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jeudi 10 mai 2012

Présidentielle 2012 : Un épilogue


 
François Hollande a donc réussit à convaincre 51,7% des Français qu’il serait un bon Président pour les années à venir.
Non, je plaisante bien sûr.
François Hollande s’est contenté de ne pas être Nicolas Sarkozy et cela a suffit à une majorité d’électeurs pour voter pour lui ou pour s’abstenir.
Après s’être contenté de ne pas être Dominque Strauss-Kahn pour devenir le candidat du PS, c’est là ma foi une double performance remarquable. François Hollande ne devient pas seulement le deuxième Président de gauche sous la 5ème République, il vient aussi de prouver qu’il existe des exceptions - non divines, s’entend - à l’axiome fondamental ex nihilo nihil fit.
Nicolas Sarkozy va donc quitter la présidence de la République. Voilà qui va fort bien. Et maintenant ?
Maintenant ? Eh bien la France va continuer à dévaler la pente, un peu plus vite qu’auparavant mais selon la même trajectoire.
Economiquement la différence ne sera pas grande : quelques dizaine de milliers de fonctionnaires en plus sans doute, mais à ce stade on n’en est plus à 50 000 près ; quelques mesures fiscales contre les vilains riches, qui auront eu depuis longtemps le loisir d’aller se faire voir en Suisse ou dans quelque autre endroit plus accueillant, et qui retomberont d’aplomb sur les classes moyennes supérieures ; quelques rodomontades sur la scène européenne pour obtenir que l’on rajoute le mot « croissance » aux traités en vigueur - dire c’est faire, n’est-ce pas - et quelques tentatives infructueuses pour obtenir que la fourmi allemande se laisse voler sans rien dire les quelques provisions qu’elle a mises de côté.
Bref, de la roupie de sansonnet au regard du désastre actuel, et pour finir la débâcle et une austérité digne des sept plaies d’Egypte lorsque la monnaie unique finira par s’effondrer - non sans que nous ayons encore englouti des centaines de milliards d’euros que nous n’avons pas pour essayer de la sauver.
Le Grand Remplacement continuera à faire son œuvre, mais sans doute pas beaucoup plus vite qu’auparavant puisque les gouvernements, de droite comme de gauche, ont de toutes façons renoncé à maitriser les flux migratoires, au nom des « droits de l’homme » (les guillemets sont ici nécessaires) et de la construction européenne.
La délinquance continuera à prospérer, bien à l’abri d’une magistrature qui s’est convaincue que son devoir sacré était de protéger les criminels contre les pulsions punitives des honnêtes gens.
Le despotisme administratif bruxellois continuera jour après jour à aspirer la substance vitale qui reste encore dans pauvres démocraties nationales, avec la bénédiction de ceux qui sont censés nous représenter et défendre notre liberté et nos intérêts les plus chers.
Et l’éducation nationale restera... l’éducation nationale, avec les grèves en plus.
Rien de nouveau sous le soleil donc, juste quelques nuages en plus dans un horizon déjà surchargé.
Alors, bien sûr, il y aura sans doute des mesures « sociétales », de celles qui semblent ne rien coûter au gouvernement mais qui font tant plaisir au lecteur des Inrockuptibles au peuple de gauche : mariage homosexuel, suicide médicalement assisté, vote des étrangers non communautaires aux élections municipales, peut-être d’autres encore, qui sait ?
Je ne tiens pas ce genre de mesures pour symboliques et je pense même que certaines d’entre elles sont très lourdes de conséquences pour l’avenir, mais que voulez-vous que je vous dise ? Il est trop tard maintenant pour pleurer sur le lait renversé.
Que faire alors ?
Que faire ? Mais ce que vous faisiez avant l’élection. Si vous en êtes arrivé à la conclusion que nos maux sont sans remèdes et qu’il n’y a rien à faire, préparez votre départ, ou bien priez pour que ces maux ne vous rattrapent pas, vous et vos proches, avant que vous ne retourniez rejoindre votre créateur.
Si vous pensez que tout espoir n’est pas perdu ou bien qu’un soldat doit savoir mourir les armes à la main même sans espoir de vaincre, continuez à vous battre comme vous le faisiez avant.
De ce point de vue cette élection ne marque, me semble-t-il, aucune évolution des rapports de force. François Hollande a été élu sans contestation mais mollement, sans adhésion particulière ni à sa personne ni à ses idées (à supposer qu’il en ait, bien sûr). La gauche française continue à être ce mélange de terrorisme intellectuel institutionnalisé et de wishfull thinking moralisateur, mais elle n’a pas avancé d’un iota dans la conquête des cœurs et des esprits.
Au contraire, certaines paroles ont été prononcées durant cette campagne qui ne pourront pas être effacées, quels que soient les efforts de la gauche en ce sens. La droite dite « républicaine » a admis qu’il pouvait y avoir trop d’immigrés en France, que l’ouverture des frontières européennes pouvait poser problème, que toutes les civilisations ne se valent pas, et d’autres choses du même genre. Oh, sans doute est-ce du bout des lèvres, sans doute est-ce l’épée de la défaite dans les reins, mais ce n’est pas grave. Certains débats, certaines questions sont devenus légitimes, une brèche a été creusée dans le consensus dit « républicain » et il ne tient qu’à nous de l’agrandir. Et je ne parle même pas des résultats du premier tour.
Certaines images de la soirée électorale - oh, les jolis petits drapeaux - et la carte des résultats - tiens, la Seine Saint Denis a voté à 65% pour Hollande - contribueront sans doute aussi à ouvrir les yeux de certains. Que la gauche toute entière, et non plus seulement sa composante communiste, soit devenue presque officiellement le parti de l’étranger a peut-être contribué à lui faire remporter cette élection, mais il n’est pas sûr que cela lui porte tant chance que ça.
Plus largement, il me semble que le climat intellectuel et politique a évolué depuis plusieurs années - mettons, par commodité, depuis cinq ou six ans - et évolué en notre faveur. Si donc vous croyez en la bataille des idées - et vous devriez y croire - l’élection de François Hollande ne devrait pas vous décourager. L’une des erreurs de Nicolas Sarkozy a été de croire qu’il avait remporté la bataille des idées parce qu’il avait remporté une bataille électorale, ne commettons pas l’erreur inverse de croire que nous avons perdu la première parce que la gauche revient au pouvoir.
D’ailleurs, pour ce qui me concerne, les affaires sérieuses reprennent dès la semaine prochaine.

vendredi 4 mai 2012

Présidentielle 2012 : Hélas, lui n'est pas candidat



En cette déprimante saison d’élection, alors qu’apparaissent plus nettement que jamais la gravité des problèmes qui nous assaillent et la médiocrité de ceux qui se proposent de les régler, la tentation est grande de s’abandonner à la délectation morose et de ressasser notre infortune. Pour chasser cette perfide humeur noire je vous propose donc de nous délecter ensemble d’un puissant et salutaire cordial, de l’espèce de ceux que l’on conserve précieusement au fond de sa cave afin d’en user aux grandes occasions.
Plusieurs flacons s’offrent à moi, mais mon choix se portera sur un fortifiant d’outre-manche aux vertus éprouvées. L’étiquette, à peine poussiéreuse, porte l’alléchante inscription : Winston Churchill Speeches - Old English Tonic -Use without moderation. Et pour ajouter le plaisir de la découverte à celui de la dégustation, j’ai choisi un millésime, je veux dire un discours, peu connu, prononcé par Sir Winston dans les locaux de la Royal Society of St George le 24 avril 1933.
Un discours radiodiffusé (ce détail a son importance, comme vous le verrez) que j’ai recopié et traduit pour vous de mes petites mains. Ah, vous ne pourrez pas dire que je ne vous gâte pas !
La situation décrite par Churchill dans ce discours m’a paru si ressemblante avec la nôtre qu’il m’a semblé presque criminel de ne pas vous le faire partager. Mais je vous laisse faire par vous-mêmes les légères transpositions nécessaires pour l’adapter aux circonstances présentes.
Un mot de contexte historique, toutefois, avant de vous le laisser déguster, pour vous permettre de mieux apprécier son bouquet.
Durant les années 1930, Winston Churchill n’était plus qu’un simple député et beaucoup considéraient que les portes du gouvernement lui étaient définitivement fermées. A l’intérieur même de son parti, rares étaient ceux qui approuvaient ses positions. Dans un Royaume-Uni rongé par le pacifisme et le doute, les mises en garde de Churchill ne rencontraient guère d’échos, tout au moins dans les classes dirigeantes. Les Premiers Ministres qui se succédaient poursuivaient invariablement la même politique d’appeasement vis à vis des tyrannies continentales ; une politique soutenue sans vergogne par les dirigeants la BBC. Churchill éprouvait donc les plus grandes difficultés pour accéder aux ondes de la radio nationale et devait même ruser avec les censeurs de la BBC pour ne pas voir ses discours brusquement coupés en pleine diffusion.
Et maintenant place au maître. Enjoy !

***

(En VO)
“I am a great admirer of the Scots. I am quite friendly with the Welsh, especially one of them. I must confess to some sentiment about Old Ireland, in spite of the ugly mask she tries to wear[1]. But this is not their night. On this one night in the whole year we are allowed to use a forgotten, almost a forbidden word. We are allowed to mention the name of our own country, to speak of ourselves as “Englishmen” and we may even raise the slogan “Saint George for Merrie England[2]”.
We must be careful, however. You see these microphones ? They have been placed on our tables by the British Broadcasting Corporation. Think of the risk these eminent men are running. We can almost see them in our mind’s eye, gathered together in that very expensive building, with the questionable statues on its front. We can picture sir John Reith[3], with the perspiration mantling on his lofty brow, with his hand on the control switch, wondering, as I utter every word, whether it will not be his duty to protect his innocent subscribers from some irreverent thing I might say about Mr Gandhi[4], or about the Bolsheviks, or even about our peripatetic Prime Minister[5]. But let me reassure him. I have much more serious topics to discuss. I have to speak to you about St George and the Dragon. I have been wondering what would happen if that legend were repeated under modern conditions.
St George would arrive in Cappadocia, accompanied not by a horse, but by a secretariat. He would be armed not with a lance, but with several flexible formulas. He would, of course, be welcomed by the local branch of the League of Nations Union. He would propose a conference with the dragon - a Round Table Conference, no doubt - that would be more convenient for the dragon’s tail. He would make a trade agreement with the dragon. He would lend the dragon a lot of money for the Cappadocian taxpayers. The maiden’s release would be referred to Geneva, the dragon reserving all his rights meanwhile. Finally, St George would be photographed with the dragon (inset - the maiden).
There are a few things I will venture to mention about England. They are spoken in no invidious sense. Here it would hardly occur to anyone that the banks would close their doors against their depositors. Here no one questions the fairness of the courts of law and justice. Here no one thinks of persecuting a man on account of his religion or race. Here everyone except the criminals, looks on the policeman as the friend and servant of the public. Here we provide for poverty and misfortune with more compassion, in spite of all our burdens, than any other country. Here we can assert the rights of the citizen against the State, or criticise the Government of the day, without failing in our duty to the Crown or in our loyalty to the King. This ancient, mighty London in which we are gathered is still the financial centre of the world. From the Admiralty building, half a mile away, orders can be sent to a Fleet which, thought much smaller than it used to be, or than it ought to be, is still unsurpassed on the seas. More than 80 percent of the British casualties of the Great War were English. More than 80 percent of the taxation is paid by the English taxpayers. We are entitled to mention this facts, and to draw authority and courage from them.
Historians have noticed, all down the centuries, one peculiarity of the English people which has cost them dear. We have always thrown away after a victory the greater part of the advantages we gained in the struggle. The worst difficulties from which we suffer do not come from without. They come from within. They do not come from the cottages of the wage-earners. The come from a peculiar type of brainy people always found in our country, who, if they add something to its culture, take much from its strength.
Our difficulties come from the mood of unwarrantable self-abasement into which we have been cast by a powerful section of our own intellectual. They come from the acceptance of defeatist doctrines by a large proportion of our politicians. But what have they to offer but a vague internationalism, a squalid materialism, and the promise of impossible Utopias ?
Nothing can save England if she will not save herself. If we lose faith in ourselves, in our capacity to guide and govern, if we lose our will to live, then indeed our story is told. If, while on all sides foreign nations are every day asserting a more aggressive and militant nationalism by arms and trade, we remain paralysed by our own theoretical doctrines or plunged into stupor of after-war exhaustion, then indeed all that the croakers predict will come true, and our ruin will be swift and final. Stripped of her Empire in the Orient, deprived of the sovereignty of the seas, loaded with debts and taxation, her commerce and carrying trade shut out by foreign tariffs and quotas, England would sink to the level of a fifth-rate Power, and nothing would remain of all her glories except a population much larger than this island can support.
Why should we break up the solid structures of British power, founded upon so much health, kindliness and freedom, for dreams which may some day come true, but are now only dreams, and some of them nightmares ? We ought, as a nation and Empire, to weather any storm that blows at least as well as any existing system of human government. We are at once more experienced and more truly united than any people in the world. It may well be that the most glorious chapters of our history are yet to be written. Indeed, the very problems and dangers that encompass us and our country ought to make English men and women of this generation glad to be here at such a time. We ought to rejoice at the responsibilities with which destiny has honoured us, and be proud that we are guardians of our country in an age when her life is at stake.”

***

(En VF)
« Je suis un grand admirateur des Ecossais. Je suis assez ami avec les Gallois, particulièrement avec l’un d’entre eux. Je dois confesser que j’éprouve quelque sentiment pour la vieille Irlande, en dépit du masque hideux qu’elle s’efforce de porter. Mais cette nuit n’est pas la leur. En cette unique nuit, la seule de toute l’année, nous sommes autorisés à faire usage d’un mot oublié, un mot presque interdit. Nous sommes autorisés à mentionner le nom de notre pays, à nous appeler nous-mêmes des « Anglais » et nous pouvons même utiliser la formule « St George for merrie England ! »
Cependant nous devons être prudents. Vous voyez ces micros ? Ils ont été placés sur nos tables par la BBC. Pensez aux risques que sont en train de courir ces hommes éminents. Nous pouvons presque les voir, en pensée, rassemblés dans ce très coûteux bâtiment, avec des statues d’un goût contestable sur la façade. Nous pouvons nous représenter Sir John Reith, avec sa main sur le bouton de commande, la transpiration perlant sur son front altier, se demandant, tandis que je prononce chacun de ces mots, s’il ne sera pas de son devoir de protéger ses innocents abonnés de quelque propos irrévérencieux que je pourrais tenir sur monsieur Gandhi, ou sur les Bolchéviques, ou même sur notre Premier Ministre ambulant. Mais je veux le rassurer. J’ai à discuter de sujets bien plus sérieux. Je dois vous parler de Saint Georges et du Dragon. Je me suis demandé ce qu’il adviendrait si la légende se répétait aujourd’hui, dans des conditions modernes.
Saint Georges arriverait en Cappadoce accompagné non pas par un cheval mais par un secrétariat. Il serait armé non pas d’une lance mais de diverses formules flexibles. Il serait, bien entendu, accueilli par la section locale de la Société des Nations. Il proposerait de tenir une conférence avec le dragon - une table ronde, sans aucun doute - ce qui serait plus commode pour la queue du dragon. Il conclurait un accord de commerce avec le dragon. Il prêterait beaucoup d’argent au dragon pour le donner aux contribuables de Cappadoce. La libération de la jeune fille serait soumise à Genève [siège de la Société des Nations], le dragon conservant tous ses droits en attendant. Enfin, Saint Georges serait photographié avec le dragon (entre eux deux - la jeune fille).
Il y a certaines choses que je vais me permettre de mentionner à propos de l’Angleterre. Elles sont dites sans intention désobligeante. Ici il ne viendrait à l’idée personne que les banques puissent fermer leurs portes à leurs déposants. Ici personne ne remet en cause l’équité des cours de justice. Ici personne ne pense à persécuter un homme à cause de sa race ou de sa religion. Ici chacun, à l’exception des criminels, considère le policier comme l’ami et le serviteur de la population. Ici, en dépit de tous les fardeaux que nous portons, nous secourons la pauvreté et l’infortune avec plus de compassion que dans n’importe quel autre pays. Ici nous pouvons défendre les droits du citoyen contre l’Etat, ou bien critiquer le gouvernement du moment, sans pour autant manquer à notre devoir envers la couronne ou à notre loyauté envers le Roi. Cette puissante et ancienne ville de Londres dans laquelle nous sommes réunis est toujours le centre financier du monde. Du bâtiment de l’Amirauté, distant de moins d’un kilomètre, des ordres peuvent être envoyés à une flotte qui, bien qu’elle soit de taille très inférieure à ce qu’elle a été, ou à ce qu’elle devrait être, est toujours sans rival sur les mers. Plus de 80% des victimes britanniques de la Grande Guerre étaient anglaises. Plus de 80% des impôts sont payés par le contribuable anglais. Nous sommes en droit de mentionner ces faits, et d’en tirer courage et autorité.
Les historiens ont remarqué, au cours des siècles, une particularité du peuple anglais qui lui a été très préjudiciable. Nous avons toujours, après une victoire, abandonné la plus grande partie des gains que nous avions remporté de haute lutte. Les pires difficultés dont nous souffrons ne viennent pas de l’extérieur. Elles viennent de l’intérieur. Elles ne viennent pas du modeste pavillon du salarié. Elles viennent d’une certaine sorte de brillants esprits que l’on trouve toujours dans ce pays et qui, s’ils ajoutent quelque chose à sa culture, retranchent beaucoup de sa force.
Nos difficultés proviennent de l’injustifiable mépris de nous-mêmes dans lequel nous avons été plongés par une partie influente de nos propres intellectuels. Elles viennent de l’acceptation de doctrines défaitistes par une grande partie de nos hommes politiques. Mais qu’ont-ils donc à offrir en dehors d’un vague internationalisme, d’un matérialisme sordide et de la promesse d’impossibles utopies ?
Rien ne pourra sauver l’Angleterre si elle ne se sauve pas elle-même. Si nous perdons notre foi en nous-mêmes, en notre capacité à guider et à gouverner, si nous perdons notre volonté de vivre, alors, en effet, notre histoire est terminée. Si, tandis que de tous côtés les autres nations font chaque jour preuve, par le commerce et par les armes, d’un nationalisme plus actif et plus agressif, nous restons paralysés par nos doctrines abstraites ou bien plongés dans la stupeur induite par l’épuisement qui suit la guerre, alors, en effet, tout ce que prédisent les oiseaux de mauvais augure deviendra réalité, et notre anéantissement sera rapide et définitif. Dépouillée de son empire en Orient, privée de sa souveraineté sur les mers, surchargée de dettes et d’impositions, son commerce et son transport maritime étouffés par les barrières douanières et les quotas étrangers, l’Angleterre tomberait au niveau d’une puissance du cinquième rang et rien ne demeurerait de toute sa gloire passée, à l’exception d’une population bien trop importante pour subsister sur cette île.
Pourquoi devrions-nous briser la solide structure de la puissance britannique, qui est assise sur des fondements si sains, sur tant de bonté et de liberté, pour l’échanger contre des rêves dont certains deviendront peut-être réalité mais qui sont aujourd’hui seulement des rêves, et pour certains d’entre eux des cauchemars ? Nous devrions, en tant que nation et en tant qu’empire, être en mesure de traverser toutes les tempêtes au moins aussi bien que n’importe quel autre système de gouvernement existant. Nous sommes à la fois plus véritablement unis et plus expérimentés que n’importe quel peuple de par le monde. Il est fort possible que les chapitres les plus glorieux de notre histoire soient encore à écrire. Bien plus, les problèmes et les dangers qui nous assaillent, nous et notre pays, devraient rendre chaque Anglaise et chaque Anglais de cette génération heureux de se trouver ici en ce moment. Nous devrions nous réjouir des responsabilités dont la destinée nous a honoré, et être fiers d’être les gardiens de notre patrie à un moment ou son existence même est en jeu. »



[1] L’Irlande sortait alors de la guerre civile et la République d’Irlande venait de se séparer du Royaume-Uni.
[2] Saint George est le saint patron de l’Angleterre. Sa croix orne le drapeau anglais.
[3] Premier directeur-général de la BBC, de 1927 à 1938.
[4] Fervent défenseur de l’empire des Indes, Churchill avait peu de sympathie pour Gandhi, du moins à cette époque : “It is alarming and also nauseating to see Mr. Gandhi, a seditious middle temple lawyer, now posing as a fakir of a type well known in the east, striding half-naked up the steps of the viceregal palace, while he is still organizing and conducting a defiant campaign of civil disobedience, to parley on equal terms with the representative of the king-emperor.”
[5] Ramsay Macdonald, renommé pour son amour des conférences internationales.

lundi 30 avril 2012

Présidentielle 2012 : "Si"... "Mais"...




Voter ou ne pas voter, et pour qui ; telle est la question : est-il plus noble pour l’électeur réac d’endurer les coups de l’outrageuse fortune et de se résoudre à voter pour un Président qui l’a déçu, ou de prendre les armes contre une mer d’épreuves et, en s’abstenant ou en votant pour la gauche, d’y mettre fin ?

Que Shakespeare me pardonne ce détournement, mais depuis le 22 avril au soir il me semble que je contemple pensivement mon bulletin de vote, tel un certain prince du Danemark méditant sur les mérites comparés de la vie et de la mort. Et j’ai la certitude de ne pas être le seul dans ce cas. Se pourrait-il que la conscience ait fait de nous tous des lâches ?
La question semblerait pourtant devoir se résoudre très vite : Sarkozy n’est pas satisfaisant mais, sur presque tous les sujets qui m’importent, il est moins pire que François Hollande. Ce qui n’est certes pas très difficile.
Sarkozy ne réduira pas l’immigration, mais avec Hollande nous aurons en plus le droit de vote des étrangers. Sarkozy ne réformera pas sérieusement l’Etat-providence et la fonction publique, mais avec Hollande nous aurons plus de fonctionnaires, d’impôts et de dépenses publiques. Sarkozy ne s’attaquera pas sérieusement à la délinquance, mais avec Hollande nous aurons plus de laxisme judiciaire, de « politique de la ville » et de culture de l’excuse. Sarkozy ne prendra pas les mesures susceptibles de soutenir vraiment la famille, mais avec Hollande nous aurons en plus le mariage ouvert aux homosexuels. Etc.
Bref, le choix n’est-il pas très simple ? Entre une dégradation plus ou moins lente de l’état de la France, n’est-il pas rationnel de choisir la plus lente ? Tant que l’on n’a pas perdu absolument tout espoir de voir un jour guérir le patient - ou du moins de voir sa santé s’améliorer - la réponse est évidente. Et je n’ai pas perdu tout espoir.
Cependant, en politique les choses sont rarement si simples. Ainsi un certain nombre d’électeurs que l’on serait tenté de classer « à droite » semblent bien avoir décidé de s’abstenir le 6 mai, voire même de voter Hollande, ce qui bien évidemment, dans un cas comme dans l’autre, assurera la victoire de ce dernier.
La réacosphère bruisse depuis le premier tour des discussion à ce sujet. Les arguments échangés sont très nombreux, mais il me semble que, du côté de ceux qui envisagent l’abstention ou le vote Hollande, ces arguments peuvent être rangés en deux catégories : le vote punitif et la politique du pire.
Le premier consiste à utiliser son bulletin de vote pour punir un candidat qui vous a mécontenté. Que dis-je, mécontenté ? Qui vous a proprement trahi, en pratiquant « l’ouverture » à ses adversaires, en n’appliquant pas ses promesses de campagne, en vantant le métissage, en marchant dans les pas de la gauche, en... bref, je m’arrête là. Peut-on voter pour quelqu’un qui vous a donné tant de raisons d’être insatisfait de lui ? Cela ne revient-il pas à l’encourager à recommencer ? Comment espérer que le délinquant s’amende si personne ne le punit ? Et même si la sanction électorale n’avait aucun effet sur le camp des vaincus, n’y a-t-il pas là une question de dignité personnelle ? Moi, cocu et en plus content ? Jamais !
Cet argument n’est pas sans mérite, même considéré froidement, sans indignation. Un vote a effectivement souvent un aspect rétrospectif - un aspect de sanction ou de récompense des sortants - et c’est bien ainsi. Mais qu’en est-il lorsqu’il est impossible de punir le délinquant sans se punir soi-même ? Qu’en est-il lorsque la sanction du sortant implique nécessairement de mettre à sa place quelqu’un que l’on considère comme pire que lui ? Dois-je me laisser guider par mon ressentiment - même légitime - sans envisager toutes les conséquences probables de mes actes et, tel Hamlet, laver mon honneur en laissant mon pays tomber aux mains d’un conquérant étranger ?
Pour moi la réponse est non. Puisqu’il m’est impossible de sanctionner Nicolas Sarkozy sans contribuer à me sanctionner moi-même et à sanctionner mon pays, je ne chercherais pas, lors de cette élection, à lui infliger le démenti qu’il mérite.
Reste alors l’argument de la politique du pire, argument qui prend beaucoup de formes mais qui, me semble-t-il, peut se résumer ainsi : il n’y a rien de bon à attendre ni de Sarkozy ni de Hollande, et Hollande sera effectivement pire que Sarkozy. Mais précisément parce que la politique menée par Hollande sera pire que celle de Sarkozy, elle est susceptible de provoquer un électrochoc salutaire.
Ici chacun pourra donner la forme qui a sa préférence à l’électrochoc en question : les Français finiront par se révolter contre la tyrannie de l’antiracisme et contre l’immigration se déversant à flots sur leur sol ; la faillite de l’Etat qui ne manquera pas de survenir grâce aux politiques socialistes obligera à tout remettre à plat ; la défaite de l’UMP aux présidentielles puis aux législatives fera exploser cette formation politique et la droite se reformera autour du Front National ; l’état du pays sera tel en 2017 que Marine le Pen sera élue haut la main, etc.
J’ai caressé un moment des idées de ce genre, je l’avoue : imaginer un futur un peu éloigné mais où l’espoir aurait réapparu est plus agréable que de voter pour la prolongation d’une situation insatisfaisante, et puis, reconnaissons-le, il y a un certain plaisir à manipuler en pensée ses petits pions, à échafauder des scénarios compliqués mais qui se finissent toujours bien puisque c’est nous qui tenons le stylo.
Seulement il me semble justement qu’il y a beaucoup trop de « si » et de « mais » dans ce genre de calculs, beaucoup trop d’hypothèses bien plus hypothétiques que nous ne le croyons, beaucoup trop d’événements imprévus pouvant survenir et renverser nos beaux châteaux en Espagne. Hamlet aussi avait un plan, aussi compliqué qu’imparable, pour parvenir à ses fins.
Bref, restons sobres, ne nous surestimons pas. Cinq ans en politique c’est une éternité et la vérité est que nul d’entre nous ne sait ce que sera la situation dans cinq ans, ni même dans trois ans, ni même dans un an. Nul d’entre nous ne sait ce qui se passera à droite après le 6 mai. Nul d’entre nous ne sait comment les Français se comporteront sous un gouvernement socialiste. Bien sûr nous pouvons imaginer, supputer, mais tout cela reste de l’ordre de la probabilité, tout au plus. Et face à ces probabilités passablement improbables il y a de quasi certitudes : la victoire de Hollande c’est la mise en place de réformes, de mon point de vue, désastreuses, et sur lesquelles il sera très difficile de revenir.
J’abandonne donc les stratégies, trop élaborées à mon goût, de la politique du pire pour revenir à des considérations plus terre à terre, celles que j’exposais en commençant. Pour moi Hollande est pire que Sarkozy. Un peu, beaucoup, cela n’importe guère. Lorsque les plateaux de la balance sont à l’équilibre un rien suffit pour les faire pencher.
Et je n’oublie pas qu’il y aura des législatives juste après.
Bien, donc...
S’il était possible de déposer dans l’urne un bulletin marqué « contre François Hollande », je le ferais. Mais comme cela n’est pas possible, j’y glisserai le 6 mai un bulletin marqué Nicolas Sarkozy.



jeudi 26 avril 2012

Présidentielle 2012 : Comment parler aux électeurs du Front National




J’ai appris, comme tout un chacun, que le Candidat Normal™ désirait s’adresser aux électeurs du Front National.
Voilà qui est une excellente nouvelle, me suis-je dis. Que notre futur Président Normal™ n’ostracise pas 6 millions et quelque de ses concitoyens et qu’il consente à leur parler, en dépit du fait - incontestablement très répréhensible - qu’ils aient mal voté, marque un progrès très sensible par rapport à la pratique habituelle du camp du bien. Nous a-t-on assez seriné qu’il fallait « s’ouvrir à l’Autre » ? Pour une fois que la gauche applique ses propres principes, on ne va certes pas le lui reprocher.
Vraiment, tout cela est bel et bon. Je suis très content.
Cependant, je n’ignore pas qu’il y a parfois loin de la coupe aux lèvres, que les réalisations ne sont pas toujours à la hauteur des intentions, et autres choses du même genre. Bref, sans douter le moins du monde de la sincérité de notre Candidat Normal™ (comment le pourrais-je ?), je me demandais encore comment celui-ci allait mettre œuvre ce très louable dessein.
Or je lis dans Le monde du jeudi 26 avril que « Contre Marine Le Pen, le PS joue la carte Ségolène Royal ». A preuve une longue interview de la dame dans laquelle celle-ci, de manière certes quelque peu indirecte, semble vouloir s’adresser aux brebis très égarées.
Eh, voilà qui est parfait ! Je vais donc pouvoir juger immédiatement de la manière dont le Parti Socialiste entend parler à ceux qui ont accordé leurs suffrages à Marine Le Pen.
Pour ce faire, j’ai décidé de me mettre dans la peau de l’un de ces électeurs et de faire comme si, au lieu de s’adresser au journaliste du Monde, l’ex-compagne du Candidat Normal™ s’adressait à moi, électeur de Marine Le Pen. Après tout, je crois être aussi bien placé qu’un autre pour remplir ce rôle. Et puis il fut une époque de ma vie où je me disais de gauche et où je votais socialiste, ce qui prouve au minimum que je suis capable de changer d’idées. Ce n’est pas comme si j’étais un vrai électeur du Front National, un de ceux qui ont eu le portrait de Pétain au-dessus de leur berceau et à qui leur mère fredonnait le Horst Wessel Lied en leur donnant le sein. Bref, je peux convenablement jouer le rôle d’un électeur récupérable, c’est à dire l’un de ceux à qui on peut estimer utile de s’adresser.
Afin de juger objectivement de l’efficacité de l’argumentation déployée à mon endroit, j’ai décidé de mettre en place un système de notation qui prendra la forme suivante : à chaque fois qu’une remarque de mon interlocutrice me paraitra convaincante, je lui attribuerais un Glop, voire un Glop-Glop si je la trouve vraiment très convaincante. A l’inverse, si je trouve à redire à ses propos, je marquerais ma désapprobation par un Pas Glop, voire par un Pas Glop-Pas Glop encore plus expressif. Je joindrais ainsi l’utile à l’agréable en me rappelant le doux temps de mon enfance, où j’étais de gauche avant même de savoir que la gauche existait, puisque je lisais en toute innocence et avec beaucoup de plaisir une publication communiste.
Me voilà paré. Vous êtes prêts ? Je commence.

Etes-vous surprise de voir Marine Le Pen atteindre un score de 17,9 % et rassembler 6,4 millions de suffrages ?
Cette montée du Front national, nous l'avions sentie pendant la campagne de porte-à-porte. Outre le noyau dur des militants FN, beaucoup d'électeurs, qui ont le sentiment de perdre la main sur leur vie et que la France perd la main sur son destin pendant qu'une oligarchie financière continue à s'enrichir, ont exprimé à la fois une colère et une peur. De plus, ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007 se sont sentis trahis par les promesses non tenues sur la valeur travail ou sur la sécurité. Ils sont donc revenus au FN.

Cela ne commence pas trop bien je trouve. Moi, électeur du Front National (je joue mon rôle, hein ?) il ne me semble pas qu’en glissant un bulletin dans l’urne j’ai exprimé « une colère ou une peur », il me semble plutôt que j’ai exprimé une opinion, ou un ensemble d’opinions. Que ces opinions provoquent en moi de la colère ou de la peur, c’est de l’ordre du possible bien évidemment, mais enfin, je ne crois pas être moins rationnel qu’un électeur du PS ou de François Bayrou. J’ai simplement une conception différente du bien commun ou de ce qui peut y conduire. Parler de mes peurs ou de ma colère, c’est suggérer que je vote sans réfléchir, et cela ne me plait pas. Donc Pas Glop.
En revanche je suis plutôt d’accord sur le fait que « ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007 se sont sentis trahis par les promesses non tenues sur la valeur travail ou sur la sécurité ». C’est un peu vague sans doute, mais il y a quelque chose de cet ordre. Donc Glop.

En quoi le chef de l'Etat est-il responsable de cette situation ?
Sa responsabilité, c'est d'avoir bafoué ses engagements. Ça a porté un coup au crédit de la politique. Plus personne ne croit à la sortie de crise, annoncée en 2010. Il avait parlé de la valeur travail, mais il a favorisé ceux qui s'enrichissent en dormant. Il a fustigé l'assistanat, mais il a assisté les riches par les avantages fiscaux. Il avait promis un Etat fort : nous avons eu le laisser-aller, sans aucun contrôle du système financier. Il avait promis de protéger les Français, or jamais les insécurités économiques, sociales, culturelles, éducatives n'ont été aussi fortes, sauf pour les privilégiés. Des millions de Français ont le sentiment d'être déclassés, et même de "dévisser".

Je n’aime pas trop cette référence mitterrandienne à « ceux qui s’enrichissent en dormant ». Après tout si j’ai quelques actions ou un livret de caisse d’épargne, moi aussi il est possible de dire que je m’enrichis en dormant. Et puis Mitterrand n’a pas très bonne presse chez les électeurs de mon genre. C’est au moins une faute de goût. On ne vous demande pas de citer Brasillach, hein ? mais quand même... Quant aux riches je ne les aime guère, c’est entendu, mais enfin, dire qu’on les « assiste » par des « avantages fiscaux », cela revient à dire que laisser au gens ce qui leur appartient est de l’assistanat. Ce n’est pas ce que j’entends, moi, par « assistanat », qui consiste à vivre sans travailler, alors que l’on pourrait le faire, de la propriété d’autrui. Vous ne seriez pas en train d’essayer de noyer le poisson, par hasard ? Ou, pire encore, de me prendre pour un imbécile ? Pas Glop.

Nicolas Sarkozy, en reprenant les thèmes du Front national, a-t-il selon vous favorisé la diffusion d'un lepénisme culturel ?
En essayant de capter dès le premier tour les voix de l'extrême droite, il a légitimé un certain nombre de débats et validé des idées que tout républicain humaniste combat. Avec un seul résultat, la montée du FN. A tel point qu'il est aujourd'hui embarqué dans une logique qu'il n'arrive plus à maîtriser. Il est allé tellement loin qu'il ne peut plus se dédire, provoquant un malaise au sein de son propre camp.

Hein ? Il a « validé des idées que tout républicain humaniste combat » ? Mais ces idées dont vous parlez, ce sont les miennes je présume, puisque j’ai voté Front National. Donc je ne suis pas un « républicain humaniste ». Bien plus, je fais partie des adversaires des « républicains humanistes ». Et comme pour vous manifestement « républicain humaniste » est synonyme de personne respectable je suis donc renvoyé parmi les personnes non respectables. J’en prends bonne note. Pas Glop-Pas Glop.

Le FN a conquis de nouveaux territoires, notamment dans les espaces ruraux. Comment l'expliquez-vous ?
On trouve là des paysans paupérisés par la crise de l'élevage qui voient disparaître le travail et la raison de vivre de plusieurs générations. Ou des ouvriers contraints de quitter les centres-villes, trop chers, pour partir vers les zones rurales ou péri-urbaines et rattrapés par le coût de l'essence et la solitude des territoires désindustrialisés. Des citoyens qui se sentent abandonnés, en perte de repères et révoltés par tant d'injustices.

En fait, il existe un moyen de rester à proximité des grandes métropoles lorsque l’on a peu de moyens : demander un logement dans le parc HLM. C’est dans ce parc HLM que se déversent sans cesse de nouveaux migrants, au point que les ZUS ont aujourd’hui acquis de facto la fonction d’accueillir une immigration essentiellement familiale, et pour partie clandestine, comme le rappelle Christophe Guilluy dans Fractures Françaises. Mais précisément parce que le parc HLM se remplit de migrants, les ménages modestes « de souche » (je n’ose pas dire « Blancs », bien que ce soit en réalité ce dont il est question) préfèrent l’éviter et rechercher des logements dans le privée, mais bien sûr beaucoup plus loin des centres-villes. Michèle Tribalat a aussi écrit des choses là-dessus dans Les yeux grands fermés (je suis électeur du Front National mais j’ai quelques lettres).
Bref je suis assez d’accord avec votre diagnostic, mais comme vous ne dites pas un mot sur les causes je ne suis pas sûr que nous soyons vraiment d’accord sur le fond. Je préfère donc ne pas noter cette réponse.

L'aspect féminin de la candidature de Marine Le Pen a-t-il joué ?
C'est moins le fait d'être une femme que de parler de vie quotidienne et de sujets concrets. A l'époque de son père, qui était un repoussoir, moins de femmes votaient pour le FN. Une partie de cet électorat féminin paupérisé affirme aujourd'hui comprendre ce qu'elle dit. Ces femmes seules avec leurs enfants, davantage victimes de l'insécurité, ces femmes âgées avec de très petites retraites, ces salariées précaires ont basculé dans la peur du lendemain. Elles veulent crier leur attente d'une politique qui s'occupe d'elles. C'est ce que nous ferons, comme François Hollande s'y est engagé.

Question sans intérêt, bien digne d’un journal comme Le monde.  Quant à la réponse j’y trouve la même ambiguïté que dans la précédente. Sur le diagnostic à peu près tout le monde est d’accord - insécurité, précarité, paupérisation, peur du lendemain, etc. - les divergences portent sur les causes de ces phénomènes. Mais là encore vous n’en dites rien, vous restez dans le vague. Par exemple, de quelle genre d’insécurité parlez-vous ? Mon impression que vous être en train de tourner autour du pot se renforce. Pas Glop.

Le PS a-t-il échoué à renouer avec les classes populaires, comme vous aviez commencé à le faire en 2007 ?
Les quartiers ont moins voté qu'en 2007, mais plus que les sondages le prédisaient. Et le candidat socialiste y est en tête.

Les « quartiers » ? Vous voulez dire bien sûr les Zones Urbaines Sensibles dans lesquelles se concentrent les immigrés et descendants d’immigrés afro-maghrébins. Ce sont elles qui ont massivement votées pour vous en 2007 et pour votre ex-compagnon aujourd’hui. C’est donc ça, pour vous, les « classes populaires ». Le « peuple » ce sont les nouvelles populations venues d’outre-méditerranée. Parfait, voilà qui a au moins le mérite de la clarté. Pas Glop-Pas Glop.

Comment François Hollande peut-il convaincre ces électeurs qui ont choisi le Front national au premier tour ?
Il s'agit de montrer que son projet répond aux préoccupations de ceux qui subissent les désordres et les insécurisations. Apporter les sécurités que les gens attendent, placer en priorité le travail, la réforme financière, la protection contre la mondialisation sauvage, c'est répondre à ces électeurs. Et c'est bon pour tout le pays. D'autres propositions de François Hollande, comme le blocage du prix de l'essence ou l'encadrement des marges dans la grande distribution, correspondent à ces attentes.

Là vous ne tournez plus autour du pot, vous vous moquez carrément de moi. « Les insécurisations », « les sécurités », « les désordres »... vous me prenez vraiment pour un perdreau de l’année. Vous croyez sans doute que je ne sais pas que lorsque l’on veut ne pas parler d’un problème on le met au pluriel ? C’est la tactique utilisée par la gauche depuis au moins quarante ans. Je ne parle pas des « insécurités » moi, je parle de l’insécurité physique, de la peur de se faire poignarder pour une cigarette, tabasser à mort parce que l’on photographiait un réverbère ou bien parce que l’on voulait rédiger un constat amiable.
Et je vois très bien que c’est précisément ce sujet que vous voulez éviter. Vous vous attendiez à quoi ? Pas Glop-Pas Glop.

L'époque où Bernard Tapie, alors classé à gauche, traitait de "salauds" les électeurs du FN est donc bien révolue...
Il ne s'agit ni de cajoler ni de dénigrer et encore moins d'insulter, tout en combattant le poison de ces idées. Ce sont ceux qui exploitent la pauvreté et les peurs qui sont méprisables. Les habitants des quartiers populaires qui s'inquiètent des flux migratoires clandestins ne sont pas des racistes.

Euh, objection votre bravitude. Je m’inquiète certes des flux migratoires clandestins, mais je m’inquiète tout autant des flux migratoires légaux. Ce sont tous les flux migratoires que je voudrais voir réduits. Dois-je en déduire que pour vous seuls les actuels flux clandestins posent problème ? Que l’on est « raciste » si l’on se préoccupe aussi des flux légaux ? Un très mauvais point pour vous. Pas Glop-Pas Glop.

Pourquoi avoir affirmé que le droit de vote des étrangers aux élections locales "n'a jamais été une priorité" pour le Parti socialiste ?
Parce que la nouvelle stratégie de l'UMP est de cibler le débat uniquement sur l'immigration en déformant grossièrement les propositions. Il fallait donc absolument remettre leurs pendules à l'heure et rappeler que les priorités sont l'emploi, la justice sociale, la jeunesse, l'éducation.

Ouais. On peut évidemment gloser à l’infini sur le sens du mot « priorité », mais il n’empêche que le « droit de vote des résidents étrangers » figure bien au programme de la première année de mandat du Candidat Normal™. Pour un président qui a un mandat de cinq ans, dire que l’on prendra telle ou telle mesure durant la première année de sa présidence c’est quand même lui accorder un caractère assez « prioritaire ». Et il me semble bien me souvenir d’une vidéo dans laquelle Martine Aubry disait, après la victoire de la gauche aux sénatoriales, que l’une des premières choses que feraient les socialistes en revenant au pouvoir serait d’accorder le droit de vote aux étrangers ; même si j’ai la flemme de la rechercher.
De toutes façons cette proposition figure noir sur blanc dans votre programme et moi je suis absolument contre. Pas Glop-Pas Glop.

Le camp présidentiel affirme aussi que M. Hollande vise une "régularisation massive" des sans-papiers. Est-ce exact ?
Non. Sur ce sujet comme sur d'autres, c'est une caricature, mais cela n'abuse personne.

Massive, pas massive, prioritaire, pas prioritaire... si vous croyez que c’est en ergotant sur les mots que vous allez me convaincre... Le Candidat Normal™ a bien dit qu’une fois élu il procéderait à des régularisations, point. Mais le vrai nom d’un « sans-papiers » c’est un immigré clandestin, et la seule vocation d’un clandestin c’est d’être expulsé. Que, dans certains cas bien particuliers, il puisse être effectivement préférable de régulariser tel ou tel clandestin, cela peut se comprendre. Mais en ce cas il s’agira toujours d’une faveur insigne qui lui est accordée, et en aucun cas d’un droit, et le premier devoir d’un homme politique responsable serait de ne jamais en parler, pour ne pas susciter de faux espoirs et de nouvelles arrivées. Quant à ce que seront les effets prévisibles des propositions du Candidat Normal™ je laisse d’autres en parler. Pour moi l’affaire est entendue. Pas Glop-Pas Glop.


Bien, résumons-nous. Un Glop et quinze Pas Glop.
Hé bin, le dialogue avec les électeurs du Front National, c’est pas gagné...

lundi 23 avril 2012

Présidentielle 2012 : En vrac (2)



Le Candidat Normal™ arrive donc en tête au premier tour. La belle affaire. Si après 17 ans de présidence de droite, dix ans de gouvernement de droite, avec un Président particulièrement impopulaire et une crise économique carabinée, les socialistes sont contents que leur candidat réunisse sur son nom 28,6% des suffrages exprimés c’est vraiment qu’ils sont prêts à se contenter de peu. Hollande s’affirme plus que jamais comme le candidat par défaut, et sans doute sera-t-il le Président par défaut. Cela présage évidemment de quelques problèmes pour lui-même et son futur gouvernement - à supposer qu’il l’emporte.
Le désappointement, c’est maintenant.

La gauche est censé être keynésienne, non ? Que n’applique-t-elle jusqu’au bout les principes de son grand homme : « When the facts change, I change my mind. What do you do, sir ? ».
Mais bien sûr c’est exactement l’inverse. Et c’est donc reparti pour l’habituelle analyse : le vote pour le FN célafôte à la crise, célafôte à la « montée des inégalités économiques », célafôte à la « peur du déclassement », célafôte au gouvernement qui fait rien qu’à parler de ce qu’y devrait pas, etc.
Depuis trente ans les électeurs du FN disent : « immigration », « délinquance », et depuis trente ans la gauche répond : « taisez-vous, c’est la crise vous dis-je ! ». Autant parler à un pot de géranium.

Marine Le Pen a fait un bon score, mais la question est de savoir ce qu’elle en fera. Non pas dans les quinze jours qui nous séparent du second tour, mais dans les mois et les années qui viennent. Une possibilité : que MLP considère son score comme un aboutissement alors que, franchement, elle ferait bien de se mettre à travailler sérieusement ses dossiers. Sa campagne m’a souvent laissé une fâcheuse impression d’amateurisme. Et puis l’entendre parler de « la gauche ultra-libérale » dimanche soir... j’ai bien cru que mes plombages allaient sauter.

On entend partout que les sondeurs se sont trompés. Je ne suis pas vraiment d’accord. Les sondeurs disent toujours qu’un sondage n’est qu’un instantané, une photographie de l’opinion, et qu’ils ont une marge d’erreur de 2 à 3%. Mais apparemment personne ne les écoute. Pourtant, si l’on regarde les tous derniers sondages, il me semble que presque tous donnaient les résultats finaux à l’intérieur de la marge d’erreur et que les tendances enregistrées étaient les bonnes. Seule l’abstention semble vraiment avoir été surestimée.
Toujours tenir compte des tendances plutôt que des valeurs absolues, c’est le B-A-BA pour ne pas être déçu par les sondages. Et bien entendu protester de ce que les sondages d’il y a quinze jour ou un mois ont été démentis n’a aucun sens.

Pourquoi Jean Luc Mélenchon a-t-il choisit de faire de MLP son ennemie personnelle ? J’y vois deux raisons principales.
D’une part, que serait le militant d’extrême gauche aujourd’hui sans le combat « antifasciste » ? Sa vocation est de terrasser éternellement la bête immonde au ventre toujours fécond. C’est son péché, sa drogue, son gardénal. Toujours cocu, mais content, pourvu seulement que le « fascisme » ne soit pas passé. Goldstein ne peut donc pas mourir, quitte à le réincarner en blonde.
D’autre part, pour les bobos fonctionnaires du Front de Gauche, qui se considèrent comme les porte-parole naturels des classes populaires, voire que MLP attire à elle ces catégories, alors qu’ils ne parviennent qu’à attirer leurs semblables, c’est un affront personnel qui ne peut être lavé que dans une défaite électorale sanglante.
Ils risquent d’attendre longtemps. Mais attendre c’est la vocation du gauchiste. Il attend « la révolution », le « réveil des masses », le « troisième tour social ». Il attend, exactement de la même manière qu’Alphonse Allais disait avoir laissé quarante ans exprès sa clef sur la porte, dans l’espoir qu’une femme entièrement nue et d’une grande beauté entrerait une nuit dans sa chambre se trompant d’appartement.

vendredi 20 avril 2012

Présidentielle 2012 : Dernière station avant l'isoloir



J’aurais pu m’en tenir à la blague de Jeudi. Quel lecteur tant soit peu attentif de ce blog peut ignorer mes opinions politiques - au moins dans les grandes lignes ?
Mais, bien qu’aimant rire au sujet des questions politiques, en définitive je prends la politique au sérieux. Par conséquent je me sens tenu de faire une dernière analyse au moins un peu sérieuse avant le premier tour. Que les amoureux inconditionnels de la rigolade et de la dérision veuillent bien me pardonner, on ne se refait pas.
La question est donc : pour qui voter ?
Mes critères de choix dans l’absolu, et avant de faire entrer en ligne de compte quelque considération stratégique que ce soit, sont aujourd’hui essentiellement au nombre de quatre :
1) Le candidat se propose-t-il de réduire sérieusement la dépense publique, le nombre de fonctionnaires et, de manière générale, de diminuer l’emprise de la puissance publique sur l’économie ?
2) Le candidat se propose-t-il de s’attaquer sérieusement à la question du Grand Remplacement et de mettre au pas les délinquants ?
3) Le candidat se propose-t-il sérieusement de mettre un coup d’arrêt à l’expansion du despotisme bureaucratique bruxellois ?
4) Le candidat se propose-t-il sérieusement de réformer cette infâme pétaudière qu’est devenue l’éducation nationale ?
Je n’inclus pas les questions internationales, bien qu’elles soient importantes dans l’absolu, parce que je considère que la France est trop malade pour pouvoir jouer plus qu’un rôle tertiaire ou quaternaire dans les affaires du monde et que, précisément du fait de l’état qui est le sien, la priorité doit être donnée à ses affaires internes.
Mes quatre critères permettent immédiatement d’évacuer tout vote à gauche, gauche dans laquelle j’inclus Bayrou que je tiens pour un supplétif du PS.
Reste donc le vote Le Pen ou le vote Sarkozy (comment dites-vous ? Dupont-Aignan ? Allons, je vous ai dit que je prenais la politique au sérieux).
Concernant le premier critère, tous les deux échouent lamentablement. Comme d’ailleurs l’ensemble de la classe politique française. Ce serait à pleurer si je ne préférais pas encore en rire. C’est meilleur pour mon caractère et pour ma santé.
Concernant le critère numéro quatre je dirais : mouais, bof, pas vraiment. La suppression du collège unique aurait évidemment mes faveurs, mais je ne vois rien de décisif ni chez l’un ni chez l’autre. Match nul.
Concernant le critère numéro trois, MLP l’emporte sans discussion. Elle est la seule qui semble avoir au moins conscience du problème. Je ne parle pas du détail de ce qu’elle propose - qui peut être pertinent ou non - mais de son hostilité à ce qu’il est convenu d’appeler « l’intégration européenne » et qui n’est qu’un autre nom pour la désintégration des nations et l’abolition de la démocratie représentative.
Sarkozy semble s’être découvert récemment une certaine fibre anti bruxelloise, via sa promesse de remettre en cause les accords de Schengen, mais je n’y crois pas une seconde. Un seul mot suffira pour résumer ma pensée sur ce sujet : traité de Lisbonne.
Reste le critère numéro deux, et là aussi MLP l’emporte haut la main. Elle est la seule qui semble avoir conscience de la gravité et de l’urgence de la situation. Et puis Sarkozy a un bilan : le karcher transformé en serpillère à peine humide, une immigration légale qui avoisine les 200 000 entrées par an, les odes au métissage... Bon, inutile de poursuivre.
Dans l’absolu mon choix est donc facile à faire, je dois voter pour MLP, bien que je l’ai souvent trouvé passablement mauvaise durant cette campagne, pour rester gentil (Dieu, quelle souffrance de l’entendre parler d’économie !).
Restent les considérations stratégiques.
Je suis persuadé que MLP ne sera pas au second tour et que Sarkozy y sera. Je n’ai donc aucune raison de voter « utile ». Si j’estime que Sarkozy est préférable à Hollande rien ne m’empêchera de voter pour lui au second tour.
Dans l’hypothèse cependant où j’estimerais que Sarkozy est préférable à Hollande, ne serait-il pas souhaitable qu’il ait un maximum de voix au premier tour pour espérer l’emporter au second ?
Franchement, je ne crois guère à cet argument de la « dynamique ». C’est inverser la causalité : ce n’est pas parce qu’un candidat a moins de voix qu’espéré qu’il se voit privé de « dynamique », c’est parce qu’il n’est pas « dynamisant » qu’il manque de voix. Ce qui est vrai au premier tour est vrai au second. Si au second tour Sarkozy parait préférable à Hollande à suffisamment d’électeurs il sera réélu, point. Son score du premier tour n’est pas le problème.
Et enfin dernière considération évidente, en votant pour MLP j’adresse, comme disent les sondeurs, « un message fort » à la droite « classique ». Ce message est le suivant : la droite ne pourra pas à l'avenir espérer remporter les élections présidentielles et législatives si elle ne réforme pas sérieusement son corpus intellectuel et ses actions en matière d’immigration et de délinquance. J’ai bien dit sérieusement, et pas seulement en paroles, comme elle l’a fait parfois durant le quinquennat écoulé.
La tournure que pourra prendre cette réforme n’importe pas pour le moment. Seul compte le fait que personne ne pourra se méprendre sur la teneur du « message ».

Bien, mon choix est donc fait.
Pour le second tour, on verra.

jeudi 19 avril 2012

Présidentielle 2012 : Pourquoi je voterai François Hollande



 Après une longue et intense réflexion, je suis maintenant en mesure de vous dire sur quel candidat se portera mon vote, ce dimanche, premier tour de l’élection présidentielle.
Mes chers compatriotes, je voterai pour François Hollande.
Voici quelles sont mes raisons.
François Hollande, ce sont ceux qui le connaissent qui en parlent le mieux :

« Fraise des bois »
« Flamby »
« Monsieur petite blague »
« François Hollande, Président ? On rêve ! »
« Arrêtez de dire qu’il travaille. François n’a jamais travaillé, il ne fout rien. »
« Capitaine de pédalo »
« Endive cuite »... euh, non, ça c’est moi qui le dit.

Vous remarquerez que tous ces jugements, émis par des gens qui ont eu l’occasion de côtoyer de près François Hollande et de travailler avec lui, sont remarquablement convergents : le trait principal du personnage est son insignifiance. Ce que lui-même reconnait d’ailleurs implicitement en se présentant comme le Candidat Normal™.

Ce sont de fameuses recommandations, reconnaissons le. Or la campagne électorale qui s’achève nous aura permis de constater que, oui, François Hollande est en tous points conforme au portrait qu’en font ses amis politiques. Prince du louvoiement - je suis modéré, voyez mes ailes ; je suis sérieusement de gauche, voyez mes poils - roi de l’insignifiance, empereur de la motion nègre-blanc, thuriféraire de l’absence de décision comme remède à tous les problèmes. L’homme a le mérite insigne de la cohérence, et la grande honnêteté de se montrer pour ce qu’il est.
Cela me fait même penser que, finalement, c’est peut-être quelqu’un qui n’a pas connu François Hollande qui a le mieux cerné sa personnalité.
Sir Winston, vous ne m’en voudrez pas, je l’espère, d’adapter quelques-uns des jugements que vous avez porté sur certains de vos contemporains à notre futur Président Normal™. Je suis sûr que c’est ce que vous auriez dit si vous l’aviez rencontré.

« C’est un homme modeste, avec beaucoup de raisons de l’être. »
« C’est un mouton caché sous une peau de mouton. »
« Si vous voulez que rien ne soit fait, François Hollande est l’homme le plus qualifié. Personne ne lui arrive à la cheville. »

Eh bien ! J’affirme que c’est là aujourd’hui le Président qu’il faut à la France.
Quelle est en effet notre situation, mes chers compatriotes ?
Notre pays va très mal, vous ne l’ignorez pas. Notre économie est dans un état lamentable. La puissance publique est devenu un monstre obèse et impuissant, qui étouffe toute vraie créativité et toute vraie liberté. L’Euro va se désintégrer à brève échéance. La nation se défait à grande vitesse sous le poids d’une immigration démentielle. Les zones de non-droit, comme l’on dit pudiquement, s’étendent et le crime paye plus que jamais. Nous sommes les champions du monde de la consommation d’antidépresseurs. Et incontestablement les femmes sont beaucoup moins jolies qu’avant.
Dans cette situation, que devons-nous faire ?
La réponse est simple : rien. Nous ne devons rien faire.
Pas d’acharnement thérapeutique.
Si nous avions quelque chance, même ténue, de guérir, ou simplement d’obtenir une rémission, il nous faudrait bien sûr un Président énergique et qui ait pleinement conscience de l’urgence du moment. En ce cas, évidemment, François Hollande ne ferait pas l’affaire.
Mais puisque nos maux sont sans remède, ne prolongeons pas notre agonie. Laissons-nous tranquillement glisser vers l’abîme sans plus nous inquiéter d’une illusoire guérison. Et avant de fermer définitivement les yeux à la lumière du monde, répétons-nous encore, une dernière fois, ces mots qui nous semblaient si doux et auxquels nous avons voulu croire si longtemps : « modèle social français », « école républicaine », « vivre-ensemble »...
François Hollande est l’homme d’une telle situation, personne ne le contestera sérieusement.
Alors, mes chers compatriotes, dès le 22 avril, tous derrière François Hollande, le seul, le vrai, l’unique Candidat Normal™ !


lundi 16 avril 2012

Présidentielle 2012 : le vrai visage du changement



Pour ceux qui douteraient encore de ce que signifie concrètement le changement appelé de ses voeux par le Candidat Normal™, voilà qui devrait lever toutes les ambiguïtés.
Via le blog de Malika Sorel je relaye donc une vidéo montrant notre futur Président Normal™ en terrain conquis. Sur fond de rap obligatoire - cette contribution spéciale des Noirs américains à la dégénérescence de la musique occidentale - on y verra une diversité très, très visible exprimer sa joie de voir bientôt accéder à l’Elysée « François »,  qui rime si bien avec inchallah, inchallah !
Avec les socialistes, la charia,c’est maintenant.
On admirera surtout le sens très républicain de la politique montré par François le Normal™ lorsqu’il rappelle à ses auditeurs que « si certains sont plus riches que vous, vous, vous êtes plus nombreux qu’eux ».
La redistribution des richesses, c’est maintenant.
Inchallah !
Voilà vraiment un clip admirable, qui devrait être montré - avant les élections - dans tous les foyers de France et de Navarre, dans toutes les écoles rurales de cette France pauvre véritablement négligée par les pouvoirs publics - à la différence des « quartiers sensibles » abreuvés de l’argent du contribuable pour les admirables résultats que l’on sait -, dans tous les pavillons à bon marché où habite cette France « moisie » qui répugne inexplicablement à partager le quotidien de cette merveilleuse jeunesse certifiée d’origine culturelle enrichissante, qui - comme chacun le sait - est l’avenir de la France.
Voilà qui serait assurément un acte citoyen.