Ralliez-vous à mon panache bleu

jeudi 26 avril 2012

Présidentielle 2012 : Comment parler aux électeurs du Front National




J’ai appris, comme tout un chacun, que le Candidat Normal™ désirait s’adresser aux électeurs du Front National.
Voilà qui est une excellente nouvelle, me suis-je dis. Que notre futur Président Normal™ n’ostracise pas 6 millions et quelque de ses concitoyens et qu’il consente à leur parler, en dépit du fait - incontestablement très répréhensible - qu’ils aient mal voté, marque un progrès très sensible par rapport à la pratique habituelle du camp du bien. Nous a-t-on assez seriné qu’il fallait « s’ouvrir à l’Autre » ? Pour une fois que la gauche applique ses propres principes, on ne va certes pas le lui reprocher.
Vraiment, tout cela est bel et bon. Je suis très content.
Cependant, je n’ignore pas qu’il y a parfois loin de la coupe aux lèvres, que les réalisations ne sont pas toujours à la hauteur des intentions, et autres choses du même genre. Bref, sans douter le moins du monde de la sincérité de notre Candidat Normal™ (comment le pourrais-je ?), je me demandais encore comment celui-ci allait mettre œuvre ce très louable dessein.
Or je lis dans Le monde du jeudi 26 avril que « Contre Marine Le Pen, le PS joue la carte Ségolène Royal ». A preuve une longue interview de la dame dans laquelle celle-ci, de manière certes quelque peu indirecte, semble vouloir s’adresser aux brebis très égarées.
Eh, voilà qui est parfait ! Je vais donc pouvoir juger immédiatement de la manière dont le Parti Socialiste entend parler à ceux qui ont accordé leurs suffrages à Marine Le Pen.
Pour ce faire, j’ai décidé de me mettre dans la peau de l’un de ces électeurs et de faire comme si, au lieu de s’adresser au journaliste du Monde, l’ex-compagne du Candidat Normal™ s’adressait à moi, électeur de Marine Le Pen. Après tout, je crois être aussi bien placé qu’un autre pour remplir ce rôle. Et puis il fut une époque de ma vie où je me disais de gauche et où je votais socialiste, ce qui prouve au minimum que je suis capable de changer d’idées. Ce n’est pas comme si j’étais un vrai électeur du Front National, un de ceux qui ont eu le portrait de Pétain au-dessus de leur berceau et à qui leur mère fredonnait le Horst Wessel Lied en leur donnant le sein. Bref, je peux convenablement jouer le rôle d’un électeur récupérable, c’est à dire l’un de ceux à qui on peut estimer utile de s’adresser.
Afin de juger objectivement de l’efficacité de l’argumentation déployée à mon endroit, j’ai décidé de mettre en place un système de notation qui prendra la forme suivante : à chaque fois qu’une remarque de mon interlocutrice me paraitra convaincante, je lui attribuerais un Glop, voire un Glop-Glop si je la trouve vraiment très convaincante. A l’inverse, si je trouve à redire à ses propos, je marquerais ma désapprobation par un Pas Glop, voire par un Pas Glop-Pas Glop encore plus expressif. Je joindrais ainsi l’utile à l’agréable en me rappelant le doux temps de mon enfance, où j’étais de gauche avant même de savoir que la gauche existait, puisque je lisais en toute innocence et avec beaucoup de plaisir une publication communiste.
Me voilà paré. Vous êtes prêts ? Je commence.

Etes-vous surprise de voir Marine Le Pen atteindre un score de 17,9 % et rassembler 6,4 millions de suffrages ?
Cette montée du Front national, nous l'avions sentie pendant la campagne de porte-à-porte. Outre le noyau dur des militants FN, beaucoup d'électeurs, qui ont le sentiment de perdre la main sur leur vie et que la France perd la main sur son destin pendant qu'une oligarchie financière continue à s'enrichir, ont exprimé à la fois une colère et une peur. De plus, ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007 se sont sentis trahis par les promesses non tenues sur la valeur travail ou sur la sécurité. Ils sont donc revenus au FN.

Cela ne commence pas trop bien je trouve. Moi, électeur du Front National (je joue mon rôle, hein ?) il ne me semble pas qu’en glissant un bulletin dans l’urne j’ai exprimé « une colère ou une peur », il me semble plutôt que j’ai exprimé une opinion, ou un ensemble d’opinions. Que ces opinions provoquent en moi de la colère ou de la peur, c’est de l’ordre du possible bien évidemment, mais enfin, je ne crois pas être moins rationnel qu’un électeur du PS ou de François Bayrou. J’ai simplement une conception différente du bien commun ou de ce qui peut y conduire. Parler de mes peurs ou de ma colère, c’est suggérer que je vote sans réfléchir, et cela ne me plait pas. Donc Pas Glop.
En revanche je suis plutôt d’accord sur le fait que « ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007 se sont sentis trahis par les promesses non tenues sur la valeur travail ou sur la sécurité ». C’est un peu vague sans doute, mais il y a quelque chose de cet ordre. Donc Glop.

En quoi le chef de l'Etat est-il responsable de cette situation ?
Sa responsabilité, c'est d'avoir bafoué ses engagements. Ça a porté un coup au crédit de la politique. Plus personne ne croit à la sortie de crise, annoncée en 2010. Il avait parlé de la valeur travail, mais il a favorisé ceux qui s'enrichissent en dormant. Il a fustigé l'assistanat, mais il a assisté les riches par les avantages fiscaux. Il avait promis un Etat fort : nous avons eu le laisser-aller, sans aucun contrôle du système financier. Il avait promis de protéger les Français, or jamais les insécurités économiques, sociales, culturelles, éducatives n'ont été aussi fortes, sauf pour les privilégiés. Des millions de Français ont le sentiment d'être déclassés, et même de "dévisser".

Je n’aime pas trop cette référence mitterrandienne à « ceux qui s’enrichissent en dormant ». Après tout si j’ai quelques actions ou un livret de caisse d’épargne, moi aussi il est possible de dire que je m’enrichis en dormant. Et puis Mitterrand n’a pas très bonne presse chez les électeurs de mon genre. C’est au moins une faute de goût. On ne vous demande pas de citer Brasillach, hein ? mais quand même... Quant aux riches je ne les aime guère, c’est entendu, mais enfin, dire qu’on les « assiste » par des « avantages fiscaux », cela revient à dire que laisser au gens ce qui leur appartient est de l’assistanat. Ce n’est pas ce que j’entends, moi, par « assistanat », qui consiste à vivre sans travailler, alors que l’on pourrait le faire, de la propriété d’autrui. Vous ne seriez pas en train d’essayer de noyer le poisson, par hasard ? Ou, pire encore, de me prendre pour un imbécile ? Pas Glop.

Nicolas Sarkozy, en reprenant les thèmes du Front national, a-t-il selon vous favorisé la diffusion d'un lepénisme culturel ?
En essayant de capter dès le premier tour les voix de l'extrême droite, il a légitimé un certain nombre de débats et validé des idées que tout républicain humaniste combat. Avec un seul résultat, la montée du FN. A tel point qu'il est aujourd'hui embarqué dans une logique qu'il n'arrive plus à maîtriser. Il est allé tellement loin qu'il ne peut plus se dédire, provoquant un malaise au sein de son propre camp.

Hein ? Il a « validé des idées que tout républicain humaniste combat » ? Mais ces idées dont vous parlez, ce sont les miennes je présume, puisque j’ai voté Front National. Donc je ne suis pas un « républicain humaniste ». Bien plus, je fais partie des adversaires des « républicains humanistes ». Et comme pour vous manifestement « républicain humaniste » est synonyme de personne respectable je suis donc renvoyé parmi les personnes non respectables. J’en prends bonne note. Pas Glop-Pas Glop.

Le FN a conquis de nouveaux territoires, notamment dans les espaces ruraux. Comment l'expliquez-vous ?
On trouve là des paysans paupérisés par la crise de l'élevage qui voient disparaître le travail et la raison de vivre de plusieurs générations. Ou des ouvriers contraints de quitter les centres-villes, trop chers, pour partir vers les zones rurales ou péri-urbaines et rattrapés par le coût de l'essence et la solitude des territoires désindustrialisés. Des citoyens qui se sentent abandonnés, en perte de repères et révoltés par tant d'injustices.

En fait, il existe un moyen de rester à proximité des grandes métropoles lorsque l’on a peu de moyens : demander un logement dans le parc HLM. C’est dans ce parc HLM que se déversent sans cesse de nouveaux migrants, au point que les ZUS ont aujourd’hui acquis de facto la fonction d’accueillir une immigration essentiellement familiale, et pour partie clandestine, comme le rappelle Christophe Guilluy dans Fractures Françaises. Mais précisément parce que le parc HLM se remplit de migrants, les ménages modestes « de souche » (je n’ose pas dire « Blancs », bien que ce soit en réalité ce dont il est question) préfèrent l’éviter et rechercher des logements dans le privée, mais bien sûr beaucoup plus loin des centres-villes. Michèle Tribalat a aussi écrit des choses là-dessus dans Les yeux grands fermés (je suis électeur du Front National mais j’ai quelques lettres).
Bref je suis assez d’accord avec votre diagnostic, mais comme vous ne dites pas un mot sur les causes je ne suis pas sûr que nous soyons vraiment d’accord sur le fond. Je préfère donc ne pas noter cette réponse.

L'aspect féminin de la candidature de Marine Le Pen a-t-il joué ?
C'est moins le fait d'être une femme que de parler de vie quotidienne et de sujets concrets. A l'époque de son père, qui était un repoussoir, moins de femmes votaient pour le FN. Une partie de cet électorat féminin paupérisé affirme aujourd'hui comprendre ce qu'elle dit. Ces femmes seules avec leurs enfants, davantage victimes de l'insécurité, ces femmes âgées avec de très petites retraites, ces salariées précaires ont basculé dans la peur du lendemain. Elles veulent crier leur attente d'une politique qui s'occupe d'elles. C'est ce que nous ferons, comme François Hollande s'y est engagé.

Question sans intérêt, bien digne d’un journal comme Le monde.  Quant à la réponse j’y trouve la même ambiguïté que dans la précédente. Sur le diagnostic à peu près tout le monde est d’accord - insécurité, précarité, paupérisation, peur du lendemain, etc. - les divergences portent sur les causes de ces phénomènes. Mais là encore vous n’en dites rien, vous restez dans le vague. Par exemple, de quelle genre d’insécurité parlez-vous ? Mon impression que vous être en train de tourner autour du pot se renforce. Pas Glop.

Le PS a-t-il échoué à renouer avec les classes populaires, comme vous aviez commencé à le faire en 2007 ?
Les quartiers ont moins voté qu'en 2007, mais plus que les sondages le prédisaient. Et le candidat socialiste y est en tête.

Les « quartiers » ? Vous voulez dire bien sûr les Zones Urbaines Sensibles dans lesquelles se concentrent les immigrés et descendants d’immigrés afro-maghrébins. Ce sont elles qui ont massivement votées pour vous en 2007 et pour votre ex-compagnon aujourd’hui. C’est donc ça, pour vous, les « classes populaires ». Le « peuple » ce sont les nouvelles populations venues d’outre-méditerranée. Parfait, voilà qui a au moins le mérite de la clarté. Pas Glop-Pas Glop.

Comment François Hollande peut-il convaincre ces électeurs qui ont choisi le Front national au premier tour ?
Il s'agit de montrer que son projet répond aux préoccupations de ceux qui subissent les désordres et les insécurisations. Apporter les sécurités que les gens attendent, placer en priorité le travail, la réforme financière, la protection contre la mondialisation sauvage, c'est répondre à ces électeurs. Et c'est bon pour tout le pays. D'autres propositions de François Hollande, comme le blocage du prix de l'essence ou l'encadrement des marges dans la grande distribution, correspondent à ces attentes.

Là vous ne tournez plus autour du pot, vous vous moquez carrément de moi. « Les insécurisations », « les sécurités », « les désordres »... vous me prenez vraiment pour un perdreau de l’année. Vous croyez sans doute que je ne sais pas que lorsque l’on veut ne pas parler d’un problème on le met au pluriel ? C’est la tactique utilisée par la gauche depuis au moins quarante ans. Je ne parle pas des « insécurités » moi, je parle de l’insécurité physique, de la peur de se faire poignarder pour une cigarette, tabasser à mort parce que l’on photographiait un réverbère ou bien parce que l’on voulait rédiger un constat amiable.
Et je vois très bien que c’est précisément ce sujet que vous voulez éviter. Vous vous attendiez à quoi ? Pas Glop-Pas Glop.

L'époque où Bernard Tapie, alors classé à gauche, traitait de "salauds" les électeurs du FN est donc bien révolue...
Il ne s'agit ni de cajoler ni de dénigrer et encore moins d'insulter, tout en combattant le poison de ces idées. Ce sont ceux qui exploitent la pauvreté et les peurs qui sont méprisables. Les habitants des quartiers populaires qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes.

Euh, objection votre bravitude. Je m’inquiète certes des flux migratoires clandestins, mais je m’inquiète tout autant des flux migratoires légaux. Ce sont tous les flux migratoires que je voudrais voir réduits. Dois-je en déduire que pour vous seuls les actuels flux clandestins posent problème ? Que l’on est « raciste » si l’on se préoccupe aussi des flux légaux ? Un très mauvais point pour vous. Pas Glop-Pas Glop.

Pourquoi avoir affirmé que le droit de vote des étrangers aux élections locales "n'a jamais été une priorité" pour le Parti socialiste ?
Parce que la nouvelle stratégie de l'UMP est de cibler le débat uniquement sur l'immigration en déformant grossièrement les propositions. Il fallait donc absolument remettre leurs pendules à l'heure et rappeler que les priorités sont l'emploi, la justice sociale, la jeunesse, l'éducation.

Ouais. On peut évidemment gloser à l’infini sur le sens du mot « priorité », mais il n’empêche que le « droit de vote des résidents étrangers » figure bien au programme de la première année de mandat du Candidat Normal™. Pour un président qui a un mandat de cinq ans, dire que l’on prendra telle ou telle mesure durant la première année de sa présidence c’est quand même lui accorder un caractère assez « prioritaire ». Et il me semble bien me souvenir d’une vidéo dans laquelle Martine Aubry disait, après la victoire de la gauche aux sénatoriales, que l’une des premières choses que feraient les socialistes en revenant au pouvoir serait d’accorder le droit de vote aux étrangers ; même si j’ai la flemme de la rechercher.
De toutes façons cette proposition figure noir sur blanc dans votre programme et moi je suis absolument contre. Pas Glop-Pas Glop.

Le camp présidentiel affirme aussi que M. Hollande vise une "régularisation massive" des sans-papiers. Est-ce exact ?
Non. Sur ce sujet comme sur d'autres, c'est une caricature, mais cela n'abuse personne.

Massive, pas massive, prioritaire, pas prioritaire... si vous croyez que c’est en ergotant sur les mots que vous allez me convaincre... Le Candidat Normal™ a bien dit qu’une fois élu il procéderait à des régularisations, point. Mais le vrai nom d’un « sans-papiers » c’est un immigré clandestin, et la seule vocation d’un clandestin c’est d’être expulsé. Que, dans certains cas bien particuliers, il puisse être effectivement préférable de régulariser tel ou tel clandestin, cela peut se comprendre. Mais en ce cas il s’agira toujours d’une faveur insigne qui lui est accordée, et en aucun cas d’un droit, et le premier devoir d’un homme politique responsable serait de ne jamais en parler, pour ne pas susciter de faux espoirs et de nouvelles arrivées. Quant à ce que seront les effets prévisibles des propositions du Candidat Normal™ je laisse d’autres en parler. Pour moi l’affaire est entendue. Pas Glop-Pas Glop.


Bien, résumons-nous. Un Glop et quinze Pas Glop.
Hé bin, le dialogue avec les électeurs du Front National, c’est pas gagné...

24 commentaires:

  1. Il suffit de regarder avec attention votre illustration.
    Rintintin est un descendant d'Horand Von Grafath.
    Ce n'est pas un bâtard du wild-west genre Rantanplan.

    Coach Berny

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    1. Oups, mais c'est vrai. Le berger allemand est un chien très connoté, limite nazi en fait...
      J'en connais qui vont encore faire des amalgames.
      Pff, j'aurais dû mettre un pékinois ou un bichon maltais.

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  2. Aristide, j'admire votre abnégation : lire le gloubi-boulga Ségolénien est chose pénible pour tout cœur pur. S'efforcer de la noter est charitable, certes, mais superflu.

    Car quoi ? Les réponse de Mme Royal sont tout simplement HORS SUJET. Vous avez certainement, comme tout un chacun, rencontré des gens qu'habite une marotte et que rien ne saurait distraire de cette dernière. Parlez-leur de n'importe quel sujet, ils vous répondront marotte. C'est comme ça.

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    1. Que voulez-vous Jacques Etienne, je dois garder un fond d'indécrottable naïveté.
      Quelque part je suis un idéaliste. Je crois à la bonté fondamentale de l'homme, aux mérites de l'écoute et de la tolérance, qu'il n'est pas de différend qu'on ne puisse régler par le dialogue : "frère, tu sais que la violence n'arrange rien", et tout ça.
      En fait, à bien y réfléchir, je pourrais presque être de gauche...

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  3. Aristide,

    Je sais d' où vient votre fond de naïveté, vous avez trop lu Pifou durant votre jeunesse.

    Quant au charabia de Dame Ségolène, vous êtes un Héros de la lire jusqu' au bout.

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    1. Oh, un héros... pour tout vous dire j'avais du temps à perdre hier dans le train, et ça m'a gentiment occupé pendant le voyage.

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  4. Pas encore lu, trop fait, trop moisi, trop has-been (i m talking about me, not about you, motherfucker). MAIS : 15 pas glops et un glop, vous savez, comment dire, chais pas, mais avec Mongolène Boyau jl'aurais parié... les cons ! Yzont Tachatte Belle-Cassoce et y choisissent Mongolette ! Avec Tachatte, on srait pendu à ses belles lèvres cramoisies, à sa langue serpentine, tous bien dressée la pine, on s'foutrait de ç'qu'elle peut dégoiser, on bavoterait glop, glop, glop sans rien écouter, résultat : 117 glops zero pas glop. Inch'Hollande élu, duel najat-Marion Marechal LP sur le ring nues dans la boue bandaison assurée pour les siècles des siècles amen !!

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    1. "(i m talking about me, not about you, motherfucker)"
      Zyva, i vous za traité !

      Quant au reste !
      Son commentaire est en dérapage incontrôlé !

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    2. Et les dérapages sont toujours condamnables, comme chacun sait.

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    3. Ce dérapage était parfaitement contrôlé ! Et pis c'est pas de ma faute si y avait une grosse flaque de vomi-vodka juste devant moi, qui m'a fait dérapé (hein ? oui c'était mon vomi, quel rapport ?)...

      Et puis ne soyez pas jalouse, Carine, belle amazone à réaction... avec Tachatte VB, c'est juste sexuel...

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    4. Vous pourriez toujours plaider que c'est la faute de la société.
      Après tout, avez-vous été suffisamment suivi pour votre problème d'alcoolisme? Vous a-t-on proposé une aide psychologique adaptée?
      Non? J'en étais sûr! Toujours ce criminel manque de moyens...
      Mais votez bien et vous verrez, ça changera.

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  5. Article drôle et pertinent, comme d'habitude. Toutefois il ne faudrait pas prendre les analyses de Guilluy comme une baguette de sourcier. Dans le bled du Pas-de-Calais dont je suis originaire (Beuvry, 9.000 habitants), Marine Le Pen est arrivée première avec 30 % des voix. Or il n'y a, à Beuvry, que 62 étrangers (décompte INSEE) qui sont pour la plupart des retraités yougoslaves ou portugais. Et dans la "métropole" voisine de Béthune (25.000 habitants), l'immigration est extrêmement faible -pour donner une indication, il n'y a pas de mosquée, ni même une simple salle de prière islamique ; les musulmans locaux, s'il y en a, doivent faire une petite trentaine de kilomètres en voiture pour aller faire leurs dévotions à Lens. C'est donc un vrai petit morceau de la France 1.0, une vaste Desouchière où les cours de récréation des écoles comptent 75 % de blonds. L'impact du fait migratoire sur le vote FN local paraît donc bien hypothétique, même si on peut imaginer que les gens de Beuvry ont dû se poser quelques questions en entendant à la télé des extraits du discours de Marseille de Mélenchon.

    En revanche, quand on regarde encore les statistiques INSEE, certaines données sautent aux yeux : le chômage dépasse 15 %, un ménage sur 3 est considéré comme ouvrier, moins de 30 % de la population possède un diplôme de niveau bac ; le taux de mortalité est supérieur de 3 points à la moyenne nationale. Cette ville, qui d'ailleurs ressemble plutôt à un agrégat de villages, est une communauté de blancs pauvres mécontents, et je pense que les facteurs sociaux ont pesé bien davantage dans leur motivation de vote que les revendications "culturelles". Ils ont le sentiment qu'on ne s'occupe pas d'eux, ou pas comme il faudrait. 70 % des emplois existant dans la commune sont publics et la maire socialiste n'en peut plus de faire du social (construction de HLM, ouverture d'une absurde "Maison pour tous"), mais les électeurs ont signifié assez clairement qu'ils attendaient autre chose.

    Je vais essayer de rédiger un article là-dessus en entrant un peu dans le détail et quand je l'aurai fini j'aimerais avoir votre avis là-dessus.

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    1. Ali Devine?

      Je suis aussi originaire du Pas de Calais, Avion et même si j'ai quitté depuis longtemps cette région, j' y suis revenu dernièrement pour raisons familiales, côté pauvreté j'ai fait le constat identique, j' ai retrouvé une région sinistrée ou la place en face de la gare de Lens est entourée d'immeubles murés. J'avais l'impression d' être à Berlin-Est du temps de la libre Allemagne de l' Est mais des petits enfants blonds je n' en point vu autant que vous pourtant je suis alla dans mon ancienne école maternelle.

      Je ne sais pas ce que le vote du FN a obtenu comme pourcentage mais du temps de ma jeunesse, les cités marocaines; c'est ainsi que les gens appelaient les cités où les mineurs venus du Maghreb vivaient, n' étaient pas des endroits fréquentables et c'était il y a un certain nombre d'années.

      Je suppose que cela n' va pas changé cette région a toujours été un réservoir pour les rouges et le PS.Les militants sont si disciplinés qu'ils votent comme un seul homme pour un candidat comme Jack Lang et maintenant ils s'étonnent d' être laissés pour compte.

      L' affaire Kucheida en est un exemple parfait, un notable s’enrichissant sur le dos des gens du pays, pourtant je suis certain que les habitants du Pas de Calais voteront encore pour un homme du PS.

      Comme disait un vieux camarade: " Min père votait socailiste, mi je vote socialiste, din ma famille on a toudi voté socialiste"; voila en résumé le malheur de cette région.

      Pour l' immigration, ils ne sont peut être pas encore submergés là où vous demeurez mais dans les cités de Lille, c'est different, Martine est venue souvent rendre un hommage lige à ces nouveaux administrés.

      http://www.youtube.com/watch?v=kPxJqcn0a-w

      Il ne faut pas attendre d' avoir de la merde jusqu' au yeux pour agir.

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  6. Beaucoup de choses dans ce que vous dites. Essayons de les prendre dans l’ordre.
    D’abord sur Guilluy. Je le prends d’autant moins comme un oracle que je trouve que son livre a pas mal de défauts. J’en ai indiqué certains dans mon compte-rendu, et il y en a d’autres que je n’ai pas mentionné. Je prends chez lui ce qui me semble correct sans m’illusionner sur la stature intellectuelle du personnage. Je regrette beaucoup que nous n’ayons pas en France l’équivalent d’un Charles Murray ou d’un James Q. Wilson. Malheureusement cela semble être le cas.
    Ensuite sur les causes du vote Front National.
    De manière générale, la seule façon à peu près fiable de savoir pourquoi les gens votent pour tel ou tel, c’est de leur demander. De ce point de vue là les études semblent unanimes : les électeurs FN, dans leur ensemble, placent l’immigration au premier rang de leurs préoccupations, loin devant le reste. Ce que je trouve d’ailleurs confirmé par le déroulement de la campagne : c’est à partir du moment où elle a mis en sourdine ses thématiques économiques et sociales et où elle est revenue aux « fondamentaux » de l’immigration et de la délinquance que Marine Le Pen est remontée dans les sondages, pour finir au niveau que l’on sait. En général, je ne crois pas que des hommes politiques, qui sont quotidiennement au contact de leurs électeurs (comme ils le sont en période de campagne électorale), se trompent beaucoup sur ce que ceux-ci attendent d’eux.
    Ceci étant dit, le fait que l’immigration soit la première motivation du vote FN ne signifie pas qu’elle en soit la cause exclusive. Sur un échantillon un peu vaste le vote n’est jamais monocausal. Le cas que vous citez n’est donc absolument pas incompatible avec l’analyse qui précède. Il y a les vérités générales et les cas particuliers.
    Mais allons plus loin.
    La corrélation géographique entre le vote FN et les concentrations d’immigrés ou de descendants d’immigrés afro-maghrébins a toujours été forte, sans être parfaite. Le FN a traditionnellement prospéré dans les zones de forte immigration ou à proximité de ces zones. J’ai sous les yeux plusieurs cartes qui sont très claires à ce sujet - et je vous cite l’analyse qu’en fait Pascal Perrineau en 1995 : « tous les bastions électoraux sont à l’Est d’une ligne Le Havre-Perpignan. Se dégage ainsi une France qui est celle des grandes métropoles urbaines, des fortes concentrations d’immigrés et de la montée de la petite et moyenne délinquance. »
    Cependant, la progression nationale du score du FN implique mécaniquement que cette corrélation va en s’affaiblissant. Ce vote n’est plus « réservé » aux zones accueillant les populations immigrées, il se diffuse sur tout le territoire.
    En fait, je crois que le changement décisif qui explique la diffusion du vote FN et sa progression, c’est qu’il n’est plus nécessaire de vivre à proximité des zones d’immigration pour percevoir l’immigration comme un problème (le « nécessaire » doit évidemment être pris avec un grain de sel).

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  7. C’est ce qu’une certaine gauche appelle la « lepénisation des esprits ». Bien sûr pour cette gauche cela signifie que les problèmes n’existent que parce que l’on en parle, bref qu’ils sont imaginaires. Mais si l’on écarte cette thèse absurde, il y a quelque chose de vrai : de plus en plus de gens perçoivent l’immigration comme un problème sans pour autant en subir les désagréments au quotidien. Les raisons n’en sont pas mystérieuses : lecture des journaux, émissions télévisées, faits divers, récits de voisins ou de connaissances, voyages en « zone d’immigration », mais aussi discours des politiques qui identifient implicitement « le peuple » et les immigrés et descendants d’immigrés (ce matin encore j’entendais Mélénchon dire que les immigrés et descendants d’immigrés étaient « le cœur de la population française »), etc. etc.
    Bref, la connaissance de la réalité du processus migratoire percole petit à petit. Les gens ordinaires finissent par percevoir confusément ce que savent les spécialistes depuis un bout de temps, à savoir que s’opèrent dans certaines zones de véritables substitutions de population et que la France est en train de subir une transformation sans précédent de sa substance humaine. Que l’immigration engendre bien une délinquance accrue, qu’elle est source d’énormes tensions pour le système scolaire, qu’elle pèse sur les finances publiques, etc. Il n’y a donc rien d’absurde à ce que des gens qui ne côtoient pas l’immigration puissent être préoccupés par l’immigration.

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  8. Allons plus loin encore.
    Je crois qu’il y a effectivement un lien entre certains problèmes « sociaux » (chômage, pauvreté, etc.), la question de l’immigration mais aussi celle de la construction européenne, qui sont les trois axes principaux du discours du FN, et que ce lien explique en grande partie la structure sociologique de l’électorat FN.
    Si je voulais résumer un peu schématiquement ce qui me semble être au cœur du vote FN, je dirais que c’est le sentiment de perdre la maîtrise de son existence. Ce sentiment s’appuie sur trois réalités : les transformations de l’économie qui mettent progressivement sur la touche les gens les moins doués, ce que Renaud Camus appelle - à mon avis à juste titre - le Grand Remplacement, et les « transferts de souveraineté » vers les institutions européennes. Ce contre quoi proteste l’électorat modeste qui se tourne vers le Front National c’est, dans le fond, la disparition de la nation et son corolaire inévitable, le délitement de la démocratie représentative. Et il se tourne vers le FN car il est le seul parti qui parle réellement de ces problèmes, c’est à dire qui ose dire qu’il y a bien là des problèmes.
    Quant à savoir si ses réponses sont appropriées c’est une autre question, mais il est bien évident qu’il a un avantage décisif par rapport à ceux qui répètent en boucle que l’immigration est une chance, la mondialisation inévitable et l’Union Européenne l’avenir de la France.
    Bref, je crois qu’il n’y pas d’opposition entre « questions sociales » et « questions migratoires ». Ce sont des aspects différents d’un même problème et aucun parti ne récupérera durablement l’électorat frontiste tant qu’il ne traitera pas en même temps tous ces aspects.
    Et si la question migratoire est mise en avant par les électeurs du FN, c’est peut-être parce qu’elle est l’aspect le plus simple et le plus évidemment inacceptable du problème. Les gens modestes peuvent percevoir que les transformations de l’économie et la construction européenne sont des questions complexes, auxquelles il n’y a pas forcément de réponses simples à apporter, et que ces deux phénomènes peuvent avoir certaines contreparties intéressantes. Mais le « on est chez nous » est un sentiment puissant et indéracinable auquel il sera toujours vain d’objecter que « l’immigration est inévitable » (ce qu’elle n’est pas, d’ailleurs) ou bien qu’elle est un « enrichissement » (ce qui est un point de vue typiquement CSP+, pour le dire rapidement).
    Ce qui m’amène à une dernière remarque : il me semble que le verrou fondamental est celui de l’Union Européenne, à la fois d’un point de vue pratique et d’un point de vue symbolique. C’est la « construction européenne », entendue au sens large, qui au cœur de ce sentiment - à mon avis justifié - de dépossession que je perçois dans le vote FN.

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  9. Bon, je n'ai lu que l'introduction (j'y reviendrai).
    vous avez la démangeaison du stylo, et vos commentaires itou ...
    Juste un mot concernant votre identification de l'électeur de MARINE (vous voyez la familiarité s'installe) : "un de ceux qui ont eu le portrait de Pétain au-dessus de leur berceau et à qui leur mère fredonnait le Horst Wessel Lied en leur donnant le sein".
    Alors là, mon cher, vous vous foutez le doigt dans l'oeil jusqu'à la moelle ! Le dialogue sera donc difficile, mais tendez l'oreille un instant.
    L'électeur de Marine est multi-forme, une minorité ressemble à votre description, une autre minorité (j'en suis) est issue de la Gauche Socialiste (celle qui a quitté le PS de Hollande) et une grosse majorité ressemble au peuple français qui en a marre qu'on se foute de leur gueule et qui voient fort bien (parfois mal exprimé) que la classe supérieure, (pas celle au sens de Marx) mais au sens LOUIS XIV (oisifs engraissés de prébendes -souvent nommés bobo) ne voit aucun inconvénient au monde ouvert.
    Bref, pour être court, le clergé de l'idéologie post-moderne, post-chrétienne, qui voient sans problème s'installer un nouveau prolétariat musulman, en remplacement de la plèbe catholique.
    Vous ai-je dit que j'étais catholique et révolutionnaire ?
    Bisous à tous et même à ceux qui n'ont pas lu !

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    1. Voyons René, cette description du "vrai" électeur lepéniste était une plaisanterie.
      Vous ne savez pas que je suis assez pince-sans-rire ?
      Prenez la peine de tout lire et vous verrez que nous sommes essentiellement d'accord.
      Et pour ce qui est de la démangeaison du stylo, non pas vraiment, cela me prend même beaucoup trop de temps. Mais je n'ai pas reçu cette grâce de savoir condenser beaucoup de pensées en peu de mots.

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    2. Toutes mes excuses. J'ai dégainé trop vite.
      J'aurais du retourner sept fois mon colt dans le holster.
      Il reste le plaisir de vous taquiner (je vous savais pince-sans-rire)

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  10. Bon, je pense que la réponse d'Aristide au comm d'AD est une synthèse parfaite de ce qu'on peut répondre à ce genre d'argumentaire.

    A mon modeste niveau, je rajouterai deux choses :

    1) que si dans le bled dont parle AD, ainsi qu'à Béthune, il y a peu d'afromuzz, ces villes sont tout de même situées dans une région massivement envahie. Ils se trouvent donc, pour ainsi dire dans une "aire d'influence" afromuzz (c'est le moins qu'on puisse dire, Lille-RT se trouvant à 20 bornes de Béthune). Càd que les De souche de ces bleds travaillent, vivent, se déplacent, déménagent, ont leur famille et proches, etc, dans cette zone hautement "contaminée".

    (Au fait, je me rappelle qu'il y a quelques années, les journaleux nous ressortaient toujours tel village alsaco 100% de souche, même pas miséreux, où le FN était très haut, pour nous démontrer que les frankaouis étaient des gros cons racistes qui votaient JMLP sans avoir jamais vu un zimmigré... en omettant soigneusement de nous dire que ces villages étaient à proximité de villes comme... Colmar ou Mulhouse, et donc que ces villageois savaient certainement beaucoup mieux que les journaleux en question de quoi il retournait...)

    2) et que les prolos des bleds en question, ainsi que les Français en général ne sont pas encore totalement dépourvus de cerveaux, ne serait-ce que pour s'informer de ce qu'il se passe, et pour se préoccuper de "destin national" (ne serait-ce que par pur pragmatisme : "que deviendrons-nous dans notre ptit village 100% blanco si tout le reste est envahi ??"), et qu'il n'y a pas besoin d'être continuellement soumis aux vexations des CPF pour commencer à réagir, même si un fort taux de chômage peut y contribuer. ( ça rejoint le phénomène "percolatif" farpaitement analysé par aristide)

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  11. Un peu sur le même sujet, je me permets de remettre un comm que j'ai écrit chez l'Ubi, à propos d'un coin que j'ai bien connu.

    C'est encore le problème de la "zone d'influence", mais en plus resserrées. Si vous êtes parachuté dans des bleds tranquilos de Haute-Marne comme Perthes (MLP à 41% !) ou Éclaron (34%), vous allez vous demander comment le FN peut triompher ainsi... mais ces gens vivent aussi à Saint-Dizier, y font leurs courses, y ont leur famille, et parfois sont partis dans ces ptits bleds pour fuir l'invasion tout en restant dans leur région native.

    http://www.google.fr/elections/ed/fr/results

    Intéressant : Saint-Dizier en Haute-Marne (personne ne connaît, mais a eu son heure de célébrité en 2007 avec de violentes émeutes), ville infestée de bougnes. La commune de Saint-Dizier donne 26,5 à FH et NS et 26,2 à MLP. Mais la plupart des communes environnantes, petits bleds où ont fui pas mal de petits blancs, font triompher MLP, parfois à 35 ou 40 %, que ce soit en Haute-Marne, dans la Marne,la Meuse ou l’Aube (Saint-Dizier est à la confluence de tous ces départements). Et dans la plupart de ces départements champenois-lorrains, MLP tourne à 25.

    Quadrature du cercle : sans tous les immigrés, les gens ne voteraient pas FN. Mais avec tous ces immigrés qui votent pour lui, le PS triomphe.

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    1. C'est pour cela que le temps presse. Ils pondent tous les jours, dans leurs 5 femmes.
      Pluss tous ceux qui arrivent et vont devenir frankaouis, plusss le rapprochement familial.
      Je crois qu'on s'est trompés de siècle.

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    2. "Ils pondent tous les jours, dans leurs 5 femmes."

      Et ça, c'est pas du gros bon dérapage ???!!! Cariiine, on n'a pas le droit de parler ainsi d'aussi sympathiques animaux. Les grands singes sont une espèce protégée, désormais (bien qu'absolument pas en voie de disparition, aaaargh !!!).

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  12. Aristide,

    Pour le chien, j'aurais plutôt vu ce charmant toutou;

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Rottweiler

    Il fait plus méchant.

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