Ralliez-vous à mon panache bleu

jeudi 5 mai 2011

The bell curve (2/7) - chapitres 1 à 4 : l’émergence d’une élite cognitive



The bell curve est sous-titré Intelligence and class structure in american life. The bell curve, en effet, n’est pas essentiellement un livre sur la notion de QI mais plutôt un livre sur les implications politiques de cette notion ; ou plus exactement, un livre qui explore les conséquences politiques et sociales qui découlent du fait que l’intelligence varie fortement entre les individus et les groupes et qu’elle est très largement héréditaire. Reconnaitre que les tests de QI mesurent correctement l’intelligence des individus n’est que la condition nécessaire pour pouvoir étudier de manière « scientifique » - quantitative - ces effets politiques et sociaux.
Le premier phénomène sur lequel s’attardent Murray et Herrnstein, et qui justifie le sous-titre de leur livre, est l’apparition d’une véritable « élite cognitive » au cours du 20ème siècle, aux Etats-Unis, mais aussi de manière générale dans tous les pays occidentaux. Ce terme d’élite cognitive signifie la chose suivante : dans un pays donné, les individus les plus intelligents ne sont plus répartis un peu au hasard parmi les différentes catégories sociales et les différents métiers, comme ils l’avaient été jusqu’alors, mais tendent à se concentrer toujours plus au sein de quelques professions et à s’isoler du reste de la population. De plus en plus, les individus les plus intelligents ne fréquentent que leurs semblables, en termes cognitifs. Ce phénomène est lourd de conséquences négatives.

***

L’apparition d’une élite cognitive est due essentiellement à deux phénomènes : le développement des universités et le développement de l’économie, qui produit de plus en plus d’emplois réclamant de hautes capacités intellectuelles pour être exercés.

Aux Etats-Unis, comme dans la plupart des pays occidentaux, le 20ème siècle a été celui de la démocratisation de l’Université. De plus en plus de jeunes gens vont à l’Université et y obtiennent des diplômes. Les universités ont largement ouvert leurs rangs et, dans le même temps, sont devenues plus habiles pour sélectionner les individus les plus intelligents (p33). Une sorte d’écrémage s’est donc fait parmi les différentes catégories sociales, leurs membres les plus doués intellectuellement se dirigeant, de plus en plus nombreux, vers l’enseignement supérieur.
En dépit du discours récurrent selon lequel les enfants les plus doués des catégories populaires ne parviendraient pas à accéder aux études supérieures, du fait du barrage opposé par « les héritiers », tout semble indiquer que la plupart des jeunes gens ayant un fort QI se trouvent déjà sur les bancs de l’Université. Bien que la démocratisation de l’Université se soit accompagnée d’une certaine baisse des exigences universitaires, et même, à partir des années 1960, d’une véritable destruction des humanités classiques, il n’en reste pas moins que nos établissements d’enseignement supérieur accueillent désormais presque tous ceux qui, de par leurs capacités intellectuelles, seraient à même de tirer profit d’un séjour à l’Université. Pour ne pas dire que cette limite est déjà dépassée, et que les universités se remplissent d’un nombre croissant de jeunes gens intellectuellement incapables de tirer parti de l’enseignement supérieur.


A ce premier tri par l’intelligence s’en ajoute ensuite un second, lorsque les individus rentrent sur le marché du travail. Jusque vers le milieu du 20ème siècle, une large proportion de gens ayant un fort potentiel intellectuel n’exerçait pas de professions exigeant un fort potentiel intellectuel. Les emplois disponibles dans ces professions étaient simplement trop peu nombreux. Par conséquent, ces individus à fort potentiel se trouvaient répartis dans l’ensemble de la population (p27). Mais depuis lors, le développement économique et technologique a conduit à la multiplication des emplois dans les professions dites intellectuelles : juristes, ingénieurs, médecins, professeurs, etc. Par le jeu classique de l’offre et de la demande, ces professions ont peu à peu attirées à elles ceux qui étaient les mieux à même de les exercer, c’est à dire les individus ayant un quotient intellectuel élevé. Dans la mesure où la proportion des ces individus au sein de la population reste très stable dans le temps, il est inévitable que l’accroissement du nombre des emplois intellectuels conduise à une concentration de plus en plus grande des intelligences dans quelques professions et dans quelques lieux.
Cette concentration est d’autant plus inévitable que, pour presque n’importe quelle profession, la productivité est étroitement liée au QI. Pour pratiquement n’importe quel emploi, un test de QI est un meilleur indicateur de performance que n’importe quelle autre variable, meilleur même qu’un test spécifiquement adapté à l’emploi en question (p75). Les employeurs sont donc très fortement incités à embaucher systématiquement les candidats les plus intelligents qui se présentent à eux. Aux Etats-Unis, depuis un arrêt de la Cour Suprême de 1971 (Grigg v. Duke Power Co.), les employeurs ne peuvent plus utiliser de tests de QI pour sélectionner leurs employés, car il s’était avéré que les noirs réussissaient particulièrement mal à ces tests. Les employeurs se sont donc repliés sur les indicateurs les plus susceptible de révéler indirectement le QI des candidats, et notamment sur les diplômes universitaires. Non pas tant parce que les employeurs seraient intéressés par ce que les candidats ont appris sur les bancs de l’Université - et qui n’a souvent qu’un lointain rapport avec le genre de connaissances qui leur seront nécessaires une fois en poste - que parce que la possession de tel ou tel diplôme est censé témoigner de l’intelligence de son possesseur.
Le mouvement de l’économie pousse donc à une sélection toujours plus fine des individus en fonction de leur QI. Par ailleurs, les conditions mêmes dans lesquelles sont exercées aujourd’hui un grand nombre de professions conduisent à une ségrégation spatiale des individus en fonction de leur potentiel intellectuel. Dans une usine « classique », par exemple une usine automobile, un ingénieur ou un cadre est amené à rencontrer souvent des ouvriers ou des employés et à échanger avec eux à propos de leur travail. Un avocat, un consultant, ou un trader en revanche n’est guère amener à rencontrer que des gens qui appartiennent comme lui à l’élite cognitive (p103).
Cette ségrégation, et cette séparation physique de l’élite cognitive du reste de la population se manifeste également au niveau des centres urbains. La croissance des villes permet la constitution de quartiers relativement homogènes du point de vue des professions de ceux qui les habitent, et donc aussi du point de vue de leurs capacités intellectuelles. Dans les petites villes, par la force des choses, les enfants du cadre supérieur et les enfants de l’ouvrier fréquentent la même école unique. Mais dans les grandes villes une séparation se produit spontanément : les professions les mieux rémunérées, qui sont presque toujours les professions les plus exigeantes en termes de QI, se dirigent vers les quartiers résidentiels les plus agréables, leurs enfants fréquentent les mêmes écoles, qui deviennent très homogènes en termes de capacités intellectuelles des élèves.
Ce regroupement naturel est accéléré par l’échec des politiques publiques en matière de sécurité et d’école. Au fur et à mesure que la délinquance s’accroît, les cols blancs se réfugient dans les quartiers encore sûrs de la ville ou bien émigrent vers les banlieues huppées. De la même manière, l’écroulement du système éducatif public pousse les enfants des catégories supérieures vers les rares écoles publiques encore performantes, ou bien vers les écoles privées plus exigeantes. La hausse des prix de l’immobilier qui s’ensuit, dans ces endroits préservés, achève de trier et de séparer les catégories supérieures du reste de la population (p104).
Enfin doit être ajouté à ce tableau le fait que la plupart des gens tendent à se marier avec leurs semblables en termes de QI (p110). Au sens le plus strict du terme, l’élite intellectuelle tend à se reproduire, parce qu’elle pratique l’endogamie et que le QI est largement héréditaire.

Le résultat net de tous ces différents mouvements économiques et sociaux est que les individus les plus intelligents vivent de plus en plus entre eux, et exclusivement entre eux. Leurs interactions avec le reste de la population se réduisent au strict minimum et ne leur permettent plus de se faire une idée bien nette de la manière dont peuvent vivre ceux qui n’appartiennent pas à l’élite cognitive, et qui sont l’écrasante majorité de la population.
Bien entendu, à l’autre bout de l’échelle, les individus les moins intelligents restent également de plus en plus entre eux. Mais la concentration des plus intelligents est bien plus problématique que la concentration des plus stupides, car les sociétés un peu complexes sont nécessairement dirigées essentiellement par les plus intelligents de leurs membres. Les individus les mieux dotés intellectuellement sont toujours, vaille que vaille, ceux qui font « tourner la machine » et qui fixent les règles pour l’ensemble de la population. Mais dans la mesure où ces plus intelligents se transforment en une « élite cognitive » et s’isolent des autres catégories de la population, la probabilité s’accroit qu’ils fixent les règles en ignorant la manière dont des personnes ordinaires pourront réagir à celles-ci. En d’autres termes, les lois et les règles de la vie en commun risquent fort de devenir trop complexes pour des intelligences communes (p25, 541). Par ailleurs, le risque existe également que les plus doués intellectuellement développent de véritables intérêts de classe qui les opposent au reste de la population (p115). La lutte des intelligences prend alors le relais de la traditionnelle lutte des classes. Cela est d’autant plus vraisemblable si l’on prend en compte le fait que les catégories de la population les plus défavorisées en termes de QI sont aussi les catégories dans lesquelles se concentrent l’essentiel de ce que l’on appelle ordinairement « les problèmes sociaux » : pauvreté, chômage, délinquance, etc.
(à suivre)

15 commentaires:

  1. Passionnant ! Cela me fait regretter encore plus la non traduction de ce livre.

    RépondreSupprimer
  2. Attendez la suite, le meilleur est à venir (enfin, à mon avis). Et je vous assure que ça n'est pas si difficile de lire des livres en anglais.

    RépondreSupprimer
  3. "Par le jeu classique de l’offre et de la demande, ces professions ont peu à peu attirées à elles ceux qui étaient les mieux à même de les exercer, c’est à dire les individus ayant un quotient intellectuel élevé."
    Qu'est ce qui prouve que les individus ayant un QI élevé sont les plus à même d'exercer ces professions ?

    RépondreSupprimer
  4. Parce que ces professions exigent le genre de qualités intellectuelles qui sont mesurées par les tests de QI. On peut être un bon charpentier sans avoir un QI élevé, on ne peut pas être un bon avocat ou un bon médecin sans avoir un QI élevé. Bien sûr un bon avocat ou un bon médecin auront aussi d'autres qualités, mais l'intelligence est un prérequis.

    RépondreSupprimer
  5. En effet, je ne crois pas que l'intelligence seule détermine les qualités nécessaires pour bien exercer ces professions.
    Il se trouve que la sélection au niveau des études supérieures se fait sur l'intelligence, mais rien ne prouve qu'on ne perd pas ainsi d'excellents orateurs qui aurait fait de très bon avocats, ou des hommes habiles dee leurs mains qui auraient fait d'excellents chirurgiens, etc.
    J'ai un peu l'impression d'une argumentation circulaire :"ces professions sont sélectionnées selon leur QI, on observe un QI plus élevé dans ces professions, on démontre donc que ces professions nécessitent un QI élevé...".
    En bref, vous ne répondez pas à ma question.

    RépondreSupprimer
  6. « J'ai un peu l'impression d'une argumentation circulaire :"ces professions sont sélectionnées selon leur QI, on observe un QI plus élevé dans ces professions, on démontre donc que ces professions nécessitent un QI élevé..." »
    Ce n’est pas ce que j’ai écris. Ceci étant dit cet argument n’est pas circulaire, il me semble même tout à fait probant, à condition de le formuler un peu différemment.
    J’ai dit que l’intelligence (un QI élevé si vous voulez) est un prérequis pour exercer certaines professions. Il y a, à mon avis, deux manières de le démontrer.
    Soit vous réfléchissez d’une part aux qualités qui sont nécessaires pour exercer ces professions (et je dis bien nécessaires, pas les qualités qui sont simplement un plus) - appelons ce groupe de qualités « A » - et vous regardez d’autre part quelles sont les qualités qui sont mesurées par un test de QI - appelons ce groupe de qualités « B ». Vous vous rendez alors compte que B est inclus dans A.
    Soit vous regardez quelles qualités les employeurs recherchent pour pourvoir à ces emplois. Vous vous rendez alors compte que tous les employeurs n’ont pas exactement les mêmes critères de recrutement, mais que tous néanmoins recherchent des candidats ayant un fort QI. Il n’est pas vraisemblable qu’ils se trompent sur ce point, car il y va de leur intérêt le plus direct et car un employeur qui se tromperait systématiquement en embauchant ses collaborateurs ne tarderait pas à fermer boutique.

    « Il se trouve que la sélection au niveau des études supérieures se fait sur l'intelligence, mais rien ne prouve qu'on ne perd pas ainsi d'excellents orateurs qui aurait fait de très bon avocats, ou des hommes habiles dee leurs mains qui auraient fait d'excellents chirurgiens, etc. »
    Cet argument est discuté par Murray et Herrnstein à la page 494 de leur livre. Cela s’appelle « The compensating skills fallacy ». Cet argument consiste à dire qu’un grand nombre de professions intellectuelles demandent aussi des qualités non intellectuelles, donc qu’en recrutant les gens uniquement sur leurs qualités intellectuelles (un test de QI) on laissera de côté ceux qui présentent ces autres qualités. La première partie de l’argument est correcte, mais l’erreur consiste à croire que ceux qui ont des résultats médiocres aux tests de QI auront en moyenne plus de ces qualités non intellectuelles que ceux qui ont de bons résultats aux test de QI. Il n’existe aucune raison pour qu’il en soit ainsi.
    Par ailleurs il n’est pas si facile de séparer les qualités intellectuelles des qualités non intellectuelles, car très souvent ces qualités a priori non intellectuelles demandent en fait de l’intelligence pour être mises en œuvre. Pour reprendre les deux exemples que vous donnez : le talent oratoire ne se réduit pas à l’intelligence, mais il est évident qu’il n’est pas possible d’être un bon orateur sans être intelligent. Pour être un bon orateur il faut être capable d’adapter son discours au public, de bien disposer ses arguments, de savoir raisonner, bref il faut être intelligent. Un chirurgien doit être habile de ses mains, avoir une bonne motricité fine, mais il doit aussi savoir quand et comment utiliser cette habileté manuelle qui est la sienne. Bref il faut qu’il ait un cerveau bien fait pour diriger ses mains habiles.
    Je vous invite à regarder pages 78 et 79 de The bell curve où les auteurs discutent le rôle joué par l’intelligence même pour exercer un emploi aussi simple que celui de serveur.

    RépondreSupprimer
  7. Mon propos n'était pas d'éliminer l'intelligence comme moyen de sélection, mais simplement de dire qu'elle n'est pas suffisante. Il ne s'agit pas ici de mettre en concurrence les plus hauts QI et les plus bas, mais plutôt de dire que les individus dont le QI est dans la moyenne sont susceptibles d'exercer ces professions dès lors qu'ils disposent d'autres qualités.
    L'essentiel de la sélection se fait sur le critère de l'intelligence, et sur un certain type d'intelligence plutôt analytique, et il n'est pas certain qu'une sélection basée uniquement sur ce critère permette de sélectionner les meilleurs parce que ces professions nécessitent d'autres qualités.

    RépondreSupprimer
  8. Tout dépend des professions dont vous parlez. Mais s'il s'agit des professions que Murray et Herrnstein classent dans les professions intellectuelles (ingénieur, avocat, architecte, médecin, etc.), la réponse est clairement non : des gens d'une intelligence moyenne ne peuvent pas les exercer. Il y a quantité d'études qui ont été faites sur ce sujet et qui sont citées dans le livre. Je vous conseille de vous y reporter. De toutes manières, comme je vous l'ai dit, je pense qu'une bonne manière de juger des qualités nécessaires pour une profession est de regarder qui est recruté. L'intérêt des employeurs est d'avoir le pool de candidats le plus large possible, pour ne pas avoir à les payer trop cher. Si pour une profession donnée les employeurs cherchent tous à recruter parmi le très petit nombre de gens qui ont un QI supérieur à 120 (moins de 10% de la population), pour prendre un exemple, c'est qu'il se sont aperçus que seuls ces gens là pouvaient valablement occuper ces emplois. Ce qui ne les empêchent pas, bien sûr, de chercher à évaluer aussi les autres qualités des candidats.

    RépondreSupprimer
  9. C'était à prévoir : des emplois qualifiés et des études supérieures requièrent certaines capacités cognitives (mesurées par le QI). Dans son ouvrage, "Race évolution et comportement" P. Rushton écrit une phrase qui a beaucoup retenu mon attention :

    "Les Noirs ne sont sous-représentés que dans les délits comme les escroqueries fiscales ou les délits d'initié, qui relèvent de personnes occupant des postes de haut niveau."

    Version abrégée (48 pages) dispo gratuitement, à l'adresse suivante :
    http://www.charlesdarwinresearch.org/French.pdf
    Quelque part, il suppose que le faible QI des noirs est prédictif des crimes qu'ils vont commettre, càd les crimes qui ne requièrent pas beaucoup d'intelligence : vol à la tire, agressions (sexuelles notamment) etc.
    On ne s'étonnera pas non plus que les noirs sont sous-représentés dans les hauts niveaux de performance en mathématiques :
    http://nationsreportcard.gov/math_2009/gr8_national.asp?tab_id=tab2&subtab_id=Tab_3#chart
    Cliquer pour faire défiler les résultats par groupe ethnique.

    Le phénomène de concentration était lui aussi à prévoir. Un quartier initiallement habité par des riches attirera d'autres riches. Richard Lynn a pas mal insisté sur ce point : l'une des raisons qui fait que le QI varie en fonction des villes et des régions, c'est la mobilité géographique, les flux migratoires.
    Pour ceux qui veulent lire quelques extraits (que j'ai sélectionnés) de son bouquin "race differences in intelligence", voir l'intégralité, c'est ici :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/05/16/race-differences-in-intelligence-an-evolutionary-analysis-richard-lynn/

    Finalement, les ségrégations par le QI entraînent immanquablement une ségrégation ethnique. Les noirs, avec leur faible QI ont tendance à fréquenter une école "noire" tandis que les blancs avec un QI plus élevé fréquentent une école plus "blanche". Les socialistes n'acceptent pas ces ségrégations et optent pour des politiques de mixité sociale avec les HLMs, subventions et tout le reste. Rien ne dit que les mixités scolaires et donc ethniques vont booster les scores de chaque élève grâce aux effets de pairs.

    RépondreSupprimer
  10. "Rien ne dit que les mixités scolaires et donc ethniques vont booster les scores de chaque élève grâce aux effets de pairs."
    Bien au contraire, aussi bien la réflexion que l'expérience montrent que cela n'aboutit qu'à une seule chose : à tirer les bons élèves vers le bas. J'en reparlerais dans le "chapitre" 6.

    RépondreSupprimer
  11. J'espère vraiment que vous en parlerez (si possible en long et en large) dans le chapitre 6. J'ai lu pas mal d'études sur les expériences de mixité scolaire. Des fois, ça marche, des fois ça marche pas. Ce qui est assez étrange. Peut-être que certains facteurs sociaux n'ont pas été pris en compte. Ou peut-être une erreur d'échantillonnage, je ne sais pas. Je ne saurais pas trop me prononcer sur la mixité sociale à l'école, mais à priori, je ne suis pas si convaincu.

    RépondreSupprimer
  12. Non, pas en long et en large, désolé. Plutôt quelques remarques d'ordre général.
    ce sera peut-être pour un autre billet. Il y a tellement de sujets passionnants, mais on ne vit que 24h par jour.
    Ceci dit il y a toujours la ressource de consulter le livre directement. Vous trouverez déjà des références.

    RépondreSupprimer
  13. A propos de la formation d'une élite cognitive, selon toute vraisemblance, cette élite cognitive ne serait pas seulement plus intelligents, mais aussi plus grands ... et plus beaux.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/06/23/correlation-entre-beaute-et-salaire/

    Je serais également curieux d'avoir votre avis sur ce post :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/05/07/qi-taille-du-cerveau-et-traits-physiques/#comment-224

    Croyez-vous que la taille peut déterminer le QI ? Qu'à taille identique, les femmes ont un QI supérieur aux hommes même après contrôle des variables comme l'attrait physique et l'éducation (qui, on sait, est fortement corrélé au QI) ?

    RépondreSupprimer
  14. Bonjour,

    Intéressante étude. Je vous suis sur certains points, un peu moins sur d’autres. Quelques réflexions un peu en vrac donc :
    Je suis d’accord sur le fait que la beauté a en grande partie un caractère objectif : il est certaines caractéristiques physiques qui sont universellement jugées attirantes. Bien sûr cela n’empêche pas certains goûts d’évoluer - il y a des modes pour la beauté comme pour le reste - mais ces évolutions sont moins importantes qu’on le croit généralement. Par exemple, et pour rester en Occident, il est des époques où l’on préférait les femmes un peu plus plantureuses que maintenant (pensez aux tableaux de Rubens), mais d’une époque à l’autre et d’un continent à l’autre le rapport taille/hanches qui est jugé attractif chez une femme est toujours de l’ordre de 0,7. De la même manière les individus qui ont un corps et un visage hautement symétriques sont universellement jugés plus attirants que ceux qui sont dissymétriques.
    Or, et c’est le second point sur lequel je vous suis, il semble effectivement exister une certaine corrélation entre le QI et certaines caractéristiques physiques universellement jugées comme attractives, notamment la symétrie du corps et du visage.
    Là où j’apporterais quelques nuances à votre propos :
    Je crois qu’il faut différencier les hommes et les femmes : les femmes sont moins sensibles que les hommes à la beauté physique et plus sensibles au statut social. C’est un stéréotype je le sais bien, mais il très largement vérifié - comme la plupart des stéréotypes. Disons, pour simplifier un peu, que les femmes tendent à juger « sexy » la réussite et le statut social, ce qui n’est guère le cas des hommes.
    Secondement vous dites : « Ces économistes semblent émettre la conclusion suivante : les employeurs aiment les salariés très agréables à regarder, et détestent les salariés peu agréables à regarder. Nul besoin d’être économiste pour comprendre que cette théorie est grotesque. Aucun employeur n’a intérêt à agir ainsi : le salaire étant déterminé par la productivité. Autrement, il n’aurait rien à gagner. Cette hypothèse peut donc être d’ores et déjà écartée. »
    Cela me semble une conclusion un peu rapide. Vous présupposez que les employeurs agissent toujours en fonction de leur intérêt économique : seule la productivité les intéresse. Je crois au contraire qu’il y a très peu de gens qui agissent ainsi. Les employeurs sont certes préoccupés de rentabilité, mais ils n’en sont pas moins hommes, ce qui veut dire, entre autres, qu’ils sont sensibles à la beauté : il y a un plaisir à contempler les gens beaux contre lequel nous ne pouvons pas nous défendre. Les employeurs comme les autres (je mets évidemment de côté les cas exceptionnels, genre Ebenezer Scrooge).

    RépondreSupprimer
  15. Plus spécifiquement je veux dire deux choses :
    1) Il me semble que nous avons une tendance spontanée à supposer que les gens beaux ont des qualités qui vont au-delà de leur beauté. Vous suggérez qu’il ne s’agit pas d’une illusion et que les gens beaux seraient réellement plus productifs car plus intelligents. Mais sur les graphiques que vous donnez la différence de QI entre les « very attractive » et les « about average » n’est que de l’ordre de trois points, ce qui est très faible. Je ne suis pas sûr du tout que cela fasse une différence significative en termes de productivité. Arthur Jensen disait qu’il ne paierait pas cinq cents pour voir son QI augmenter de cinq points (ce qui me semble un peu excessif : moi je serais prêt à payer cinq cents). Lorsque l’on situe autour de la moyenne du QI, trois points en plus ne font guère de différence.
    Bref, il me semble que cette tendance à penser que les gens beaux sont aussi intelligents, sympathiques, compétents, productifs etc. est largement une illusion, mais une illusion dont il n’est pas facile de se déprendre. Ce pourquoi Aristote disait que la beauté est un appui préférable à toutes les lettres de recommandation, et que Socrate la comparait à une tyrannie de courte durée. Cela me semble des observations très justes.

    2) Les hommes cherchent spontanément à plaire à une jolie femme. Quand je dis plaire je ne veux pas dire qu’ils cherchent nécessairement à coucher avec elle, mais plus simplement qu’ils recherchent son approbation, sa sympathie, un sourire. Ce genre de choses. Bref il me semble que l’on ne peut pas du tout exclure que les employeurs se montrent inconsciemment moins exigeants avec leurs belles employées : qu’ils accordent un peu plus facilement des augmentations, des promotions, qu’ils les mettent à des postes plus faciles etc.
    Dans le livre de Warren Farrell dont j’ai fait un compte-rendu (vous pouvez le trouver sur mon site à la rubrique « féminisme ») celui-ci consacre un chapitre à ce qu’il appelle « The genetic celebrity pay gap », c’est à dire à la différence que fait la seule beauté (indépendamment de toute productivité) pour une femme du point de vue du salaire. Et cette différence est grande.
    Vous évoquez par exemple les jolies serveuses qui seraient davantage payées que les laides parce qu’elles auraient le pouvoir d’attirer les clients. Cela peut se concevoir. Mais il est aussi prouvé que les jolies serveuses touchent de plus gros pourboires. Pourtant le service qu’elles rendent au client n’est pas supérieur à celui d’une serveuse laide, et le client ne peut pas raisonnablement espérer retirer quoique ce soit de ce gros pourboire. Sauf un sourire. Mais cela suffit pour payer un peu plus.

    RépondreSupprimer

LES COMMENTAIRES ANONYMES SERONT SUPPRIMES SANS AUTRE FORME DE PROCES, ALORS FAITES L'EFFORT DE PRENDRE UN PSEUDONYME OU DE SIGNER VOTRE MESSAGE. MERCI.