Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 28 février 2011

Oui à l'islam des caves



Depuis quelques temps, à ce qu'il semble, la France s'est découvert un nouveau déficit, à ajouter à la longue liste de tous les déficits moraux et financiers dont la malheureuse souffre déjà : un déficit de mosquées.
Contraints et forcés de reconnaitre que, un peu partout en France, un nombre croissant de musulmans occupent ostensiblement les espaces publics pour y prier, nos responsables politiques en sont venus à la conclusion que la France devait manquer de mosquées. Il est vrai qu'aucune autre raison ne semble pouvoir expliquer un tel comportement de la part d'adeptes d'une religion qui, comme chacun le sait, n'est que paix, amour et tolérance. Seule la plus impérieuse nécessité peut amener ces pauvres gens à prier le nez dans les pots d'échappements (en fait, non, pas dans les pots d'échappements puisqu'ils arrêtent d'autorité la circulation avant de se livrer à leur culte. Mais vous saisissez l'idée). Si, comme ces malheureux, vous n'aviez le choix qu'entre des caves obscures, humides et insalubres, et le bitume vous ne fronceriez pas les sourcils comme vous le faites à l'évocation des prières de rue. Bien entendu vous avez raison de ne pas aimer cette appropriation religieuse de certains lieux publics, mais vous ne pouvez pas non plus vouloir renvoyer ces braves gens à leurs modernes catacombes. Il faut donc construire des mosquées. Entendez : il faut que les pouvoirs publics construisent des mosquées. Un gouvernement qui a pu inscrire dans la loi le droit à un logement décent et indépendant ne devrait pas, il est vrai, avoir trop de difficultés à inventer le droit à une mosquée décente près de chez soi. Seul petit obstacle : la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat. Cette loi est certes déjà contournée par certaines municipalités, mais il serait bon qu'à l'avenir le contribuable français puisse être ouvertement sollicité pour accomplir cette grande cause nationale : faire sortir l'islam des caves dans lesquelles il croupit. Des travaux d'approches sont donc en cours pour préparer une opinion publique, que l'on sent légèrement réticente, à une révision substantielle de la loi de 1905.
Ce que le législateur a fait, le législateur peut le défaire. Voilà qui va fort bien. Néanmoins, permettra-t-on à un simple citoyen de poser respectueusement quelques questions? Si les adeptes de la religion de paix, d'amour et de tolérance, ne trouvent pas de lieux de culte à leur convenance, pourquoi n'en construisent-ils pas ou n'en louent-ils pas sur leurs propres deniers? Que les musulmans prient dans des caves, dans des tonneaux, à pied, à cheval ou en voiture, en quoi cela est-il l'affaire des pouvoirs publics?
Mais, dira-t-on, la République n'est-elle pas censée garantir la liberté de conscience et le libre exercice des cultes? Si vous avez droit à la liberté de conscience, n'avez vous pas droit aussi à exercer votre culte, et si vous avez le droit d'exercer votre culte, n'avez vous pas le droit à avoir des lieux de culte? Et si vous avez le droit à avoir des lieux de cultes, la collectivité ne doit-elle pas vous en fournir?
Je comprends. Puisque la République garantit ma liberté d'aller et venir, elle doit aussi me garantir les moyens d'aller et venir. Les pouvoirs publics doivent donc me fournir une voiture si je n'en ai pas. Puisque la République garantit ma liberté d'expression, elle doit aussi me garantir les moyens de m'exprimer. Les pouvoirs publics doivent donc me fournir un accès gratuit aux médias. Me serais-je trompé quelque part? Se pourrait-il qu'un droit véritable soit simplement une liberté? Et que lorsque cette liberté demande certains moyens matériels pour être exercée, la seule chose que les pouvoir publics doivent me garantir est la possibilité de rechercher par moi-même les moyens matériels d'exercer cette liberté?
Maintenant que nous en parlons, il me semble aussi me rappeler que la République ne garantit la liberté de culte que dans les limites des exigences de l'ordre public, ordre public qui, comme le savent tous les spécialistes du droit administratif, se décline en sécurité, tranquillité, salubrité et moralité. Autrement dit que la seule liberté absolue reconnue aux croyants est la liberté de conscience. Les individus sont libres de croire qu'Allah est grand et que Mahomet est son prophète, ou bien que les Elohim sont grand et que Claude Vorilhon est leur prophète, ou bien que tout cela ne sont que des foutaises, cela ne regarde pas les pouvoirs publics. En revanche, si des opinions religieuses conduisent certains à commettre des actes contraires à l'ordre public, le législateur peut parfaitement « interférer » avec ces opinions religieuses ; il est même de son devoir d’intervenir pour mettre fin aux troubles causés par des opinions religieuses. Les individus sont autorisés à croire que Huitzilopochtli réclame des sacrifices humains réguliers pour maintenir le cosmos en équilibre, en revanche ils ne sont pas autorisés à pratiquer la cardiectomie sur leurs contemporains, même consentants. Ils ne sont pas non plus autorisés à égorger un mouton dans leur baignoire ou à épouser des petites filles de six ans sous prétexte qu'un certain prophète le fit il y a très longtemps. Aux yeux de la loi, les convictions religieuses, quelle que soit l’intensité avec laquelle elles sont éprouvées, ne sont rien d’autre que des opinions privées, et la loi est supérieure à toutes les opinions privées. De la même manière qu’un individu n’est en aucun cas autorisé à désobéir à une loi qu’il estimerait injuste, un croyant n’est en aucun cas autorisé à refuser d’obéir à une loi qu’il estimerait contraire à sa religion. Cette supériorité de la loi sur toutes les opinions privées est la condition sans laquelle aucun gouvernement ne serait possible. Par conséquent, les lois seront strictement appliquées à tous, même si elles sont contraires aux convictions religieuses de certains.
Oserais-je le dire? Tout cela me semble assez logique. Tout bien réfléchit, je crois donc que, si on me demandait mon avis, je voterai pour l'islam des caves et contre la révision de la loi de 1905. Mais bien entendu on ne me demandera pas mon avis. Encore moins me permettra-t-on de voter sur cette question, directement ou indirectement. En démocratie certains sujets sont trop sérieux pour être laissés à l'appréciation des citoyens.

5 commentaires:

  1. et en plus on n 'a pas envie d 'avoir besoin de mosquées en France en fait.

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  2. Oui, bien sûr. L'idéal serait qu'il n'y ait pas de musulmans en France. Ou alors un nombre infinitésimal. Hélas ce n'est plus le cas et, hélas encore, c'est une réalité qui va nous accompagner longtemps. Par conséquent la question du modus vivendi va se poser. C'est pour cela que je voulais dire quelques mots sur cette question de la laicité sur laquelle on raconte en général n'importe quoi, à commencer par nos responsables politiques. Mais je reviendrai sur cette question du "qu'est ce qu'on fait maintenant?"

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  3. "En démocratie certains sujets sont trop sérieux pour être laissés à l'appréciation des citoyens."
    D'autant plus que les ptits Suisses ont montré que quand on lui demande son avis, le peuple ne craint pas de l'exprimer assez clairement.
    Surtout pas de ça chez nous, hein !
    Le referendum populaire faisait partie du programme de JMLP. Je ne sais pas s'il figurera dans celui de sa fille.
    Excellent billet , je suis de l'avis de Dxdiag.

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  4. sauf que je me trompe de billet:
    je suis de l'avis de Dxdiag, cela aurait été dommage de ne pas ouvrir de blog.

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  5. Merci, c'est bien aimable. Je tacherais de continuer "tant que Dieu me prête vie", et tant que j'aurais des choses à dire.

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