il me semble au contraire que ce sont les abolitionnistes qui, en général, croient naïvement que les rapports humains pourraient un jour devenir suffisamment pacifiés pour que l’on n’ait plus à se « salir les mains », par exemple en donnant la mort. Ce sont bien plutôt eux qui refusent de regarder en face la réalité, la réalité de ce que certains hommes sont capables de faire à d’autres, et de ce qui est nécessaire pour maintenir un ordre tant soit peu civilisé.

      « Mais tout simplement parce que nous ne sommes pas comme lui. », dites-vous.

      C’est exact. Eux tuent des innocents pour leur plaisir ou pour le gain que cela peut leur procurer. Nous, nous les exécutons, après leur avoir fait un procès au cours duquel ils auront pu se défendre, et si nous sommes convaincus de leur culpabilité au-delà de tout doute raisonnable. Nous ne sommes pas comme eux.
      Cela étant dit, il ne faut pas non plus pousser trop loin le désir de ne pas imiter les criminels sous peine de tomber dans des positions absurdes, comme de dire que, puisque les criminels utilisent la violence nous ne devrions pas en faire autant pour les combattre. Ce n’est pas pour rien si la justice est représentée avec une épée. Oui, une certaine dose de violence est appropriée et nécessaire pour lutter contre le crime et pour le punir. Mais ne pas voir la différence entre cette violence là et celle des criminels, c’est à peu près comme de condamner la médecine sous prétexte que Mengele ou Shiro Ishii étaient des médecins.

      Puisque vous dites (si je vous comprends bien) que Eichmann et ses semblables devraient « croupir dans des cachots », c’est donc que vous êtes d’accord sur le fait que la fonction essentielle de la justice est de faire souffrir les criminels pour ce qu’ils ont fait, car dans leur cas je ne vois aucune autre justification au fait de leur infliger une peine. Vous êtes donc en réalité tout, tout près d’accepter la peine de mort.
      (Et entre nous soit dit, de nos jours on ne « croupit plus dans un cachot » lorsqu’on vit dans une démocratie libérale. On est enfermé dans des prisons qui sont souvent d’un niveau de confort très supérieur à ce dont pouvait bénéficier un ouvrier il y a un siècle, par exemple.)

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    8. Pour finir, je ne sais pas trop quoi faire de votre comparaison entre la peine de mort et les assassinats de masse commis par un Hitler ou un Lénine. Serait-ce vraiment que vous êtes incapable de distinguer entre l’exécution, par exemple, d’un tueur en série au terme d’un procès équitable, et la solution finale ou l’holodomor ? Je ne peux pas le croire.
      Mais si réellement c’est le cas, si vraiment vous pensez que si l’on admet la peine de mort on doit logiquement accepter n’importe quel génocide, je suis obligé de conclure que vous récusez toute loi, tout système pénal, et en fait toute vie humaine organisée : si l’on ne peut pas faire une distinction aussi élémentaire, on ne peut certainement pas prendre le risque d’accepter la moindre loi. Toute loi conduit à Auschwitz selon une telle logique.

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    9. Ostia => Je trouve douteux de repeindre Baudelaire en partisan dans la peine de mort, quand on connaît les éloges qu’il a décerné à Hugo pour ses préoccupations sociales (dont l’une d’elle, vous ne l’ignorez pas, est d’abolir cette peine). Vous ne pouvez pas l’incorporer avec cette seule citation.

      Et en plus vous en êtes fier, de votre « spectacle »…A croire que les combats de gladiateurs vous manquent. Panem et circenses, et adieu toute dignité…

      Aristide => Je pense que contrairement à Ostia, vous savez ce qui relève de l’activité d’un tribunal et d’un jury, et ce qui relève de la propagande télévisuelle racoleuse et glauque.

      Je laisse de côté le débat sur le progressisme.

      Vous parlez d’ordre, or vous n’avez pas encore avancé de preuves sur le désordre que générerait l’abolition de la peine de mort dans une société donnée. On peut avoir « l’Ordre moins la Terreur ». Et la mort est terrifiante, vous l’avez rappelée. La vertu ne peut pas reposer sur la terreur.

      Vous ne pouvez pas nier que les sociétés qui utilisent la peine de mort (USA, Chine communiste) sont des sociétés nettement plus violentes (sur la violence dans la vie quotidienne médiévale, il me semble que Norbert Elias a écrit sur le sujet, et sur la pacification progressive).

      Sur la comparaison avec le totalitarisme, je pense qu’une société qui utilise la peine de mort donne à une dictature potentielle des facilités légales, la transition vers le despotisme est beaucoup moins aisée dans une société qui a laissé cette peine derrière elle.

      Pour ce qui est des conditions de détention, je doute qu’un ouvrier ou que n’importe quel être humain ressorte indemne d’une prison de haute sécurité moderne. C’est même criminogène tant la personnalité s’en trouve détruite.

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    10. Je me moque de l'état psychologique d' un détenu après tente ou quarante année passé entre quatre murs car c'est mes impôts que ce personnage sera nourri et logé, donnez moi une scie et je ferais le boulot sans état d'âme

      Pour le système totalitariste se complet avec ou sans peine de mort, dans ce pays la peine de mort n'existe plus et pourtant nous sommes dans un état pré-totalitaire.

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    11. Oui, je sais ce qu’est l’activité d’un tribunal et comment fonctionne un jury. Et c’est bien pour cela que je sais que ce que doivent supporter des jurés, lorsqu’ils sont chargés de juger un Fourniret ou un Dutroux, est bien pire, et de très loin, de que ce peuvent endurer les spectateurs d’une émission de télé, fut-elle racoleuse et glauque (je précise que je n’ai jamais regardé « Faites entrer l’accusé » et que de manière générale je regarde très peu la télé).
      Je réitère donc ce que j’ai dit : pour pouvoir se prononcer sur la peine de mort, il faut aussi, me semble-t-il, être capable de regarder en face ce que certains criminels sont capables de faire. La peine de mort est une peine terrible, mais il existe aussi des criminels terribles (et pour certains d’entre eux même ce mot est faible) et c’est bien pour cela qu’elle est parfois appropriée. Se prononcer dans l’abstrait sur cette question, en invoquant de grands mots souvent très nébuleux, comme par exemple la dignité humaine, n’est pas correct.
      Sur ce point je suis d’accord avec Camus : il faut dire la réalité, c’est-à-dire la réalité de l’exécution MAIS AUSSI la réalité des crimes qu’elle sanctionne, ou qu’elle devrait sanctionner. J’en donnerai un exemple plus tard.

      En ce qui concerne les conditions de détention dans une prison de haute sécurité, puisque nous parlons des pires criminels, donc de gens qui, si j’en crois votre propre aveu, devraient y rester à perpétuité, parler d’effet « criminogène » n’a aucun sens, s’agissant de gens qui sont déjà au sommet de l’échelle du crime et qui, normalement, ne devraient jamais sortir de prison. Cela n’a pas plus de sens de se demander si un être humain peut en ressortir indemne : ils ne sont pas censés en sortir, et de toute façon la prison est une peine, un châtiment, donc oui elle laisse des traces. C’est la moindre des choses.
      Cela étant dit, je réitère mon affirmation première : la prison aujourd’hui, dans une démocratie libérale, n’a rien à voir avec un cul-de-basse-fosse ou un in-pace, et les conditions de confort théorique y sont souvent plus qu’acceptables (reste le problème éventuel de la surpopulation, mais à cela la solution est simple : il faut construire plus de prisons).

      En ce qui concerne votre affirmation selon laquelle les pays dans lesquels la peine de mort est en usage sont des sociétés nettement plus violentes, je pourrais répondre que je trouve très étrange de mettre dans le même sac une démocratie libérale et une tyrannie ; qu’aux Etats-Unis la criminalité a baissé de plus de 40% en 20 ans, ce qui est la baisse la plus rapide et la plus ample jamais documentée, alors qu’en France la criminalité a augmenté presque continument depuis les années 1960 ; mais je me contenterais de répondre ce que j’ai déjà dit auparavant : on ne peut rien tirer de l’observation que vous faites (à supposer qu’elle soit exacte) : ce n’est pas parce que deux choses sont présentes en même temps ou se suivent qu’elles sont liées.

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    12. Enfin vous dites que je n’ai « pas encore avancé de preuves sur le désordre que générerait l’abolition de la peine de mort dans une société donnée ». Effectivement, puisque je n’en ai pas encore parlé dans mes billets. J’en dirai quelques mots la prochaine fois, étant bien entendu que ce genre de questions ne se prêtent pas à des démonstrations par A+B.
      Mais surtout je pourrais vous retourner le compliment, et même avec usure : « On peut avoir « l’Ordre moins la Terreur », « La vertu ne peut pas reposer sur la terreur », « je pense qu’une société qui utilise la peine de mort donne à une dictature potentielle des facilités légales », ce sont des formules, pas des démonstrations, et même pas des arguments.
      Mais de manière plus générale, puisque vous avez convenu, que la justice est réciprocité, que les criminels méritent de souffrir pour ce qu’ils ont fait, que les hommes considèrent en général la mort comme un très grand mal voire comme le plus grand mal, et que la peine de mort n’est plus ni moins substantiellement « réparable » qu’une peine de prison, je pense qu’il est maintenant temps de nous expliquer, arguments et preuves à l’appui, pourquoi la peine de mort vous parait inacceptable.
      Depuis le début de nos échanges, je me trouve en position de devoir répondre longuement a des affirmations lapidaires qui, trop souvent, ne sont même pas soutenues par un raisonnement (comparez simplement la longueur de vos commentaires et des miens).
      Il n’est que juste que désormais la charge de la preuve vous incombe.

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    13. Razorback:
      "Et en plus vous en êtes fier, de votre « spectacle »…A croire que les combats de gladiateurs vous manquent. Panem et circenses, et adieu toute dignité…"

      Cessez donc vos jérémiades progressistes et tâchez plutôt de vous concentrer sur ce que dit votre interlocuteur.
      Je suis passé, pour mon deuxième message, en mode ironique parce que soit vous n'avez pas pris la peine de lire ma première intervention (toute de nuance et de pondération), soit ( et cela paraît plus vraisemblable) vous ne l'avez pas comprise ou n'avez pas voulu la comprendre, sinon de manière déformée par vos certitudes ( "lieux communs" serait plus approprié vous concernant).

      Je ne suis pas un "partisan" de quoi que ce soit ( en l'occurrence de la peine de mort ) mais contre les croyances des abolitionnistes convaincus de leur bon droit sous prétexte que des innocents ont été condamnés - non ?! sérieux ?! - ou que la peine capitale ne ramènera pas à la vie les victimes d'un criminel..... Avez-vous remarqué que le doute, qui en plus profite à l'accusé, est, ici surtout, plutôt du côté de ceux qui réclament la peine de mort pour des cas exceptionnels ( Tissier, Bundy, Dutroux etc..) que du côté de ceux qui se complaisent dans l'idée que la peine de mort est forcément une barbarie ? Cela tient du fait que la peine capitale n'est absolument plus une idée reçue ( elle ne l'était déjà plus au XIXème), contrairement à celle qui veut nous convaincre que la sacro-sainte réinsertion est la seule voie possible afin de ne pas retomber dans le cycle de la violence. Il n'y a qu'à constater le nombre d'affaires impliquant des récidivistes pour se convaincre de la validité des thèses progressistes...

      Enfin je ne cherche pas à "incorporer" ( pourquoi pas "embrigader" pendant que vous y êtes...) qui que ce soit et sûrement pas Baudelaire qui, revenu de ses illusions de jeunesse ( dont Hugo faisait partie ), ne garde du romantisme que le meilleur à savoir : Wagner et Delacroix. Relisez donc "Mon coeur mis à nu" et pendant que vous y êtes, un peu de "Eichmann à Jérusalem" par Hannah Arendt ( une dame éminemment fasciste comme chacun sait...).

      Je m'arrête ici car je n'ai pas pour habitude de m'étaler sur le blog des autres et aussi parce que j'estime avoir été d'une clarté qui, sans être exemplaire, pourrait servir d'exemple à ceux qui croient être nés pour servir, le coeur plein d'abnégations sublimes, la fragile Civilisation.

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    14. Ostia => Ironie ou pas, ça ne change rien à la qualité de ce que vous regardez…

      Aristide => J’imagine que vous qualifiez les USA de démocratie parce qu’on y élit des dirigeants. Amusant.

      Sur les prisons de haute sécurité, je faisais ressortir le fait qu’elles sont dévastatrices pour ceux qui en sortent. Je n’étais pas en train de les qualifier de « criminogène » vis-à-vis des condamnés à perpétuité, ça aurait effectivement été absurde.

      « Ce n’est pas parce que deux choses sont présentes en même temps ou se suivent qu’elles sont liées. »

      C’est vrai, rien ne prouve strictement qu’il y a une causalité, j’avais tort et vous avez raison.

      « Depuis le début de nos échanges, je me trouve en position de devoir répondre longuement a des affirmations lapidaires. »

      Désolé d’être aussi laconique, je m’en voudrais de gâcher la qualité intellectuelle de cette discussion.

      « Je pense qu’il est maintenant temps de nous expliquer, arguments et preuves à l’appui, pourquoi la peine de mort vous parait inacceptable. »

      Parce qu’une société qui mandate certains de ses membres pour en éliminer d’autres, alors qu’une solution alternative est possible, ne peut pas être appelée civilisée. C’est un parti pris éthique, on ne peut pas le « prouver » comme on prouve mathématiquement une hypothèse. Comme l’écrit Félix Ravaisson, dans Métaphysique et Morale : « C’est que les premiers principes, ne supposant rien d’antérieur d’où l’on puisse les tirer, ne se démontrent. »

      L’abolition de la peine délivre les êtres humains d’avoir à entretenir des bourreaux. Personne ne peut raisonnablement aimer mettre ses semblables à mort : nous regarderions comme monstrueux un tel individu. Si ce n’est le plaisir, alors il faut se rabattre sur la dépendance économique pour expliquer l’existence sociale du bourreau. Rien de bon là encore, c’est toute la chaîne de l’exécution qui est pourrie.

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    15. Non, je ne qualifie pas les Etats-Unis de démocratie simplement parce que des élections y ont lieu. Des élections ne suffisent pas à faire une démocratie libérale. Mais, comme me l’avait déjà montré votre première intervention, vous semblez insensible aux distinctions politiques les plus basiques, donc mieux vaut ne pas poursuivre sur ce sujet, qui de toute façon est secondaire ici.

      Je commence par la question des bourreaux. C’est un vieil argument des abolitionnistes et on le trouve déjà sous la plume de Beccaria. Oui, la profession de bourreau est très problématique et il vaut sans doute mieux ne pas trop approfondir la psychologie individuelle de celui qui choisit cette manière de gagner sa vie. On comprend en tout cas que l’on n’ait pas très envie de lui donner sa fille en mariage. Et puis ensuite ?
      Vous écrivez comme s’il était possible que la justice pénale soit exempte de violence, voire de brutalité. Mais si, comme nous en sommes d’accord, le crime appelle le châtiment, il est impossible qu’il en soit ainsi. La peine est, comme son nom l’indique, une souffrance, par conséquent il y aura toujours au bout de la chaine pénale des gens dont la fonction sera de faire souffrir les autres. Que croyez-vous que soient les gardiens de prison ? Je veux dire, dans la réalité et non pas dans l’image d’Epinal que les pouvoirs publics essayent de nous vendre. Ce sont des gens qui ont pour fonction de contraindre, nécessairement par la force, d’autres hommes à des activités et à une situation qu’ils n’auraient absolument pas choisis par eux-mêmes. Ils sont là pour que les prisonniers reçoivent le châtiment douloureux qui leur a été prescrit en réparation de leurs crimes. Croyez-vous que leurs motivations individuelles soient plus pures que celles des bourreaux d’antan ? Comment en jugerez-vous ?
      Vous dites que c’est toute la chaine de l’exécution qui est « pourrie » s’il existe de bourreaux. Mais pourquoi en serait-il ainsi ? En quoi une peine juste devient-elle moins juste si, pour être exécutée, elle requière l’aide d’individus aux motivations douteuses ?
      Vous rendez-vous compte que, si vous exigez (Dieu seul sait pourquoi) que tous ceux qui rendent et exécutent la justice soient des anges, c’est toute justice humaine que vous condamnez ?
      En fait c’est toute société humaine organisée que vous condamnez, car aucune société de ce genre ne peut subsister durablement sans faire appel de temps à autre à des individus peu recommandables. N’importe quel (bon) livre d’histoire pourrait vous l’apprendre.
      Je trouve en fait que cette réflexion sur les bourreaux ne fait que confirmer ce que j’ai dit plus haut, à savoir que les abolitionniste, en général, ont une conception assez naïve des rapports humains et des exigences de la vie en commun.


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    16. « C’est que les premiers principes, ne supposant rien d’antérieur d’où l’on puisse les tirer, ne se démontrent. »

      Oui et non. Il est incontestable que, dans le domaine des affaires humaines, on ne peut pas prouver ses affirmations à la manière dont les géomètres prouvent leurs théorèmes. Mais on peut argumenter dialectiquement, c’est ce que j’essaye de faire dans mes billets aussi bien que dans mes commentaires. On ne peut pas prouver par A+B la nécessité de la peine de mort (pas plus que la nécessité de son abolition) mais on peut offrir des arguments plus ou moins plausibles et cohérents.
      En me disant que l’abolition est « un parti pris éthique », vous reconnaissez donc que vous n’avez plus d’arguments à offrir, car dire que « une société qui mandate certains de ses membres pour en éliminer d’autres, alors qu’une solution alternative est possible, ne peut pas être appelée civilisée » est un pur non sequitur, puisqu’un partisan de la peine de mort nie précisément qu’il existe une « solution alternative » : toute autre punition est insuffisante.
      Vous avez donc un « parti pris éthique » contre la peine de mort. Soit. Comme je l’ai dit dans mon premier billet « je ne saurais blâmer ceux que leur sensibilité détourne de la pensée d’infliger la mort, quels que soient les arguments qu’on puisse leur présenter. »
      Mais cela ne m’empêche pas de remarquer que leur refus est irrationnel, puisque dépourvu de raisons. Qu’il les conduit à se contredire eux-mêmes lorsque, comme c’est votre cas, ils reconnaissent que la justice est fondamentalement compensation, réciprocité. Et qu’il les conduit à faire plus de cas de la vie des pires criminels que de la vie de ceux qui sont chargés de les mettre hors d’état de nuire, en les arrêtant ou en les gardant. Plus de cas aussi que de la vie de quantité d’autres personnes, dont ils espèrent qu’ils risqueront leurs vies pour protéger la leur ainsi que leur liberté et leurs biens, comme les soldats, les pompiers, etc. Si cela aussi n’est pas une injustice flagrante, je ne sais pas ce que c’est.

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    17. Je m’attendais à ce que vous utilisiez une comparaison entre le bourreau et le gardien de prison. Mais ce sont les deux activités que je trouve complètement différentes, pas les motivations subjectives. Bien sûr que le gardien peut-être exécrable. Pourquoi tolérer pareil individu comme gardien, et n’en pas vouloir comme bourreau ? Vous criez à l’arbitraire, à l’irrationnel. Admettons. C’est arbitraire comme est arbitraire la fixation d’une note éliminatoire. Je reconnais volontiers que j’ai fait le tour des arguments que j’avais en tête, sans avoir la prétention d’avoir épuisé tous les arguments du monde, ou d’avoir brillamment défendu mon point de vue.

      « Leur refus est irrationnel, puisque dépourvu de raisons ».

      Je dirai plutôt que les raisons sont, en dernière analyse, secondaires.

      En revanche c’est vous qui devenez illogique et disant d’une part qu’il y a « injustice flagrante », et de l’autre que vous ne sauriez blâmer les abolitionnistes. Ce qui est injuste est blâmable, quand bien même on croit être dans le vrai. Ou alors je vous ai mal compris.

      Sur ce je vais me retirer en attendant les prochains billets…

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    18. « Mais ce sont les deux activités que je trouve complètement différentes, pas les motivations subjectives »

      Il me semblait pourtant que vous parliez de motivations psychologiques : « Personne ne peut raisonnablement aimer mettre ses semblables à mort », « Si ce n’est le plaisir, alors il faut se rabattre sur la dépendance économique pour expliquer l’existence sociale du bourreau ».

      Quoiqu’il en soit, si ce n’est pas de psychologie qu’il est question, il faudra expliquer en quoi les deux activités sont complètement différentes. Dire que l’un tue des hommes et l’autre pas serait évidemment une pure tautologie.
      Il me semble moi, comme je l’ai expliqué, qu’il n’existe entre eux qu’une différence de degré, pas une différence de nature. Tous deux ont pour fonction de faire payer leurs actes aux criminels (du moins lorsqu’on ne se raconte pas d’histoire sur leur vraie fonction).
      Oui, l’exécution de la justice est souvent laide. Mais c’est inévitable, à moins précisément d’abandonner entièrement l’idée de châtiment, c’est-à-dire la justice elle-même. Et encore.

      Si les raisons sont « secondaires » il s’agit de rationalisation. La raison est au service de passions irrationnelles.

      « En revanche c’est vous qui devenez illogique et disant d’une part qu’il y a « injustice flagrante », et de l’autre que vous ne sauriez blâmer les abolitionnistes. »

      C’est que l’on peut soutenir une position injuste sans être nécessairement quelqu’un d’injuste. Il faut faire la part de l’erreur de raisonnement, et aussi de certaines faiblesses humaines, qui peuvent être parfois assez aimables. Nous sommes tous imparfaits. Bref je ne traite pas a priori comme une faute morale le fait d’être un abolitionniste, même si cela débouche, à mon avis, sur de réelles injustices.
      Il faut ici distinguer entre ceux dont je parle, ceux qui ne sont pas insensibles aux arguments mais que leur sensibilité détourne de la pensée même d’infliger la mort, et les abolitionnistes militants qui, très souvent, promeuvent agressivement une conception perverse de la justice, en tournant leur indignation vers les victimes et les honnêtes gens qui demandent le châtiment des coupables.
      Si vous préférez, je fais la différence entre les gens ordinaires trop sensibles, ou à la sensibilité insuffisamment guidée par la raison, et les membres du Syndicat de la Magistrature (pour dire les choses en gros). Je ne blâme pas les premiers.

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    19. Rationalisation était le mot que je cherchais.

      Je suis admiratif de votre tolérance et des distinctions que vous établissez ; j’ai peut-être eu tort de m’exprimer sous l’effet de la passion (mais envisager « froidement » la mort comme sanction ne pouvait que me faire bondir, j’imagine). Cela dit je ne peux pas m’avancer sur les groupes que vous visez, je n’ai jamais eu l’occasion de lire ou de voir des militants qui « promeuvent agressivement » l’abolition. Mais ça peut bien exister, on trouve des abrutis partout.

      « C’est que l’on peut soutenir une position injuste sans être nécessairement quelqu’un d’injuste. Il faut faire la part de l’erreur de raisonnement, et aussi de certaines faiblesses humaines, qui peuvent être parfois assez aimables. »

      C’est vrai.

      Décidément vous êtes un maître dans l’art de la rhétorique, Aristide.

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    20. "t, mais à mettre les criminels hors d'état de nuire " Lisez mes commentaires en bas. Pour mettre hors d'état de nuire les criminels, seul la peine de mort est efficace dans certains cas. Certaines personnes sont d'une telle dangerosité (notamment les pervers et les grands criminels) que le seul moyen de les neutraliser et de protéger la société c'est en les tuant. Quand à dire que l'on peut les neutraliser en les condamnant à la prison à vie, c'est une erreur parce que contrairement à une croyance fort répandue, pratiquement tous les personnes condamnés à la prison à vie sont libérés un jour (en général, ils passent pas plus de vingt ans en prison). De plus, ils peuvent toujours s'évader de prison et même nuire à la société en prison (on pense par exemple aux grands criminels qui continuent à diriger leurs activités criminelles depuis leur cellule).
      Je démonte l'argument statistique des abolitionnistes (voir en bas). Ok, il n'y a pas moyen de savoir par l'argument statistique si la peine de mort est dissuasive ou non mais il y a une présomption qui profite à la peine de mort parce que le doute doit profiter aux victimes innocentes potentielles.

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    1. Pas d'anonyme, c'est marqué en toutes lettres.

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  5. Connaissez-vous le texte du philosophe Jean Borella relatif à la peine de mort ? On le trouve sur le site consacré à ce philosophe.
    Pascal.

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    1. Non je ne le connais pas. Je vous remercie de me l'avoir signalé.

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    2. L’argumentation de ce Mr. Borella est beaucoup moins bonne que celle d’Aristide.

      « La liberté, avons-nous dit est un absolu de jure, un absolu de principe. La faire dépendre entièrement de conditions de fait, c’est la nier, même si, en fait, elle en dépend relativement. »

      Qu’est-ce que ce charabia peut bien vouloir dire, sinon qu’il n’y a de liberté que relative (à des conditions socio-historiques, etc) ? Et pourtant c’est au nom d’une liberté absolue que ce droitiste (un débris de l’existentialisme peut-être) veut faire répondre une peine également absolue.

      « Le juge n’agit point en tant qu’individu, mais comme représentant de la société. »

      Et voilà que sa thèse part du fétichisme de l’État comme représentant de la société. Grandiose. Ça se prétend philosophe et ça ne sait rien de Périclès.

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    3. A Pascal, tenez je mets le lien du texte que vous mentionnez: http://jeanborella.blogspot.be/search/label/A%20propos%20de%20la%20peine%20de%20mort
      Moi, je vous conseillerais de lire « Pour la peine de mort » de Jacques Charpentier (cependant, ce livre date un peu) ainsi que « Contre et pour la peine de mort » ouvrage collectif de l'institut de criminologie de Paris par Jacques Leauté, Michèle Laure Rassat et Le Guillou. Dans cet ouvrage, Michèle Laure Rassat (prof de droit pénal) donne des arguments intéressants pour la peine de mort. De manière générale, Michèle Laure Rassat est une auteure très intéressante (pas seulement sur la peine de mort). Son blog: http://xn--michle-laure-rassat-tyb.fr/blog/
      Comme autres livres (donnant à la fois des arguments pour et contre la peine de mort), il y a « La peine de mort » de Jean Imbert (1972) (ce livre retrace surtout l'histoire de la peine de mort) et « La peine de mort en France et à l'étranger » de Laurence Thibault

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    4. Il y a aussi "Oui à la peine de mort" de Raymond Léopold Bruckberger. Cet ouvrae est extrêmement intéressant car Raymond Léopold Bruckberger est un prêtre dominicain qui visitait des prisonniers (notamment des condamnés à mort)

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  6. Pour la dissuasion, utiliser l'argument statique pour démontrer l'inefficacité de la peine de mort n'est pas crédible parce que pour que cette méthode soit efficace, il faudrait analyser juste les cas qui sont réellement passibles de la peine capitale. En effet, tous les homicides ne sont pas passibles de la peine de mort et tout le monde sait cela. Seul un nombre restreint d'homicides entraine effectivement la peine de mort (les meurtres les plus horribles, les fameux meurtres au premier degré). Or, il est très dur d'établir quels crimes sont dans les faits passibles de la peine de mort. Mais surtout, pour que l'analyse statistique marche, il faut avoir un certain nombre de cas suffisamment nombreux pour permettre à cette méthode d'être efficace. Or, ce n'est pas le cas avec la peine de mort. Les études regardant l'évolution de la criminalité après l'abolition parce que l'abolition est d'abord précédée dans une abolition de fait mais surtout, souvent, l'abolition est décidé dans une période de baisse général de la criminalité. De plus, comparer la criminalité des différents pays n'a pas beaucoup de sens parce que chaque pays est différent. Si on est honnête, la seule chose que l'on peut dire sur le terrain scientifique et statique c'est que l'on ne peut pas dire si cette peine est intimidante ou pas. Si c'est le cas, il ne s'agit pas tant de dissuader les grands criminels qui eux sont déterminés mais plutôt des délinquants moyens professionnels. La peine de mort les pousse à ne dépasser certaines limites. Un parfait exemple, c'est l'établissement de la peine de mort en France en 1950 pour les vols armés, cela a poussé les voleurs professionnels a ne plus utiliser d'armes pour leurs vols. Et même si on ne peut pas dire si oui ou non, la peine de mort est dissuasive ou non, il doit y avoir une présomption qui profite à la peine de mort parce que le doute doit profiter aux victimes potentielles.

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  7. Pour la neutralisation, seul la peine de mort est efficace dans certains cas. Certaines personnes sont d'une telle dangerosité (notamment les pervers et les grands criminels) que le seul moyen de les neutraliser et de protéger la société c'est en les tuant. Quand à dire que l'on peut les neutraliser en les condamnant à la prison à vie, c'est une erreur parce que contrairement à une croyance fort répandue, pratiquement tous les personnes condamnés à la prison à vie sont libérés un jour (en général, ils passent vingt en prison). De plus, ils peuvent toujours s'évader de prison et même nuire à la société en prison (on pense par exemple aux grands criminels qui continuent à diriger leurs activités criminelles depuis leur cellule).

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    1. une condamnation à perpétuité ne veut pas dire que le criminel va passé toute sa vie en prison. En France, des études ont montré qu'un criminel condamné à perpétuité ne passait pas plus de 20 ans en prison. Et c'est la même chose dans la plupart des pays occidentaux. Les abolitionnistes manipulent le public en faisant croire que la perpétuité veut dire que le criminel ne sortira jamais de prison. Il y aurait beaucoup plus de partisans de la peine de mort si les gens se rendaient compte que dans les faits, les condamnés à perpétuité ne vont en prison moins de vingt ans. Une étude datant d'il y a vingt ans (donc assez vieille malheureusement) montrait que les prisonniers ayant purgé de manière effective une peine de vingt de prison se comptaient sur les doigts d'une main.
      Les USA sont l'un des rares pays en Occident où il existe une peine de prison à vie incompréssible. Dans ce cas, il n'y a pas moyen de sortir de prison mais il faut être réaliste. Cette peine a été créé uniquement pour convaincre le public d'abandonner la peine de mort. Tant que la peine de mort existera aux USA, cette peine existera mais le jour où la peine de mort sera supprimé ce ne sera plus qu'une question de temps avant que cette peine de prison à vie sans possibilité de sortir soit supprimée. La Cour suprême américaine a d'abord considéré comme inhumain de condamner à la peine de mort un mineur puis quelques années plus tard, comme inhumain de ne laisser de possibilité à un mineur de sortir un jour de prison. Si on regarde l'histoire, on voit que la suppression de la peine de mort est toujours le premier pas avant le laxisme judiciaire. L'abolition de la peine de mort n'est que la première étape vers l'adoucissement de la répression pénale. Une bonne partie des abolitionnistes sont des hypocrites. Ils justifient la suppression de la peine de mort par le fait qu'il y a la prison comme alternative. Mais une fois, la peine de mort supprimée, ils se battent pour que les criminels aillent le moins en prison que possible. Ils font tout pour interdire la prison à vie sans possibilité de sortir un jour de prison. C'est ni plus ni moins que la manipulation du public. Ceci dit, il y a une certaine logique quand on s'oppose à la peine de mort à s'opposer aux peines de prison. Je note que beaucoup d'arguments en défaveur de la peine de mort peuvent aussi s'appliquer aux peines de prison. Par exemple, l'argument comme quoi la peine de mort est cruelle et inhumaine est parfaitement valable pour la prison à vie (ou même la prison sur de longues peines).

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    2. La prison à vie (ou longues peines de prison) peut être considérée comme tout aussi inhumaine et cruelle voire même pire que la peine de mort. Selon Mereu, penseur abolitionniste de la "peine radicale", il y a trois sortes de mort: "la mort biologiques avec supplice", "la mort biologique humanisée" (c’est-à-dire sans supplice) et "la mort à petit feu" (qui "est la prison à perpétuité ou les très longues peines de prisons). La prison à vie met à mort socialement le condamné. Selon Mereu, ce sont trois peines radicales dans le sens où il y a une profonde indifférence à l'égard du sort du condamné. Pour Mereu, les abolitionnistes acceptant les longues peines de prison sont très proches des partisans de la peine de mort. D'ailleurs, les condamnés à de longues peine de prison sont les premiers à remarquer cette proximité entre peine de mort et longues peines de prison. Certaines personnes font plus loin en disant même que la peine de mort est préférable à la prison à vie car au moins la peine de mort est plus rapide. De plus, selon eux, tout enlever à un homme sauf la vie est plus cruel que lui ôter la vie. On peut considérer qu'un abolitionniste logique veuille comme Mereu abolir non seulement la peine de mort mais aussi les longues peines de prison ce qui, dans les faits, n'est bien sûr pas le cas de tous les abolitionnistes de la peine. Cependant, on note quand même que les abolitionnistes (militants) tendent à être les mêmes qui prônent une justice laxiste.

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