Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 2 mai 2011

God Bless America



Ben Laden a été tué par des soldats américains, justice est faite et je m’en réjouis. Mais le but de ce billet n’est pas de vous faire partager ma joie. Il n’est pas davantage de commenter la mort de Ben Laden et de spéculer sur les conséquences possibles de sa disparition : ce blog n’a pas pour vocation de commenter l’actualité, et je suis sûr que beaucoup d’autres s’en chargeront beaucoup mieux que je ne saurais le faire. Non, je voudrais simplement profiter de cette occasion pour dire quelques mots sur les Etats-Unis, ou plus exactement pour vous faire partager une analyse qui me semble très juste à propos de la nation américaine ; car je n’ai guère de doute que, après de courtes réjouissances, la détestation si bien partagée des Etats-Unis reprendra son cours ordinaire, fait à proportions variables d’erreur, d’envie, et d’ignorance.
Je laisse donc la parole à Pierre Manent, puisque c’est de lui qu’il s’agit.

Il me semble que les Européens ont de la peine à former un jugement équilibré sur les Etats-Unis. Equilibré ne veut d’ailleurs pas dire froid. Je crois que si l’on a l’ambition de comprendre la politique moderne, il faut avoir une certaine compréhension des Etats-Unis, et donc, il faut avoir un certain amour pour les Etats-Unis. Je ne veux pas rendre obligatoire l’amour des Etats-Unis, mais je crois qu’un minimum de sympathie et de reconnaissance des accomplissements américains est une condition de base pour comprendre un petit peu la politique aujourd’hui et en général. Qui a une vue étroite, négative, restrictive de la vie américaine et de l’action des Etats-Unis depuis leur fondation, non seulement est injuste à l’égard de la plus grande réussite politique du monde moderne, mais il lui manque un élément pour sa compréhension de la chose politique, il lui manque une des conditions d’une approche impartiale du phénomène politique en général. Parce que, en dépit de toutes les critiques que l’on peut faire à l’Amérique et que l’on doit lui faire, les Etats-Unis demeurent un phénomène politique vraiment inédit et puissant. (Le regard politique, p74)

Je n’ai rien à ajouter à cela.

5 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord. Pour moi le mot solidarité occidentale n'estpas vain, malgré
    certaines erreurs américaines comme naguère le
    bombardement de la Serbie. J'espére que çà va maintenant être le tour de ce brigand de Kadhafi,qui nous pourrit la vie depuis plus de 40 ans.

    RépondreSupprimer
  2. Excellente référence, que ce Pierre-là !

    Verba volent, scripta Manent, si je puis me permettre…

    RépondreSupprimer
  3. Kampfbereit : oui, espérons.
    Didier Goux : N'est ce pas ? Pierre Manent est certainement l'un de nos meilleurs esprits, à la fois un excellent connaisseur des grandes oeuvres de la philosophie politique et un commentateur très subtil de l'actualité politique, ce qui est une conjonction plutôt rare.

    RépondreSupprimer
  4. "après de courtes réjouissances, la détestation si bien partagée des Etats-Unis reprendra son cours ordinaire, fait à proportions variables d’erreur, d’envie, et d’ignorance."

    Hélas !

    RépondreSupprimer
  5. En fait ça ne s'est jamais arrêté, si j'en crois certains commentaires sur les sites des journaux, y compris ceux étiquettés de droite bien sûr. Mais je suppose que nos hommes politiques eux observerons un délai de décence.

    RépondreSupprimer

LES COMMENTAIRES ANONYMES SERONT SUPPRIMES SANS AUTRE FORME DE PROCES, ALORS FAITES L'EFFORT DE PRENDRE UN PSEUDONYME OU DE SIGNER VOTRE MESSAGE. MERCI.