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lundi 17 mai 2021

Calculer le "coût de la virilité"? Chiche !


Je vois passer sur mon fil d’actualité l’interview d’une certaine Lucile Peytavin, « chercheuse et historienne » de son état, qui aurait calculé le « coût de la virilité » et en aurait fait un livre, qu’elle tente maintenant de vendre, d’où cet entretien accordé à « Challenges ».

Sans surprises, on trouve dans cet entretien un mélange à part à peu près égales de trivialités et de sornettes féministes, les secondes étant la condition des premières, car c’est seulement l’adhésion sans faille à l’idéologie féministe qui peut faire apparaitre comme des « découvertes » dignes d’étude des faits connus depuis la nuit des temps.

Je me suis donc dit que l’occasion était bonne de faire un peu de mecsplication (« mansplaining » en anglais). Rien de tel qu’une étude féministe pour me donner envie de poser mes couilles sur la table (symboliquement, hein ? on a beau être hyper-burné, on sait se tenir) et de dire : « Attends, cocotte, je vais t’expliquer la vie ». Eh oui, la virilité c’est aussi ça, petite madame.

Ce que notre brave petite soldate du féminisme universitaire prétend avoir calculé, c’est en fait le coût de la délinquance masculine.

Pourquoi pas.

Il est en effet parfaitement établi que les hommes (enfin, puisque selon notre chercheuse le masculin et le féminin sont de pures « constructions sociales », on devrait plutôt dire les porteurs de couilles) forment partout et toujours l’écrasante majorité des délinquants de tous poils et de tous plumages.

Il est tout aussi incontestable que la délinquance représente un coût très important dans une société comme la nôtre. Bien évidemment tout calcul du coût de la délinquance est nécessairement très approximatif, mais le chiffre de notre chercheuse – 95 milliards par an – n’a rien d’extravagant.

Si l’on veut appeler ce coût de la délinquance des porteurs de couilles le « coût de la virilité », pourquoi pas. Mais alors, si l’on veut que le calcul soit exact, il faudra mettre ce « coût de la virilité » en balance avec les bénéfices de la virilité.

Car, voyez-vous, petite madame, les porteurs de couilles ne forment pas seulement l’écrasante majorité des délinquants, ils forment aussi, en tous temps et en tous lieux, l’écrasante majorité des inventeurs, des explorateurs, des savants, des hommes d’Etat, des artistes, bref de tous ceux à qui nous devons de vivre dans les sociétés les plus prospères et les plus favorables aux femmes qui aient jamais existées. Des sociétés dans lesquelles, par exemple, une femme pourra (fort confortablement) gagner sa vie en étant « chercheuse et historienne » et acquérir de la notoriété en dénonçant le « coût de la virilité ».

Comment dites-vous, petite madame, ça n’a rien à voir avec la virilité ?

Mais au contraire, ça a énormément à voir avec la virilité, même en considérant simplement la conception très étriquée que vous en avez. « Agressivité, domination et compétition », dites-vous pour caractériser ces traits de caractère des porteurs de couilles que vous réprouvez et que vous voudriez changer.

Il est vrai que l’agressivité peut conduire à l’agression injustifiée, le désir de dominer à la tyrannie et la compétition à l’écrasement des faibles. Mais ces mêmes traits de caractère, dirigés un peu autrement, sont aussi ceux qui distinguent tous ceux qui se sont élevés au-dessus du niveau commun, qui ont réalisés de grandes choses et procuré de grands biens à l’humanité.

La virilité, telle que vous-même la comprenez, c’est un certain rapport au risque et à la règle. Ce qui caractérise l’homme viril (car, oui, bien sûr, tous les hommes ne sont pas virils – la virilité est une distinction), c’est sa confiance en lui-même, particulièrement en situation de risques, et sa capacité à commander. L’homme viril est celui qui n’hésite pas à prendre des risques et à s’affranchir des règles, des routines, des opinions reçues. C’est celui qui se signale par son indépendance d’esprit et sa fermeté de caractère, sa capacité – non, sa volonté – de tenir bon face aux autres et aux évènements. L’homme viril refuse de plier le genou, il accepte le combat, et peut-être même le recherche comme une occasion de prouver sa valeur.

De telles dispositions d’esprit peuvent produire de grands maux ou de grands biens, c’est selon. La virilité n’est pas essentiellement bonne et accidentellement mauvaise, elle est plutôt moitié bonne et moitié mauvaise. Mais ces deux moitiés ne sont pas séparables. Les biens et les maux sont l’expression d’un même trait de caractère et on ne peut pas détruire le mauvais sans détruire le bon, même si, bien entendu, tout le travail de l’éducation consistera à favoriser le bon et à minimiser le mauvais.

Bref, petite madame, la virilité c’est à la fois ce qui peut menacer votre vie, vos biens et votre liberté, sous la forme de la délinquance ou de la guerre, mais c’est aussi tout ce qui vous permet de vivre longtemps, librement et confortablement - et même très longtemps, très confortablement et très librement, à l’aune de l’histoire humaine - sous la forme de la science, des techniques, des arts, des institutions, etc.

Vous avez chiffré le « coût de la virilité ». C’est bien. Maintenant, soyez assez aimable pour nous donner une estimation des bénéfices de la virilité. Lorsque vous l’aurez fait, nous pourrons discuter sérieusement de ce fameux « coût de la virilité », mais pas avant.

Et puis, pendant que vous y êtes, il serait bon de chiffrer également le coût de ce féminisme que vous professez.

Je ne dis pas le coût de la féminité, même s’il y en a sûrement un, je dis bien le coût du féminisme.

Oui, le coût de cette idéologie qui prétend qu’hommes et femmes sont interchangeables et qui voudrait réorganiser toute la société en fonction de cette prémisse délirante.

Je sais, je sais, vous allez me parler des « mythes de la virilité » qui auraient été réfutés par « la science ». Mais ne perdons pas de temps avec des billevesées de cet acabit. Le seul mythe dans toute cette histoire, c’est l’idée que la virilité serait une construction sociale et que la science aurait validé le féminisme. La vérité est à l’exact opposé : la virilité (et donc la féminité) a d’incontestable racines biologiques et doit être caractérisée comme une potentialité naturelle. Nous n’avions nul besoin de la science moderne pour le savoir, mais la science moderne le confirme au-delà de tout doute raisonnable.

Je le dis, je l'affirme, sans aucune crainte d’être réfuté. Ce n’est même pas de la virilité : je sais que je ne prends aucun risque en disant cela tant les preuves de tous ordres sont écrasantes.

Le féminisme a donc un coût, qui doit de toute nécessité être colossal, le coût de la négation forcenée de la nature. En rendant inexpiable la guerre des sexes, le féminisme sème la discorde, la solitude, le ressentiment, les divorces, les avortements, la dénatalité. Il détourne les hommes et les femmes des activités dans lesquels ils pourraient s’épanouir pour les tourner vers des activités qui ne correspondent ni à leurs goûts ni à leurs capacités. Il empêche d’éduquer les petits garçons conformément à leurs besoins et ainsi produit à la fois des lavettes et des brutes, trop peu et trop de virilité : des hommes éternels adolescents qui font le malheur des femmes qui croisent leur route, et des sociopathes qui font le malheur de tous ceux qui croisent leur route. Etc., etc.

J’arrête là cette énumération, qui pourrait se prolonger très longtemps. Il suffit d’énoncer ces quelques éléments pour être moralement certain que le coût du féminisme est au « coût de la virilité » ce que le Grand Canyon est à une fissure sur un mur.

Vous prétendiez compter, petite madame ? Eh bien, calculez maintenant. Faites-nous un vrai bilan, honnête, à double entrée.

Et, pendant que vous y êtres, n’oubliez pas d’ajouter au coût du féminisme l’entretien de légions de « chercheuses » de tous ordres, payées pour insinuer de nuisibles idioties dans la tête de leurs contemporains, et qui hélas trop souvent y parviennent.

https://www.challenges.fr/femmes/la-virilite-coute-95-2-milliards-par-an-a-la-societe-francaise-selon-lucile-peytavin_764674

3 commentaires:

  1. Eh oui… Vous êtes assez exactement, Monsieur, le type (rare) de personne qu’on ne prend jamais à « parler pour ne rien dire ». Merci une fois de plus.

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  2. Et comme disait Little Richard "Lucile, please come back to where you belong"

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  3. Bonjour, Aristide.

    Votre page intitulée Un certain "sentiment de laxisme", annoncée ici ou là sur les blog-rolls de vos suiveurs, ne s'affiche toujours pas, depuis une paire de semaine. Et j'en éprouve une certaine frustration.

    N'y aurait-il pas une petite manipulation à faire ou refaire, pour que votre lectorat profite de cette page ?

    Bonne journée.

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