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vendredi 16 avril 2021

The Age of entitlement : l'Amérique vers la guerre civile ?

 


Le 16 juin 1858, Abraham Lincoln prononçait, devant la convention qui venait de le choisir comme candidat à l’élection sénatoriale pour l’Illinois, un discours resté justement célèbre qui s’ouvrait par les mots suivants :

« Si nous pouvions d'abord savoir où nous sommes, et vers quoi nous tendons, nous pourrions mieux juger de ce qu'il faut faire, et comment le faire. Nous sommes maintenant bien avancés dans la cinquième année, depuis qu'une politique a été initiée, avec l'objectif avoué, et la promesse confiante, de mettre fin à l'agitation esclavagiste. Sous l'effet de cette politique, non seulement cette agitation n'a pas cessé, mais elle s'est constamment accrue. A mon avis, elle ne cessera pas, jusqu'à ce qu'une crise soit atteinte et dépassée -

« Une maison divisée contre elle-même ne peut tenir. »

Je crois que ce gouvernement ne saurait subsister en étant, de manière permanente, à moitié esclavagiste et à moitié libre. Je ne m'attends pas à ce que l'Union soit dissoute - je ne m'attends pas à ce que la maison s'écroule - mais je m'attends à ce qu'elle cesse d'être divisée. Elle deviendra tout l'un ou tout l'autre. »

Trois ans plus tard, la guerre civile commençait. Elle allait durer quatre années, au terme desquelles, comme Lincoln l’avait prédit, la maison américaine retrouverait son unité, avec l’abolition de l’esclavage.

Cent cinquante-cinq ans après la fin de cette guerre, qui reste la plus meurtrière que les Etats-Unis aient connu à ce jour, les Américains sont-ils à nouveau sur le point de se déchirer ? La république américaine est-elle redevenue cette « maison divisée contre elle-même » dont parlait Lincoln ?

Cette question est au cœur du dernier livre de Christophe Caldwell, intitulé The Age of entitlement, bien que celui-ci ne la pose jamais explicitement.

Christopher Caldwell est un journaliste américain, mais le terme « journaliste » ne rend pas justice à l’ampleur de ses vues, à l’étendue de sa culture et à la profondeur de ses analyses. Il serait plus exact de dire que Caldwell est un analyste politique, l’une de ces personnes qui se demandent inlassablement « où nous sommes, et vers quoi nous tendons », et qu’il est l’un des meilleurs analystes politiques américains actuellement en exercice. Son livre précédent Reflections on the Revolution in Europe, paru en 2009 (et publié en français en 2012 sous le titre « Une révolution sous nos yeux »), décrivait l’islamisation de l’Europe et le « séparatisme » à l’œuvre dans un pays comme la France, dix ans avant que nos gouvernants acceptent enfin d’ouvrir les yeux sur le phénomène.

The age of entitlement (que l’on pourrait traduire par « l’ère des droits acquis » ou, peut-être plus précisément encore, par « l’ère des privilèges ») est sous-titré « America since the sixties », et Caldwell brosse en effet une vaste fresque de l’évolution des Etats-Unis ces soixante dernières années, avec un art très sûr de l’anecdote ou du détail révélateur. Mais tous les panneaux, en apparence très divers, qui composent cette fresque sont unis par un thème commun : le changement de régime politique qui a été induit par ce que l’on a appelé « le mouvement des droits civiques ». Le mot changement de régime n’est pas trop fort, car la thèse de Caldwell est que, avec la législation sur les droits civiques, adoptée en 1964, les Etats-Unis se sont donnés, sans vraiment le vouloir ni le comprendre, une nouvelle Constitution, essentiellement incompatible avec la Constitution officielle.

« Une grande partie de ce que nous avons appelé "polarisation" ou "incivilité" ces dernières années, écrit Caldwell, est quelque chose de plus grave - c'est un désaccord sur laquelle des deux constitutions doit prévaloir : la constitution de jure de 1788 avec toutes les formes traditionnelles de légitimité jurisprudentielle et des siècles de culture américaine derrière elle ; ou la constitution de facto de 1964, qui n'a pas ce type de légitimité traditionnelle mais qui commande l'approbation quasi unanime des élites judiciaires et des faiseurs d’opinion ainsi que l'allégeance passionnée de ceux qui l'ont reçue comme une libération. »

Le Civil Rights Act de 1964, voulu par le président Johnson et accepté sans beaucoup de réflexion par un pays encore sous le choc de l’assassinat du président Kennedy, avait pour objet de mettre fin au système de discrimination raciale qui persistait dans les Etats du sud (dites lois « Jim Crow »). Il interdisait la discrimination raciale dans les bureaux de vote (titre I), les hôtels, les restaurants et les théâtres (titre II), les installations publiques, des bibliothèques aux piscines en passant par les toilettes (titre III) et les écoles publiques (titre IV).

Mais il donnait également au gouvernement fédéral le pouvoir de réformer et d'abolir certaines institutions qui faisaient obstacle à l'égalité raciale et d'en créer de nouvelles. En développant la Commission fédérale des droits civils (Titre V) ; en soumettant à un examen bureaucratique minutieux toute entreprise ou institution qui recevait de l'argent du gouvernement (Titre VI) ; en établissant des pratiques d'embauche pour toutes les entreprises de plus de 15 employés et en créant une nouvelle agence présidentielle, la Commission pour l'égalité des chances en matière d'emploi (EEOC), dotée du pouvoir d'intenter des procès, de mener des enquêtes et d'ordonner des réparations (Titre VII), etc.

« En faisant tout cela, écrit Caldwell, la loi a encouragé et incité les bureaucrates, les avocats, les intellectuels et les agitateurs politiques à devenir les « yeux et les oreilles », voire les fantassins, de l'application des droits civils. »

Le problème de cette chasse à la discrimination est que celle-ci se heurte très vite à une liberté fondamentale censée être garantie par la Constitution des Etats-Unis : la liberté d’association. Dès lors que les pouvoirs publics se donnent pour mission de faire disparaitre les « discriminations », ils se donnent inévitablement pour mission de scruter tous les choix privés afin de s’assurer que ces choix ne reposent pas sur des critères « discriminatoires » prohibés par la loi.

Non seulement une confrérie ou un club privé ne peut pas être interdit aux Noirs, ou aux Juifs, ou à qui on voudra, mais un employeur ne peut pas être libre de recruter qui il veut sur les critères de son choix, un propriétaire ne peut pas être libre de louer son bien à qui il veut sur les critères de son choix, et ainsi de suite. Comme l’expliquait le philosophe Léo Strauss dès 1962 : « L'interdiction de toute « discrimination » signifierait l'abolition de la sphère privée, la négation de la différence entre l'État et la société, en un mot, la destruction de la société libérale. »

Au fil du temps, de plus en plus d'institutions du pays sont donc tombées dans l’orbite de la loi et ont été scrutées attentivement pour voir si, par hasard, elles ne pratiqueraient pas une forme ou une autre de « discrimination ». Et, aujourd’hui, plus aucune n’échappe à cette inquisition soupçonneuse.

Mais le mouvement sur des droits civiques était, comme son nom l’indique, plus que le seul Civil Rights Act. Il était une révolution morale et intellectuelle, un bouleversement des mœurs et des institutions, que Caldwell résume de la manière suivante : « La réinterprétation de toute l'histoire américaine et de la finalité du régime américain à la lumière de son problème racial est le principal héritage idéologique de ces cinquante dernières années (…) La race fut investie d'une signification religieuse. Elle devint un principe moral absolu. On pourrait même dire que le mouvement des droits civiques, à l'intérieur et à l'extérieur du gouvernement, est devenu une institution doctrinale, analogue aux églises officielles dans l'Europe pré-démocratique. »

En investissant les pouvoirs publics de la mission « sacrée » de mettre fin aux discriminations raciales, les Américains, sans le comprendre ni le vouloir, ont donc abdiqué la liberté essentielle de s’associer avec qui ils le souhaitent dans presque tous les domaines de l’existence, non seulement à titre individuel mais, ce qui est peut-être plus grave encore, aussi à titre collectif, en tant que peuple.

En octobre 1965 la loi Hart-Celler fut promulguée par le président Johnson. Cette loi changea fondamentalement la politique américaine d’immigration en abolissant les quotas basés sur la nationalité qui existaient depuis 1924. Le système des quotas nationaux avait pour but de préserver la composition ethnique des Etats-Unis, en réservant l’essentiel des quotas aux immigrants venus de l’Europe occidentale. Au moment du vote de la loi Hart-Celler, les trois quarts des immigrants admis annuellement aux Etats-Unis venaient de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de l’Irlande, de l’Italie ou de la Pologne. Mais, désormais, la notion de quotas nationaux était assimilée à une discrimination impie et la volonté de préserver la composition ethnique de la population américaine à une manifestation de racisme. Désormais, l’esprit des lois relatives à l’immigration serait que les Etats-Unis n’avaient pas le droit moral de sélectionner ceux qui désiraient s’installer dans le pays.

Les conséquences de la loi Hart-Celler dépassèrent de très loin ce que ses promoteurs attendaient, même dans leurs estimations les plus folles. Durant les quelques trois cent cinquante ans qui s’étaient écoulés entre sa découverte et le vote de la loi Hart-Celler, l’Amérique avait reçu quelques 43 millions de nouveaux arrivants, y compris les esclaves. Dans le demi-siècle suivant elle en recevrait près de 60 millions. Les projections démographiques montrent aujourd’hui que les Blancs, qui formaient presque 90% de la population en 1965, seront devenus minoritaires aux alentours de 2040.

Puis, d’autres libertés que les Américains considéraient comme leur héritage le plus précieux, leur furent également ôtées à mesure que la révolution des droits civiques déployait toutes ses conséquences, à commencer par la liberté de paroles.

En 1964, tout le monde s’attendait à ce que les Noirs, une fois définitivement libérés des lois et des pratiques injustes qui les avaient tenus à l’écart du reste de la société, progressent très rapidement dans tous les domaines et rejoignent les autres Américains du point de vue des grands indicateurs économiques et sociaux : niveau de vie, niveau d’études, etc. Bref, tout le monde s’attendait à ce que la population noire participe elle aussi pleinement au « rêve américain », comme l’avaient fait tant d’autres avant eux venus des quatre coins du monde. Mais très rapidement ces espérances furent déçues. Dans tous les domaines, les Noirs progressaient beaucoup moins vite qu’espéré, voire même régressaient.

La famille noire connaissait une désintégration rapide, avec une croissance exponentielle des naissances hors mariage et des familles monoparentales. A partir du début des années 1960, une vague de crimes déferla sur le pays, les Noirs formant une part tout à fait disproportionnée à la fois des criminels et des victimes. De 1976 à 2005, les Noirs ont commis plus de 52% des meurtres aux Etats-Unis. En 2011, à la fin du mandat de Barack Obama et alors que la vague de crime avait grandement reflué depuis la mi-90, les Noirs représentaient toujours près de 40% des individus arrêtés pour crimes violents. A l’université, les Noirs ne représentaient toujours qu’une fraction désespérément faible des étudiants capables, au vu de leurs résultats scolaires, d’intégrer les meilleurs établissements. Et ainsi de suite.

De cette distance béante entre la réalité et ce qu’elle était censée être, naquit une nouvelle forme de censure, à qui l’on donna le nom de « politiquement correct. » Rapidement, il devint extrêmement risqué d’évoquer en public certaines situations et d’entretenir certaines hypothèses. La seule explication admissible à l’échec patent des Noirs dans tant de domaines était que le racisme et la discrimination étaient plus que jamais à l’œuvre, en dépit du fait que les lois avaient changé et que les « discriminations » étaient traquées toujours plus agressivement par une multitude d’organisations tant publiques que privées. Par conséquent, il fallait redoubler d’efforts pour mettre fin à ces « discriminations » et ceux qui osaient déroger à cette unanimité dans le diagnostic et le remède étaient accusés d’entretenir un « climat hostile » à l’égard des minorités, et ainsi de contribuer à leur échec. Discuter librement de la réalité et suggérer, par exemple, que peut-être l’échec des Noirs n’était pas entièrement dû au racisme de la population blanche devint une marque de racisme, et le racisme devint l’équivalent fonctionnel de l’hérésie aux plus belles heures de l’inquisition espagnole.

« Les Américains de tous milieux, écrit Caldwell, se mirent à parler des moindres choses comme s'ils risquaient de voir leur vie détruite pour avoir soutenu une opinion erronée. Et c'était une supposition raisonnable. Au fil des décennies, un Blanc malchanceux après l'autre voyait sa carrière stoppée net lorsqu'un accès de colère, un dérapage d'ivrogne ou une phrase imparfaitement calibrée révélait de sa part des sentiments inappropriés concernant la race, les hommes et les femmes ou la sexualité. L’hypocrisie était la seule façon pour une personne raisonnablement désireuse de se protéger de parler en public de questions raciales - et lorsqu'il s'agissait de droits civiques, tous les lieux étaient publics. »

Aujourd’hui, la logique implacable de la « lutte contre les discriminations » s’est diffusée comme un cancer à l’intégralité du corps politique américain et toute différence statistique entre une « minorité » et la « majorité » (qui correspond, à toutes fins utiles, aux hommes blancs hétérosexuels) est interprétée comme la preuve d’une intention maligne, tandis que la chasse aux pensées impies qui osent encore s’exprimer s’intensifie presque chaque jour, avec la coopération très active des géants de la Silicon Valley, tous acquis à l’idéologie diversitaire.

La population blanche mis très longtemps à comprendre ce qui était en train de lui arriver. Les Américains Blancs croyaient vivre encore sous l’empire de la Constitution de 1788, selon laquelle les élections décident des politiques publiques et les élus ont à cœur de défendre les intérêts de leurs électeurs, et du pays tout entier. Mais cette Constitution avait été subrepticement remplacée par une autre, selon laquelle les « droits » des minorités l’emportaient sur tous les autres en cas de conflit, et où le pouvoir réel reposait entre les mains des juges et des administrations chargées de protéger ces « droits ». Pour les Blancs non acquis à l’idéologie diversitaire, remporter les élections était devenu à peu près inutile : quels que soient les résultats électoraux, le rouleau-compresseur de la « diversité » progressait et les marginalisait toujours davantage, érodant inexorablement leurs droits et leur statut social.

« À partir de l'adoption de la loi sur les droits civils en 1964, écrit Caldwell, les Blancs ont été « racialisés » d'une manière qu'ils n'ont jamais vraiment comprise. Ils étaient les personnes dont la politique américaine ne se souciait pas. Ils étaient exclus - du moins en tant que plaignants - de la loi sur les droits civils. À mesure que les droits civils se sont étendus à d'autres groupes que les Noirs, l'expression « personnes de couleur » a fait des Blancs les seules personnes ainsi exclues, et a légitimé cette exclusion. En ce sens, les États-Unis avaient recréé le problème que l’adoption de la loi sur les droits civils avait pour but de résoudre. Il y avait désormais deux classes de citoyens. » Mais l’échelle raciale était renversée : les Blancs étaient désormais tout en bas.

The age of entitlement se clôt sur l’annonce par Donald Trump de sa candidature à la présidentielle en juin 2015. Caldwell interprète à l’évidence l’élection surprise du businessman aux cheveux orange comme le signe que la population blanche a enfin compris ce qui était en train de se passer. La posture « anti-système » de Trump et ses assauts répétés et frontaux contre le politiquement correct ont incontestablement fait son succès en 2016, et sa promesse de « rendre sa grandeur à l’Amérique » doit être comprise, au sens strict, comme la promesse d’une restauration : ce que Trump promettait aux Américains qui l’ont élu, c’est de leur rendre leur pays, c’est-à-dire d’abord leur Constitution, celle qui, pour la première fois dans l’histoire humaine, avait établi « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Cette restauration, nous le savons, n’a pas eu lieu, et la victoire de Joe Biden à l’automne dernier signifie la victoire – peut-être provisoire - des partisans de la nouvelle Constitution, la Constitution officieuse issue des droits civiques, sur les partisans de l’ancienne Constitution, officiellement toujours en vigueur.  

Tout comme en 1860, au moment de l’élection d’Abraham Lincoln, le peuple américain semble se trouver divisé en deux camps irréconciliables, irréconciliables car séparés par des questions de principe au sujet desquelles aucun compromis n’est possible.

En 1860, les Etats du sud soutenaient que les « vérités évidentes » de la Déclaration d’Indépendance étaient en réalité des mensonges évidents, que les hommes n’avaient pas été crées égaux et que l’esclavage des Noirs était par conséquent un bien positif. Les Etats du Nord, eux, continuaient à adhérer aux principes de la Déclaration d’Indépendance et par conséquent considéraient l’esclavage comme une injustice patente, même si, pour sauver l’Union, la plupart d’entre eux auraient été prêts à continuer de le tolérer dans les Etats du sud, comme ils l’avaient fait jusqu’alors. Mais ce à quoi ils ne pouvaient consentir, c’est à affirmer la moralité de l’esclavage, ce qui est précisément ce qu’exigeaient désormais les Etats du sud. La guerre, dès lors, était inévitable.

L’Amérique de 2020 parait à bien des égards une image inversée de celle de 1860. En affirmant le caractère essentiellement raciste des Etats-Unis, les partisans du régime diversitaire se retrouvent sur les mêmes positions que les partisans de la sécession, un siècle et demi plus tôt. Mais là où les seconds en déduisaient le caractère juste de l’esclavage des Noirs, les premiers en concluent qu’il est juste d’avoir un système de préférence raciale, dans lequel les « gens de couleur » ont plus de droits - légaux et extra-légaux - que les Blancs. Face à eux, en 2020 comme en 1860, ceux qui continuent à croire que, tous les hommes ayant été créés égaux, il est injuste de les gouverner sans leur consentement et la loi doit être la même pour tous.

Les Etats-Unis peuvent-ils subsister en étant, de manière permanente, à moitié acquis à l’idéologie de la diversité et à moitié opposés à cette idéologie ? Les Américains peuvent-ils continuer à exister en tant que nation indépendante en ayant deux Constitutions aux principes opposés qui opèrent en même temps et réclament l’allégeance des citoyens ? Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, la seule conclusion possible est que la guerre est inévitable, comme en 1860. Mais s’il est un enseignement de l’histoire, c’est que celle-ci ne se répète jamais tout à fait à l’identique. Deux situations en apparence semblables peuvent en réalité différer par des éléments subtils, mais décisifs, qui amèneront des conséquences très différentes.

Tout ce que nous pouvons espérer à l’heure actuelle, c’est précisément que des forces de ce genre soient à l’œuvre, des forces que nous n’apercevons pas pour le moment, dans le brouillard de l’actualité, mais qui produiront un dénouement plus heureux qu’en 1860. Il n’est pas clair que Christopher Caldwell lui-même y croit particulièrement. Mais, par définition, la possibilité d’un miracle – ou de ce qui a toutes les apparences d’un miracle - ne peut jamais être exclue. Il est donc toujours requis de notre part de travailler, autant qu’il est en nous, à le rendre possible. Et la première condition pour cela est assurément de savoir « où nous sommes, et vers quoi nous tendons. »