Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 21 mars 2011

Réflexions sur la révolution en Europe - 1ère partie

Je n’aurais guère le temps d’écrire dans les jours qui viennent, aussi les prochains billets seront-ils consacrés au compte-rendu d’un livre américain Reflections on the revolution in Europe, de Christopher Caldwell. J’avais écrit ce compte-rendu au moment de la sortie de l’ouvrage en 2009, en pensant qu’il pourrait être publié dans une grande revue trimestrielle. Cela ne s’est pas fait. Mais dans la mesure où le livre de Christopher Caldwell ne me parait pas avoir reçu l’écho qu’il méritait, et où par ailleurs ce compte-rendu est en réalité plutôt un article, il ne me parait pas inutile de le publier ici ; en le scindant en trois pour ne pas abuser de la patience du lecteur.




Lorsqu’Edmund Burke publia ses Réflexions sur la révolution en France, en 1790, peu de gens lui en furent reconnaissants et moins encore, sans doute, prirent au sérieux ses prévisions concernant la tournure que devaient prendre les événements. Annoncer ainsi les tempêtes qui allaient se déchaîner sur la France et sur l’Europe toute entière, au moment où la plupart des beaux esprits croyaient au contraire voir se lever l’aube radieuse de la liberté, ne pouvait être que le fait d’un réactionnaire furieux ou d’un esprit dérangé. Burke fut ainsi soupçonné de s’être secrètement converti au catholicisme et le bruit courut que son équilibre mental était atteint.
On ne saurait dire si Christopher Caldwell avait présent à l’esprit le sort réservé à l’ouvrage de Burke, et à son auteur, lorsqu’il choisit d’intituler son propre livre Réflexions sur la révolution en Europe. Mais, à coup sûr, Christopher Caldwell pense que la situation qu’il examine est porteuse d’autant de bouleversements et de déchirements que celle dont Burke entrevoyait trop bien les conséquences voici deux siècles. La « révolution » que Christopher Caldwell a en vue est indiquée avec toute la clarté nécessaire par le sous-titre de son livre : « L’immigration, L’islam, et l’Occident ». « L’Europe », écrit-il, « est devenue une société multiethnique dans un moment d’inattention » (p3). Ce sont les conséquences probables de cette « inattention » que Christopher Caldwell se propose d’examiner, et les conclusions auxquelles il parvient ne plairont ni à ceux qui les contesteront ni à ceux qui les accepteront. Que Christopher Caldwell soit un journaliste américain, écrivant pour des publications aussi notoirement « conservatrices » que The Weekly Standard ou le Financial Times, sera pour beaucoup une raison suffisante pour ignorer ses analyses. Ceux qui agiront ainsi le feront à leur propre détriment, car Christopher Caldwell connaît manifestement bien le sujet dont il traite et, s’il n’apporte pas d’éléments réellement nouveaux au dossier, le sérieux et l’intelligence de ses analyses pourraient bien faire de son ouvrage une référence en la matière. Le lecteur français ne devrait pas non plus être rebuté par la perspective de lire un ouvrage imposant écrit en anglais, car la prose claire et alerte de Christopher Caldwell n’a rien qui puisse effrayer un lecteur ayant une maîtrise moyenne de la langue anglaise.

***

Bien qu’il soit devenu presque nécessaire d’affirmer, en public, que les pays européens sont « depuis toujours » des pays d’immigration, nul n’ignore que cette affirmation est au moins à demi mensongère. Le phénomène auquel l’Europe est confrontée depuis bientôt un demi-siècle est celui d’une immigration extra européenne de masse intervenant en un temps relativement court, et ce phénomène là est incontestablement inédit. Ainsi, d’ici 2050, dans la plupart des pays européens, la population d’origine étrangère devrait représenter entre 20% et 32% de la population totale[2]. Ce bouleversement démographique n’est pas dû seulement à l’arrivée massive et continue d’immigrants, mais aussi à la très faible natalité de la plupart des populations européennes. En 2008 le taux de fécondité global au sein de l’Union Européenne était de 1,6 enfants par femme. D’ici 2050 l’Union Européenne devrait donc avoir perdu une bonne centaine de millions d’habitants, hors immigration. Le déclin sera plus ou moins marqué selon les pays, léger dans certains d’entre eux, comme la France, spectaculaire dans d’autres, comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Sur la base des tendances actuelles, ces trois derniers pays devraient ainsi avoir perdu entre un quart et un tiers de leur population actuelle en 2050. En 2100, et toujours sur la base des tendances actuelles, ces pays auront, pour ainsi dire, disparu. Les prévisions sont tout aussi sombres pour la plupart des pays d’Europe de l’Est.
Si les européens de souche ne font plus guère d’enfants tel n’est pas le cas des populations immigrées qui rentrent en Europe et qui, bien souvent, conservent des taux de fécondité élevés même longtemps après leur installation sur le sol européen. En conséquence la proportion des jeunes d’origine étrangère s’accroît rapidement dans la plupart des pays d’Europe[3]. Christopher Caldwell remarque, avec une certaine ironie, que cette réalité démographique nouvelle transparaît involontairement dans l’euphémisme employé pour désigner une certaine délinquance. Lorsqu’un Parisien parle des déprédations commises par « une bande de jeunes », tout le monde comprend que les jeunes en question sont, la plupart du temps, d’origine africaine ou nord-africaine (p16).

Comme le rappelle Christopher Caldwell, la décision de recourir à une immigration extra-européenne massive se fondait essentiellement, à ses débuts, sur des considérations économiques. Les pays européens, ravagés et décimés par la seconde guerre mondiale, avaient un important déficit de main d’œuvre qui paraissait justifier le recours à des travailleurs étrangers. Des programmes furent donc mis en place, un peu partout en Europe, pour les attirer. L’immigration semblait alors une bonne affaire pour les pays d’accueil. En réalité ce calcul apparemment rationnel reposait sur deux hypothèses qui furent insuffisamment examinées. La première était que les besoins couverts par la main d’œuvre étrangère étaient des besoins durables, la seconde était que ces immigrants rentreraient chez eux une fois que ces besoins auraient cessé. A la fin des années 1960, la plupart des emplois industriels occupés par la main d’œuvre immigrée avaient disparu ou étaient en voie de disparition mais la main d’œuvre, elle, était toujours là. Non seulement les « travailleurs invités » (gastarbeiter) ne rentraient pas chez eux, mais leur simple présence sur le sol européen suscitait un flot continu de nouvelles arrivées : « Le premier facteur de l’immigration, c’est l’immigration. Il faut du courage pour se lancer le premier et pour se soumettre aux lois, aux coutumes et aux caprices d’une société qui ne se soucie pas de vous. Mais une fois que vos compatriotes ont établi une tête de pont, l’immigration devient simple et routinière. » (p31). Autrement dit, et sans en avoir bien conscience, en recourant à l’immigration les décideurs européens avaient choisis de résoudre des problèmes économiques transitoires par un changement démographique permanent (p35).
Au moment où le chômage de masse commençait à frapper l’Europe et où il devenait évident que les maigres gains économiques que l’on pouvait attendre de l’immigration n’étaient plus d’actualité, un nouvel argument apparu pour expliquer à des populations de plus en plus inquiètes pourquoi les flux migratoires ne diminuaient pas. Les pays européens, du fait de leur natalité déclinante, avaient besoin d’un apport massif de jeunes étrangers pour sauvegarder leur Etat-providence. L’idée que les indigents du tiers-monde puissent se porter au secours des avantages acquis et des confortables retraites des travailleurs européens est pourtant encore plus improbable, en termes économiques, que l’idée de recourir à eux pour faire tourner des industries déclinantes. Personne, apparemment, n’avait envisagé que les migrants puissent vieillir et faire un jour valoir leurs droits à la retraite, ni que leur nombreuse famille pourrait peser sur le système social qu’ils étaient censés sauver. En réalité, pour que les immigrés puissent aider l’Etat-providence, il faudrait qu’eux-mêmes et leurs descendants cotisent plus qu’ils ne reçoivent, mais ce n’est jamais le cas : ils travaillent et gagnent trop peu pour cela (p49). Parmi les nombreuses statistiques que cite Christopher Caldwell sur ce sujet, deux peuvent suffire pour mesurer le problème. En 2005 aux Pays-Bas, 40% des immigrés recevaient une forme ou une autre d’aide sociale. Entre 1971 et 2000, le nombre d’étrangers résidants en Allemagne est passé de 3 à 7,5 millions, mais le nombre de travailleurs étrangers est lui resté constant. Il va sans dire que la situation de l’Allemagne et des Pays-Bas n’a rien d’atypique. Les mêmes phénomènes peuvent être observés dans tous les pays européens.

Les chiffres qu’utilise Christopher Caldwell pour montrer le caractère largement illusoire des gains attendus de l’immigration ne sont pas secrets, la plupart sont même produits par des organismes officiels. Le mécontentement croissant des autochtones face à l’arrivée continue de nouveaux migrants n’est pas un secret non plus. Comment expliquer alors que des gouvernements démocratiquement élus n’aient pas fermé brutalement les portes, au moment où il devenait évident pour tout le monde que l’eau commençait sérieusement à monter ?
Les portes ne se sont pas fermées, car ceux qui les commandaient n’ont pas eu le courage de les actionner. Un pays ne peut guère refuser l’entrée sur son territoire aux migrants qui se pressent à ses frontières que pour deux raisons : pour préserver sa prospérité, ou pour préserver ses lois, ses coutumes, sa religion, ce que l’on appelle ordinairement sa culture. Mais le premier motif paraîtra égoïste, voir injuste si l’on s’est persuadé « qu’ils sont pauvres parce que nous sommes riches ». Le second motif paraîtra xénophobe, voire raciste. Dans une Europe rongée par la culpabilité après les crimes du nazisme et désireuse de désavouer son passé coloniale, de telles accusations étaient insupportables (p55, 268). Plus exactement, ces accusations se révélèrent impossibles à supporter pour les élites européennes. Plutôt que de devoir y faire face, ces élites politiques, économiques et intellectuelles préfèrent donc fermer les yeux sur une immigration dont elles n’avaient guère à supporter personnellement les conséquences, et elles ne purent résister à la tentation de battre leur coulpe sur la poitrine de leurs concitoyens.
Christopher Caldwell insiste sur le fait que les populations européennes n’auraient, dans leur très grande majorité, jamais accepté une telle immigration si elles avaient été consultées sur le sujet (p4, 14, 65, 101, 111, 328). Qu’elles ne l’aient pas été n’est pas un oubli : jusqu’à aujourd’hui presque toutes les décisions prises en matière d’immigration reposent implicitement sur l’idée qu’il n’est pas possible de faire confiance à un électorat démocratique pour se conduire de manière civilisée dans ce domaine (p80, 330). La politique d’immigration fait partie de ces questions sur lesquelles les élites européennes s’accordent, pour reconnaître qu’il ne serait pas raisonnable de demander leur avis aux premiers concernés.
Christopher Caldwell ne manque pas de noter les similarités, et les interactions, entre cette approche des questions migratoires et la construction européenne (p83). Bien qu’elle ait pendant longtemps été officiellement justifiée par des considérations économiques, la construction européen est essentiellement, depuis ses débuts, un projet moral, visant à rédimer les pays européens de leurs pêchés nationalistes et elle procède, depuis toujours, soigneusement à l’abri des réactions électorales des populations concernées. Au fond de l’intégration européenne, comme au fond des politiques migratoires suivies depuis un demi siècle, se lisent le même désir d’expier les crimes de l’Europe, réels ou supposés, et la même défiance vis-à-vis des citoyens ordinaires, soupçonnés, sans doute à juste titre, d’être spontanément attachés à leurs mœurs, à leurs coutumes, à leurs pays.
Non seulement l’intégration européenne rend la défense de vos frontières de plus en plus difficile à justifier – pourquoi défendre ce que vous cherchez par ailleurs à dépasser ? – mais elle tend à priver effectivement les gouvernements nationaux des moyens nécessaires pour le faire. Au sein de l’espace Schengen, n’importe quel Etat-membre est à la merci de l’Etat le plus faible ou le plus corrompu pour régler ses flux migratoires. Par ailleurs cette intégration habitue insensiblement les citoyens des Etats-membres à dépendre, dans leur vie quotidienne, des décisions d’une administration lointaine, opaque et, à strictement parler, irresponsable. Elle les rend peu à peu indifférents au fait de se gouverner eux-mêmes. Bien que la construction européenne ait été pensée tout à fait indépendamment de la question migratoire, cette construction contribue sans doute beaucoup à expliquer la relative passivité avec laquelle les populations européennes ont accepté des politiques migratoires qu’elles désapprouvaient. (à suivre)


[2] Le terme population d’origine étrangère signifie ici essentiellement les population d’origine extra-européenne. Etant donnés les très faibles taux de natalité des pays européens, les migrations de populations d’origine européenne resteront selon toute vraisemblance marginales comparées aux migrations d’origine extra-européenne.
[3] Pour la France voir par exemple Bernard Aubry et Michèle Tribalat, « Les jeunes d’origine étrangère », Commentaire n°126.


11 commentaires:

  1. Aristide, merci beaucoup pour cette première partie de compte-rendu... J'ai souvent eu l'intention de le faire, l'ouvrage de Caldwell m'ayant paru essentiel, mais j'ai trop longtemps procrastiné... :)
    J'attends avec impatience la suite, afin de pouvoir faire suivre l'ensemble à ceux de mes contacts rebutés par la langue anglaise!
    Bien à vous,
    Pistache

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  2. Bonjour Pistache,

    Heureux de vous voir sur mon modeste blog. Il serait bon que l'ouvrage de Caldwell soit traduit en Français. J'avais moi-même envisagé de le faire, mais c'est beaucoup de travail et puis il faut trouver un éditeur etc. Bref, j'ai renoncé et il semble que jusqu'ici personne n'ait repris cette idée, ou ne parvienne à la mettre à exécution.
    En tout cas je vous remercie d'avance pour la diffusion de ce compte-rendu, et puisque vous semblez avoir repris votre poste dans les tranchées je vais vous ajouter de ce pas à ma blogroll.

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  3. Il faut faire très attention à savoir ce qu'englobe ici l'immigré. Immigré arabe, noir, asiatique ?
    L'idée que les noirs et les arabes sont ceux qui dépendent le plus des aides sociales, et donc, ceux qui "contribuent" le moins à l'économie ne me surprend pas du tout. Mais y englober les asiatiques, ce seraient très, très surprenant en vérité. Je suppose que par "immigré", l'auteur du livre désigne les deux premières catégories, et non la troisième.

    Si la population autochtone procrée si peu, c'est un mystère que je n'ai jamais réussi à élucider. De même que je ne comprends pas pourquoi le taux de fécondité diffère autant entre chaque pays. En 2009, je note une fécondité 2.0 pour la France et 1.4 pour l'Espagne et l'Allemagne.
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF02215

    Si vous voulez les stats (de 1960 à nos jours) sur une longue période, c'est par ici (vous pouvez défiler pour choisir le pays) :
    http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?codeTheme=1&codeStat=SP.DYN.TFRT.IN&codePays=USA&codeTheme2=1&codeStat2=x&langue=fr

    J'ai vu dans un documentaire à la télé que si les allemands avaient un taux de fécondité si bas, c'est parce que les mère seraient (apparemment...) mal vues par la société. Ces femmes vivent en couple, mais n'ont pas d'enfants. Peut-être qu'il y a des facteurs culturels et sociaux en jeu, mais il reste que ça pose un problème.
    Si le taux de fécondité était assez élevé, l'immigration massive serait très vite jugée intenable. On ne pourrait pas construire plus de maisons supplémentaires, par manque d'espace. On ne pourrait pas indéfiniment ajouter des étages aux grattes-ciels.

    Si ce faible taux de fécondité est dû à des facteurs culturels et sociaux, il faut savoir les identifier, savoir si on peut y faire quelque chose. Sans intervention de l'Etat, si possible.
    Si l'une des raisons qui explique le fort taux de fécondité des immigrés (je suppose qu'on doive y exclure les asiatiques) c'est qu'ils appartiennent aux couches populaires. Peut-être alors que la solution serait d'ouvrir les portes à ceux qui contribuent (même si on déteste ce mot) vraiment à la société, mais ça voudrait dire ... accorder l'immigration aux asiatiques, et pas aux noirs et aux arabes.
    Pour nos élites, cette idée est insupportable, l'immigration, c'est tout ou rien. Pourtant, je persiste à croire que c'est tout à fait viable, si l'on fait entendre (et comprendre) que cette mesure dessert (du verbe desservir, et non la chose qu'on prend à chaque fin de repas) des vues purement économiques.
    Le problème avec le gouvernement actuel est qu'il rend l'immigration sans coût (costless) pour le migrant, mais pas forcément pour les habitants de la terre d'accueil, qui en subissent les conséquences (violence, chômage, expansion de l'état-providence, augmentation des taxes redistributives, donc allant des blancs - aisées - vers les noirs - pauvres - représentant tout autant de richesses détruites)

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  4. Pour en revenir à la citation "Le premier facteur de l’immigration, c’est l’immigration." c'est tout à fait vrai, et c'est ce que je vis au quotidien. Vous n'imaginez pas comment tous ces chinois se transforment, changent dès qu'ils abordent ... un autre chinois. Ils sont beaucoup plus ouverts, moins timides, moins timorées, moins apeurés. Des discussions que j'ai eu, des passants que j'ai abordé, je note un fait intéressant : bien souvent, quand j'aborde des chinois(es) qui ne parlent pas français, ceux-ci me demandent où se trouvent le 13ème. Nombre d'amis habitent aux alentours du 13ème, et ils n'ont pas choisi d'y être par hasard.
    On dira que c'est sans doute la même chose pour les autres groupes ethniques, mais la différence est que les asiatiques s'intègrent toujours très bien partout où ils vont.

    Et oui, l'immigration attire l'immigration, ça crée des ghettos. Des ghettos jaunes, j'en connais personnellement deux, assez bien : le 13ème arrondissement (j'y vais régulièrement) et Belleville (ça fait un moment que j'y ai pas mis les pieds). Dans ces ghettos fleurissent beaucoup de marchands, petites boutiques, assez exotiques, assez curieux. Bref, les chinois qui arrivent en France, c'est bien pour travailler, y ouvrir un commerce.
    Quand un pays accueille beaucoup d'immigrés, jusqu'à formation de "ghettos", ces ghettos rendent le pays plus attractif pour le migrant extra-européen, par rapport à un pays où la diaspora est très dispersée au sein même du pays. Je connais personnellement un chinois qui a quitté la Chine pour venir en France parce qu'il y avait un quartier chinois sur Paris.

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  5. "Il faut faire très attention à savoir ce qu'englobe ici l'immigré. Immigré arabe, noir, asiatique ?"

    Le problème est que dans un pays comme la France il n'existe pas (officiellement) de statistiques ethniques. Je ne sais pas s'il existe des statistiques qui permettent de connaitre le pays d'origine des migrants, ni ce qu'il en est dans les autres pays européens, mais il me semble assez évident que l'immigration en provenance de l'Asie ("jaune") est négligeable en comparaison de celle qui vient du Sud de la Méditerranée (ou pour les Anglais, du sous-continent indien).
    Lorsque l'on parle couramment de l'immigration on sous-entend l'immigration afro-maghrébine, et c'est le cas pour Caldwell, comme l'indique le sous-titre de son livre.

    "Si la population autochtone procrée si peu, c'est un mystère que je n'ai jamais réussi à élucider."

    Je crois que personne ne l'a vraiment élucidé. En France nous aimons à nous vanter que notre taux de natalité moins mauvais que celui de nos voisins serait dû à notre formidable politique familiale, mais cela me parait pour le moins exagéré. Sans compter qu'il serait bon de pouvoir différencier entre le taux de natalité des "natifs" et ceux des récemment naturalisés.
    En fait, si les gouvernements sont capables d'empêcher les gens d'avoir des enfants dans une certaine mesure (voir les cas de l'Inde ou de la Chine) nul ne sait vraiment comment les pousser à en avoir.
    Pour ce qui concerne les Allemands j'ai ma petite théorie personnelle : je crois que les crimes commis par l'Allemagne pendant la seconde guerre mondiale ont empoisonné l'âme de la nation allemande (si je peux employer cette expression) et que les Allemands ont perdu le désir de survivre en tant que nation. Après moi le déluge.
    Ca vaut ce que ça vaut comme explication, mais à mon avis pas moins que ce que l'on raconte habituellement sur le manque de modes de garde etc.

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  6. "Peut-être alors que la solution serait d'ouvrir les portes à ceux qui contribuent (même si on déteste ce mot) vraiment à la société, mais ça voudrait dire ... accorder l'immigration aux asiatiques, et pas aux noirs et aux arabes."

    Il y a deux sortes de problèmes liés à l'immigration : la qualité et la quantité. La qualité c'est à dire les caractéristiques disons ethniques et culturelles des migrants. Ces considérations qualitatives sont très importantes, mais la quantité par elle-même compte aussi.
    Pour un pays donné il est des populations qui sont plus faciles à intégrer que d'autres, mais quelle que soit leur "intégrabilité" l'arrivée massive de migrants est toujours un problème (pour le pays de départ aussi, mais c'est une autre question).

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  7. Si les immigrants arrivent massivement en Occident, toute chose égale, on devrait constater un effondrement démographique dans le pays qui voit fuir ces gens. Le prix des immeubles dans le pays d'accueil va gonfler, l'espace va manquer. Il n'y a aucune raison pour que le pays d'accueil se retrouve submergé de population, sauf si, bien sûr, le gouvernement "subventionne" cette immigration.
    C'est ça que je voulais dire. Sans ce genre de subventions, les immigrés non-assimilables seraient moins nombreux. La sélection des bons immigrants se fera d'elle-même.

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  8. Le bouquin de Chris Caldwell devrait sortir en traduction française en octobre 2011 aux éditions du Toucan sous le titre : "une révolution sous nos yeux". Cet ouvrage va déclencher l'habituelle complainte des journalistes et provoquera un déferlement de plaintes de la part des Associations de Défense.
    http://www.editionsdutoucan.fr/

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  9. Merci du renseignement.
    Je tacherais de garder un oeil là-dessus.

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  10. L'ouvrage devrait être publié prochainement. La revue Commentaire vient précisément de publier la préface à l'édition française, sous la plume de Michèle Tribalat (sous le titre "L'islam en Europe"). Sommaire ici : http://www.commentaire.fr/revue/135/revue-135-automne-2011.html

    Une page aussi qui reprend rapidement quelques enjeux de la question : http://oikoumenos.blogspot.com/

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  11. Merci.
    C'est une bonne chose que Commentaire attire de nouveau l'attention sur ce livre (Alain Besançon avait déjà publié un petit compte-rendu), ils ont le genre de lectorat qui peut être intéressé par un ouvrage comme celui-ci.
    Je republierais peut-être mon propre compte-rendu (dans le bon ordre) au moment de la sortie du livre.

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