Ralliez-vous à mon panache bleu

samedi 26 février 2011

Je vous sers un grand débat? Merci, sans façons




L'homme qui nous tient lieu de Président de la République semble bien décidé à nous servir un grand débat national sur l'islam, ou quelque chose d'approchant. Supposons un instant (cela n'engage à rien) que notre homme soit sincère. Supposons que son idée de grand débat ne lui soit pas venue en scrutant d'un oeil angoissé la montée du Front National dans les sondages et sa propre descente. Supposons (vraiment, cela n'engage à rien) qu'il se soit réveillé un beau matin en se disant : "Bon sang, mais il y a un problème avec l'islam en France, il faut en débattre!" Supposons donc que l'organisation de ce grand débat sous dénuée de toute arrière-pensée électorale et que tous les efforts seront fait pour que ledit débat soit aussi libre que possible. Devrais-je m'en réjouir, moi qui ne le cède à (presque) personne en matière d'islamophobie (même si je préférerais employer le terme "islamofuge" inventé par Didier Goux)? Ne serait-ce pas l'occasion de dire à haute voix tout ce que j'ai sur le coeur?
Eh bien, à  dire vrai, non. Même s'il était offert de bonne foi je refuserai le cadeau de ce grand débat sur l'islam. Non pas parce qu'il n'y aurait rien à dire mais précisément parce qu'il y aurait beaucoup à dire. Essayons, en effet, d'imaginer ce que pourrait être un tel débat; grâce au précédent du fameux "débat sur l'identité nationale" ce n'est pas trop compliqué. On commencera par demander aux Françaises-Français de bien vouloir s'exprimer, par exemple en déposant des contributions (anonymes cela va de soi) en préfecture. On pourrait imaginer de leur poser certaines questions, mais ce serait déjà border la discussion et on entendrait alors des protestations au sujet de "la parole confisquée" etc. Donc plutôt chacun y dit c'qui veut, et on verra après. Bien entendu, dans toutes ces contributions un grand nombre seront niaises, ou stupides, ou franchement insultantes. Cela se saura très vite et on commencera à voir le gouvernement transpirer et s'éponger le front. Soit il met à la poubelle ces contributions, et on en revient au problème précédent, soit il laisse faire et il semble alors donner une caution officielle à tout ce qui se dit. Les associations remplacistes, les médias, les universitaires ayant pignon sur rue, agiteront frénétiquement l'épouvantail du "racisme", des "zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire", et notre pauvre gouvernement, qui n'a jamais eu la tête bien solide ni le coeur bien accroché, se mettra à gémir et à trembler en cherchant désespérément une porte de sortie. On clôturera donc le débat en catastrophe, en disant que c'était vraiment très intéressant et qu'on va maintenant examiner tout ça à tête reposée. On entendra alors un profond  soupir du côté des palais de la République "Ouf! ca y est, on a parlé de l'islam. Maintenant on peut passer à autre chose".
Soyons sérieux, nous n'avons pas besoin d'un grand débat sur l'islam, nous avons besoin de pouvoir parler publiquement et librement de l'islam, tous les jours si cela nous chante, sans craindre ni d'être trainé devant la justice ni d'être égorgé au coin d'une rue. Alors, monsieur le Président de la République, votre souci de la discussion vous honore mais il y a beaucoup mieux que votre grand débat. Dans les multiples lois "antiphobiques" (les énumérer serait trop long), supprimez simplement les dispositions permettant aux associations d'ester en justice. Vous voyez, nous ne vous demandons même pas de supprimer ces lois - nous savons bien que ce serait trop pour vous - juste ce petit détail technique, trois fois rien. Et faites en sorte que la police et la justice fassent immédiatement et efficacement leur travail lorsque des menaces sont proférées contre ceux qui critiquent la religion de paix, de tolérance et d'amour. Après tout, c'est pour ça que nous les payons.
Monsieur le Président de la République, nous ne voulons pas de palabres officielles, qui ne servent qu'à sortir une fois un sujet du placard pour pouvoir l'y laisser ensuite à jamais. Nous voulons simplement retrouver la liberté de paroles qui est l'un des droits fondamentaux de tout être humain.

2 commentaires:

  1. Très bon article et conclusion parfaite. Vous avez vraiment bien fait d’ouvrir un blog !

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  2. Merci. C'est ce genre d'encouragements qui donne envie de continuer.

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