Jusqu’en 1973, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (dit
communément DSM : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux)
établi par l’American Psychiatric
Association (association américaine de psychiatrie – APA), classait
l’homosexualité parmi les maladies mentales. Ce classement constituait bien
entendu un obstacle majeur sur la voie du « mouvement homosexuel ».
Pour que l’homosexualité puisse un jour être considérée comme « saine,
naturelle, et normale » il fallait impérativement qu’elle cesse d’être
considérée comme une affection psychiatrique. Le but n’était pas de prouver
scientifiquement que la classification du DSM était fautive. A supposer que
cela soit possible – ce qui était fort douteux – administrer une telle preuve
aurait demandé bien trop de temps. Et puis l’idée même d’examiner de manière
impartiale et froidement rationnelle si l’homosexualité est ou pas une forme de
maladie mentale était, bien entendu, totalement incompatible avec l’état
d’esprit qui animait les militants homosexuels. Pour obtenir satisfaction
ceux-ci commencèrent donc, en 1970, à perturber violemment les réunions de
l’APA. Ces méthodes brutales n’auraient sans doute pas connu beaucoup de succès
si les militants homosexuels n’avaient été puissamment aidés, d’une part par le
climat intellectuel de l’époque, qui était à la « libération »
sexuelle généralisée et à la contestation des formes traditionnelles
d’autorité, et d’autre part et surtout par un certain nombre de psychiatres.
Parmi ces psychiatres qui appuyaient de l’intérieur les revendications des
activistes gays, certains étaient eux-mêmes homosexuels, et donc très
intéressés par la possibilité que l’homosexualité puisse cesser d’être
considérée comme un trouble mental, comme par exemple le docteur John P. Spiegler,
qui fut élu président de l’APA en 1973. D’autres, qui se nommaient eux-mêmes
« les jeunes Turcs », étaient de jeunes psychiatres
« libéraux » au sens américain du terme, c’est-à-dire de gauche, bien
décidés à réformer la psychiatrie dans un sens favorable à leurs idées
politiques, et aussi à prendre de cette façon plus rapidement la place de leurs
ainés.
Soumise à cette double pression, l’APA ne tarda
pas à capituler, à peu près de la même manière que, quelques années auparavant,
les plus grandes universités américaines avaient capitulé devant la violence de
certains étudiants noirs et accepté de sacrifier la rigueur intellectuelle et
la discipline sur l’autel de ce que l’on ne nommait pas encore le politiquement
correct. En 1973, l’APA décida brusquement de retirer l’homosexualité de la
liste des maladies mentales. Deux psychiatres racontent la manière dont cette
décision fut prise :
« Le DSM de l’association américaine de
psychiatrie céda soudainement et complètement à la pression politique lorsque,
en 1973, il retira l’homosexualité de la liste des désordres mentaux
susceptibles d’être traités. Une tempête politique avait été créée par des
activistes gays à l’intérieur de la psychiatrie, avec une intense opposition à
la normalisation de l’homosexualité de la part de quelques psychiatres
courageux qui étaient de ce fait diabolisés, et même menacés, plutôt que
scientifiquement réfutés. La Chambre des Délégués de l’APA esquiva le conflit
en demandant à ses membres de voter sur la question, marquant ainsi la première
fois dans l’histoire de la santé où une classification médicale fut décidée par
un vote populaire plutôt que sur la base de preuves scientifiques. »
Toutefois, en 1973, le DSM conservait encore une
entrée au sujet des homosexuels insatisfaits de leur homosexualité, pour lesquels
on pouvait poser le diagnostic « d’homosexualité égo-dystonique ».
Puis, en 1987, même ce petit article fut supprimé. Aujourd’hui le DSM ne
contient simplement aucune référence
à l’homosexualité. Non seulement l’homosexualité n’est plus officiellement classée
dans les troubles psychiatriques, mais l’idée même que certains pourraient
expérimenter cette condition comme insatisfaisante et ainsi désirer en changer
a été effacée des catégories psychiatriques.
Car il est une autre notion qu’il est devenu
pratiquement impossible d’évoquer publiquement : celle du caractère
plastique de l’homosexualité. Non seulement tout ce qui pourrait suggérer que
l’homosexualité n’est pas une condition tout à fait « saine, naturelle et
normale » est absolument prohibé dans le débat public, mais il est aussi
devenu indispensable d’affirmer que l’homosexualité est une condition innée,
vraisemblablement d’origine génétique, qui n’est aucunement susceptible de
varier. Ceux qui éprouvent de l’attirance pour les personnes du même sexe que
le leur ne peuvent en aucun cas changer et devenir hétérosexuels.
L’intérêt de cette position est double, du point
du « mouvement homosexuel ».
D’une part elle permet de ranger l’homosexualité
dans la même catégorie légale que la race ou le sexe, c’est-à-dire une
caractéristique innée qui distingue un groupe du reste de la population et peut
être l’occasion de discriminations contre ce groupe. Autrement dit, si
l’homosexualité est un trait inné qui ne peut être changé, pas plus qu’un Noir
ne saurait devenir un Blanc ni une femme un homme, alors les homosexuels
peuvent se prévaloir de toutes les lois « anti-discriminations » déjà
en vigueur et réclamer leur part des bénéfices de la discrimination positive.
D’autre part, le caractère inné de l’homosexualité
semble écarter toute notion de responsabilité : puisque c’est inné, les
homosexuels ne sont pas responsables de leur comportement sexuel. Par
conséquent réprouver leurs pratiques est aussi injuste que de condamner les
bossus pour leur bosse.
Cependant, le dogme de l’immutabilité est
extrêmement faible, lorsqu’on prend la peine de l’examiner d’un peu près, et il
ne peut se soutenir que par l’intimidation et la menace.
Il est très faible, d’une part, car la réalité est
que, d’un point de vue scientifique, nous savons très peu de choses sur
l’étiologie de l’homosexualité. Cela ne doit pas surprendre. Notre ignorance du
fonctionnement du cerveau humain reste très grande, et notre ignorance du
fonctionnement de l’esprit humain est sans doute plus grande encore, si du
moins nous restons dans le cadre de la méthode scientifique. Ainsi, très
souvent, la psychiatrie doit se contenter de classer les pathologies en
fonction de leurs symptômes, plutôt qu’en fonction des causes sous-jacentes de
ces symptômes, faute de connaître ces causes[1].
Il est très faible, d’autre part, car le caractère inné d’une tendance ne fait
nullement disparaître la responsabilité morale de celui qui se livre à cette
tendance, sauf peut-être dans les cas les plus extrêmes. Ainsi, par exemple, nous
savons aujourd’hui que l’alcoolisme a une composante héréditaire, en ce sens
que certaines personnes sont plus susceptibles que d’autres de devenir
alcooliques. Pour autant, chacun reste responsable du moindre verre d’alcool
qu’il ingère, à moins bien sûr qu’on ne lui ait posé un revolver sur la tempe
pour le forcer à l’ingérer. Si la prédisposition à l’alcoolisme a une
composante héréditaire, les comportements alcooliques sont toujours
volontaires, du moins à leurs débuts, avant que ne s’installe la dépendance. De
la même manière, les penchants homosexuels ne privent nullement les personnes
qui en sont affectées de leur libre-arbitre. Jusqu’à preuve du contraire – et
une telle preuve sera assurément difficile à administrer – les pratiques
homosexuelles restent volontaires, quel que soit le fondement, génétique ou
pas, de l’attirance homosexuelle.
Mais surtout, il est empiriquement et amplement
prouvé que l’homosexualité n’est pas une caractéristique immuable. Une partie
au moins des homosexuels sont susceptibles de changer et de devenir
hétérosexuels, soit spontanément, soit à la suite d’une thérapie.
Voici par exemple ce que déclarait le docteur
Jeffrey Satinover devant la commission judiciaire du Sénat du Massachusetts en
2003 :
« Approximativement 10% des hommes ont eu une
relation sexuelle avec un autre homme à un moment de leur vie – c’est l’origine
du mythe gay selon lequel les homosexuels représenteraient 10% de la
population. La plupart de ces hommes se seront identifiés comme gay avant l’âge
de 18 ans, et auront agi en conséquence. Mais à l’âge de 18 ans une bonne
moitié d’entre eux ne se considéreront plus comme gay et n’auront plus jamais
de rapport sexuel avec un homme. Et il ne s’agit pas là d’individus
sélectionnés parce qu’ils auraient suivi une thérapie ; c’est juste la
population générale. Qui plus est, à l’âge de 26 ans, le pourcentage d’hommes
qui se considèrent comme gay tombe à 2,8%. Cela signifie que, sans aucune
intervention extérieure, parmi les garçons qui se considèrent comme gay à l’âge
de 16 ans, trois sur quatre ne le seront plus à l’âge de 25 ans. »
La sexualité humaine a une certaine fluidité,
particulièrement à l’adolescence, cela est connu depuis la nuit des temps, et
par conséquent les observateurs avisés ont toujours remarqué que les mœurs
sexuelles pouvaient être influencées par les lois. Ainsi l’homosexualité peut
assez manifestement être encouragée ou découragée par bien des facteurs, même
s’il semble par ailleurs raisonnable de penser qu’il existera toujours un
certain pourcentage incompressible d’homosexuels dans toutes les sociétés.
Cela a pour conséquence qu’il est possible de
mettre au point des thérapies pour les homosexuels désirant changer
d’orientation sexuelle, thérapies qui sont d’une efficacité variable mais loin
d’être négligeable. Durant cette même audition devant le sénat du
Massachusetts, Jeffrey Satinover expliquait : « un examen de la
recherche sur le sujet sur de nombreuses années montre un taux de succès de 30
à 52% dans le traitement d’une attirance homosexuelle non désirée. Masters et
Johnson affirmaient avoir un taux de succès de 65% après un suivi de cinq ans.
D’autres spécialistes font état d’un taux de succès allant de 30 à 70%. »
Le docteur Robert Spitzer lui-même, celui qui, en 1973, fut l’un de ceux qui
contribuèrent le plus à ce que l’homosexualité cesse d’être classée parmi les
pathologies mentales, reconnaissait en 2001 qu’il existe « des preuves
qu’un changement d’orientation sexuelle à la suite d’une thérapie appropriée
peut se produire chez certains gays et chez certaines lesbiennes. »
Clairement, seule une partie des homosexuels sont
susceptibles de pouvoir changer d’orientation sexuelle, à condition bien
évidemment d’être motivés pour le faire. Mais quel que soit le nombre de ceux
qui peuvent aboutir à un tel changement, le seul fait qu’il soit possible de
changer suffit pour prouver que l’homosexualité n’est pas une condition
immuable.
Cette possibilité est anathème pour les activistes
homosexuels, aussi ont-ils investi une énergie considérable pour décrédibiliser
ceux qui mènent ce genre de thérapie, et même pour les faire interdire. C’est
ainsi que, en 2012, la Californie, terre d’élection pour le mouvement
homosexuel, a adopté une loi interdisant à un professionnel de la santé mentale
d’entreprendre une thérapie visant à changer l’orientation sexuelle d’un
patient de moins de dix-huit ans, c’est-à-dire précisément l’âge auquel
l’orientation sexuelle est la plus malléable. Les législateurs californiens
motivent cette interdiction notamment par les dangers supposés de ce genre de
thérapie, dangers qui sont loin d’être prouvés, mais ils ne disent pas un mot
des dangers parfaitement avérés du mode de vie homosexuel. Des propositions de
loi semblables ont déjà été introduites dans d’autres Etats des Etats-Unis, et
on peut penser que certaines d’entre elles finiront par être adoptées. Rien,
peut-être, ne montre mieux que le mouvement homosexuel n’a depuis longtemps
plus rien à voir avec un quelconque plaidoyer pour la tolérance. Si la
tolérance des « modes de vie » et des « sexualités
différentes » était son but, que pourrait-il objecter au fait que certains
désirent changer d’orientation sexuelle et essayent librement de le
faire ? Cela ne fait-il pas précisément partie de la liberté sexuelle qu’il
prétend défendre ?
Mais en réalité son but est tout autre :
« modifier radicalement la conception qu’a la société de la réalité »,
faire en sorte que ce qui est objectivement anormal soit considéré comme
« sain, naturel et normal », et même comme désirable puisqu’il doit
être interdit de chercher de l’aide pour quitter cette condition. D'abord vient
le déni de la réalité, puis vient l’obligation de soutenir ce déni, de
proclamer publiquement que deux plus deux font cinq. Le mensonge initial ne
peut se soutenir que par des mensonges sans cesse renouvelés et par une
propagande toujours plus stridente.
C’est ainsi que, très normalement, l’éducation est
devenu l’un des théâtres d’opération principal du mouvement gay et lesbien. Les
universités américaines sont déjà amplement pourvues en programmes et
départements d’études gays et lesbiens, ou LGTB, selon la terminologie adoptée
par les activistes homosexuels et reprise sans discussion par les autorités
universitaires. Mais cela ne saurait suffire. Pour essayer de faire en sorte
qu’un jour tout le monde considère l’homosexualité comme « saine,
naturelle et normale, » il est indispensable d’apprivoiser les enfants le
plus tôt possible avec cette idée. La promotion de l’homosexualité doit devenir
une partie d’une « éducation sexuelle » obligatoire.
Cependant, beaucoup de parents résistent encore
fortement à l’idée que leurs enfants pourraient être exposés dès l’école
élémentaire à des cours, des films, des lectures sexuellement très explicites
et qui présentent l’homosexualité sous un jour attrayant. Conscient de cette
difficulté, le mouvement LGTB a donc adopté une approche indirecte.
Cette approche est fort bien expliquée par Kevin
Jennings, un homosexuel fondateur du réseau GLSEN (Gay, Lesbian and Straight Education
Network), qui se donne officiellement pour mission de faire en sorte que «
chaque membre de la communauté scolaire soit considéré et respecté
indépendamment de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. »
Kevin Jennings, lors d’une conférence donnée en
1995 et intitulée « Gagner la guerre culturelle », détaillait ainsi
la stratégie rhétorique employée par son organisation.
« Si la droite radicale parvient à nous
dépeindre comme des prédateurs d’enfants, nous perdrons. Leur langage est plein
d’insinuations subtiles et moins subtiles – « promouvoir
l’homosexualité » en est un exemple – comme quoi nous nous en prendrions à
leurs enfants. Nous devons apprendre de la lutte pour l’avortement, où
l’appropriation intelligente du terme « pro-vie » a permis à ceux qui
s’opposaient à l’avortement de présenter la question d’une manière avantageuse
pour eux, afin de faire en sorte de ne pas nous retrouver coincés avant même
que le débat commence. Dans le Massachusetts, la clef du succès pour la Commission
Gouvernementale sur les Jeunes Gays et Lesbiennes a été une présentation
efficace de la question. Nous nous sommes saisis immédiatement du thème mis en
avant par l’opposition – la sécurité – et nous avons expliqué comment
l’homophobie représente un danger pour la sécurité des étudiants, en créant un
climat dans lequel la violence, les insultes, les problèmes de santé et les
suicides sont courants. En titrant notre rapport « Rendre les écoles sûres
pour les jeunes gays et lesbiennes », nous avons automatiquement placé nos
opposants sur la défensive et nous leur avons subtilisé leur meilleure arme.
Cette manière de présenter la question a court-circuité leurs arguments et les
a forcé à faire machine arrière dès le premier jour du débat. Trouver la bonne manière
de tourner le débat est la clef du succès pour notre communauté. Elle doit être
liée à des valeurs universelles que tout le monde partage. Dans le
Massachusetts personne ne pouvait contester la manière dont nous présentions la
question et dire « mais bien sûr, je pense que les étudiants devraient se
suicider » : ceci nous a permis de poser les termes du débat. »
Et de fait, Kevin Jennings a été tellement
efficace dans son activité de lobbyiste LGTB qu’il a été recruté par
l’administration Obama pour servir au ministère de l’éducation, comme
sous-secrétaire-adjoint de The Office of
Safe and Drug-Free Schools, poste qu’il a occupé pendant deux ans, et que
le réseau GLSEN comporte aujourd’hui 4000 ( !) clubs associés à travers
tout le pays chargés de disséminer la bonne parole dans les écoles et les
universités.
GLSEN bénéficie désormais du soutien de sponsors
prestigieux, comme Google, HBO, American Express, Goldman Sachs, etc. qui lui
permettent de disposer d’une trésorerie plus qu’abondante et de distribuer des
livres, des films, des « kits pédagogiques », d’organiser des évènements
dans tous les Etats-Unis.
Robert Reilly détaille quelques-uns des documents
de propagande utilisés par GLSEN, documents qui tous, sous couvert de
promouvoir la tolérance et de lutter contre « l’homophobie » qui
mettrait en danger la vie des jeunes homosexuels, promeuvent réellement
l’homosexualité. Il est d’autant moins utile de reprendre cette description ici
que nous avons désormais largement l’équivalent en France. Et, en France comme
aux Etats-Unis, la possibilité pour les parents de faire échapper leurs enfants
à cette propagande parfois franchement obscène se réduit peu à peu.
« L’objection de conscience » ne saurait être tolérée éternellement
dès lors que les pouvoirs publics font leur l’objectif de « créer une
société dans laquelle l’homosexualité sera considérée comme saine, naturelle,
et normale », car pourquoi refuser que ses enfants soient exposés à la
propagande LGTB si ce n’est parce que l’on considère, en définitive, que
l’homosexualité n’est ni saine, ni naturelle ni normale ? Dans le
Massachusetts, qui autorise les « mariages » homosexuels depuis 2003,
les parents ont désormais perdus le droit de demander à être avertis lorsque
les écoles utilisent du matériel LGTB ou bien à ce que leurs enfants soient
dispensés d’assister à ces cours.
Le mouvement homosexuel, qui est parvenu en France
et dans d’autres démocraties libérales à imposer le « mariage »
homosexuel, et qui a de bonnes chances d’y parvenir dans l’ensemble des
Etats-Unis, nous demande à tous de vivre dans le mensonge, de considérer comme
« sain, naturel et normal » ce qui ne l’est pas. Cette demande
ressemble chaque jour davantage à une exigence à laquelle il est impossible de
se soustraire, et chaque succès du mouvement homosexuel renforce ses tendances
coercitives.
Dans l’Etat de Washington, une fleuriste s’est vu
intenté un procès parce qu’elle avait refusé de faire une composition florale
pour un « mariage » homosexuel. Le propriétaire d’un hôtel dans le
Vermont a été condamné à une forte amende pour avoir refusé d’accueillir la
cérémonie de « mariage » de deux lesbiennes. Un photographe au
Nouveau-Mexique qui avait refusé de photographier un tel évènement a été
reconnu coupable de « discrimination en fonction de l’orientation
sexuelle », et soumis lui aussi à une amende conséquente. Un juge à Hawaii
a condamné une femme qui refusait de louer une chambre à un couple de lesbienne
dans son Bed and Breakfast. Une femme
afro-américaine a perdu son emploi à l’université de Toledo parce qu’elle avait
publié dans le journal local un éditorial dans lequel elle contestait le
parallèle entre le mouvement gay et la lutte pour les droits civiques des
afro-américains. Et cela n’est certainement que le début.
Le mensonge doit nécessairement
s’institutionnaliser pour espérer survivre, au moins pendant un temps. Car bien
sûr, on peut légitiment penser que la réalité finira inévitablement par
triompher, un jour où l’autre. Mais que le mensonge doive tôt ou tard s’effondrer
n’enlève strictement rien à la nécessité de le combattre dès aujourd’hui, et
alors même qu’il semble chaque jour plus fort.
Le « mouvement homosexuel » est un
vecteur particulièrement puissant du relativisme théorique qui est, à terme,
mortel pour la démocratie libérale, démocratie libérale qui repose précisément
sur l’idée que l’homme a une certaine nature et certaines finalités naturelles.
Il est aussi, et pour la même raison, un vecteur de la destruction de la
famille dite traditionnelle, qui est tout à la fois une condition essentielle
de l’épanouissement de l’être humain et le fondement sur lequel reposent nos
régimes démocratiques.
Surtout, le « mouvement homosexuel » est
par essence despotique. Ce qui est en jeu, à chacune de ses avancées, ce sont
tout simplement nos libertés individuelles, et particulièrement les libertés
religieuses, dans la mesure où aucune des trois grandes religions monothéistes
ne considère l’homosexualité comme « saine, naturelle et normale », pour dire
le moins.
Le « mouvement homosexuel » ne concerne
donc pas qu’une toute petite partie de la population, il nous concerne
tous : aucun domaine de la vie politique et sociale ne sera épargné par
ses avancées, c’est une certitude. Ainsi, dans le cas de la France, que la loi
sur le « mariage pour tous » ait été adoptée ne change rien, la lutte
doit bien évidemment continuer. Non seulement pour abroger cette loi, ce qui
est tout à fait possible en dépit de ce qui est parfois affirmé par ses
partisans, mais plus largement pour réfuter les prétentions des activistes
homosexuels à « modifier radicalement la conception qu’a la société de la
réalité. » La réalité, certes, n’a pas besoin d’être défendue, mais les
générations d’hommes qui vivront les conséquences dévastatrices de ce mensonge
si nous ne faisons rien, elles, ont besoin d’être défendues.
L’homosexualité peut, et même doit être tolérée.
Elle ne saurait être moralement approuvée et traitée comme saine, naturelle et normale.
Après avoir lu le livre de Robert Reilly, plus personne ne pourra prétendre
qu’il ne comprenait pas les enjeux de cette question.
[1] A ce propos on lira avec profit « The
biology of homosexuality : science or politics ? » dans Homosexuality and American public life,
ed Christopher Wolfe.





