Tourné un peu plus de dix ans après et avec la même actrice principale (l’inoubliable Maureen O’Hara), « L’homme tranquille » est, par bien des aspects, l’antithèse de « Qu’elle était verte ma vallée ».
Les deux films ont le même thème
principal, ou la même toile de fond : la collision entre une communauté
traditionnelle et certains aspects de la modernité. Mais si « Qu’elle
était verte ma vallée » a les allures d’une tragédie, qui se conclue par
le mariage malheureux de la sœur du narrateur et par la mort de son père,
« L’homme tranquille » au contraire est essentiellement une comédie,
qui se termine heureusement par le mariage des deux principaux protagonistes et
par une manifestation d’unité de la communauté villageoise.
Les deux films sont également des
chef-d’œuvre, qui valurent justement à John Ford, leur réalisateur, l’Oscar du
meilleur film et qui témoignent de la versatilité de son génie.
« L’Homme tranquille »
raconte le retour à Inisfree, petite bourgade irlandaise, de Sean Thornton
(John Wayne). Sean Thornton est né à Inisfree mais a grandi à Pittsburgh, aux
Etats-Unis, où il a fait une belle carrière de boxeur professionnel. Comme nous
l’apprenons peu à peu, la raison pour laquelle Sean Thornton revient s’installer
sur la terre de ses ancêtres est qu’il a tué l’un de ses adversaires au cours
d’un match. La culpabilité qu’il en ressent l’a amené à arrêter la boxe et il
aspire désormais à finir ses jours dans le cottage où il a vu le jour et qu’il
décrit comme « un paradis », dans une sorte de naïve tentative de
retrouver son innocence perdue.
Mais, comme de juste, notre
nouvel Adam en quête de l’Eden ne tarde pas à croiser la route de son Eve, une
bergère aux cheveux presque aussi rouges que sa jupe. Le coup de foudre est
réciproque et Sean demande bientôt la main de la belle Mary Kate Dannaher. Mais
il ignore qu’en rachetant la maison de ses parents, il est rentré en conflit
avec le frère de Mary Kate, qui lorgnait également sur ce terrain.
Will Dannaher est un géant à
l’encolure taureau, aussi massif que sa sœur est gracieuse, mais avec le même
tempérament de bagarreur impénitent. Il est aussi le plus gros propriétaire
terrien de la contrée, ce pourquoi, sans doute, il porte le titre de « Squire »,
et il se caractérise lui-même comme « le premier homme d’Inisfree » (« The
best man of Inisfree »). Plus, probablement, que par la perte du terrain
qu’il convoitait, Will Dannaher est contrarié par le fait que cet étranger lui
résiste et il soupçonne vraisemblablement que cet inconnu, aux manières
placides mais aux nerfs aussi solides que ses épaules sont larges, pourrait
bientôt lui contester la place de « best man » à Inisfree.
Dans un premier temps, à titre de rétorsion, Will refuse donc la main de sa sœur. Puis, dans un second temps, il accorde la main mais refuse la dot. Sean ne comprend ni pourquoi Mary Kate a besoin de la permission de son frère pour se marier ni pourquoi elle tient autant à sa dot et les étincelles ne tardent pas à jaillir entre lui et la fougueuse Irlandaise.
La tension dramatique de « L’homme
tranquille », ainsi que la plupart de ses ressorts comiques, tiennent dans
la difficulté de Sean à réintégrer pleinement cette société villageoise qu’il
pensait être naturellement la sienne.
Inisfree est une bourgade qui ne
figure sur aucune carte de l’Irlande, mais elle est surtout une communauté
imaginaire. Bien que l’action soit située dans les années 1920, la vie semble
s’y dérouler à peu près comme un siècle plus tôt. Les habitants tirent,
semble-t-il, leurs ressources de la culture et de l’élevage mais à l’écran nous
ne voyons ni la pauvreté, ni l’âpreté au gain, ni la grossièreté des mœurs qui, en règle générale, vont avec ce
genre d’économie rurale très arriérée. Mary Kate, par exemple, emmène paitre
les moutons de son frère mais elle sait lire la musique et chanter en
s’accompagnant à l’épinette, toutes choses qu’on ne sait pas si on les a pas
apprises et qu’on ne peut pas apprendre sans un certain loisir (sans même
parler du fait de posséder une épinette).
La politique est absente
d’Inisfree, ce qui est particulièrement remarquable pour un village situé sur
une île à l’histoire fort tourmentée et déchirée tout récemment par la guerre
civile. Les références au passé de l’Irlande ont principalement trait à ses
démêles avec l’Angleterre et ont une tonalité comique : les natifs
d’Inisfree prennent plaisir à rappeler que le grand-père de Sean est mort en
Australie dans une colonie pénitentiaire et que son père « était aussi un
homme bien » ; Michaeleen, le petit homme
qui est l’entremetteur officiel d’Inisfree, a nommé son cheval
« Napoléon ». Nous comprenons aussi que deux des habitants d’Inisfree
sont des membres de l’IRA, mais cela ne joue aucun rôle dans l’histoire.
L’autorité morale de la
communauté est le père Lonergan. Il est d’ailleurs le narrateur de l’histoire
que nous voyons se dérouler à l’écran. Ce prêtre catholique n’hésite pas à
mentir plus ou moins ouvertement, comme lorsqu’il monte une petite conspiration
pour amener Will Danaher à consentir au mariage de Mary Kate, ni à chanter en
chœur une chanson paillarde. Il sait également ne pas interrompre une bonne
bagarre et est un pêcheur impénitent lorsqu’il s’agit d’attraper des saumons. Ce
prêtre fort peu clérical vit en parfaite intelligence avec le révérend Playfair,
le pasteur anglican, et les divisions religieuses, si prégnantes en Irlande,
sont totalement absentes d’Inisfree. A la fin du film, le père Lonergan demande
aux habitants de saluer l’évêque du révérend Playfair comme s’ils étaient
« de bons protestants », et lui-même cache son col romain derrière un
foulard, afin que l’évêque reparte satisfait de sa visite. Le fait que le
révérend Playfair soit protestant est sans importance, seul compte le fait
qu’il soit natif d’Inisfree.
En bref, Inisfree est une
communauté close et apparemment harmonieuse, très liée, dont les membres sont
ordinairement paisibles et courtois mais dans laquelle aucun étranger ne
pourrait se sentir à son aise, à moins qu’il ne soit pas vraiment un étranger,
comme Sean Thorton.
Cependant, si les Thornton sont nés à Inisfree depuis sept générations, Sean a grandi aux Etats-Unis et, il est, dans ses principes, quintessentiellement Américain. Sean Thornton a été orphelin dès l’âge de douze ans, il a dû parfois chercher sa pitance dans les tas d’ordures et il a fait seul son chemin dans la vie, à la force de ses poings et à la rage de son cœur. Il est un représentant de ce type social typiquement américain : le self-made man. Pour lui, par conséquent, comme Tocqueville le dit des Américains, la tradition est simplement « un renseignement » et les faits présents « une étude utile pour faire autrement et mieux ».
Lorsque Will Danaher refuse à sa
sœur sa permission pour se marier, Sean n’en est pas plus contrarié que
cela : Mary Kate, sûrement, n’a pas besoin de cette permission. En
Amérique chaque homme adulte est maitre de lui-même et peut mener sa vie comme
bon lui semble. De même, lorsque Will refuse de donner la dot de sa sœur, Sean
ne voit guère de difficulté : il n’a pas épousé Mary Kate pour son argent
ou pour ses meubles. Ils vont simplement gagner leur vie par eux-mêmes, par
leurs propres efforts. Tous les êtres humains étant également libres par
nature, chaque génération est un nouveau commencement.
Par conséquent la réaction de
Mary Kate le surprend, et le choque.
Mary Kate ne veut pas se
passer de la permission de son frère et elle veut absolument avoir ses
meubles et son argent. Sean, dépité, en déduit qu’elle a le cœur
« mercenaire », ce en quoi il se trompe totalement. Les meubles de
Mary Kate sont son héritage, passé de mère en fille depuis plusieurs
générations. Ils sont le symbole de son appartenance à la communauté d’Inisfree
et, en bon Américain, Sean ne comprend pas que, en épousant Mary Kate, il aussi
épousé un clan et le village tout entier. Quant à son argent, Sean et elle ne
sont pas fait pour s’entendre.
Pour l’Américain qu’il est,
l’argent n’est que de l’argent : un pur moyen d’échange, quelque chose que
l’on recherche pour ce qu’il vous permet d’acheter et parce qu’il vous permet
de vous faire « une place au soleil ». Or Sean a déjà tué pour de
l’argent. La mort de son adversaire était bien sûr, techniquement, un accident,
mais lui sait que, dans le fond de son cœur, il était rentré sur le ring le
couteau entre les dents, déterminé à détruire son adversaire. En vérité, il
était prêt à tuer pour la victoire, et c’est ce qui est arrivé. Sean se sent
donc coupable d’avoir tué pour de l’argent, ou du moins le pense-t-il, et il en
a conçu un mépris sans doute excessif pour ceux qui sont attachés à leur
« fortune », comme Mary Kate. Mais, comme le lui dit le révérend
Playfair, pour Mary Kate son argent représente « bien plus que quelques
pièces d’or ». Pour la jeune Irlandaise, l’argent n’est pas que de
l’argent. Il lui vient de ses parents et de ce qu’elle a économisé. Il est son
argent, son héritage, le lien vivant avec ses ancêtres et avec ses descendants
et sûrement, de même que sa mère lui a légué le fruit de ses patientes
économies, elle entend léguer à ses enfants le fruit des siennes.
L’argent ainsi conçu n’est plus
cet instrument anonyme et universel qui engendre la pléonexie, le désir
insatiable d’avoir sans cesse plus, car il est capable, apparemment, de servir
n’importe quel désir et de se transformer en n’importe quel bien. La
« fortune » (au demeurant bien modeste) de Mary Kate contient en
elle-même son principe de limitation, car son origine est ce qui en fait toute
la valeur, à la différence de l’argent aux mille visages que connait Sean et
pour lequel, en effet, des hommes sont prêts à tuer.
L’argent qu’apporte Mary Kate en
dot est une partie de son honneur, au même titre que son nom ou sa vertu. Lorsqu’elle
presse Sean de réclamer son argent à son frère, Sean réaffirme qu’il se fiche
totalement de l’argent mais Mary Kate lui rétorque que son frère, lui, ne s’en
fiche pas et que c’est cela qui compte (« That’s the all point of it »). Son
tempérament fougueux, dont elle a pleinement conscience, fait partie de ce qui
a séduit Sean chez elle, mais ce même tempérament lui interdit d’abandonner ce
qui lui revient sans combattre. Le refus de Sean de se battre pour l’argent qui
lui appartient, refus dont elle ne connait pas l’origine, ne peut que lui
apparaitre comme une preuve de faiblesse morale et la faire douter de l’amour
qu’il a pour elle.
Lorsque Sean, exaspéré, traine
finalement Mary Kate au pied de son frère et lui ordonne de la reprendre
puisqu’il n’a pas payé sa dot, Mary Kate est d’autant plus catastrophée que,
par ce geste d’autorité, Sean devient enfin à ses yeux l’époux idéal. En proclamant
devant tous les villageois réunis « Pas de fortune, pas de mariage, nous
sommes quittes ! », Sean se met enfin à parler le même langage que Mary
Kate : celui de la coutume et de l’honneur. C’est lorsqu’il se montre
apparemment le plus intéressé qu’il a le plus de valeur à ses yeux et c’est
alors qu’elle-même peut se montrer désintéressée : elle aide immédiatement
Sean à brûler les billets qu’il vient juste de recevoir de la main de son
frère. L’honneur, qui était contenu dans l’argent, a bien été transféré à son
époux et dès lors il cesse d’être précieux.
Sean est également très étonné,
et contrarié, de devoir faire sa cour à Mary Kate selon les règles d’Inisfree :
sous la surveillance étroite d’un chaperon, qui lui défend de mettre ses mains
où il voudrait. « A quoi cela rime-t-il ? » se plaint Sean,
« En Amérique je serais arrivé en voiture, j’aurais klaxonné et la jeune
fille serait venue… ». Mary Kate est outrée qu’il puisse penser qu’elle
est ce genre de fille qui accourt au son du klaxon. Là où Sean voit une liberté
et une informalité de bon aloi, Mary Kate voit des mœurs dignes d’une
prostituée.
Quant à Michaeleen, leur
chaperon, il se contente de lancer, d’un air amusé : « Peuh ! L’Amérique…
la prohibition ! » Les Américains font tout à l’envers : ils
interdisent les boissons alcoolisées et permettent aux jeunes filles de partir
seules dans la voiture de leur galant. Ils sont fous ces yankees.
Cependant, si Sean, bon gré mal
gré, est obligé de se plier aux traditions d’Inisfree, son mariage avec Mary
Kate est fort peu traditionnel. Il n’est pas une alliance arrangée entre
familles, dans laquelle les considérations de rang et de patrimoine seraient
primordiales, il repose au contraire entièrement sur l’attirance érotique et
les convenances de caractère. Lorsque Mary Kate, furieuse, déclare à Sean
qu’elle ne partagera pas son lit tant qu’elle n’aura pas récupéré ses meubles,
personne ne peut douter que ce sacrifice leur coûte beaucoup à tous les deux ;
de même que personne ne peut douter que, si Sean insistait sur ses droits
d’époux, Mary Kate résisterait peu, et sans doute même lui serait-elle
secrètement reconnaissante. Mais ce n’est pas ainsi qu’il veut la gagner.
A la toute fin du film, nous
voyons Sean et Mary Kate qui regardent au loin, tout sourire. Mary Kate murmure
à l’oreille de Sean quelque chose que nous n’entendons pas, puis elle prend le
bâton qu’il tient à la main, le jette au loin, et invite son mari à la suivre.
Ce geste nous rappelle le moment ou Sean et Mary Kate, ayant échappé à leur
chaperon, batifolaient dans les collines irlandaises et où Sean, répondant à
l’invitation silencieuse de Mary Kate, envoyait valdinguer bien loin son
chapeau et ses gants. Une scène qui se terminait par un baiser passionné sous
l’orage. Le film se clôt sur Sean et Mary Kate qui rejoignent leur cottage en courant,
bras dessus bras dessous, et nous nous doutons bien qu’ils n’ont pas l’intention
de passer leur après-midi à jouer aux puces, comme le révérend Playfair. Mary
Kate, finalement, n’est peut-être pas si éloignée des Américaines
« faciles » qu’a connu Sean.
Le mariage de Sean et Mary Kate, pourrait-on dire, repose sur une base typiquement moderne qui doit se concilier avec des coutumes prémodernes. L’idylle entre Will Danaher et la veuve Tillane en est comme l’image inversée.
Will Danaher convoite depuis un
certain temps la main de la veuve Tilane, pour des raisons qui semblent entièrement
intéressées : elle est la femme la plus riche d’Inisfree et n’a pas
d’héritiers. De plus, elle possède des terres qui voisinent celles des Danaher.
Will ne comprend pas pourquoi la veuve refuse l’arrangement matrimonial
avantageux que lui propose le « premier homme d’Inisfree », ce qui
permet au père Lanergan et à Michaeleen de le manipuler : en laissant
entendre que la veuve ne veut pas l’épouser parce qu’il a « déjà une femme
dans sa maison », ils poussent Will à accorder la main de Mary Kate. Lors
du mariage de Sean et Mary Kate, Will, ravi et sûr de son fait, se tourne vers
la veuve et lui demande quand aura lieu leur propre mariage. Mais celle-ci est
scandalisée par cette demande : à aucun moment elle n’a consenti à cette
union. Will Danaher a présumé que, puisqu’il avait l’accord tacite du chef de
la communauté, l’affaire était faite. Mais la veuve Tilane refuse
catégoriquement ce mariage arrangé. Ce n'est pas qu’elle repousse absolument la
perspective d’épouser Will Danaher, c’est qu’elle refuse de laisser la
communauté lui dicter son comportement.
La veuve Tilane, dont les
ancêtres sont installés en Irlande « depuis le temps des Normands » a
manifestement une opinion pas entièrement favorable de la vie dans un petit
village irlandais. Elle s’étonne que Sean veuille racheter le cottage de ses
parents : voudrait-il en faire un musée ou un mémorial ? L’idée qu’il
puisse vouloir simplement y vivre ne lui vient pas spontanément. Et lorsque
Sean lui explique que, depuis qu’il est enfant, Inisfree est synonyme pour lui
de « paradis », elle l’interrompt en lui disant qu’Inisfree est
« bien loin d’être un paradis ». Elle parle aussi sans aménité des
« grandes oreilles » qui trainent dans les pubs, chopines en main et
pipes à la bouche. A travers le personnage de la veuve Tilane, nous entrevoyons
brièvement un autre aspect, beaucoup moins plaisant, de la vie dans une petite
communauté rurale : la pesanteur des « contrôles sociaux », l’étroitesse
d’esprit, les ragots, l’alcoolisme des hommes…
Alors que Sean s’efforce de
s’intégrer à Inisfree sans renoncer à ce qu’il est, la veuve Tilane se bat pour
conserver sa liberté face à la communauté sans pour autant s’en exclure. A la
fin du film, la veuve et Will Danaher sont assis dans la même cariole que Sean
et Mary Kate quelques temps plus tôt : la cariole des promis, qui ont reçu
la permission de passer officiellement du temps ensemble, sous étroite
surveillance cela va de soi. Dans le cas de Sean et Mary Kate, cette étape
signifie que les désirs des individus doivent se plier aux règles coutumières,
dans le cas de Will Danaher et de la veuve Tilane, elle signifie l’inverse :
la veuve a obtenu de Will Danaher qu’il lui fasse sa cour en bonne et due
forme, c’est-à-dire qu’il obtienne son consentement. En matière
matrimoniale tout au moins, les projets de la communauté doivent respecter la
liberté des individus.
« L’homme tranquille »
se conclut ainsi sur une double union, qui est également une union harmonieuse
de la tradition et de la modernité. Cette fin heureuse est certes plus
satisfaisante mais aussi bien moins réaliste que la fin malheureuse de
« Qu’elle était verte ma vallée ». Dans « L’homme tranquille »
aucun personnage n’est à proprement parler méchant, ce qui n’est certes pas le
cas de « Qu’elle était verte ma vallée ». Le mal est absent de la
paisible vallée d’Inisfree et il n’est aucun antagonisme qui ne puisse se
résoudre avec une bonne bagarre et quelques pintes de bière. Après s’être
battus longuement (et de manière bien sûr totalement irréaliste) sous les yeux
du village, Sean et Will sont prêts à devenir les meilleurs amis du monde, ou
du moins à s’entendre aussi bien qu’il est possible entre un époux et son
beau-frère.
En un sens, « L’homme
tranquille » tient beaucoup du conte de fées, un conte de fées pour
adultes. La scène d’ouverture, où Sean Thorton, descendu du train et ignorant
comment gagner Inisfree, est pris en charge par un mystérieux cocher
(Michaeleen, qui a tout du Leprechaun) qui se propose de l’emmener à
destination, est d’ailleurs un lieu commun des récits fantastiques, au moins
depuis l’utilisation qu’en fit un écrivain irlandais dans un roman devenu
mondialement célèbre.
« Et quand il eut
dépassé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre. »






"A la toute fin du film, nous voyons Sean et Mary Kate qui regardent au loin, tout sourire. Mary Kate murmure à l’oreille de Sean quelque chose que nous n’entendons pas" : le chroniqueur de DVDclassik suggère une hypothèse ayant la faveur de plusieurs spécialistes : "Une question subsiste : que peut donc bien murmurer Maureen à l’oreille du Duke pour susciter cette réaction de surprise non feinte ? La comédienne n’est pas connue pour être prude, mais avait fait jurer au réalisateur, qui lui avait soufflé les mots, de n’en jamais révéler la teneur."
RépondreSupprimerC'est dans ce billet qui pourra compléter le vôtre, fort plaisant (j'ai récemment revu le film) :
https://www.dvdclassik.com/critique/l-homme-tranquille-ford
-- A mere nonymous. :)
Merci.
SupprimerBonjour,
Supprimercommentaire certes tardif, mais après quelque temps de non-consultation du blog, j'ai eu quelque mal à retrouver icelui.
Excellent article avec toujours cette fine analyse des rapports humains.
Mais quand même... réussir l'exploit de ne jamais citer Maurice Walsh, il fallait le faire. Certes le film de John Ford est éblouissant, mais quand même...
Cher Aristide,
RépondreSupprimerForce est de constater que, quel que soit le sujet choisi, vous écrivez des articles somptueux et par là même intimidants.
Car après vous avoir lu, qui pourrait s'intéresser à ce qu'une jeune fille à peine nubile à la sortie de "L'Homme tranquille", pourrait avoir à dire de ce film qu'elle avait été voir en transgressant toutes les règles de la bienséance qui interdisaient aux jeunes fille de bonne famille de fréquenter les salles de cinéma considérées comme des lieux de perdition ?
Si je vous ai simplement donner envie de le revoir, je n'aurais pas perdu ma peine.
SupprimerSoyez sans crainte, je suis de la race qui ne laisserait jamais passer un film de John Ford, surtout maintenant que j'ai tout mon temps !
SupprimerJ'appr�cie l'exploration du contraste entre tradition et modernisation dans ce film.
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