Ralliez-vous à mon panache bleu

mercredi 18 mai 2011

The bell curve (4/7) - chapitres 13 et 14 - La question des inégalités raciales



Dans la troisième partie de The bell curve, Murray et Herrnstein abordent la question explosive entre toutes des différences de capacité cognitive entre les races ou les ethnies (pour des raisons évidentes, les auteurs préfèrent en général utiliser le terme « ethnie », mais ils reconnaissent que la signification qu’ils donnent à ce mot est à peu près identique à la signification du mot « race » dans le langage ordinaire - p271). Ils le font avec un luxe de précaution parfaitement compréhensible, et en multipliant les nuances et les avertissements, mais la conclusion générale à laquelle ils parviennent est parfaitement claire : en termes de QI il existe des différences substantielles entre les ethnies, ou plus exactement entre les asiatiques (Chinois, Japonais), les blancs et les noirs.

***

Les asiatiques ont un QI moyen légèrement supérieur à celui des blancs. Les études divergent sur la grandeur de cet écart, et Murray et Herrnstein estiment qu’une différence de l’ordre de trois points parait la plus vraisemblable. Par ailleurs les asiatiques obtiennent des scores particulièrement élevés dans les tests d’intelligence non verbaux. Ce résultat semble  corroboré, au sein des universités américaines, par la surreprésentation des asiatiques dans les disciplines scientifiques et par leur sous-représentation dans les départements de sciences humaines.
Les noirs américains, eux, ont un QI moyen substantiellement inférieur à celui des blancs. La plupart des études trouvent une différence légèrement supérieure à un écart-type, soit approximativement un QI moyen de 100 pour les blancs et de 85 pour les noirs. Pour avoir une idée de la signification pratique de cet écart, il faut garder à l’esprit qu’un QI de 70 est considéré comme la limite du retard mental léger, ce que les médecins du 19ème siècle appelaient l’imbécilité ou la débilité légère.
Cette infériorité des capacités cognitives moyennes de la population noire américaine est connue depuis l’apparition des tests de QI fiables, et bien entendu beaucoup d’hypothèses ont été émises pour expliquer cette différence, et plus encore pour montrer son caractère factice.
Une première explication serait que les tests de QI sont biaisés en défaveur des noirs, notamment parce que ces tests feraient appel à des connaissances qui seraient moins familières aux noirs qu’aux blancs. De nombreuses études ont été menées pour essayer de mettre en évidence de tels biais culturels, mais sans succès. Au contraire, il ressort de ces études que les différences entre les blancs et les noirs sont plus grandes pour les questions sans contenu culturel que pour les questions ayant un tel contenu. Aujourd’hui plus aucun professionnel sérieux ne soutient que les tests de QI sont culturellement biaisés (p282).
Une autre explication serait que, dans une société qui a été raciste et qui le demeure en partie, les noirs auraient intériorisé leur infériorité et seraient moins motivés pour répondre aux tests, d’où de moins bons scores. Le racisme de la société américaine actuelle est sujet à discussion, mais ce qui ne l’est pas est que les expériences menées pour mettre en évidence ce manque de motivation ont toutes échoué (p285).
Une troisième explication plausible serait que les différences en termes de QI refléteraient des différences en termes de statut économique et social (SES). Dans la mesure où les noirs sont surreprésentés parmi les catégories les plus défavorisées de la population, il n’est pas étonnant que leurs scores aux tests de QI soient moins élevés car ils n’ont pas eu les mêmes occasions d’exercer leur intelligence. Mais à statut socio-économique égal les différences disparaitraient. Cette explication est délicate, car le SES est en partie le résultat des facultés cognitives des individus (voir Chapitres 5 à 12 ). Contrôler la variable SES revient donc en partie à contrôler la variable QI. Cependant, lorsque l’on compare des familles de même SES, le QI des deux groupes augmente parallèlement avec le SES mais la différence de QI entre les noirs et blancs ne diminue pas, elle augment même légèrement (p287).
Enfin une dernière explication, qui se rapproche de la seconde, serait que le contexte américain, quelque chose comme l’héritage de l’esclavage, jouerait en défaveur de la population noire et amoindrirait ses scores. Il est difficile de vérifier une hypothèse aussi vague, mais l’on peut simplement constater que la quasi totalité des études existantes sur le QI des populations noires africaines parviennent à des résultats bien inférieurs à ceux de la population noire américaine, avec un QI moyen qui avoisine 75 (p289).

La différence entre les aptitudes cognitives moyennes des noirs et des blancs semble donc aussi bien établie qu’il est possible. La question très délicate qui se pose alors est celle de l’origine de ces différences. Trois positions semblent possibles. Soit ces différences sont d’origine génétique (on aurait dit autrefois : naturelle), soit elles sont dues à des différences d’environnement, soit elles sont dues partiellement à la génétique et partiellement à l’environnement. La seule position publiquement acceptable est la seconde, mais cela ne signifie pas qu’elle soit bien prouvée. Au contraire, le fait que cette position - tout est dû à l’environnement - soit la seule publiquement acceptable dispense la plupart du temps ses adeptes de la nécessité de prouver et d’argumenter.
Murray et Herrnstein examinent longuement les arguments pour et contre le caractère génétique des différences de QI entre les ethnies. Ils concluent que le plus probable est que ces différences sont dues en partie à la génétique et en partie à l’environnement, dans une proportion qu’il ne leur semble pas possible de préciser (p311). Au vue des arguments qu’ils passent en revue, ainsi que de leur prise de position initiale sur le caractère essentiellement héréditaire du QI, il semble cependant hautement improbable que les auteurs puissent penser que la génétique ne joue qu’un faible rôle.
Toutefois, Murray et Herrnstein insistent sur le fait que l’importance de la question de l’origine des différences de QI est souvent surestimée. Nous avons, selon eux, tendance à penser que conclure à une origine génétique aurait nécessairement des conséquences politiques terribles, sans doute avec la mise en place d’un régime de type apartheid, etc. A l’inverse, nous sommes rassurés par l’idée que les différences de QI entre les races seraient dues à l’environnement, car il nous semble que l’environnement peut facilement être manipulé et, par conséquent, que ces différences pourraient disparaitre avec le bon type de politiques publiques. Murray et Herrnstein rejettent ces deux conséquences.
Le fait que les noirs aient un QI moyen bien inférieur à celui des blancs n’empêche pas qu’il existe des noirs très intelligents et que, sur une vaste population, beaucoup de noirs seront plus intelligents que beaucoup de blancs. Les auteurs affirment donc qu’il n’existe aucune bonne raison pour traiter différemment les individus sous prétexte que nous avons connaissance du fait que les groupes auxquels ils appartiennent présentent des différences substantielles ; et ce quelque soit l’origine de ces différences : Le fait que les noirs et les blancs aient en moyenne un QI différent ne nous dit rien sur le QI de la personne que nous avons en face de nous (p313).
Cet argument est sans doute logiquement impeccable, mais le lecteur peut difficilement s’empêcher de penser que, en l’avançant, les auteurs paraissent accorder un trop grand rôle à la logique dans la direction des affaires humaines. N’est-il pas inévitable, en effet, que très souvent, dans notre vie quotidienne, nous faisions appel pour nous orienter à des catégories très générales, des catégories qui sont souvent inadaptées avec les cas individuels mais qui sont néanmoins indispensables, dans la mesure où nous n’avons le plus souvent ni le temps ni la capacité d’examiner tous les cas individuels ? Pour le dire autrement, l’argument avancé par Murray et Herrnstein semble politiquement un peu naïf. Il n’est pas exclu que les auteurs en aient pleinement conscience. Par ailleurs, le lecteur européen pourra remarquer que la perspective de Murray et Herrnstein est - de manière parfaitement compréhensible - spécifiquement américaine. Aux Etats-Unis la population noire peut être considérée comme autochtone. En Europe la population noire est essentiellement issue de vagues d’immigration récentes et qui se poursuivent. Les implications politiques des inégalités de capacité cognitive entre les ethnies sont donc assez différentes d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.
Concernant l’idée que des différences de QI dues à l’environnement seraient faciles à faire disparaitre, Murray et Herrnstein rappellent simplement que des différence dues à l’environnement ne sont pas nécessairement moins stables que des différences génétiques.  En arrivant à l’adolescence les performances cognitives des individus peuvent, à toutes fins utiles, être considérées comme fixes. Il parait pratiquement impossible de les faire évoluer. Par ailleurs l’environnement n’est pas toujours facile à manipuler, et notamment pas dans le cas des capacités cognitives. De nombreuses politiques publiques ont déjà été mises en place dans de nombreux pays, et particulièrement aux Etats-Unis, pour essayer d’augmenter les performances intellectuelles d’une population donnée, mais sans résultats probants jusqu’à maintenant. Même si nous pouvions être sûrs que les différences de QI entre les ethnies sont entièrement dues à l’environnement, et aucunement à la génétique, cela ne suggérerait aucun programme, aucune mesure, qui n’ait pas déjà été tenté sans succès (p315).

Murray et Herrnstein se tournent ensuite vers la question des inégalités sociales entre les groupes raciaux. Ils examinent les grands indicateurs pour lesquels il existe des inégalités notables entre les groupes, en essayant de déterminer quelle part de ces inégalités peut être expliquée par les différences de capacité cognitive. Il s’avère que, lorsque l’intelligence est prise en compte, c’est-à-dire lorsque l’on compare les individus sur la base de la même aptitude cognitive, un certain nombre de ces inégalités diminuent, disparaissent, voire s’inversent dans quelques cas. Par exemple, la faible réussite scolaire des noirs et leur faible présence dans les professions les plus prestigieuses peuvent être expliquées par leurs plus faibles capacités cognitives. Mieux, pour ces deux indicateurs, à QI équivalent les noirs (et les latinos) ont des taux de réussite supérieurs à ceux des blancs. Il est difficile de ne pas voir là l’effet de la discrimination positive pratiquée aux Etats-Unis.





De la même manière, le fait que les noirs soient surreprésentés parmi les pauvres et parmi les délinquants s’explique très largement (mais pas intégralement) par les différences de QI.



En revanche certains indicateurs demeurent substantiellement différents même en contrôlant la variable du QI. C’est notamment le cas du taux de mariage, qui est beaucoup plus faible dans la population noire que dans le reste de la population, et du taux de naissance hors mariage, qui présente la même caractéristiques. D’autres facteurs explicatifs que le QI doivent donc être recherchés.


(à suivre)

NB : Les lecteurs qui désireraient plus d’informations sur cette question pourront consulter Thirty years of research on race differences in cognitive ability de Philippe Rusthon et Arthur Jensen. Cet article, paru en 2005, est à la fois très complet et très technique. Ses conclusions sont substantiellement identiques à celles de Murray et Herrnstein.

11 commentaires:

  1. Passionnant, comme toujours. Il y a des jours où je regrette vraiment de ne pas lire l'anglais !

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  2. Merci. C'est parce que beaucoup de gens sont dans votre cas que je fais cet effort.
    Concernant la souscription pour m'ériger une statue, que tout cela reste sobre surtout. Je suis d'un naturel modeste.

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  3. Je confirme, le "Thirty years of research on race differences in cognitive ability" est très bon. Mais il ne vaut pas celui-là :
    http://psychology.uwo.ca/faculty/rushtonpdfs/Intelligence%20and%20How%20to%20Get%20It%20%28Working%20Paper%29.pdf

    Ils répondent aux critiques de Nisbett. Il y a pas mal de discussions intéressantes, les études biaisées de Turkheimer et de Schoenemann, puis le cerveau d'Einstein soit-disant plus petit que celui des noirs, etc. Je ne dirais pas qu'il est complémentaire au "Thirty Years of research" parce qu'ils répètent pas mal ce qui est dit dans le Thirty Years. Par contre, je tiens à préciser : leur conclusion diffère de celui des auteurs de Bell Curve, en cela qu'ils affirment que la génétique joue un rôle majeur dans le niveau du QI. 50% génétique 50% environnement à l'enfance, certes. Mais à l'âge adulte, le ratio bascule à 80%-20%, de sorte que les programmes sociaux (comme le fameux Head Start) pour enfants défavorisés n'ont aucun effet durable sur les performances. Ça aide peut-être les enfants blancs défavorisés, mais pas les enfants noirs, ce qui tend à accroitre davantage les inégalités, plutôt que de les réduire.
    Pour ceux qui n'aiment pas l'anglais, j'en parle brièvement ici :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/04/24/determinants-de-la-reussite-scolaire-theorie-culture-seule-versus-theorie-hereditariste/

    Concernant le racisme anti-noir qui abaisserait leur QI, il faut noter que ce racisme n'a pas empêché les juifs d'obtenir un score de QI aux alentours de 112-115. soit 30 point de QI supérieurs aux afro-américains. On ne voit pas pourquoi le racisme anti-noir aurait fait régresser leur QI de 30 points. Ça n'a pas de sens. Les facteurs socio-culturels ne peuvent pas tout expliquer. Il y a un élément "manquant". Lequel ? Peut-être le facteur génétique.
    Par ailleurs, de Rushton et Jensen, James Watson’s most inconvenient truth, on peut lire :

    Another way to test the hypothesis that there is some special ‘‘Factor X’’ that lowers the IQ of Blacks is to compare the similarity of the correlations between background variables (such as the home environment and the peer group) and outcome measures (such as scholastic achievement and delinquency rates). If a Factor X exists, some of these correlations should be lower for Blacks. A series of studies on some very large samples have tested this hypothesis and disconfirmed it [41]. For example, Rowe et al. [42] examined test scores for 8528 Whites, 3392 Blacks, 1766 Hispanics, and 906 Asians and found the exact same relation of background variables and outcome variables in each race; there was no evidence of any special factor that acted systematically to lower the IQ scores of Blacks.

    Les adoptions transraciales aussi confirment la non pertinence des théories "culturelles". Les enfants asiatiques malnourris (voir l'étude de Winick et al. dans le lien ci-dessus) ont 10 points de QI au dessus des blancs alors que le QI des enfants noirs n'est jamais très loin de leur moyenne ethnique, soit 85.

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  4. "Le fait que les noirs aient un QI moyen bien inférieur à celui des blancs n’empêche pas qu’il existe des noirs très intelligents et que, sur une vaste population, beaucoup de noirs seront plus intelligents que beaucoup de blancs."

    C'est une manière maladroite de cacher l'effroyable vérité qui se trouve derrière ses études. ça n'a pas de sens de comparer les noirs les plus intelligents aux blancs les moins intelligents. En moyenne, un noir a 15 points de QI de moins que les blancs. Intellectuellement, les noirs sont derrière.
    Physiquement, ils sont devant, et sur-représentés dans les domaines sportifs. C'est un avantage génétique. Les détracteurs auront vite fait de remarquer ce que cela signifie : les noirs ont les muscles, pas la tête, les chinois ont la tête, pas les muscles.
    La "race" est comme une boîte de Pandore. Vous l'ouvrez et vous déversez un flot de désastre. Accepter la théorie héréditariste, signifie que les gens vont adopter des comportements préventifs vis à vis des noirs (imaginez la police ?). L'étiquetage sera beaucoup plus prononcé qu'il ne l'est actuellement. Les études sont intéressantes, mais dangereuses socialement.
    Les auteurs ne peuvent pas prétendre que cela n'aura pas un énorme impact social, forcément négatif.

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  5. C'est un vrai problème :si on acceptait officiellement les résultats de ces études, cela pourrait avoir des conséquences terribles... mais les refuser revient à baser tout le système social sur des postulats faux ce qui a également d 'énormes conséquences.
    On n 'a pas le choix entre le bien et le mal mais entre deux maux .

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  6. Murray et Herrnstein reviennent souvent sur cette question des conséquences politiques possibles de leurs études. Leur position est que chercher à cacher la vérité est inutile car impossible : les gens ne peuvent pas ne pas constater ce qui crève les yeux, même si on leur interdit d'en parler. Ils pensent au contraire que chercher à toute force à dissimuler la réalité peut finir par créer un mouvement de balancier en sens inverse, avec l'apparition d'un racisme virulent, qui pour le coup irait au delà de ce que montrent les études, etc.
    Leur position se tient mais, comme je l'ai indiqué discrètement, je pense qu'ils minimisent volontairement l'impact négatif que pourraient avoir leurs études. Cela aussi est défendable me semble-t-il : si vous pensez qu'une opération douloureuse est nécessaire mais que le patient ne semble pas prêt à l'accepter parce qu'il a peur, il peut être approprié de ne pas lui révèler à quel point ça fera mal.
    Comme le dit Dxdiag, je pense que nous n'avons plus aujourd'hui le choix qu'entre des maux plus ou moins prononcés. Dire la réalité des différences éthnique me semble préférable, à tout prendre, ce pourquoi je fais ces papiers. Mais c'est juste un moindre mal.
    La "diversité" est une malédiction avec laquelle nous allons nous débattre très longtemps.

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  7. dxdiag, et aristide,

    Oui, c'est le dilemme. On accepte ces thèses, et c'est le chaos social. On refuse ces thèses, on a la paix sociale, mais au prix de la vérité. Les détracteurs diront que toute vérité n'est pas forcément bonne à dire. Peut-être qu'il y a des choses qu'il vaudrait mieux ne pas savoir ?
    Je ne pensais pas comme ça autrefois, mais les travaux de Rushton, Jensen, Lynn and co. m'ont fait de l'effet.

    Là où je suis d'accord avec les auteurs, c'est qu'il inutile d'espérer égaliser les chances de réussite par la redistribution, l'impôt, les subventions aux pauvres etc. On devrait apprendre à vivre avec les inégalités. Le Head Start n'avait servi à rien; à long terme, les noirs n'avaient pas de meilleures performances.
    Cependant, si l'on cesse la redistribution, on verra de plus en plus de noirs dans les couches les plus défavorisées de la société. Des quartiers et des écoles de plus en plus "noirs", avec de l'autre côté des quartiers et écoles de plus en plus blanches (et/ou jaunes, puisque les asiatiques ont un QI élevé). ça ne pourra pas être dissimulé très longtemps, tout le monde le constatera. Les noirs diront forcément que c'est la faute à discrimination, le racisme etc même si ça n'a rien à voir. Ils réclameront des privilèges sociaux, des aides. Les politiciens diront que la pauvreté génère le crime, qu'il font favoriser l'intégralité, donner des emplois, augmenter les salaires, favoriser les mariages mixtes etc. Ou alors ce serait un pays raciste. Toutes les excuses sont bonnes à entendre.
    Même si on n'est pas forcément d'accord, on peut facilement les comprendre.

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  8. "la pauvreté génère le crime, qu'il font favoriser l'intégralité"

    Je voulais dire "qu'il faut favoriser l'intégration".

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  9. "Oui, c'est le dilemme. On accepte ces thèses, et c'est le chaos social. On refuse ces thèses, on a la paix sociale, mais au prix de la vérité."

    Je ne crois pas que l'alternative se présente tout à fait comme cela. Il ne me parait pas inévitable que la diffusion de la vérité sur les inégalités raciales ait pour conséquence le chaos social. A l'inverse il ne me semble pas du tout que nous ayons la paix sociale en cachant cette vérité. Au contraire, s'il est une chose qui est claire c'est que partir du principe que tous les groupes humains sont fondamentalement identiques aboutit à des récriminations et à des accusations sans fin. Toute différence de résultats entre ces groupes sera interprétée comme la conséquence d'une "discrimination" quelconque, ce qui entrainera donc des demandes de réparations etc.
    L'affirmative action dans les universités est un cas d'école (c'est le cas de le dire) de ce cercle vicieux qui dresse les groupes les uns contre les autres. Bien que les universités cachent soigneusement les critères sur lesquels les noirs (et les latinos) sont admis, les autres étudiants ne peuvent pas ne pas constater qu'ils sont bien plus mauvais que les autres et donc qu'ils ont bénéficié de passe droit pour être admis. C'est à dire concrètement qu'ils ont pris la place d'étudiants plus talentueux, qui n'auront pas pu rentrer dans l'université qu'ils convoitaient parce qu'il aura fallu céder la place à quelque issu de la "diversité". Bien entendu les autres étudiants sont indignés par ces injustices (qui ne s'arrêtent évidemment pas à la sélection à l'entrée). Ils ne le manifestent pas pour ne pas avoir d'ennuis, mais les noirs ne peuvent pas ne pas sentir qu'on les regarde de travers, en les soupçonnant d'usurper leur place. Les noirs en déduisent que les autres étudiants sont racistes, ce qui aboutit à encore plus de demandes pour combattre le racisme et favoriser l'intégration des minorités, etc.

    Cacher une réalité aussi massive et que tout le monde, pour ainsi dire, peut constater par lui-même est simplement impossible. Il faudra, me semble-t-il, un jour ou l'autre accepter de la regarder en face. Bien sûr il y aura un prix à payer, même si ce ne sera pas forcément le "chaos social".

    Une dernière chose : "si l'on cesse la redistribution, on verra de plus en plus de noirs dans les couches les plus défavorisées de la société." Je pense au contraire que moins de redistribution, ou disons moins d'Etat-providence, favoriserait l'ascension sociale. L'Etat-providence aujourd'hui n'est pas une partie de la solution, il est une partie du problème.
    Mais j'en reparlerais.

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  10. "Toute différence de résultats entre ces groupes sera interprétée comme la conséquence d'une "discrimination" quelconque, ce qui entrainera donc des demandes de réparations etc."

    C'est aussi mon avis.
    Ceci dit, quand je parle de chaos sociale, je suis très sérieux. Même si j'adhère à la théorie héréditariste (80% génétique-20% environnement), ça ne se voit pas dans mon comportement. Je "n'applique" pas ces thèses même si je les accepte. je n'adopte aucun comportement "préventif". Mais je sais que ça servirait de prétexte à beaucoup de gens pour exiger l'exclusion des noirs, ou la séparation ethnique. Les mariages mixtes noir-blanc vont chuter, les entrepreneurs vont refuser les noirs à l'embauche, les considérant comme des individus à problème, les gendarmes, je préfère même pas imaginer...
    Je suis peut-être pessimiste mais je ne crois que ce scénario soit irréaliste.

    "Je pense au contraire que moins de redistribution, ou disons moins d'Etat-providence, favoriserait l'ascension sociale."

    Ce que je dis, c'est que les études montrent que la mobilité sociale des noirs est inférieure à celle des blancs.
    Voyez la page 5, Figure 5.
    http://www.economicmobility.org/assets/pdfs/EMP_Black_White_Families.pdf

    Le statut social des enfants noirs de parents riches décline. Ce n'est pas sans rapport avec leur faible QI. Donc oui, je le pense vraiment. Sans redistribution, les ségrégations spatiales seront encore plus prononcées. Les noirs dans les quartiers pauvres, les blancs et les jaunes dans les quartiers riches. Les noirs dans des écoles avec beaucoup de remue-ménage, des écoles "noires", les blancs et asiatiques, dans des écoles réputées, et "blanches" de surcroit. Les noirs sont pauvres car ils ont un QI plus faible.

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  11. "Mais je sais que ça servirait de prétexte à beaucoup de gens pour exiger l'exclusion des noirs, ou la séparation ethnique."

    Certains auront peut-être remarqué que j'ai changé d'avis depuis. Comme on dit, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis.
    Je regarde le japon, ils discriminent les étrangers plus durement que chez nous, et ça ne choque pas les japonais, et les étrangers ne traitent pas les japonais de racistes. Ils n'ont pas ce problème d'identité, ils se sentent chez eux, entre eux, en sécurité, avec leur semblable. Ils acceptent les inégalités, de n'être pas nés égaux en terme d'aptitudes (cognitives notamment). Je n'apprécie pas particulièrement les japonais, mais j'ai la conviction que c'est un modèle vers lequel on devrait tendre. Chez nous, c'est différent. J'avoue que j'ai moi aussi eu le cerveau lavé durant toutes ces années vécues en France. Heureusement, ça commence à s'évaporer.

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