Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 7 mars 2011

L'islam, religion funeste ? - 2ème partie



« Mahomet, qui vécut dans la gloire, établit partout la dépendance. Sa religion ayant été portée en Asie, en Afrique, en Europe, des prisons se formèrent. La moitié du monde s’éclipsa. On ne vit que des grilles et des verrous. Tout fut tendu de noir dans l’univers, et le beau sexe, enseveli avec ses charmes, pleura partout sa liberté. » Montesquieu, Pensées.

Il ne manque pas aujourd’hui d’excellents esprits pour nous expliquer que, oui, bien sûr, l’islam est parfaitement compatible avec la démocratie, que par conséquent nous n’avons pas à nous inquiéter du nombre croissant d’adeptes de cette belle religion sur notre sol, et qu’il est également évident que les peuples du Maghreb qui viennent de renverser leurs tyrans se dirigent d’un pas allègre et sûr vers la démocratie. Expliquer n’est d’ailleurs sans doute pas le mot juste. Affirmer conviendrait mieux, car il n’est pas besoin de démontrer ce qui est évident par soi-même et que seuls des sentiments inavouable peuvent pousser certains à nier. A ce propos, on attend incessamment le dépôt d’un projet de loi visant à criminaliser l’expression publique de tout doute concernant la compatibilité de l’islam et de la démocratie. Nul doute qu’il sera voté à l’unanimité.
Seul un léger problème subsiste encore, un tout petit rien, un incident, une bêtise, qui nous empêche d’embrasser résolument la religion du prophète Mahomet (la paix soit avec lui !) comme elle le mériterait et, qui sais ? peut-être de nous convertir. Je veux parler bien sûr de la condition des femmes en terre d’islam, c’est à dire au Moyen-Orient mais aussi dans certains de nos quartiers que nous disons si joliment « sensibles ». Avouons-le, voir des femmes (du moins sommes nous portés à croire qu’il s’agit de femmes) bâchées des pieds à la tête comme un cours de Roland-Garros les jours de pluie, cela nous choque un peu, si, vraiment. Apprendre que la polygamie se pratique aujourd’hui en France, et même semble-t-il de plus en plus, cela heurte nos convictions, comment dit-on déjà ? Ah ! oui : républicaines.
En même temps, on nous assure de bonne source que la bâche intégrale est un phénomène négligeable, et qu’elle n’est pas du tout une prescription de la religion de paix, d’amour et de tolérance. Le foulard, oui peut-être, mais la burqua, c’est une invention d’intégristes qui ont lu le Coran à l’envers (de gauche à droite). Un foulard, avec de jolies couleurs, ça n’a jamais dérangé personne et puis, avouons-le, nous ne savons pas trop bien pourquoi cela nous dérange. Vilain préjugé sans doute ; un niquab chatoyant, cela habille si bien les rondeurs affriolantes des beautés orientales. Il semblerait d’ailleurs que la mode soit en train de se répandre. Quand à la polygamie, nous qui nous enorgueillissons de notre liberté sexuelle et qui marchons à grands pas vers le mariage homosexuel, quelle bonne raison avons-nous de l’interdire ? Si tout doit être permis entre adultes consentants et si, comme le soutiennent les partisans du mariage homosexuel, le mariage n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour solennelle entre deux êtres qui s’aiment, pourquoi donc limiter le mariage à deux personnes ? Quand on aime on ne compte pas. La polygamie nous dérange ? Vilain préjugé encore une fois, peur de l’Autre très probablement. Il y a des docteurs, et des lois, pour ça.
Préjugés dites-vous ? Peut-être. Mais, après tout, un préjugé n’est qu’une opinion non démontrée, qui peut être fausse, mais qui peut aussi être vraie. Nous ne le savons pas. Galilée, qui ne pouvait pas prouver formellement que la terre tourne autour du soleil, avait cependant un certain préjugé héliocentrique. N’ayons donc pas trop de préjugés contre les préjugés. Examinons.
Constatons d’abord que la polygamie est incontestablement permise par le Coran. Un bon musulman peut épouser jusqu’à quatre femmes, sans compter « celles que sa main droite possède » (les concubines) qui ne sont pas en nombre limité. Mahomet lui-même, qui est « un excellent exemple » pour tous les croyants, aurait eu en tout quinze ou vingt épouses (les traditions divergent sur ce point) et aurait laissé neuf veuves derrière lui au moment de sa mort. Pas étonnant que ce coquin de Mark Twain, de passage en Turquie, ait pu faire cette réflexion : « On dit que le sultan a 800 femmes. C’est quasiment de la bigamie. ». Mais poursuivons. Il se trouve que certains grands auteurs des siècles passés se sont intéressés de près à cette question de la polygamie, particulièrement au 18ème siècle. Non pas, comme nous, parce que la polygamie heurtait leurs préjugés féministes, mais parce qu’il leur semblait discerner un lien entre cette organisation domestique et un certain type de régime politique. Comme le dit Montesquieu : « Tout est extrêmement lié : le despotisme du prince s’unit naturellement avec la servitude des femmes ».
La servitude des femmes ? Mais n’étions nous pas en train de parler de la polygamie ? Si, c’est la même chose. La pluralité des femmes appelle nécessairement l’enfermement des femmes et leur étroite surveillance : « L’ordre domestique le demande ainsi : un débiteur insolvable cherche à se mettre à couvert des poursuites de ses créanciers. ». Ah, qu’en termes galants...Dans les Lettres persanes, Montesquieu fait dire à Usbek : « Je regarde un bon musulman comme un athlète destiné à combattre sans relâche ; mais qui, bientôt faible et accablé de ses premières fatigues, languit dans le champ même de la victoire et se trouve, pour ainsi dire, enseveli sous ses propres triomphes. ». Bien entendu le même Usbek fait sévèrement garder toutes ces femmes dont il ne sait que faire, et les châtie au moindre écart de conduite. Usbek a trop de femmes pour en aimer aucune mais cela ne l’empêche nullement d’être jaloux de chacune d’elles.
D’un côté des hommes ayant plus d’épouses qu’il ne leur en faut, de l’autre côté, nécessairement, des hommes n’en ayant aucune, et au milieu des femmes accablées par la jalousie, la frustration, la haine : « Comment as-tu pensé », écrit Roxane à Usbek, « que je fusse assez crédule pour m’imaginer que je ne fusse dans le monde que pour adorer tes caprices ? que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d’affliger tous mes désirs ? ». L’ordre domestique polygame est nécessairement un ordre despotique, dans lequel l’homme règne par la force. Il n’est pas surprenant que la tradition islamique accepte qu’un homme puisse battre sa femme si elle se montre « désobéissante » (pas au visage, hein ! la jurisprudence est formelle. Ca laisse des traces). Cela va naturellement avec le reste. Par ailleurs un père polygame tend aussi à se conduire despotiquement avec ses enfants : on n’aime pas quinze ou vingt enfants comme on en aime deux ou trois, et puis on n’a simplement pas le temps de s’en occuper. Il faut que tout marche à la baguette, c’est quasiment une question de survie.
Soit, admettons, mais « le despotisme du prince », quel rapport ? Un régime politique, pour fonctionner correctement, a besoin que les citoyens développent certaines habitudes, certaines opinions, certaines mœurs (ce que Tocqueville appelait joliment les habitudes du cœur) qui soient en conformité avec ses principes fondamentaux. Un régime démocratique a besoin de mœurs démocratiques pour durer. Mais les mœurs se forment avant tout au sein de la famille, dans les premiers attachements et les premiers exemples que reçoit l’enfant. Une famille gouvernée despotiquement par le père tend à inculquer des mœurs despotiques aux garçons et des mœurs serviles aux filles. L’habitude de se faire obéir sans discuter, de battre plus faible que soi et de se soumettre à plus fort, l’opinion qu’il est légitime de placer ses caprices au centre de tout. Très exactement le contraire de ce dont à besoin un régime politique libre.
Et puis Adam Smith - qui n’a pas écrit que La richesse des nations - fait aussi remarquer que l’enfermement des femmes empêche les chefs de famille de se faire confiance les uns aux autres, de se réunir, de se concerter : on aurait trop peur d’introduire un autre homme sous son toit, et puis avec tant de femmes à surveiller et d’enfants à faire obéir on n’a guère de temps et la disponibilité d’esprit pour autre chose. Bref, la polygamie tend à renfermer invinciblement chacun dans son intérieur et s’oppose à la création de ces associations de citoyens qui sont le fondement de la démocratie. Face à ces individus isolés dans leurs sérails - petits ou grands - le prince n’a pas de mal à s’imposer, aucune résistance durable à l’oppression n’est possible. Cela n’empêche pas les révolutions de palais, et parfois les révolutions tout court, mais cela empêche l’apparition d’un régime libre. Un despote chasse l’autre.
Résumons nous : selon nos auteurs (il y en a beaucoup d’autres qui disent la même chose), la polygamie va avec le despotisme, l’islam va avec la polygamie, donc…Oh ! horribile dictu ! Pourquoi donc ai-je écouté les blasphèmes de ces auteurs impies ? On m’avait pourtant prévenu de ne pas prêter l’oreille à tous ces vieux mâles, blancs, morts depuis si longtemps. Mais désormais Télérama et Libération formeront ma seule nourriture intellectuelle, je le jure !


PS : ceux qui ne peuvent croire que ce qu'ils voient à la télévision devraient trouver ici de quoi alimenter leur réflexion. Le journaliste insiste beaucoup trop sur la question du travail scolaire et sur celle du logement, mais la réalité de la vie dans une famille polygame se laisse aisément deviner.

6 commentaires:

  1. tout ce qui nous permet de mieux connaître cette " religion" nous prouve qu 'elle est haïssable!
    c'est tout de même assez rare, en général les défauts, même des mauvais systèmes, sont en partie au moins compensés par quelques bonnes choses ...

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  2. C'est vrai qu'il semble difficile de trouver une religion moins aimable que celle là. Peut être la religion des aztèques, avec son panthéon monstrueux et ses sacrifices humains. Mais les aztèques au moins fichaient la paix au reste du monde.

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  3. le nom de votre blogroll ne pouvait être mieux choisi de par la qualité de ceux qui le composent.
    De même que l'attaque du manoir de Brécourt est citée à West-Point comme exemple classique d'assaut permettant à une petite unité de vaincre une force supérieure en nombre en position défensive,souhaitons qu'un jour la stratégie que vous développez tous soit à son tour reconnue par l'Histoire.
    Easy boys!
    Mash

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  4. Merci pour vos encouragements. Dans la guerre des idées la qualité et la mobilité comptent bien davantage que le nombre. Nous pouvons l'emporter. A propos de bataille de Normandie, vous serez peut-être intéressé d'apprendre que le Général Nelson Gale, commandant la 6ème division aéroportée britannique aurait encouragé ses hommes le jour de l'assaut en citant précisément ces vers tirés de Henry V "we few, we happy few, we band of brothers, etc."

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  5. "il est également évident que les peuples du Maghreb qui viennent de renverser leurs tyrans se dirigent d’un pas allègre et sûr vers la démocratie"
    Je pense qu'ils se dirigent plutôt d'un pas allègre vers nos côtes accueillantes !

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  6. Non ? Vous croyez vraiment ? Pourtant on nous assure du contraire. Vous voulez dire que je ne pourrais pas faire confiance aux autorités de mon pays ? Ce serait bien triste.

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