Ralliez-vous à mon panache bleu

mardi 10 mai 2011

The bell curve (3/7) - Chapitres 5 à 12 : intelligence et comportement social




Le point principal développé dans ces chapitres est que l’intelligence est un facteur explicatif très important pour comprendre un grand nombre de comportements sociaux.
De manière générale, un haut degré d’intelligence est associé, statistiquement, avec des comportements socialement désirables - ou, s’il faut parler dans tous les systèmes, avec des comportements jugés habituellement comme bénéfiques pour la société dans son ensemble - alors qu’un faible degré d’intelligence est associé, statistiquement, avec des comportements socialement indésirables. Murray et Herrnstein examinent ainsi huit variables : la pauvreté, la réussite scolaire, le chômage, le statut familial (marié, divorcé, etc.), la dépendance à l’aide sociale, la manière d’éduquer les enfants, la criminalité, la civilité. Dans chaque cas, bien que dans des proportions variables, la conclusion est sans appel : les individus les moins intelligents sont représentés de manière disproportionnée parmi les pauvres, les chômeurs, ceux qui dépendent de l’aide social pour vivre, ceux qui ont des enfants hors mariage, ceux qui commettent des actes de délinquance, etc.
Bien évidemment, le fait qu’un faible QI soit généralement associé avec ces caractéristiques indésirables ne signifie pas qu’un faible QI conduise inévitablement à développer ces caractéristiques. Il n’est pas possible de prédire le comportement d’un individu donné simplement en fonction de son QI : la très grande majorité des personnes ayant de faibles capacités intellectuelles sont d’honnêtes citoyens, travailleurs, mariés, qui éduquent leurs enfants de leur mieux, etc. Mais dès lors que l’on ne considère plus les individus mais les groupes, les différences de comportement entre les catégories les plus intelligentes et les catégories les moins intelligentes de la population deviennent statistiquement significatives. Selon Murray et Herrnstein, ce sont précisément les différences en termes de capacités intellectuelles qui sont en grande partie la cause de ces différences de comportement.
Dans ces chapitres les auteurs limitent leur analyse à la partie blanche (on dit parfois aussi « caucasienne ») de la population américaine et ce, disent-ils, afin de montrer que le QI affecte le comportement des individus indépendamment de leur race ou de leur ethnie (p125). Dans la mesure où la troisième partie du livre se concentre sur les différences de capacités cognitives entre les races ou les ethnies, cette démonstration ne paraitra effectivement pas superflue, ni pour la bonne compréhension des lecteurs, ni pour la tranquillité des auteurs.

***

La pauvreté joue aujourd’hui un rôle central dans la définition d’un grand nombre de politiques publiques, car elle est censée être la cause principale de nombreux maux. C’est le faible statut économique et social (SES) des individus qui expliquerait la délinquance, les grossesses hors mariage, la dépendance à la drogue, etc. C’est le faible statut économique et social des parents qui expliquerait l’échec scolaire des enfants, leur incapacité à trouver un emploi, leur pauvreté ultérieure, etc. L’éradication de la pauvreté est donc ardemment recherchée, à la fois pour elle-même et pour faire disparaitre ces maux. Cette focalisation sur la question de la pauvreté pourrait cependant paraitre étrange, car un simple coup d’œil dans le rétroviseur permettrait de se rendre compte que la pauvreté ne peut pas être à l’origine de toutes les calamités qu’on lui attribue. En 1939, plus de la moitié de la population des Etats-Unis vivait en dessous du seuil de pauvreté, tel que définit en 1992. A cette seconde date, la proportion n’était plus que de 14,5%. Pourtant ce recul sans précédent de la pauvreté ne s’était pas accompagné d’une diminution des maux censés être provoqués par la pauvreté. Bien au contraire, la plupart de ces maux, la criminalité, la drogue, les filles-mères, etc. avaient considérablement augmenté. Ces mouvements en sens contraire ne sont bien sûr pas propres aux Etats-Unis mais peuvent être observés, à un degré plus ou moins grand, dans toutes les démocraties libérales.
En réalité, à l’analyse, la pauvreté apparait souvent bien moins comme une cause que comme une conséquence, de la même manière que la fièvre, pour désagréable qu’elle soit, n’est pas la cause de la maladie qu’elle accompagne. Le QI lui non plus ne peut pas prétendre au statut de cause unique de tous les comportements socialement indésirables - sans quoi certains de ces comportements n’auraient pas pu augmenter spectaculairement comme ils l’ont fait ces dernières décennies - mais son statut causal est bien plus avéré que celui de la pauvreté. A commencer par son statut de cause de la pauvreté elle-même.

 - Pour ne pas devenir pauvre soi-même, est-il préférable d’être né riche ou bien d’être né intelligent ? La réponse est sans ambiguïté : intelligent. Les individus ayant une intelligence égale ou supérieure à la moyenne (QI égal ou supérieur à 100) sont très rarement pauvres à l’âge adulte, même s’ils sont nés dans un milieu très défavorisé. A l’inverse, un enfant de la classe moyenne ayant une intelligence en dessous de la moyenne courra un risque non négligeable de devenir pauvre.




- Pour réussir à l’école et pour faire des études supérieures, est-il préférable d’être né riche ou bien d’être né intelligent ? Les deux sont évidemment un avantage, mais un QI élevé est un avantage bien plus substantiel. Un avantage si substantiel que l’écrasante majorité des individus les plus intelligents obtiennent un diplôme universitaire, quelque soit leur milieu d’origine. L’idée communément répandue selon laquelle les enfants talentueux des catégories populaires seraient privés de l’opportunité de faire valoir leur talent semble dénuée de fondement solide. Ce phénomène existe sans doute toujours, mais il n’est plus statistiquement significatif (p153)



- Parmi les personnes sans emploi sur une longue période, celles ayant un faible QI prédominent très largement, et plus encore parmi celles qui sont sorties de la population active parce qu’elles ont cessé de rechercher un emploi. Cela signifie bien sûr que le chômage et l’inactivité ne dépendent pas seulement du dynamisme de l’économie. Mais cela n’est guère sujet à controverses.
Les effets du QI sur le mariage et le divorce en revanche sont moins connus mais tout aussi avérés. Toutes choses égales par ailleurs, les gens les plus intelligents se marient davantage et divorcent moins.



Cette statistique doit être combinée à celle des naissances hors mariage, qui elles aussi sont de manière tout à fait disproportionnée le fait des personnes au QI le moins élevé.




Ces statistiques sont de première importance, car le fait de divorcer ou d’avoir des enfants hors mariage sont des causes majeures et indépendantes de pauvreté, et plus généralement de comportements sociaux indésirables. Un homme ou une femme qui se situent un peu au dessus du seuil de pauvreté tant qu’ils sont mariés, tombent le plus souvent en dessous de ce seuil après avoir divorcé, et les enfants élevés dans les familles monoparentales présentent - toutes choses égales par ailleurs - des risques bien plus grands de devenir délinquants, de développer des addictions, de quitter prématurément le circuit scolaire, pour les filles de tomber enceintes alors qu’elles sont encore adolescentes, etc.
Le fait que le taux de divorce et le nombre de naissances hors mariage aient considérablement augmenté dans les dernières décennies signifie que le QI seul n’est pas à l’origine de ces phénomènes. En revanche, il parait plus que probable que le facteur du QI se soit combiné avec le changement des mœurs et des lois pour produire les statistiques actuelles. Ainsi, on peut penser que le développement de l’Etat-providence a en réalité souvent aggravé la situation de ceux qu’il était censé aider.
L’Etat, par exemple, verse aujourd’hui des allocations aux mères célibataires et leur fournit tout un ensemble de prestations destinées à alléger les difficultés qu’elles peuvent rencontrer. Mais en rendant la situation de mère célibataire moins pénible, le gouvernement affaiblit aussi les raisons de ne pas devenir mère célibataire, et il tend à dispenser les hommes de leur responsabilité d’assurer la subsistance des enfants qu’ils procréent. Bien entendu les aides dispensées par l’Etat ne sont pas mirifiques, et sur le long terme être une mère célibataire est un obstacle très sérieux à toute ascension sociale. A strictement parler il reste donc rationnel de ne pas devenir mère trop jeune, et surtout hors mariage. Mais il faut une certaine intelligence pour comprendre cela. Pour des jeunes femmes aux capacités intellectuelles limitées, qui ne sont pas capables de se représenter distinctement les conséquences à long terme de leurs actes, vivre des aides publiques avec leur enfant peut sembler une bonne affaire (p189).
Le cas des naissances hors mariage offre ainsi un bon exemple de la manière dont des règles bien intentionnées, mais élaborées sans tenir compte des capacités intellectuelles moyennes de leurs destinataires, peuvent produire des effets pervers considérables. Un problème sur lequel les auteurs reviennent dans la quatrième et dernière partie de leur livre.

- Murray et Herrnstein s’attardent longuement sur la question de l’éducation des enfants au sein de leur famille. Bien que l’éducation des enfants soit une affaire éminemment privée et que nous soyons prompts à affirmer publiquement que, en la matière, chacun fait ce qu’il veut, tout le monde s’accordera pour reconnaitre que certaines pratiques parentales sont meilleures que d’autres, et donc, en définitive, qu’il existe de meilleurs parents que d’autres. Les parents qui s’occupent de la nourriture et de la santé de leurs enfants, qui leur témoignent de l’affection, qui discutent avec eux et répondent à leurs questions, qui leur fournissent un cadre de règles et de valeurs à peu près stables et cohérentes, sont, toutes choses égales par ailleurs, de meilleurs parents que ceux qui ne le font pas. Il est donc possible de construire des indices qui permettent de mesurer, au moins approximativement, la qualité éducative d’un foyer.
Aux Etats-Unis cet indice s’appelle HOME, et il permet de se rendre compte que les « mauvais foyers », ceux dans lesquels les enfants courent le plus de risque d’être victimes de négligence ou de mauvais traitement, ne sont pas répartis uniformément dans la population. Les foyers les plus pauvres sont surreprésentés parmi ces mauvais foyers. La conclusion spontanée - en tout cas celle qui est tirée le plus souvent - est que l’un serait la cause de l’autre : les familles pauvres auraient plus de mal à bien éduquer leurs enfants précisément du fait de leur pauvreté.
Pourtant, comme dans beaucoup d’autres cas, l’explication par la pauvreté ne parait pas entièrement satisfaisante. Si l’on appelle « pauvreté » ce que la loi définit aujourd’hui comme tel, force est de constater que l’immense majorité des enfants ont depuis toujours été élevés dans des foyers « pauvres », et même bien plus pauvres que ceux qui sont aujourd’hui considérés comme tels (p223). Cette pauvreté là n’a jamais empêché de bien s’occuper de ses enfants.
En revanche, le faible QI des parents semble une cause bien plus importante de la négligence et de la maltraitance des enfants. Si l’on excepte les cas les plus sévères de maltraitance, le problème numéro un des mauvais parents semble, en effet, être l’incohérence de l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants : alternance de négligence et de surprotection, de sévérité et de laisser-faire, punitions distribuées en fonction de l’humeur des parents et non en fonction du comportement de l’enfant, etc. Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour bien s’occuper de ses enfants, mais cela demande d’être capable de se représenter ce que peuvent être leurs besoins physiques et émotionnelles, de ne pas agir en fonction de l’impulsion du moment mais en fonction de ce qui, sur le long terme, sera bon eux, etc. Ces qualités ne sont évidemment pas sans rapport avec l’intelligence même si elles ne s’y réduisent pas.
Que ces mauvais parents soient souvent pauvres n’est pas surprenant, si l’on se rappelle qu’un faible QI est un facteur important de pauvreté. Mais donner des allocations à ces parents négligents ou abusifs n’améliorera pas la qualité de l’éducation qu’ils fournissent à leurs enfants. Le problème principal n’est pas leur pauvreté mais leur incompétence (p213, 232).





- Tout comme pour la maltraitance des enfants, la criminalité est souvent attribuée à la pauvreté - tout au moins du côté de l’élite cognitive et socio-économique. Les catégories moins favorisées de la population, qui connaissent la pauvreté et les délinquants ordinaires de plus près, semblent moins réceptives à ce genre d’explication. Bien entendu il est exact que la grande majorité des délinquants appartiennent à ces catégories moins favorisées d’un point de vue économique, de même que ceux qui viennent de foyers stables et aisés finissent assez rarement en prison. Mais il ne s’ensuit pas que la pauvreté soit la cause de la délinquance. En fait, selon Murray et Herrnstein, si pauvreté et délinquance marchent souvent main dans la main, c’est parce que les pauvres et les délinquants partagent souvent une même caractéristique : un QI inférieur à la moyenne. Les délinquants ont en moyenne un QI inférieur de huit points au reste de la population, ce qui représente une différence importante. Cette différence est encore plus accentuée pour les délinquants multirécidivistes, ceux qui sont responsables d’une part très importante des crimes et délits.
Dès lors que l’on prend en compte cette différence de QI entre la population criminelle et le reste de la population, le rôle du SES semble négligeable (p249).



Bien évidemment, un faible QI ne peut pas expliquer à lui seul la délinquance, sans quoi l’écrasante majorité des délinquants ne seraient pas des hommes, et sans quoi la délinquance n’aurait pas pu augmenter substantiellement comme elle l’a fait depuis les années 1960. Mais l’on peut penser que, tout comme dans le cas de la famille, un certain changement des lois et des mœurs a joué défavorablement pour la partie de la population qui est naturellement la plus vulnérable à la tentation de la délinquance.
(à suivre)

12 commentaires:

  1. Puis-je me permettre une suggestion ? Lorsque vous aurez terminé cette passionnante recension, il serait sans doute bon de tout remettre dans le bon ordre, peut-être d'un seul tenant et sous un nouveau libellé. Afin que vos lecteurs puissent y revenir et tout relire dans la continuité.

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  2. Excellente suggestion, je vous en remercie. Il faudra que j'en fasse autant avec tous mes articles en plusieurs parties.

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  3. Le lien entre QI et pauvreté prête à confusion dans les débats. Les socialistes, fidèles à eux-mêmes, affirment que c'est la pauvreté qui fait baisser le QI (sous-alimentation, mal-bouffe, etc.) mais jamais ils n'ont essayé de raisonner dans l'autre sens. Finalement, on se rend compte que ça peut devenir un cercle vicieux : un faible QI est prédictif de la pauvreté, qui à son tour ne fournit pas un environnement propice au développement intellectuel, cognitif. On peut rester dubitatif, si ce n'est que de nombreuses études (Rushton, Lynn, Jensen, and co.) ont montré que le QI est en grande partie génétique. L'environnement élève le QI, mais chaque ethnie a sa propre limite. Autrement dit, à condition sociale égale, le QI diffère en fonction des groupes ethniques.

    "Les individus ayant une intelligence égale ou supérieure à la moyenne (QI égal ou supérieur à 100) sont très rarement pauvres à l’âge adulte, même s’ils sont nés dans un milieu très défavorisé. A l’inverse, un enfant de la classe moyenne ayant une intelligence en dessous de la moyenne courra un risque non négligeable de devenir pauvre."

    Tout à fait. Et c'est l'une des raisons qui explique pourquoi la mobilité sociale des noirs est inférieure à celle des blancs. Une étude de l'EMP a fait son enquête, le constat est accablant. Regardez bien à la page 5, Figure 5.
    http://www.economicmobility.org/assets/pdfs/EMP_Black_White_Families.pdf
    On voit bien que la mobilité sociale des enfants noirs de parents aisés du middle et du fourth quintile n'est pas ascendante, mais descendante. Les parents noirs sont riches, mais ils ne peuvent pas empêcher la régression sociale de leur progéniture. Là encore, ça corrobore parfaitement avec le QI. On constate aussi que la mobilité sociale chez les pauvres présente des disparités : les blancs sont plus susceptibles de sortir du bottom quintile (le quintile le + pauvre) que les noirs, qui ont tendance à y rester.

    Quant aux ruptures conjugales, elles touchent plus les familles noires que les familles blanches. Rushton pense que c'est à cause du taux de testostérone plus élevé chez les noirs. Voir chapitre 2 à partir de la page 14, dans "Race évolution et comportement" (version abrégée).
    http://www.charlesdarwinresearch.org/French.pdf

    "Les délinquants ont en moyenne un QI inférieur de huit points au reste de la population, ce qui représente une différence importante."

    Il faudrait vérifier l'origine ethnique de la population carcérale. Si l'on en croit Rushton, le taux élevé de criminalité chez les noirs comparativement aux autres groupes ethniques s'explique par le taux de testostérone. C'est aussi pour cette raison, semble-t-il, que les hommes sont plus enclins aux crimes (mais aussi plus instables) que les femmes : la testostérone. Le QI comme prédictif du crime, m'a moyennement convaincu, même si je reconnais qu'il y a une corrélation. Je pense que d'autres facteurs sont de loin plus importants. Par exemple, chez les musulmans, plus la foi (ici, l'Islam) est forte, plus le taux de crime s'élève. Vous avez mis ripostelaique sur votre blogroll, donc je suppose que vous savez à quelle étude je fais référence.

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  4. "Le QI comme prédictif du crime, m'a moyennement convaincu, même si je reconnais qu'il y a une corrélation."
    Je ne crois pas que les auteurs qui s'intéressent à cette question disent que le QI serait "prédictif" du crime, ce qui d'ailleurs me semblerait très difficile à soutenir. Ils constatent simplement une corrélation : les délinquants ont, en moyenne et toutes choses égales par ailleurs, un QI inférieur au reste de la population. Mais constater cela laisse entière la question : pourquoi un faible QI est-il positivement corrélé avec la délinquance ? That is the question.
    Murray et Herrnstein avancent quelques hypothèses, j'en reparlerais brièvement dans le "chapitre" 7. A plus long terme je pense faire un papier spécifiquement sur cette question de la criminalité, mais j'ai déjà un certains nombres de projets sur le feu, donc ce ne sera pas pour toute suite.
    Pour ce qui concerne la testostérone cela peut être un facteur explicatif de certains comportements effectivement, mais je dois dire que je suis un peu méfiant vis-à-vis de ces explications qui se focalisent sur la biologie. Non pas que je les crois fausses mais je les crois partielles, et ayant tendance parfois à nous cacher la complexité des problèmes.
    Pour le dire rapidement il me semble que la nature humaine ne se réduit pas à la nature biologique de l'homme.
    De ce point de vue là votre référence à l'influence de la religion me semble tout à fait pertinente.

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  5. "pourquoi un faible QI est-il positivement corrélé avec la délinquance ?"

    C'est aussi une des raisons qui me fait croire que le QI n'explique que très marginalement la criminologie. Car je ne vois pas le lien entre QI et criminalité. Après, peut-être qu'on n'a pas assez fouillé.

    "Non pas que je les crois fausses mais je les crois partielles, et ayant tendance parfois à nous cacher la complexité des problèmes."

    Je suis d'accord que la "sociologie criminelle" soit éminemment complexe. Mais le statut socio-économique (SES) n'explique pas tout. La testostérone a au moins le mérite d'expliquer pourquoi le taux de criminalité chez les hommes est largement supérieur que les femmes, quelque soit l'origine ethnique. Et si les noirs ont effectivement un taux de testostérone plus élevé, je ne serais pas étonné que leur taux de criminalité soit plus élevé que les blancs, qui eux ont plus de testostérone que les asiatiques. Or les blancs ont un taux de criminalité plus élevé que les jaunes. ça fait quand même beaucoup de corrélations. Il y a certainement une relation de cause à effet. Mais j'ignore quelle part de la criminalité s'explique par la testostérone.
    Rushton, dans son "Race évolution et comportement" écrit que les ghettos asiatiques auraient protégé les asiatiques des mauvaises influences, donc une baisse de criminalité, tandis que les ghettos noirs augmentent ces criminalités. Sans doute que le fait d'avoir des camarades, des amis violents, augmente la propension de crime chez le jeune.

    Jugez plutôt :

    I have corroborated these results using the most recent INTERPOL yearbook (1990). The rates of murder, rape, and serious assault per 100,000 population reported for 23 predominantly African countries, 41 Caucasian countries, and 12 Asian countries were: for murder, 13, 5, and 3; for rape, 17, 6, and 3; and for serious assault, 213, 63, and 27. Summing the crimes gave figures per 100,000, respectively, of 243, 74, and 33. [...] After reviewing long-standing African marriage systems in the 1989 issue of Ethology and Sociobiology, anthropologist Patricia Draper of Pennsylvania State University concluded: "coupled with low investment parenting is a mating pattern that permits early sexual activity, loose economic and emotional ties between spouses... and in many cases the expectation on the part of both spouses that the marriage will end in divorce or separation, followed by the formation of another union." [...] One study, published in the 1993 issue of Criminology by Alan Booth and D. Wayne Osgood, showed clear evidence of a testosterone-crime link based on an analysis of 4,462 US military personnel. [...] Testosterone levels explain why young men are disproportionately represented in crime statistics relative to young women, and why younger people are more trouble-prone than older people. Testosterone reliably differentiates the sexes and is known to decline with age.

    http://www2.davidduke.com/library/race/rushton-crime.html

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  6. La corrélation entre faible QI et criminalité est bien avéré me semble-t-il. Ensuite, comprendre pourquoi un faible QI favorise la délinquance revient à formuler des hypothèses psychologiques plus ou moins vraisemblables; exactement de la même manière que pour comprendre pourquoi un faible QI est positivement corrélé avec l'instabilité conjugale, la maltraitance des enfants etc.
    On peut supposer par exemple que les gens peu intelligents ont plus de mal à se représenter les conséquences à long terme de leurs actes, et donc plus de mal à résister aux impulsions du moment. On peut aussi supposer qu'ils ont plus de mal à se mettre à la place d'autrui, ou à comprendre pourquoi voler n'est pas bien etc.
    On peut supposer qu'ils ont plus de mal à trouver un emploi et à le garder et donc que la voie criminelle sera plus attirante pour eux, etc.
    Bref je crois que les explications plausibles ne manquent pas.
    Sur la question de la testostérone, je ne nie pas du tout son rôle et sa corrélation avec la criminalité. C'est clairement une hormone qui favorise l'aggressivité et l'impulsivité. Donc il ne serait pas du tout étonnant qu'elle favorise certains comportements criminels. Mais elle ne peut favoriser ce comportement qu'en conjonction avec d'autres facteurs, qu'il ne faut pas oublier. Pour reprendre cet exemple évident : ce n'est pas la testostérone qui peut expliquer l'augmentation brusque des courbes de la délinquance depuis les années 1960.
    De la même manière, il est évident que les hommes sont plus forts et plus aggressifs que les femmes et que cela a à voir avec des questions hormonales. Etant naturellement plus forts et plus aggressifs que les femmes il n'y a rien d'étonnant à ce qu'ils constituent l'écrasante majorité des criminels.
    En même temps je crois qu'il serait erroné d'expliquer les différences hommes/femmes simplement en termes hormonales. Même dire que les hommes sont plus agressifs est quelque peu réducteur. Il serait plus exact de dire que les hommes s'affirment davantage, qu'ils se mettent davantage en avant que les femmes. Cela va bien au delà d'une question hormonale.
    Mais je ne fais qu'indiquer cela en passant. Il faudrait bien davantage qu'un blog pour traiter correctement ce genre de sujet.

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  7. "Il serait plus exact de dire que les hommes s'affirment davantage, qu'ils se mettent davantage en avant que les femmes. Cela va bien au delà d'une question hormonale."

    Je crois que la testostérone va bien au-delà des crimes.
    J'en ai parlé ici :
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/04/14/la-mobilite-des-revenus-aux-usa-levidence-empirique/

    Les violences et ruptures conjugales sont largement supérieures dans la communauté noire que la communauté blanche. Les couples sont plus stables dans la communauté asiatique, dont le taux de testostérone est encore inférieure à celui des blancs. Encore une coïncidence. Ça fait déjà beaucoup.
    Rushton, dont je recommande la lecture de ce bouquin...
    http://www.charlesdarwinresearch.org/French.pdf

    ...explique que le taux de testostérone plus élevé chez les noirs rend les couples noirs beaucoup plus instables, les noirs obéissent également moins à la loi que les blancs, et les blancs que les asiatiques. Tout ces éléments ont une très forte corrélation avec la testostérone. Ça fait bcp, bcp, bcp de corrélations. Ce n'est plus un hasard.
    La discrimination et le racisme n'explique pas ce phénomène, qui est constaté en Afrique également.

    Certes, il y a d'autres facteurs. Quand vous êtes pauvre, vous êtes davantage criminels et voleurs que quand vous êtes riches (les études le prouvent. si vous cherchez un peu sur le site du bureau of justice statistics, vous trouverez des choses).
    La religion peut faire baisser la criminalité, ou l'augmenter (par exemple, l'islam).
    Après, il y a sans doute aussi les traditions culturelles.
    Bref, c'est compliqué, c'est multi-factoriel.

    "Pour reprendre cet exemple évident : ce n'est pas la testostérone qui peut expliquer l'augmentation brusque des courbes de la délinquance depuis les années 1960."

    Depuis les années 60 ou dans les années 60 ? Et dans quel pays ? Si c'est les USA, je crois que la criminalité n'a pas augmenté depuis les années 70 jusqu'à aujourd'hui.
    http://bjs.ojp.usdoj.gov/content/pub/pdf/Cv73_95.pdf

    Les crimes contre la propriété ont même diminué durant cette période, et constamment.

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  8. Depuis les années 1960, aux Etats-Unis, pour les crimes violents. Ce type de crime a connu une augmentation spectaculaire à partir de 1964 (The bell curve, p236). Puis, à compter de 1993-94, une baisse également assez remarquable avec un retour au niveau du début des années 1970, ce qui reste néanmoins significativement plus élevé qu'au début des années 1960.
    Manifestement on ne peut pas raisonnablement attribuer ni cette hausse ni cette baisse à l'effet de la testostérone.
    Ceci étant dit il n'y a pas de contradiction entre ce que vous dites et ce que je dis, à moins que vous ne souteniez que la testostérone est le seul facteur explicatif de la criminalité, de la violence conjugale, etc. Mais il ne me semble pas que ce soit votre position.

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  9. A propos des crimes justement, je viens d'écrire un article là-dessus, très fourni en graphique, si ça vous intéresse.

    http://analyseeconomique.wordpress.com/2011/05/26/theorie-du-crime-steven-levitt-versus-steve-sailer/

    Le taux d'homicide a augmenté vers la fin des années 60 puis a plafonné dans les années 80.
    Étrangement, cette impulsion des crimes amorcée dans les années 60 jusque dans les années 70 correspondent aux naissances qui ont eu lieu dans les années 40 et 50. Je suis près à parier qu'un bon pourcentage des crimes d'alors avait été perpétrés par des jeunes, et même des adolescents. Je n'ai pas de chiffres sur les tendances criminelles durant ces années là. Les stats du BJS pour les tendances criminelles réparties par âge commencent vers les années 70. Ceci dit, je pense que les tendances étaient identiques durant les années 60. Les 14-17 ans ont été davantage criminels durant les 80-90 à cause de l'avortement et le business du crack.

    Au final, il y a une corrélation entre la montée du crime durant les années 60-70 et le pic des naissances des années 40-50, typiquement donc, la génération des jeunes de 18-24 ans. Est-ce qu'il y a une causalité ? Je l'ignore, mais je serais curieux de savoir.

    Sinon, pour la testostérone, apparemment, elle est héritable à 60%, donc les 40% sont attribuable à l'environnement.
    Enfin, pour le QI, je crois bien qu'il existe une corrélation, et même une causalité, mais elle ne me paraît pas flagrante :

    The small difference between East Asian and White IQ’s in the US would not seem adequate to explain an Asian crime rate that is a mere 22% of the White average. [...] The Hispanic crime rate is 65% higher than the Amerindian and Polynesian crime rates, yet Hispanics have significantly higher IQ’s than both groups.

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  10. Merci pour le lien. Je regarderais. Cela me servira certainement lorsque je posterai quelque chose sur la question de la criminalité.
    Concernant la démographie, il est évident qu’elle a un effet sur la criminalité. Les criminels se recrutent de manière tout à fait disproportionnée parmi les hommes, jeunes, et urbains. C’est, je crois, une constante à peu près universelle et intemporelle. Donc cela a pu jouer pour l’augmentation de la criminalité à partir des années 1960. Toutes choses égales ailleurs, plus de jeunes hommes c’est plus de criminalité.
    Mais il me semble que l’on peut dire de l’âge la même chose que de la testostérone ou du QI : ce sont des facteurs de risque, mais pas des déterminants. Aucun d’entre eux ne peut expliquer à lui seul ni les comportements individuels ni les statistiques globales de la criminalité. Ces facteurs de risque peuvent être grandement inhibés, ou au contraire activés par l’environnement, c’est à dire notamment par les lois et les mœurs. Pour le facteur de l’âge, il me semble que ce qui caractérise les années 1960 c’est à la fois l’arrivée à l’adolescence des enfants du baby boom et un changement profond des lois et des moeurs qui a considérablement affaibli l’autorité des adultes sur les adolescents, donc qui a facilité le basculement vers la délinquance d’une partie de cette classe d’âge. Sans ces changements politiques et sociaux l’augmentation de la délinquance aurait sans doute été bien moindre voire, qui sait ? peut-être à peu près nulle. De la même manière un faible QI joue sur les comportements sociaux en conjonction - notamment - avec les lois et les mœurs. Aujourd’hui la complexité des lois, les exigences du marché du travail, et ce que l’on appelle la libération des mœurs ont des effets très défavorables sur les gens situés vers le bas de l’échelle cognitive. Cela leur rend la vie beaucoup plus difficile, ce qui peut expliquer l’augmentation de certaines pathologies sociales dans cette catégorie de la population.
    J’en reparlerais dans la dernière partie du compte-rendu.
    Et donc pour ce qui concerne la phrase que vous citez : oui bien sûr, les différences de QI ne peuvent pas à elles seules expliquer les différences de taux de criminalité entre les groupes ethniques. Et heureusement d’ailleurs. Mais en conjonction avec d’autres facteurs (pour les différences entre les groupes ethniques, par exemple la structure familiale, la religion, etc.) je crois que l’effet du QI sur la criminalité est peu contestable.

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  11. "Aujourd’hui la complexité des lois, les exigences du marché du travail, et ce que l’on appelle la libération des mœurs ont des effets très défavorables sur les gens situés vers le bas de l’échelle cognitive."

    Je suis parfaitement d'accord. J'ajouterais un autre élément dont on ne parle jamais, mais qui peut s'appliquer pour la criminalité. C'est le cercle vicieux/vertueux.
    Dans "Race, évolution et Comportement", de Rushton, dont je conseille la lecture (48 pages pour la version abrégée), il est dit que les ghettos "jaunes" protègent les chinois des mauvaises influences externes, tandis que les ghettos noirs tendent à renforcer la violence.
    Et ça, c'est plus grave. Ça signifie que des personnes qui côtoient d'autres personnes ayant 1) un taux de testostérone élevé, 2) un QI faible, évoluent dans un environnement disons plus hostile; les noirs sont plus criminels, et comme ils côtoient des semblables, ça tend à exacerber davantage cette violence. Mais puisque les asiatiques ont un QI élevé et un taux de testostérone plus faible, on dit qu'un quartier "chinois" (au hasard, en France, le 13ème arrondissement) pour un asiatique, c'est la garantie d'avoir de bonnes fréquentations (les chinois sont moins criminels). Apparemment, c'est l'inverse pour les noirs...

    Après, certains diront que les noirs sont violents à cause du racisme, là encore, cet argument facile ne tient pas. Le BJS indique que 94% des noirs sont tués... par des noirs. Même chose pour les blancs, dont la majorité sont tués par des blancs. En fait, les blancs tuent les blancs, les noirs tuent les noirs.

    http://www.colorofcrime.com/colorofcrime2005.pdf

    Je n'ai pas encore fini de lire ce rapport, mais il est intéressant.

    Trois choses m'ont frappées :
    -les arrestations ne sont pas biaisées envers les minorités; les policiers peuvent parfois ressentir une pression quand il s'agit d'arrêter un noir, et devenir plus indulgent. Ça peut faire scandale (racisme, tout ça...). Alors qu'avec un blanc, il n'y a jamais de scandale, donc les flics n'hésitent pas à l'écrouer.
    -les noirs sont largement plus susceptibles d'utiliser des armes (pistolets, couteaux), ce qui témoigne de leur forte impulsivité. Testostérone ? QI ?
    -les noirs vont plus vite au volant que les blancs, et se font interpeler plus souvent pour excès de vitesse. Testostérone, QI ou les deux ?

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  12. "Après, certains diront que les noirs sont violents à cause du racisme, là encore, cet argument facile ne tient pas."
    Effectivement, l'argument du racisme a été réfuté de cent manières différentes, ce qui ne l'empêche pas d'être sans cesse mis en avant.
    En fait, aux Etats-Unis, il est même probable que les noirs sont sous-représentés dans la population carcérale par rapport à la part qu'ils prennent dans la criminalité totale. Si le système judiciaire est biaisé, comme on le dit fréquemment, c'est probablement en leur faveur. Comme vous le dites les policiers, mais aussi les juges, tendent à être un peu plus indulgents envers les noirs. Crainte de paraitre raciste sans doute, ou conviction que les "minorités défavorisées" méritent plus d'indulgence.
    C'est un peu la même chose que pour l'histoire des CV anonymes en France.

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